- Speaker #0
C'est vraiment cette démarche-là , notre démarche RSE. On n'a pas pris uniquement le volet industriel en disant on veut être green sur tout volet industriel, et on focus sur ça, et on est très fiers de cette réalisation-là . On est très fiers d'avoir commencé à relocaliser en France une partie de la production, mais on est aussi fiers du travail qui a été fait pour enlever tous les blisters sur nos packagings. pour les clients de l'alimentaire et du bricolage. On est très fiers d'avoir modifié nos bâtiments pour créer des bâtiments plus agréables à travailler. On est très fiers des partenariats avec les centres d'aide au travail. On a un programme qui s'appelle Andy Work, avec des salariés en reconversion ou en handicap qui viennent chez nous faire des heures de travail pour reprendre une activité. On est fiers de toutes ces actions-là , et je n'ai pas spécialement une action particulière à citer. C'est vraiment la démarche globale dont nous sommes fiers, cette volonté affirmée de continuer à faire mieux demain.
- Speaker #1
Bonjour à tous et bienvenue dans le nouvel épisode de cap sur le durable, le podcast positif qui inspire et guide la transition durable des entreprises. Aujourd'hui, je suis au siège de la société HBF à Mazère en Ariège. HBF est un spécialiste reconnu dans la conception, la fabrication et la distribution de matériel électrique, d'éclairage, de solutions domotiques et connectées. HBF, ce sont des produits qui équipent nos logements, nos bureaux, nos espaces publics, ce sont des objets du quotidien, parfois invisibles, cependant décisifs dans notre manière d'habiter et de consommer l'énergie. Et c'est précisément parce que ces produits sont omniprésents dans notre quotidien que la démarche RSE d'HBF revêt un sens particulier. Elle pose la question suivante, comment une ETIU industrielle, ancrée dans le territoire français, peut-elle contribuer à construire un habitat plus durable, plus économe, mais aussi plus accessible à tous ? Pour nous en parler, j'ai le plaisir de recevoir Florent Ausha, directeur général d'HBF. Florent, bonjour. Bonjour. Vous êtes à la... tête d'un groupe multinational et de 300 collaborateurs. Pouvez-vous nous expliquer votre parcours jusqu'à la direction d'HBF ?
- Speaker #0
Très bien, merci pour cette introduction. Alors moi, je suis un pur produit de HBF, puisque ça fait maintenant 18 ans que je travaille dans ce groupe. J'ai commencé en 2007 à la direction des achats. J'ai pris en suivant la direction des filiales en Asie, en Chine et en Hong Kong de 2009 à 2014. J'étais en responsabilité sur les achats, sur la partie industrielle. avec nos sous-traitants industriels en Asie. J'étais aussi en responsabilité sur le commerce international depuis la Chine, sur des clients qui étaient partout dans le monde, en France et sur tous les territoires, notamment en lien avec nos filiales du groupe HBF, puisqu'on a plusieurs filiales en Pologne, en Espagne, sur les Antilles. Et puis en 2014, j'ai eu un appel de Jean-Pierre Ferrault, le président actuel du groupe, qui m'a demandé de revenir en France pour prendre la direction commerciale. France et international. Donc depuis 2014, je suis revenu aux affaires en France, gérer le business. Et puis en 2019, suite à une réorganisation capitalistique, au départ du directeur général qui s'appelait Marc Bergognew, qui m'a laissé sa place parce que c'était l'âge de sa retraite pour lui, je l'ai naturellement remplacé et je suis depuis directeur général de cette belle entreprise.
- Speaker #1
Très beau parcours. Et donc pour qu'on comprenne bien les métiers d'HBF, et son ancrage géographique. Pouvez-vous là aussi rentrer un petit peu dans le détail ? On a vu que c'était plusieurs filiales, un groupe assez important. D'où est-il né et comment s'est-il structuré jusqu'à atteindre cette taille d'entreprise ?
- Speaker #0
Bien sûr, le groupe a beaucoup évolué sur les dernières années. Aujourd'hui, le groupe, c'est un groupe naturellement français et international. On est basé en Ariège, on est basé ici au siège à Mazère, c'est un siège social. qui héberge les métiers support, commerce, marketing, tous les métiers support, et également notre plateforme logistique, notre entrepôt central. On a sur Toulouse un établissement secondaire qui est un lab, du côté de la Belge, qui nous permet d'héberger les équipes du digital, les équipes du e-commerce, parce qu'on est présent sur le web, à travers nos sites marchands ou à travers des marketplaces, sur des sites leaders comme Mano Mano, Amazon, le site Leroy Merlin qui est devenu... une marketplace et bien d'autres. Et après, nous avons, au-delà de la France, des relais sur des territoires internationaux, donc en Pologne, qui nous permet de rayonner sur la Pologne, la République tchèque, la Roumanie. Sur l'Espagne, on est très proche de l'Espagne depuis Toulouse, donc on a une filiale qui nous permet de distribuer sur l'Espagne, le Portugal. Et après, nous avons une filiale qui est un établissement secondaire sur les Antilles, qui nous permet de rayonner sur Guadeloupe, Martinique et un peu aux alentours, dans toutes ces îles. Et après, depuis la Chine, nous avons une dernière filiale qui nous permet de commercialiser des opérations qu'on appelle FOB, directement en container complet sur des opérations promotionnelles, sur des clients partout dans le monde, notamment en Afrique.
- Speaker #1
Ok, donc je comprends bien des filiales qui ont une activité principalement logistique.
- Speaker #0
Côté production, aujourd'hui HBF est un fabricant et un distributeur de solutions électriques. On a deux métiers, un métier de fabricant à notre marque ou en marque de distributeur. On fait appel à des sous-traitants industriels, des partenaires industriels, qui sont aujourd'hui majoritairement en Chine historiquement, pour des questions de connaissances, de technologies, de qualité aussi. Depuis quelques années, puisqu'on a entrepris une démarche RSE active, On commence à se rapprocher, à essayer de travailler plus proche de chez nous. On a des démarches de relocalisation de certaines productions. On a eu notamment un projet de relocalisation en Ariège, près de chez nous, avec une famille de produits électriques. On travaille également sur le bassin méditerranéen avec des partenaires industriels qui aujourd'hui n'étaient pas forcément au rendez-vous, mais qu'on fait monter en compétence avec nos équipes qualité et R&D. Et on a des ambitions d'essayer de rééquilibrer notre... portefeuille achats industriels pour ne pas acheter qu'en Chine, même si aujourd'hui la Chine reste un pays extrêmement compétitif, avec une vraie connaissance produits et technologies.
- Speaker #1
Très bien, alors HBF positive, c'est le nom de votre stratégie RSE et c'est ce que nous allons explorer maintenant. Comment HBF articule sa stratégie au niveau du groupe en repensant ses produits, sa chaîne de valeur, ses engagements environnementaux ? mais aussi son rôle vis-à -vis de ses utilisateurs finaux, des distributeurs et des collaborateurs. Quand vous avez lancé votre démarche RSE, donc en 2019, est-ce qu'il y a eu un déclic, un événement déclencheur pour se dire « maintenant on est mature pour définir cette démarche RSE et la diffuser au niveau du groupe ? »
- Speaker #0
Alors bien évidemment, ce n'est pas un événement, c'est plusieurs événements de vie personnelle, de vie professionnelle. et En 2019, c'est le moment où l'entreprise accélère sur sa stratégie commerciale, sur sa stratégie marketing. On met en marché plusieurs millions de produits par an. Donc on a conscience de tous les produits, de tous les packagings. Vous l'avez dit, on a beaucoup de produits qui sont dans les habitats des Français, et bien sûr pas qu'en France. Donc on a conscience de notre impact, produits, packagings, sur le monde. On a bien évidemment autour de nous des partenaires, on appelle ça notre écosystème, des partenaires bancaires, des partenaires économiques, qui commençaient à nous sensibiliser. C'était le moment où on voyait apparaître énormément de labels RSE. On se posait des questions de comment on structure une démarche RSE qui nous correspond. Et puis on a eu une rencontre aussi avec un délégué régional du Global Compact des Nations Unies. programme qui nous a parlé de cette démarche là et on a trouvé ce programme intéressant parce que c'est un programme où on progressait chaque année à notre rythme pas à pas on voulait rentrer dans une démarche où on voulait traiter le maximum de sujets mais à notre rythme avec nos moyens parce que c'est la difficulté de ces sujets là c'est qu'on n'a pas forcément les ressources dédiées on n'a pas forcément les moyens financiers pour dire bah tiens on va tout révolutionner donc on voulait faire quelque chose qui nous contraint à nous améliorer et avancer Et donc on est parti sur cette démarche du Global Compact des Nations Unies, avec toute cette démarche de COP, d'obligation de publier chaque année ses progrès en démarche RSE, et de travailler une démarche qui se construisait. À ce moment-là , on était aussi très proche dans notre écosystème d'Innoa, qui est notre association des industriels du bricolage, à laquelle on fait partie. et que je représente au conseil d'administration. Et on a participé notamment à la première réunion autour de la démarche et on s'est inscrit dans le premier audit du bilan carbone avec Ausha. On était la première promotion à s'engager dans cette démarche. Et donc on a construit notre démarche un petit peu dans cet esprit. On progresse sur l'ensemble des sujets qui sont en notre main, on le communique et on y va au fur et à mesure dans une démarche de progrès. On a voulu appeler ça positive. Donc c'est pour ça qu'on a appelé ça le programme HBF Positive. Et aujourd'hui on l'a décliné en HBF Positive Product, donc tout ce qui est autour du produit. Positive Production, c'est toute la partie production industrielle. On a un Positive People, donc là c'est plutôt autour du social. Positive Place, avec les lieux de vie, le lieu de travail, qu'on continue à améliorer au quotidien. Positive Partner. parce qu'on est très sensible à cet écosystème. Donc, c'est comment on interagit positivement dans une démarche RSE avec notre écosystème. Et puis, le dernier, c'est positive business. C'est toute la partie éthique, là aussi, avec nos partenaires. Alors là , c'est plutôt industriel, mais pas que, dans cette démarche de responsabilité.
- Speaker #1
OK, donc on voit qu'il y a vraiment plein de choses. On va aborder tous ces sujets-là progressivement. Si vous voulez bien, j'aimerais qu'on revienne brièvement sur le Global Compact des Nations Unies pour savoir comment cette démarche est accompagnée. Donc, vous m'avez dit un délégué régional qui vous a parlé de cet accompagnement-là . Juste nous resituer, comment ça fonctionne ? Est-ce que c'est un groupe de travail ? Sur combien de temps ? Est-ce qu'il y a une méthode qui est fournie à l'entreprise ? Juste qu'on essaie un petit peu là d'avoir des clés de compréhension de ce qu'est le Global Compact des Nations Unies. Et puis après, on reviendra sur votre démarche en HBF positif. On essaiera de voir ce que vous avez fait au niveau des produits, de la production des people, des partenaires et du business.
- Speaker #0
Le programme du Global Compact des Nations Unies, c'est un programme qui nous intéressait parce que c'est un programme sur une démarche volontaire. Il n'y a pas de contraintes particulières comme un label où vous devez avoir telle charte d'inclusion ou avoir tel papier pour être validé. C'est une démarche où vous expliquez ce que vous faites, que vous faites, comment vous vous améliorez et chaque année vous devez publier votre progression. Comment le Global Compact vous aide ? Il vous aide parce qu'ils ont bien sûr tout un tas d'outils, il y a des réunions de travail, ils ont appelé ça des ODD, des objectifs de développement durable, donc il y a différents ODD sur l'eau, sur les relations éthiques, il y a tout un tas d'ODD. Vous choisissez là aussi, parce que toutes les entreprises ne sont pas concernées par les mêmes sujets. entreprises qui ne sont pas du tout concernées par l'eau. J'ai des confrères qui sont dans la peinture, par exemple, qui sont extrêmement concernés par l'eau. Nous, on l'est un petit peu moins. Je ne dis pas qu'on ne l'est pas, mais un petit peu moins. Et donc, on choisit ces thèmes, on choisit les sujets vers lesquels on veut aller. Il y a des groupes de travail avec d'autres entreprises qui dépassent là , bien sûr, le cadre d'Innoa, parce que là , on est vraiment au-delà des industriels du bricolage, des industriels de tous les secteurs. Donc, c'est aussi très enrichissant dans cette démarche-là . Et puis vous pouvez participer à des accélérateurs sur certaines thématiques. Le dernier a été sur l'égalité homme-femme. Notre service RH a participé à cet accélérateur pour nous aider à mieux structurer notre démarche, à voir ce qui a été fait, à nous aider à nous poser les bonnes questions, bonne méthodologie. Et ce programme nous va bien parce qu'il n'y a pas d'obligation, mais en même temps il y a une obligation de mieux faire. Il y a un rythme. Il y a un rythme. Il n'y a pas de contraintes, je vais dire, techniques, mais... on se doit de publier quelque chose tous les ans qui nous incite à faire mieux. Et ça, c'est une démarche qui nous va bien parce que parfois, on n'a pas forcément les moyens. On dit, mais il faut quand même qu'on continue une dynamique positive, d'embarquer nous les équipes et puis aussi de présenter le groupe à l'externe comme étant un bon groupe qui continue d'avancer sur les thèmes à son rythme en fonction du marché.
- Speaker #1
Et donc quand vous publiez, vous publiez votre démarche comme vous le faites sur le site internet. On voit que vos engagements sont très clairement expliqués sur votre site internet. Quels autres supports de publication utilisez-vous pour afficher vos progrès ?
- Speaker #0
Alors, au groupe HBF, on communique quand même assez peu. C'est récent, notre volonté de communication. On communique sur différents supports. On essaye surtout de communiquer en interne. C'est important d'embarquer les équipes. Parce que ce sont les acteurs du quotidien de ces sujets-là , ils n'ont pas toujours conscience de leur impact, mais il est très fort. On parlait en préambule de la partie produit, packaging, ça bien évidemment c'est mes équipes de chefs de produit, c'est mes équipes d'infographie qui aujourd'hui, dans leurs actions au quotidien, en lien avec le client, en lien avec le marché, contribuent à limiter l'impact, à présenter des produits utiles, faciles. à utiliser, facile à déballer. On essaie de communiquer en interne et en externe, on utilise les réseaux sociaux, on utilise le site Internet et on utilise des événements comme celui-ci, cette interview qui nous permet également de rappeler toute la démarche.
- Speaker #1
Je trouve votre démarche extrêmement bien construite et très claire sur votre site Internet. C'est une communication qui, selon moi, vers l'extérieur, fonctionne très bien, elle est très claire. J'aimerais maintenant, on va rentrer dans les positive people. place, positive product. Mais avant ça, j'aimerais que vous m'expliquiez comment cette démarche est portée dans l'entreprise. Je crois qu'il n'y a pas de direction RSE au sein du groupe. Par contre, il y a la direction et le commerce qui, chacun selon son expertise, s'approprient certains sujets. Est-ce que là , on peut aussi rentrer dans le détail de la construction ? Et du coup, ça explique beaucoup de la construction de votre démarche et aussi de la manière dont vous la faites vivre.
- Speaker #0
Absolument. Ce sont des sujets qui ne sont pas faciles parce que des fois on crée des directions RSE, des fois ça ne l'est pas. On a essayé d'adapter le modèle à notre entreprise et aujourd'hui on a décidé de ne pas porter de direction RSE à proprement parler puisque la RSE ou le RSE c'est un sujet de toutes les directions. Maintenant, pour qu'il soit porté, il est naturellement plus logique que ce soit porté par la direction, la direction générale, pour donner l'impulsion. C'est pour ça qu'aujourd'hui, Norbert Vitière, qui est aujourd'hui directeur Supply Chain et directeur adjoint de la direction générale, Nathalie Descalier, qui est la directrice des ressources humaines, Jean Chauve, qui est la direction marketing stratégique, et moi-même, ainsi que le président Jean-Pierre Ferrault, nous portons la démarche RSE. Et après, nous avons des comités en interne pour... coordonner l'ensemble des actions qui concernent bien évidemment les sujets positifs. People concerne bien sûr plus logiquement le RH, l'équipe RH, donc avec Nathalie Lescalier. Mais c'est une thématique, je vais dire, transverse à l'entreprise. Il n'y a pas une direction dédiée, il y a des objectifs dans les directions, des comités de suivi, des comités de pilotage et une coordination régulière.
- Speaker #1
Ok, est-ce que c'est un sujet franco-français ou est-ce que ces sujets-là rayonnent aussi dans vos filiales étrangères ?
- Speaker #0
C'est plutôt porté depuis la France, depuis le groupe. Et après, en fonction des thématiques, c'est plutôt dilué sur l'international. Effectivement, il y a des zones qui sont un peu moins aujourd'hui sensibles à la démarche RSE. Donc on essaye de l'impulser à distance. On essaye de faire découler des décisions produits, packaging, ça, ça découle sur tout. toutes les filiales, bien évidemment. Mais je dirais, pour répondre très clairement à la question, c'est plutôt un sujet franco-français aujourd'hui.
- Speaker #1
Très bien. Parlons donc maintenant un petit peu de vos sujets phares, vos thématiques phares. Quelles sont vos plus grandes fiertés depuis 2019, date à laquelle vous avez lancé et structuré votre démarche ?
- Speaker #0
La question n'est pas évidente. On est très fiers de tout ce que nous faisons au quotidien. On a... pas une action particulière, on a fait beaucoup d'actions, beaucoup de petites actions, mais des petites actions qui ont compté et qui comptent encore aujourd'hui, qu'on fait progresser. C'est vraiment cette démarche-là , notre démarche RSE. On n'a pas pris uniquement le volet industriel en disant on veut être green sur tout volet industriel. On est très fiers de cette réalisation-là . On est très fiers d'avoir commencé à relocaliser en France une partie de la production, mais on est aussi fiers du travail qui a été fait pour enlever tous les blisters sur nos packagings pour les clients de l'alimentaire et du bricolage. On est très fiers d'avoir modifié nos bâtiments pour créer des bâtiments plus agréables à travailler. On est très fiers des partenariats avec les centres d'aide au travail. On a un programme qui s'appelle Andy Work avec des salariés en reconversion ou en handicap qui viennent chez nous faire des heures de travail pour reprendre une activité. On est fiers de toutes ces actions-là et je n'ai pas spécialement une action particulière à citer. C'est vraiment la démarche globale dont nous sommes fiers et cette volonté affirmée de continuer à faire mieux demain par rapport à hier.
- Speaker #1
Toujours dans cette logique de petits pas ?
- Speaker #0
Toujours dans cette logique.
- Speaker #1
Je ne claque pas compte. Très bien, on le comprend, c'est au quotidien que s'incarne cette démarche, c'est vraiment dans votre démarche d'amélioration continue, la RSE est le levier principal que vous actionnez. Je voudrais qu'on creuse le sujet de la chaîne d'appro, puisque dans vos métiers, évidemment, c'est un facteur d'émission important. Comment appréhendez-vous ça en termes d'amélioration ? Parce que ce n'est évidemment pas facile. Évidemment, la relocalisation française vous permet de faire des avancées notoires. On sait que sur des produits comme les vôtres, ça va rester certainement un petit peu limité à certains produits. Comment est-ce qu'on aborde ce sujet-là ?
- Speaker #0
Alors, il y a la démarche RSE, il y a la volonté de l'entreprise d'avoir des produits plus locaux, plus propres. Et puis, il y a l'aspect économique. qui reste aujourd'hui un sujet important, c'est-à -dire qu'on a beau avoir la volonté de relocaliser, aujourd'hui quand on est 10-15% plus cher que ce qu'on était auparavant, économiquement on a un consommateur ou un client distributeur qui ne le valide pas. Donc il faut être constructif et raisonnable dans sa démarche, c'est toute la difficulté. Sur la démarche achat à pro, effectivement, vous l'avez dit, Aujourd'hui, on a fait notre premier audit sur le bilan. carbone dans les trois scopes. Le scope E3, c'est plus de 95% de nos émissions de gaz à effet de serre. Donc ça reste un sujet à traiter. On essaye de travailler sur des sujets avec nos transitaires, avec nos transporteurs, sur des flottes plus responsables, mais là aussi, ce ne sont pas nos propres flottes. Donc on essaye de travailler avec eux pour trouver les bonnes options. On essaye d'optimiser nos imports. On essaye de faire attention à ces sujets-là . d'emballer le moins possible, de traiter la chaîne de valeur de A jusqu'à Z de la meilleure façon possible. Mais ça reste aujourd'hui des défis sur lesquels HBF n'est pas le seul acteur. C'est un influenceur éventuellement, mais ce n'est pas l'acteur qui peut transformer toute la chaîne. Oui,
- Speaker #1
je le comprends, je le comprends tout à fait. Et en matière d'éco-conception des produits, on voit que vous avez travaillé aussi sur les matériaux pour incorporer un maximum de matières recyclées dans certaines de vos gammes. Je crois que là , c'est une transformation qui est certainement adaptée par la filière. C'est un vrai sujet de filière.
- Speaker #0
Tout à fait. Alors, nos produits, surtout sur la partie électricité, sont très normés. Il y a beaucoup de contraintes techniques, il faut respecter les normes NF, les normes CE, donc c'est les contraintes mécaniques et électriques. Et donc changer des matériaux, on peut se dire, c'est facile, mais en fait ça demande beaucoup d'études, beaucoup de production de tests, et donc on a réussi à intégrer dans nos produits, dans un grand nombre de produits, parce qu'ils ne sont malheureusement pas tous, des matériaux en plastique recyclé. Donc ça, ça a été la première étape qu'on a généralisée. aujourd'hui on a un grand nombre de produits en matériaux recyclés. Et là , on est cette année sur une deuxième étape, c'est maintenant avec des matériaux issus, par exemple, de l'agriculture, avec du blé. On a essayé de faire des matériaux mixés avec du matière plastique recyclée et des résidus de blé. On essaye aussi avec des coquilles de Saint-Jacques, des coquilles d'huître, donc d'autres matériaux qui viennent aujourd'hui renforcer une démarche RSE autour du produit. alors C'est des productions aujourd'hui qu'on a du mal à stabiliser. Sincèrement, en termes de masse production, on peut produire des petites séries. On ne maîtrise pas encore des millions de produits. On fait des centaines de milliers de produits, mais on ne fait pas des millions, des milliards de produits encore. Mais on y travaille. Donc on essaye de stabiliser, d'accompagner nos industriels à maîtriser, à stabiliser tout ça. Mais oui, on est très fiers. Vous parliez de Ferté, on est très fiers de dire que la gamme Natura va arriver en marché sur le... la fin de l'année avec ce type de matériaux sur des blocs multiprise par exemple.
- Speaker #1
Ça participe aux petits pas qui comptent selon moi. Abordons maintenant le sujet Positive Place et bien-être des collaborateurs. Je crois que là , vous avez aussi quelques initiatives très inspirantes à nous partager.
- Speaker #0
Oui, alors là aussi, il y a un certain nombre de sujets. Il n'y a pas si longtemps, on a terminé la semaine de la... la QVCT. Donc ça effectivement c'est devenu un certain rituel. Donc durant cette semaine là , on essaye d'accompagner les collaborateurs sur différents événements, avec différentes thématiques sur le bien-être personnel, sur le bien-être collectif. Il y avait un coach cette semaine là sur le sommeil pour aider les collaborateurs à mieux dormir, sur la nutrition. Donc ce sont des sujets qui ne sont pas forcément des sujets d'entreprise, donc plutôt individus. mais qui participent à leur bien-être. On a récemment, dans les derniers sujets, inauguré un nouveau réfectoire. On avait un réfectoire qui n'était pas forcément adapté, qui n'était pas forcément convivial. Et donc, c'est un moment de pause où les collaborateurs se retrouvent. Donc, on a inauguré un nouveau bâtiment, je vous le présenterai tout à l'heure, lors de la visite du site, qui est tout à fait adapté, où les gens se retrouvent avec plaisir. lors des pauses du déjeuner. On a des événements tout au long de l'année, des food trucks pour se retrouver un peu de convivialité. Après, sur la partie bureau, vous verrez, on a historé le double écran pour les collaborateurs pour qu'ils aient des ergonomies de travail. Puis on travaille avec la médecine du travail au quotidien sur tout un tas de sujets, sécurité et bien-être.
- Speaker #1
Et vous avez, je crois, aussi des sujets mobilité.
- Speaker #0
Effectivement, on a des sujets mobilité puisqu'on a un programme mobilité qui est assez avancé. En arrivant, vous avez certain nombre de bornes électriques qui sont à l'entrée, qui sont disponibles pour les collaborateurs qui ont déjà un véhicule électrique ou hybride. Et pour ceux qui n'ont pas de véhicule, on a un programme de mobilité, de location interne, où on met à disposition, en location bien sûr, des véhicules électriques pour les collaborateurs, au moins, ils payent à des tarifs bien sûr préférentiels. ... Ils ont la possibilité de se charger sur site leur véhicule. C'est un petit coup de pouce de l'entreprise. Autour de deux sujets, on sait que changer de véhicule ou avoir un véhicule, ce n'est pas forcément évident, c'est un coût. Donc on essaye de les aider dans la mobilité pour qu'ils viennent travailler avec plaisir et qu'on soit dans une économie circulaire avec l'énergie. D'ailleurs, c'est aussi le slogan de HBF, l'énergie nous inspire, donc on travaille sur ces thématiques-là .
- Speaker #1
Donc voilà des actions très concrètes qui nous montrent et démontrent bien comment la RSE se vit dans une entreprise. Si maintenant on se projette à 5 ans ou à 10 ans, toujours dans cette logique de petits pas, mais peut-être avec une vision en plus. Quels sont selon vous les chantiers de transition à mener en priorité pour HBF et pour les entreprises de votre secteur ?
- Speaker #0
Nous, sur la vision à 5 ou 10 ans, aujourd'hui, j'ai insisté en disant qu'on est dans une démarche pas à pas. Il est évident qu'il faut qu'on continue à structurer la démarche RSE, qu'elle soit encore plus solide, avec des tableaux de bord, des indicateurs et un suivi, je vais dire, plus industriel qu'il ne l'est aujourd'hui. Aujourd'hui, on est dans une démarche. positive sur plein de sujets, il va falloir qu'on choisisse aussi d'accélérer sur un ou deux thèmes de façon beaucoup plus forte. On envisage d'accélérer sur la partie de la relocalisation, c'est un sujet qui est assez important, ça demande des investissements importants, ça demande une maturité des partenaires industriels avec qui on va travailler. Donc ça, on le travaille, c'est une partie de nos ambitions, ce projet de relocaliser 50% de nos achats. 2030, c'est écrit dans le plan stratégique qui s'appelle Cap 2030 du groupe HBF. On sait qu'on a un sujet sur la reverse, donc sur toute la partie des retours, sur toute la partie du SAV, dans un esprit aussi de relations clients. Aujourd'hui, on a démarré un partenariat avec une société toulousaine qui nous permet de réparer des stations de charge électrique. On vend des stations de batterie externe, des grosses stations de charge. Auparavant, il était difficile pour nous de les réparer. Aujourd'hui, on fait appel à cette société qui répare en seconde vie des produits qui seront remis en marché dans le cadre de cette déverse. Bien évidemment, il va falloir qu'on travaille sur nos sujets d'approvisionnement. Là où vous avez vu l'état du monde, aujourd'hui, il est assez compliqué. Se projeter à cinq ans, ce n'est pas possible. On va laisser passer, j'espère qu'on aura des bonnes nouvelles à l'international sur les événements mondiaux, tout ce qui se passe un peu partout dans le monde. Nos chaînes d'appro sont impactées, est-ce qu'elles vont être à 5 à 10 ans ? Aujourd'hui, personne n'a la boule de cristal, il faut rester très vigilant et conscient de nos impacts sur ces sujets-là . Je pense que les compagnies maritimes font beaucoup d'efforts aussi pour utiliser des bateaux qui consomment moins. Ça participe. Les transporteurs font attention aussi avec des flottes auto qui sont plus responsables. Il faudra toujours transporter. On est dans le métier de distribution et de livraison aux clients. Avec le dernier kilomètre qui coûte cher, ça on le sait aujourd'hui, que ça reste un des défis de demain. Et pour nous, ce sera structurer, peut-être labelliser notre démarche RSE, ce qu'on n'a pas fait jusqu'à présent. Pour la rendre encore plus, je vais dire, juste ou en tout cas plus officielle, même si on ne peut pas dire qu'elle n'existe pas, mais ça fait partie des sujets qu'on avait mis de côté en disant on ne veut pas de label aujourd'hui. Bon, ça paraît naturel qu'on se relance dans une démarche de label avec un Ecova10 ou un autre, sachant qu'on n'a pas forcément de partenaire particulier, on fera en fonction aussi de nos clients, parce qu'on fait attention aussi à ... On s'inscrit dans la démarche aussi avec nos clients, de ce qu'ils attendent de nous, parce qu'on fait partie aussi de l'écosystème. Et donc, on s'inscrira dans des démarches là . On a des acteurs en GSB comme le Roi Merlin qui sont très acteurs sur ces sujets là . Donc, on écoute, on accompagne et on s'inscrit dans cette démarche.
- Speaker #1
Ok. Très bien. Alors pour conclure, je voudrais savoir quels conseils vous auriez à donner à une PME industrielle qui souhaite structurer une démarche ou entamer une démarche, mais qui ne sait pas trop comment aborder le sujet. Donc quels conseils leur donneriez-vous ? Et selon vous, est-ce qu'il y a une erreur à ne pas commettre quand on lance une démarche de transformation durable ?
- Speaker #0
Nous, notre démarche a été de dire qu'on ne savait pas par où le prendre, on voulait traiter plein de sujets, donc on est allé dans cette démarche-là . On a dit, on ne traite pas un seul sujet, on ne traite pas... tous les sujets petit à petit et on continue d'avancer, on s'améliore au fur et à mesure, on progresse. Ça, ça a été notre conseil. Je sais qu'il y a d'autres entreprises qui préfèrent traiter un seul sujet, d'aller jusqu'au bout, donc ça dépend vraiment de la philosophie de l'entreprise. Ça serait ça mon conseil, ça dépend de l'entreprise, des collaborateurs qui sont dedans, du management, de l'environnement dans lequel ils sont. Prenez en compte ce que vous êtes, ce qu'est l'ADN de l'entreprise. Ça c'est clé. Ne faites pas quelque chose qui ne vous ressemble pas. Nous on a fait quelque chose qui nous ressemble. Après, dans ces démarches-là , on est obligé de se tromper. C'est naturel. Je ne trahis pas de secret, quand on fait des bilans carbone, les premiers bilans carbone, on se trompe. C'est beaucoup de données, des données complexes à aller chercher, on fait des erreurs, c'est pour ça qu'on se fait souvent accompagner, qu'on partage avec des pairs en disant... mais toi comment tu calcules ton impact véhicule, comment tu calcules ton impact transport maritime, nous on prend ces éléments-là . Et le deuxième conseil ça serait travailler dans un écosystème, ne partez pas dans une démarche seul, travaillez en collectif. Il y a beaucoup de personnes dans l'écosystème, des consultants, des fédérations, l'État avec la BPI qui peut accompagner à différentes formules en fonction des moyens. Mon conseil, ne partez pas seuls dans une démarche aussi structurante et aussi profonde.
- Speaker #1
Eh bien, voici des conseils précieux que vous nous donnez. Merci d'avoir échangé avec nous et à bientôt.
- Speaker #0
Merci, Ă bientĂ´t.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de CSLD, le podcast positif qui inspire et guide la transition durable des entreprises. Si cet épisode vous a plu, pensez à vous abonner et à laisser un avis. Chaque partage permet d'encourager d'autres acteurs à passer à l'action. Ensemble, continuons d'explorer les transformations inspirantes et mettons le cap sur un avenir durable. On se retrouve après la pause estivale pour une nouvelle saison de Cap sur le Durable. D'ici là , prenez soin de vous et de vos idées.