- Speaker #0
Bienvenue dans Histoire d'entrepreneur, le format bonus de Cap vers toi. Dans ces épisodes, mon objectif n'est pas simplement de vous faire découvrir une activité ou une entreprise. Je propose à des entrepreneurs de s'offrir un espace de visibilité différent, loin des discours commerciaux habituels. L'objectif est de mettre en lumière le parcours, les valeurs, la vision qui se cachent derrière une entreprise. Parce qu'au fond, on choisit rarement un professionnel uniquement pour ce qu'il fait, on le choisit aussi pour la personne qu'il est, pour l'énergie qu'il dégage et pour la confiance qu'il inspire. Ces épisodes sont donc une occasion de découvrir l'humain derrière l'entrepreneur, de mieux comprendre ce qui l'anime au quotidien et de permettre à davantage de personnes de découvrir son univers, son expertise et l'impact qu'ils souhaitent avoir auprès de ses clients. Alors ensemble, nous allons en partir à la rencontre de femmes et d'hommes passionnés qui ont choisi de transformer ce qui les anime profondément en activités professionnelles. Et peut-être qu'au fil de ces échanges, vous découvrirez des parcours inspirants, de belles personnes à suivre ou à recommander autour de vous et parfois même quelques clés pour avancer sur votre projet. propre chemin. Alors aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Élodie Richard qui est coach parental. Bienvenue Élodie,
- Speaker #1
merci.
- Speaker #0
Je suis particulièrement heureuse de lancer ce tout premier épisode d'Histoire d'entrepreneur avec toi. Tu as choisi cet espace pour mettre en lumière ton activité mais aussi pour raconter l'histoire qui se cache derrière ton parcours entrepreneurial. Alors peux-tu te présenter et nous présenter ton activité professionnelle ?
- Speaker #1
Donc je suis Élodie Richard. Dans ma vie personnelle, je suis mariée et maman de deux filles de 10 et 14 ans. Et côté professionnel, j'aime bien dire que j'accompagne les parents à parler pour que les enfants écoutent et dans l'autre sens aussi à écouter pour que les enfants parlent. Concrètement, je suis certifiée coach parentale. Donc en fait, j'aide les familles à transformer les batailles du quotidien en moments de coopération et sans qu'ils y perdent toute leur énergie. Je rajoute la notion très importante de maintenir un cadre parce que c'est ce qui va sécuriser l'enfant. Mon approche est bienveillante, elle est surtout pensée comme un véritable espace de dépose où les parents peuvent venir sans crainte de jugement.
- Speaker #0
Et du coup, quels problèmes tu aides principalement à résoudre ?
- Speaker #1
Beaucoup d'accompagnements concernent la gestion des crises et des conflits. Le parent va souvent décrire des choses comme mon enfant n'écoute pas, je n'arrive pas à gérer ses colères, je suis fatigué de répéter ou il n'est pas autonome, des choses comme ça. En réalité, tout est souvent lié, tout est imbriqué en fait, donc on va venir dénouer les fils ensemble. Il n'y a pas d'âge pour commencer ce travail, il y a simplement des outils à adapter selon l'âge de l'enfant. Moi j'accompagne principalement les familles avec des enfants de 2 à 12 ans. Et je propose également des ateliers de groupe pour les parents. C'est très puissant parce qu'il se crée une forme d'intelligence collective et émotionnelle. Les parents réalisent qu'ils ne sont pas seuls.
- Speaker #0
Et quand les parents viennent te voir avec ces difficultés-là, qu'est-ce qu'ils viennent chercher au fond, selon toi ? Des outils, du soulagement, de la confiance ?
- Speaker #1
La première chose qui ressort, c'est le soulagement. C'est le soulagement d'avoir un espace à soi, le soulagement de pouvoir déposer son quotidien. Et enfin, le soulagement de savoir qu'il y a des solutions.
- Speaker #0
Et tu observes quoi chez les parents quand ils comprennent justement qu'ils ne sont pas seuls à vivre ça ?
- Speaker #1
Après le soulagement dont on parlait juste avant, ce que j'observe aussi beaucoup chez les parents, c'est une forme d'énergie positive qu'ils retrouvent en partant. Parce qu'en réalité, beaucoup de parents arrivent dans une dynamique très négative, souvent liée à la culpabilité, à l'épuisement, au sentiment d'échec. et Cette énergie-là, elle est extrêmement épuisante émotionnellement. Et le fait de comprendre qu'ils ne sont pas seuls à vivre ça, ça change déjà énormément les choses. Donc ça fait changer le regard qu'ils ont sur eux-mêmes. Ils passent progressivement d'une posture où ils subissent, en fait, à une posture où ils vont recommencer à comprendre, à réfléchir, à agir. Et souvent, rien que ce changement de regard, c'est déjà le début d'une amélioration. Et ensuite, le changement va vraiment dépendre de ce que le parent va mettre en place dans son quotidien.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis là. Tu dirais que le vrai changement commence à partir du moment où le parent accepte aussi de se remettre lui-même en question ?
- Speaker #1
Plus un parent expérimente, plus il teste, plus il met en pratique et plus il obtient des résultats. Donc, il y a une citation d'Einstein qui dit « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent » . Donc oui, ça passe d'abord par une prise de conscience. Par exemple, si on prend le cas du parent qui répète sans cesse parce que son enfant n'écoute pas, si on veut que la situation change, il faut souvent commencer par changer notre façon de faire, donc du coup notre façon de dire les choses dans ce cas-là. Donc là, c'est la façon de demander qui ne fonctionne pas pour l'enfant ou bien qui s'est tout simplement habitué à la répétition. Et donc, il finit par intégrer qu'il n'a pas besoin de réagir à la première demande puisque plusieurs autres vont suivre derrière. Donc, pour sortir de ça, le parent, il va progressivement changer son approche. C'est pareil pour les colères. Une fois qu'on a mis le doigt sur ce qui ne marche pas, on va aller trouver la solution de changement avec le parent.
- Speaker #0
Avant de poursuivre sur ton activité, J'aimerais maintenant qu'on remonte un peu le fil. Je suis convaincue du coup que derrière chaque entrepreneur, il a bien plus qu'un métier, qu'il y a une histoire. Et souvent, c'est cette histoire qui donne du sens à tout le reste et qui finit par orienter nos choix professionnels. Alors, si on revient quelques années en arrière, peux-tu nous partager comment est née cette sensibilité que tu vas aux relations humaines et comment es-tu arrivé à ce métier de coach parental ?
- Speaker #1
Mon histoire, elle débute à l'adolescence, en fait, avec ma propre expérience, qui va être un fil conducteur tout au long de mon parcours. J'ai compris ça depuis peu de temps, d'ailleurs. J'ai une sœur qui avait une relation conflictuelle avec mes parents et qui leur parlait d'une façon très dure. Et en fait, je ne supportais pas d'entendre ça. Donc, je me suis construite à l'inverse de ma sœur. Moi, j'étais plutôt renfermée, à rien dire, à tout garder pour moi. Et le moyen qu'on avait trouvé, je pense, pour se protéger chacune, ça a été de ne plus se parler du tout. Au point de littéralement s'ignorer. Donc ça a duré presque dix ans. Même quand on n'habitait plus ensemble, la relation, elle n'avait pas évolué. On ne se disait pas bonjour, rien. Et puis un jour, j'avais plus de vingt ans, et ma mère, elle nous a dit « Mais vous ne pouvez pas nous dire ce que vous pensez une bonne fois pour toutes. » Et là, je me souviens qu'on a chacune exprimé notre point de vue, sans limite, bon, si ce n'est celle de ne pas s'insulter. Je sais qu'elle m'a reproché d'être égoïste. Moi, j'ai dû lui dire qu'elle était insensible. Je ne me rappelle plus exactement du contenu, mais ça a été le début de quelque chose. En tout cas, après, c'est un peu comme si on avait fait un reset. Et à partir de là, j'ai vraiment commencé à apprendre à la connaître.
- Speaker #0
Et est-ce que c'est à ce moment-là que tu commences à comprendre que derrière les conflits, il y a souvent, surtout des émotions qui n'ont jamais pu sortir ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais, clairement, là, je comprends l'importance des émotions. qui, dans les extrêmes, dans un sens ou dans l'autre, n'est pas saine. Donc, je l'ai compris après, mais ce qui se passe souvent pour les parents dans les relations frères-sœurs, c'est qu'ils se sentent obligés de prendre parti, de couper les disputes. Ils nous empêchent de dire certaines choses. En fait, ils veulent faire taire le conflit rapidement. Et finalement, ça fait l'inverse de ce qu'ils cherchent, parce qu'ils veulent que leurs enfants s'aiment, dans le fond, mais ça les fait se détester. Donc ça, c'est aussi un sujet que je traite en atelier ou en coaching avec plein d'outils pour savoir comment gérer tout ça.
- Speaker #0
Ok, merci. Et est-ce qu'à cette période-là, donc tu avais à peu près 20 ans, tu avais déjà conscience que ça allait devenir une mission de vie ?
- Speaker #1
Non, non, pas du tout. Je me suis pas mal cherchée en fait. Je savais juste au début que j'aimais bien travailler avec les enfants, qu'en parallèle, je m'intéressais beaucoup à la gestion des conflits, à l'éducation. Parce que dans le fond, en fait, ma grande question, c'était comment on peut se faire respecter tout en respectant l'enfant. Donc à cette époque, j'avais commencé mes études dans le sport. Je lisais beaucoup d'ouvrages sur l'éducation, j'adorais me nourrir de ça. J'ai travaillé dix années avec les enfants, des petits, des moyens, des plus grands. Au début, je faisais des remplacements de profs d'EPS. Donc j'ai commencé à expérimenter concrètement sur le terrain. J'avais pioché un peu dans tout ce qui existait. En fait, je m'étais constituée une sorte de boîte à outils. Et j'ai une approche qui m'a particulièrement inspirée à ce moment-là, qui va devenir aussi mon fil conducteur. Du coup, c'est les habiletés de communication de Faber et Maslisch. Parfois, face aux situations réelles, j'avais l'idée tout de suite. Et parfois, je ne l'avais pas. Donc, quand je ne l'avais pas, ça me faisait réfléchir pour la fois d'après. J'étais déjà convaincue que mettre des punitions, donner des heures de colle... Ça n'amenait pas l'enfant à changer son comportement, ça faisait même pire. Et je ne voulais pas m'enfermer dans une posture basée sur la sanction ou le rapport de force. Et en même temps, je militais inconsciemment pour ce respect mutuel. Donc ça m'est arrivé bien sûr au début quand je n'avais pas l'idée, j'allais droit au but. Mais clairement, mon challenge, c'était de réussir à responsabiliser l'élève sans avoir à le menacer.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens d'un moment où tu t'es dit « ok » . Il existe une autre manière d'exercer l'autorité.
- Speaker #1
Je me souviens très bien d'une expérience au début de ma première année. C'était avec des garçons de troisième. En plus, j'étais plutôt jeune, donc pas énormément d'éclat d'âge. Il y avait un groupe de garçons dans les vestiaires, ces vestiaires douche après le sport. Et un des élèves est sorti en criant, vous allez vous faire défoncer, vous allez prendre une heure de col. Déjà, je pense que ça, ça m'a fait tilt. Et je vais voir. Concrètement, il y avait de la mousse et de l'eau partout en dehors des douches. Il y aurait eu de quoi s'énerver. Et je leur ai juste dit, il doit y avoir un moyen d'éviter l'heure de colle. Qu'est-ce que vous me proposez ? Donc, ils ont proposé en fait par eux-mêmes de tout nettoyer, mais ça venait d'eux. Ils m'ont donné une limite de temps. Et 15 minutes plus tard, ils avaient presque tout nettoyé. Donc, il restait quelques traces. Voilà, je leur ai dit, ils ont rectifié, j'ai validé. Et finalement, les engagements réciproques étaient respectés.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce qui t'a marqué dans leur réaction ?
- Speaker #1
Je me souviens... surtout de leur attitude à ce moment-là parce qu'ils étaient fiers. En fait, ils n'étaient pas fiers d'avoir fait une bêtise. Ils étaient fiers d'avoir réparé. Ils étaient fiers d'avoir été considérés comme capables, comme si c'était eux qui avaient résolu le problème. Et pour les conforter là-dedans, je leur ai dit bravo les gars, vous faites une belle équipe. Et puis quand j'ai commencé à voir les effets de cette approche auprès des enfants, des jeunes, Bon, après, ils n'ont pas recommencé. Il y a eu une sorte de respect mutuel qui s'est installé. J'ai eu envie de continuer comme ça.
- Speaker #0
Et tu crois qu'on sous-estime énormément le besoin qu'ont les enfants d'être considérés comme capables ?
- Speaker #1
Oui, c'est un de mes chevaux de bataille. Je trouve qu'on prend souvent le problème à l'envers. Il y a des façons d'emmener l'enfant à se sentir capable et d'autres qui nuisent à ça. Quand on lui laisse la place pour réfléchir, pour essayer, pour trouver ses propres solutions, en fait, on nourrit chez lui ce sentiment de compétence. Mais ça, ça se provoque. Si on lui laisse la solution clé en main, il va moins bien l'accepter et en fait, ça ne va pas l'aider pour la suite. Ce qui m'a le plus challengée dans mon parcours, c'est l'année dans une ZEP, donc une zone d'éducation prioritaire avec des collégiens. Et là, j'ai eu des vraies problématiques. que j'ai eu des élèves qui furent... pendant le sport, des bastons entre enfants. Certaines fois, j'ai été obligée de faire un signalement. Donc, là, mon challenge, c'était que ça ne se reproduise pas deux fois. Et à côté de ça, comme dans toutes les classes, il fallait faire participer ceux qui n'avaient pas envie, calmer ceux qui étaient là pour la compète. Il y avait des émotions qui étaient quand même assez fortes sur ce public-là, avec des histoires de famille parfois très compliquées. Mais j'ai vraiment vu des élèves changer de comportement au cours de l'année.
- Speaker #0
Et cette période-là, cette expérience-là, t'as appris quoi sur les enfants qu'on considère difficiles ?
- Speaker #1
Ce que j'en ai tiré, c'est que quand on prend les enfants en considération, quand on les responsabilise, toujours en posant bien sûr un cadre clair, en fait ça les sécurise. Et leurs retours, ils peuvent être incroyables. Pour eux déjà, on les sent bien ou mieux, en fonction de comment ils étaient au départ. Et alors, l'effet qui se coule... Pour moi, par exemple, en tant que prof, je trouvais qu'il y avait une reconnaissance de leur part sans que je demande rien. Donc voilà, et puis après, je suis devenue maman à mon tour.
- Speaker #0
Et là, qu'est-ce qui change quand on passe de la théorie à sa propre vie de maman ?
- Speaker #1
Là, j'ai rajouté tout ce que bons parents traversent, je pense. L'émotionnel, la fatigue, la charge mentale, la gestion du quotidien. Et à cette époque, j'étais très impliquée professionnellement. J'avais créé une entreprise où je manageais des salariés. Et puis, j'avais un mari par ailleurs qui gérait très bien les choses quand il était là. Mais son travail l'a amené à être beaucoup absent, en fait, pendant plusieurs années. Donc, à peu près cinq mois par an, il n'était pas là. Donc, il fallait que ça se gérait seul. Et heureusement, j'étais déterminée pour ne pas subir. Donc ça m'a hyper aidée d'être outillée. Ça me fait sourire en fait quand j'y repense parce que j'anticipais déjà certaines situations. Par exemple, je me souviens que j'attendais la première crise au magasin. En plus, à l'époque, il y avait Super Nanny à la télé avec beaucoup de scènes de crise dans les supermarchés. Donc forcément, je me disais OK, le jour où ça arrive, qu'est-ce que je fais ? Donc j'étais prête, dans ma tête, j'avais mon petit process. Et les premières fois où ma fille a commencé à montrer les choses dans les rayons en disant « je veux ça, je veux ça » et tout, je savais que c'était une demande d'attention en fait, plus qu'un vrai souhait. Donc voilà, je répondais simplement « ouais, fais voir, bah ouais, tiens, c'est vrai que ça a l'air bon, moi je crois que je préférais plutôt celui-là » . Et en fait, finalement, c'est très vite devenu un jeu entre nous et d'ailleurs, elle me le disait même plus comme ça. Donc, voilà.
- Speaker #0
Et finalement, ce que tu expliques là, c'est qu'un enfant n'exprime pas toujours directement son vrai besoin, c'est ça ?
- Speaker #1
Ah là là, oui. C'est tellement ça. Si tu savais le nombre de situations qui pourraient ne pas avoir lieu, en fait, si tout le monde avait ce décodeur. Et très souvent, l'enfant, il envoie un message indirect. Et quand on apprend à le décoder, la situation, elle évolue. Enfin, en tout cas, elle peut évoluer complètement différemment. Dans mon premier exemple, là, bien sûr, si on passe dans le rayon des jouets, parfois, ils vont vraiment vouloir l'objet. Donc, dans ces cas, on peut aussi trouver d'autres chemins. Voilà, on va dire, on va valider. Ok, tu voudrais vraiment jouer ? Ben, écoute, on pourrait peut-être le prendre en photo pour le mettre sur ta prochaine liste d'anniversaire, ce genre de choses. C'est des petites choses simples, en fait, mais en changeant ce regard, on va énormément changer l'ambiance du quotidien. Et honnêtement, je pense que cette manière de fonctionner, elle m'a épargnée. énormément de colère et de conflits inutiles. Elle m'a permis de garder un état d'esprit positif parce que je ne me sentais pas démunie face aux situations du quotidien. Et surtout, je ne prenais pas pour moi tout ce qui arrivait. Encore aujourd'hui, je me sens challengée presque tous les jours. Je sais en fonction de comment je vais réagir, si ça va dégénérer ou si ça va passer tout seul. Pour la même finalité, c'est juste le chemin, la façon de faire. qui est différente. Mon dernier exemple, là, j'en prends un ce week-end, en fait, on devait partir faire les courses, ma fille, elle était en train de s'habiller, et là, elle se rend compte que le pull qu'elle voulait mettre était en train de sécher, et évidemment, c'était ce pull-là, et pas un autre. Donc j'avais envie de dire, c'est pas grave, en faisant un autre, mais je ne me suis pas positionnée, je lui ai dit, je suis désolée de savoir que vous voulez ce pull, je ne vois pas trop de solution, là. Et ce qui est rigolo, c'est que moi-même, j'avais vraiment pas de solution à ce moment-là, en fait. mais c'était juste pour l'aider à un peu comme faire le deuil de son pull et je lui ai laissé un espace et elle m'a répondu avec son petit air de coquine si si il y en a peut-être une puis elle est partie chercher un sèche-cheveux dans la salle de bain et elle a séché son pull pendant plusieurs minutes honnêtement j'ai trouvé ça génial donc oui à la fin le pull il était encore un peu humide mais j'ai laissé parce que j'ai trouvé que ça valait l'expérience quand tu racontes cette anecdote
- Speaker #0
On sent que tu laisses de la place à l'enfant pour réfléchir par lui-même. Tu crois que beaucoup de parents veulent tellement bien faire, ou alors ils veulent tellement que ça aille plus vite, qu'ils donnent trop vite la solution ?
- Speaker #1
Oui, on a souvent tendance à donner des solutions toutes faites aux enfants par souci d'efficacité ou en pensant les aider. que quand l'enfant participe à la solution ou simplement qu'il la déduit, on va lui donner vraiment toutes les chances de mieux l'accepter et de l'appliquer parce qu'il devient acteur, il est impliqué en fait. Et par effet boule de neige, le parent qui change ça, va constater que ça va diminuer les oppositions, les colères, les crises du quotidien.
- Speaker #0
Il y a quelque chose qui revient souvent dans ton approche, tu ne parles jamais vraiment de méthode miracle. Tu utilises plutôt l'image de boîte à outils. C'est quoi pour toi la différence entre une méthode et une boîte à outils ?
- Speaker #1
La méthode, ça donne l'impression qu'il y a une façon de faire avec des règles à appliquer, type un peu mode d'emploi unique. Et la boîte à outils, donc ce avec quoi je travaille, pour imager, c'est un peu comme si tu voulais aller quelque part avec ton enfant. Donc, tu me donnes ta destination. Et ensuite, je vais piocher dans cette boîte à outils les infos et les idées qui sont adeptes. ta situation du moment pour que tu puisses choisir toi-même ton chemin et ton équipement pour y parvenir. Donc, il n'y a pas de recette magique. C'est là tout l'intérêt du coaching. Il y a des outils qui vont fonctionner très bien avec certains enfants et moins bien avec d'autres et c'est normal.
- Speaker #0
Ce que je trouve intéressant, c'est que finalement, le vrai sujet derrière tout ça, pour moi du moins, ce n'est pas finalement de créer des enfants obéissants, mais des enfants capables de penser par eux-mêmes. Que penses-tu de ça ?
- Speaker #1
Ce dont je suis certaine aujourd'hui, c'est que quand on prend conscience de l'impact de nos mots et de nos façons de faire sur un enfant, on comprend à quel point on peut influencer son comportement du moment. L'obéissance, ça demande à suivre un système de pensée unique qui pousse l'enfant à agir par peur de la sanction ou du jugement. Et à l'inverse, l'enfant à qui on apprend à réfléchir... Et ça, ça commence tout petit avec le double choix. Quand, je ne sais pas, par exemple, ils ne veulent pas mettre leurs chaussures. Est-ce que tu veux que ce soit toi ou moi qui mette les chaussures ? Enfin, voilà, il comprend déjà et il va adhérer au cadre par coopération. Donc, c'est un enfant qui, naturellement, va mieux se comporter parce qu'il ne va pas dépendre constamment du regard ou de la validation de l'adulte. Et à l'avenir, ça, ce n'est pas moi qui le dis, c'est les études qui montrent, mais que... Plus un enfant a eu en fait l'opportunité de développer cette autonomie, plus ça va l'aider dans ses choix de vie, sur sa capacité à rebondir, à savoir prendre des décisions. Il va avoir une meilleure confiance en lui et il ne va pas dépendre des autres. Et quand on a goûté à ça, je parle en tant que parent, pour ma part, je ne reviendrai plus jamais en arrière.
- Speaker #0
J'aimerais revenir sur ce qui t'a amené à devenir coach parental. On sent bien que c'est là comme une vocation. Est-ce qu'il y a un moment précis où tu t'es dit « je ne peux plus ignorer ce qui me fait vibrer » ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, à 40 ans, je fais un peu le bilan de mon parcours. Ma dernière expérience a été en tant que salariée dans les ressources humaines. J'avais acquis de l'expérience, mais je n'étais pas vraiment alignée avec ce que je faisais parce que ce sujet de l'éducation, de la relation parent-enfant, elle me suivait depuis des années. Et je savais au fond de moi qu'il y avait quelque chose à faire autour de ça sans savoir vraiment sous quelle forme. Et je me suis rappelé qu'un jour, une copine m'avait demandé de l'aide sur une situation conflictuelle avec sa fille et qu'après, ça avait été mieux. Et du coup, en me renseignant davantage, j'ai découvert le coaching, l'accompagnement parental. Et là, ça a fait sens. Je me suis dit... À chaque fois que je pourrais apporter rien que de la compréhension, du soutien ou que je peux accompagner une famille, une maman, un papa dans un changement, j'aurais semé une graine.
- Speaker #0
Et à qui tu t'adresses principalement aujourd'hui à travers ton accompagnement ?
- Speaker #1
Je m'adresse à toute personne qui se pose la question suivante. À quoi je dépense mon énergie quand je suis avec mes enfants ? Et si il répond... à batailler, répéter, argumenter, menacer jusqu'à exploser, il est concerné. Je m'adresse aussi bien aux parents, aux professionnels de l'éducation et aussi aux structures qui travaillent avec les enfants. J'exerce en cabinet ou en visio. Je suis sur le bassin d'Arcachon. Et pour la partie atelier, je me déplace également dans les structures. Donc, à savoir que pour un accompagnement sur une problématique, il faut prévoir environ six séances. Enfin, ça dépend. En fait, ça reste toujours défini ensemble lors de la première rencontre.
- Speaker #0
Et si une personne nous écoute là et hésite encore à te contacter, qu'aimerais-tu lui dire ?
- Speaker #1
Eh bien, alors déjà que j'offre une séance de découverte de 30 minutes pour faire le point avec le parent sur ses difficultés du moment, voir si et comment je peux l'accompagner. C'est bien sûr sans engagement. Et par la suite, ce que j'aime dire aussi aux parents qui seraient... pas encore tout à fait convaincu parce que c'est pas gratuit, qu'on n'a pas trop de budget pour ça, voilà. C'est qu'il peut s'agir d'un investissement dans le bonheur familial. Et que si tout le budget passe dans les vacances, mais qu'en fait, ces vacances on n'arrive pas bien à en profiter, bah c'est dommage. Donc, voilà. Au fond, quand la relation change à la maison, bah il faut savoir que c'est toute l'ambiance familiale qui peut se transformer.
- Speaker #0
Ouais, je suis totalement d'accord avec toi, Élodie. Donc là, on arrive à la fin de cet épisode. Mais là, si toutes les personnes qui nous écoutent devaient retenir une seule chose de cet échange, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Alors, n'ayez pas peur de demander de l'aide. N'attendez pas d'être à bout. Surtout, vous n'êtes pas obligés de subir vos enfants.
- Speaker #0
Merci Elodie. Merci infiniment pour cet échange. Ce que j'apprécie particulièrement dans Histoire d'entrepreneur, c'est cette possibilité d'aller au-delà de l'activité elle-même pour découvrir le parcours, les valeurs et les expériences qui ont façonné un projet professionnel. Et je trouve que ton histoire, Élodie, illustre parfaitement cela. Aujourd'hui, tu n'accompagnes pas seulement des parents à mieux gérer les conflits du quotidien, tu aides des familles à retrouver davantage d'apaisement, de communication et parfois même une nouvelle manière de se comprendre. Alors, si cet épisode a fait écho à ce que vous vivez, vous, cher auditeur, n'hésitez pas à contacter Elodie pour découvrir son accompagnement. Merci encore, Elodie, d'avoir inauguré cette première édition d'Histoire d'entrepreneurs.
- Speaker #1
Merci à toi, c'était un grand plaisir.
- Speaker #0
Et si cet échange vous a plu, partagez-le autour de vous. Peut-être connaissez-vous un parent, un proche ou une famille qui pourrait bénéficier de l'accompagnement d'Elodie. Après tout... Les plus belles découvertes se font souvent grâce à une recommandation. Et parfois, un simple partage peut être le point de départ d'un vrai changement pour quelqu'un. Et si vous êtes entrepreneur, indépendant ou porteur de projet, et que vous souhaitez vous aussi mettre en lumière votre activité à travers votre parcours, je serai ravie d'en discuter avec vous. A très bientôt pour une nouvelle histoire d'entrepreneur.