- #Marine
Hello Léa !
- #Léa
Salut Marine !
- #Marine
Merci d'accepter de venir témoigner sur mon podcast.
- #Léa
Avec grand plaisir, merci à toi de m'y inviter.
- #Marine
Est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît ?
- #Léa
Je peux faire ça. Je m'appelle Léa donc, j'ai 30 ans malheureusement, je viens d'avoir 30 ans, et je suis infirmière. Je dis je suis mais ça peut être controversé parce que j'étais, je suis, on... On y reviendra sans doute, j'imagine. Mais je viens d'un peu partout. J'ai grandi un peu à droite à gauche. Et puis, j'ai finalement atterri en Bretagne. Fils de la Bretagne, yes. Et puis, tout est parti un peu de là. Et dans ma vie pro, j'ai commencé après le lycée directement à faire une école d'infirmière. Donc, je suis allée sur Nantes, qui est la Bretagne ou pas, ça, ça dépend de chacun.
- #Marine
Ça, c'est un autre débat.
- #Léa
Je ne rentrerai pas dans ce débat. Mais je suis allée sur Nantes faire mes études, trois ans d'études du coup à l'école d'infirmière. Pourquoi infirmière ? En vrai, je n'ai pas trop d'explications quand on me pose cette question. C'est vrai que c'est un peu… Pourtant, c'est quand même un métier assez particulier. On s'investit pas mal et tout.
- #Marine
Il y a du don de soi dans le sens où tu… t'occupes du nom.
- #Léa
Ouais, complètement. Mais je sais pas. Je pense que c'est aussi un peu conseil de mes parents qui me voyaient être assez quelqu'un d'empathique et tout ça, qui aiment prendre soin des autres. Ils m'ont dit « Mais pourquoi tu fais pas infirmière ? » Moi, je trouvais ça difficile de savoir ce qu'on veut faire à 15-16 ans. Du coup, j'ai dit « Bah, pourquoi pas ? » Et puis après, ça s'est fait comme ça.
- #Marine
Du coup, tu passes le concours.
- #Léa
C'est ça, en fait, il y a un concours à passer. Mais maintenant, ça a changé, en fait. À l'époque, 2015, moi, je suis rentrée à l'école d'infirmière, donc ça fait 11 ans. Aïe, aïe, aïe ! Ça fait mal. Mais à l'époque, oui, effectivement, il y avait un concours. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, c'est simplement sur dossier, je crois. Donc, ce que je trouve un peu dommage pour ce genre de métier où les notes, ça ne reflète pas. Est-ce que tu vas être un bon professionnel qui prend soin des autres ou pas ? Après un concours non plus, tu me diras. Mais le concours, je trouvais ça assez...
- #Marine
Parce que tu avais l'écrit et l'oral, tu devais quand même montrer ton motivation pour ton projet.
- #Léa
Exactement, ouais. Tout ce qui était écrit, ça n'a pas trop de sens. Tu avais quoi ? Des tests psychotechniques, je ne sais plus trop quoi. C'était pour s'assurer que tu avais un minimum de réflexion, etc. Mais après, tu avais tout le côté oral, effectivement, qui était intéressant parce que tu passais devant des professionnels infirmiers, etc. Et en fait, c'est là où tu disais, pourquoi je veux faire ça ? Qu'est-ce qui montre que je suis une bonne personne pour faire ça ? C'est ça, comme tu disais, les motivations. Et puis, tout ce qui est important pour ce métier, maintenant, il n'y a plus ce côté-là. Donc voilà, après, on ne peut pas juger ça, on s'en fiche un peu. Mais à l'époque, oui, c'est ça. Concours, et concours que tu peux faire que dans une région, en fait. Enfin, pas dans une région, je me suis mal exprimée, mais un concours. Par région.
- #Marine
Ok.
- #Léa
Donc, moi, j'avais passé le concours de Vannes parce que mes parents habitaient de ce côté-là. Enfin, moi et mes parents, on habitait de ce côté-là. Et après, je voulais me laisser d'autres chances aussi. Donc, j'avais passé Nantes, Paris, etc. J'avais été reçue à Paris, à Nantes. Et en Bretagne, j'étais sur l'île d'attente à Vannes. Et finalement, ma place à Vannes, c'est jouer à une personne sur l'île d'attente. Ok. La personne d'avant moi est rentrée à l'école et moi, non. Donc, c'était un peu dur. Mais finalement, je suis arrivée à Nantes. Et après, ça s'est très bien passé. Au début, je ne connaissais personne. Mais j'ai fait des rencontres à l'école, etc. Et puis, voilà. Et 11 ans plus tard, je suis toujours là.
- #Marine
Toujours à Nantes.
- #Léa
Oui. Et ça s'est bien passé.
- #Marine
Et du coup, tu disais « je suis » , « j'étais infirmière » .
- #Léa
Oui.
- #Marine
Vas-y, du coup.
- #Léa
Oui parce qu'en fait quand je parle de ce que je fais aujourd'hui on n'associe pas trop ça au métier d'infirmière mais pour moi ce que je fais aujourd'hui c'est un peu dans la continuité de mon métier même si c'est assez différent quand même de ce que j'ai pu faire mais ce qui est cool avec ce métier là c'est que justement je trouve qu'il est possible dans plein de domaines différents en fait c'est tellement large comme métier Quand on dit infirmière, on pense souvent aux infirmières dans les services hospitaliers, lambda, etc. Et il y en a beaucoup. Mais il y a tellement d'autres façons d'être infirmière que c'est super large. Et même moi, ce que je fais maintenant, au début, je ne savais même pas que ça existait. Et ce que je fais maintenant, du coup, c'est qu'après avoir passé... peut-être 7 ans je dirais, 7 ans en tant qu'infirmière plus ou moins classique, j'ai envie de dire, où j'ai fait pas mal de choses. J'ai fait de l'intérim dans des services hospitaliers, j'ai fait du domicile, j'ai fait plein de choses différentes en tant qu'infirmière.
- #Marine
Tu avais une préférence dans le domicile, l'hospitalier ?
- #Léa
Non, c'est pour ça que je faisais plein de choses différentes, c'est parce que moi, et puis je me lasse rapidement aussi, c'est ça mon problème. problème, je sais pas si c'est un problème, mais j'aimais bien faire plein de choses différentes, voir des personnes différentes, être dans des milieux différents, etc. J'avais pas vraiment de préférence. Et un jour, de par toutes ces expériences-là, je suis tombée un peu par hasard sur une personne qui m'appelle et qui me dit j'ai besoin d'une personne pour accompagner un séjour adapté. Donc moi, je savais même pas trop ce que c'était, tu vois. Je me dis ok. ok, un séjour adapté. Et en gros, lui, il était éducateur spécialisé. Donc, lui, il était plus dans le social. Mais social, médical, c'est très lié, forcément. Et en fait, il m'a proposé ça. Donc, j'ai découvert un peu sur le tas. Et effectivement, il s'agissait d'accompagner des personnes en situation de handicap en vacances, tout simplement. Des personnes qui vivent en structure habituellement. qui sont très très dépendantes et qui partent en vacances. Et donc voilà, je me suis dit quoi de plus kiffant que d'accompagner des personnes en vacances. Trop bien. Et donc du coup, j'ai bossé avec cette personne-là, Yossi s'appelle, pendant un an et demi à peu près. Faire ça plus ou moins ponctuellement et faire d'autres missions d'infirmière à côté. Mais j'appréciais vraiment ce... Euh... Ce boulot-là que j'avais avec lui, ça sortait vraiment du truc de ce dont je te parlais, justement, la structure service hospitalier que moi, je n'ai jamais trop aimé. Et là, on était vraiment dans le cadre vacances, fun, cool.
- #Marine
Et du coup, vous partiez à chaque fois, tous les deux, dans ces jours-là, avec les personnes que vous... en situation de handicap, pardon ?
- #Léa
Alors non, parce qu'en fait... Lui, il avait créé sa boîte Yossi depuis vraiment un moment. Donc, il partait plus en séjour. Il était vraiment responsable de son agence, en fait, de voyage. On peut appeler ça comme ça. Et il avait des employés. Donc, moi, je partais avec d'autres de ses employés qui étaient tous, de toute façon, on était tous du milieu médico-social. Tu vois, il n'y avait pas d'autres infirmiers, mais il y avait des aides-soignants, des aides-soignantes. Il y avait des éducateurs spécialisés, des moniteurs éducateurs et tout ça. Et on partait à deux, deux accompagnateurs, et on accompagnait plusieurs personnes en situation de handicap. Un peu partout. Alors moi, à l'époque, j'avais pas... J'ai pas eu l'occasion d'aller à l'étranger et tout ça avec lui, mais il organisait des voyages à l'autre bout du monde. Il organisait des trucs en Afrique du Sud, au Canada, tout ce que tu veux. Ah,
- #Marine
waouh ! Ouais,
- #Léa
ouais, c'était vraiment top. Et voilà, à force de faire ça, c'est une conversation avec un... Avec un collègue justement qui était aide-soignant, on était en séjour ensemble. Et un soir, on faisait comme une petite réunion pour débriefer un peu de la journée, même si on n'était que deux. Et là, on commence à parler un petit peu de choses et d'autres. Et il me dit que lui, il avait pensé peut-être à monter justement son agence de séjour adapté, mais qu'il ne le faisait pas parce que là, il avait une autre opportunité professionnelle. Mais du coup, cette conversation, ça a vraiment été pour moi un peu le déclic de genre « et pourquoi moi je ne le ferais pas du coup ? » Le truc qui ne m'avait jamais vraiment traversé l'esprit avant, parce que je ne sais même pas pourquoi, parce que je pense qu'on est conditionné un peu à être salarié et à répondre à une certaine forme de hiérarchie. Et là, je me suis dit « bah pourquoi ? » en fait, qu'est-ce qui m'empêche de faire ça ? Et c'est parti de cette conversation.
- #Marine
Ok, donc c'est cette conversation-là qui fait le déclic.
- #Léa
Vraiment.
- #Marine
Du coup, qui aujourd'hui, t'as permis de créer Hemera. C'est ça,
- #Léa
Hemera, exactement. Ben oui, c'est ça. En fait, entre cette première conversation, vraiment, c'est la première fois que j'ai eu l'idée de créer ma structure, et le moment où je crée ma structure, il y a moins d'un an. Moins d'un an. Entre temps, au tout début, j'ai commencé à en parler autour de moi, à mes proches. de prendre la température, de voir ce qu'ils en pensaient, parce que c'était important pour moi. Et j'ai eu que des super retours, en fait. J'ai eu vraiment que des super retours, genre, vas-y, fonce, c'est une bonne idée. Et donc forcément, avec ça, j'avais envie de le faire. Mais j'avais surtout envie de faire les choses bien, de ne pas me précipiter, parce que c'est vraiment un monde, la création d'une entreprise et tout ça, l'indépendance, que je ne connais pas du tout.
- #Marine
Oui, tu n'as pas de personnes de ta famille ou de ton entourage qui sont...
- #Léa
Écoute, si pour le coup récemment, ma mère a monté sa propre entreprise aussi. C'est ça. Mais elle l'avait fait d'ailleurs avant moi. De mère en fille. Faut croire, faut croire. Mais si, mais c'est vrai que ce n'est pas forcément un sujet, toutes les démarches et tout. Enfin, je m'intéresse à son activité, évidemment. Mais tout le côté un petit peu derrière qu'on ne voit pas, la démarche de la création de se former etc je n'étais pas trop intéressée jusque là en fait le côté un peu planqué de l'iceberg de l'entrepreneuriat mais du coup j'ai commencé à lui poser plein de questions forcément à partir du moment où moi je pensais à ça mais je ne m'y connaissais pas beaucoup plus pour autant je me sentais vraiment hyper débutante là dessus Ce qui fait que j'ai voulu me former, donc j'ai essayé de chercher une formation la plus adaptée, vraiment pour les niveaux très débutants là-dessus. Et donc j'ai atterri à une formation que tu connais bien, je crois.
- #Marine
Puisqu'on a fait la même.
- #Léa
Exactement, puisque c'était un autre lieu de rencontre.
- #Marine
Oui, exactement.
- #Léa
C'était une formation de la Chambre des métiers de l'artisanat, du coup. formation qui a duré six semaines si je ne me trompe pas.
- #Marine
Parcours entrepreneur.
- #Léa
Parcours entrepreneur, exactement. Et voilà, qui a été le point de départ un petit peu des connaissances que j'ai pu acquérir. Il y en a beaucoup à acquérir, je pense, même tout au long du projet et du parcours d'entrepreneur. Mais cette formation, ça a été un bon départ. Et puis après... Après, j'ai essayé de prendre des infos où je pouvais aussi. Après, je me suis entourée. C'est vrai que le parcours entrepreneur, je le recommande. S'il y a des personnes qui veulent se lancer, je pense qu'il faut absolument se former dans tous les cas.
- #Marine
Se faire accompagner.
- #Léa
C'est ça, se faire accompagner d'une façon ou d'une autre pour n'importe quel projet perso ou pro même. Mais ne pas foncer tête baissée parce que moi, j'aurais tendance à faire ça. une fois que j'ai mis dans... peut-être j'aurais tendance à vouloir faire vite et voilà que tout se fasse vite mais finalement prendre le temps de faire les choses c'est beaucoup plus, pour avoir après un avenir un peu plus serein et partir sur des bases saines, je pense que c'est important d'être bien accompagnée. Et dans ce parcours-là je trouve que c'était plutôt le cas. Ça l'est toujours d'ailleurs parce qu'on est toujours suivi après. Donc c'est ça qui est chouette. Et puis voilà, après j'ai dû me renseigner aussi sur les spécificités du métier que j'allais faire, parce qu'évidemment il y a tout le côté accompagnement sur place, des séjours, etc. que moi je maîtrisais plus ou moins, parce que ça relevait ce côté-là plus de mon côté d'infirmière que je connaissais.
- #Marine
Et puis tu l'avais déjà fait dans le passé du coup ?
- #Léa
Et je l'avais déjà fait, exactement. Mais toute l'autre partie, c'était vraiment un job à multi casquettes. On est comptable, on est dans la com, on est dans le marketing, on est commercial. C'est un truc de fou. Mais c'est ça que je trouve trop bien dans le fait de lancer sa boîte, d'être son propre patron, c'est que tu as tous les rôles. Alors, tu as un peu de la pression qui va avec aussi, forcément. Mais on ne peut pas... On ne peut pas avoir que des inconvénients et que des avantages, que ce soit et dans le salariat et dans l'entreprenariat. Mais moi, c'est ce que je voulais, je pense. J'avais inconsciemment toujours voulu de l'indépendance dans mon travail. Je m'en suis rendue compte à ce moment-là.
- #Marine
Et du coup, là, aujourd'hui, c'est toi qui fais les propositions de séjour ?
- #Léa
Oui.
- #Marine
Et comment tu t'y prends ? Imaginons, il y a quelqu'un qui... qui a envie de créer ça, alors pas forcément peut-être sur Nantes, mais peut-être ailleurs, et qui se pose plein de questions, que ce soit sur le statut qu'il faut prendre, parce que du coup, je pense aussi des règles bien à respecter. Du coup, sur l'accueil de séjour, je suppose qu'il faut que ce soit des endroits où... où ça peut être adapté du coup aux personnes en situation de handicap ? Est-ce que c'est toutes personnes en situation de handicap ?
- #Léa
Oui, alors moi oui en tout cas, je propose des séjours à des personnes qui ont tout type de handicap, sans restriction. Après effectivement, ça peut ne pas être le cas, ça dépend. Il y a plein d'agences qui ont des spécificités, que ce soit pour les handicaps moteurs, cognitifs, etc. Mais moi, je ne fais pas de restrictions parce que je ne vois pas l'intérêt d'en faire. Je suis apte à accompagner tout type de personnes, pas de souci là-dessus. Mais effectivement, c'est quand même un métier qui est assez particulier et assez réglementé aussi quand même. Parce qu'effectivement, on accompagne des personnes et des personnes vulnérables. Donc forcément, heureusement que c'est un minimum réglementé. Sinon, il y aurait un peu de dérive. Mais effectivement, il y a des agréments à obtenir quand tu crées une structure. Après, la forme juridique de la structure dépend de ce que tu veux faire. Tu peux commencer en tant que micro-entreprise si tu veux, c'est une possibilité. Tu n'as pas besoin d'être une société, mais ça dépend de ce que tu proposes. C'est tellement large. Ça peut être simplement de l'accompagnement, ça peut être vraiment la création de séjour avec toute l'organisation et donc la vente de forfaits. En fait, il y a tellement de cases et ce boulot-là rentre pas trop dans les cases. Donc du coup, c'est vraiment adaptable à ce que tu veux faire. Et le statut, c'est pareil, comme je te disais, tu peux faire de la micro. Je connais des personnes qui font simplement de l'accompagnement qui sont pas dans la création de séjour. C'est-à-dire qu'il y a une personne qui est OK, qui peut organiser son séjour et l'organiser ses vacances, mais il a juste besoin de toi pour être sur place, pour l'aider dans les gestes de la vie quotidienne. Dans ce cas-là, tu peux créer une micro-entreprise et faire de l'accompagnement, etc. Mais moi, ce que je fais, c'est un peu différent.
- #Marine
C'est tout, toi, tu fais tout.
- #Léa
C'est tout, oui, c'est tout. On peut dire ça comme ça.
- #Marine
Tu fais la création de séjour et tu vas au séjour avec les personnes.
- #Léa
C'est ça. De A à Z, en fait, c'est ça. Moi, les personnes que j'accompagne, elles ne sont pas dans la capacité de réserver leur logement, de prévoir leurs activités. Elles n'ont pas les capacités. Donc, du coup, c'est moi qui leur fais des propositions. Donc, effectivement, mon boulot, ça va passer de réserver des logements, comme tu disais, qui sont forcément adaptés, accessibles. Donc ça, moi, c'est mon rôle de m'assurer que c'est le cas. Mon rôle, ça va être de trouver des activités en fonction des besoins et des envies des personnes que j'accompagne. Il faut qu'elles soient accessibles aussi, effectivement. Enfin, il y a plein de...
- #Marine
Tu personnalises, du coup.
- #Léa
Bien sûr, ouais. Moi, c'est vraiment ce que je voulais faire aussi en créant mon agence. C'était pas de faire un truc générique style colonie de vacances où il y a des activités et on est 15 et on fait tous les mêmes activités. Même si j'ai rien contre ça, mais ce que je voulais proposer, c'est vraiment quelque chose de très personnalisé, ouais. que vraiment la personne se sente que c'est ses vacances en fait, et qu'on fait les trucs qu'elle, elle a envie, parce que c'est ses vacances, et que souvent c'est des personnes qui, comme je te le disais, vivent dans des structures un peu où il y a une routine qui s'installe forcément, ou qui peut être assez monotone j'ai envie de dire parfois, et du coup leur semaine de vacances c'est vraiment la liberté pour eux. Et donc, du coup, l'idée, c'est vraiment de faire tout ce qu'ils veulent au maximum, au maximum des possibilités, évidemment. Mais ça, encore une fois, c'est mon rôle de faire en sorte que tout soit possible, en fait. C'est vraiment un truc qui me tient à cœur. De ne pas voir les choses en mode « ça, ça va être compliqué » , mais de me dire « ok, tu veux faire ça, écoute, on va faire tout ce qu'on peut pour le faire » . C'est vraiment ce que j'essaie de mettre en place chez Hemera, ma structure. Mais après, comme on disait, il y a des structures qui sont très différentes. Chacun met ses priorités à différents endroits. Mais moi, ce que je voulais vraiment, c'était personnaliser l'expérience des gens.
- #Marine
Ok. Et du coup, les structures, où sont les personnes en situation de handicap ? Est-ce que tu as des noms déjà, un peu de structures ?
- #Léa
Oui, en fait, la plupart, alors moi, avec qui je vais travailler, ça va être des masses. Des masses, c'est des maisons d'accueil spécialisées. Donc, c'est des lieux de vie, en fait, où les personnes vivent. La plupart du temps, ce sont des personnes qui ont eu des accidents de la vie, en fait, qui font qu'elles ont besoin à partir d'un moment de leur vie d'avoir vraiment des... Que ce soit des soins ou du moins un accompagnement très poussé qui fait que ces personnes ne peuvent plus vivre seules, qu'elles ont besoin d'aides diverses et variées en fonction de chacun. Mais oui, ce sont des lieux de vie pour personnes très dépendantes, on peut dire. Principalement, ça va être ce genre de structure avec lequel je travaille. Ça va impliquer effectivement que le... C'est pour ça que le séjour ne peut pas être... autrement que personnalisées avec ces personnes-là parce qu'elles vont notamment avoir besoin de matériel médical aussi, souvent. Tout ce qui va être, tu vois, délit médicalisé, etc. Donc, qu'on se fait livrer dans les logements. Et principalement, ça va être ça. Après, tu as tout ce qui est foyer d'accueil médicalisé. C'est un petit peu différent. C'est un petit peu moins médicalisé pour les personnes un petit peu plus autonomes. Et puis après aussi ça m'arrive de faire partir des personnes en séjour qui vivent à domicile, qui ont une maison, un appartement où ils vivent, seuls ou pas, ou avec des personnes aidantes, et qui ont beaucoup d'aide à domicile, etc. Mais ça arrive aussi qu'il y ait des personnes qui soient chez eux tout simplement, et que j'accompagne en séjour.
- #Marine
et du coup C'est les proches aidants, par exemple, les personnes qui sont là à domicile, qui vont prendre contact avec toi et dire, là, on aimerait bien faire partir Pierre pour un séjour sur un week-end en Bretagne.
- #Léa
Évidemment.
- #Marine
Comment ça se passe ? Est-ce que tu leur fais des deux, trois propositions ? Comment ça se passe en termes de financement aussi, derrière ?
- #Léa
Écoute, oui, c'est... Alors, comme tu disais, les proches aidants, c'est exactement ça en fait. Pour les personnes qui sont à domicile, elles vont être souvent accompagnées par des proches, leurs parents, leurs frères, leurs sœurs, etc., de la famille ou des amis. Et souvent, la demande va venir d'eux. Si la personne concernée ne peut pas forcément exprimer ses besoins et ses envies, ça va venir effectivement de leurs proches. Quand ce sont des personnes qui vivent en structure et ils n'ont pas forcément leurs proches qui sont très présents, Mais dans ce cas-là, ça va venir des professionnels de la structure, les professionnels type éducateurs spécialisés, assistants sociaux, etc., qui s'occupent des personnes en structure et qui suivent leur projet de vie, etc., et qui vont faire cette proposition-là à la personne. Encore une fois, dans la limite des prises d'initiatives et des capacités de cette personne. et qui vont venir vers moi effectivement. Donc ça se passe comme ça, effectivement, le premier contact, ça vient rarement des personnes en elles-mêmes, car elles ont rarement la capacité d'exprimer cette envie-là. Et après, effectivement, s'enclenche tout un processus de discussion, tout simplement, où moi je discute avec les proches, les professionnels, la personne elle-même, si c'est possible évidemment. sur son projet, sur ses envies tout simplement, sur une destination, sur des activités, sur tout ce qu'elle aimerait faire de ses vacances tout simplement. Et à partir de tout ça, son budget évidemment, à partir de tout ça, moi effectivement, je crée un séjour personnalisé que je vais lui proposer. Et après, si jamais... Au cours de la discussion, en fait, des choses changent, des choses évoluent. Eh bien, on adapte. On adapte. Le maître mot, c'est un peu l'adaptabilité, que ce soit à ce niveau-là ou après sur place aussi. Avec des personnes en situation de handicap, on n'a pas tellement le choix. De toute façon, il faut être adaptable. Il faut savoir s'adapter. Et du coup, ça débouche sur des propositions. Et tu me parlais du financement. Effectivement, c'est une question assez importante parce que ce sont des séjours qui ont un prix conséquent. Clairement, ce n'est pas une semaine que toi, tu vas pouvoir... payer je ne sais où. Pour ces personnes-là, le prix est beaucoup plus important parce qu'il y a toute la logistique qui va derrière.
- #Marine
Il y a des soins que tu pratiques aussi. C'est tout le package derrière. Mais la question du budget, c'est est-ce qu'en France, on peut avoir aussi des aides pour les personnes qui sont en situation de handicap ? Je me dis qu'il y a peut-être des personnes qui nous écoutent, qui ont des gens dans leur famille, qui se disent que ce serait bien Merci. qu'on lui prépare peut-être pour son anniversaire, un séjour, et du coup, de faire appel à toi, à ton entreprise Hemera, et savoir comment je peux financer ce séjour-là, concrètement, comment ça se passe.
- #Léa
Oui, bien sûr. Il y a des aides qui existent en France, effectivement. Évidemment, c'est conditionné par pas mal de petites choses. Mais effectivement, il y a pas mal de d'aides privées ou publiques. Ça dépend des situations.
- #Marine
Ok.
- #Léa
Je peux parler de l'aide principale en fait auxquelles mes vacanciers font appel, c'est via la MDPH. Donc la MDPH c'est la maison départementale des personnes handicapées. En fait la MDPH ça va être vraiment l'interlocuteur principal des personnes en situation de handicap pour leurs aides au quotidien en fait, parce que la plupart ont des aides au quotidien, que ce soit aide humaine, aide logistique, aide financière. Toutes ces personnes-là elles sont en contact avec la MDPH pour avoir ce genre d'aide. et la MDPH peut effectivement rentrer en compte pour des aides de type, ils appellent ça des aides exceptionnelles, pour partir en vacances. Donc la plupart effectivement des personnes qui possèdent, ça devient un peu technique, mais la prestation de compensation du handicap, qui est une aide octroyée par la MDPH, toutes ces personnes qui possèdent cette aide-là, donc comme je le disais, ça peut être une aide humaine, financière. logistiques, il y a plusieurs types d'aides, peuvent prétendre à cette aide exceptionnelle avec un montant qui est calculé en fonction de la situation de la personne mais qui peut être octroyé pour ce genre de séjour. Il y a juste à envoyer un devis que je fournis à la MDPH et après il y a un calcul qui se fait. Tout le séjour ne peut pas être pris en charge, mais parfois une bonne partie du séjour peut l'être. Donc effectivement, c'est très intéressant et c'est quelque chose dont je parle effectivement aux personnes qui me demandent des séjours, parce que c'est clairement un point très important, le budget, forcément, dans tout type de vacances, pour tout type de personnes, mais encore plus pour ces personnes qui n'ont pas forcément des revenus hyper importants, mais qui pourtant ont des besoins importants, qui amènent des coûts importants.
- #Marine
Et justement, toi, dans l'organisation de tes séjours, comment tu te déplaces ? Est-ce que tu le fais en train, en avion, en voiture ?
- #Léa
En voiture ? Écoute, moi, le format que j'ai choisi, c'est d'accompagner deux personnes au maximum.
- #Marine
En même temps ?
- #Léa
En même temps. Ça peut être une seule personne, mais ça peut être deux personnes au maximum. Je voulais vraiment rester dans ce cadre très... Limite familiale, j'ai envie de dire, en termes de groupe. Parce que, comme je disais, la personnalisation, l'adaptabilité, tout ça, pour moi, ça ne peut pas se faire à partir du moment où tu as un grand groupe. Ça devient vraiment compliqué. Et puis aussi, il y a le fait que j'ouvre les séjours à toute personne et tout type de handicap. Ce qui fait que j'ai souvent des personnes qui ont des handicaps très lourds, on en a parlé. Et pour ça, ça requiert une personne en accompagnement dédiée. Il faut vraiment qu'il y ait une personne accompagnante pour une personne, un vacancier, une vacancière. C'est comme ça que j'appelle mes... Dans les structures, on les appelle les résidents, on les appelle les patients. Moi, c'est mes vacances. Et ce qui fait que les déplacements en voiture sont possibles parce que j'ai un véhicule qui est adapté. J'ai un véhicule qui peut transporter deux personnes en fauteuil roulant, ou pas en fauteuil roulant d'ailleurs. Mais voilà, les déplacements sont en voiture. Jusqu'ici, je propose...
- #Marine
Il faut savoir que ma Hemera n'a même pas un an, c'est une toute jeune société. Donc pour l'instant je ne propose pas de séjour à l'étranger. C'est une volonté de ma part en fait, parce que d'une part il y a plein de choses à faire en France déjà, et que les personnes que j'accompagne n'ont pas forcément besoin ni envie d'aller à l'autre bout du monde. Ils ont juste besoin parfois d'aller à une heure de chez eux pour être dépaysés. Et puis aussi parce que j'avais vraiment envie d'avoir de l'expérience avant de proposer des séjours à l'étranger avec des législations étrangères qui sont forcément plus complexes et qui demandent plus d'organisation. Donc je voulais être un petit peu aguerrie avant de proposer ça. Mais en tout cas, je le proposerai dans tous les cas. Je ne sais pas encore à long terme, à moyen terme. mais je proposerais des séjours en Europe et dans le monde après. Mais pour l'instant, je voulais me concentrer vraiment en France, ce qui fait que la voiture, c'est parfait. On peut aller partout.
- #Léa
Ok. C'est un van, du coup.
- #Marine
Oui, c'est ça. C'est un van. On peut dire que c'est un van.
- #Léa
Parfait. Pour revenir un peu à ta transition, du coup, tu nous expliques que tu étais infirmière de base. Là, au final, tu utilises tes compétences d'infirmière. pour accompagner au mieux les séjours. Est-ce que tu as eu ce moment où justement tu t'es dit « Ok, là, il faut que ça change, j'ai envie de créer ma structure. »
- #Marine
Je ne sais pas trop si j'ai eu ce moment où j'ai voulu que ça change. En fait, j'ai toujours voulu que ça change dans mon métier d'infirmière. C'est un peu ça le truc, c'est que j'avais toujours envie que ça change. C'est pour ça que j'ai fait beaucoup d'intérim, de missions courtes, de CDD, dans plein d'endroits différents. Je pense que j'ai toujours eu cette volonté d'avoir envie que ça change. Mais effectivement, là, c'était encore un step au-dessus quand même, parce que là, je suis ma propre patronne, c'est moi qui dois gérer mes trucs. Sinon, je n'ai pas de salaire en fin du mois. donc je pense que je pense que Je n'ai pas vraiment ressenti par rapport à ça de déclic, d'envie que ça change. Mais je pense que c'est un truc que j'ai toujours eu au fond de moi, dans ma vie professionnelle, de vouloir être ma propre patronne et de vouloir faire les choses comme j'ai envie de le faire. Je pense qu'aussi, ça vient de ma personnalité. Mais je pense que c'est avec l'expérience que j'ai eue professionnelle, les expériences que j'ai eues, et puis la maturité aussi que je prends avec l'âge. que c'est venu en fait je pense que c'est plus progressif il n'y a pas eu de ras le bol en même temps j'ai pas eu le temps je vais jamais rester très longtemps dans des boulots mais c'était ta manière de fonctionner en mode plutôt projet et
- #Léa
de se dire de toute façon je sais que ma mission se finit dans tant de temps je vais aller sur autre chose du coup t'avais pas le temps de te dire d'en avoir marre exactement et puis je me laissais pas le temps en fait Oui.
- #Marine
parce que je me connais et que je savais que si je restais trop longtemps ça le ferait pas pour moi mais du coup effectivement c'était plus un process avec cette fameuse conversation où je me suis dit bah en fait fais le why not mais le truc de il faut que ça change je pense que ça a toujours plus ou moins été ancré en fait mais que j'ai mis du temps à le réaliser tout simplement ok
- #Léa
Et du coup, ce changement d'être maintenant ta propre patronne, comment ça impacte ta vie, que ce soit de manière personnelle, familiale, financière ?
- #Marine
Bah écoute, personnelle, je me suis créé un petit bureau dans ma chambre. Donc ça, je dois dire, c'est assez agréable. Il y a ce côté-là de je bosse de la manière que je veux, de la façon que je veux. Personnellement, ça a impacté ma vie de façon positive. Ça, c'est clair et net. Il n'y a plus ce truc-là d'horaires à respecter, de patron qui te fait chier, on peut le dire. Ce truc-là de prendre la voiture aux mêmes horaires que tout le monde, d'être dans les bouchons. Ce truc-là, j'ai toujours détesté. Donc, l'impact de ce côté-là, il est super positif. Après, évidemment, il y a des choses un peu plus... compliqué, ça c'est sûr. Il ne faut pas idéaliser le truc. Déjà, l'aspect financier, ça c'est super important. J'ai la chance de ne pas forcément avoir des charges super importantes, dans le sens où je n'ai pas d'enfant à charge. Je pense que ça aurait été un peu différent si ça avait été le cas. Mais effectivement, c'est un truc auquel il faut penser. Après, comme on disait, on peut être accompagné, il y a où on se travaille, etc. Je suis accompagnée financièrement, donc heureusement. Sinon, je pense que je n'aurais pas... pu non plus me permettre de ne pas toucher de salaire parce que là, je ne me verse pas encore de salaire.
- #Léa
Tu as fait un prêt ?
- #Marine
J'ai fait un prêt aussi, effectivement. J'ai fait un prêt pour financer notamment mon véhicule qui est un véhicule assez particulier, comme je disais. Il peut accueillir des fauteuils roulants. C'est un véhicule qui a été aménagé spécialement et qui coûte assez cher, forcément. Effectivement, il y a tout ce côté-là, de devoir faire un prêt, de devoir le rembourser. et de devoir vivre au quotidien sans se verser de salaire au début. Donc effectivement, je pense que ça peut poser problème pour certaines situations. Moi, ça n'en pose pas dans le sens où j'ai pu bénéficier et je bénéficie encore de l'aide de France Travail, heureusement. Donc il y a des trucs qui sont quand même plutôt cools dans la façon de fonctionner des aides de notre pays.
- #Léa
Et qui permettent en tout cas d'entreprendre.
- #Marine
Exactement. Je pense que quand j'ai commencé à me renseigner, j'ai trouvé qu'il y avait quand même pas mal de choses de proposées et on nous pousse pas mal quand même, je trouve. On met des choses en place avec cette formation, notamment qu'on a fait le parcours entrepreneur qui était gratuite.
- #Léa
C'est financé par la région.
- #Marine
Financé par la région, exactement. Mais je trouve qu'effectivement, on n'est pas... Moi, à aucun moment, j'ai senti des trucs genre... « Ben ouais, mais quand même, ça va demander un sacrifice financier, ça va être dur, nanana. » Au contraire, tous les interlocuteurs que j'ai eus, professionnellement, ça a été « Mais allez-y, au contraire, vous allez être accompagnés, vous allez être formés. » J'ai toujours senti du soutien envers les entrepreneurs, pour ma part. Donc ça booste aussi, forcément. Et puis après, je ne sais plus où tu voulais en venir dans la question, mais je crois que j'ai répondu à peu près.
- #Léa
Est-ce que ça va impacter dans ta vie perso, familiale et financière ? Oui,
- #Marine
c'est ça.
- #Léa
Mais c'est important pour les personnes qui nous écoutent, parce que c'est ce que je vous dis dans beaucoup d'interviews ou de personnes que j'ai interviewées qui se sont lancées à leur compte, c'est de ne pas idéaliser aussi trop l'aspect je suis à mon compte, je fais comme je veux il y a aussi parfois la difficulté financière du début qui peut être un peu plus longue parfois et parfois le projet ne peut pas fonctionner c'est aussi de la réalité des choses et je trouve ça important de le dire en
- #Marine
transparence bah oui je pense que t'as raison parce que clairement je pense que moi aussi au début la première fois où j'ai eu cette idée j'ai idéalisé le truc parce que Je ne connaissais pas ce milieu, je me suis dit « mais c'est génial en fait, tu fais ton truc » . Il y avait beaucoup d'aspects positifs. Une fois que tu commences un peu à te renseigner, à te former, tu tombes assez vite quand même sur la réalité des choses, ce qui peut, j'imagine, décourager déjà des personnes à ce niveau-là. Moi, ça ne m'a pas découragée, mais effectivement, je suis d'accord avec toi sur le fait que ce n'est pas tout beau, tout rose, c'est clair. C'est des incertitudes en fait, c'est beaucoup d'incertitudes financières sur le futur, sur plein de choses. Donc je pense qu'il faut être aussi mentalement prêt et prête à ressentir ça en fait, à être un peu dans l'inconfort de l'incertitude. Donc pour certaines personnes c'est plus ou moins facile à accepter, mais Effectivement, je pense qu'il faut être déterminé, ça c'est sûr. Si on ne croit pas en son idée, je pense qu'on n'ira pas très loin. Je pense qu'il faut y croire et il faut aimer ce qu'on fait. C'est peut-être un peu bateau, mais je pense que ça aide vachement tous les jours parce qu'il y a des jours qui sont un peu plus durs que d'autres, forcément. Mais croire en ce qu'on fait et croire que ça va marcher, c'est déjà pas mal. Mais malheureusement, ça ne marche pas trop le type. Mais non, ce n'est pas tout beau, tout rose. Et c'est comme le salariat, en fait, des points positifs, des points négatifs. Après, tout dépend de ce qu'on recherche, de ce qu'on veut.
- #Léa
Est-ce que tu as fait face à un obstacle qui a été peut-être difficile à surmonter ? Et comment tu as procédé ?
- #Marine
Pour l'instant, je pense qu'il y a eu un obstacle, qui en a été plus ou moins un, mais disons que ça a été quand même une épreuve, dans la création de ma boîte. C'était avant même de créer ma boîte. C'était une question de réglementation. Comme je te disais, c'est une profession qui est assez réglementée et qui nécessitait d'obtenir, pour simplifier les choses, un agrément, un type d'agrément, mais qui était compliqué à obtenir, que très peu d'organismes donnaient en fait, donnaient cet agrément. Et en fait, je me suis heurtée à plusieurs refus. de la part de certains organismes pour avoir cet agrément, parce que ce sont des organismes qui ont besoin de beaucoup de sécurité financière, de par l'époque dans laquelle on vit, financièrement compliquée, qui ont besoin de beaucoup de garanties, parce qu'ils n'ont pas envie de jouer avec leur argent, enfin bref, de perdre leur argent. Et ce qui fait que j'ai eu des refus, et j'ai eu un peu peur en fait de... de ne pas pouvoir obtenir cet agrément. Et si je ne l'obtenais pas, tout simplement, tout le projet ne pouvait pas se faire. C'était vraiment question de vie ou de mort, mais question de vie du projet ou de mort du projet. Ce n'était pas juste un petit truc. Et je pense que jusque-là, ça a été le plus gros obstacle parce que ça a mis à rude épreuve un petit peu ma motivation, mon optimisme par rapport au projet. Et puis, je ne comprenais pas, parce que j'avais toujours entendu des choses positives sur mon projet. Mais après, ces organismes-là, où tu arrives, où tu donnes tout ton business plan, tout tes justificatifs, tu montres ta motivation, tu montres même financièrement ton plan de financement. Tu montres que c'est viable et que tu y crois. Et même avec ça, on te dit non. Et c'est dur. Tu vois, c'est dur psychologiquement. Parce que je me suis dit, mais merde, qu'est-ce qu'il faut de plus en fait ? Je ne peux pas donner plus. Je ne peux pas donner plus financièrement. Je ne peux pas donner plus en tant que motivation. Je ne peux pas donner plus en tant que... Tout ça mélangé quoi. Et donc ouais, ça a été assez difficile, compliqué. Mais je n'ai pas lâché l'affaire pour autant. et j'ai fini par trouver un organisme qui a accepté de me donner le sésame vraiment et c'était un soulagement fou quoi et pour moi je pense que ça a été une des plus des réussites entre guillemets les plus importantes jusque là parce que c'est avec les épreuves aussi que tu te rends compte que ça met ta motivation à mal et que tu surmontes et que c'est surmontable et du coup ouais ce truc là était vraiment je pense pour l'instant et j'espère que pour l'instant jusqu'à longtemps une des choses les plus compliquées pour pour la mise en place de mon projet même puisque si tu n'avais pas ça tu pouvais pas créer en fait c'est ça c'est vraiment pour le coup je comme on disait c'était vraiment soit le projet aboutit ou soit tout s'arrête dès le début. Il n'y a pas de projet et il n'y aura pas de projet parce que ce ne sera pas possible.
- #Léa
Par rapport à cet organisme-là, est-ce que tu peux le nommer ? Est-ce que tu travailles de manière régulière avec eux ? L'agrément ? L'agrément,
- #Marine
pardon. Si tu veux, c'est un organisme de caution financière. pour le coup c'est Groupama qui propose ça et qui m'a proposé ça, il y en a d'autres qui existent mais je ne les citerai pas parce qu'ils m'ont refusé mais en gros c'est quelque chose qui est hyper particulier et hyper spécifique à mon domaine d'activité mais en gros quand tu accompagnes des personnes en voyage En fait, ce sont les agences de voyage, classiquement, qui ont besoin de cet organisme. Moi, je suis un peu considérée comme une agence de voyage, un peu particulière forcément, mais je suis considérée, mon statut, c'est un peu celui-ci. Et ces organismes-là, donc de caution financière, permettent que, par exemple, si tu emmènes des personnes à l'autre bout du monde, mais qu'entre-temps, tu n'as plus les moyens financiers de les ramener, de les rapatrier, parce que... Tu n'as plus de sous sur ton compte professionnel et tout ça. C'est un organisme qui se porte garant pour toi et qui assure plusieurs... plusieurs choses, dont le rapatriement notamment des personnes, si toi, tu n'es plus capable financièrement d'assurer ça.
- #Léa
Oui, c'est un paquet que tu prends. Il y a l'agrément pour que tu puisses entreprendre, mais il y a l'aspect tout derrière de l'assurance, soit être ouvert et que tes vacanciers et vacancières soient couverts.
- #Marine
Exactement. Et en fait, c'est obligatoire, tout simplement. Ce n'est pas une question de « je ne le prends pas parce que j'assurerai mes arrières » . Non, c'est vraiment obligatoire si tu n'as pas ça. tu ne peux pas t'y matriculer en tant qu'agence de voyage, tu ne peux pas proposer de séjour à des personnes.
- #Léa
Ok.
- #Marine
Donc, comme dans toute profession, il y a des spécificités particulières, c'est normal, mais il a fallu découvrir aussi tout ça et découvrir tout ce qu'ils demandaient aussi parce que forcément, eux, ils veulent bien t'assurer pour emmener des personnes à l'autre bout du monde, mais il faut que toi, tu leur montres aussi que logiquement, ils n'auront pas besoin de fournir de l'argent parce que tu peux. peux faire une entreprise viable en fait.
- #Léa
Mais c'est important je trouve aussi d'avoir toute cette notion de comment un projet né et des fois on peut se retrouver face à un blocage qui est pour le coup administratif mais là pour le coup aussi obligatoire et que sans ça en fait ça peut bloquer un projet mais qu'il faut pas lâcher et qu'à force de détermination on finit par y arriver.
- #Marine
Oui, clairement.
- #Léa
Est-ce que tu as des outils, des ressources ou des formations qui, toi, t'ont été utiles ? Que ce soit des livres, tu as parlé de la formation de la CMA, des podcasts que tu as pu écouter, qui t'ont été utiles ?
- #Marine
Écoute, je pense que principalement la formation, quand on en a parlé, ça a été vraiment une base pour moi. Après, des outils, je vais surtout prendre des ressources chez des... personnes plutôt que chez des plutôt que sur des outils style livre etc je vais surtout à me nourrir de l'expérience de certaines personnes j'ai rejoint par exemple un groupe d'accompagnants qui font comme je te disais tout à l'heure c'est un petit peu différent de moi mais eux ils sont juste dans l'accompagnement pas dans l'organisation de séjour mais ils ont tout plein d'expériences aussi à partager donc Il y a ce groupe-là où vraiment, on se nourrit les uns les autres des expériences diverses. Ça, c'est vraiment des expériences du terrain qui vont m'aider. Après, il y a tout ce qui est l'accompagnement par ma comptable. Ça, ça va être un accompagnement qui est super important parce que c'est tout un monde aussi, que tu ne connais pas forcément quand tu es salarié, etc. Tu reçois ta fiche de paye, bam bam, ok. Et là, c'est un peu différent forcément. Donc, ouais, cet accompagnement-là, toujours l'accompagnement, on en parlait, mais le parcours entrepreneur fait qu'on a un accompagnement par... C'est un juriste, si je ne me trompe pas ? Non, c'est une personne qui est... Enfin, c'est un comptable, mais qui n'est pas ton comptable, mais qui connaît...
- #Léa
C'est Air France.
- #Marine
C'est Air France. Tu connais mieux que moi, Jean. Mais en tout cas, voilà, on a des rendez-vous réguliers et ça peut être une ressource aussi sur certains sujets, évidemment. mais en fait les ressources que je prends ça va vraiment être plus des personnes parce que comme c'est un milieu ultra spécifique les écrits que je trouve ne sont jamais trop applicables à ma situation tu vois, il n'y a pas de livre comment une agence de séjour adaptée pour personnes en situation de handicap,
- #Léa
j'en ai pas trouvé pour l'instant c'est peut-être qu'il faut que tu l'écrives Léa
- #Marine
peut-être pour l'instant non mais peut-être pour les générations futures on sait jamais mais en tout cas je grappille des choses à droite à gauche mais j'aurai pas vraiment de choses spécifiques à commander ou à mon cas en tout cas donc c'est pour ça que j'essaye aussi des personnes avec qui j'ai bossé dans le passé, dans ce milieu là j'ai l'impression que ça marche beaucoup en fait comme ça dans ce milieu là ... On se transmet les infos parce qu'en fait c'est tellement spécifique. Et puis t'en parles même avec un avocat, il va galérer à te dire légalement ce qui est possible ou pas parce que c'est tellement des choses... un peu spécifiques, qui ne connaissent pas tout.
- #Léa
Et tu es toujours en contact avec ton réseau pro passé ? Tu parlais de... J'ai oublié son prénom. Yossi.
- #Marine
Pas trop. Je ne suis pas trop en contact avec lui particulièrement, mais avec des collègues que j'ai pu avoir, oui. Oui, on se parle toujours avec des personnes avec qui j'ai pu accompagner, parce que c'est un milieu où ça marche beaucoup en général. par... Ce sont de toute façon des petits contrats. À chaque fois, ce sont des contrats, des CDD en fait, quand tu accompagnes des personnes et que tu es salarié ou employé du moins. Donc, c'est toujours des personnes qui travaillent un peu de cette façon-là et qui ont toujours plus ou moins des périodes de creux avec des possibilités d'accompagner des séjours. Donc, je suis en contact avec eux pour s'échanger et nos disponibilités. Si, par exemple, je sais qu'il y a des personnes qui m'ont dit « Ecoute, si tu cherches quelqu'un pour accompagner, moi je suis dispo du temps au temps. » Et puis aussi pour faire part de nos expériences qui peuvent être des fois assez... pas banales, on va dire. Donc ça permet aussi des fois, quand c'est un petit peu dur, quand il y a certains accompagnements qui sont un petit peu durs, de discuter avec des personnes qui font la même chose que toi. Ça permet de dédramatiser aussi.
- #Léa
Oui, très important de s'entourer.
- #Marine
Oui, clairement, c'est sûr. D'en parler avec des personnes qui ne sont pas du milieu, j'apprécie aussi, parce que du coup, elles ont un point de vue totalement différent, et je recherche ça aussi. Mais de parler aussi avec des personnes qui sont du milieu et qui vivent les mêmes choses, c'est super important. Et c'est pour ça que je te disais que je suis dans un groupe là où on parle de nos expériences, et en même temps, on se donne aussi du travail les uns et les autres, parce que Des fois, quand toi, tu n'es pas disponible, tu vas renvoyer vers des personnes du groupe. C'est super enrichissant à plein de niveaux. Mais oui, bien s'entourer, clairement, de personnes qui vont être positives et qui vont te tirer vers le haut plutôt que vers le bas. Et ça, je pense que ça peut s'appliquer à tous les aspects de notre vie.
- #Léa
Oui. Est-ce que tu as une anecdote ? à partager, là notamment peut-être d'un séjour des mères ?
- #Marine
Une anecdote ? Ouais, en fait j'en ai tellement qu'à chaque fois que je rentre dans un séjour, c'est fou l'anecdote quoi. Mais anecdote, j'ai fait un séjour récemment, j'ai accompagné une vacancière qui s'appelle Héléna et que j'avais déjà accompagnée en début d'année. D'ailleurs, c'est avec elle que j'avais fait mon tout premier séjour avec Hemera. Et donc là, trop chouette de l'accompagner à nouveau. Et on est partis sur Nantes. Pour le coup, elle est dans une structure en Vendée. Et l'idée, c'était de se faire un petit séjour au mois de décembre à Nantes. Ambiance Noël, dégustation de vin chaud, fête, voilà, illumination, etc. Et en fait, petite anecdote, c'est que... C'était la première fois qu'elle buvait du vin chaud au marché de Noël. Donc, je précise qu'elle était autorisée à boire de l'alcool. Je ne l'ai pas saoulée en faisant exprès, mais elle voulait absolument goûter du vin chaud. Et c'est vraiment… Donc, on a bu notre premier vin chaud ensemble, parce que moi, j'en avais déjà bu, mais sans grande conviction. Mais je l'ai accompagnée, du coup, dans sa découverte. Et c'est une chouette anecdote. parce que je trouve que ça résume bien ce que je recherche dans les séjours. C'est faire découvrir des choses aux gens. Tu vois, est-ce qu'un jour, elles s'étaient dit je boirais du vin chaud au marché de Noël à Nantes pendant mes vacances ? Je n'en sais rien. C'est un truc banal pour toi et moi, mais pour des personnes qui n'ont pas du tout l'habitude de faire ce genre de choses.
- #Léa
Les gens vont penser qu'on est tous tous les samedis à partir du vin chaud.
- #Marine
Non, pas du tout. Ce n'est pas ce que je voulais dire. c'est chouette de se dire que la première fois qu'elle abuse le bain chaud là c'était avec toi c'est vraiment des choses banales pour toi et moi mais qui moi me font vachement relativiser aussi sur déjà la chance qu'on a d'être en bonne santé de faire ce qu'on aime et de vivre la vie qu'on vit etc mais d'apporter des fois des plaisirs mais tout simple vraiment tout simple de la vie d'aller au restaurant avec une personne et tu vois qu'elle kiffe sa vie et qu'elle mange tout ce qu'elle veut des frites et machin des trucs qu'elle mange pas d'habitude En fait, c'est ça. Le résumé, c'est des petites choses de la vie que parfois, nous aussi, on oublie qui sont cool, mais en fait qui sont cool. Et de faire découvrir à des personnes qui en ont envie et qui n'en ont pas forcément l'occasion, juste boire un vin chaud au marché de Noël, pour moi, c'était trop bien. Et pour Elena, c'était trop bien. Et donc du coup, voilà.
- #Léa
C'était que du kiff, quoi.
- #Marine
Exactement.
- #Léa
Quels sont tes projets et défis pour les prochains mois ? S'il y en a, évidemment.
- #Marine
Il y en a toujours, forcément. Mais je pense que déjà, je ne vais pas tarder à fêter les 1 an d'Hemera, du coup. Ce sera le 1er avril, date à laquelle j'ai créé. Ce n'est pas une blague, même si c'est le 1er avril. On ne sait jamais. Mais ouais, je ne sais pas. Ce petit cap-là, il me fait quelque chose, en vrai, où je me dis que ça aura bouclé vraiment toute une année. Donc, ce n'est pas forcément un défi ou quoi que ce soit, mais il y a ce petit truc-là. J'ai envie peut-être de faire un truc particulier pour cette date-là. J'y réfléchis encore, mais je te le dis en avant-première. Teasing. Mais je pense que j'aimerais proposer aux familles avec lesquelles j'étais en contact pendant l'année 2025, qui m'ont fait confiance et tout ça, parce que je sais que c'est pas évident de confier une personne qu'on aime à quelqu'un qu'on ne connaît pas, surtout une personne, comme je le disais, aussi vulnérable, aussi dépendante. Et donc, ils m'ont fait confiance et j'aimerais bien faire un petit truc, style un repas, tu vois, avec plusieurs proches, histoire aussi qu'ils se rencontrent, en fait, parce que eux, entre eux, ils peuvent être aussi des ressources les uns pour les autres. Donc, Donc... de faire un petit événement, je ne sais pas encore sous quelle forme, mais où on échange, où on se rencontre, et où je peux leur dire merci aussi d'avoir vraiment cru en mon projet, et d'avoir été les premiers à me faire confiance. Et je trouve ça, à chaque fois, ça me touche, qu'on ait confiance en moi et en mes capacités à être quelqu'un de bien pour accompagner leurs proches. donc ce projet là je pense encore à définir exactement la forme que ça prendra et puis après le projet faire toujours des séjours ce qui me tient à coeur aussi c'est que les personnes qui sont déjà parties avec moi en 2025 repartent avec moi parce que c'est encore une fois une marque de confiance et une marque de qu'ils ont apprécié leur moment Donc ça, c'est un objectif. Et puis après, en vrai, sur le long terme, que la société se porte bien. Et puis le million, franchement.
- #Léa
Avec des salariés et tout ça ?
- #Marine
Ouais.
- #Léa
C'est tout ce que je te souhaite, en tout cas.
- #Marine
C'est gentil, mais on verra. Ça, c'est vraiment à très long terme, les salariés. Mais effectivement, le but, c'est vraiment de grossir et tout ça, mais en prenant le temps de faire les choses bien toujours.
- #Léa
Step by step, quoi.
- #Marine
Exactement.
- #Léa
Est-ce que tu as des conseils pratiques que tu donnerais à quelqu'un qui hésite encore à se lancer dans une transition ?
- #Marine
Moi, je ne peux parler que de mon expérience. Transition du statut d'employé au statut d'entrepreneur. Les conseils que j'aurais à donner, c'est vraiment de prendre son temps. Vraiment. même si je sais que quand t'as une idée, t'es pressée que ça se concrétise et tout, moi, la première, mais vraiment prendre son temps, bien s'entourer, bien s'entourer, que ce soit personnellement ou professionnellement, les deux sont autant importants l'un que l'autre, je pense, se former, vraiment ne pas hésiter à se former, et puis être motivée, essayer de voir loin dans son projet, parce que si tu vois qu'au jour le jour, Il suffit que tu aies une mauvaise journée et ça risque de remettre en doute tout ton projet. Donc, ouais, je dirais ça. Prêt.
- #Léa
Ok. Où on peut suivre du coup Hemera et comment te contacter ?
- #Marine
Ouais, eh bien, Hemera a son compte Instagram, page Facebook aussi, page LinkedIn où il faut toujours écrire Hemera Vacances Adaptées. et vous me trouvez. J'ai un email aussi. et puis j'ai mon numéro aussi, tu veux que je le donne ?
- #Léa
Allez !
- #Marine
Allez, ne vous en servez pas pour autre chose. C'est 06 01 10 63 99. Vous m'appelez et puis moi, je vous réponds. Si je ne vous réponds pas, vous laissez un message et après, on discute de vos projets ensemble. Et je crois... non j'ai oublié le site internet aussi carrément le site internet c'est pareil c'est Hemeravacanceadapté.com parfait de toute façon je vous remettrai toutes les ressources très cool dans le descriptif du podcast parfait pour que ça soit simple pour les personnes qui s'être contactées
- #Léa
directement avec plaisir merci beaucoup Léa pour ce témoignage merci à toi Marine vive Hemera thank you et vive la Bretagne merci et merci pour votre écoute