- Speaker #0
Quoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par ces récits de vie et par cette quête de sens qui enime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien au-delà des cercles habituels qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap, de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais croisées autrement. Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti ! Comment pouvons-nous avancer quand nous ne comprenons pas tout, quand le corps parle avant la tête, et quand un jour, mettre des mots sur des mots change toute une vie ? C'est la question à laquelle nous allons tenter de répondre dans ce nouvel épisode de Cap vers toi, une question qui dérange autant qu'elle est claire, parce qu'elle nous invite à relâcher le mental pour revenir au ressenti, parce qu'elle nous pousse à regarder un endroit intime, celui où le corps murmure ce que la mémoire a parfois enfoui. Est-ce possible que le corps sache avant la tête ? Est-ce qu'une maladie peut porter une histoire oubliée, une histoire qui attend d'être reconnue ? À travers le parcours de Malvina, nous allons explorer ce moment fragile et puissant où les mots reviennent et où tout s'éclaire. Pendant des années, son corps a porté une douleur qu'elle ne comprenait pas, une maladie inflammatoire chronique Un mal-être diffus. Et puis, un souvenir en fouille remonté, l'inceste. Longtemps, elle n'a pas osé en parler, par peur de ne pas être crue. Avec Malvina, nous nous sommes rencontrés au sein du réseau d'entrepreneurs Les Rayonnantes Sud-Bassin d'Arcachon, début 2025. Un an après, c'est au micro de Cap Vertois qu'elle choisit d'oser transmettre son histoire. Alors, bonjour Malvina.
- Speaker #1
Bonjour Laure !
- Speaker #0
Bienvenue, je suis très heureuse de t'accueillir ici au micro de Cap vers toi pour ce nouvel épisode. Comment tu te sens là, maintenant ?
- Speaker #1
Alors là, maintenant, un peu partagée entre les deux. Je n'ai pas l'habitude en fait de me mettre sur le devant, donc de m'affirmer, de dire les choses. Et aujourd'hui, c'est quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Donc vraiment, merci de m'avoir invitée sur ce podcast. Je suis super contentante, je suis toute excitée et je sens que c'est le bon moment. Voilà, j'ai envie de partager mon histoire.
- Speaker #0
Ouais, génial. Ouais, j'allais te poser la question, être ici aujourd'hui, qu'est-ce que ça représente pour soi ? Tu as déjà un peu répondu, mais est-ce que tu aimerais rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Alors oui, je suis plus d'une nature timide de base. Surtout avec mon vécu. Merci. Je suis plus une personne qui va me mettre en arrière. Et aujourd'hui, le fait de pouvoir parler, libérer la parole, c'est vraiment un honneur. Et c'est là que je vois le parcours que j'ai parcouru pour en arriver là.
- Speaker #0
Oui, on va aller explorer ton histoire. Par quoi tu aimerais commencer ? Qu'est-ce que tu aimerais nous partager pour introduire ton histoire ?
- Speaker #1
Alors pour introduire mon histoire, j'aimerais vraiment partager le fait que parfois en fait on se retrouve bloqué dans des situations. Moi ça a été beaucoup la douleur, la maladie en fait, où vraiment mon corps... Moi j'étais déconnectée de mon corps en fait, complètement. Je ne comprenais pas ce qui se passait, je me battais contre lui. Et en fait, avec mon expérience aujourd'hui... Ce n'est pas un hasard, le corps a des choses à nous transmettre. Quand la tête se met en off, ne veut pas dévoiler des choses pour nous protéger, le corps est là pour nous ramener de la lumière et pas pour se battre contre nous, au contraire.
- Speaker #0
Dans l'introduction, je parlais d'une maladie chronique qui s'est déclarée en 2016. C'est la date que tu m'as partagée quand on a préparé cet épisode, donc ça fait dix ans. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu étais à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors quand la maladie s'est déclarée, c'était très intense chez moi. Je me souviens, je suis partie en formation. J'étais conseillère bancaire à l'époque. Je partais en formation pour devenir conseillère clientèle. Et en plus, j'étais hyper heureuse parce que j'avais vraiment envie de faire cette formation. Et en rentrant de cette formation, mon pied droit, blocage total. Je n'arrivais plus à appuyer sur la pédale de la voiture. Je ne comprenais pas pourquoi. Vraiment, ça ne voulait plus fonctionner. J'ai toujours eu des douleurs au dos. Je me disais que tout le monde a mal au dos, c'est pas très grave, ça va passer. Et en fait non, c'est devenu de plus en plus intense. Les douleurs se sont vachement accentuées. Et ouais, c'était vraiment localisé au niveau du côté droit où ça y est radié du bas du dos jusqu'en bas dans la jambe. Des douleurs au point de parfois ne plus pouvoir marcher. On avait une maison à étage avant, on habitait en Alsace. Mon mari m'a déjà emportée pour que je puisse monter. Même m'habiller, des fois, c'était devenu insurmontable. Je me battais contre un corps qui n'était plus le mien. Moi, qui étais toujours dynamique, qui avais toujours besoin de bien faire les choses, toujours sans idée dans la tête, il fallait avancer. Et le plus compliqué pour moi, c'était le travail. De devoir m'arrêter, pour moi, ce n'était pas possible. J'ai toujours été une grande travailleuse. J'adorais mon métier et je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, vraiment.
- Speaker #0
Et là, du coup, j'imagine que tu as consulté des médecins. C'était quoi le diagnostic à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors, c'était vraiment l'errance médicale pendant deux ans, où en fait, on me cherchait, on me disait, bon, c'est peut-être dans votre tête. Donc, je suis allée voir des psychologues. Je suis très ouverte. Donc, en fait, franchement, j'ai essayé vraiment un peu de tout. Ils ne trouvaient pas, en fait. Les psychologues me disaient que non, il n'y avait pas de problème. Tout allait bien à ce moment-là. les médecins, rhumatologues, il n'y avait rien de particulier, neurologues, pareil. En fait, vraiment, on se sent seule et incomprise parce que vraiment, il y a une douleur qui est là, il y a quelque chose où vraiment le corps, en fait, on ne fait pas semblant, le corps nous lâche et les médecins ne savent pas quoi faire. Oui, c'est très très dur en fait, c'est un peu la descente aux enfers parce que du coup, tu doutes de toi-même aussi, tu dis que ce n'est pas possible, tu fais tout pour essayer de comprendre, mais non, la douleur est là. J'ai été très bien épaulée par mon mari en fait. qui m'aidait au quotidien et qui voyait qu'en fait la douleur était là, c'était pas dans ma tête donc ça me rassurait aussi ouais, très compliqué en fait cette errance médicale et en fait j'ai eu mon diagnostic en 2018 ouais donc deux ans après donc c'est une spondylarthrite que j'ai sur le coup je me disais c'est bien, en fait j'avais besoin d'avoir une étiquette c'est bon, c'est pas dans ta tête, tu as une maladie on va te soigner, tout va s'arranger et en fait bah ça c'est pas vraiment passé comme ça. Alors sur le coup, oui, les traitements te soulagent, mais tu passes toujours d'un traitement de plus en plus fort parce que ton corps s'habitue et tu comprends pas trop. J'ai perdu mon travail aussi, en fait, j'étais conseillère bancaire pendant plus de deux ans en arrêt de travail et tout, c'était compliqué. Donc c'est même moi qui ai pris la décision parce que franchement, j'avais un chef adorable qui me disait, il faudra prendre le temps, c'est pas grave. Mais en fait, moi, je n'étais plus alignée. Je me disais, ce n'est pas possible. En fait, je bloque une place pour quelqu'un d'autre. Il faut que j'avance. Et puis, j'avais l'impression de rester bloquée, de ne pas pouvoir avancer. Du coup, j'ai pris la décision finalement de demander un licenciement pour inaptitude. C'était assez compliqué, mais surtout qu'à l'époque, je me battais aussi avec la Sécurité sociale qui ne prenait pas du tout en compte ce que j'avais, puisque la pathologie à l'époque n'était pas encore déclarée. Et tu te bats, tu passes devant des experts qui te donnent raison, mais la sécu revient à la charge. Et en fait, franchement, c'était un parcours du combattant. Déjà, t'es mal et en plus, tu te bats contre l'administratif. Ouais, très, très compliqué. Et il fallait y mettre fin à cette carrière au niveau bancaire. Finalement, c'était comme ça. Aujourd'hui, avec le recul, je sais que c'est un métier qui me plaisait énormément, mais j'avais trop de pression, je me mettais trop de pression. Donc, c'était déjà aussi un appel pour me dire, oulala, stop. Il faut que tu t'arrêtes.
- Speaker #0
Oui, parce que je me dis là, quand je t'entends, c'est quand même courageux de se dire que dans une période de maladie, soutenue en plus par l'entreprise, tu décides par toi-même d'arrêter. Et donc, est-ce qu'en prenant cette décision-là, c'est le moment pour te libérer de, comme tu dis, de ce métier qui finalement t'amène beaucoup de pression et de stress ?
- Speaker #1
Non, là, franchement, je... J'étais encore dans cette errance où je ne comprenais pas trop. J'avançais, mais je ne comprenais pas ce qui se passait. Pour moi, cette rupture, ça a été aussi l'opportunité de pouvoir venir ici, sur le bassin d'Arcachon. Je me suis dit, en fait, je n'ai plus de travail. Donc déjà, il y en a un de nous deux. qui n'a pas de travail, donc c'est le moment. Ça faisait quelques années que j'avais cette envie de partir. Et là, par contre, c'était plus qu'une envie. En fait, je partais, même si je devais partir seule, je partais. Et je ne comprenais pas à ce moment-là ce qui se passait. C'était plus fort que moi, en fait. J'avais dit à mon mari, même, écoute, franchement, tu ne me suis pas, ce n'est pas grave, mais moi, il faut que je parte. Et je ne savais pas pourquoi. J'avais tout pour être heureuse. J'habitais à côté de chez mes parents. J'avais mes amis à côté. On avait une très belle maison. Enfin, vraiment. Sur tous les points, j'avais tout pour être heureuse. Mais j'étais malheureuse. Mais vraiment malheureuse, en fait. Ça n'allait pas. Et ça n'allait pas, mais pas dans mon couple. Parce que je savais vraiment que j'aimais mon mari. Mais j'étais presque prête à le perdre pour partir. Pour partir.
- Speaker #0
Oui. Donc, on viendra après. Comment aujourd'hui tu expliques cet envie de partir ? Et donc là, tu déménages. Tu arrives en famille sur le bassin d'Arcachon.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Comment tu étais physiquement, toi, à ce que cette maladie était encore là, hyper présente ? Alors, sur le coup, j'avais l'impression d'être libérée.
- Speaker #1
J'ai trouvé un travail, en fait. Donc, moi, je suis arrivée un petit peu avant ma famille ici. J'étais devenue, en fait, vendeuse de cuisine. Je refaisais mon métier un peu de commercial qui m'animait. J'étais hyper contente de reprendre le chemin du travail, d'avoir trouvé quelque chose qui me plaisait. Et en fait, très, très vite, en fait, mon corps s'est remis à... à crier, migraine sur migraine, jusqu'à en vomir des fois. J'avais des clients, je devais partir pour aller aux toilettes pour vomir, tellement que j'allais mal. Ouais, très compliqué. En fait, mon corps criait, mais je ne l'écoutais pas. Je continuais, j'y allais. Des fois, je ne pouvais même pas rentrer en voiture, c'est mon mari qui me cherchait le soir. Et là, mes chefs m'ont dit, Malvina, on t'adore, c'est très bien, tu travailles très très bien, mais on voit que ce n'est pas possible. Mon corps, il te dit stop. Et là, j'étais encore en période d'essai. Elle m'a dit, on va mettre fin à ton contrat, mais vraiment pas contre toi. C'est vraiment pas possible pour toi. Il faut vraiment que tu trouves un travail qui est en adéquation avec tes soucis de santé aujourd'hui, parce que là, c'est pas possible. Donc ça a été dur. Donc pareil, tu te dis, allez, c'est bon, de nouveau effondrement, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi je n'y arrive pas ? Très, très compliqué pour moi, psychologiquement, à ce moment-là. Et puis en fait, très vite, je me suis dit, oui, c'est vrai, mon corps ne va pas bien. Il va falloir que je trouve autre chose. Et du coup, j'ai trouvé un autre travail, donc plus sédentaire, en tant que secrétaire. Où là, par contre, on prenait vraiment en compte ma pathologie. Où ce n'était pas un frein, ce n'était pas un problème. Oui, j'étais vraiment bien encadrée, en fait, et ça allait mieux. Mais c'est vrai que pour moi, ce travail, c'était plus, on va dire, par dépit. Parce que je ne peux plus faire autre chose, un peu compliqué.
- Speaker #0
Et quand tu dis que ça allait mieux ? C'est-à-dire que tu avais des traitements et donc, du coup, ta maladie inflammatoire était soulagée ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai jamais été soulagée, en fait, à 100 %. Les traitements, oui, m'aidaient à aller travailler, ça allait un peu mieux. Mais très vite, j'ai de nouveau été dépassée, en fait, si tu veux, à partir du moment où je travaillais à 100 %. Ça devenait très compliqué au niveau de mon corps et, ben, rebelote, les migraines, les douleurs. Je suis tombée enceinte. En fait, j'ai été embauchée, je suis tombée enceinte très, très rapidement de ma petite dernière, du coup. Pendant la grossesse, en fait, ma maladie s'est déclarée après ma deuxième grossesse. Donc, je l'ai vraiment vue pendant cette troisième grossesse. En fait, ton enfant, il te protège. Donc là, il n'y a aucune douleur. Alors, j'ai eu d'autres soucis de santé parce qu'en fait, je tombais dans les pommes à chaque fois. Pour mes deux dernières grossesses, c'était comme ça. On ne l'a jamais expliqué, je ne sais pas pourquoi. Mais par contre, aucune douleur, pas d'inflammation. aucune migraine. Vraiment, ton bébé est là pour te protéger. C'est incroyable d'ailleurs. Puis je donne naissance à ma petite dernière. Je recommence à être vraiment mal de nouveau après cette grossesse. On me redonne les traitements parce que pas le choix. Et là, au mois de février 2023, je tombe gravement malade. Je ne sais pas ce qui m'arrive. J'ai plus de force, je ne peux plus manger, je suis... affaiblie. Sur le coup, tu te dis ah, t'as peut-être une grippe ou quelque chose comme ça. Je comprenais pas ce qui se passait. Je pouvais même pas me lever pour manger. J'avais envie de rien. À un moment donné, j'ai dit à mon mari je suis en train de m'endormir, mais j'ai peur de fermer les yeux parce que j'ai l'impression que je vais y rester. Je sentais que mon corps partait, que ça n'allait plus. Donc moi qui n'allais pas forcément tout le temps non plus à l'hôpital parce que t'es habituée avec la douleur, tu sais que des fois c'est normal, il ne faut pas y aller tout de suite, ça va passer. Là je dis à mon mari, il faut y aller. Donc on est parti à l'hôpital et en fait j'ai attrapé un CMV, c'est un virus en fait. que tu peux attraper et ça peut être anodin pour toi, en fait. Eh bien, moi, ce n'était pas du tout anodin. Enfin, moi, j'ai vraiment cru que j'allais mourir. Et ça a été la première révélation où je me suis dit, non, mais en fait, ma lunette, ce n'est pas possible. Tu as une petite, elle n'a même pas encore un an, et là, tu as failli y passer. Tu ne peux plus continuer à vivre comme ça, en fait. Il faut que tu trouves une solution. Tu n'arrives pas dans ton travail. Il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut vraiment que tu avances et que tu trouves une solution, en fait. Et là, j'ai commencé à chercher sur les réseaux sociaux. Je mettais « spondylarthrite » , « solution » , « guérison » . Vraiment, je cherchais une méthode pour guérir. Vraiment, je me suis dit « c'est pas possible, on peut pas vivre comme ça » . Et en fait, je suis tombée sur plusieurs personnes qui sont naturopathes et qui proposaient un programme qui, elles-mêmes, étaient atteintes de la même maladie. Donc forcément, ça m'a parlé. Donc j'y allais tous les jours un peu sur leur site en me disant est-ce que tu y vas, est-ce que tu y vas pas en fait il faut savoir que j'avais déjà consulté une naturopathe en Alsace mais en fait je pense que j'étais pas prête, je sais pas ça me correspondait pas, je comprenais pas donc c'est pour ça que j'ai quand même réfléchi avant d'y aller, j'ai commencé par un appel découverte et là je me suis dit ouais il faut que je me lance ça a un certain coût mais finalement ça a le prix de quoi en fait, c'est ta santé Merci. Tu vas t'acheter des habits, tu vas partir en voyage, tu vas mettre de l'argent, mais en fait, tu ne mets pas d'argent pour toi. Et là, vraiment, c'est nécessaire. Il faut que tu mettes de l'argent pour toi. Et encore une fois, mon mari m'a soutenue à 200% en disant non, c'est OK, on fera attention, ce n'est pas grave, on y va. Tu vas commencer ce suivi et tu vas voir. Et là, ça a été le gros changement de ma vie, en fait. Apprendre à m'écouter, déjà. Apprendre à comprendre qu'est-ce qui se passe dans mon corps. Libérer toute cette tension. lâcher ton système nerveux qui est tout le temps au taquet. Pour moi, je pense que je ne me rendais pas compte, mais mon système nerveux était effondré. J'avais trop de choses qui étaient sur mes épaules. Et encore, je ne comprenais pas tout ce qu'il y avait à ce moment-là.
- Speaker #0
À ce moment-là, tu ne savais pas tout ce que tu allais découvrir à travers cet accompagnement.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Donc, tu fais cette rencontre, cette naturopathe qui a... changer ta vie, finalement. Donc, c'est intéressant aussi que tu partages pour les personnes qui pourraient nous écouter, qui ont cette pathologie. Ça serait quoi, là, un peu la révélation dans le soulagement de ta maladie, cet accompagnement-là avec cette personne, cette naturopathe ?
- Speaker #1
C'est surtout que je pense que les personnes qui vont écouter ce podcast qui ont ce genre de maladie-là, en fait, on se sent vraiment incomprise. On se sent seul, on ne sait vraiment pas quoi faire. Et juste d'avoir un endroit où déposer, mettre des mots, se sentir écouté. En fait, déjà juste là, le travail commence. On ne se rend pas compte, mais le travail commence en fait. Et après, la naturopathie, elle va venir aider sur plusieurs choses. Au niveau de l'alimentation, manger anti-inflammatoire, mais personne ne m'en a parlé. Mais en fait, c'est révolutionnaire. Je veux dire, c'est comme si... Tu viens mettre de l'huile sur le feu. En fait, forcément, ça va flamber. Et en fait, tu fais ça avec ton alimentation parce que tu manges pro-inflammatoire tout le temps. Surtout aujourd'hui dans notre société. Mais personne ne met un doigt en disant, essayez au moins de réduire pour voir ce que ça fait. Non, je ne connaissais pas tout ça en fait. Et du coup, le fait de manger... Alors moi, aujourd'hui, je mange sans gluten parce que moi, je ne le digère pas. Moi, ça me crée énormément d'inflammation. Et aussi sans produits laitiers. mais déjà essayer de diminuer au niveau de l'alimentation. C'est énorme, c'est des petites choses comme ça. Et après, tout le côté sur le psychisme, alors elle était coach aussi, donc elle m'a aidée à mettre des mots. Elle m'a aidée à comprendre que mon corps ne se bat pas contre moi. Elle est venue m'aider à remettre du positif. Parce que tu broies le noir, il faut dire ce qui est. Tu es malade, tu ne vas pas bien, c'est compliqué. Même si, en fait, tout le monde m'a toujours appelée Madame Sourire, parce qu'en fait, je ne me plaignais pas. Même que mon mari me disait souvent... Ils ne comprennent pas, les gens, Magina. Tu as tout le temps le sourire, en fait. Pour eux, ta maladie, c'est rien. Oui, mais je suis comme ça, en fait. J'ai besoin d'être heureux. J'ai besoin d'avancer. Je n'ai pas envie de montrer ma détresse aux gens. Mais elle était là, la détresse, avant cette rencontre, en fait. Vraiment.
- Speaker #0
Et donc, là, avec cet accompagnement, il y a un jour bien particulier. Et tu garderas, je pense, en toi toute ta vie. Oui. Est-ce que tu es bien de le partager ? Oui. Alors j'ai un peu l'émotion qui arrive.
- Speaker #1
En fait, lors d'un accompagnement, du coup, il y a eu une question fatale, j'ai envie de dire. Là, en fait, elle a mis les mots sur ce qui se passait. Et en fait, elle m'a posé la question si... J'essaie de retrouver comment elle l'a dit, mais si j'avais eu des agressions sexuelles dans ma vie. Et là, sur le coup, je ne comprends pas ce qui se passe. Je pleure, je suis pleine d'émotions. Et le 8 vient directement, en fait. Mais je ne comprends pas, à ce moment-là, je... Je sais que c'est vrai. Oui, oui, il y a eu quelque chose. Et en fait, c'est comme si elle appuyait sur un bouton qui disait c'est bon, t'es en sécurité. Vas-y, t'as le droit de faire sortir les choses en fait. Ça a été très, très dur. Parce que forcément, en fait, ce bouton, il allume des choses et les souvenirs reviennent, remontent à la surface. Alors j'ai été très bien accompagnée parce qu'elle, elle m'a aidée. Elle m'a dirigée sur des personnes, sur des thérapies pour m'aider. Donc en fait j'ai été suivie par une psychologue en EMDR qui me permettait en fait de comprendre les choses parce que ce qui remontait c'était surtout la honte, la culpabilité et en fait tu sais que c'est libérateur mais en même temps t'as pas envie d'en parler en fait parce que t'as cette honte en toi et ça remet beaucoup de choses en question. Enfin moi dans ma vie ça a remis beaucoup de choses en question parce que forcément l'inceste. Ça se passe dans ta famille. En fait, pour moi, c'était la culpabilité. C'était de ma faute. Ça pouvait arriver à personne d'autre. Et là, c'est pareil, c'est remettre des mots, remettre des choses dans le bon ordre et te dire qu'en fait, si, si, t'as des enfants, en fait. Ça peut leur arriver. Tu peux pas ne rien dire. Il faut en parler, en fait. Et là, ouais, tu passes par beaucoup d'émotions, beaucoup de choses. C'était très, très dur. Et en fait, il a fallu que j'en parle déjà à mon mari. Pour moi, c'était très compliqué. Parce que j'ai été victime pendant mon enfance et je suis avec mon mari depuis que j'ai 15 ans. Donc en fait, ça se passait encore quand j'étais avec lui. Donc devoir lui dévoiler tout, je me suis dit, en fait, il peut partir. C'est très dur, en fait, de dévoiler tout ça. Mais en même temps, c'était nécessaire. Je ne comprenais pas pourquoi, en fait, je n'ai pas eu... surtout à des enfants, cette notion de me dire « Wow, protège tes enfants ! » Je m'en voulais énormément. De ne pas t'être souvenu de tout. De ne pas avoir réussi à les protéger en disant « Mais attends, ils rentrent chez cette personne qui t'a fait du mal. Ce n'est pas possible. » Déjà, j'ai eu ce blocage et je pense que j'étais tellement dans le fait où ça ne peut m'arriver qu'à moi parce que c'était de ma faute alors que pas du tout. Il faut que tu remettes les choses au clair. Tu étais un enfant, on n'a pas le droit de toucher un enfant.
- Speaker #0
Et là,
- Speaker #1
il fallait en parler. Il fallait en parler, il fallait protéger, arrêter d'avoir cette honte. En fait, c'est quelque chose de grave qui t'est arrivé. Ce n'est pas rien. Oui, ça va bousculer la vie de tout le monde, mais tu n'as pas le choix. C'est comme ça, en fait. Il faut le dire. Donc, j'ai réussi à en parler à mon mari en premier. Je n'ai même pas eu besoin de dire le nom de la personne qui m'a fait ça. Il a de suite compris, en fait. parce que je pense qu'il a eu des flashs en se disant « Ouais, cette personne, en fait, il y avait quand même des choses, il y avait trop de choses, en fait, bizarres. »
- Speaker #0
Ouais. J'ai des frissons partout. Merci de nous partager ça. Ton corps te criait tout ça depuis des années. Les souvenirs reviennent. Qu'est-ce que tu comprends là et comment évolue ta maladie ?
- Speaker #1
Déjà... Après le CMV, après mon hospitalisation, j'avais décidé de ne plus prendre de traitement. Donc avec la naturopathie, c'était mon choix. Attention parce que la naturopathie, une naturopathe ne te demande pas d'arrêter tes traitements. C'était vraiment mon choix. Je ne voulais plus en fait devenir un légume. En fait, ça lui a marqué risque de cancer, risque de plein de choses sur tes traitements. Je ne voulais plus cette vie en fait. Ça me soulageait d'un côté, mais en fait je tombais malade de l'autre. Avec une petite alacrèche, ce n'était plus possible. Et là en fait, ma maladie...
- Speaker #0
Parce que concernant ton traitement, juste pour préciser,
- Speaker #1
c'était des immunosuppresseurs qui soulageaient ta pathologie,
- Speaker #0
mais de l'autre côté, tu te fragilisais. Tu avais une plus grande probabilité de tomber malade avec des virus.
- Speaker #1
Ah mais complètement. Complètement, c'est exactement ça. C'est qu'en fait, le moindre petit virus, tu vas l'attraper. Avec une petite à la crèche, je ne te fais pas être décent, tu es malade tout le temps. et d'où le CMV. Je pense que... Chez d'autres personnes, ça passe comme ça. Chez toi, non. Ça peut devenir dangereux. J'avais déjà arrêté tous mes traitements. Et là, je commence à me... à me sentir mieux, je commence à comprendre que mon corps ne se battait pas contre moi. Il était là juste pour me guider. Il y a plein de choses qui reviennent et tu te dis, en fait, le début de la maladie, parce que des gens ne t'écoutaient pas, tu étais à 100%, tu travaillais comme une folle, mais tu ne t'écoutais pas du tout. Et là, tu prends conscience des choses en disant, Le corps, il est là vraiment pour toi, pour te soutenir. Je vais commencer à aller mieux. Alors aussi, j'ai décidé de suivre une formation de naturopathe très rapidement. En fait, en même temps que j'ai commencé mon suivi avec la psychologue en EMDR, j'ai commencé à faire une formation de naturopathe. Alors c'était très très lourd pour moi. J'ai même voulu presque arrêter parce que je me disais, je n'arriverais pas à faire les deux. J'ai besoin de me soigner, c'est hyper compliqué. Mais en même temps, ça me faisait tellement du bien. Et j'apprenais tellement de choses que pour moi, c'était hyper important. Donc j'ai décidé quand même de continuer cette formation de naturopathe aussi. Je n'ai plus de traitement depuis. Alors oui, la naturopathie m'a beaucoup aidée et m'aide encore tous les jours. Je sens encore aujourd'hui justement à écouter ce corps. Dès qu'il y a quelque chose, il crie. Aujourd'hui, vraiment, il crie, il me le dit directement. Et là, ça a été le soulagement, en fait. Libérer cette parole, ça a été le soulagement. Alors c'était très compliqué, parce qu'aujourd'hui, le fait de libérer cette parole, mon mari qui m'a soutenue, qui a toujours été à mes côtés encore, et qui est toujours à mes côtés. Par contre, libérer la parole et en parler à ta famille proche, ça n'a pas du tout été la même chose, en fait. Aujourd'hui, je ne parle plus à personne de ma famille. J'avais été préparée à ça. Ma psychologue me disait que c'est plus facile de ne pas y croire que de remettre toute ta vie en question. Mais là, tu te dis, en fait, on n'est pas en train de parler d'un petit bobo, d'une petite dispute. C'est quelque chose de grave. On ne peut pas soutenir une personne qui a fait ça, en fait. Donc là, je me dis que tu vois, dans ce processus où je me disais, ouais, quand j'étais petite, j'ai pas réussi à en parler, c'était hyper compliqué. Mais en fait, quand t'es adulte et qu'on t'écoute pas, tu dis que... En fait, petite, qu'est-ce que tu veux faire ? Tu as encore moins de poids, tu vois, petite, c'est hyper difficile. Ces personnes-là, elles sont manipulatrices. Là, tu remets les petits puzzles ensemble et tu te dis, ah ouais, mais en fait, il y a de la manipulation de A à Z, mais que même après, je ne voyais plus, même si mon cerveau s'était bloqué par rapport à tout ça. En fait, cette personne, vraiment, elle manipule tout le monde. Elle a réussi à me manipuler, à avoir une influence sur moi, à contrôler ma vie. Vraiment. Mais par cette peur, en fait. Cette peur de petite fille de dévoiler les choses, de dire les choses, en fait.
- Speaker #0
Je reviens à ce que tu nous partageais au début de l'épisode, quand tu disais que j'avais ce besoin presque vital de partir loin de ma famille. Donc aujourd'hui, tu arrives à comprendre pourquoi.
- Speaker #1
Ah oui. Ouais, c'est incroyable en fait. Bah, tu vois, je vais te dire, j'ai eu une discussion avec une de mes anciennes voisines d'Alsace qui me demandait « Ah mais tiens, on ne te voit plus en Alsace, tu n'es plus chez ta famille » . Et là, en fait, j'en ai marre de me cacher quoi. Je lui ai dit la vérité, je lui ai dit « Bah écoute, non, je ne viens plus, voilà, c'était très compliqué, j'ai été victime d'inceste » . Pareil, elle m'a donné le nom de cette personne alors qu'elle ne connaît pas personnellement ma famille. Et là, elle m'a dit... D'où cette envie de partir. Et en fait, ouais, elle a tout résumé. Et ça, je l'ai compris de ce que je lui ai dit. Je lui ai dit, oui, aujourd'hui, je comprends. Même mon mari comprend. Il me dit, je ne sais pas pourquoi je ne t'ai pas écouté plus tôt. Et aujourd'hui, oui, j'ai compris. J'ai compris qu'en fait, il fallait que je fuis. Il fallait que je fuis cet entourage, en fait. Cette personne qui polluait ma vie. Il fallait que je me protège et que je protège ma famille. Et que je vive pour moi.
- Speaker #0
C'est fou, ces choses qu'on ressent en plus profond de soi, qu'on ne peut pas expliquer. Mais quand c'est comme ça, autant présent, c'est vraiment une invitation à se faire confiance aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, exactement. En fait, tu vois, cette voisine, je le souviens, parce qu'elle ne comprenait pas non plus. Elle me disait, je ne comprends pas pourquoi tu veux partir, tu as tout pour être heureuse, vous êtes bien ici. C'est vrai que même moi, je répondais aux personnes, je ne sais pas. Je veux partir, mais j'avais rien. Enfin, je n'étais pas fâchée avec quelqu'un. Je ne comprenais pas, en fait.
- Speaker #0
Et même avant d'avoir rencontré cette naturopathe et de mettre des mots sur ce qui s'est passé, sur cet inceste, le fait de venir déjà dans la région, ça m'avait quand même déjà soulagée d'une certaine mesure où en fait, ouais, je vivais ma vie. J'étais là pour moi, j'avais besoin de me reconnecter à ma famille, à mon mari, à mes enfants.
- Speaker #1
Ouais, comme si tu coupais un lien invisible, mais en tout cas qui était là. Et donc le fait de partir...
- Speaker #0
Oui, ça a déjà cassé,
- Speaker #1
ça t'a libéré de quelque chose.
- Speaker #0
Oui, exactement, ça m'avait déjà libéré en fait, vraiment.
- Speaker #1
Et donc aujourd'hui, du coup, ton corps t'a mené à te reconnecter avec cette vérité, cette réalité de cette histoire qui est certes malheureuse, mais est-ce qu'aujourd'hui tu en fais une force ? Comment elle te porte aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, oui, ça a mis du temps, mais en fait, j'ai compris que... Alors c'était horrible ce qui s'est passé, personne ne doit vivre ça honnêtement, je le souhaite à personne. Mais en même temps c'est devenu une force pour moi. J'ai réussi à vivre pour moi, à me décrocher des personnes qui étaient vraiment pas bonnes dans mon entourage en fait. Et aujourd'hui ça en fait vraiment une force parce que je suis alignée avec qui je suis et ce que je souhaite être en fait aussi. Et j'ai envie de... Comme aujourd'hui, j'ai envie de partager cette expérience. Et oui, parfois, vous pouvez être au fond du trou, mais la lumière arrive. Il y a des choses, il y a des étapes. Et très souvent, c'est qu'on est capable de surmonter. On a cette force intérieure. Et moi, c'est ce qui m'a surprise. Alors oui, comme je disais, toujours Madame Sourire et tout, mais intérieurement, ça me faisait mal, je n'étais pas bien quand même, c'était compliqué. Aujourd'hui, franchement, je vais bien. J'ose en parler. Et pour moi, c'est tellement important, en fait, de libérer cette parole, d'oser en parler ouvertement. Je ne juge pas, en fait, ce qui s'est passé. J'ai appris le pardon. Alors, c'est horrible parce qu'on ne pardonne pas l'acte. On ne pardonne pas ce qui s'est passé. Ce n'est pas pardonnable. Par contre, j'ai réussi à pardonner, en fait, à comprendre que, en fait, par exemple, ma maman, elle n'est pas capable, en fait. Elle n'est pas capable d'affronter ça. C'est sa vie. Mais moi, elle ne fait plus partie de ma vie aujourd'hui. Moi, j'avance sans elle. Ça me fait mal. Il y a des moments où c'est très compliqué d'avancer sans ma famille. Mais en fait, c'est que moi, aujourd'hui, je suis alignée avec qui je suis. J'avance, en fait, que ce soit sans eux. Ce n'est pas grave, en fait.
- Speaker #1
Ce qui est intéressant, alors je vais peut-être reformuler la question ou ça va venir en complément parce que cette révélation, finalement, de l'inceste, pour certaines personnes, ça peut être destructeur. Et qu'est-ce qui a fait que pour toi, ça ne l'a pas été ?
- Speaker #0
Je pense que c'est vraiment cet accompagnement aussi qui est très très important en fait. Il faut vraiment se faire accompagner pour remettre les bons circuits dans ton cerveau en fait, dans ton système nerveux. Tu n'es pas obligé de te décrire en victime. Tu peux avancer. Oui, ça s'est passé, mais ça fait partie de ton passé. Et moi, je pense que surtout ma force, ça a été mes enfants en fait. Aujourd'hui, je n'ai pas porté plainte parce que je n'en ressens pas le besoin et parce que je n'ai pas envie de me pourrir la vie avec tout ça. Et mettre ma vie en parenthèse et mettre celle de mes proches, en fait, ils n'ont rien demandé. C'est la mienne. Alors peut-être que demain, j'irai parce que j'en ressentirai le besoin. Il n'y a pas d'obligation. Le but, c'est qu'est-ce qui te fait du bien à toi et comment tu arrives à avancer avec tout ça. Ça a été quand même très très dur, franchement. Limite, t'as le panneau sur ton fourgon. Ah, t'as vu, elle a été victime d'inceste. Et au début, je me disais, non, mais il ne faut pas en parler, c'est une honte. Et en fait, ben non, c'est pas une honte. On m'a fait quelque chose d'honteux, en fait. Mais c'est pas moi qui porte ça. C'est cette personne-là, en fait, qui porte ça en elle. Et ça t'appartient pas. Et ouais, c'est vraiment d'essayer d'apprendre. Le pardon en fait partie, en fait. Parce que tu coupes ce lien. Parce que tant que t'arrives... pas à pardonner, tu as toujours ce lien qui te lie à cette personne.
- Speaker #1
Et la colère alimente le lien que tu veux maintenir avec la personne.
- Speaker #0
Complètement. Alors je dis pas, des fois, ça m'arrive encore d'être en colère, parce que tu vas tomber sur une photo où tu dis, en fait, non, c'est moi qui devrais être à cette place, c'est pas lui. Mais c'est comme ça, c'est la vie, en fait. Et les personnes, elles avaient le choix de choisir avec qui elles voulaient s'entourer. Quand tu dis les personnes, c'est ta famille qui aujourd'hui a choisi le parti de cette personne-là.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
complètement. Tu vois, j'ai encore une de mes cousines. qui me disait, oui, mais c'est important, justement, de porter plainte, parce que s'il fait du mal à d'autres personnes et tout, je l'entends parfaitement, mais en fait, les personnes qui sont autour de lui, elles sont au courant, et ça, c'est leur responsabilité, c'est plus la mienne.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, c'est que chaque personne doit être responsable, à partir du moment où la vérité est là, de ce qu'on fait avec ça, en fait. Oui. Est-ce qu'on reste dans le déni, ou est-ce qu'au contraire, du coup, on... On se met dans cette posture de responsabilité et de protection des personnes autour de nous.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Merci Malvina. Je posais en introduction cette question, est-ce possible que le corps sache avant la tête ? Bon là, très clairement, avec ton histoire, on peut répondre oui. Et est-ce qu'une maladie peut porter une histoire oubliée ? Tu répondrais quoi à cette question, toi ?
- Speaker #0
Moi, je pense que... Oui, il y a des liens. En fait, tu vois, ma naturopathe, quand elle m'a posé la question de si j'étais victime sexuellement parlant, je lui ai demandé en fait, mais comment tu as pu mettre le doigt là-dessus en fait ? Qu'est-ce qui a fait que tu me poses cette question ? Et en fait, elle avait un livre avec le lien avec les maladies en fait. Et elle m'avait envoyé une page sur la seconde illartrite. En fait, c'est incroyable quoi. Enfin, je me suis dit, waouh, il y a un lien. Donc je ne suis pas sûre à 100% s'il y a un lien avec la maladie. Mais je pense que vraiment, oui, il y a une connexion, il y a quelque chose qui fait que la maladie, elle vient pour te parler, pour montrer du doigt quelque chose en fait. Aujourd'hui, clairement, surtout en tant que femme, on est surchargé. On n'arrête pas, on ne s'écoute pas, on avance tout le temps, quoi qu'il arrive, pour les enfants, pour toi, pour ton métier. Se reconnecter à soi, c'est hyper important et pour moi, c'est devenu ma devise en fait. J'ai besoin de ça, quoi.
- Speaker #1
Ouais. Et ce que j'aimerais préciser aussi, c'est pas non plus d'en faire une généralité. C'est-à-dire que toutes les maladies ne sont pas en fait révélatrices. Par contre, ce qui est hyper intéressant, c'est juste le fait de savoir que potentiellement, une maladie peut venir t'informer ou te dire « attention, il y a peut-être quelque chose là qui est à comprendre » . Rien que le fait de savoir ça, je trouve que c'est génial parce que ça ouvre peut-être des... perspectives pour les gens qui vont nous écouter. Donc, merci infiniment pour ça, Malvina, la première fois. Et donc là, on aurait pu commencer par ça, mais c'est le deuxième épisode où ça vient en ce moment-là. La question, qui es-tu aujourd'hui, Malvina ? Alors aujourd'hui,
- Speaker #0
je fais dire officiellement que je suis naturopathe. Je suis praticienne en Reiki aussi. Je fais des massages crâniens. Et en fait, elle est à cœur d'avoir un endroit où justement la femme puisse venir se déposer, se reposer, juste parler. Comme tu disais, en fait, ce n'est pas forcément parce que tu as une maladie qu'il y a quelque chose, mais en fait, juste de pouvoir prendre soin de toi. Et donc là, en fait, j'ouvre officiellement ce lieu. Génial ! Je suis trop heureuse, je suis trop excitée, je suis trop contente. J'ouvre officiellement ce lieu que je voyais au départ un peu plus grand, mais en fait, il est connecté à moi. C'est déjà une première étape pour moi. C'est l'espace Ayuna, parce que pour moi, c'est un espace de cœur. On vient remettre de la lumière dans son cœur. On vient se déposer. On vient respirer. Il y aura plein de choses, en fait, que ce soit des soins individuels, des soins collectifs, même des petites parenthèses où la personne ne sait pas quoi faire. C'est pas grave, elle vient. Et je l'accompagne, que ce soit avec de la respiration, de la visualisation. En fait, c'est un endroit pour elle, vraiment. C'est un endroit pour les femmes. Ouais, je trouve qu'on a besoin, en fait, d'avoir des espaces comme ça.
- Speaker #1
Ouais, génial. Donc, ouverture prochaine de ce lieu à Yuna.
- Speaker #0
Oui, ouais. Je suis trop contente. Et je tenais aussi à dire aux personnes qui m'écoutent que, en fait... souvent on a cette peur, cette culpabilité et en fait, moi le fait d'avoir osé en parler d'en parler même à mon entourage aux personnes que je côtoie en fait ça libère déjà la parole des autres j'ai eu de nombreux retours de personnes qui sont proches de moi qui ont été victimes et qui n'en ont jamais parlé et je trouve ça... quand j'ai pas de mots honnêtement, aujourd'hui elles ont juste mis des mots C'est comme si j'avais tendu une main parce qu'en fait, j'arrive à en parler ouvertement et elles, en fait, elles osent s'ouvrir. Et ça, je trouve ça magique. Pour moi, juste ça, c'est déjà merveilleux parce que je me dis qu'elles commencent leur cheminement.
- Speaker #1
Merci infiniment. C'est ce que tu fais aussi un peu ici au micro de Capvertois, où tu oses parler de ton histoire, transmettre. Et donc, ça va peut-être effectivement aussi donner le courage à d'autres personnes, femmes ou hommes, de venir en parler, de libérer leurs paroles. Et donc, ça, c'est hyper précieux. Donc, effectivement, merci infiniment. Donc, on arrive là à la fin de l'épisode. Est-ce que tu as un message que tu aimerais rajouter ? à nos auditeurs et qui peuvent se retrouver dans ton histoire.
- Speaker #0
Oui, en fait, la nature est bien faite. Je me suis battue contre pendant des années parce que pour moi, je me disais, ce n'est pas possible, le corps humain est vraiment mal fait, ce n'est pas possible. Et en fait, non, la nature est vraiment bien faite. Le corps est là pour te protéger. Donc à partir du moment où il y a des douleurs, On peut venir, je ne vais pas parler de guérison, parce que moi, je ne suis pas guérie à 100%, ma maladie revient, là oui, je n'ai plus de traitement, mais en fait, on vient l'apaiser, et après, tu apprends à te connaître, et à connaître comment fonctionne ton corps. Et du coup, au moindre petit souci, il va être là, et tu vas l'entendre de suite. Et ça, c'est merveilleux en fait. J'ai envie de dire, on a un organisme qui est vraiment très très bien fait, on a des choses qui sont possibles de façon naturelle aussi, en fait, pour venir t'aider. C'est juste que dans notre société, en fait, on ne nous apprend pas ces choses-là. Malheureusement, j'aimerais bien qu'un jour, ça soit enseigné à l'école. Ça serait merveilleux, en fait, qu'on t'apprenne ne serait-ce qu'à respirer, ne pas être stressée, de t'écouter, de comprendre les choses. C'est tellement merveilleux. Et vraiment, il y a... Alors, moi, il y aura mon endroit, mais je veux dire, il y en a partout. Il y a vraiment des personnes qui sont spécialisées dans plein de domaines différents. Trouve la personne qui te correspond. Pas forcément... Parce que tu m'as entendu, mais tu dis, je ne suis pas sûre de la naturopathie. Mais il y en a énormément. Même si tu as envie d'avoir mon conseil, je me suis entourée de plein de professionnels autour de moi. Il faut vraiment trouver la technique, la personne. Choisis la personne qui te correspond.
- Speaker #1
C'est ça, cette idée de connaissance de soi. On ne nous apprend pas à le faire. Et du coup, ça me reconnecte à l'épisode de février. Vous, Dorothée, partagez cette notion-là qu'à l'école, on nous apprend... plein de choses, le français, les mathématiques. On nous apprend à utiliser des machines, mais à aucun moment, on nous apprend à se connaître soi, quoi. Et finalement, une des premières machines qu'on doit maîtriser, c'est soi, c'est comment on fonctionne. Et donc, ce message que tu partages vient aussi éclairer cette même idée. Et donc, allez, on lance l'idée. De mettre en place des choses pour accompagner nos jeunes générations sur la connaissance de soi.
- Speaker #0
Complètement. Ça est hyper important, en fait.
- Speaker #1
Oui, merci infiniment, Malvina, pour ton courage, ton audace à venir partager ton histoire. On arrive à la fin de cet épisode. Est-ce que tu as un dernier petit mot ou c'est OK pour toi ?
- Speaker #0
J'ai juste envie de dire, en fait, choisissez-vous. Vraiment, faites de vous votre priorité.
- Speaker #1
Peut-être que le corps ne parle pas avec des mots, peut-être qu'il ne cherche pas à nous punir ni à nous trahir, mais en tout cas, ce qui est sûr là, c'est qu'il nous signale, il signale, il réagit, il garde en mémoire ce que parfois notre conscience n'a pas encore pu regarder. Alors l'histoire de Malvina ne dit pas que toutes les maladies ont une origine cachée. Elle ne dit pas que tout s'explique. Elle nous rappelle simplement ceci, que le corps et l'histoire ne sont pas séparés, finalement. Et que parfois, quand les mots trouvent enfin leur place, quelque chose s'apaise. Pas par magie, mais parce que la vérité n'est plus seule à l'intérieur. Alors peut-être que la vraie question n'est pas est-ce que le corps parle, mais sommes-nous prêts à l'écouter ? Donc, si vous avez été touché, secoué même, c'est peut-être que vous êtes prêt, chers auditeurs, chères auditrices, à vous choisir, à vous écouter. Si cet épisode t'a inspiré, partage-le un peu partout autour de toi, sur Instagram, sur Facebook, sur LinkedIn, en message privé. N'hésite pas à laisser une note et un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Je te dis à très vite pour un nouvel épisode de Cap vers toi. Adishatz !