- Speaker #0
Quoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par ces récits de vie et par cette quête de sens qui enime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien au-delà des cercles habituels qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais croisées autrement. Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti ! comment se choisir devient l'acte le plus courageux d'une vie dans ce nouvel épisode nous allons explorer que se choisir ce n'est pas un concept c'est une décision est souvent une décision inconfortable parce que se choisir on l'associe vite à de l'égoïsme à l'idée de penser à soi avant les autres alors on s'adapte en compose on se met de côté jusqu'à ce que le corps ou la vie à 10 Aujourd'hui, je vous emmène à la rencontre de Dorothée. Dorothée a mis plusieurs années à comprendre l'importance de se choisir. La vie lui a envoyé des signaux jusqu'à une maladie grave. Alors avec Dorothée, on se connaît depuis plusieurs années maintenant. On s'est longtemps croisés, puis la vie nous a rapprochés. On a partagé des moments précieux, des moments de reconnexion à soi. Et je me souviens encore de ce jour où elle nous a annoncé sa maladie. Ce que j'ai vu en elle ce jour-là, c'était une force tranquille, une femme prête à traverser cette épreuve comme une expérience initiatique. À travers son histoire, j'ai envie de comprendre comment se choisir n'est pas être égoïste, mais plutôt une manière profondément courageuse de rester vivant. Alors c'est parti pour ce nouvel épisode de Cap vers toi. Bonjour Dorothée, bienvenue.
- Speaker #1
Bonjour Marthe.
- Speaker #0
Merci d'être avec moi aujourd'hui. Comment tu te sens là, au micro de Cap Vertois ?
- Speaker #1
Là, je sens l'émotion à l'intérieur de moi d'entendre tes mots en lien avec ce que j'ai pu vivre ces dernières années. Merci pour cette invitation.
- Speaker #0
Merci à toi. Justement, j'ai la première question que je voulais te poser, c'est que quand tu entends cette introduction sur cette notion de se choisir, qu'est-ce que ça fait résonner en toi tout de suite ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça fait résonner en moi, le fait de se choisir ? Ça me fait dire que, justement, cette maladie dont tu parles dans l'introduction, que je le nomme, c'est donc un cancer de la thyroïde, qui m'a été diagnostiqué il y a trois ans. Je crois que ça a été le vrai point de départ.
- Speaker #0
Je me mets au centre maintenant. Le plus important, c'est moi. On va peut-être le voir en détail, mais c'est que,
- Speaker #1
en parallèle de l'annonce de ce cancer, j'ai accouché un mois après. de mon deuxième enfant, Charlie,
- Speaker #0
qui a aujourd'hui presque 4 ans, 4 ans le 3 mars.
- Speaker #1
Et ça a été une priorité, une vraie priorité.
- Speaker #0
Et quand tu dis que l'annonce de cette maladie a été un élément déclencheur, est-ce que tu peux nous partager concrètement à quoi ressemblait ta vie avant cette annonce ?
- Speaker #1
Ça faisait plusieurs années que j'avais étudié la naturopathie. En 2009, d'ailleurs j'ai commencé en 2009, j'ai commencé à exercer en 2012. La naturopathie, c'est l'art de prendre soin de soi, au naturel, de conserver ou retrouver un équilibre de santé par des moyens naturels. Donc j'explorais déjà depuis longtemps ces moyens, tout ce qui peut aider à maintenir le corps dans, non pas un parfait équilibre, mais en tout cas se sentir le mieux possible à l'instant T. Et malgré tout ça, je crois peut-être conditionné par des schémas familiaux. conditionnés par certaines croyances, de continuer de maintenir des fonctionnements qui n'allaient pas dans le sens de ce que j'essayais de mettre en place, je crois.
- Speaker #0
Tu parles de schémas familiaux, de croyances, de fonctionnements. Ça, c'est hyper intéressant. On fonctionne tous de telle ou telle manière. Est-ce que tu peux amener des exemples précis sur quels étaient tes fonctionnements ou ces croyances-là qui faisaient qu'à un moment donné, tu ne te choisissais pas, finalement ?
- Speaker #1
Je parlais de mon schéma familial lié à... qu'on peut retrouver parce que c'est générationnel. Je pense que dans la génération de nos parents,
- Speaker #0
c'était pas du tout ancré comme nous le mettons nous plus en place aujourd'hui dans notre génération.
- Speaker #1
Moi, j'ai vu dans mon histoire ma mère être complètement dévouée pour ses enfants. J'ai un père absent, lié à son travail essentiellement, et une maman très présente pour ses enfants, qui, je pense, pendant un nombre d'années, ne s'est pas choisie. Et moi, j'ai cette image de « je donne tout pour mes enfants, pour ma famille, je donne une énergie sans compter pour que tout le monde se sente bien, pour pour parfaire cet équilibre et pour respecter les codes un peu que l'on m'avait transmis, sans vraiment me poser de questions et sans vraiment réfléchir à l'impact que pouvaient avoir ces conditionnements que j'avais pourtant perçus chez mes parents.
- Speaker #0
Quand tu parles que j'étais dévouée à ma famille, à mes enfants, est-ce que là, tu as concrètement un exemple bien précis où maintenant, avec du recul, parce que peut-être que sur le moment, c'était normal pour toi, mais là, avec du recul, tu te dis « Ah ouais, mais c'était trop ! » Peut-être que ça va être nuancé. Pour moi, c'est vrai qu'on a une lecture toute différente de ces schémas-là.
- Speaker #1
Mais on va dire que je n'ai pas forcément me choisir en priorité. Ou alors, c'était très compliqué pour moi. Je me rappelle l'avoir fait une fois quand, au cours des premières années de mon premier fils, Léo, j'ai ressenti une saturation émotionnelle, l'envie de partir de trois jours. Je l'ai fait, mais ça m'a énormément coûté. Et d'ailleurs, ça n'a pas été forcément bien perçu au sein du foyer, ni par l'extérieur. Ça n'a pas été validé. Et ça, c'était quelque chose qui m'importait. Le fait que ce ne soit pas validé au sein du foyer, le fait que ce ne soit pas validé par l'extérieur. J'étais touchée par ça. Chose qui a vraiment évolué au fil du temps.
- Speaker #0
Est-ce qu'à ce moment-là, tu avais le regard des autres ? Tu as amené cette notion d'égoïsme ?
- Speaker #1
Ça pouvait. Oui, ce que ça me renvoyait, c'était ça. Et du coup, c'était très inconfortable à l'intérieur de moi de ressentir ça et de se dire que je pouvais être jugée pour ça et que je pouvais être jugée comme ça, que les gens pouvaient avoir ce regard. Or, ce n'était pas la sensation que j'avais à l'intérieur de moi. Moi, c'était juste un besoin d'air essentiel pour justement me sentir mieux à ce moment-là au sein de mon foyer. On est toujours sur le même objectif, mais on fait les choses différemment. En tout cas, là, c'est un appel fort. Du corps à l'intérieur. Bon, qui allait devenir plus fort au fil du temps, finalement.
- Speaker #0
Ouais. Donc, comment est-ce que ces moments-là, où tu t'autorisais finalement à t'écouter, sont devenus de plus en plus fréquents ? Ou est-ce qu'il y a eu des événements bien spécifiques qui t'ont amené à te recentrer plus sur toi ?
- Speaker #1
Il y a eu un événement fort, celui qu'on a nommé tout à l'heure. Je pense que ça a été la maladie et l'annonce de ce cancer. J'étais enceinte de huit mois, donc de mon deuxième enfant. Et j'avais une... boule un peu suspecte sur le côté du cou et que je suis allée faire vérifier comme ça, un peu par hasard, parce que j'avais du temps, parce qu'une copine m'avait alertée sur « Tiens, ça va pas un petit peu grossir ? » « Ok, j'ai le temps, c'est la fin de la grossesse. » On a un planning souvent « allégé » sur cette période-là, donc j'y suis allée pour un simple contrôle et il s'avère que ce simple contrôle a révélé un cancer à un stade avancé qui avait déjà migré dans la chaîne d'Anglionaire. qui affolaient un peu les médecins, d'autant que j'attendais un enfant que j'allais devoir accoucher, que le projet de naissance était de plus d'accoucher à la maison. Donc c'était des conditions aussi un peu particulières prévues pour cette naissance. Et ça, ça a été le gros déclencheur.
- Speaker #0
Et donc là, quelle est ta prise de conscience pour répondre aujourd'hui à la question comment se choisir devient l'acte le plus courageux d'une vie ?
- Speaker #1
Alors à ce moment-là d'ailleurs, et je ne l'explique pas, vraiment. Le lendemain de l'écho, je sors du cabinet de l'endocrinologue.
- Speaker #0
Je sens à l'intérieur de moi une confiance immense et je remercie déjà pour le cadeau. Je ressens cette annonce comme un cadeau. Je ne l'explique pas.
- Speaker #1
Je ne sais pas. C'est comme ça que ça me vient. Je me sens déjà pleine de gratitude pour ce qui va se passer en lien avec cette épreuve qui m'est proposée et qui est quand même de... taille parce que j'ai beau ressentir cette confiance je passe quand même par des moments très difficiles de peur de doute de savoir si je vais mettre au monde mon enfant et si je vais pouvoir partager du temps de vie avec lui ou pas enfin à ce moment là il ya quand même des moments où cette confiance là elle peut être très vite rattrapé par des peurs donc ça demande à ce moment là de nourrir cette confiance que je ressens à l'intérieur de moi Et c'est de dire, qu'est-ce que je choisis de nourrir à ce moment-là ? Comme j'ai déjà touché du doigt et cette confiance est déjà là à l'intérieur de moi, forcément, et que je suis quand même de nature plutôt optimiste. En tout cas, c'est comme ça que les gens me perçoivent de manière générale.
- Speaker #0
Et je suis comme ça, je me sens comme ça. J'ai déjà une capacité à prendre de la hauteur sur certaines situations.
- Speaker #1
Et cette situation-là me le demande clairement. J'accueille un enfant dans trois semaines. Donc, pour ainsi dire, peut-être demain. Je pense que le fait, à ce moment-là, d'avoir cet enfant dans mon ventre ne me laisse pas le choix. C'est tout un foyer qui est touché. Ce n'est pas seulement moi, finalement, c'est aussi tout un foyer.
- Speaker #0
Et donc là, à ce moment-là, quand je t'entends, c'est que la vie ne te donne plus le choix que de penser à toi et de te choisir en priorité pour accueillir dans les meilleures conditions cet enfant. Comment tu t'es réajustée ?
- Speaker #1
Finalement, je crois qu'il y est... ce projet d'accouchement à la maison, j'ai déjà aussi beaucoup préparé cet accouchement, donc j'ai déjà mis beaucoup de choses en place pour moi finalement au cours de cette année. Cette épreuve devient plus particulière encore, puisqu'il y a l'annonce de cette maladie, et derrière ça, je pense qu'à ce moment-là, oui, il n'y a plus le choix. Il n'y a plus le choix que de se choisir, que de mettre des choses en place pour gérer au mieux cette situation de taille. Ce n'est pas parce que j'ai confiance que je minimise. ce qui se passe à ce moment-là. C'est beaucoup d'émotions, c'est beaucoup de rendez-vous, parce qu'au départ, on me demande d'accoucher deux jours après, de provoquer l'accouchement. Or, c'était difficilement envisageable pour moi qu'il me sentait bien, qu'il y avait ce projet d'accouchement à la maison. Alors pas à tout prix, mais je me disais quand même, on peut peut-être aller au bout. Et j'ai tout fait pour, et j'ai rencontré plusieurs professeurs pour finalement trouver les personnes avec qui je me sentais à l'aise. avec qui je me sentais en confiance et avec qui on allait pouvoir faire un vrai travail d'équipe. Et oui, à ce moment-là, la priorité, c'était moi. Parce que sans moi, déjà, cette naissance, ça allait être compliqué. Voilà, il y avait aussi tout le reste à gérer à côté. Et puis, ma santé a relevé.
- Speaker #0
Et l'histoire, je la connais. Tu me l'as déjà partagée, mais je trouve que c'est hyper intéressant. Est-ce que tu peux nous partager tout ce qui s'est passé pour arriver à la concrétisation ? projet de naissance à la maison alors que plein de professeurs te disent mais ça ne sera pas possible.
- Speaker #1
Et qu'on l'a dit tout de suite.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
vous avez pris mes accouches à la maison, ça ne va pas être possible. Madame, on va provoquer l'accouchement. Vous allez de suite être opérée dans la foulée. Ce qui me paraissait complètement improbable. Mais en même temps, s'il fallait le faire, je l'aurais fait. Mais je crois toujours mener par cette confiance intérieure de moi, je me sens bien. Je vais bien. Donc la question que je leur posais, c'est est-ce que je vais mourir demain ? est-ce que si on n'enclenche pas les soins tout de suite il y a un risque majeur pour moi ? Donc tout le monde n'avait pas le même discours le cancer de la thyroïde c'est un cancer qui évolue lentement c'est-à-dire qu'il n'a pas commencé un mois auparavant on pouvait compter en années là il s'agissait de trois semaines max pour accueillir mon bébé donc très rapidement on s'est dit avec plusieurs professionnels de santé que ça allait être possible de mener à bien ce projet Merci.
- Speaker #0
Pour que finalement la vie me réserve d'autres surprises, puisque les cases n'étant pas toutes cochées et ouvertes par Massage Femme, il s'est avéré qu'à un moment donné,
- Speaker #1
le projet tombe à l'eau,
- Speaker #0
à peu de temps de l'accouchement. Donc j'ai basculé à ce moment-là les soins vers le Pôle Santé, à côté de chez moi, pour que l'hôpital reprenne le relais et que je puisse accoucher à l'hôpital.
- Speaker #1
Et on s'aperçoit là-bas que finalement, les signaux étaient ouverts sur des examens. très poussée que tous les signaux étaient au vert. Donc, j'appelle ma sage-femme en sortant et je lui dis, bon, finalement, tous les signaux sont au vert. Moi, j'ai quand même une forte confiance. Est-ce qu'on peut quand même pas aller au bout ? Et elle me dit, écoute, je sais pas comment tu te sens. Je lui dis, je sais pas, je doute un peu, mais on peut se laisser un peu de temps. Elle me dit, ok, allez, on se laisse 48 heures pour réfléchir. Et puis, arrivé chez moi, je fissure. Ouais, je fissure la poche des os. Il faut prendre une décision rapidement.
- Speaker #0
Mais j'avais déjà remballé la piscine, j'avais déjà préparé ma balise pour la maternité, j'avais déjà switché.
- Speaker #1
Et accepter le fait que ça ne se passait pas comme c'était prévu, mais de toute façon,
- Speaker #0
rien ne se passait comme prévu depuis déjà quelques jours, semaines. Donc, c'était OK.
- Speaker #1
Et donc là, je redéballe tout et finalement, on a pu accueillir Charlie à la maison dans les 48 heures qui ont suivi.
- Speaker #0
Et ça,
- Speaker #1
ça a été mené par une confiance inébranlable à ce moment-là. Il y avait une confiance en moi, une confiance en la vie. Je ne sais pas comment nommer ce en quoi j'avais confiance, mais j'avais une confiance qui était là, bien ancrée à l'intérieur de moi.
- Speaker #0
Merci. Tu emploies beaucoup le mot confiance. Est-ce que ce mot t'a toujours suivi dans ta vie ? Est-ce qu'il a toujours été là ? Et si ce n'est pas le cas, à quel moment il est apparu ?
- Speaker #1
Intéressante cette question parce que je crois que la confiance, c'est quelque chose avec lequel je chemine beaucoup. Parce que non, je ne peux pas dire que j'ai une confiance en moi illimitée dans tous les domaines de ma vie. Ça va être plus facile dans certains domaines que dans d'autres. Donc à quel moment c'est apparu ? Je pense quand même très tôt parce que je pense lié à mon tempérament, à ma force de vie, à mon caractère. J'ai un tempérament quand même qui fait que je vais facilement de l'avant, facilement optimiste, etc. Malgré les épreuves, malgré ce que j'ai pu traverser, maintenant, la confiance, c'est quelque chose que je vais nourrir aussi dans différents aspects de ma vie.
- Speaker #0
Dans l'aspect professionnel, ça a toujours été quelque chose de plus difficile. Un peu baladée par l'estime de soi, par le syndrome de l'imposteur. Voilà,
- Speaker #1
cette confiance, forcément, elle n'est pas à son max dans ce domaine-là. Donc, j'y travaille. mais elle est bien présente dans d'autres aspects.
- Speaker #0
Et tu vois là, parce que quand je t'entends me partager cette période de cancer, d'accouchement à la maison, où tu sentais vraiment que tu avais confiance, est-ce que c'est de la confiance ou est-ce que c'est plus de l'intuition, du ressenti où tu sentais au fond de toi que ça allait bien se passer ? Moi là, j'amènerais une petite nuance entre confiance en soi et confiance en ce que je ressens au fond de moi. Comment toi, tu te positionnes par rapport à cette nuance-là ?
- Speaker #1
Oui, effectivement, c'est très juste. Alors, je pense qu'il y a des deux. Je pense qu'on peut quand même parler de confiance. Alors, je n'ai pas toujours fait confiance à mon intuition.
- Speaker #0
Je n'ai pas toujours avancé guidé par mon intuition. Mais je dois avouer que ça, depuis que ça a changé et depuis que je le fais, c'est beaucoup plus serein à l'intérieur de moi et dans ma vie de manière générale.
- Speaker #1
Et ça permet surtout d'ajuster les plans. Cette confiance, elle est aussi présente.
- Speaker #0
Et est-ce que ta confiance a grandi au fur et à mesure que tu t'es choisi de plus en plus ? Faites-la l'idée, j'aimerais qu'on partage. Qu'est-ce qui nourrit la confiance ? Parce qu'on est venu sur cette notion de confiance qui est très importante pour toi. Mais aussi, qu'est-ce qui nourrit le fait qu'à un moment donné, on va vers cette idée de se choisir ?
- Speaker #1
Alors là, c'est intéressant et je vais reprendre effectivement ce que tu nommais juste avant, c'est-à-dire que oui.
- Speaker #0
liée au fait d'écouter, d'écouter son intuition plus régulièrement et de se laisser guider par ça, ça nourrit la confiance que je peux avoir en tout cas ou que je peux ressentir dans les choix que je vais faire,
- Speaker #1
que ce soit dans l'aspect professionnel, dans le perso, dans les choix que je peux faire de manière générale en fait, dans la vie, dans les choix des rencontres, des rencontres que je nourris, celles que je ne nourris plus. Voilà, tout ça, ça va avoir un vrai impact.
- Speaker #0
Oui. J'aimerais revenir à cette notion de se choisir comme un acte courageux. C'est des mots que tu m'as partagé quand on a préparé l'épisode. Qu'est-ce qui a fait que dans ta vie, ça a été un acte courageux ?
- Speaker #1
Ça a été un acte courageux pour moi parce que ça a demandé de faire des choix pour moi et des choix qui n'allaient pas être forcément validés par les personnes autour de moi. Alors, ça ne veut pas dire ne pas considérer l'autre.
- Speaker #0
Ça veut dire ne plus être touchée par ce que l'autre allait ressentir. face à mes choix. C'est-à-dire que je respecte ce qu'il peut ressentir, je respecte le fait qu'il puisse ne pas avoir les mêmes idées,
- Speaker #1
le fait de penser que ça puisse être égoïste. Ok, ça existe, mais c'est ton regard et ça t'appartient et surtout,
- Speaker #0
ça ne m'empêche pas et ça ne m'atteint pas que de savoir que tu puisses ressentir ça ou penser différemment de moi. Donc ça, c'est ce qui a fait aussi toute la différence et je crois que lié à
- Speaker #1
Cette année de guérison, suite à l'accouchement de mon fils, j'ai mis en place énormément de choses pour moi et je m'autorisais parce que je me sentais légitime, en quelque sorte. Le fait d'avoir cette maladie, c'est vrai que quand on est malade, tout le monde prend soin de vous. En général, tout le monde va prendre des nouvelles, donner plein de petits messages d'espoir, proposer son aide. J'ai reçu énormément de soutien et ça aussi, ça fait partie de la guérison. En tout cas, moi, ça a été une vraie valeur ajoutée et un vrai soutien. Et c'était vraiment précieux. Donc ça, tout ça, c'est vrai que porté par cette énergie-là, porté par l'énergie aussi de la guérison, d'être aussi super maman pour ses enfants, il a fallu déployer de l'énergie, ou en tout cas être soutenue aussi par des thérapeutes, par différents soins, par différentes choses qui ont aussi participé à ma guérison. Et là,
- Speaker #0
je m'autorisais pleinement à le faire.
- Speaker #1
Je me sentais légitime,
- Speaker #0
liée à cette maladie. Et c'est ce qui m'a permis, en tout cas d'enclencher, de me sentir légitime.
- Speaker #1
pleinement à mettre en place tout ce qui m'avait fait du bien, de continuer finalement de maintenir ces rendez-vous avec moi-même, avec d'autres, pour maintenir cet équilibre.
- Speaker #0
Et donc courageux, c'est plus dans le sens de finalement s'émanciper un peu de ce que l'autre va penser et peut-être aussi mettre un peu à mal l'équilibre ou la relation avec. son conjoint, ses parents, ses membres de la famille, qui forcément ne comprennent pas ce qui se passe là. Pourquoi Dorothée Armandolet décide ? Donc là, ce que j'entends, c'est que tu avais l'excuse un peu de la maladie, mais j'imagine qu'après la maladie, tu le dis, ça continue. Donc, pour toi, c'est ça, être courageuse, c'est finalement d'aller contre le courant du conjoint, de la famille. Oui, complètement,
- Speaker #1
parce que ça demande de se positionner fort à l'intérieur. sans forcément que ce soit à l'extérieur. Je pense que parfois, ça a été mal fait. Et ça a pu être... D'ailleurs, ça peut créer parfois des tensions. Ça peut créer ce genre de choses. Mais quand la posture est droite à l'intérieur, c'est beaucoup plus facile de mettre en place tout ça. Et je pense que... Pourquoi c'est courageux ? Parce qu'au départ, quand il y a des changements d'habitude comme ça, il y a forcément des anciens schémas, des choses qui... qui font surface et des sentiments qui peuvent apparaître à un moment et donc en modifiant certaines situations, on voit bien que l'autre n'a pas changé sa façon de faire et qu'il peut avoir ce même regard et qu'il y a quand même un point de bascule où moi je ressentais à l'intérieur de moi que ça pouvait tenter de m'atteindre et que j'étais obligée quand même de mettre un petit effort pour que ça puisse être serein à l'intérieur de moi face à cette situation. Et ça, c'est un chemin. Ça évolue au fil du temps. Pour moi, ça demande un effort. Ça demande du courage, le courage d'être soi, même si c'est à contre-courant.
- Speaker #0
Est-ce que là, tu as une expérience que tu as vécue qui, pour toi, était vraiment un acte courageux dans ce chemin vers toi ?
- Speaker #1
Alors, une expérience inédite pour moi et assez incroyable que j'ai vécue en 2024. Donc à la suite, finalement, de la guérison de ce cancer, ça a été ce besoin d'introspection, de voir ce qui était venu bouger en moi, à l'intérieur de moi. Quelque chose que j'avais en tête depuis longtemps, mais que je n'avais pas osé faire d'ailleurs. Ça aussi, je crois que ça m'a aidé à oser ce cancer. Ça a été de choisir d'aller faire une retraite vipassana, dix jours. Donc c'est une retraite en silence pendant dix jours. Donc silence total, pas de téléphone, pas de lecture, rien. Donc ça veut dire dix jours. de mes enfants. Mon fils, à ce moment-là, il avait un an, ça voulait dire laisser mes enfants dix jours et sans nouvelles, sans rien, en étant donc totalement en confiance avec ce qui allait se passer derrière, et ça je l'étais. Les personnes autour de moi l'étaient beaucoup moins. Il y avait toutes les croyances de « mais attends, tu peux pas partir, ton enfant... » Comme un sujet d'abandon, mais t'abandonnes tes enfants dix jours comme ça, ta famille... tu vas pas travailler pendant dix jours juste pour toi même pas pour partir en vacances en famille voilà il y avait tous ces ces phrases là qui aurait pu me faire culpabiliser à ce moment là mais pour moi c'était totalement différent pour moi c'était prendre ce temps pour moi dix jours ça peut paraître long et à l'échelle d'une vie c'est quoi c'est de se dire je ne pars pas contre vous je ne suis pas en train de vous abandonner il est prévu que je revienne le format de l'expérience que je choisis dure dix jours. Donc pendant dix jours, je serai là-bas. S'il y a quelque chose d'important, je suis joignable au sein du centre qui viendra me prévenir bien sûr de toute situation exceptionnelle. Donc je ne suis pas complètement, je ne suis pas perdue dans une forêt dans l'Himalaya sans téléphone. Et voilà. Mais c'est vrai que je ne sais pas si j'aurais fait ça avant le cancer par exemple. Je ne sais pas si c'est une expérience que j'aurais pu... validé avant, mais pas tant par mon incapacité à le faire,
- Speaker #0
plus par le regard de l'autre et notamment de mes proches sur cette situation.
- Speaker #1
Et j'en ai eu encore au retour, même des amis. Bon voilà, de regard, pourquoi, comment, mais en fait, je ne demande pas à ce qu'on valide cette situation, comme je ne cherche pas à valider les choix que font les personnes autour de moi dans leur vie, juste à accepter, je crois. que ça puisse être important pour moi et qu'au contraire, je trouve ça plus intéressant d'échanger sur ce que ça a permis, etc. Mais je sais qu'il y a certaines personnes avec qui je vais me sentir moins à l'aise parce qu'on sent ce jugement chez l'autre aussi.
- Speaker #0
Et donc, comment on revient là de cette aventure Vipassana ?
- Speaker #1
Alors, dix jours de déconnexion du monde, parce que là, c'est au-delà de la famille. On est même déconnecté de l'autre complètement. Il n'y a pas de regard avec l'autre. On est vraiment dix jours avec soi dans le silence. Donc, il y a une méthode de méditation qui est enseignée à ce moment-là. C'est une vraie méthode, c'est une vraie technique de méditation. Comment on revient ? Eh bien, on revient très apaisé. Je crois que l'apaisement, même si ça n'a pas toujours été le cas, c'est-à-dire que j'ai passé les premières 48 heures à me... à discuter avec moi-même en me disant que j'allais sortir de là parce que c'était infernal. C'était infernal de s'écouter parler et de se dire que ça allait être long, très long, étant donné ce que j'avais ressenti en lien avec le temps qui s'est tiré sur 48 heures et de me dire que ça va durer 10 jours. Au début, je me suis reposée, je me suis beaucoup reposée. D'ailleurs, j'ai beaucoup dormi sur toutes les poches. Je ne me rendais pas compte à quel point j'avais besoin de sommeil. Et dès qu'il y avait des pauses, il y en a quand même pas mal. Et comme on ne parle pas... avec les autres, moi j'allais m'allonger dans mon lit et je dormais, et au bout de 48 heures je me suis sentie beaucoup mieux d'ailleurs, j'avais observé des cernes sous mes yeux avant d'arriver je commençais à chercher des solutions de crème finalement au bout de 48 heures tout avait disparu et je me sentais vraiment bien à l'intérieur de moi et puis après a commencé un autre process, celui de pas de l'introspection mais de juste pratiquer la technique pour voir ce qui leur sort et pour chacun ça va être très différent. On peut échanger le dernier jour le silence élevé avec les personnes avec qui on vient de vivre cette même expérience. C'est-à-dire à ce moment-là, 60 femmes, 60 hommes, donc hommes et femmes séparés. Mais on a pu observer à quel point ça pouvait être très différent chez les uns et les autres en fonction de notre histoire. C'est une expérience vraiment que j'ai envie de refaire d'ailleurs, que je n'ai pas validée cette année, mais par choix, par vrai choix avec moi-même. Mais c'est une expérience que j'ai envie de reconduire parce que quel cadeau de s'offrir dix jours dans une année pour faire le calme,
- Speaker #0
poser le calme à l'intérieur de soi, d'écouter vraiment ce qui se passe à l'intérieur de soi,
- Speaker #1
ce qui est difficile dans un quotidien rythmé par la vie professionnelle et personnelle. Je trouve que c'est un vrai cadeau.
- Speaker #0
Ouais, merci. J'imagine dix jours sans parler, sans... Sans distraction. Sans distraction, ouais. Est-ce que du coup, cette idée-là de se choisir pour être plus disponible à l'autre, est-ce que ça, c'est une notion qui est validée pour toi ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Et c'est d'ailleurs le moteur, j'ai envie de dire. C'est d'ailleurs le moteur parce que, là, quand je parlais tout à l'heure de conditionnements familiaux, aucun jugement sur ça. Chacun fait de son mieux en tant que parent, en tant qu'adulte, en tant qu'enfant. Mais à un moment donné, c'est de se dire comment moi, je peux apporter le meilleur. Le moteur un peu de ma vie, c'est toujours d'apprendre à mieux me connaître, à mieux fonctionner avec moi, à donner le meilleur de moi. Et je crois que ça demande aussi de briser quelques chaînes. Et ça demande aussi de briser certains schémas. Ça demande aussi de se dépasser. En tout cas, déjà de comprendre ce qui se passe et comment je peux modifier ce schéma-là. Et ça passe effectivement par de se choisir.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous partager quels sont les petits trucs Les activités que tu as mises en place dans ta vie, justement, pour t'aider et t'accompagner à aller un peu plus vers toi, te choisir ?
- Speaker #1
Alors, une activité qui a été incroyable pour moi et qui a été vraiment, là aussi, qui a participé au chemin de la guérison, ça a été de commencer à danser à l'âge de 39 ans, donc, après avoir accueilli mon fils. C'est une activité que j'ai toujours aimée. J'adore danser. Sauf que quand tu deviens maman avec deux enfants, aller danser, souvent ça commence à minuit, ça finit très très tard. Et que ça, il y a comme une incompatibilité avec la vie du quotidien. Donc c'était beaucoup plus difficile pour moi de me retrouver dans ces espaces-là pour danser. Et puis j'avais des copines qui dansaient. Il y a une compagnie, notamment une école de danse que j'adore sur le bassin, que je regarde en... depuis longtemps et je me disais c'est pas pour moi, c'est pas pour moi et puis j'ai une copine qui danse là-bas qui m'avait dit mais si, viens tester tout ça ok, j'y suis allée et ça a été une vraie révélation à l'intérieur de moi et ça a été game changer pourquoi ? Parce que vous vous retrouvez face à un miroir quand vous avez tendance à vous juger c'est le meilleur exercice pour commencer à ne plus le faire Je me rappelle que le deuxième cours de danse, ça a été rythmé par un exercice d'improvisation. Il faut savoir que c'est un cours où il y a un multiniveau.
- Speaker #0
J'étais avec des nanas qui dansaient depuis longtemps. Je me suis retrouvée, c'est mon deuxième cours de danse, j'ai 39 ans, je ne me sens quand même pas dans la meilleure phase de ma vie. En plus, je viens d'accoucher, je suis encore en postpartum, je suis en guérison. Les cicatrices en plus sont assez visibles, ça a été aussi pas facile pour moi. Et là, je suis face à un miroir et puis face à moi-même. Même parfois, aussi bien physiquement, émotionnellement, ça a été très confrontant. Et pour autant, je crois que ça a été un des exercices les plus... les plus incroyables que j'ai pu faire pour évoluer en ce sens. D'ailleurs, je remercie ma prof pour ça et ce groupe de femmes incroyables avec qui j'ai pu évoluer. Et là, sans jugement, en tout cas, toujours dans une forme de bienveillance aussi. Il y avait quand même cette bienveillance qui faisait que je me sentais confort. Mais bon, soit avec soi, ça peut être confrontant parfois. Et ça, ça a été un vrai exercice aussi. Le fait de me faire confiance, de me dire « Ok, j'ai envie, j'ose, j'y vais, j'ai quoi à perdre, je ne cherche pas à faire de la compétition demain. » Juste à kiffer, à me faire plaisir et c'est vraiment ce qui s'est passé. C'est vraiment ce qui se passe quand je danse comme ça. Mais bon, ça ne s'est pas fait en un coup. Mais game changer.
- Speaker #1
Dans ce cheminement de reconnexion à soi finalement, se choisir, se reconnecter à soi, à ses besoins, qu'est-ce que... Tu garderais là précieusement comme enseignement et que tu aimerais partager là ?
- Speaker #0
Je garderais que pour se reconnecter à soi,
- Speaker #1
c'est important d'être qu'avec soi.
- Speaker #0
Qu'avec soi ou avec des personnes qui vont nous accompagner là-dedans. Alors ça peut être des expériences comme celle que j'ai partagée, Vipassana, mais il peut y en avoir plein d'autres. Ça peut être lors d'une retraite, mais ça peut se faire à travers de la marche, ça peut se faire à travers un jeûne, ça peut se faire à travers des moments. Ou dans tous les cas, je pense qu'il est important de couper avec le rythme effréné de nos quotidiens. Que ce soit l'agitation liée aux stimulations électroniques, toutes les notifications que l'on peut recevoir quotidiennement, ça demande de couper de ça. De couper aussi du rythme du quotidien que l'on fait. Et moi-même, je fais très souvent pilote automatique. et ça une fois qu'on enlève déjà, déjà, juste ça, ça peut être déjà très plaisant. Et sans aller vivre des expériences incroyables, partir deux jours seul avec soi dans un logement agréable au milieu de la nature, juste sans téléphone, j'irais même jusque sans livre, sans distraction, sans tout ce qui va permettre au mental de finalement s'agiter. Mais vraiment de retrouver le calme, ça peut être vraiment quelque chose de précieux.
- Speaker #1
Je l'ai posé dans l'introduction, que se choisir n'est pas égoïste, mais une manière profondément courage de rester vivant. Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi c'est important, cette phrase-là, pour toi ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est un sujet plutôt, on va dire, de vibration à l'intérieur de soi. C'est qu'il y a plein de choses qui me donnent du plaisir dans les choix que je vais faire, liés. Et là encore, dans tous les domaines de ma vie, je peux prendre beaucoup de plaisir à faire un tas de choses. la... où je vais vraiment me sentir vivante et pleinement vibrante, c'est là où finalement ça va être des choses beaucoup plus essentielles pour moi. C'est pas quelque chose là que l'on choisit. Et bien là, c'est justement, ça rejoint un peu ce qu'on disait tout à l'heure. Là, c'est plus l'intuition qui choisit finalement. Et ça, on a je pense une espèce de carte chacun, enfin individuelle liée à ça. Et c'est pour ça qu'on n'a pas tous les mêmes envies, les mêmes besoins, les mêmes choses qui nous attirent. Et tant mieux, c'est ce qui fait la richesse de ce monde. Mais je crois que Merci. L'intérêt de bien se connaître, c'est justement d'aller là où c'est le plus kiffant finalement pour moi.
- Speaker #1
Et là, en t'écoutant, ce qui me vient aussi dans cette notion de rester vivant, c'est parfois de vouloir répondre toujours à des attentes. On se coupe aussi de ce que l'on est vraiment. Et moi, ce qui me vient, c'est plus cette notion de s'éteindre, d'être là, mais finalement de ne pas être là. Et le fait de se reconnecter à soi. amène, comme tu dis, ce feu intérieur, cette vibration, cette énergie intérieure qui est rallumée. Et ça ne veut pas dire que tu n'es pas là pour les autres, mais tu es là pour les autres en étant vivante, en ayant choisi, en étant en conscience et pas par obligation. Et ça me parle beaucoup, ce sujet de se choisir. Je trouve que ça, ça fait toute la différence. Et c'est là où la notion de « ce n'est pas égoïste » parce que tu vas être plus en connexion avec toi-même, tu vas être plus aussi disponible pour l'autre. Et donc merci de ramener ça, parce que ça me reconnecte à ce moment essentiel de ma vie où ça devenait vital. Rester vivante.
- Speaker #0
Complètement. Ça a été mon cas, c'est-à-dire que les maladies s'invitent parfois dans nos vies aussi. Moi, je reste persuadée, c'est tout le principe aussi de mon approche, c'est-à-dire que la maladie, elle n'arrive pas par hasard. Il y a souvent un lien émotionnel, alors qu'il peut être le déclencheur, mais souvent, il y a la partie invisible de l'iceberg qui, justement, cherche à être révélée à ce moment-là pour parler d'une guérison complète. Et c'est comme ça qu'on ne peut pas guérir qu'un corps physique et parler de guérison. On guérit un être tout entier et on guérit souvent mieux en abordant toute la sphère spirituelle, plus dans le sens émotionnel, c'est essentiel. Et à un moment doté, c'est là, c'est à l'intérieur de soi, c'est pouvoir écouter ça. Et quand ce n'est pas assez mis en avant, effectivement, le corps vient hurler à l'intérieur de soi. Donc il y a des situations qui sont vécues, à l'image de la force intérieure, qui demandent à être entendues, vues, vécues. Ça fait parfois beaucoup de bruit. mais pas par hasard. À un moment donné, c'est de chercher à comprendre qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui se joue. Et c'est comme ça que je fonctionne depuis la guérison de ce cancer. Il y a des messages forts comme ça qui m'arrivent. C'est d'ailleurs un mécanisme que j'ai activé naturellement. C'est de se dire, OK, il s'agit de quoi ? Quel est le message qui est en train d'être passé ? Et donc, à ce moment-là, je passe des coups de fil ou je choisis des personnes. thérapeutes autour de moi qui peuvent m'aider à décrypter ça parce que seul soyons honnêtes c'est pas facile voire parfois impossible c'est aussi d'aller s'aider de personnes qui vont pouvoir aider à cheminer au mieux comme ça et nous rendre le quotidien quand même bien plus confortable et du coup là on
- Speaker #1
aurait pu commencer par ça mais là ça vient là dans la conversation où tu nous as parlé que tu avais eu accès à un mandonné à la naturopathie donc rien n'arrive finalement par hasard et donc là si tu devais Te présenter en quelques mots, qui es-tu aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors moi je suis Dorothée, j'ai 42 ans, je me sens plus vivante que jamais à l'âge que j'ai aujourd'hui et j'adore vieillir pour ça. Je ne sais pas si j'aurais dit ça il y a 20 ans, mais aujourd'hui c'est vraiment comme ça que je ressens les choses. Je suis la maman de deux enfants, voilà deux enfants pleins de vie, de garçons pleins de vie, d'un mec aussi plein de vie, une vie bien riche de rebondissements. Mais je crois que tous ces rebondissements me permettent d'apprendre à mieux me connaître. Et plus je me connais, et plus c'est facile pour moi de faire des choix de manière générale et d'avoir une vie justement agréable, vibrante, kiffante, joyeuse. Et de ressentir aussi ces émotions vraiment pleinement à l'intérieur de moi. pas juste me dire je choisis ça parce que c'est sympa sur le papier. Non, je le fais parce que c'est vraiment important pour moi, parce que c'est vraiment ce qui me fait du bien, ce qui me fait plaisir. Et je le fais avec honnêteté. La vie demande parfois de faire des compromis aussi, mais je le fais en conscience. Et du coup, je peux aussi aller chercher autre chose dans ces expériences-là. Mais j'ai beaucoup plus de conscience, je crois. Alors, c'est ce que permettent justement les techniques Vipassana. Et puis, il y a eu d'autres techniques qui m'ont été enseignées par Lucie Pascuto, d'ailleurs, ta dernière invitée, qui est le MBSR également. Ce sont toutes des techniques qui vont permettre d'amener plus de conscience dans le quotidien. Pas forcément qu'assise sur un coussin de méditation une heure par jour, mais d'amener plus de conscience dans chaque acte du quotidien. Mais ça peut être dans une conversation, comme on est en train de le faire là. Ça peut être quand je prépare mon repas. Quand je me prépare, moi, c'est dans des choses toutes simples, dans une marche, qu'on découvre la vie différemment.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que la méditation en pleine conscience, c'est une technique qui permet aussi de revenir à soi. Donc, merci aussi de partager ça. On va arriver à la fin de cet épisode. Quel message, là, tu aimerais faire passer à nos chers auditeurs et auditrices ?
- Speaker #0
Le message que j'aimerais partager, c'est qu'il est... Finalement, important de prendre ce temps pour soi, de se choisir soi, d'écouter cette petite voix que l'on a à l'intérieur de soi, qu'on a tendance à éteindre pour mille raisons. Soit parce que ce n'est pas validé par l'autre, soit parce que ce n'est pas la priorité, soit parce que ce n'est pas le moment, soit parce qu'on a un tas de points que l'on peut nommer qui pourraient être la raison de « je ne me choisis pas » . Or, c'est justement la liste à mettre de côté pour venir se mettre au centre, pour venir être qui l'on est pleinement. et pour être justement la meilleure personne au sein de sa famille, pour être pleinement soi dans tous les différents espaces de vie. Je crois qu'avant d'apprendre à connaître pleinement les fonctionnements de toutes les machines que l'on utilise, de tout ce que l'on utilise dans nos quotidiens, je crois que le meilleur outil pour avancer dans la vie, c'est soi. Et je pense que ça, c'est une des clés essentielles. Donc je pense que prendre ce temps, mobiliser cette énergie pour ça, peut-être attribuer un budget même pour ça, je pense que ce sont des meilleurs cadeaux que l'on puisse se faire.
- Speaker #1
Merci infiniment Dorothée de nous rappeler l'importance de se choisir. Ce que j'ai envie de garder de cet échange avec toi, c'est la façon dont tu as choisi de rester là, vivante, même quand c'était inconfortable, même quand ça demandait du courage. Cet épisode parle d'un moment que chacun peut traverser un jour ou l'autre. Avant de poursuivre la conclusion, est-ce que tu aurais envie de rajouter un petit message ?
- Speaker #0
pas de message en particulier à rajouter, je pense, plus que ce qui a été dit. Je voulais te remercier pour cette invitation à venir partager ce qui me semble important, en fait, pour moi. Ce n'est pas une vérité, c'est ma perception. Oui, merci pour ça.
- Speaker #1
Merci à toi. Merci infiniment, Dorothée. Oui, j'aimerais aussi rajouter que ce moment où on sent que continuer comme avant n'est plus possible et où se choisir devient nécessaire et vital. Se choisir, on l'a bien compris, ce n'est pas devenir égoïste, c'est de ne pas être égoïste, mais c'est arrêter de s'abandonner pour être plus disponible pour les autres. Alors, si quelque chose résonne pour toi, peut-être que la question n'est pas « est-ce que j'ai le droit de me choisir ? » mais plutôt « qu'est-ce que ça me coûte aujourd'hui de ne pas le faire ? »
- Speaker #0
Prends ça comme une invitation,
- Speaker #1
pas à tout changer,
- Speaker #0
juste à t'écouter, peut-être un peu plus.
- Speaker #1
Si cet épisode t'a inspiré, partage-le un peu partout autour de toi, sur Instagram, sur Facebook, sur LinkedIn. N'hésite pas à laisser une note et un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Je te dis à très vite pour un nouvel épisode de Cap vers toi. A dix Ausha !