Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans le podcast Les Sens de la Vie. Aujourd'hui, on va parler du triangle de Kertman. Dans cet épisode, je vais vous aider à comprendre ces trois rôles relationnels, la victime, le sauveur, le persécuteur, le bourreau, comment on peut passer de l'un à l'autre sans vraiment s'en rendre compte et surtout, pourquoi on rejoue parfois les mêmes schémas dans nos relations. Je vous partagerai aussi comment pendant longtemps j'ai incarné le rôle du sauveur sans vraiment en avoir conscience, ce que ça a créé dans mes relations et comment j'ai appris progressivement à en sortir. Je m'appelle Candice, je suis psychopraticienne et à travers mes accompagnements, j'aide à libérer les blocages émotionnels, à réconcilier le corps, le cœur et l'esprit et à retrouver une vie plus alignée. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager à quelqu'un de ton entourage qui pourra en avoir besoin. Et si tu veux soutenir le podcast Les Sens de la Vie, tu peux aussi laisser une jolie note ou un commentaire. Ça m'aide énormément et ça permet au podcast de toucher encore plus de personnes. Je suis très contente de pouvoir vous retrouver aujourd'hui pour parler de ce sujet qui me tient énormément à cœur. Donc il y a quelques semaines, on a parlé de l'hypervigilance, puis du fait de trop réfléchir, de suranalyser. Et j'ai vraiment senti que beaucoup d'entre vous se reconnaissaient dans ces fonctionnements-là. Alors aujourd'hui j'ai justement eu envie de reproposer un thème qui s'inscrit totalement dans cette continuité, un sujet qui nous concerne je pense énormément, surtout lorsqu'on est dans des schémas relationnels déséquilibrés, quand on a tendance à trop donner, à vouloir trop porter ou peut-être trop comprendre. On va parler du rôle du sauveur et plus largement du triangle de Cartman, comme je vous le disais. Un épisode un peu confrontant peut-être, un épisode qui va vous inviter à vous observer, un épisode qui m'a aussi moi-même demandé beaucoup de nettoyage. parce que ce rôle-là, je l'ai longtemps incarné. Et je pense aussi que ça a profondément influencé mes relations. Donc le triangle de Cartman, c'est un modèle relationnel qui explique pourquoi on rejoue toujours certaines dynamiques dans nos relations. Donc il y a trois postures, il va y avoir la victime, le persécuteur, le bourreau et le sauveur. Mais ce qui est important de comprendre, c'est qu'on n'est pas un seul, on n'a pas un seul rôle, on n'a pas une seule posture, mais on peut passer de l'une à l'autre très rapidement. Pour ma part, pendant des années, je me suis reconnue dans le rôle du sauveur. Pas de manière consciente, bien évidemment, parce que quand on sauve, on a vraiment l'impression d'être quelqu'un de bien. Et je pense que très tôt, d'ailleurs, j'ai développé cette capacité à ressentir les autres, à capter les non-dits, à analyser les comportements, à comprendre aussi les blessures. Et ça m'a vraiment donné une forme de pouvoir, mais aussi une responsabilité invisible, je pense. Et dans nos relations, on a souvent l'impression que... c'est à nous de maintenir l'équilibre quand on est le sauveur, que c'est à nous de comprendre l'autre, que c'est à nous de faire preuve de maturité, que c'est à nous d'apaiser. Et on va aussi choisir inconsciemment des partenaires qui sont bien souvent blessés, perdus ou instables émotionnellement. Et ça, ça va activer quelque chose en nous. On va se dire qu'on va l'aider. On va se dire qu'on est celle ou celui qui va le comprendre. qui va être celle ou celui qui va rester. Et au fond, ça va nous donner une place, ça va nous donner de l'importance, et surtout, ça va nous donner un but, que ce soit pour nous ou pour l'autre. Donc au début, quand on est face à ce rôle un petit peu de sauveur, on va se sentir fort, on va se sentir utile, on peut aussi se sentir important et indispensable aux yeux des autres. Mais le piège, c'est qu'on va petit à petit s'épuiser. On peut aussi se sentir frustré, pas toujours reconnu à la hauteur de... ce qu'on donne. Et c'est là vraiment le piège du triangle qui va se mettre en place. Parce que quand le sauveur va trop donner et ne pas recevoir ce qu'il attend inconsciemment, il va devenir la victime. Puis parfois, quand ça déborde, il peut devenir aussi le bourreau, le persécuteur. Et là, ça va se transformer en un triangle qui va tourner en boucle. Donc ce qui se passe en fait dans le côté un petit peu inconscient lorsqu'on porte ce rôle de sauveur, c'est qu'on a envie, on a d'une manière ou d'une autre envie de sécuriser un lien. On a créé une stratégie, une façon inconsciente de dire que si on était indispensable, on ne nous quitterait pas. Et ça, ça vient bien souvent d'une peur. La peur d'être abandonné, la peur de ne pas être choisi pour qui on est vraiment, ou la peur de ne pas suffire. Et c'est pour ça que ce rôle vient se mettre en place à ce moment-là dans nos relations. Je voulais d'ailleurs faire un petit lien avec l'épisode de la semaine dernière sur l'hypervigilance. Parce que lorsqu'on est sauveur, on est bien souvent hypervigilant. On va surveiller les micro-changements, les silences, les humeurs, les comportements. On veut anticiper aussi parfois le conflit. On veut réparer avant même que ça explose. Parce que le déséquilibre nous insécure. fortement lorsqu'on est dans le rôle du sauveur. On va prendre sur nous, on va essayer de comprendre, on va essayer de rationaliser, mais on ne va pas toujours se demander, et moi, dans tout ça. Donc c'est vraiment important de comprendre que quand on est dans un rôle de sauveur, on peut avoir aussi beaucoup d'hypervigilance. Donc si ça vous intéresse, je vous invite à aller écouter l'épisode de la semaine dernière, je vous en parle un peu plus en profondeur. Pour ma part, le moment où j'ai vraiment conscientisé que j'étais dans une posture de sauveur, ça a vraiment été... lorsque j'ai observé mes relations, que ce soit mes relations amoureuses, mais aussi amicales, je me suis vraiment rendu compte que j'avais presque systématiquement ce besoin d'aider les autres. Pas juste de les soutenir, mais vraiment de prendre une forme de responsabilité émotionnelle, comme si leur équilibre dépendait complètement de moi, en fait, et de l'aide que j'allais leur apporter. J'avais vraiment ce réflexe de vouloir comprendre les blessures des autres. d'excuser certains comportements, de rationaliser des absences. Et je cherchais aussi beaucoup à trouver des solutions aux autres. Et de ça, en fait, je pense que ça me donnait vraiment de la valeur. Je pense que je me sentais importante, je me sentais utile, je me sentais aussi indispensable pour les autres. Mais avec le temps, je me suis vraiment rendue compte que je m'épuisais. Parce qu'en voulant sauver, je portais. Et en portant, je m'oubliais. tout simplement et ça, ça a vraiment été une grosse prise de conscience dans ma vie et dans mes relations. Et d'ailleurs, ce qui a été aussi très révélateur pour moi c'est de comprendre que quand on est dans un rôle de sauveur, on fait énormément pour les autres, on va les comprendre, les excuser, on va porter pour eux mais dans le fond, on attend quelque chose. On attend que l'autre, un jour, fasse pareil pour nous et c'est pour ça qu'on va donner autant pour les autres que ce soit dans nos relations amicales, que ce soit aussi dans nos relations amoureuse, que des fois on va s'oublier pour les autres, parce que inconsciemment on va attendre qu'ils nous renvoient l'appareil on va attendre que les autres un jour nous rassurent comme nous on les rassure, qu'ils nous comprennent comme nous on les a compris, qu'ils nous portent comme nous on les a portés sauf qu'on ne le dit pas on n'a pas vraiment conscience, on ne va pas formuler ce besoin de cette façon et quand ça ne vient pas on va sentir déçu, on va sentir incompris, on peut sentir blessé Merci. Et c'est à ce moment-là qu'on va justement basculer dans le rôle de la victime. Et personnellement, je pense que ça a vraiment été une grosse claque de réaliser que derrière le fait de vouloir aider les autres, il y avait aussi un besoin qu'on m'aide comme ça. Derrière le fait de vouloir être forte, il y avait aussi un besoin de pouvoir me reposer sur quelqu'un. Et tant qu'on reste dans ce rôle de celui ou celle qui sauve, on ne va pas laisser la place à l'autre de nous sauver parce qu'on va... pas vouloir montrer notre vulnérabilité, on va avoir tendance à rester solide et dans le fond c'est aussi une manière de garder le contrôle. Donc lorsqu'on est dans le rôle du sauveur, on va au début être dans le je veux aider, je veux comprendre l'autre, je veux être patient et petit à petit intérieurement quand on va passer du sauveur à la victime, ça va devenir pourquoi je fais tout ça, pourquoi je suis la seule à faire des efforts ? Pourquoi je sens que je ne suis pas soutenue en retour ? Et c'est à ce moment-là qu'on va changer de posture. Donc le rôle de victime dans le triangle de Cartman, ce n'est pas une vraie victime d'une situation grave, ça va plutôt être une posture relationnelle, un endroit intérieur où, dans une relation, on va se sentir impuissant. Et lorsqu'on est dans cette situation-là, on peut avoir tendance à avoir l'impression que les choses nous arrivent qu'à nous, qu'on subit, qu'on n'a pas vraiment le pouvoir sur ce qui se passe. et que le changement aussi dépend énormément des autres. On peut aussi se plaindre beaucoup, attendre que l'autre comprenne tout seul nos besoins, espérer que la situation, elle change grâce aux autres. Et on peut aussi avoir tendance à se demander pourquoi ça nous arrive à nous, qu'on fait de notre mieux mais que ça ne suffit jamais. Donc on ne comprend pas, qu'on n'a pas vraiment le choix. Et la victime en réalité, on peut penser que c'est quelqu'un qui va avoir tendance à beaucoup se plaindre, à un peu se lamenter sur son sort, alors que bien souvent elle a simplement perdu le contact avec son pouvoir personnel et elle va penser que la solution est extérieure. Et ce qu'il y a derrière cette posture de victime, c'est bien souvent une blessure d'abandon, une blessure d'injustice, une faible estime de soi ou la... a peur aussi du conflit et la victime ne va pas se sentir capable de faire bouger les choses et elle peut aussi inconsciemment attirer à elle un sauveur parce qu'elle va espérer que quelqu'un viendra la rassurer, la protéger, va décider pour elle, la sortir un petit peu de cette situation là. Mais ce qui est important de comprendre c'est que tant qu'on reste dans cette posture et ben on va laisser son pouvoir à l'extérieur et aux autres. Et c'est bien souvent dans ces moments-là aussi qu'on va se sentir blessé, qu'on va se sentir incompris, qu'on va vraiment sentir que l'autre ne comprend pas notre mal-être. Et c'est aussi donc à ce moment-là qu'on va devenir le persécuteur. On va passer de je souffre à c'est de la faute de l'autre. Et dans ces moments-là, on peut critiquer, attaquer, reprocher beaucoup de choses à l'autre. Et c'est à ce moment-là qu'on va passer de je veux aider l'autre. à je l'accuse parce qu'il ne me comprend pas, parce qu'il ne va pas réussir à me donner ce que j'attends qu'il me donne. Donc le rôle du persécuteur, ce n'est pas un monstre, c'est une posture relationnelle dans laquelle on reprend le pouvoir par la domination ou par le contrôle. Quand on est dans ce rôle-là, on peut facilement critiquer, faire des reproches, être dur dans nos paroles, utiliser le sarcasme ou chercher à avoir raison. c'est vraiment de mettre l'autre en position d'infériorité. Ça peut par exemple être le fait que si on est dur avec lui, on va moins souffrir, ou si on contrôle, on ne va pas risquer de perdre, ou si on attaque, on ne va plus être vulnérable. Donc bien souvent, le persécuteur va protéger une blessure. Donc ça va souvent être la blessure d'injustice ou la blessure d'abandon, parce qu'attaquer va donner l'illusion de puissance, alors qu'en réalité, c'est bien souvent une réaction à une douleur. non exprimés et c'est justement ce que je voulais vous partager dans cet épisode et ce que je voulais un petit peu vous faire comprendre, c'est qu'on peut vraiment passer du rôle du sauveur au rôle de victime, au rôle de persécuteur parce que bien souvent on a une posture qui est déclenchée par la douleur qui a été accumulée. Donc comment réussir à sortir et à se libérer du triangle de Cartman parce que comprendre les rôles c'est une chose mais se libérer de ces schémas c'est en vrai chemin. Pour moi, la première chose que j'ai comprise, c'est que sortir du triangle, c'est pas changer les autres, c'est vraiment venir reprendre sa responsabilité. La première étape, c'est déjà l'honnêteté, c'est de se poser la question dans les moments de tension, est-ce que j'ai tendance à vouloir sauver ? Est-ce que j'ai tendance à vouloir me positionner en victime ou encore attaquer ? Donc l'objectif, c'est pas de venir se juger, c'est déjà dans un premier temps de venir observer, parce que tant qu'on va se raconter que c'est toujours les autres le problème, on va... rester dans ce triangle. La sortie, elle va vraiment commencer quand on va se dire qu'on participe à cette dynamique. Et pour moi, ça, ça va être quelque chose de très puissant. Si je suis dans la posture de victime, sortir du triangle va demander de reprendre mon pouvoir. Donc ça peut être d'arrêter, d'attendre que les autres changent. Ça peut être aussi de poser des limites, de faire des choix, même inconfortables, d'assumer qu'on ne peut pas contrôler le comportement des autres. Et la victime va sortir du triangle quand elle va passer de je subis à je choisis. Si on est dans un rôle de sauveur, la libération va vraiment passer par quelque chose de très inconfortable. Ça va être lâcher la responsabilité émotionnelle des autres. Donc ça peut être de ne pas intervenir tout de suite, de laisser l'autre vivre ses difficultés par exemple, d'accepter qu'on n'est pas indispensable et surtout d'exprimer ses propres besoins. Et pour finir, si on est dans un rôle de... persécuteur, de bourreau, la sortie va passer par la vulnérabilité. Donc ça va être, au lieu de se dire qu'on ne fait jamais rien, c'est d'apprendre petit à petit à se dire qu'on peut être par exemple fatigué, qu'on a peut-être besoin de soutien. Alors ça va demander du courage parce que l'attaque va bien souvent protéger et la vulnérabilité peut exploser, mais c'est elle qui va créer des relations beaucoup plus saines et surtout qui va aider à sortir de ce rôle de persécuteur. Donc on va pas sortir du triangle de Cartman uniquement avec la tête, parce que ces rôles-là, ce sont des mécanismes de survie qu'on a mis en place, ils vont se déclencher parce qu'on va se sentir en insécurité, et bien souvent c'est aussi... de l'ordre de l'inconscient. Donc il va aussi falloir apprendre à réguler notre système nerveux, à apaiser nos peurs, que ce soit nos peurs d'abandon, d'injustice, de rejet. Ça peut être aussi travailler justement sur ces blessures-là, sur les croyances qui peuvent être accompagnées avec. Et à ce moment-là, un accompagnement avec des outils spécifiques peut vraiment prendre tout leur sens. Parce que tant que le corps est en alerte, il va rejouer les anciens rôles. Et ça, c'est très important d'en prendre conscience aussi. Donc voilà, le triangle de Cartman, ce n'est pas une étiquette, ce n'est pas un diagnostic, ce n'est pas quelque chose pour se juger. C'est plutôt une grille de lecture, une façon de comprendre pourquoi parfois on peut rejouer les mêmes scénarios avec des personnes différentes. Pourquoi on commence en voulant aider, puis en fait on se rend compte qu'on est incompris, puis on finit par attaquer les autres. Ce ne sont pas des défauts, ce sont des mécanismes de protection qui ont été mis en place. Pour ma part, moi ça m'a profondément bouleversée de réaliser que je pouvais être les trois, que derrière ma posture de sauveuse, il y avait aussi une peur, un besoin d'être rassurée, un besoin d'être choisie. Et je pense que la vraie maturité émotionnelle, elle commence ici. Quand on accepte de se voir avec honnêteté, sans culpabilité, sans honte, sortir du triangle, ce n'est pas devenir parfait, c'est plutôt devenir... conscient de nos fonctionnements, nos mécanismes. C'est arrêter d'attendre que l'autre change pour aller mieux. C'est arrêter aussi de vouloir réparer pour être aimé. C'est arrêter d'attaquer pour ne plus ressentir. C'est revenir à soi, à sa responsabilité, à sa vulnérabilité, à sa puissance aussi. Et peut-être que la vraie sécurité, c'est pas de sauver, c'est pas de subir, c'est pas non plus de contrôler, c'est d'oser être soi sans jouer un rôle. Voilà, si cet épisode vous a parlé, si vous êtes Merci. reconnu peut-être dans l'un de ses rôles. Prenez-le comme une invitation, une invitation à observer, à ajuster et peut-être à évoluer. Voilà, merci beaucoup pour votre écoute. J'espère en tout cas que cet épisode vous aura parlé. Il vous aura peut-être apporté des réponses, une autre perception des choses. Merci beaucoup pour votre écoute et je vous dis à la semaine prochaine pour un tout nouvel épisode.