- Speaker #0
Pourquoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par ces récits de vie et par cette quête de sens qui enime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien au-delà des cercles habituels qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais croisées autrement. Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti ! Comment le sacré peut-il nous reconnecter à nous-mêmes et nous éviter de nous perdre ? Vaste question, n'est-ce pas ? Parce que le sacré, on l'imagine souvent comme quelque chose de religieux, d'un peu perché, alors qu'en réalité, c'est peut-être simplement ce qui donne du sens, ce qui relie, ce qui nous empêche de passer à côté de notre vie. Dans ce treizième épisode, je t'emmène à la rencontre de Fred, J'ai rencontré Fred grâce à Pierre, l'invité de l'épisode 4, lors d'un événement que Pierre avait organisé où il donnait sa propre conférence, dans le prolongement de son propre épisode ici. J'aime profondément ces rencontres-là, celles qui ne se sont pas prévues, celles qui arrivent parce que la vie a décidé de faire se croiser deux trajectoires. Fred me fascine par sa manière de voir le monde, par son parcours aussi. Un chemin marqué par la perte de repère, la colère, le fait de se sentir perdu, et puis progressivement par une reconnexion profonde à la nature, au cœur, au sacré. Dans cet échange, Fred vient témoigner, raconter comment le sacré peut devenir un fil invisible qui nous empêche de nous perdre, et surtout quand tout vacille. Alors bienvenue Fred !
- Speaker #1
Merci !
- Speaker #0
Merci d'être mon invité dans ce nouvel épisode de Cap vers toi ! comment tu te sens là au micro ?
- Speaker #1
bah écoute je me sens un peu impressionné par le micro mais sinon ça va ouais ?
- Speaker #0
ouais allez tout va bien se passer tu as tenu à ce qu'on se retrouve face à face pas derrière un écran pour enregistrer cet épisode je t'en remercie d'être venu jusqu'à moi peux-tu nous partager pourquoi c'était important pour toi ?
- Speaker #1
Par rapport au thème, justement, ça c'est une des choses qui est importante pour moi, c'est que dans la considération de quelque chose de sacré, c'est aussi un lieu de partage. Et donc, avoir la personne en face de soi pour partager ce moment, on a un meilleur lien en fait.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on va explorer ensemble le sens qu'on donne aux choses. Et ce n'est pas un hasard si on enregistre le 13e épisode de Caber Toi. Le chiffre 13, c'est un chiffre qui fait peur à beaucoup de gens. Toi, qu'est-ce qu'il évoque ?
- Speaker #1
Il évoque les 13 cycles féminins, les 13 lunes qu'on va avoir dans une année. Et du coup, le principe des femmes, c'est sacré. Et ça nous ramène justement au sacré du féminin sacré par les 13 cycles.
- Speaker #0
Et pourquoi c'est important pour toi ça ?
- Speaker #1
C'est important parce qu'à travers les enseignements que je peux recevoir, c'est quelque chose qui m'a fait prendre conscience en tout cas que... tu ne peux pas avoir la vie si tu n'as pas une femme qui donne la vie. Et donc, pour que les femmes puissent donner la vie, il faut que les hommes soient en mode protecteur, non pas à étouffer la femme. Il faut la laisser dans sa liberté, mais en tout cas, il faut être là en tant que protecteur. Voilà, c'est pour ça que c'est important. Le 13e podcast, c'est parfait.
- Speaker #0
Ouais, merci. Alors, je vous ai partagé en introduction que Fred me fascinait, parce qu'un homme qui parle des 13 lunes, ce n'est pas courant. Comment là tu te définirais, tu te présenterais à nous en quelques mots ? En quelques mots,
- Speaker #1
je me présenterais en disant que je m'appelle Frédéric, que j'ai 47 ans, que je vis depuis un peu plus de 25 ans dans le sud-ouest et dans les Landes, que je suis natif de la banlieue parisienne et que j'ai eu divers métiers dans ma vie et surtout qu'aujourd'hui je suis assez fier de pouvoir honorer... Le fait d'être gardien de feu pour les Premières Nations à Nishinabe et notamment pour Dominique Rankine et sa femme Marie-Josée Tardif.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous expliquer avant de poursuivre ? Ce que c'est qu'être gardien de feu ?
- Speaker #1
Alors gardien de feu, en tout cas pour moi, dans ma considération, il va y avoir la partie terrain, si on peut dire. On va être là, on va préparer le feu sacré pour les cérémonies de l'aide de sudation, qui se fait appeler le matado. Et on est surtout là en fait en tant qu'un peu gardien de la culture pour pas qu'il y ait d'appropriation qui soit faite. Et dans la mesure du possible, pouvoir ramener les choses en fait dans le bon axe, sans contraindre, sans interdire, mais expliquer aux gens des fois que... Ce qui est fait, ce n'est pas fait correctement, ce n'est pas fait dans le sacré, ce n'est pas fait dans le respect d'une culture, d'une tradition. Et donc, en fait, je considère qu'on est là pour ça aussi.
- Speaker #0
Donc, on reviendra, je pense, plus tard dans l'épisode sur toutes ces notions, une de sudation, etc. Mais là, avant de commencer à découvrir ton histoire personnelle, qui a fait qu'aujourd'hui, tu sois devenu gardien de feu. et j'aimerais qu'on vienne définir ce que c'est que le mot sacré, qui est un peu la base de l'épisode. Donc, est-ce que tu peux nous partager pour toi ce que signifie le mot sacré ?
- Speaker #1
Le mot sacré, il va considérer en fait l'importance et le sens en toute chose. Quelque chose de sacré peut être un moment, peut être un objet, peut être une cérémonie, peut être une prière, mais pas spécialement dite religieuse, parce qu'on peut faire des formes de prières différentes. Donc pour certains, le moment de faire l'arbre de Noël sera sacré. Pour d'autres, pas du tout, parce qu'en fonction de l'histoire de chacun, les choses peuvent être vécues de différentes façons. Mais en tout cas, dans beaucoup de choses qu'on va mettre en place ou vivre, il y a du sacré. Dans le sport, on peut trouver du sacré. Dans le travail, on peut trouver du sacré. On peut l'avoir un peu partout. À partir du moment donné, on y met une conscience et qu'on respecte le sens et la profondeur de ce qui a été posé là depuis peut-être des millénaires en fonction de certaines cultures.
- Speaker #0
Donc là, ce que j'entends, c'est qu'effectivement, pour toi, le sacré, c'est repartir au sens originel des choses en y mettant de la conscience. Et du coup, dans notre société moderne, ce côté sacré se perd. C'est quoi ton point de vue par rapport à ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. C'est qu'il se perd avec le temps qui va vite, où les gens vont courir après plein de choses finalement, vont être plutôt un peu gloutons de la vie, ne vont pas prendre le temps. de pouvoir marcher tranquillement, de pouvoir observer tranquillement. Et du coup, il n'y a pas cette prise de conscience de l'instant. Et plus on va courir, plus on va faire disparaître ce sacré. Donc il est important de revenir à ça, important de pouvoir retrouver une compréhension aussi, une connaissance de ce qu'on a tout autour de nous, parce qu'il y a des choses qui sont là depuis des milliers d'années. Donc il suffit juste d'apprendre et d'aller chercher de la connaissance.
- Speaker #0
Et est-ce que là, tu aurais des exemples précis de la vie courante, de perte de ce sacré ?
- Speaker #1
Par exemple, dans ma profession actuelle, je suis magnétiseur et je suis aussi géobiologue. Et donc, dans la partie géobiologie, qui sont les études et la compréhension et la connaissance des différents réseaux énergétiques qu'il y a dans les sols et autour de nous, par exemple, il y a 50 ans, on ne construisait pas une maison à cet endroit précis si on n'avait pas compris ce qui se passait dans nos sols. Le secret, c'était de comprendre ce qu'il y a dans nos sols, le passage d'une veine d'eau, peut-être une cheminée tellurique qui passe là. des lignes sacrées, parce qu'il y a des réseaux sacrés, sur lesquels étaient construits les cathédrales ou les églises jusqu'au XIIIe siècle. Après le XIIIe siècle, ça a commencé à se perdre au fur et à mesure jusqu'à aujourd'hui. Mais en tout cas, on regardait ces choses-là. Donc il y a 50 ans, dans les villages, tu pouvais avoir, on va dire, le rebouteux du village, celui qui avait un peu de connaissances, qui pouvait être peut-être pris un peu pour le farfelu. Il pouvait arriver comme ça en promenade et dire « Oups ! » Là, je ne construirais pas la maison à cet endroit-là. Je serais vous, j'en décalerais de 2 mètres. 2 mètres, c'est rien. Mais c'est tout, en fait, quand on a compris ce qu'il y avait dans les sols. Et donc, c'est une compréhension du sacré. On peut le retrouver aussi à travers tout notre passé. Et ça, par exemple, c'est des choses qui ont disparu. Le principe de comprendre telle plante qui peut faire telle chose pour te guérir. Moi, j'ai travaillé dans les produits pharmaceutiques en tant qu'intérimaire. Et en fait, il n'y a pas un médicament qui ne sort pas d'une plante naturelle. Après, ça a été transformé en molécules. On a récupéré les molécules des plantes. Il y a eu des associations. On en a fait des médicaments. Mais concrètement... initialement, c'est une connaissance de la plante. Si tu remontes dans les siècles et des siècles, tu vas découvrir qu'en Rome antique, en Grèce antique, on travaillait avec telle plante, telle fleur, qu'on récupérait plutôt la racine, plutôt la tige, plutôt les pétales, en fonction de ce qu'on avait besoin de faire. Et donc ça, c'est de la compréhension. Et tout ça, on l'a oublié.
- Speaker #0
C'est vrai que prendre un médicament, d'un jour, j'ai du mal à me dire que c'est... À l'origine, c'est une partie d'une plante.
- Speaker #1
Oui, c'est ça en fait. On va le retrouver aussi, là je donnais cet exemple des plantes, parce qu'en fait, c'est un très bon exemple. Aujourd'hui, moi dans mon travail de magnétiseur, je vais travailler avec des sortes d'engouements, je vais faire des préparations pour différentes pathologies. Par exemple, si je travaille sur des eczémas ou sur des psoriasis, je vais proposer de la peau de banane. Les gens, quand ils me disent, je vais mettre de la peau de banane. Oui, parce qu'en fait, il y a des choses à l'intérieur de la peau de banane qui vont venir travailler sur l'assèchement des plaques et qui va permettre à ce qu'il y ait une récupération de l'épiderme qui soit beaucoup plus rapide. Et ça, c'est une connaissance, pareil, qui est partie, qui s'est diluée dans le temps. Et puis, on peut le faire sur toutes les plantes.
- Speaker #0
Et du coup, selon toi, à quel moment dans la société... Merci. se sont éloignés de ces connaissances sacrées finalement ?
- Speaker #1
Je pense qu'on ne peut pas y mettre une date. Je pense que c'est comme un entonnoir. Ça s'est perdu le temps. Plus le temps avance, plus on le perd. Et aujourd'hui, je pense que c'est important justement de pouvoir revenir à cette considération du temps qui pour moi est une illusion aujourd'hui. Alors avant, dans mon ancien métier, c'était primordial. J'étais logisticien, donc le temps était important. Une seconde égale tant de temps de productivité. Mais aujourd'hui, j'ai cette chance, et je dirais presque celui de pouvoir me dire que maintenant, le temps est une illusion et je gère différemment la vie avec ce temps qui est une illusion. Et du coup, il n'y a plus rien qui presse. Et je me suis reconnecté surtout à moi-même, mais surtout à ce besoin de marcher doucement pour pouvoir observer tout ce qui se passe autour de moi, comprendre.
- Speaker #0
Merci, Fred, pour cette invitation là à regarder le temps autrement. Et là, tu dis que le temps est une illusion. et qu'au fond, rien ne presse vraiment. Alors bien sûr, on a tous des agendas qui sont bien là, bien réels, avec des impératifs, le boulot, les enfants, la famille. Mais finalement, tu vois, quand je t'entends, peut-être que l'illusion, c'est cette urgence permanente dans laquelle on vit et cette impression qu'on doit absolument toujours courir. Alors peut-être que... La vraie question finalement, c'est qu'est-ce qu'on choisit de faire du temps qui nous est donné ? C'est vrai qu'on se questionne jamais sur comment on veut utiliser notre temps. Si on revient un peu en arrière dans ton histoire, tu nous as partagé que tu étais logisticien. Mais avant ça, j'aimerais qu'on remonte bien au-delà. Quand tu étais enfant, quelle place avait le sacré dans ta vie ?
- Speaker #1
Inexistant. Inexistant, je suis un enfant qui suis né en banlieue parisienne. Alors j'ai une vie assez agréable en tant qu'enfant. Mes parents, pendant que j'étais à l'école primaire, m'ont fait une proposition de savoir si je voulais aller au catéchisme. Je dirais qu'à cette époque-là, il y avait un truc qui buguait à l'intérieur de moi, où je me disais non, moi je ne vais pas là-bas. Pourtant il y avait du sacré, mais quelque chose m'empêchait d'y aller. Donc je n'ai pas découvert ça. Et du coup, à part la considération de la vie de tous les jours, qui est aller à l'école, faire du sport et faire des choses avec ses amis, en fait, là-dedans, je n'y voyais pas grand-chose en termes de sacré. Donc, plus j'ai grandi, plus j'ai commencé à me perdre, à part arriver les années collège qui sont, je trouve, à aujourd'hui, qui est toujours pareil dans la difficulté pour un enfant à vivre. Moi, en tout cas, je l'ai vécu avec difficulté, où justement, tu passes une petite classe, petite unité avec... un maître ou une maîtresse, quand t'es en école primaire, puis tu vas au collège, et là tu passes à une classe un peu plus dense, plusieurs enseignants, à te déplacer partout. Alors tu t'y fais, ça va, tu vois, mais quelque part, ça peut être déjà un peu marquant et difficile. Et puis tu passes une école où t'avais peut-être, allez, je sais pas moi, 80 enfants, 100 enfants, tu vois, pour arriver dans un collège où il y a déjà plus de 350 enfants. Donc là, ça ouvre encore plus le contact et le relationnel. des milieux totalement différents qui arrivent, et tu peux commencer déjà à te perdre si tu n'as pas quelque chose qui te retient. L'avantage que j'ai découvert en arrivant dans la région des Landes, c'est que, alors ce n'est pas que la région des Landes, il y a plein de petites régions qui ont ça, mais ils ont une culture de région, donc ils ont des repères. En tout cas, ils ont quelque chose qu'on n'a pas dans la banlieue parisienne, en tout cas, enfin à mon sens. Ce qui fait que tu commences à te perdre, et tu avances pendant tes années collège, puis tu ne sais plus trop, parce que tu n'as pas de repères. Et puis après, tu arrives au lycée. Et puis là, tu n'arrives pas loin de ton âge adulte. Et puis tu n'as toujours pas de repère. Donc en fait, tu peux aller très bien à gauche, très bien à droite, faire des bêtises, faire des trucs qui n'ont pas de sens parce que tu n'as toujours pas compris qu'il y avait un sens à quelque chose. J'ai eu la sensation d'être perdu. J'ai eu la sensation de ne pas savoir où aller. Donc à me chercher. Est-ce que je suis plutôt ci ? Est-ce que je suis plutôt ça ? Et puis il n'y a rien qui est proposé pour te reconnecter à toi. En tout cas, pour ma part, dans notre culture, il n'y a pas quelque chose qui te permette de te connecter à toi. Donc j'ai avancé, j'ai fait des découvertes, parfois bonnes, parfois mauvaises. Et tout ça a nourri aussi la colère parce que tu es perdu. Comme tu n'as pas de repère, à un moment donné, il te manque des bases, il te manque quelque chose. Donc tu as de la colère qui se nourrit au fur et à mesure. Comme je te disais, tu peux arriver sur un chemin qui est bien à un moment donné. Puis quand tu es en colère, tu prends un chemin qui n'est pas bien. Puis ça fait partie de mon histoire.
- Speaker #0
Donc là, tu nous partages finalement une préadolescence, des années collège compliquées, des années lycée compliquées, perte de repère. Comment tu évolues en grandissant ?
- Speaker #1
Du coup, je pense qu'il y a un truc qui est assez intéressant à observer. C'est que, toujours en lien avec le sacré, considérant qu'on est reliés tous ensemble à quelque chose de plus grand, j'ai toujours écouté ma petite voix. et qui m'a toujours sorti des histoires où ça aurait pu devenir compliqué, parce qu'à un moment donné, ma petite voix me disait, ne fais pas ça, là tu as atteint la zone rouge. Donc si tu la traverses, c'est danger. Et donc, hop, ça me régulait. Et en fait, il y a eu un déclic, c'est qu'en ayant la chance de connaître la région des Landes en tant que vacancier, quand j'ai été au moment de me dire qu'est-ce que je choisis comme vie, ma petite voix m'a dit, va dans les Landes, il faut aller faire du surf, reconnecte-toi à la nature. Tu vas trouver des pins, il y a les dunes, il y a le sable, il y a l'océan. Et c'est ça que tu as besoin à l'intérieur de toi.
- Speaker #0
Tu avais quel âge là ?
- Speaker #1
Là, je pense que j'avais 15-16 ans.
- Speaker #0
Ah oui, très tôt. Tu pars très tôt seul ?
- Speaker #1
Ah non, pardon. Là, c'est au moment où je le comprends qu'il faudrait y aller.
- Speaker #0
Ok, 15-16 ans,
- Speaker #1
tu comprends. Quand j'ai découvert la région, là, je me suis dit, ça, c'est une région qui serait bonne pour se reconnaître. Non, quand je prends la décision, j'ai plutôt dit 19-20 ans. Puisqu'en fait, j'arrive à l'âge de 21 ans avec mon camion pour construire ma maison.
- Speaker #0
Donc là, ta petite voix t'a dit...
- Speaker #1
L'objectif, c'était ça. Voilà. Pars. Voilà, c'est ça. Pars de la banlieue parisienne. Tu n'as plus rien à y faire. Et donc, je pars dans les Landes pour justement retrouver la forêt. Alors après, en tant qu'enfant, j'avais déjà des besoins. Je passais beaucoup de temps dans la forêt. J'ai eu la chance d'avoir une forêt derrière chez mes parents. Donc voilà, la nature a toujours fait partie un peu de moi.
- Speaker #0
Ok. Donc, tu arrives dans les Landes.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Là, tu t'es reconnecté à un fait un peu au sacré. C'est là où tu prends conscience de ce que met ce mot-là, à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ouais, je pense que, j'utilise peut-être pas dans ce terme-là, mais je pense que je le perçois comme ça. Parce qu'en fait, pour moi, c'était comme déjà une première victoire. Arriver dans un lieu que j'ai affectionné jeune, où j'arrive un peu tout seul. Et là, par exemple, j'ai réussi à me poser et à rencontrer des gens, des Landais, des Basques. Et en fait, pourquoi ? Parce que j'ai fait le choix d'apprendre la culture, la culture de la région. Je me suis posé, j'ai écouté, j'ai observé et en fait j'ai réussi à rentrer comme ça à l'intérieur. Moi je connais beaucoup de gens qui sont venus d'autres régions, qui n'ont pas réussi à s'implanter, parce qu'en fait ils venaient avec leur histoire, sans pour autant écouter c'est quoi l'histoire de la région. Et ça par exemple tu vois c'est du respect dans le sacré, tu n'arrives pas en conquérant. Tu viens, tu veux découvrir quelque chose, pose-toi, écoute, observe et en fonction de ça, si tu fais des choses après qui sont en lien et qui ont du sens par rapport à la région du coup, tu seras beaucoup plus facilement accepté en fait.
- Speaker #0
Donc 19-20, 20 ans, tu arrives dans les Landes et là, c'est quoi ton avenir ? Qu'est-ce qui s'y passe ?
- Speaker #1
Je n'ai aucune réflexion sur mon avenir proprement dit et le seul truc c'est que j'ai besoin d'un boulot. J'ai bossé en intérim quand j'étais sur la banlieue parisienne dans les produits pharmaceutiques, ce qui m'a amené en fait à avoir des connaissances en logistique. J'avais un K16 pour conduire les chariots élévateurs et donc du coup j'ai postulé dans le coin et j'ai été embauché chez Ripkeur, la marque de surf. Du coup j'y ai fait 20 ans. J'ai commencé à décharger des camions, et puis après j'ai été responsable des réceptions au bout de quelques années, puis après des équipes de préparation de commandes et d'expédition de marchandises. Donc il y a eu un aspect de management pendant plusieurs années, et là je suis toujours en colère à l'intérieur de moi. Donc il y a toute une dualité en fait entre mon lien avec les gens, où je les comprends, je les entends, j'ai envie de faire des choses bien avec eux. Et à la fois, les résultats qu'ils me sont demandés d'obtenir en tant que manager et qui parfois sont incohérents avec qui je suis. Alors c'est comme si je mettais un costume le matin et que j'enlevais le soir.
- Speaker #0
Et quand tu dis colère ?
- Speaker #1
Ah ben c'est toujours ma colère de mon enfance, de mes pertes de repères, parce qu'il y a toujours quelque chose qui me manque. Là, je retrouve à travers la culture surf, les contextes du sacré. Le respect de l'océan quand tu rentres dedans. Donc tout ça, je l'ai appris parce que j'ai eu de la chance autour de moi, Thierry Pion, d'avoir des gens qui ont voyagé, qui ont connu Hawaï, et qui ont ramené et raconté l'esprit du surf. Pas de ce qu'on connaît aujourd'hui, mais l'esprit du surf, un corps du passé, où il y avait du sacré. Donc en fait, ils ont expliqué tout ça. Et là, pour moi, ça commençait déjà un corps à ramener quelque chose à l'intérieur de moi. Donc à comprendre justement que tu rentres dans l'océan en remerciant l'océan avant de rentrer dedans, que quand tu marches sur la plage pour rentrer dans l'océan, il y a déjà tout un processus de mise en conscience, de connexion avec l'océan.
- Speaker #0
Quand je t'entends, vous partagez ces expériences de vie, t'en arriver dans les Landes, dans ce besoin de comprendre la culture, cette passion pour le surf, avec effectivement cette transmission aussi de comprendre l'origine. et ce côté sacré du sort. La vie t'a amené à faire des rencontres qui t'ont amené à comprendre tout ça ou c'était toi qui allais chercher l'info ?
- Speaker #1
Je pense que c'est des deux. Je pense que c'est des deux. C'est quand tu es prêt à aller à la rencontre, on te met les gens sur ta route qui vont te donner ces informations-là. Et c'est une fois de plus, si tu passes ton temps à courir et que tu ne considères rien, ces gens-là n'arriveront pas spécialement sur ta route ou même s'ils arrivent et qu'ils te racontent, tu n'entendras peut-être pas leur histoire. Donc ça passera comme ça, elle ne pourra pas en prendre conscience. Donc c'est là toute l'importance de pouvoir écouter. Et c'est vrai que ça, c'est dans tous les domaines. Après, je pense que naturellement, dans ce que je suis en tant que personne, depuis mon enfant, j'ai toujours essayé de comprendre les choses ou tout au moins aller chercher de la connaissance dedans.
- Speaker #0
Justement, j'aimerais revenir à tes années, si c'est OK pour toi, tes années collège, lycée, là où tu dis ça a été compliqué, je me suis perdue. De toute façon, ces années, c'est des années qui permettent de construire un homme aussi. Est-ce que tu veux nous en dire un peu plus sur comment ces années-là t'ont structuré pour aller dans ce que tu es aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, je pense qu'il y a tout un concept en étant dans la banlieue parisienne de naviguer au niveau de différentes cultures. J'ai côtoyé des gars de quartier, j'ai côtoyé des gens qui avaient une vie, on va dire, pavillonnaire. qui fait que j'ai toujours essayé de comprendre aussi c'est quoi vos histoires, parce que sachant que la banlieue parisienne c'est quand même construite aussi avec des gens qui venaient du nord de France du sud de la France tu vois, c'est pas que des parisiens qui... et même d'autres pays donc du coup c'est un peu ça en fait, c'est d'aller à leurs rencontres et puis voilà, je pense qu'à un moment donné tu fais pas toujours les bons choix parce que tu veux être pote avec un tel et puis tu fais des choses qui sont pas correctes j'ai réussi à me reconnaître à comprendre des choses sur ça il faut pas que je le fasse, ça il faut que je le fasse à un moment donné j'ai eu des amis ça m'a permis en fait de découvrir les rêves parties, de la phase d'aller danser en rêve partie parce qu'en fait quand j'ai essayé de rentrer dans les boîtes de nuit bizarrement les physios ou les vigiles, je sais pas comment tu veux appeler ce genre de personnes, te regardent et ils font bah toi tu rentres pas alors que c'est incompréhensible en fait tu es habillé de la même façon que les autres gens qui sont dans la file Tu as la même tête que les autres gens qui sont dans la file, mais à toi on te dit que tu ne rentres pas. Ok, bon, je vais aller à un endroit où on m'accueille. Et l'endroit où on m'accueille, c'est dans les Rêves Parties. On ne me demande pas de savoir comment je suis habillé. On me laisse rentrer, je peux aller dans la forêt, je peux aller sous terre. Il y avait des fêtes dans les catacombes, dans des grands hangars. Du coup, tu es accueilli, tu es accepté, puis tu fais ta vie là-dedans. Après, avec ces amis-là, on a commencé à organiser des Rêves Parties aussi. Donc là, il a fallu se confronter à différentes problématiques en tant qu'organisateur. C'est assez dense et intense. Tu ne fais pas toujours les bons choix.
- Speaker #0
Tu dis que les rêves partent. Du coup, tu as accueilli et il n'y avait pas de délit de faciès. Non. Mais du coup, qu'est-ce que tu y vivais ? Qu'est-ce que tu recherchais ? Qu'est-ce qui t'a mené à devenir organisateur ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. J'ai écouté ma petite voix encore. J'ai écouté ma petite voix. J'ai écouté... le besoin de mes potes qui avaient envie de faire ça qui avait déjà commencé à le faire un peu avant d'ailleurs et donc du coup c'était tout à fait logique d'aller là dedans en fait Après, il y a un côté leader, tu vois. Je ne vais pas me cacher dans tout ce que j'ai toujours fait dans ma vie. Même si ce n'est pas quelque chose que j'ai été chercher, c'est quelque chose qui vient naturellement. Donc voilà, organiser, d'un coup, tu es en mode leader aussi. Voilà.
- Speaker #0
Ok. Ok, donc là, on te retrouve dans les landes, dans la logistique, manager. Et donc, on revient à cette colère qui, du coup, est toujours là parce que tu ne comprends pas. Tu n'es pas... en tant que manager, toujours pas aligné.
- Speaker #1
Toujours pas aligné.
- Speaker #0
Et alors, qu'est-ce qui se passe après ?
- Speaker #1
En fait, la vie, elle est faite de moments heureux et de moments parfois malheureux. Et j'ai envie de dire que la séparation avec la maman de mes filles a fait que ça a été le point de reconnexion. De reconnexion à moi. Parce qu'en fait, c'est là où je me suis posé la question de qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Et qu'est-ce que je fais depuis toutes ces années ? Et en fait, je m'apercevais que je faisais des choses qui ne sont pas spécialement ce que je suis à l'intérieur de moi. Donc, quand j'ai commencé à me dire comment je vais faire pour trouver ce qui est à l'intérieur de moi, bizarrement, c'est passé par des moments de reconnexion à soi à travers la méditation. Et puis après, une fois de plus, il y a la magie de la vie. La magie de la vie qui t'amène encore les gens sur ta route, des événements qui arrivent sur ta route. Et puis petit à petit, ça se fait, tu comprends des choses, tu commences à changer de travail. Parce que du coup, j'ai rencontré un magnétiseur qui m'a dit « il semblerait-il que tu sois un magnétiseur » . Donc j'ai dit « bon, ok, je ne sais pas, je suis manager depuis plusieurs années en logistique, donc je suis avant tout un logisticien » . Et en fait, il me dit « non, non, je pense que tu es un magnétiseur, il faudrait que tu te penches sur la question » . Et puis de là, après, j'ai rencontré une autre personne qui était un ami à mon responsable. Et qui me dit, tiens, achète ce livre et si tu comprends ce qu'il y a dedans, peut-être qu'un jour, ce serait intéressant que tu t'y mettes. Donc, j'ai acheté le livre, je l'ai lu et j'ai compris ce qu'il y avait dedans.
- Speaker #0
C'était quoi ce livre ?
- Speaker #1
C'était le livre de Barbara Anne Brennan, Le pouvoir magnifique des mains ou un truc comme ça, je crois le titre. Je ne me rappelle plus exactement. Et voilà, une fois que j'ai fini ce livre, j'ai fait waouh. Et puis, j'ai une amie qui m'a dit, viens t'occuper de l'oreille de ma fille, elle a un eczéma, ça serait bien que tu regardes. Donc là, j'ai expliqué que je n'étais pas magnétiseur, j'étais juste logisticien. L'eczéma est parti au bout de 15 jours. Et puis, de bout de l'oreille, j'ai été travailler sur différents eczémas. Des zonades, des problèmes de peau, des problèmes de brûlure, etc. Il y a un événement qui m'a permis aussi de comprendre que j'étais magnétiseur. C'est le moment où je me casse la main. Alors je dis cassé parce qu'en fait, quand je vais aux urgences le lendemain, après avoir une main gonflée comme dans un dessin animé, ils me font la radio et ils me disent qu'il y a des fractures des os, de la main. Et donc ils me disent par contre... Au vu de la radio, on va faire une opération, mais là, on ne peut pas parce qu'il y a trop d'inflammation. Donc, il va falloir attendre. Et vous revenez dans 15 jours, on fait une radio de contrôle. À ce moment-là, l'inflammation aura dû disparaître et on va pouvoir opérer. OK, sauf que moi, je n'ai pas envie parce que j'ai envie d'aller faire du surf. Donc, je me dis, ça ne va pas être possible, une opération de la main. Et puis, il y a le travail où j'ai l'impression qu'il faut que je sois au travail aussi et pas en train de m'occuper de ma main. Et quand je rentre à la maison, tous les jours, je regarde ma main et tous les jours, je me dis... pas moyen je me fasse opérer moi je vais recoller mes os et donc en fait je vais chercher une photographie d'une main au niveau des os pour voir comment c'est fait et là du coup je prends cette photographie en visualisation et tous les jours je me dis ben voilà moi je veux cette main de la même façon donc je reconsolide tous mes os crac crac crac et puis je passe je sais pas je pense 10 à 20 minutes par jour un peu saccadé à regarder ma main et à me dire ça se reconsolide ça se reconsolide là je suis sûr ça se consolide Et puis, arrivé les 15 jours, je fais la radio de contrôle. Et là, le chirurgien regarde ma main et me dit, là, j'ai un truc bizarre. Il y a 15 jours, on devait vous opérer. Et puis là, je ne suis plus trop sûr que l'opération soit utile. Du coup, moi, ça m'arrange. Je me dis, cool, je vais pouvoir récupérer ma main rapidement. Je vais aller faire du surf la semaine prochaine. Et là, elle me dit, non, quand même pas la semaine prochaine. On va passer par une phase avec une orthèse. Et on se revoit dans trois semaines. Pendant trois semaines, je continue. Et en fait, quand je devais revenir au bout des trois semaines à refaire la radio, là, c'était pour prendre la décision. Soit il y avait une opération à faire quand même, malgré tout, petite qu'elle soit, mais il y avait une opération. Soit on continuait avec l'orthèse. Et là, la radio a fait, bon, ben là, moi, c'est quasiment tout consolidé, à part vous remettre encore trois semaines d'orthèse pour être sûr. Je ne comprends pas trop. Mais vous faites quoi exactement ? Et là, je ne l'ai rien. Je dis, je fais quoi ? Je vais juste mentaliser que ma main ne se répare, en fait. et qu'il n'y a pas de raison que ça ne se répare pas. Et là, elle me dit, bon, ok, on se retrouve dans trois semaines et puis ça devrait être terminé, normalement. Et effectivement, trois semaines plus tard, quand je reviens, elle s'aperçoit que ma main est toute consolidée.
- Speaker #0
Elle me dit « Bon, moi, je n'ai jamais vu ça. J'ai l'habitude de faire des opérations sur des types de radios qu'on a eues au début. En général, on opère. Je suis rarement passé à faire des orthèses et avoir une consolidation si rapide. » Donc du coup, je me suis dit « Ok, il doit y avoir un truc bizarre qui se met en place. » Et c'est plutôt ça l'anecdote de ma main qui me fait comprendre après qu'on peut faire des choses avec notre corps.
- Speaker #1
Tu as peut-être un don ?
- Speaker #0
Non, je n'aime pas le mot « don » . J'aime pas le mot don parce qu'en fait je trouve qu'il amène un égo spirituel dedans ou si toi tu as un don les autres ils n'en ont pas et c'est pas normal parce qu'en fait on est tous pareil, on est tous des êtres humains un peu pareil. Alors on va se différer au niveau de nos couleurs de cheveux, nos couleurs de yeux, de peau etc, nos tailles tout ça mais on est tous des êtres humains. Et le mot don me dérange, je préférais parler de capacité, quelque chose qui est plutôt en chaque personne, que tu peux travailler et augmenter et voilà. Les choses se sont faites comme ça et au fur et à mesure de mon parcours, j'ai des gens qui sont arrivés sur ma route. La femme d'un de mes collègues qui m'a dit, il faudrait que tu ailles à tel endroit, donc j'y étais. Et puis là, j'ai rencontré un grand-père navarro avec ses enfants qui faisait une conférence. Et puis là, du coup, j'ai commencé à comprendre c'était quoi qui était sacré par leur culture. Puis j'avais fait un rêve aussi avant d'aller à cet endroit-là. C'était ça qui était assez anecdotique. J'avais fait un rêve où on me disait, il faut que tu trouves l'Algonquin. L'algonquin. Oui, mais moi, l'algonquin, je ne sais pas ce que c'est un algonquin. Au moment où je me réveille le lendemain matin, et donc du coup, je prends Internet, je tape dans le moteur de recherche « qu'est-ce qu'un algonquin ? » Et là, je m'aperçois en fait que c'est le nom qui est donné à des premières nations du Canada. Une fois que j'ai compris cette information, je me dis « c'est bien, mais qu'est-ce que je vais en faire ? » Parce qu'en étant dans les Landes, on est un peu loin du Canada. Après, le parcours continue. J'ai la chance de faire du yoga, de pouvoir déjà reconnecter à mon corps, qui, en me reconnectant à mon corps, me reconnecte à mon cœur. La colère, je m'aperçois qu'elle s'estompe au fur et à mesure. Elle est toujours un peu présente, mais elle s'estompe au fur et à mesure. Ma prof de yoga qui est une amie qui me dit « Tiens, on organise un week-end yoga et différentes activités. Est-ce que ça t'intéresse ? » Je fais « Ok, il va y avoir quoi ? » Elle me dit « Il y a une lutte de sudation qui est faite par des Lakotas. » Elle me dit, est-ce que ça te dit ? Je m'inscris du coup. Puis quand on fait la hutte de Sudation, je suis assis à l'intérieur. Et puis là, j'ai une vision qui me dit, mais tu n'as toujours pas trouvé l'Algonquin ? Et je me dis, ben non, je n'ai toujours pas trouvé l'Algonquin. Donc, sorti de la hutte de Sudation, tu n'as toujours pas trouvé l'Algonquin. Et la magie fait que je montais ma société quelques semaines plus tard. Et j'ai un ami qui, malheureusement, n'est plus de ce monde, qui m'avait proposé de faire mon site, mes pages Facebook, mes pages Instagram, tous ces trucs-là, que moi, je suis au Far West de ça.
- Speaker #1
Tu montais ta société, du coup, de magnétisme ?
- Speaker #0
Oui. Tout à fait. Et il me dit, tiens, t'es fait ta page Facebook. Et une semaine plus tard, je reçois une invitation pour découvrir la fondation Dominique Rankin. Et là, je vois que c'est un chef héréditaire algonquin. Donc du coup, je me suis inscrit. Et là, quand j'ai participé à cette conférence qui était en visio, je suis pris d'émotion. Je suis complètement submergé par son histoire et par ce qu'il a raconté. Et d'un coup, j'ai l'impression que je suis à ma place. Dès le lendemain, je prends contact avec eux. Ça c'était il y a 5 ans. Et donc il y a 5 ans, j'ai commencé les premiers parcours avec eux, qui étaient en visio, où là ils ont expliqué qu'est-ce qu'était le sacré. Et plus ils l'expliquaient, plus je le comprenais et plus ça se mettait en place avec qui j'étais. Et à chaque instant, ma colère disparaissait, Jusqu'à notre première rencontre, où j'ai fait ma première hutte de sudation avec eux. Et où je suis sorti de la hutte de sudation et j'ai fait « Waouh, je ne me sens plus en colère » . Voilà, c'est pour ça que pour moi c'est un des moments clés. Donc c'était en Bretagne.
- Speaker #1
C'est un moment clé parce que là, tu es aligné. Je te sens aligné à ce moment-là.
- Speaker #0
Je me sens aligné. Mon père Dominique et sa femme, Cocoum Maré-José, nous ont expliqué c'était quoi le sacré, à travers différentes choses, à travers les objets, à travers la construction de la hutte. Il y avait plein de choses comme ça. Et en fait, c'est là où j'ai compris c'était quoi le sacré. Et toute l'importance que ça avait dans la vie d'un être humain. C'est que si tu comprends le sens des choses, pourquoi elles sont faites et comment tu dois les respecter. Tu vas te respecter toi, en fait, à travers ça. Et en te respectant toi, en te ramenant de l'amour à l'intérieur de toi, tu vas pouvoir respecter les autres et tu vas pouvoir donner de l'amour aux autres. Et à ce moment-là, la colère s'échappe. J'ai compris ça à ce moment-là.
- Speaker #1
Merci infiniment. Alors là, il y a plein d'infos hyper intéressantes. La vie, à un moment donné, t'amène des signes, des rencontres qui font que ça t'accompagne aussi sur le chemin. Donc là, pour synthétiser tout ce que tu viens de raconter, pour que ce soit un peu plus généralisé. et un peu plus compréhensible, pour les auditeurs qui nous écoutent, ça serait quoi le résumé de cette partie de vie pour arriver de logisticien à magnétiseur aligné, gardien de feu, de hutte de sudation pour Dominique Rankine et sa femme ? Ça serait quoi le fil rouge ?
- Speaker #0
Je pense que chaque personne a son chemin, que chaque personne est sacrée, au même titre que chaque chose est sacrée sur cette planète. Et que si on est à l'écoute de son soi intérieur, alors tu seras sur ton chemin et tu seras guidé naturellement vers là où tu dois aller. Et tu auras pris le temps d'y aller. Ouais, je pense qu'il faut écouter sa voix intérieure. Après, on l'appellera comme on veut en fonction de chaque personne, chaque croyance. Et c'est pas un problème.
- Speaker #1
L'intuition, l'intérieure.
- Speaker #0
Ouais, on peut parler d'intuition, on peut parler de... D'autres personnes parlent de guides, de petits anges sur l'épaule. Je n'en ai aucune idée. En fait, ça va dépendre vraiment de chaque personne. Moi, j'ai toujours eu l'impression qu'il y avait quelque chose de plus grand qui me poussait toujours à aller vers des endroits à droite, à gauche et à découvrir des gens, des choses, des chemins. Alors maintenant, en ayant cette chance de pouvoir partager des moments avec Dominique et Marie-Josée, c'est la compréhension du grand esprit dans la culture des Premières Nations que tu retrouves dans toutes les cultures quasiment de chez eux. qui est en fait te dire que le grand esprit, il est partout tout autour de toi. Il est dans le vent, il est dans les océans, il est dans les montagnes, il est dans le soleil, tu vois, il est dans les feuilles, il est dans les arbres, il est dans les gens, il est partout. Donc on a juste un besoin de revenir à l'intérieur de soi, prendre le temps de marcher tranquillement, être à l'écoute, être dans l'observation. Et quand on a fait ce travail, si on peut appeler ça un travail, parce que ce n'est pas une obligation, se dire « Ok, maintenant je me mets en avant » . Si tu restes sur place, il ne va rien se passer. Mais par contre, si tu te mets en avant, une fois que tu as observé, que tu as écouté et tout ça, il va se passer des choses.
- Speaker #1
J'aimerais qu'on définisse ces quelques mots-là parce que c'est des mots hyper intéressants. Tu vois, quand tu parles de grand esprit, donc pour des gens qui sont déjà très connectés avec tout ça, ils vont comprendre. Pour d'autres, non, mais l'idée, c'est peut-être de les amener dans cette compréhension et d'amener de la simplicité et de l'accessibilité à ces mots. Ça peut parfois être perçu comme, non, mais ils sont complètement tarés, ces gens-là.
- Speaker #0
Oui, alors pas du tout, en fait.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, moi, j'ai vraiment envie... Que ce soit simple et accessible au plus grand nombre. Et donc du coup, quand tu parles de Première Nation, quand tu parles de Grand Esprit, comment tu pourrais définir tout ça ? Quand tu parles de Udessudation, quelles sont les définitions assez simples ?
- Speaker #0
Si on parle du sacré, on pourrait l'associer à simplicité. Simplicité en conscience. Tu as juste à être en conscience de ce que tu fais, que ce soit dans un moment, dans la création de quelque chose. On fabrique des sacs médecine pour mettre des plantes dedans, qu'on va porter autour du cou. Au moment où tu le fabriques, tu es en conscience. Tu passes le fil, tu piques la peau. C'est un moment où tu es en conscience. Donc ça devient un moment sacré. Et tu fabriques un objet sacré, quelque part. Voilà, donc je pense que simplicité, ça serait bien pour ramener l'équivalent au sacré. Grand esprit, on peut considérer ça comme l'univers, quelque chose de plus grand que nous. Le problème de l'humain, c'est qu'il a... Enfin, je pense. On veut toujours aller chercher des explications, quelque chose de rationnel. Mais si on regarde la vie de chaque être humain, je ne suis pas sûr qu'il y ait du rationnel à chaque instant. Il y a toujours des zones d'inexplicables, des zones de magie. Et pour ça, on peut le considérer comme le grand esprit peut-être. D'autres l'appelleront un dieu en fonction de leur religion. D'autres appelleront peut-être leur petite voix, comme on disait tout à l'heure, leur intuition. Bon, voilà, ça marche.
- Speaker #1
Ça marche. Et concernant les idées sud-astrionnes, est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ?
- Speaker #0
Je ne peux pas t'en parler parce que c'est justement un instant sacré. Je ne pourrais pas te donner de détails dessus. Le seul truc que je peux t'expliquer, c'est que si tu as la chance d'en avoir vécu une, déjà c'est beau. Le mieux serait de le vivre avec des gens pour qui c'est dans leur culture. C'est quelque chose d'important chez les Premières Nations, ça fait partie de leur culture. Et on trouve beaucoup d'appropriations qui sont faites justement sur le territoire européen et qui ne sont pas souvent faites correctement. Et c'est là où il peut y avoir le danger. C'est un instant sacré avec des événements qui se passent pour aller dans ton propre chemin intérieur. Et tu ne peux pas le faire par n'importe qui. Tu ne peux pas le faire n'importe où et de n'importe quelle façon. Donc voilà.
- Speaker #1
C'est le risque de la dilution des sacres, des cérémonies culturelles, ancestrales, quand on se réapproprie.
- Speaker #0
Tout à fait. Je pense que c'est important de laisser chaque chose à sa place. Tu veux vivre une cérémonie des Premières Nations, tu vas dans leur communauté, ou des hommes ou femmes de médecine de leur communauté vont venir à un endroit et vont te faire vivre cette cérémonie, mais ça leur appartient. On ne peut pas prendre ça. C'est pareil pour toute chose, en fait. On ne peut pas s'approprier, par exemple, la culture maçai. On ne peut pas s'approprier... la culture chamanique de Mongolie, de Sibérie, ça leur appartient. Après qu'ils viennent partout dans le monde te proposer leur culture, faire leur cérémonie, que tu découvres, que tu participes, que ça t'amène une forme d'éclaircissement sur ton chemin, tout ça c'est ok, mais en fait on ne peut pas prendre ça. On doit rester à sa place, c'est important. Ça fait partie du sacré, de rester à sa place.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et quand tu parles de Premières Nations, les Premières Nations, est-ce que tu peux aussi définir ce mot ?
- Speaker #0
Oui, je pourrais te le définir, parce qu'en fait, avec la colonisation du dit Nouveau Monde, à l'époque de Christophe Colomb, on arrive au terme amérindien, parce qu'il pense découvrir l'Inde. Et le côté amérique, c'est pour Vespucci. Donc en fait, il y a un terme qui n'est pas cohérent, et c'est un terme qui est en lien aussi avec la colonisation. Pour le continent européen, effectivement, c'est plus dans la considération des Amérindiens. Mais toutes ces personnes, tous ces peuples, étant là depuis 15 000 ans, pour eux, ils se considèrent comme les Premières Nations. Donc si on veut respecter les bons termes, on les appellera les Premières Nations.
- Speaker #1
Synthétiser les Premières Nations, c'est des peuples...
- Speaker #0
Oui, c'est des peuples. C'est les peuples Lakota, c'est les peuples Navarro, c'est les peuples... Après, il y a eu plus de 500 nations sur l'île de la Tortue qui est maintenant les États-Unis.
- Speaker #1
Oui, merci. On va arriver à la fin de cet épisode bientôt. Et donc, du coup, Fred, comment concrètement tu mets du sacré dans ta vie de tous les jours ?
- Speaker #0
Eh bien, comment je mets du sacré dans ma vie de tous les jours ? Je te dis, j'ai une chance incroyable de vivre des moments avec Dominique Rankine et Marie-Josée Tardif. Donc, ils nous enseignent tellement de choses, en fait, sur leur culture et comment être connecté à la nature, comment être connecté au sacré. que du coup ça en devient presque facile de pouvoir intégrer le sacré dans ma vie de chaque jour. Donc le matin je me lève, j'ai un petit rituel avec des prières. Alors j'ai des prières de remerciement, le fait de pouvoir être en vie, le fait de pouvoir avoir un toit, le fait de pouvoir manger, le fait d'avoir mes parents, mes enfants, les gens que j'aime autour de moi, qui pour moi ça déjà est un moment sacré, c'est-à-dire de pouvoir remercier que c'est là, ça rentre dans le sacré. Et après, je vais être un maximum de temps en conscience dans ma journée. On ne peut pas être 24-24 sur 7 jours en conscience, mais en tout cas, j'essaye d'amener le maximum de conscience dans ce que je fais à chaque instant. Et donc, du coup, ça va être de me dire, OK, là, je fais ça, je me mets dedans. C'est un moment important dans mon travail pour la personne qui vient. Hop, là, j'y mets quelque chose de sacré. Quand je vais commencer à prendre ma nourriture, je vais l'observer en me disant, là, je suis en train de manger. Donc c'est sacré. Je vais fabriquer quelque chose, je vais y mettre mon intention, ma conscience, donc ça devient sacré.
- Speaker #1
Oui, puis prévilégier des moments de lien social, comme tu as souhaité le faire aussi pour l'enregistrement de cet épisode. Bonne-Sype avait choix, un lien avec plutôt le côté sacré, que faciliter, gain de temps.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Et ça, dans notre société actuelle, c'est fort, quoi.
- Speaker #0
Oui, mais après, comme je disais tout à l'heure, Tu sais, quand tu considères après que le temps devient une illusion et que c'est toi qui deviens ton propre gestionnaire du temps et tu n'es plus en soumission du temps, ça change toute la donne en fait.
- Speaker #1
Oui, mais une journée, c'est 24 heures quand même. Donc, tu dors, allez, 7-8 heures.
- Speaker #0
Considérant, je vais prendre cet exemple peut-être. Voilà, cet exemple peut être pas mal. Il ne va pas être très glorifiant, mais je vais prendre cet exemple. En fait, tu peux être en retard quelque part. Pour un employeur, ça va être problématique. Mais est-ce qu'en réalité, c'est une vraie problématique si tu récupères des heures derrière ? Je ne suis pas sûr. Tant que tu auras fait ton nombre d'heures, ça reste correct pour tout le monde. Alors bien entendu, il ne suffit pas d'arriver en retard tous les jours. Qu'on s'entende bien, à un moment donné, il faut respecter un peu tout l'environnement. À l'époque, avec la maman des filles, on devait monter sur Paris à Noël. Bon, pour le coup, j'étais assez embêtant avec ça. C'est qu'il fallait tout le temps partir à 6 heures pour pouvoir arriver avant les bouchons dans Paris. Et donc, je pouvais très vite monter en pression et me mettre en colère si à 6 heures, on n'était pas parti. Et un jour, au moment où je monte dans le véhicule, me vient une sorte de petite crise au ventre, tu vois, où je ne peux pas prendre la route. Il faut que je retourne à l'intérieur de la maison. Je suis en train de m'énerver pendant ce temps. Et je suis en train de m'énerver parce que je me dis, il y a 10 minutes qui sont en train de s'écouler. 12 minutes, 14 minutes, 15 minutes, 15 minutes et 30 secondes. Putain, il faudrait y aller quand même, tu vois. Et là, je suis... en train de subir le temps parce que je me mets ma propre pression. On prend la route, jour de brouillard, toutes les conditions pas cool pour conduire. Et quand on arrive autour d'une sortie d'autoroute, là vers Bordeaux, carambolage. 10 minutes plus tôt, il avait eu carambolage. Donc si le grand esprit, ou je ne sais pas comment on peut l'appeler, ne me donne pas une crise de ventre, pour je ne sais quelle raison, puisque je n'ai rien mangé de différent de d'habitude, il y a un truc qui s'est produit à cet instant-là. qui m'a fait perdre 15 minutes et 30 secondes. Ces 15 minutes et 30 secondes nous mettent derrière le carambolage.
- Speaker #1
Et pas dedans.
- Speaker #0
Et pas dedans. Donc là, tu te dis, OK. Donc finalement, est-ce que le temps est important ? À la fois non. Si on se laisse porter par le flot, on arrivera toujours au bon endroit, au bon moment. Tout est juste. Tu seras positionné là parce qu'il faut que tu sois là.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Arrêter de courir absolument derrière le temps.
- Speaker #0
Dans l'idéal, si on peut y arriver, je pense que c'est bon pour tout le monde.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
C'est vrai. Merci. Donc ça y est, là, on arrive à la fin de l'épisode. Est-ce que tu as un message à faire passer ?
- Speaker #0
Oui, un message à faire passer, c'est de remercier mes parents. Dès que j'ai besoin, ils sont disponibles, ils sont aimants. Remercier mes enfants, remercier tous les gens qui sont autour de moi, que ce soit la mère des enfants, même si on est séparés, c'est une belle histoire. Je voudrais remercier mes amis, les gens avec qui je partage des bons moments. Remercier aussi Dominique Rankine, Marie-Josée Tardif, parce qu'en fait, ils m'ont fait un cadeau immense de pouvoir me reconnecter à moi-même, de me reconnecter aux sacrés. Voilà, donc c'est un grand merci à eux aussi pour ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu aimerais rajouter quelque chose ?
- Speaker #0
J'aimerais transmettre ma pensée sur la place et l'importance de la place de la femme dans la société. Vous donner la vie, et ça pour l'existence, c'est important. Tu vois, dans le côté sacré, considérer justement la sacralité de la femme, c'est important. Et notamment, la femme, elle va faire des enfants, et donc la sacralité des enfants. Et donc prendre soin des enfants, pour moi c'est important. Il n'y a pas de vie sans femme, il n'y a pas de vie sans enfant. Et puis voilà, je pense qu'après, j'invite chaque personne à écouter sa petite voix, ou plus grand que soi, ou je ne sais pas, mais que chacun puisse se laisser guider par son intérieur.
- Speaker #1
Merci beaucoup Fred.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci infiniment d'avoir partagé ton parcours. On comprend que le sacré n'est pas quelque chose d'extraordinaire ou de... Loin de terre, le sacré c'est avant tout retrouver le sens originel des choses. Mettre du sacré dans sa vie, c'est être pleinement présent à ce qui est déjà là, c'est mettre de la conscience dans ce que l'on fait, du sens dans nos gestes, de l'attention dans nos relations. Merci d'avoir mis de l'attention dans notre relation en venant jusqu'ici sur le bassin d'Arcachon. Le sacré ne tombe pas du ciel, il se manifeste par nos choix, par notre manière d'habiter le monde, par la façon dont on se relie aux vivants, aux autres, à soi-même. Il peut devenir ce fil invisible qui nous ramène à notre juste place. Alors avant de refermer cet épisode, j'aimerais te poser une question, toi qui nous écoutes. Où est le sacré dans ta vie aujourd'hui ? Dans quels gestes, quelles relations, quels moments simples pourrais-tu le reconnaître, l'honorer ? le faire vivre un peu plus. Merci d'avoir pris le temps d'écouter cet échange. Et n'oublie pas, parfois, se reconnecter au sacré, c'est simplement revenir à l'essentiel. Donc si tu as été touché, secoué même, c'est peut-être que tu es prêt, toi aussi, à te choisir. Si cet épisode t'a inspiré, partage-le autour de toi, sur Instagram, Facebook ou LinkedIn. N'hésite pas à laisser une note, un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Je te dis... à très vite dans le prochain épisode de Caber Toi. Adishatz !