- Speaker #0
Hello Manon !
- Speaker #1
Salut Myriam !
- Speaker #0
Merci d'accepter de témoigner dans mon podcast Carnivy Pro.
- Speaker #1
Avec grand plaisir !
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter auprès de nos auditeurs et auditrices ?
- Speaker #1
Oui tout à fait ! Donc Manon, comme tu l'as dit, j'ai 33 ans et moi je suis plutôt issue, enfin même complètement issue du domaine des ressources humaines. Donc voilà, au fur et à mesure de mon parcours et de mes expériences, j'étais plutôt sur des postes de développement RH. pas vraiment de gestionnaire RH ou de l'administrative. J'aurais pu aussi aller sur du juridique au regard de mes études. Finalement, c'est un peu le jeu de la vie, des opportunités, où je suis plutôt restée dans ce domaine des RH. Et au fur et à mesure, je pense que j'ai toujours ma petite, comment dire, mon expérience personnelle avec le handicap, du coup, qui m'a toujours, j'ai toujours eu envie en fait. de travailler dans ce domaine-là sans trop savoir comment le raccrocher à mon cursus universitaire. Et la vie a fait que j'ai eu une opportunité qui s'est présentée un jour et j'ai pu combiner ressources humaines et handicap dans une entreprise dans laquelle j'ai su rester 4 ans. Et ça a été une expérience hyper enrichissante sur tous les plans.
- Speaker #0
Trop bien ! Justement pour parler du cursus, tu as fait une licence en ressources humaines, un master en particulier ?
- Speaker #1
Alors pas en ressources humaines, plutôt en droit, complètement en droit. J'ai fait une fac de droit, donc licence, master. Et arrivé en master, j'ai quand même commencé un petit peu à me questionner. Je pense que j'ai un peu tendance à foncer. Je me suis dit, je veux faire du droit, c'est comme ça. Je n'ai pas trop réfléchi, je ne me suis pas posé 36 000 questions. Et voilà, arrivé au bout, je me suis dit, est-ce que c'est vraiment ce que j'aime ? que j'ai réussi à récupérer. un cursus, sachant que le droit, c'est quand même très large, qui couvre le droit social et les ressources humaines. Donc, ça m'a permis de faire ce qu'on appelle un double master sur cette thématique. Donc, j'ai vraiment récupéré les RH. Mon dernier bout de cours, il faut dire.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a plu justement dans la RH et pas de se dire je continue vraiment dans le droit ?
- Speaker #1
Déjà parce que pour être honnête, je galérais un peu en cours.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je pense que c'était beaucoup de par cœur ou autre, je pense que c'était pas trop mon truc. Et je dis voyer un peu moins d'un point de vue concret en fait. Donc je pense qu'il y a des personnes pour lesquelles ça peut convenir, puis c'est le parcours de la magistrature ou autre qui sont assez spécifiques. Moi ça m'attirait, mais en même temps c'était tellement peu concret, puis on n'avait pas l'opportunité vraiment de faire de stage, d'alternance ou autre. Donc c'était difficile de se projeter. Là où pour moi les ressources humaines, alors je pense que beaucoup de personnes qui... dans les ressources humaines à ce stade, où un peu cette image de, ben voilà, on a cette partie quand même un peu juridique, faute de droit social, mais il y a ce contact aussi du coup avec l'humain, les salariés, les employés, donc on essaye de combiner les deux. Je pense que c'est ce petit truc qui m'a donné envie de récupérer ce cursus.
- Speaker #0
Ok, et du coup, donc tu as fini ton master en droit à ressources humaines.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Ta première expérience, tu commences par une structure en en particulier ?
- Speaker #1
Oui. Du coup, j'ai commencé par une collectivité. C'est la collectivité dans laquelle j'avais pu faire mon alternance. Parce que sur la dernière année, on avait quand même possibilité de faire de l'alternance. À un moment ou à un autre, il s'est senti que ça serait peut-être pas mal.
- Speaker #0
C'est copratique quand même.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Donc, j'étais dans une collectivité sur un poste. Alors, pendant mon alternance, j'étais vraiment focus RH, tout ce qui était gestion de compétences, etc. Et au final, je suis plutôt partie sur de la prévention. En fait, mon alternance s'était hyper bien passée. Il n'y avait pas de besoin spécifique sur le poste que j'occupais avant. Mais il y a un ancien collègue qui est parti et du coup, son poste s'est libéré. Alors moi, je n'avais pas les concours de la fonction publique, etc. Mais du coup, j'ai quand même pu commencer en CDD sur ce type de poste.
- Speaker #0
En vacataire, du coup ?
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Tout à fait. Donc c'était aussi très précaire parce que c'était que des petits CDD, etc. Mais pour moi, ça m'a permis de mettre un premier pied dans le bain et surtout une première expérience sur la santé au travail que pour le coup, je découvrais complètement.
- Speaker #0
Ok. Tu peux nous en dire un peu plus sur la santé au travail parce que je pense que c'est un sujet qui va intéresser aussi plein de gens qui nous écoutent. c'est hyper important et je pense que plus ça va plus ça l'est. Après c'est un sujet qui nous tient je pense toutes les deux aussi à coeur mais on expliquera comment on s'est rencontré avec Manon de toute façon est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
Alors la santé au travail c'est un terme assez large, on en a entre tous en effet parlé et l'idée c'est plus de se dire dans un service RH comment est-ce qu'on s'assure que les collaborateurs s'y retrouvent ? On parle aussi de La qualité de vie et de conditions de travail, ça va dans cette grosse thématique, mais est-ce que leur santé est bien respectée ? Est-ce que les postes sont bien adaptés à leur situation de santé et au-delà de la santé ? Donc là, on peut parler du physique, mais il y a aussi toute la partie mentale derrière. Donc moi, je n'étais pas spécifiquement sur ce type de poste au départ. Il y avait plutôt de l'aspect, on va dire aussi, prévention, sachant que je n'étais pas formée à ça non plus. Donc c'était assez particulier. Comme première expérience, je me suis retournée. là très à l'aise sur on va dire des bases parce qu'il y avait quand même des petits aspects RH avec de la formation mais en lien avec la santé et la prévention au travail donc tout ce qui va toucher au SST par exemple et ce genre de formation mais du coup tout un autre domaine que je ne maîtrisais absolument pas donc c'est pour ça qu'il y a un moment je me suis retrouvée face à certaines limites d'un point de vue personnel aussi. J'étais en train d'écraser le cul.
- Speaker #0
On va voir ce que ça donne.
- Speaker #1
Du coup, je me suis dit que c'était chouette, mais il me manque quand même un gros bout parce que la prévention, c'est un autre secteur que celui des ressources humaines. Il y a un pan qui peut se faire, mais là, ça devenait vraiment spécifique sur des métiers spécifiques, je pense à des mécaniciens, à tout ce qui touche aux agents des espaces d'air, etc. Donc aussi avec des conditions de travail, des normes, des lois, etc. que je ne maîtrisais pas. Donc soit il fallait reprendre un cursus, ou soit j'essayais de me refaire un petit focus sur les RH et ce sur quoi j'étais compétente et formée, sachant que j'étais tout juste, tout junior à ce moment-là. Donc il y avait aussi une question un peu de légitimité. Je ne me sentais pas forcément à ma place à ce moment-là.
- Speaker #0
Ok. Et tu as été accompagnée quand même au sein de la structure ? Pour une montée en compétences ?
- Speaker #1
Oui et non. C'est que c'était un besoin assez urgent. Donc, je pense que je suis arrivée dans un contexte justement d'urgence aussi, avec déjà un peu tout à refonder, tout à repenser. Donc là-dessus, moi, ça allait. Je suis assez à l'aise avec l'informatique, tout ce qui est outils, etc. Là, c'était un peu du one-shot avant. C'est ça. Du coup, sur cette partie-là, ça allait. Par contre, là où j'aurais eu besoin un petit peu plus d'accompagnement, ou autre, ne m'a pas forcément proposé de formation. J'avais une responsable qui était top à ce niveau-là, qui m'écoutait, qui était très disponible, qui essaie de m'aiguiller ou autre. Mais il y a un moment où ça restait un petit peu limité. Ce n'était pas son cœur de métier non plus. Je pense que moi, à ce moment-là aussi, je ne savais pas forcément exprimer et demander de l'aide. Je me disais, en fait, c'est moi qui devrais savoir. Je ne sais pas. je me sentais pas forcément à l'aise et je me suis dit je suis pas fait pour ça il faut que je parte.
- Speaker #0
Donc tu as fait le choix de partir à la fin du coup d'un contrat CDD ?
- Speaker #1
Voilà c'était un peu des CDD sans fin aussi alors il y avait une certaine précarité derrière ou financièrement c'était un petit peu plus complexe aussi. Je me suis dit bon là j'avais besoin de trouver, de retourner dans mon secteur de base pour m'être plus à l'aise sur mes premiers pas professionnel et quelque chose de plus stable aussi.
- Speaker #0
Et donc, après cette expérience-là, tu vas dans une autre structure ?
- Speaker #1
C'est ça. Alors, je démissionne brutalement. Ça, c'est un peu... Je suis comme ça, en fait. Moi, quand j'ai décidé que, j'y vais. Donc, j'ai démissionné sans rien avoir derrière. Je ne sais pas si j'ai beaucoup réfléchi à ce moment-là, mais j'ai senti que je pouvais y aller et que de toute façon, moi, j'atteignais certaines limites. Donc, je me suis dit, il vaut mieux s'arrêter dans ces moments-là, prendre le temps de se recentrer sur soi et de trouver autre chose. Et en fait, gros coup de chance, deux semaines après, il y a une offre qui est parue. C'était une offre de chargé de mission handicap à ce moment-là. J'ai postulé, j'ai été appelée deux jours après et je crois qu'une semaine après, en fait, j'étais prise et c'était parti pour un CDI, pour le coup. dans le domaine de l'agroalimentaire.
- Speaker #0
Ok, et donc là, vraiment plus focus handicap, le sujet aussi qui te tient à cœur ?
- Speaker #1
Tout à fait. Un poste de chargée de mission handicap, du coup, pareil, moi ça m'attirait beaucoup parce que d'un point de vue personnel, je connais très bien le handicap, ça m'attire. Sauf que du coup, dans la sphère professionnelle, en fait, je maîtrise sans trop maîtriser, c'est-à-dire que je sais parler du handicap, etc. Mais concrètement, sur un poste, comment est-ce que ça se concrétise ? Sachant que... maintenant on en entend quand même beaucoup plus parler des politiques inclusion, diversité à ce moment là c'était quand même assez rare du moins sur le bassin nantais je pense que sur la région parisienne ça commençait à arriver chez nous c'était quand même très rare c'était pas partie non plus des formations RH ou autre donc c'était bon j'y vais on verra bien ce que ça donne, ça a marché et là pour le coup j'ai eu la chance d'avoir une responsable qui m'a vraiment accompagnée et formée au métier donc c'était Merci. hyper confortable et on va dire je suis restée 4 ans et les deux premières années étaient hyper enrichissantes pour moi sur cet aspect là je me suis éclatée aussi.
- Speaker #0
Et tu disais justement que le handicap c'était quelque chose que tu connaissais quelque chose, enfin que tu connaissais à titre personnel, est-ce que tu veux en parler davantage ?
- Speaker #1
Il n'y a pas de soucis, je suis très à l'aise du coup pour en parler parce que je pense que ça fait partie de ma vie et de mes forces aussi et maintenant ça me sert vraiment sur la sphère professionnelle. Oui, c'est pour ça. Voilà. J'ai mon petit frère qui est autiste. C'est comme ça, ça fait partie de notre vie de famille, avec ses hauts et ses bas aussi. C'est vrai que quand on regarde tout le parcours, on se dit que c'est un sacré combat. Surtout à une époque, mon frère a 30 ans, donc à une époque où on ne parlait pas forcément de l'autisme quand il était plus jeune. Donc j'ai vraiment été... confrontés à ces soucis justement d'inclusion, pour le coup de rejet, de mise à l'écart et de se dire bah non ces personnes n'ont pas leur place dans notre monde à nous, c'est pas les mêmes codes etc. Là en fait moi je voyais très bien dans le domaine familial. En essayant de s'adapter un petit peu, d'être à l'écoute et de revoir un peu nos codes, nos modes de fonctionnement, bah finalement on trouvait très bonne solution. C'est particulier certes, mais on trouve des solutions. Et donc je Je pense que... Au fond de moi, j'avais un peu besoin de travailler là-dedans et de m'engager dans ce domaine. Et de se dire, je sais ce que c'est en fait et j'ai envie de prouver aussi qu'on peut y arriver. Alors moi, je connaissais l'autisme aussi. Par contre, j'ai aussi découvert tout ce qu'on met derrière ce terme de handicap et de handicap au travail. D'où l'importance de la formation et de la sensibilisation quand je suis arrivée dans ma structure.
- Speaker #0
et du coup tu as fait Quelle formation ? Tu as été accompagnée par ton manager.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais tu as suivi une formation en particulier ?
- Speaker #1
J'ai suivi une petite formation de référent handicap qui m'a apporté des bases, on va dire. Mais ce qui m'a vraiment le plus servi, c'est en effet le temps que je passais avec ma responsable parce que c'était vraiment des temps. C'était au moins deux, trois heures toutes les semaines où vraiment toutes mes tâches, on les faisait en binôme au début et elles m'apportaient toujours plein d'éléments ou autres. Donc, quand je parle de formation, en fait, c'est plutôt en interne, avec quand même cette petite formation de référent handicap supplémentaire pour me donner aussi le titre et la légitimité derrière, pour pouvoir agir et effectuer mes tâches sur le domaine.
- Speaker #0
Oui, c'est marrant que tu parles de légitimité, puisque les personnes que j'interview, c'est beaucoup de sujets-là qui reviennent aussi, mais la légitimité. Comment tu penses que... on devient aussi légitime sur son poste ?
- Speaker #1
Je pense qu'on... Je me dis que si on est amené à être recruté, si on postule, etc., on est de base légitime. C'est dans nos modes de fonctionnement. Alors, je ne sais pas non plus s'il y a quelque chose autour des hommes et des femmes là-dessus. Je ne sais pas du tout. Mais en tout cas, moi, je parle à titre vraiment personnel. J'ai l'impression que je dois tout le temps montrer. Et c'est qu'au bout d'un certain temps, quand je suis vraiment en maîtrise de tout... etc. que là je peux me dire je pense que je commence à être légitime c'est toujours en plus je pense que je commence je le suis, alors maintenant j'ai beaucoup évolué c'est complètement différent à mon approche mais en tout cas à ce moment là c'était ça et du coup je pense que c'est d'un côté positif quand même de penser comme ça dans le sens où on se dit que rien n'est jamais acquis et donc on se donne quand même les moyens on est peut-être plus à l'écoute etc. aussi là-dessus mais bon ça fait rien de se dévaloriser tout le temps
- Speaker #0
temps non plus si on est un c'est qu'on a des compétences et qu'est ce qu'on a vraiment dit qu'il est donc il ya pas besoin de trop se prendre la tête en fait mais clairement mais c'est important de je trouve d'en parler enfin c'est un sujet où voilà on parle beaucoup de légitimité comment enfin je pense que c'est à travers aussi l'expérience qui fait que vous dites bon ok je suis légitime ou là maintenant mais après est ce que quand on change de poste que là J'ai voulu aussi t'interviewer parce que je ne parle pas juste que des personnes qui changent de métier, qui font de reconversion totale ou qui se lancent en entrepreneuriat. J'ai aussi envie d'avoir des personnes au micro qui font aussi des évolutions de carrière ou qui changent de structure. Mais ça reste une transition parce que du coup, c'est de s'adapter aussi à une autre structure. Ça fait récemment que tu as changé de structure. Est-ce qu'avec cette transition-là, avec l'expérience que tu as eue dans le passé, aujourd'hui, tu te sens plus légitime maintenant ?
- Speaker #1
Je me sens plus légitime parce que j'ai fait un travail personnel qui me permet de me sentir plus légitime, qui est encore fragile, honnêtement. Et là, je m'en rends encore compte. C'est toujours une mise à l'épreuve pour moi. Ça fait partie de moi aussi. Mais je pense que je me sens quand même plus légitime parce que je sais vraiment de quoi je parle. J'ai une certaine expérience. Malgré tout, j'ai quand même changé de structure. J'ai changé un petit peu de métier. En fait, le cœur du métier est toujours le même. puisque ça tourne autour du handicap. Par contre, là, je suis clairement sur des fonctions commerciales, là où avant, j'étais sur des fonctions quand même RH. Là, je vais voir des clients, je suis complètement à l'externe, alors qu'avant, tout se faisait en interne, donc dans un, j'ai presque envie de dire un cocon, un cocon qui n'est pas toujours hyper confortable, mais je veux dire, c'était mes collègues, je les connaissais, ça ne changeait pas tout le temps. Donc, il y a quand même un peu, voilà, encore un travail à faire là-dessus, mais je me sens quand même beaucoup plus légitime par les expériences que j'ai vécues. Donc je t'ai dit que c'est très à l'aise pour en parler du coup et par le travail que j'ai fait moi-même et plutôt personnel derrière.
- Speaker #0
Ok. Et qu'est-ce qui a fait que tu as voulu changer et faire cette transition-là ? Parce qu'on sait à peu près qu'on reste 3-4 ans grand mec sur son poste. Paris c'est peut-être un peu même plus court aujourd'hui, j'en sais rien. Il faudrait avoir des statistiques là-dessus. Mais c'est à peu près la moyenne. Tu avais fait le tour de ton poste ?
- Speaker #1
Non, je pense pas que j'avais fait le tour de mon poste, mais il y avait des possibilités d'évolution où on était vraiment en pleine transition. Donc il y a plein de portes qui s'ouvraient. Il y a plein de choses qui se sont mêlées à ce moment-là. Je pense qu'à l'instant T, je m'étais pas dit « je veux partir, j'ai envie de voir autre chose ou pas » . Honnêtement, je me serais bien vue... Je pense que si, j'hésite encore un peu, mais je me serais bien vue rester quand même plusieurs années. Pourquoi pas ? Parce que c'était tellement large, il y avait tellement de possibilités, tellement de projets envisageables qu'on aurait pu. Sauf qu'en interne, je sentais que c'était compliqué. J'ai essayé plusieurs fois un peu d'aborder le sujet et je pense que c'était une très chouette organisation sur pas mal de points, mais il y a aussi des points négatifs. Et quand on parle de handicap, santé ou autre dans le monde de l'entreprise, parfois c'est un peu dur de trouver le juste milieu et d'embarquer notamment la direction. Et je pense qu'il n'y avait pas forcément d'ambition, clairement, d'aller sur de la santé au travail plus général que le handicap. Parce que le handicap, c'est qu'un pan de la santé, clairement. Et je sentais que c'était compliqué. Ça tournait un petit peu en rond. Donc, je me suis dit, ça commence à devenir... Je commence à avoir un peu flou dans mon avenir dans cette entreprise. Mais à voir. On commence tout juste le projet de réorganisation et tout ça. Il y a peut-être des choses qui vont s'ouvrir. C'est aussi une grosse boîte. Donc, on a un service de développement RH, etc. Donc, je me dis, non, on doit pouvoir réussir à trouver des ponts. Et en fait, je n'ai pas eu trop le temps de réfléchir puisque je ne sais pas pourquoi ni comment c'est arrivé, mais du jour au lendemain, mon cerveau s'est dit top. Donc, je me suis vraiment retrouvée au volant de ma voiture à me dire, mince, je ne sais plus comment je m'appelle. Je ne sais plus où je vais. Je ne sais plus conduire. Je ne sais plus rien faire. donc clairement un burn-out mais je n'ai rien vu venir rien vu arriver et je pense que ça a vraiment été ce moment de stop rupture quoi et tu n'avais pas de signaux qui ont montré que
- Speaker #0
là où je vais au travail est-ce que tu avais une boule au ventre ou est-ce qu'il y avait des...
- Speaker #1
en fait des signaux il y en avait 20 000 sauf que toi quand tu as des sujets de palier j'écoutais ok Merci. ou de pas les voir et que t'es un peu en mode robot en fait, clairement, parce que moi j'en étais arrivée à ce stade je pense, bah tu les vois pas. Donc si, moi j'ai été envahie par le psoriasis, je dormais plus, et puis au début c'est des petites difficultés à s'endormir, après c'est bon on se réveille dans la nuit, puis après si on fait des nuits d'une demi-heure, enfin moi arriver à la fin c'était vraiment ça, où toute la nuit tu cogites tout le temps, le matin. Alors moi j'avais pas forcément de boule au ventre pour autant, parce que Merci. J'étais quand même dans un environnement dans lequel j'étais bien, j'avais une équipe du top pour le coup. Niveau manade humaine, il y avait des hauts et des bas, on va dire, mais il y a un équilibre qui aurait pu se trouver quand même. Donc pas ce stress-là, c'est je pense du stress que je me mettais quand même à moi-même, vous parlez de légitimité, etc. Je pense qu'il y avait une certaine pression, et surtout le flou en fait, de ne pas savoir où j'allais. Et je pense que c'est tout ça, en fait, et tous ces signaux-là. Mais je me dis, je ne sais pas, je vais attendre de voir. Il y a bien des portes qui vont s'ouvrir. Et j'étais vraiment dans cette posture d'attente. Je pense que ça pète tout seul. Et les signaux arrivaient de plus en plus, en fait, jusqu'à ce moment où on a dit, tu ne veux pas écouter. On ne peut pas te laisser le choix, du coup.
- Speaker #0
Ton corps serait de quoi ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais c'est un sujet qui est aussi important. à aborder le burn out on entend quand même plus parler aujourd'hui parce qu'on arrive aussi à mettre le doigt dessus et aujourd'hui c'est aussi reconnu ce qui n'était pas le cas dans les années passées mais comment après un burn out comment on en récupère ou comment on fait face à ça ?
- Speaker #1
c'est un franchement c'est un petit parcours du combat parce que alors Moi, je parle pour moi parce que je pense que c'est une expérience qui est très personnelle aussi, pour le coup, et tout le monde ne le vit pas de la même manière et tout le monde ne s'en sort pas de la même manière. Moi, je trouve que je m'en sors vachement bien quand même parce que pourtant, je suis tombée très, très bas au point où je suis retournée vivre chez ma mère. Je ne savais plus cuisiner, je ne savais plus rien faire. J'étais incapable d'écouter, d'avoir une conversation, je ne trouvais plus mes mots. encore aujourd'hui du coup des fois j'ai des petits moments de bug la mémoire voilà qui a été quand même un peu petit peu impacté. Donc, dans un premier temps, il faut accepter et ça,
- Speaker #0
je pense que c'est le plus compliqué.
- Speaker #1
Vraiment. Moi, j'ai dû mettre, je pense, bien trois semaines. Je me souviens, j'envoyais des messages au travail, je les appelais pour leur dire non, non, mais je suis juste hyper fatiguée, mais je vais revenir, ne vous inquiétez pas, etc. Jusqu'à ce qu'à un moment, c'est ma binôme qui m'a dit écoute, Manon, là, je pense qu'il faut arrêter, tu ne vas pas revenir tout de suite, tu as besoin de temps et puis pour nous aussi, du coup, c'est compliqué de se dire que tu reviens. les deux semaines et en fait à chaque fois c'est repoussé en termes d'organisation. Je pense que ça a été ce moment là qui a été la deuxième claque après la voiture, où je n'avais plus rien à faire et donc là gros moment de vide, pas même, où là alors moi j'ai été suivie psychologiquement et je pense que de toute façon c'est vraiment la base et par une psychologue, thérapeute, ça peut être des psychiatres ou autre, moi j'ai trouvé en tout cas la personne qui me convenait et je pense qu'il faut pas hésiter aussi à en voir. plusieurs, pour trouver la personne. Ce n'est pas qu'il y a des bons ou des moins bons, mais je pense que c'est pareil, c'est une étape très personnelle.
- Speaker #0
Et puis c'est une question de feeling aussi.
- Speaker #1
Tout à fait. Donc de réussir à trouver le bon professionnel pour s'accompagner, le médecin évidemment à côté, d'accepter les traitements aussi, parce que moi, c'était jamais de la vie. Je me prendrais des anxiolytiques, je n'ai pas besoin de ça, je vais m'en sortir toute seule, je suis forte en fait. C'était ce truc de dire non, non, non. Et à la fin, je me dis, en fait, là le problème, c'est que je ne récupère pas du tout, je ne dors toujours pas, etc. Donc, je pense que c'est vraiment au bout d'un mois que j'ai commencé à me dire « Ok, j'accepte, je vais prendre le médicament et j'accepte de laisser le temps faire les choses, de dormir même à 14h si j'ai envie de dormir et aussi de ne voir personne et de ne répondre à personne. » Alors, sans donner le petit devis du jour au lendemain, mais en disant « Écoutez, ça ne va pas. » Et du coup, j'ai besoin d'un temps de pause.
- Speaker #0
D'être dans ta bulle ou quoi ?
- Speaker #1
C'est ça. Tout à fait. Et ça aussi, c'est difficile. Parce que les gens, en face, ne comprennent pas forcément. Même, je vois, moi, là, j'étais chez ma mère, qui est quand même ma mère, donc je suis très, très proche. Et même pour elle, parfois, c'était un petit peu déroutant, parce qu'en soi, physiquement, moi, j'avais quand même plein de... Ça résiste, donc bon, ça se voit un petit peu. Mais mis à part ça, du coup, je suis là, je marche, je respire.
- Speaker #0
Oui, ben oui.
- Speaker #1
Je veux dire, voilà, en soi, c'était pas visible. Par contre, du coup, dans l'esprit, il y a absolument... personne. Et donc, c'est d'accepter que tu as ta fille qui reste toute la journée sur le canapé, qui n'arrive pas à parler, qui regarde dans le vide, etc. Et juste de se dire que ça fait partie du processus. On va marcher, on va s'aérer l'esprit ou autre. Là, en fait, il n'y a clairement aucune énergie. C'est-à-dire que tu peux sortir et t'effondrer d'un coup tellement tu es dans un état d'épuisement, que ce soit mental et physique aussi derrière. Donc, c'est l'acceptation de lâcher prise et l'acceptation du regard des autres aussi. Certains peuvent se dire « C'est bon, ça fait quand même un mois que tu es en arrêt. » Moi, je n'ai pas eu ce genre de discours, mais je sais que certains peuvent l'avoir. « Ça fait déjà un mois que tu es en arrêt, il va peut-être falloir penser à revenir, etc. » « Tu fais quoi de tes journées ? » Ce genre de choses où ça peut être compliqué.
- Speaker #0
Je pense que les gens qui soit n'ont pas vécu un burn-out, ou soit dans leur entourage n'ont pas vécu un burn-out pour savoir comment ça se passe, ne peuvent pas, enfin, soit ne comprennent pas, soit ne peuvent pas comprendre, ou n'ont pas envie de comprendre. Et je trouve ça trop bien que tu puisses en parler en toute transparence, parce que peut-être qu'il y a des gens qui nous écoutent qui se disent « bah oui, je me suis retrouvée dans cette situation-là et... » et en fait de peut-être qu'ils te culpabilisaient ou qu'ils te culpabilisent et en fait juste de se dire prenez le temps, lâchez prise et il faut du temps petit à petit quoi.
- Speaker #1
Et là tu parles de culpabilité, bah je pense qu'en fait j'avais un peu c'est des sensations qui reviennent du coffre, en fait d'en reparler, et pourtant ça fait deux ans mais c'est vraiment ça en fait, enfin moi j'avais ce ressenti, je culpabilisais et surtout je me disais bah moi dans mon poste alors J'ai fait un burn-out. Il y a eu certes le travail, mais je pense que c'est beaucoup plus large que le travail. Pour le coup, il y a tous nos parcours de vie aussi, personnel, qui a, je pense, eu un impact sur cette situation. Et je me disais, ma binôme, on fait exactement le même poste, on a exactement la même responsable, on est pareil. Pourquoi elle, elle tient, et pas moi ? Et du coup, je me dis, en fait, je suis hyper faible. Je ne tiens pas la charge, je ne suis pas faite pour être dans ce travail, et tu culpabilises forcément aussi derrière. Donc c'est aussi des émotions qu'il faut réussir à accepter, et puis réussir à s'en défaire progressivement. Et ça, ça prend un temps de dingue, du coup.
- Speaker #0
Et du coup, c'est là où il faut se faire aussi accompagner,
- Speaker #1
c'est-à-dire que ce n'est pas soi, quoi, en fait. Ben non. Tout seul, je ne sais pas comment on peut s'en sortir, honnêtement. On va peut-être avoir l'impression que ça revient. Moi, j'ai eu des moments comme ça où je me disais « Ah, ce matin, ça va. Franchement, je suis bien. J'ai la patate. Je vais aller me balader. Et puis, franchement, la semaine prochaine, c'est bon, c'est reparti. Je retourne à Nantes, je vais reprendre le travail, etc. » Et en fait, il y a un moment, tu ne sais pas pourquoi, ça rechute à un niveau assez impressionnant et là, tu es au fond du trou et à te demander ce que tu fais là parce que tu viens... En tout cas, personnellement, je l'ai quand même remis en pause. toute mon existence, mon mode de vie, aucun avenir, etc. Donc, ça va quand même très loin. Il y a un peu une similitude avec la dépression, en fait. Ce n'est pas de la dépression, je ne sais pas trop, je ne suis pas assez expert sur cette thématique pour en parler, mais en tout cas, il y a vraiment ce moment un peu de... Voilà, tu es hyper bien, tout est parfait, et puis d'un coup, bam, la grosse rechute. Et ça, c'est difficile à comprendre, et pour l'entourage, et pour toi aussi, du coup, tu te dis, est-ce que je vais finir ? par voir le bout un peu parce que ça dure normalement quand tu as commencé à aller bien, ça va. Et puis en fait, non, c'est un peu sans fin. C'est une sensation de boucle sans fin.
- Speaker #0
Et là, du coup, tu t'es dit que c'est bon, le burnout était terminé. Tu as senti que c'était terminé. Il y a une émotion, il y a quelque chose dans ton corps qui a fait que tu t'es dit bon là, c'est bon, c'est OK.
- Speaker #1
Au bout de plusieurs mois, Déjà, je retrouvais le sommeil. C'était la base. Sans retrouver le sommeil, et le médecin, pour le coup, là, tu m'avais dit, c'est hors de question d'envisager une reprise ou quoi que ce soit. Donc, la base, c'est de dormir. Parce que déjà, il faut avoir plus d'idées.
- Speaker #0
Besoin primaire.
- Speaker #1
C'est la base 2. Donc, à partir du moment où j'ai réussi à retrouver le sommeil, à retrouver une petite vie sociale, c'était difficile. Encore pour moi, de voir du monde. Mais j'avais des manifestations physiques. Ça me faisait un petit peu trembler. Je ne savais pas trop où m'être. Parce qu'il fallait aussi parler. Moi, je n'avais rien à dire, clairement, du coup, puisque je n'avais plus aucune vie. Donc, c'est reprendre une vie normale, tout bêtement, aller faire ses courses sans être angoissée, parce qu'il y a du monde autour, et puis avoir plusieurs choses à penser, tout simplement. Donc, ça s'est fait quand même très progressivement. Et c'est une fois que j'ai réussi à me dire, OK, j'ai une vie normale. Je peux voir du monde, faire mes courses, manger, faire du sport aussi. C'est quelque chose qui est très important pour moi. Donc, une fois que j'ai réussi à retrouver toute cette hygiène de vie, je me suis dit, bon, maintenant, on va pouvoir passer à la deuxième étape, le travail. Je me suis posé énormément de questions. Je me suis dit, est-ce que je retourne dans cette entreprise ou pas ? Est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est dangereux ? Je ne savais pas trop, mais je ne sais pas. Au fond de moi, je sentais qu'il fallait que j'y retourne au moins pour me dire, j'ai des choses encore à faire. Voilà, et j'ai pas... Fini. Je ne sais pas où ça va me mener, mais je veux tenter. Et pour le coup, j'ai eu un très bon accompagnement avec mes collègues, qui sont clairement des amis, et ma responsable, pour le coup, qui avait très bien respecté mon besoin de ne pas avoir de contact pendant un certain temps. Et progressivement, on a réinstauré un contact, ce qui fait que je n'étais jamais totalement perdue, sauf au début où j'étais vraiment plus mal. Donc en fait, tous les mois, on avait un appel. qui était très simple, elle ne me parlait pas du travail d'ailleurs, on parlait un peu de tout, comment ça allait, etc. Elle me demandait un petit peu comment je me projetais, donc je lui disais, clairement, aucune projection. Et elle l'acceptait. Et quand j'ai senti que ça allait, on en a parlé. Et du coup, elle m'a proposé déjà d'aller déjeuner, en fait, juste avec elle et ma bino. Donc ça a été le départ de tout.
- Speaker #0
Je me suis dit,
- Speaker #1
ok, j'y vais, je vois ce que ça donne. On a réussi à parler un peu de tout, et puis après, on a commencé à reparler un petit peu du travail. C'était l'idée. Donc ça m'a remis dedans et je me suis dit, bon, je pense que je suis prête, je reconnecte et j'ai repris à temps partiel thérapeutique pendant l'été. Ça, c'était vraiment mon jury.
- Speaker #0
Mon médecin voulait que je reprenne un petit peu plus tard, en me disant qu'il y a peut-être encore besoin de stabiliser certaines choses. Et je lui disais, plus tard, ça veut dire septembre, octobre. Dans l'entrée, ouais. Là, je vais être complètement en panique totale. Il va y avoir trop de choses à gérer. Puis tout le monde qui est aussi un peu speed à ce moment-là, alors qu'au mois d'août, franchement, c'est plutôt assez cool, entre guillemets. Et donc, j'ai repris la température thérapeutique progressive. Donc au début, je suis revenue à 50%, puis 60%, etc. On a fait ça pendant un mois. Et j'ai été hyper bien accompagnée, c'était progressif, je n'ai pas tout de suite eu toutes mes tâches à gérer, etc. Donc, je pense que j'ai une reprise qui s'est hyper bien passée, donc très bien accompagnée, etc. Donc, ça a amené mieux, on va dire. Courant septembre, je suis repartie en vacances après, en disant, voilà, je l'ai fait, je pars en vacances, je reviens, et ça repart. Et donc, c'est reparti pendant sept mois, à peu près. Mais c'est reparti comme avant. donc voilà alors moi j'avais quand même beaucoup appris c'est ça et à la prise de recul quoi et là il y a un moment je me suis dit finalement tous les anciens mécanismes reviennent je ne me retrouve pas dans la structure j'ai toujours ce flou qui revient sur qu'est-ce que je vais devenir demain est-ce que j'aime vraiment ce que je fais est-ce que je n'aime pas là je me suis dit non il y a un truc qui ne va pas j'ai un voilà la partie entretien c'était l'entretien annuel Merci. qui s'est pas forcément bien passée non plus, j'ai très très mal vécu.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et je pense que c'est à partir de ce moment que j'ai dit c'est terminé. Mais j'étais contente d'avoir fait, retenté voilà, et aussi d'avoir remis un pied dans le monde professionnel parce que bah c'est pas simple quand même après un burn out, on se remet pas comme ça du jour au lendemain, donc j'avais besoin de revenir dans un environnement que je connaissais pour me retester aussi, reprendre les réflexes etc. Bah même de faire une journée complète de travail et tout. pour après me dire, là, il va falloir que je me pose les bonnes questions.
- Speaker #1
Et justement, tu as un conseil aux personnes qui, malheureusement, ont fait un burn-out et qui reprennent dans le monde professionnel ?
- Speaker #0
C'est dur de donner un conseil spécifique, parce que c'est tellement... Ça dépend de chacun. Oui, ça dépend de chacun. Moi, personnellement, j'ai eu besoin de retourner dans la structure dans laquelle j'étais parce que ça se passait bien. Si je veux dire, c'est pas... Alors... tout n'était pas parfait, mais c'était pas de la faute de telle ou telle personne. C'est, je pense, moi aussi qui avais du mal à accepter peut-être certaines choses et tout s'est mélangé. Voilà, donc j'ai pu revenir. Évidemment, une personne qui a subi tellement de pression, de harcèlement ou autre, je pense qu'il faut éviter. Mais bon, il y a une question de bon sens aussi, je pense, dans ça. Après, le conseil, en tout cas, que je pourrais donner, c'est de surtout ne pas retomber dans ces vieux travers et essayer de toujours réussir à s'écouter. alors c'est facile à dire mais vraiment tous ces petits tous ces petits signes souvent quand on revient on a plein de bonne volonté c'est qu'on m'avait conseillé de voilà de faire un peu un feu vert orange rouge avec vert tout ça ok c'est des signaux c'est le bon environnement etc orange comme je ne savais pas m'écouter orange ballage commence à ressentir ça je commence à avoir un peu du mal à dormir je commence à cogiter quand je suis devant mon miroir c'est mon grand truc Et là, je commençais à me dire « Ah là là, ça ne va pas trop là-dessus » , etc. Et je repartais dans des trucs sans même m'en rendre compte. Donc voilà, tous ces petits points-là, c'était orange, c'est que ça n'allait pas. Et puis le rouge, c'est qu'on commençait à mal dormir, etc. Donc d'essayer d'avoir un peu des repères visuels, écrits aussi sur nous, nos limites, en fait. C'est sur le domaine dans lequel on est bien. Là où ça commence un petit peu à dériver, on ne peut pas repartir dans les mêmes dérives. Parce que c'est aussi le risque souvent reprend après ma thérapeute m'avait dit bah quand on sort d'un bord d'un autre on a toujours une épée de damoclès au dessus de la tête bon un autre donc il faut quand même être très très prudent et très vigilant du coup face à tous tous ces signaux là parce que bah ça peut repartir mais ça
- Speaker #1
peut être plus grave aussi mais du coup d'autant plus l'un d'intérêt de travailler sur soi en fait ouais ah bah c'est la base parce que vraiment tout le monde
- Speaker #0
ne fait pas des burn-out. Quand je parlais tout à l'heure de ma binôme et moi, où on était exactement dans le même environnement professionnel, tout allait bien. Alors, ce n'était pas parfait, mais elle arrivait à... Elle fermait la porte du bureau, c'était sa vie perso qui la menait, et voilà, on oubliait tout. Moi, je n'y arrivais pas du tout. Donc, en effet, c'est vraiment la base de travailler sur soi, sur son rapport au travail aussi, son rapport au stress, et puis l'écoute de soi, tout simplement. On parlait tout à l'heure de légitimité aussi, du coup, tout est lié.
- Speaker #1
Ben oui.
- Speaker #0
Je pense que j'avais aucune confiance en moi, etc. Donc je suis très vite aussi soumise à du stress. Mais c'est moi-même, en fait, qui me le met, moi, pour le coup. Alors, il pouvait y avoir une certaine pression, mais je pense que je m'en rajoutais une bonne couche pour dire « Il faut que je montre que je peux y arriver, etc. » Là où on ne fait pas forcément que ça de moi. Et puis ça se faisait aussi tout naturellement. Donc oui, c'est vraiment la base, je pense.
- Speaker #1
Mais voilà, je pense que c'est important que les gens aient comme peut-être cet outil que tu parles, où le vert, orange, rouge, ça peut être facilement mis en place, et ça permet davantage de se connaître. Moi, je sais que dans les coachings, on vient travailler aussi sur nos croyances, nos limites et tout ça. Ça amène au questionnement et prise de recul et prise de conscience aussi. Mais je pense que tous ces petits exercices... peuvent aider à avoir des signaux et de mieux se connaître. Et justement éviter de refaire un burn-out parce que l'objectif n'est pas d'en refaire un.
- Speaker #0
Ah non !
- Speaker #1
Et de pouvoir prendre soin de soi quoi.
- Speaker #0
Ouais, carrément et de savoir poser ses limites aussi.
- Speaker #1
Ouais, bah c'est trop important. Est-ce que du coup le fait là que tu aies changé de poste, où il y a toujours du coup la sphère femme handicap qui te tire à cœur, est-ce que ça... Ce changement-là t'a impacté toi dans ta vie pro, financièrement parlant aussi, personnelle. Comment t'as abordé cette transition ? Parce que c'en est quand même une.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, comment tu t'es sentie ? Comment tu t'es prise ?
- Speaker #0
C'était très bouleversant. C'est-à-dire que j'ai eu ce moment de « je veux partir » à la concrétisation, du coup. Donc moi, à partir du moment où j'ai décidé que je voulais partir, comme tout le monde, on a commencé à regarder les offres, etc. Et du coup, coup de chance encore une fois. Par contre, c'est comme ma première expérience, et avant d'arriver dans cette structure, j'ai une offre qui est tombée, qui m'a beaucoup, beaucoup parlé. J'ai postulé, ça s'est fait très vite aussi. J'ai été prise. Mais du coup, là, il y a eu beaucoup de questionnements avant que j'aille. Il s'est passé pas mal de temps. Et beaucoup de craintes, parce que c'était un vrai changement de métier quand même. Je vous disais, j'étais dans les ressources humaines. Là, je vous disais, comme si je te voyais. Les gens qui nous écoutent. J'ai remarqué dans le truc. Mais là, je suis plus sur un poste avec des fonctions commerciales, donc un changement de cœur de métier. Mais par contre, je savais que je pouvais y arriver. L'entretien s'est hyper bien passé. J'ai travaillé aussi un peu aux valeurs. Je me suis assurée, bon, ça... C'est toujours dur de l'anticiper avant d'arriver. Mais je savais que là, je suis dans une associative, pour le coup. Donc, une association que je connais dans la sphère privée. Je savais un petit peu là où j'allais en termes d'environnement et que ça correspondait beaucoup plus à mes valeurs. Petit coup de stress quand même, c'est que j'étais dans le privé, une grosse boîte avec beaucoup d'alimentation. Et là, je suis partie dans une asso. Donc, autant en termes de salaire, je m'y retrouve. C'est exactement la même chose. Je me suis posé des questions comme vous me posez du coup, j'avoue. Par contre, j'ai perdu tout l'aspect avantages, traduire, moi, intéressement, participation, tout ça, tout ça.
- Speaker #1
Surtout que tu es privée, quoi.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Et du coup, forcément, ça pose question. Moi, ça m'a fait très peur avant. Je me suis dit, qu'est-ce que tu fais là ? Tu as quand même pas mal d'avantages. Tu as envie d'acheter. Voilà, c'est quand même mieux d'avoir tous ces avantages financiers. Là, je les envoie un peu en l'air, quand même, qu'est-ce que tu fais ? Sauf que bon, au fond de moi, je savais qu'il fallait que je parte et que j'en avais besoin et que ce poste-là m'attirait. Je me suis dit, franchement, il faut que je m'y retrouve, il faut que je puisse m'épanouir. Donc, j'y vais. Et l'argent ne fait pas tout. Puisque, en effet, aujourd'hui, je vis très bien, franchement. Je mange très bien, je peux toujours partir en vacances, il n'y a pas de souci. C'est juste, forcément, des projections un petit peu différentes. Il faut faire plus attention, mais en soi, ça se fait très bien. et surtout, je me suis tellement retrouvée dans ma vie. privé. Mes collègues, la dernière fois que j'étais vue, enfin mes anciens collègues, m'ont dit c'est fou comme t'es transformée physiquement même pote tout à l'heure, alors nous on se connaît. Bah du coup oui,
- Speaker #1
avec Manon on se connaît parce qu'on a travaillé ensemble, on a même structure, on est toutes les deux fans du sarrasin, enfin bref, on a plein de points communs. Mais oui c'est vrai que mais t'as pas choisi.
- Speaker #0
Ouais c'est ça, c'est les traits, je suis hyper zen, en fait je suis heureuse. et c'est vraiment la première fois où je me sens heureuse, on se dit tout le temps, bon il y a plein de moments de bonheur etc, mais là c'est sur tout le temps, je suis tout le temps heureuse avec des moments de doute forcément, tout n'est pas parfait dans ma nouvelle structure, des fois je retrouve aussi des choses qui par le passé, des situations un peu similaires je me serais mise dans des états pas possibles, j'aurais cogité, j'aurais pas accepté maintenant je prends plus du tout les choses de la même manière et je me dis c'est comme ça, on va trouver des solutions et on en trouve parce qu'à être reposer est plus apaisé et aussi plus confiant. Ça marche aussi forcément mieux dans l'environnement.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'il y a aussi une question de structure, le fait que tu es dans une structure associative et dans le passé tu étais dans une structure privée ? Est-ce que tu penses que ça joue aussi ou pas tout le temps ?
- Speaker #0
Je ne pense pas tant que ça, honnêtement. Je pense que c'est plutôt lié aux personnes. Moi, là, oui, je m'y retrouve plutôt. Il y a des choses que, par exemple dans une nation, forcément c'est beaucoup moins structuré par exemple que dans le privé, et moi je suis quand même assez carré de l'éthérique où on sait bien quand c'est droit, etc. Donc voilà, là je me retrouve un petit peu moins. Par contre... Je suis dans une asso qui plus est dans le domaine de l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Donc je pense que ce sont malgré tout des personnes qui partagent les mêmes valeurs que moi et le même sens de l'humain, ce qui n'est pas forcément le cas. Et je ne critique pas du tout, mais de grosses structures du privé, on va plutôt être là pour faire du chiffre, chiffre et du chiffre, et où l'humain n'est pas forcément placé au cœur de tout alors que là dans mon affaire en tout cas c'est le cas donc Je pense que ça peut jouer aussi, mais là, c'est vraiment lié à l'environnement et à cette structure spécifique. Je vous dis, il y a des assos dans lesquels ça peut être tout aussi catastrophique. Sur la sphère humaine, tout dépend de la manège. Donc, on prend des pincettes en disant ça.
- Speaker #1
Oui, tu as raison. Il y a une personne que j'ai interviewée, on parlait justement du management. Je disais que des fois sur les postes de manager, c'est un peu la tendance de dire on fait évoluer quelqu'un, ça fait plusieurs années qu'elle est sur ce poste-là, ok go management. Mais tout le monde n'est pas bon ou n'est pas bonne à être manager. Et donc il faut prendre beaucoup de pincettes et il faut faire attention en fait. Parce que ça peut mettre des personnes après en situation compliquée. Donc comme tu disais, ça dépend avec qui tu travailles. Ça fait kiffer de fou. Oui, clairement. Est-ce que tu as une anecdote, toi, dans ton parcours, qui t'a marquée et qui fait que tu en es là aujourd'hui ?
- Speaker #0
Waouh ! Une anecdote. Je pense qu'il y en a deux. Je ne sais pas si c'est des termes d'anecdotes à proprement parler. Je pense que c'est plus des événements. Je parlais tout à l'heure de mon petit frère. Donc clairement, c'est grâce à lui. Je pense que, alors pas qu'à lui, mais à sa situation aussi, que j'en suis là aujourd'hui. Et je suis très heureuse, malgré toute la complexité que ça a été. Mais s'il n'avait pas été en situation de handicap, je n'aurais pas été sensibilisée, je n'aurais pas eu envie d'agir. pour cette thématique qui me tient vraiment à cœur. Donc, j'en suis plutôt contente. Et l'autre, ce n'est pas forcément des anecdotes, mais je pense que c'est un burn-out aussi, du coup, qui a été vraiment un vrai tremplin.
- Speaker #1
Tu le vis comme ça.
- Speaker #0
Je le vis très bien. Vous avez vu la manière dont je parle, etc. Je suis très à l'aise. J'en parle avec le sourire aussi. Pardon. C'est très traumatisant comme expérience. Mais en effet, ça m'a permis de me rebooster et de me prendre une grosse claque pour me dire « Là, tu fonces droit dans le mur. Tu ne t'écoutes pas. Tu ne poses pas tes projets. Tu ne sais pas vraiment ce que tu veux, ce que tu recherches. Top ! Ça ne marche pas comme ça dans la vie. Donc, repose-toi. Recentre-toi sur toi et travaille sur toi. Et du coup, les portes vont s'ouvrir petit à petit. » Et ça a été le cas. exactement alors là je pense que tu pourrais dire même que ça a été un déclic ouais je pense que j'étais il fallait que ça m'arrive presque sinon j'aurais continué à avancer à avancer toujours border un peu ça va pas trop mais je tiens coup donc ça
- Speaker #1
va le faire mais c'est je trouve ça trop chouette d'avoir ce retour là parce que ça donne aussi ce côté aussi très positif que que c'est pas parce qu'on avait fait un burnout que ça ça va aller mal après et qu'au final c'est parfois du bon pour du meilleur derrière quoi.
- Speaker #0
Ouais c'est vraiment ça, c'est de... alors c'est pareil toujours avec beaucoup de pincettes parce que pour d'autres personnes ça peut être beaucoup plus complexe et c'est pas facile, mais moi je l'ai vraiment vécu comme j'ai touché le fond mais alors un niveau puissance de 10 000 pour ensuite beaucoup mieux rebondir et tout réapprendre et me reconstruire en fait et vraiment être moi. Aujourd'hui, je suis vraiment moi, Manon, là où avant je pensais que je marchais, c'était un peu flou, etc. Je faisais un petit peu en fonction des personnes que je croisais, je m'adaptais, un peu caméléon. Mais jamais moi, Manon. Ça m'a permis d'aller jusque là.
- Speaker #1
Trop bien. Est-ce que tu as des ressources ou des outils ou même des formations liées plutôt au handicap qui peuvent intéresser les personnes qui nous écoutent ? Il y a plein de sujets où on peut trouver, mais est-ce que toi tu as des éléments que tu pourrais transmettre ?
- Speaker #0
Alors, en termes de support, par exemple, de formation ou autre, c'est difficile parce qu'en fait, c'est un sujet sur lequel on n'a pas forcément de formation. Alors moi, j'ai vraiment mon regard, pour le coup, RH là-dessus. Après, il y a tous les métiers du médico-social, etc. Donc là, on ne parle pas forcément de là. Puis moi, je les découvre à l'heure d'aujourd'hui aussi. Mais plus globalement, du coup, c'est peut-être plus tout ce qui va toucher aussi de l'AGFIP. Il y a pas mal de... de petites formations, toutes les formations de référents handicap etc. Mais il n'y a pas vraiment, en tout cas moi je n'ai pas eu de formation vraiment spécifique là-dessus. En fait ça s'est construit au fil de l'eau parce que c'est une thématique qui, du moins on en parle dans le milieu professionnel depuis pas si longtemps que ça. Oui, ok.
- Speaker #1
Donc plutôt à AGFIP ? Ouais. Est-ce que la MDPH aussi ?
- Speaker #0
La MDPH, je ne suis pas sûre que si on a envie de se renseigner en fait comme ça, soit pas concerné on peut trouver donc ça a été la mdph c'est la maison départementale des personnes en situation de handicap elle va plutôt accompagner les personnes qui sont concernés du coup ok voilà alors démarche de reconnaissance leurs droits et c'était après moins sensibiliser comme ça donc là j'ai fait peut plus le faire et puis ensuite tout simplement il ya quantité de ressources internet il ya plein de petites vidéos ou autres en fonction des thématiques aussi on parle beaucoup du handicap invisible par exemple donc à plein de choses qui est qui existe et qu'on peut retrouver.
- Speaker #1
Et est-ce que toi, du coup, en tant qu'ancienne RH handicap, mais là, quand même où tu gardes la sphère handicap, est-ce que pour les structures qui veulent davantage mettre en avant, monter quelque chose sur l'inclusion et sur le handicap, est-ce que tu as des conseils à donner ?
- Speaker #0
Ben là, c'est... toute une grosse démarche. Il ne faut pas se dire, on se lance là-dessus, on fait quelques sensibles sur le handicap et puis on ne se pose pas trop de questions. Donc, c'est une vraie démarche qui demande d'embarquer aussi beaucoup de monde en interne, c'est-à-dire tout le monde,
- Speaker #1
en fait.
- Speaker #0
Notamment la direction, parce qu'il y a aussi beaucoup d'impacts qui sont positifs, clairement sur du long terme. Et pour le coup, là, j'en ai vraiment vu, moi, de mes propres yeux, dans mon ancienne structure, notamment. Ça prend beaucoup. Il faut vraiment prendre ce temps d'analyse, d'analyse des pratiques sur quels sont nos objectifs aussi, est-ce qu'on veut aller plutôt sur du recrutement ou est-ce que déjà en interne on a pas mal de trucs à faire pour s'assurer que notre environnement déjà répond aux besoins des collaborateurs parce que on parlait de handicap invisible mais tout ce qui est même maladie chronique, des personnes qui ont des cancers, des sclérose en plaques, etc. Il y en a beaucoup, même des TMS, des troubles musculosquelétiques, sur les postes administratifs, autres. En fait, en interne, on a souvent beaucoup, beaucoup de personnes qui sont concernées qui n'en parlent pas. Donc, c'est déjà de regarder chez nous en interne ce qu'on peut faire. Et tout ça prend du temps aussi pour accompagner aussi ces personnes-là. Et puis, être en capacité d'accepter de revoir nos méthodologies de travail. On ne peut pas forcément adapter à tous.
- Speaker #1
Et les personnes qui savent qu'elles ont un handicap, mais qui n'osent pas forcément en parler en entreprise, est-ce que tu as un conseil peut-être à leur donner ?
- Speaker #0
Oui, je pense qu'il faut de toute façon ne pas le cacher ou ne pas le garder pour soi. Parce qu'au final, sur du long terme, ça ne pourra pas leur servir. Ça ne pourra qu'aller à leur défaveur là où il y a plein de choses qui peuvent être mises en place. Alors, c'est toujours délicat parce que tout dépend de la structure dans laquelle on est. mais je me dis que... Globalement, on a quand même des acteurs qui sont à minima en capacité d'écouter. Donc la première étape, si on n'est pas à l'aise en interne, c'est d'en parler peut-être au médecin du travail, ou même tout simplement à son médecin, son médecin traitant, ou si on est suivi aussi par des psychologues ou autres, d'assistantes sociales, etc. En tout cas, ne pas hésiter à en parler avec des personnes de confiance et qui peuvent orienter là-dessus, parce qu'il y a souvent des choses à faire, des fois on a besoin d'être soutenu aussi. et on a il y a quand même toujours les services ressources humaines, parfois il y a des référents handicap, les élus aussi. Alors c'est pareil, toujours cette notion de confiance et voilà de ne pas embarquer tout le monde non plus, toujours un juste milieu. Donc moi spontanément je dirais de ne pas hésiter à en parler à son manager, à son service RH et mais ensuite à chacun de savoir vers qui va se sentir le plus en confiance pour le faire. Mais je pense que c'est crucial d'en parler.
- Speaker #1
Moi, je partage ton avis là-dessus. Tu vois, même les accompagnements que je peux avoir avec les personnes qui viennent me le voir. Je fais aussi des accompagnements sur les techniques de recherche d'emploi. Et une des questions qui revient souvent, c'est est-ce que je mets que j'ai une RQTH ou pas ?
- Speaker #0
La grande question à laquelle il n'y a tellement pas de réponse.
- Speaker #1
Déjà, ça appartient à chacun. Aujourd'hui, les entreprises ont aussi des obligations. Moi, j'aurais plutôt tendance à le dire parce que... enfin le notifier et après que ça soit abordé un entretien dans le sens ok vous avez peut-être besoin d'une date d'adaptation pardon de poste et si oui du coup comment ça se déroule et en fait que ce soit un non sujet quoi totalement bon alors moi je peux que ben oui moi spontanément je dirais à tous évidemment qu'il faut le mensonge parce
- Speaker #0
que alors Peut-être pas. Ça dépend vraiment de comment on vit aussi la chose, etc. Il y a plusieurs cas de figure, plusieurs stratégies. Mais ça peut être de se dire, moi, j'ai des besoins, donc autant que je vais mettre tout de suite sur mon CV, comme ça, l'entreprise en face le sait. Et pour l'entreprise, ça sera plus facile d'aborder la thématique aussi et de préparer en amont. son entretien, parce qu'on a quand même des fonctions RH qui sont de plus en plus sensibilisées, et qui abordent quand même le sujet avec bienveillance, pour ne pas avoir tout négatif. Pour moi, c'est la très grande majorité. Par contre, c'est juste qu'il y a de la maladresse ou des quiproquos, de la peur, en fait. Mais au final...
- Speaker #1
Oui, ou une méga-connaissance. Tout à fait.
- Speaker #0
Mais je pense que quand même, il y a vraiment envie d'agir. Donc voilà, il y a aussi des structures. Alors là, c'est un peu moins humain, mais bon, ça fait partie des stratégies. Il y a des obligations, les entreprises doivent respecter un taux d'emploi. donc bah c'est pour ça pour certaines, ça peut presque les arranger aussi. Donc, ce sera presque en faveur des personnes. Après, il y aura toujours la question des compétences, évidemment. C'est ça qui passe en plus. C'est la base. Mais voilà, après, je peux aussi comprendre que certaines personnes n'aient pas envie de le mettre parce qu'elles se disent, en fait, moi, ça fait partie de moi, c'est comme ça et je ne vois pas pourquoi je dois le mentionner. Par contre, la limite, c'est qu'il faudra quand même... Sauf si... Elle postule sur un poste pour lequel il n'y a pas de problématique, etc. Oui,
- Speaker #1
il n'y a pas besoin d'ajouter un poste.
- Speaker #0
Par contre, s'il y a des besoins spécifiques, c'est quand même mieux de le mentionner à un moment dans l'entretien pour que tout soit fait en termes d'intégration.
- Speaker #1
Pour une meilleure intégration. Complètement. Oh chouette ! On a beaucoup parlé du handicap, du burn-out, et je pense que ce sont des sujets qui sont hyper importants dans notre société. Je trouve que sur le handicap, c'est un non-sujet et je trouve qu'il faut en parler de manière totalement ouverte. Merci pour ton témoignage Manon.
- Speaker #0
Plaisir.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une dernière question ? Quelqu'un qui souhaiterait en tout cas se lancer dans une transition, quelle qu'elle soit, que ce soit une évolution de poste, un changement de poste, ou carrément un 360 et je change complet et je me lance dans l'entrepreneuriat, quelle action tu conseillerais pour amorcer en tout cas une transition ?
- Speaker #0
Je me dis qu'à partir du moment où de toute façon la petite question se pose, c'est qu'il faut y aller. Il ne faut pas avoir peur. dans un premier temps, et après se faire accompagner. Je pense que c'est vraiment la base. Alors, sauf si c'est un petit changement. Moi, par exemple, je n'ai pas eu besoin de me faire accompagner sur la partie professionnelle, parce qu'il y avait quand même pas mal de similitudes, ça s'est bien fait. Mais je me suis quand même posé la question à un moment, et je pense que c'est la base de tout. Alors après, vers qui ? Ça dépend un peu du poste, de ce vers quoi on veut se rendre. j'attendais la petite tête attends vas-y je mets le sonnet je comprends vas-y on reprend maintenant mais oui je pense qu'il faut se faire accompagner c'est vraiment la base du coup même des fois on va penser à certaines choses mais on va pas avoir le spectre global de tout ce qui peut exister donc juste avoir une personne qui pourrait nous poser juste la petite question qui nous fait dire ah ouais j'avais pas penser à ça ou autre et qui peut ouvrir beaucoup plus de portes derrière. Et aussi pour recadrer si besoin, parce que c'est des moments où on voit très large, on peut partir un peu dans tous les sens. Donc d'avoir une petite voix, un petit conseil pour recentrer aussi, ça peut être hyper bénéfique.
- Speaker #1
Parfait. J'espère en tout cas que cet épisode aura plu à nos auditeurs et auditrices. En tout cas, je n'ai pas de doute là-dessus. Merci encore à toi pour tout. toute ta transparence sur ton témoignage. Et puis, merci.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Merci à toi pour ton écoute.
- Speaker #1
À bientôt.