- Speaker #0
Tu dis des trucs des fois dans tes textes et le fait qu'il y ait tes parents sur scène, ça crée un espèce de conflit, même intérieur déjà. Une fois qu'on l'a accepté, de se dire « vas-y, on fait un truc » , en fait c'est devenu au contraire une force. C'est-à-dire, au début on en avait un peu honte, tu dis des trucs sur scène que c'est peut-être pas entendable pour tes darons, mais le fait qu'ils soient sur scène, il n'y a pas le choix. Donc du coup ça crée des contextes assez... Même sur scène, les gens c'est ça qu'ils nous disent, ils nous disent que c'est... C'est marrant, genre tu parles de ça, tu vois il y a ta mère derrière, donc ça crée des dépôts entre les gens.
- Speaker #1
Carrément. Carrément.
- Speaker #2
Carrément.
- Speaker #1
Carrément. Carrément.
- Speaker #3
Moi c'est Eva, bienvenue dans Carrément. Dans ce podcast, j'accueille les artistes qui font vibrer la scène musicale. Aujourd'hui, je suis très contente d'accueillir Leïlo et Tonio de la Riffénomène. Bienvenue, merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #0
Salut, merci à toi de nous avoir invités.
- Speaker #4
Merci à toi.
- Speaker #3
Vous faites du rap qui mélange à la fois de la pop, du rock, rap fusion. Vous écrivez vos textes, vous faites votre musique. Vous avez déjà sorti quatre mini-albums. Le dernier s'appelle Bohemia, il est sorti cette année, en février. On va en parler, mais je voulais aussi dire que vous n'êtes pas tout seul dans cette aventure. Sur scène, vous êtes avec Lionel et Maria. Est-ce que vous pouvez nous dire qui sont Lionel et Maria ? Lionel et Maria c'est nos musiciens dans notre groupe et c'est aussi nos parents c'est nos darons il y a la Maria à l'accordéon et le padre Lionel à la guitare c'est génial tout ça mais vous étiez pas tout chaud chaud dès le départ pour qu'ils rejoignent les groupes si je me souviens bien c'était un peu forcé presque au début on était pas trop chaud parce que nous on
- Speaker #4
aimait le rap on faisait du rap et eux c'était plus chansons françaises rock Donc... En plus dans ce style, c'était vraiment des styles totalement différents. Et jouer avec ses parents, faire du rap avec ses parents, c'était un peu chaud, on va dire, pour la stricte crédibilité. Et puis au final, on s'est essayé avec eux, on a testé de faire des premières compos et on a kiffé le truc. On a réussi à mélanger toutes nos influences et il y a ce mélange intergénérationnel qui fait que ça plaît aux gens. Et nous aussi, on a trouvé notre équilibre là-dedans, du coup on est parti là-dessus.
- Speaker #3
C'est ce que je voulais savoir. vraiment le moment où vous vous êtes dit allez on va quand même jouer avec nos parents ? Parce qu'il me semble qu'il y avait un oncle dans cette histoire, non ?
- Speaker #0
Ouais, un cousin. En fait, c'est surtout qu'au début, nous on rappait avec nos potes chez nous.
- Speaker #3
Ce qui est normal presque.
- Speaker #0
Comme tous les jeunes devraient faire.
- Speaker #4
Les freestyles.
- Speaker #0
Et en fait, petit à petit, nos potes ils ont arrêté. Nous on a continué. Et c'est vrai que nos parents ils ont toujours fait de la musique chez nous. Donc ils ont un studio, on a une salle de répét' et puis chacun jouait dans son coin. Et puis on a commencé à... On disait à nos parents, vas-y pose une guitare sur l'instru, pose un accordéon ou à notre mère une voix pour faire des samples, on essayait de bosser comme ça. Effectivement, il y a un cousin à nous qui organisait un festival dans les Hautes-Alpes, qui nous a dit pour rigoler, moi je vous fais faire une première partie, mais que si vous prenez vos parents dans le groupe. C'était la condition. Oui, c'était la condition. Je ne sais pas pourquoi il a fait ça en plus.
- Speaker #4
C'était un pari, parce qu'il voulait nous voir jouer avec nos darons, il voulait ce mélange-là, lui il avait envie de ce mélange de rap et de... Et de chansons françaises, tout ça, de rock.
- Speaker #0
C'est un gars, il est passionné par la musique aussi. Et puis, il a monté ce festival. Il adore...
- Speaker #3
C'est le festival Namasté.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. À l'époque, c'était le festival Namasté. Et du coup, nous, on a dit OK. On a bossé pendant six mois. On a monté 30 minutes de set. Et on a fait notre première partie.
- Speaker #4
C'est ça.
- Speaker #0
C'était plus ou moins notre premier concert. On avait fait un tout petit avant pour se chauffer. Mais c'était notre premier concert. Et c'était une grosse scène pour nous.
- Speaker #4
Une grosse scène, ouais.
- Speaker #0
C'était une bonne scène.
- Speaker #3
Tout de suite avec vos parents.
- Speaker #0
Tout de suite, comme ça, directement.
- Speaker #4
Et puis là on a kiffé, c'était en début de soirée, c'était carrément vers 18h, donc le festival n'était pas rempli. C'était la famille. Il y avait pas mal de famille, il y avait 300 personnes devant nous, mais pour nous c'était incroyable, c'était une grande scène. Du coup c'est à ce moment-là je pense qu'on a kiffé, qu'on s'est dit qu'il faut tester, il faut pousser le bouchon un peu plus loin, il faut y aller à fond.
- Speaker #3
Qu'est-ce qu'ils ont dit les copains comme ils vous ont vu avec les parents ?
- Speaker #0
Ça ça a mis longtemps, même nous déjà à accepter ça, c'est ça qui a mis le p... Le plus de temps c'est que tu dis des trucs des fois dans tes textes et le fait qu'il y ait tes parents sur scène, ça crée un espèce de conflit, même intérieur déjà. Et c'est juste qu'il fallait qu'on l'accepte nous, ça a mis du temps. Une fois qu'on l'a accepté, de se dire vas-y on fait un truc. En fait c'est devenu au contraire une force. C'est-à-dire au début on en avait un peu honte et puis après maintenant c'est devenu une force. Tu dis des trucs sur scène qui... C'est peut-être pas entendable pour tes darons, mais le fait qu'ils soient sur scène, il n'y a pas le choix. Donc du coup ça crée des contextes assez... Même sur scène, les gens c'est ça qu'ils nous disent. Ils nous disent c'est marrant, genre tu parles de ça... Tu vois, il y a ta mère derrière, donc ça crée des dépôts entre les gens.
- Speaker #3
C'est ça, tu vois, moi j'aimerais même un exemple parce que tu vois, je pense à la chanson qui s'appelle Clapton.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #3
Et je ne sais pas si vous pouvez dire deux, trois, une partie de la chanson et voilà, me dire qu'est-ce qu'il a dit. Ben, Maria, comme elle a entendu.
- Speaker #0
Ben, c'est... En général,
- Speaker #4
elle est perplexe, elle a son mot à dire, elle dit... Je ne sais pas,
- Speaker #3
je me rappelle qu'est-ce qu'il dit dans la chanson, parce que je ne l'avais pas enregistré, donc je n'avais pas trouvé les paroles.
- Speaker #0
En fait, c'est quoi ? C'est le refrain ?
- Speaker #3
Ouais !
- Speaker #0
Je claque des gros sangs sur son cul sur une guitare de Clapton.
- Speaker #3
Voilà, qu'est-ce qu'elle a dit maman là ?
- Speaker #4
Je crois que pour celui-là encore, je crois que ça allait pour ça. C'est juste qu'il y a une partie dans ton couplet que tu as dû changer parce que c'était vraiment trop trash à un moment donné. Et là, elle a dit ça, je n'accepte pas. Mais du coup, le refrain quand même, je crois que ça allait. En fait,
- Speaker #0
elle nous laisse plus ou moins libre parce que déjà, elle nous fait confiance. Et puis en plus, il ne faut pas se mentir, il y a des trucs que tu dis dans la musique. qui... Ce n'est pas fait pour choquer, mais c'est fait pour interpeller. Il faut quand même que la musique, ce soit quelque chose qui interpelle.
- Speaker #4
Si c'est trop lisse.
- Speaker #0
La vie, ce n'est pas lisse. Dans la vie, il y a des trucs qui ne sont pas lisses. Du coup, si tu fais de la musique, il faut que ce soit un petit peu pareil que la vie, qui est du piquant. Donc des fois, c'est sûr qu'elle n'accepte pas. Là, elle le dit.
- Speaker #4
Là,
- Speaker #0
ça allait.
- Speaker #3
J'ai envie de dire aussi, on fait des travails avec vos parents et c'est vous les porteurs. projet quand même. Donc les rôles sont un petit peu inversés. En fait, vous êtes quelque part les patrons de vos parents.
- Speaker #0
Ouais, ça c'est chaud aussi.
- Speaker #4
C'est un peu ça. Et c'est vrai que des fois, c'est pas facile quand on travaille parce que du coup, il y a les conflits, les conflits parce qu'on est une famille en fait, tout simplement. Et du coup, des fois quand on bosse, c'est pas facile parce que nous, c'est vrai qu'on est les... C'est nous qui sommes les directeurs un peu du truc. Mais en même temps, ils ont la guitare et l'accordéon, c'est eux les musiciens. Donc sans eux,
- Speaker #0
on peut rien faire non plus.
- Speaker #4
Ils ont leur mot à dire de ouf. Et du coup, c'est ça, c'est avec le temps, je pense, c'est avec le temps vraiment qu'on a appris à bosser ensemble. Et les conflits diminuent, on va dire, parce que ça marche un peu mieux. On a de plus en plus de concerts et du coup, c'est un truc qui fait qu'on arrive à plus se souder, je pense. Et ça marche de mieux en mieux, même s'il y a toujours des moments de clash, il y a toujours des moments difficiles en répète, en création. Mais voilà, ça, c'est normal aussi.
- Speaker #3
Ça, c'est des histoires aussi, comme dans chaque groupe, il y a ces histoires là. Mais par exemple, vous, après, vous vous retrouvez. En plus, vous habitez ensemble tous les deux.
- Speaker #4
Oui,
- Speaker #0
on est en coloc.
- Speaker #3
Oui, vous êtes en coloc. Les parents, vous n'habitez plus ensemble. Mais vous vous retrouvez après à manger ensemble. Toutes ces histoires des conflits, des histoires de travail, ça revient pendant le repas. Vous avez des moments de dépose.
- Speaker #4
Pas trop. Quand on part en vacances, c'est rare qu'on parte de mois à mois en vacances. Parce qu'on est tout le temps ensemble à faire des concerts.
- Speaker #3
Vous ne voulez pas partir ensemble. C'est bon.
- Speaker #4
On est les 4 ensemble. Par exemple, on sort d'une petite tournée en Bretagne. et ce qui est cool c'est qu'on a pu faire les deux on a fait 4 concerts en Bretagne et en même temps on a fait nos petites vacances donc dès qu'on faisait le concert c'était boulot et dès qu'on sortait du concert le lendemain presque on était en camping et c'était en mode vacances,
- Speaker #3
on était au bord de la mer Vous avez un code pour dire on parle pas de boulot ou non ?
- Speaker #0
Bah euh... Non pas forcément
- Speaker #3
Je pense que ça se fait naturellement
- Speaker #0
Ça s'est vraiment mis en place au fil des années au début c'était très chaud d'ailleurs parce qu'on a failli arrêter plein de fois parce qu'il y a eu ce truc de Les parents sont quand même les parents. Nous on est censés être ceux qui écoutent. Même si maintenant on a 30 piges, il y a toujours cette relation-là. Et par exemple, le daron a eu du mal à lâcher le fait que ce soit nous qui avons la direction artistique du truc. Parce que lui, dans tous ses groupes de musique déjà, il a toujours été leader.
- Speaker #3
Donc là c'était... Il a de l'expérience, il est votre papa, il a quelque part envie de vous conseiller aussi en tant que papa. Et en tant que musicien, il n'avait pas eu cette rôle juste d'être musicien, il y a plein de choses qui se mélangent en fait.
- Speaker #0
Puis il a eu l'expérience, il a une expérience de 40 ans de musique, donc il a des trucs bien plus que nous. Sauf que nous on voulait faire aussi à notre façon, donc ça a été très compliqué en fait tout ça de mettre en place. Et voilà, comme il dit, au fil des années ça s'est mis tout seul tu vois.
- Speaker #4
Et puis c'est surtout que maintenant on arrive à écouter leurs conseils aussi. Peut-être qu'avant on était un peu plus buté quand on était jeune, on voulait faire vraiment notre truc. Et maintenant, eux, on arrive plus à écouter leur expérience, leurs trucs, leurs idées. Puis en même temps, le daron, c'est un monstre à la guitare, donc bien sûr qu'il est obligé d'avoir son mot à dire. Puis voilà, sur leur texte aussi, de temps en temps, ils disent des trucs. Et puis nous, après, on écoute. Puis après, c'est nous qui avons le dernier mot. Donc voilà, ça se passe plutôt pas mal.
- Speaker #3
Et comme de ton tournée, par exemple, qui s'occupe d'un parti, vraiment, de l'organisation, qui gère les répas ? C'est maman qui fait les sandwichs ou vous gérez ?
- Speaker #4
Non, c'est un peu tout le monde. On va dire que moi, j'avoue que je kiffe pas trop faire à manger, c'est plutôt le frérot et la daronne en général.
- Speaker #0
Après c'est vraiment comme dans une famille.
- Speaker #4
Moi je fais la vaisselle.
- Speaker #0
Lionel et Antoine ils sont pas trop... Si Lionel ça va.
- Speaker #4
Si Lionel ça va.
- Speaker #0
Antoine il est pas trop cuisinier, il est plus vaisselle tu vois.
- Speaker #3
Ok ouais, il y a toujours un qui est plus vaisselle et c'est pas mal, moi je suis plus cuisine.
- Speaker #4
Ah ouais, voilà. Chacun son d'elle.
- Speaker #3
Donc il faut que je parle plus avec toi qu'avec toi.
- Speaker #4
Pour la vaisselle, oui.
- Speaker #3
Est-ce que cette relation... Vous sentez qu'un professionnel influence aussi votre relation avec vos parents ? Donc un enfant-parent, ça l'a fait évoluer, changer ?
- Speaker #4
Je pense que oui, parce que la plupart du temps on passe à faire de la musique. On passe plus de temps à faire de la musique, à créer des morceaux et à parler de ça, ou alors c'est 50-50, mais c'est kiff-kiff. Du coup bien sûr que ça doit influencer notre vie de famille.
- Speaker #0
Mais nos relations aussi, ça les a changées un peu.
- Speaker #4
Oui, c'est un peu des relations de travail qu'on a avec eux. Carrément.
- Speaker #0
C'est comme tout, c'est comme une entreprise familiale. À un moment donné, la relation, quand tu travailles avec la personne, tu as tout blic, c'est ton père ou ta mère. Là, tu es en travail. D'ailleurs, c'est pour ça que des fois, on les appelle par leur prénom. Et les gens nous disent, pourquoi tu les appelles par leur prénom ? Parce que ça... On est dans une relation presque de travail, donc à un moment donné... Complètement, on est dans une relation de travail.
- Speaker #4
Dès que je suis sur la scène et qu'on fait la balance, souvent je vais dire Lionel, je ne vais pas dire papa. Papa, le câble, qu'est-ce que tu fais avec ce câble ?
- Speaker #0
Ça fait moins sérieux.
- Speaker #3
Dites-moi, vous avez parlé aussi de cette relation de travail. Je dis que vous n'êtes pas le patron de vos parents. L'année dernière, j'étais ici avec Virginie Lapieta. On a parlé aussi de cet aspect d'être... Quand vous gérez votre projet, vous êtes quelque part comme un... Un chef d'entreprise, est-ce que vous vous sentez un peu comme ça ? Qu'il y a cet aspect vraiment d'artiste, d'entrepreneur, qu'il y a quand même pas mal de choses que vous gérez ?
- Speaker #4
Jusqu'à maintenant, je vais dire pas forcément, parce que là, c'est la première fois, c'est le premier temps où on va pouvoir vivre un peu notre musique, où on est intermittent. Et du coup, là, c'est sûr que ça change un peu la donne, ça fait plaisir. Et tu as l'impression que ton travail, au final, il est un peu récompensé, ça paye. Mais c'est vrai que depuis le début, pas forcément, parce que pour nous, c'était juste... Pour l'instant c'était un rêve en gros, un rêve de pouvoir vivre un jour de la musique et je pense que par contre ça va le devenir de plus en plus, ça va devenir un peu là, un peu cet esprit de...
- Speaker #0
D'entrepreneuriat ?
- Speaker #4
D'entrepreneuriat, même s'il y a toujours la passion obligatoirement.
- Speaker #0
Mais ce qu'elle veut dire c'est que quand tu travailles quelque chose, forcément tu le gères de façon méthodique, tu travailles comme si c'était... Pas une entreprise, mais c'est notre projet, donc c'est un projet qu'on travaille tous les jours quand même. Donc tu ne travailles pas ça comme une lubie ou une espèce de... Oui,
- Speaker #3
c'est quelque chose qui passionne, mais ce n'est plus juste une passion. Oui,
- Speaker #0
ça demande de la rigueur, ça demande du travail, tu vois. Mais par contre, ce que je voulais dire, je ne me rappelle plus, c'est que surtout on a un booker. On travaille avec un booker qui nous aide énormément.
- Speaker #4
Baptiste de Polpo Productions.
- Speaker #3
Un coucou à Baptiste.
- Speaker #0
Voilà, check. Et ouais, non, grave, ça nous a énormément aidé sur tout le plan.
- Speaker #4
Organisation, tournée, tout ce qui est... Quand les festivals nous appellent, lui, il essaie de nous chercher des festivals, des dates. C'est lui qui organise tout, les voyages, les contrats, il organise vraiment tout. Donc, il nous aide beaucoup. Sans lui, ça serait un stress en plus et ça serait vraiment compliqué.
- Speaker #0
Avant, on faisait tout nous-mêmes et voilà, c'était trop. trop. Le fait de chercher des dates, le fait de tout faire, c'est trop. Donc là, ça nous décharge d'une énorme partie. On peut plus se concentrer sur la musique,
- Speaker #4
la musique et les réseaux.
- Speaker #3
Donc justement, la musique. Votre dernier mini album s'appelle Bohémien. Le titre qui vous a fait connaître s'appelle La Foule. Ensuite, dans La Foule, on va en parler de cette histoire. Mais déjà, rien que c'est des titres, c'est des références à des artistes et des grandes chansons françaises à Piaf et Aznavour. Donc je me posais la question, tout à l'heure vous en avez parlé que vos parents étaient très dans la chanson française, vous plus les raps. Mais comment vous vous situez aujourd'hui par rapport à cet héritage chanson française ?
- Speaker #0
Nos parents ne nous ont pas trop fait écouter les classiques de la chanson française. Eux ils n'aimaient pas trop justement les trucs que tout le monde écoutait. Ils écoutaient d'autres choses même si on a quand même écouté Francis Cabrel.
- Speaker #4
Cabrel à fond quand même.
- Speaker #0
à fond. Mais ce que je veux dire, c'est que les classiques... des années 60-70, ils ne nous les ont pas fait écouter, c'est nous-mêmes qu'on les a écoutés par la suite. Et on a senti qu'on avait quand même un héritage de ça, mais pas indirectement, enfin non, indirectement plutôt. On ne s'est pas senti investi d'une mission de transmettre quelque chose. C'est juste quelque chose qui nous a parlé dans notre inconscient, toute la musique française, toute la variété française en général. Donc on le retranscrit dans nos textes.
- Speaker #4
Et c'est aussi que peut-être plus tard, c'est en grandissant qu'on a compris les messages qu'il y avait derrière ces classiques français. Alors que quand t'es petit, tu connais les chansons, mais tu comprends pas forcément ce que l'artiste veut dire. Et puis plus tard, après passer 20 ans, tu réécoutes et tu dis « Ah ouais, là il veut dire ça dans sa chanson » . Et en fait tu dis « Putain, c'est incroyable ce qu'il veut dire et c'est hyper intéressant » . Et du coup, ça te rapproche aussi de ce truc-là. De la musique, ça te...
- Speaker #0
Ouais, et puis on a revisité, on a revisité du coup des classiques.
- Speaker #3
Justement, je voulais parler avec vous du titre La Foule, qui s'appelle maintenant Dans la Foule. D'ailleurs, on va écouter un petit extrait.
- Speaker #5
Emporté par la foule, je défoule dans un cogo comme un fou Pour oublier qu'on est tous dérangés Entraîné par la foule, je vais être frappé par un coup de foudre Un peu de buzz, une bonne blague et jamais l'oublier En vrai ?
- Speaker #2
La foule mangoise, je sais pas pourquoi je suis là, je passe à la télé, je suis connu que dans mon village, je suis pas fait pour ça, tu peux le voir sur mon visage, la famille parfaite,
- Speaker #3
ménage... Vous avez repris, si on peut dire comme ça, la rife d'Edith Piaf, mais c'est pas tout simple en fait de reprendre la rife d'Edith Piaf, parce qu'au début vous avez eu un accord oral, si je dis pas de bêtises, de son éditeur, et ensuite les choses se sont très très très très compliquées. Est-ce que vous pouvez nous raconter comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
Effectivement, on s'est inspiré du... du riff de Edith Piaf, très connu, donc de l'accordéon. Au début ça a été bon, après on l'a enregistré, donc les... comment on appelle ça ? Les ayants droits. Ils nous ont rappelé en nous disant que...
- Speaker #4
En fait c'est quand on l'a sorti. Au début on leur a demandé si on pouvait l'utiliser en concert, et apparemment ça leur posait pas de soucis. Et... Et nous, ce qu'on avait compris, c'est qu'on pouvait l'utiliser.
- Speaker #3
C'est un petit groupe, parce que l'éditeur, il est en Argentine en plus, si je ne dis pas de bêtises.
- Speaker #0
Il y a des ayants-droits en Argentine, parce qu'Edith Piaf elle-même avait déjà repris ce riff-là, l'accordéon très connu, à un Argentin. Sauf qu'après, ils ont dû racheter les droits. C'est un truc qu'on n'a pas tout compris. Mais en gros, ils nous ont dit, soit vous enlevez ça, soit tous les droits nous reviennent à nous.
- Speaker #3
Oui, parce que le titre a été enregistré, il était déjà sur toutes les plateformes, il était déjà sur YouTube. Vous avez fait des vidéos sur Instagram, TikTok à plus d'un million de vues.
- Speaker #0
Oui, oui. Bon, ça, ce n'est pas monétisé, mais tout ce qui était...
- Speaker #3
C'était vraiment bonheur que ce n'était pas là. Mais même au niveau des streams, ça s'est compté en milliers, je crois. Oui,
- Speaker #0
oui, ça s'est compté en centaines de milliers.
- Speaker #4
Presque un million.
- Speaker #0
Et du coup, celui-là, on a dû le supprimer de titre. On l'a supprimé de toutes les plateformes. On l'a réenregistré, on a enlevé le riff qui... très connu qui posait problème, on en a mis d'autres, un autre, et on l'a ressorti comme ça. Et là du coup...
- Speaker #4
Et au final, ce qui est bien, c'est que ça a tout aussi bien marché, les gens ont tout aussi kiffé le son, parce que le nouveau riff, il envoyait, et puis les paroles c'était les mêmes, il n'y avait que le riff qui changeait quoi. Et du coup c'est cool parce que le son a marché quand même, donc on est très contents du résultat finalement, même si ça a été chaud.
- Speaker #3
Et je trouve que c'était... Ce qui était très compliqué je pense pour vous, c'est que toute cette histoire a eu lieu juste avant la sortie du disque en fait.
- Speaker #4
Du coup c'était un peu un... À un moment donné c'était un stress de ouf, on l'a enlevé des plateformes, on s'est dit putain, du coup on est dans la merde, on va même pas pouvoir sortir ce son, parce qu'au début on n'a même pas pensé à changer le riff, on s'est dit non, ça va pas le faire et tout, il restait un mois avant la sortie du truc, et finalement on s'est posé dans le garage à quatre, on a dit vas-y, il faut qu'on trouve un nouveau riff qui envoie et que les gens kiffent tout autant, et puis voilà on a trouvé le truc qui allait bien
- Speaker #0
C'est la Maria qui a trouvé.
- Speaker #4
La Maria. La magie. La magie de l'accordéon.
- Speaker #3
Et donc aussi, cette chanson, vous avez fait connue parce qu'on a vu plein de vidéos sur des réseaux. Vous êtes dans les rues, par exemple, de Montpellier, mais aussi d'autres villes. Et qu'est-ce qu'on voyait sur ces vidéos ? Parce que c'était quand même un concept assez intéressant.
- Speaker #4
Ah, dans la rue ?
- Speaker #3
Ouais.
- Speaker #4
Le prank, tu veux ? Ouais,
- Speaker #3
ouais,
- Speaker #4
ouais. En gros, nous, dans la rue, dès qu'on a commencé à faire des shows de rue, il y a deux, trois ans déjà, et on a eu l'idée avec Léo parce que... Quand on était plus jeunes, quand on avait je sais pas de 10 à 15 ans, on faisait du hip hop, surtout lui il faisait de la danse hip hop. Et on sait que dans les rues, les gens s'arrêtent beaucoup pour les danseurs. Les gens s'agglutinent souvent, pas que à Montpellier. Les gens ils kiffent les danseurs, du coup ils s'arrêtent facilement, mais moins pour les chanteurs. Et du coup on s'est dit on va créer un truc où on va faire style qu'on est des danseurs. Donc en fait on crée une genre de petite choré au début en show de rue, un échauffement et une petite choré où on fait semblant d'être des danseurs. Du coup les gens s'arrêtent assez facilement. Et après on leur dit qu'en fait on est deux frères, qu'on n'est pas des danseurs, on est des chanteurs et on va leur faire nos quelques petites chansons. Et en général les gens restent et c'est que là qu'arrive le... Là c'est un premier prank on va dire parce que voilà on fait style...
- Speaker #0
En fait on fait des blagues quoi.
- Speaker #4
On fait des blagues. Et le deuxième prank c'est qu'on dit qu'on va prendre des musiciens au hasard dans la rue. Et on dit « Oh qu'est-ce que vous avez madame dans le dos là ? Ne serait-ce pas un accordéon ? » Et en fait c'est notre daronne mais personne ne le sait du coup on fait venir notre daronne. elle met l'accordéon, elle le branche, on a dit ok on va tester un truc ensuite on dit oh monsieur vous avez quoi une guitare putain mais c'est incroyable venez avec nous si ça vous dit, il vient il branche la guitare et puis voilà on teste, on fait semblant de tester un truc en impro alors que c'est pas de l'impro.
- Speaker #3
Oui les gens ils adorent et puis après vous dites la vérité et alors comment ils réagissent ?
- Speaker #4
en général la moitié voit que c'est faux mais l'autre moitié ils sont... il y en a qui se font avoir. Oui il y en a plein qui se font avoir du coup les gens en général ils sont Ils sont espantés un peu, ils font « Oh ! » .
- Speaker #0
incroyable et voilà de faire ça ce qui m'arrange c'est qu'après on a filmé ça On a filmé ça avec des potes à nous, des gens qui nous filmaient en train de faire ces shows de rue. On les a postés sur le réseau et c'est là qu'on a eu beaucoup de retours. On a eu beaucoup de visibilité avec ces vidéos. Les gens, ils ont bien aimé. Je ne sais pas, il fait le fait qu'on aille dans la rue, qu'on prenne un peu des risques et que ce soit... C'est ludique, tu vois, c'est un peu un concept...
- Speaker #3
Complètement, et puis vous n'avez pas... La dernière show de rue, vous n'avez pas fait pendant le festival de Demi-Porsio ? Si,
- Speaker #4
si, ouais, ouais.
- Speaker #0
le demi festival. En fait de base on a fait ça parce qu'on n'avait pas de concert. Personne ne nous voulait en concert. On a toqué à toutes les portes de Montpellier, personne n'a voulu nous prendre et on en avait marre d'attendre en fait. On faisait des trucs sur internet qui marchaient pas trop, on en avait marre d'attendre, on s'est dit vas-y pourquoi on n'y allait pas parce que tu sais dans la rue à Montpellier il y a souvent des gens qui font de la musique. Donc on s'est dit on va faire du rap dans la rue. On a trouvé tout ce petit concept là. Mais ça a mis longtemps avant de marcher parce qu'on a fait ça pendant deux ans et c'est qu'après que les vidéos ont marché.
- Speaker #4
Et on l'a fait pas beaucoup de fois parce qu'au début ça nous faisait peur de faire ça quand même. D'aller dans la rue c'est encore plus stressant qu'un concert quoi. Parce qu'un concert c'est prévu, les gens ils sont là pour voir un concert alors que dans la rue y'a personne qui t'attend. Les gens ils sont là pour aller d'un point A à un point B ou de visiter la ville mais ils sont pas là pour écouter un concert. Enfin pour écouter des gens chanter du coup c'est ça le truc un peu stressant mais à force de le faire après... Après, ça va de mieux en mieux et ça te forge de ouf.
- Speaker #3
Toutes ces vidéos-là, on fait un peu un carton sur les réseaux sociaux. Parce que comme on disait, la foule, la foule, on est passé à un million de vues. Il y a des vidéos qui sont sur vos profils qui font 700 000 vues et 800 000 vues. Vous avez un compte sur Instagram qui a 45 000 personnes qui vous suivent. Sur TikTok, presque 47 000 personnes qui vous suivent. Vous postez quand même plein plein de vidéos de vous, c'est ça qui vous fait connaître pas mal en fait, c'est ça qui vous a bloqué pour vous aussi d'avoir des dates ?
- Speaker #0
Ah oui, carrément.
- Speaker #3
Et donc je voulais savoir quel est votre rapport aujourd'hui aux réseaux sociaux, est-ce que c'est quelque chose qui vous fait plaisir, est-ce que c'est vraiment un levier puissant mais ça est devenu plus du boulot ? Comment vous voyez les réseaux sociaux ?
- Speaker #0
C'est toi qui réponds.
- Speaker #4
Alors moi je vais dire que c'est quand même pas mal du boulot et c'est vrai que du coup depuis que les réseaux sociaux, on va dire que ça marche un peu pour nous et que c'est grâce à ça qu'on arrive à trouver des concerts. C'est vrai qu'on est très actifs et du coup je passe beaucoup de temps à faire des montages de réels et c'est pas le truc le plus kiffant on va dire parce que c'est du coup tu t'éloignes un peu de la musique, tu t'éloignes le fait de créer, d'écrire des sons. Il y a eu une période là de cette dernière année vu que ça marchait un peu plus sur les réseaux, j'étais vraiment à fond montage et du coup là j'aimerais bien essayer de me rééloigner un peu de ça pour me remettre à fond dans la musique parce qu'on veut sortir un EP prochainement donc il va falloir qu'on se remette à... à écrire et c'est vrai que ouais c'est les réseaux c'est quand même un truc assez stressant parce que du coup quand tu postes une vidéo souvent tu as envie qu'elle marche et du coup c'est un peu un truc qui peut te faire devenir fou qui peut te faire devenir fou des fois donc faut rester faut
- Speaker #0
réussir à s'en éloigner quand même et à s'en détacher c'est ça parce que ouais quand tu as mais c'est comme tout quand tu as des trucs qui montent assez rapidement crée de la dopamine, donc tu vois, tu es à fond. Et quand tu as des choses qui marchent un peu moins bien, c'est comme tout, ça te...
- Speaker #3
Et souvent, comme on dit, ça marche un peu moins bien. Vous avez fait une vidéo qui a fait 700 000, l'autre, elle a fait derrière 50.
- Speaker #0
Ce qui est génial.
- Speaker #3
Comme l'autre, elle a fait plus.
- Speaker #0
Exactement. Donc, il faut vraiment s'en détacher.
- Speaker #4
Il faut garder les pieds sur terre et pas trop se prendre la tête.
- Speaker #0
Mais lui, il a tendance à... Elle me prend de la tête ? Mais en même temps c'est lui qui monte et qui mange donc... Ah oui, mais bien sûr c'est lui ! Non mais c'est clair, moi je suis plus tranquille.
- Speaker #4
Lui il fait d'autres trucs, il fait les stories, en fait on a tous les deux nos... On se partage vraiment les tâches.
- Speaker #0
On partage les tâches, même si je vais voir... J'en fais un petit peu aussi, chacun fait un petit peu des trucs. Du coup moi derrière, je parle... Je fais de l'ADH, ou je fais de la recherche de texte, de thème...
- Speaker #4
Il organise les clips, la recherche de thème... Souvent lui qui trouve les thèmes. On a chacun notre truc.
- Speaker #3
Chacun se prend la tête pour d'autres choses.
- Speaker #0
Mais en tout cas, ce qu'il y a, pour revenir juste aux vidéos, c'est que, donc, certes, c'est ça qui nous a créé de la visibilité et qui fait qu'on a des concerts, qu'on a des retombées et tout ça. Mais il faut arriver à s'en détacher parce que sinon, tu pètes un plan, en fait.
- Speaker #3
Et comment on fait ça pour vous détacher ?
- Speaker #0
On ne l'a pas fait encore.
- Speaker #4
Pour l'instant, on n'a pas le remède miracle, je crois.
- Speaker #3
Vous n'avez pas de conseil à donner ? Moi,
- Speaker #4
c'est la méditation. Moi, je fais de la méditation. mais du coup Du coup, quand je fais trop de montage, j'oublie la méditation. Donc il faut que je reprenne, il faut que j'en fasse plus souvent. Il faut que je sois bien assidu là-dessus. Je pense que ça m'aide un peu à me détacher et à être plus tranquille. Avec mes pensées.
- Speaker #3
Et comment vous organisez alors pour faire ces vidéos sur les réseaux sociaux ? Vous avez des plannings, vous faites des brainstormings ? Ou c'est un petit peu, ah tiens on a une idée, on y va ? Nous on est un peu à l'arrache.
- Speaker #4
On est un peu à l'arrache, mais ça va quand même. On a un tableau, on note tous les trucs qu'on doit faire, on va dire dans la semaine, mais c'est un peu à l'arrache quoi, je vais faire ça, après je vais faire ça. Il y a des gens qui ont des trucs, à 9h je fais ça, à 10h je fais ça. A 14h je fais ça.
- Speaker #3
Je suis curieuse de savoir s'il arrive à le faire.
- Speaker #0
Non mais lui il est quand même très méthodique. Oui, par contre je note tout. A chaque fois que je sais que... Heureusement qu'il est là, parce que moi je suis bordélique. Grâce à lui on arrive à avoir une certaine...
- Speaker #4
Même si je suis quand même pas... je suis méthodique mais c'est quand même un peu le bordel.
- Speaker #0
L'internet il est satisfait c'est tout. En vrai c'est pas mal.
- Speaker #3
Est-ce que vous faites ce qu'on appelle le veil réseau sociaux ? Vous pouvez garder un peu de compte pour voir ce qu'ils font les autres.
- Speaker #0
Oui, ça oui, je le fais beaucoup.
- Speaker #3
Et combien de temps vous passez sur les réseaux sociaux ?
- Speaker #0
Moi, beaucoup trop.
- Speaker #3
J'ai regardé avant pour vous dire, en moyen, un Français, en moyen, il passe 30 minutes sur Instagram, mais presque une heure sur TikTok.
- Speaker #4
Ah ouais ?
- Speaker #3
Et vous, vous êtes où par rapport à ça ?
- Speaker #4
Alors nous, c'est zéro minute sur TikTok parce qu'on n'y va pas du tout. Même si on a TikTok, on poste des vidéos.
- Speaker #3
Et ça marche comme ça ? Ouais.
- Speaker #0
Ouais, heureusement parce que alors Titox...
- Speaker #4
On y va juste pour poster nos vidéos. Par contre, sur Instagram, on y va beaucoup plus. Et on va dire surtout Léo. Léo qui, des fois, du coup, même ça lui fait un peu serré.
- Speaker #0
Mais c'est parce que c'est un problème de concentration, ça, tu vois. Moi, j'ai besoin d'être hyper...
- Speaker #4
Stimulé.
- Speaker #0
Stimulé pour être concentré. Et ça, c'est de la stimulation gratuite, tu vois. Comme tu dis, c'est de la dopamine gratuite. T'es là, tu scrolles, tu scrolles. Et dès que je vais vraiment pas bien, et que je me sens que je suis pas bien, j'arrête les réseaux. Il faut que je fasse une pause pendant un sacré moment.
- Speaker #4
Pendant quelques jours ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #4
Et après, tu repars ?
- Speaker #0
Et après, je reviens. Le plus bel. Et ça recommence ? Et ça recommence. Cercle vicieux.
- Speaker #3
Quand la foule a cartonné, vous avez vu que ça dépasse un million de vues. Qu'est-ce que vous en dites ? Vous avez su ça avant, que ça peut marcher, ou c'était une surprise ? Comment vous avez vécu ça ?
- Speaker #4
C'était une surprise. La première vidéo que j'ai postée, c'était un réel. Ça faisait un an qu'on avait fait le son déjà. Donc ça faisait déjà pas mal de temps. Et j'ai juste posté un réel pour tester en fait. Et c'était un truc où on était dans une salle où on faisait la choré avec les darons qui jouaient en direct. C'était le moment du refrain. Et c'est la première fois qu'on a eu beaucoup de vues. La première vidéo, je crois qu'elle avait fait 500 000 vues. Et du coup, on s'est dit, là, on va être obligés de surfer là-dessus parce que ça a marché d'un coup. Du coup, on a été obligés d'aller à fond là-dessus.
- Speaker #3
Vous avez fait votre planning et tout ça.
- Speaker #4
C'est là que ça a changé, c'est là qu'on a sorti le son.
- Speaker #0
C'est là qu'on a sorti le tableau aussi.
- Speaker #4
C'est là qu'on a sorti le tableau. C'est là que c'est devenu un peu plus sérieux du coup. Donc tant mieux, tant mieux pour nous.
- Speaker #3
Ça est devenu un peu plus sérieux grâce aux réseaux sociaux.
- Speaker #4
Oui, grâce au fait qu'avec les vidéos qui faisaient plus de vues, on avait des concerts. Donc du coup, ça nous poussait à être plus sérieux. Et nous, on attendait que ça.
- Speaker #3
Je pense que c'est pas récent si la vidéo est sortie. Il y avait vraiment des messages ?
- Speaker #4
Ouais, c'est pas venu direct, direct, mais au bout de quelques vidéos qui ont fait des vues, là ouais. Parce que forcément on avait plus de followers d'un coup, et du coup plus de gens voyaient notre truc. Donc potentiellement des petits festivals, des petits lieux de partout en France qui pouvaient voir ça, ça pouvait leur plaire le truc de la famille du coup qui nous contactait quoi.
- Speaker #0
Il y a un truc aussi qu'on peut dire sur ça, c'est que c'est vraiment à partir du moment... On a assumé le truc justement avec nos parents et tout, tu vois, sur scène et sur les réseaux sociaux. Parce qu'au début, sur les réseaux, on n'était vraiment que tous les deux et on ne montrait pas trop, tu vois, ce côté-là.
- Speaker #4
On ne le disait même pas, ouais.
- Speaker #0
Ouais. Et c'est avec cette vidéo, on l'a vraiment montré parce qu'ils étaient derrière nous en train de jouer. Et c'est là que ça a pris une autre tournure, c'est que les gens se sont identifiés à ça. En mode, c'est une famille, ils jouent de la musique ensemble, ils font des reprises, des concerts, des trucs comme ça. Ça nous a identifiés dans un espèce de truc là, et ça a parlé aux gens. Donc du coup on s'est créé un public sur ça.
- Speaker #1
Ça fait vraiment une singularité très très forte. Quand on s'arrête, on se dit, attends, c'est quoi ces groupes ? Et au niveau du public qui vient vous voir en concert, vous sentez que c'est un public familial aussi ?
- Speaker #2
Je pense qu'il y a un peu de tout, c'est ça qui est marrant, c'est qu'il y a des darons avec leurs enfants et puis il y a aussi des jeunes de 20 ans qui kiffent, donc c'est intergénérationnel. Même des fois des gens de 60,
- Speaker #0
70 ans, peut-être pas. Des papilles des mamies des fois.
- Speaker #1
Et ce n'est pas des grands-parents à inclure dans votre projet ? Non, ça va être...
- Speaker #2
On a notre grand-mère qui fait du tango donc... Ah bah ouais ! À un moment donné on s'était dit pour un show de rue autant on la met... On fait un prank avec la grand-mère en plus, ça peut être pas mal.
- Speaker #1
Je pense que c'est un truc à faire.
- Speaker #2
Ça peut être trop marrant.
- Speaker #1
Peut-être que ça peut être une idée pour votre prochain disque.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, apparemment, il y a un prochain disque qui se prépare. Ah, yes. Vous m'avez dit ça juste avant qu'on a commencé cette interview. Donc, je voulais savoir, alors, est-ce qu'il y a déjà des textes qui sont écrits, des musiques qui sont faites ? Je voulais tout savoir, en fait.
- Speaker #0
Oui, en fait, nous, on écrit un peu constamment. Donc, même si on a des périodes où on écrit beaucoup moins. On a réécrit beaucoup ces derniers temps. On aimerait bien sortir un nouveau projet cette année. Mais c'est compliqué parce que pour l'instant, il n'y a rien de fait.
- Speaker #2
On a enregistré quelques trucs. On a deux sons de faits, on va dire. Mais on a deux sons de faits qu'on sait qui vont être dans l'EP. Et après, on a plein d'idées, plein de bouts de texte, plein de bouts d'instru qu'il faut qu'on teste des trucs, qu'on trie et qu'on trouve les trois pépites. qui vont rentrer dans le projet. Ça, il y a les cinq en tout.
- Speaker #1
On va dire cinq titres qui vont être sur les disques. Et pour l'instant, il y a deux qui sont un peu en cours.
- Speaker #0
C'est tellement aléatoire parce que là, on en écrit des dizaines et des dizaines. Mais après, ce n'est pas forcément les meilleurs qui vont être sélectionnés. C'est juste ceux qui vont aller jusqu'au bout, c'est à dire ceux où on va trouver l'instru ou tout le monde va bien aimer parce qu'on est quatre dans le groupe. Tu vois, ça va. C'est vraiment très aléatoire. Il n'y a pas de.
- Speaker #2
Oui. En plus, on dit, enfin, ça peut être 5, mais ça peut être 7, si on a le temps. Ça peut être 10,
- Speaker #0
si on s'y met. Bien sûr. Mais voilà.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui sort quand ?
- Speaker #0
On ne sait pas du tout. On ne sait pas,
- Speaker #2
mais l'objectif, on a un objectif quand même. Ça serait février comme l'année dernière ou mars. Mars max.
- Speaker #0
Mars max.
- Speaker #2
Mars max.
- Speaker #1
Et comment vous travaillez vos textes ? Est-ce que vous avez une façon de faire ? Ça part d'un titre, d'une phrase ? Vous avez votre façon de faire ?
- Speaker #2
Il y a plein de façons de faire.
- Speaker #1
Et ces deux-là,
- Speaker #0
comment ont été faits ? Ces deux-là... Il y en a un... En fait, il y a des choses qu'on veut faire depuis longtemps. Et puis d'un coup, on tombe sur la bonne instru, on tombe sur la bonne idée.
- Speaker #2
Le bon riff que Lionel nous a fait à la guitare, qu'on a dit « Ah ouais, ça peut bien aller avec ce truc-là, ce thème-là qu'on avait pensé. »
- Speaker #1
Ça peut partir quand on tombe de la musique, d'un petit truc, d'une idée... d'une idée ou...
- Speaker #0
Des fois, moi je pars en ville par exemple et puis je vais écrire, je vais revenir avec une idée, je vais dire en fin de tiers, on va écrire sur ça machin. Ou inversement, lui aussi des fois il me propose des trucs, il dit moi j'ai écrit sur ça, sur tel instru, et puis après on se met d'accord et puis chacun écrit ses textes un petit peu de son côté ou on écrit à deux. En fait, il n'y a vraiment pas de règles. On n'a pas de méthode vraiment rodée, d'ailleurs c'est pour ça que ça prend du temps.
- Speaker #2
Ouais, parce qu'on part un peu dans tous les sens. C'est sûr que ça prend du temps.
- Speaker #0
Il faut faire un tableau. Ouais, il faut un deuxième tableau.
- Speaker #2
Un autre tableau pour ça, ouais.
- Speaker #1
Et comme on a parlé hier, juste avant cette interview pour se préparer, vous m'avez dit que ce disque va être un petit peu plus simple que le disque précédent. Et que c'est ce qui vous influence aussi, c'est la situation aujourd'hui en monde qui n'est pas toute joyeuse. Je voulais savoir comment ça s'est créé dans le monde d'aujourd'hui qui n'est pas tout gai.
- Speaker #0
Déjà... Pour moi, créer c'est ce qui me fait du bien, surtout dans des moments pas faciles, ou même dans les moments faciles, mais je veux dire, créer c'est ce qui me libère, tu vois. Je pense qu'on a tous besoin de créer quelque part, même si on se reconnaît là-dedans dans du sport, dans une activité quelconque. On essaie d'avoir pour chaque album une direction artistique. Donc là, le dernier, Bohemia, ça parlait vraiment de notre vie un peu de... de saltimbanque, de bohème, c'est à dire des gens qui commencent à prendre la route pour aller faire de la musique qui ont une vie pas vraiment bien cadrée, bien lisse comme tout le monde. Et là on est plutôt parti sur quelque chose de plus... Sociétal. Sociétal. Pour sortir les grands mots. Sociétal. Parce qu'il se passe tellement de choses aujourd'hui autour de nous. Il peut être chiant comme la géopolitique ou des trucs comme ça. En fait, nous, on est bombardés d'informations tout le temps et on en parle beaucoup surtout. Et on va essayer de synthétiser ça avec nos briefs de vie.
- Speaker #2
avec ce qu'on en pense et ce qui nous tienne à cœur, nos idées qui sont profondes en nous.
- Speaker #0
Ça nous parle beaucoup. Après, il faut toujours que ça parle de nous, parce que les gens s'identifient à ça. Mais ça va être, je pense, un projet un peu plus engagé, déjà.
- Speaker #2
C'est bien flou, mais...
- Speaker #0
C'est bien flou, mais c'est normal, c'est flou, c'est le début.
- Speaker #2
On saura dès qu'on entendra l'EP, c'est ça ?
- Speaker #1
Tu avais déjà les titres, ou pas ?
- Speaker #0
Pas du tout. Non, mais là, pour l'instant... Le titre de l'album ?
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
On a une bonne idée.
- Speaker #2
Il a une idée.
- Speaker #0
On ne va pas le dire. Pourquoi pas ? On ne peut pas le dire. Parce que ce n'est peut-être pas ça qui va sortir. C'est bien, ça garde un petit peu de... Personne ne vous dira,
- Speaker #1
vous avez dit donc carrément.
- Speaker #2
Il faut quand même avoir un petit suspense.
- Speaker #1
Ok, on garde le suspense. Un disque plus sombre, plus engagé, qui parle quand même de vous, mais qui reflète un peu la situation actuelle.
- Speaker #0
Oui, c'est ça un peu. Parce que moi je dis ça, mais en vrai, les textes qu'on écrit, est-ce que c'est là-dedans qu'on parle ?
- Speaker #2
Bah si, toujours, parce qu'on parle quand même de l'actualité, de ce qui nous tracasse, du monde dans lequel on vit, ce qu'on dénonce, ce qui nous saoule.
- Speaker #1
Vous allez dire un peu géopolitique, est-ce que c'est vraiment quelque chose qui vous inspire, la géopolitique ?
- Speaker #0
En fait, ouais.
- Speaker #1
C'est plus ce qui vous tracasse.
- Speaker #0
Non, c'est parce que je pense que... On a été... On a des parents, tu vois, même, ou une famille un peu engagée dans tout ce qui est social, associatif, des trucs comme ça. Donc ça nous a toujours... On a baigné un peu là-dedans.
- Speaker #1
Vous avez fait des bonnes évoluaves, par exemple ?
- Speaker #0
Ouais, un petit peu, ouais. Nos parents, ils ont vachement été là-dedans. Alors nous, pas trop, parce que nous, on est plus... Mais on a ce truc-là de... On va souvent au manif. Tu vois, on aime bien relier même sur nos réseaux sociaux des trucs un peu engagés. D'ailleurs, des fois, ça nous dessert parce qu'on sait que les artistes, plus ils ne disent rien en termes de position, plus ils passent bien dans le mainstream, on va dire, pour tout public.
- Speaker #2
Parce qu'il y a plein de gens qui...
- Speaker #0
En fait, c'est normal, tu prends des positions, donc du coup, il y a des gens qui t'aiment moins. Mais nous, on a vraiment envie de rester là-dedans. On a vraiment envie de dire des trucs dans nos textes qu'on ne soit pas lisses et qu'on ne soit pas surtout...
- Speaker #2
Même si ce n'est pas aimé par tout le monde.
- Speaker #0
Voilà, on préfère garder une espèce de liberté de dire ce qu'on veut. Et ça c'est chaud en vrai. Parce que quand tu commences à te faire un public sur une chanson telle que La Foule, La Foule c'est quand même quelque chose d'assez accessible, même si on essaie de dire un peu des trucs dedans. C'est un public très large, donc quand tu te fais un public très large, après c'est dur de revenir à quelque chose de plus pointu et de plus engagé. Parce qu'ils vont dire « Ouais, mais moi je n'étais pas connu faire ça. »
- Speaker #2
Je ne suis pas d'accord avec ces idées, du coup je me désabonne.
- Speaker #1
Je pense que ce qui se passe aussi pour beaucoup d'artistes, c'est que ça évolue. Donc le public, soit il adhère, ça peut arriver que votre public adhère à votre premier disque, ça les a plu. Le deuxième, il est différent, ce n'est pas leur truc. Je parle toujours d'émeu à la première. Il y aura peut-être de nouvelles personnes qui arriveront au cours de la... Certainement, même, je pense.
- Speaker #2
C'est ça le but,
- Speaker #0
oui. On le voit, tu vois, les artistes dans le monde d'aujourd'hui, là. C'est très important, je trouve, c'est très important qu'ils prennent la parole sur des sujets qui nous concernent tous.
- Speaker #1
Vous, c'est quoi les sujets, par exemple, qui vous touchent le plus ?
- Speaker #2
Par exemple, en ce moment, le génocide de Gaza, ce qui se passe à Gaza, le fait que... Il y a des artistes qui arrivent à dénoncer ça et comme Youssef Swaz qui arrive carrément à partir sur une flottille pour essayer de d'aider ces gens là qui meurent de faim et qui sont carrément dans la merde quoi. Et du coup ces artistes là ils sont forts quoi, je trouve qu'ils ont raison de faire ça et c'est incroyable de pouvoir faire ça, d'arriver à le faire et c'est pas donné à tous les artistes donc bravo à ceux qui arrivent à donner leur voix pour ça.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'il y en a qui pourraient le faire et je pense que c'est très important parce que quand tu es un artiste, tu as quand même des gens qui t'écoutent, qui te regardent. Donc, ce n'est pas que tu influences, mais si tu vas pouvoir semer une graine dans chaque esprit et de le faire, je trouve que c'est important. Il y en a qui ne le font pas pour... pour leur carrière ou parce qu'ils n'ont pas envie, parce qu'ils pensent que ce n'est pas leur rôle. Justement, il y en a plein qui disent ça. Alors que c'est tout à fait le rôle d'un artiste d'avoir des positions et de ne pas avoir peur de les dire.
- Speaker #2
Et c'est aussi que si on ne le fait pas, presque on a l'impression que nous on est là, on est dans notre petite vie, on essaye d'être connu et de faire des concerts et d'avoir une vie d'artiste, avoir une vie de strass et de paillettes, mais qu'à côté... Il y a des pays où il y a des gens qui meurent de faim. C'est bien d'en parler quand même, d'essayer de dénoncer, de faire entrer dans la tête aux gens ce qui se passe sur la Terre.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Je pense que le truc de l'artiste, en plus je dis artiste, mais je n'aime pas du tout ce mot. Ah oui,
- Speaker #1
tu n'aimes pas le mot artiste ? Non,
- Speaker #0
pas trop. En fait, ça a changé ces derniers temps. L'artiste, ce que je trouve, c'est flou. Ça ne veut pas dire grand-chose, artiste, pour moi.
- Speaker #1
Donc vous décrivez que...
- Speaker #2
T'as peur que ça fasse trop le mec qui se la pète un peu de dire artiste ?
- Speaker #0
Non c'est pas ça. Non c'est pas ça ? Artiste c'est flou pour la plupart des gens en fait. Artiste les gens ils pensent que c'est un truc... Tu sais genre t'es...
- Speaker #2
T'es un hélas artiste.
- Speaker #0
Alors t'en fais rien du tout. C'est juste que t'as travaillé un truc. T'as travaillé un truc et tu montres ce que t'as travaillé. C'est comme tout genre un maçon ça peut être un artiste pour moi tu vois. N'importe quoi, en fait tu peux tout mettre en tant qu'artiste, c'est juste que tu travailles quelque chose.
- Speaker #1
Peut-être qu'il faut qu'on t'ajoute artiste musicien.
- Speaker #0
Ouais, voilà, par exemple. Mais pour la plupart des gens, dans l'inconscient des gens, artiste c'est un peu le truc, on ne sait pas, ils ont des talents cachés qui viennent de on ne sait où, alors que c'est juste que tu as travaillé un bail.
- Speaker #1
Ouais, donc tu as l'impression que c'est un mot qui ne montre pas tout ce côté de boulot derrière, que c'est juste facile, que tu es inspiré.
- Speaker #0
Ouais, genre tu as... T'as un don de je ne sais où alors qu'il n'y a pas de don du tout.
- Speaker #2
C'est du travail.
- Speaker #0
N'importe qui peut faire, je pense, après chacun a ses aptitudes, c'est sûr, mais n'importe qui peut travailler quelque chose fort s'il l'aime et puis ça peut donner quelque chose de bien.
- Speaker #2
Et c'est sûr que nous, ça nous a peut-être aidé d'avoir baigné depuis qu'on est tout petits où on suit nos parents faire des concerts. Oui,
- Speaker #1
j'allais vous demander, est-ce que vous êtes partis aussi avec vos parents en tournée ?
- Speaker #2
Oui, quand on était petits, carrément, c'est ça je pense qui nous a donné. Moi, j'ai commencé la batterie quand j'avais... Quand j'avais 9 ans, et puis avant ça on allait sur leurs concerts, même à un moment donné, quand j'avais 9 ans, toi tu devais avoir 11 ans, on est partis sur une tournée en Bretagne aussi d'ailleurs, comme je disais tout à l'heure, là on en a fait une cet été avec eux, et 20 ans en arrière c'est nous qui allons, on était gosses et on est partis faire une mini tournée où ils ont fait une dizaine de concerts dans des bars, et ça c'est des souvenirs de ouf, et c'est sûr que ça aide aussi pour se lancer là dedans parce que ça nous a fait kiffer.
- Speaker #1
Vous vous en faites monter sur scène avec eux, quand vous étiez petits ?
- Speaker #2
Pas forcément,
- Speaker #0
je crois pas. En fait, nous on était tout le temps là, on dansait, on était devant, on faisait les cons quoi.
- Speaker #2
De toute façon c'était des petits concerts, il y avait 30 personnes donc ça devait...
- Speaker #1
Ça m'empêche pas que vous auriez pu monter sur scène.
- Speaker #0
Ouais ouais, mais en fait moi je faisais pas de musique déjà. Moi j'ai jamais réussi à faire un truc.
- Speaker #2
Toi tu dansais ?
- Speaker #0
Moi je dansais moi. Depuis très petit je dansais. Et lui il a fait de la batterie mais ouais non on a jamais fait... Moi aussi on a peut-être des vidéos dans des buffs entre familles parce que... On a une grande famille aussi qui font de la musique. Tout le monde fait de la musique dans nos oncles, nos tantes, nos cousins. C'est vraiment une volonté de notre grand-père à l'époque.
- Speaker #2
On a notre daronne, elle a trois frères et soeurs qui font de l'accordéon aussi. Ils sont quatre, ils en ont tous, ils sont neuf dans une fratrie de neuf. Et je crois qu'ils sont quatre à faire de l'accordéon. J'ai un cousin qui fait de l'accordéon, son frère qui chante, ils ont un groupe ensemble. Nos saxos,
- Speaker #0
ils ont tous des groupes. C'est vraiment l'histoire de famille,
- Speaker #1
la Riffenomen. C'est l'histoire de grande famille. Tu disais tout à l'heure que même un maçon peut être un artiste. Mais tu disais ça pas juste comme ça. Parce que par la musique, vous avez aussi un autre métier. D'ailleurs, vous revenez de chantier. On voit vos bras, il y a de la colle.
- Speaker #2
En fait, je suis venu à Montpellier il y a 11 ans de ça pour mes études. Parce que je suis charpentier, charpentier couvreur. Et donc à côté, j'ai toujours fait de la musique. Mais je faisais aussi des études de charpente. Et dès que j'ai fini mon BTS ici, j'ai kiffé la ville donc je suis resté là et du coup j'ai travaillé pendant 7 ans dans des entreprises. Et puis là depuis 3 ans je me suis mis à mon compte et voilà. Et puis là avec Léo maintenant on bosse ensemble en charpente, donc on fait des toits et on fait des terrasses en bois aussi. Et lui il est passé par un autre chemin.
- Speaker #1
C'est quelqu'un qui nous regarde, a besoin de faire le travaux, un concert. Si vous voulez un toit,
- Speaker #2
une terrasse en bois, appelez-nous. On vous fait la terrasse en bois et après on fait le concert sur la terrasse en bois, ça va être incroyable.
- Speaker #1
C'est un concert à lancer !
- Speaker #2
Ça peut être pas mal en vrai, bonne idée.
- Speaker #0
On fait la terrasse, on fait le concert.
- Speaker #2
Et toi, comment ton parcours alors ?
- Speaker #0
Moi c'est pareil, j'ai fait un peu de tout. En fait, après le collège... L'école, je n'y arrivais pas trop, du coup j'ai fait vite un truc manuel, j'ai fait de la maçonnerie. Après, c'était un peu dur de faire ça dès le début, donc du coup j'ai fait de l'animation, parce que j'aimais bien le sport. J'ai fait coach fitness parce que je venais de la danse, j'en ai fait pendant longtemps, donc du coup j'ai fait ça un moment. Et après je suis revenu avec lui faire de la charpente, parce que c'était cool de pouvoir... J'avais ça et lui il avait monté son entreprise, donc on fait ça à deux. Et puis ça nous permet aussi d'être... on n'a pas de patron, enfin c'est nous notre propre patron. Donc du coup quand on veut on travaille, on fait un peu des sous et après on réinvestit tout dans la musique. On va vite retravailler parce qu'on n'a plus de sous, on fait ce qu'on veut et ça nous permet de pouvoir bosser beaucoup la musique à côté.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des choses similaires entre faire des travaux et faire de la musique ? Ou pas du tout ? Est-ce que c'est une sorte de l'art comme tu disais ? Oui,
- Speaker #0
moi je trouve que c'est ça. parce que Quand tu...
- Speaker #2
Il faut que tu réfléchisses aussi, il faut que tu te prennes la tête, il faut que tu rentres ton chantier, il faut que ce soit propre et nickel. Donc, et quand tu fais une musique, c'est un peu pareil. Il faut qu'elle soit propre et qu'elle soit cool. Ouais. Enfin non, c'est différent, mais il y a des trucs qui se rejoignent dans le cerveau.
- Speaker #0
Il y a des trucs qui se rejoignent dans les caractères, c'est à dire que lui, il est très minutieux et il est très, comment on dit, cartésien. Lui, il aime bien quand c'est bien rangé, quand c'est bien carré, quand tout est... Il est bien foutu, donc ça on le retrouve dans son côté artiste, donc quand il fait de la musique, et pareil sur le chantier. Il a les mêmes caractéristiques, et qui fait que ça matche bien avec moi, parce que moi je suis plutôt bordélique, et je suis plutôt celui qui a plein d'idées d'un coup, mais qui va trouver... Je vais proposer plein de trucs, et lui il va dire, ah tiens c'est ça, tu vois.
- Speaker #1
C'est bien, ça marche bien entre vous.
- Speaker #0
Et ça marche bien dans la musique et sur le chantier. Bon, il faudrait peut-être qu'on fasse ça, qu'on arrive à séparer à un moment donné. En tout cas voilà c'est ça qui...
- Speaker #2
On se complète assez bien. Par exemple moi je sais que quand il y a des obstacles, des trucs qui ne se passent pas forcément bien, moi ça peut assez vite me faire stresser. Et lui il le prend plus comme un challenge et comme un truc... T'inquiète mon gars c'est normal, il y a tout le temps des tracas.
- Speaker #1
Parce que toi c'est pas selon ton plan, mais toi comme il n'y a pas de plan tu dis bon bah...
- Speaker #2
C'est exactement ça.
- Speaker #1
Et avec !
- Speaker #2
On va y arriver, t'inquiète mon frère. Et en général c'est ça qui nous aide aussi.
- Speaker #0
Ouais de fou on est tellement différents.
- Speaker #1
Et là, vous êtes tout juste devenu intermittent de spectacle.
- Speaker #2
Oui, ça y est. Depuis ce mois-là. Depuis ce mois.
- Speaker #1
Félicitations.
- Speaker #2
Merci. Merci, merci.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que ça change pour vous, pour tous ceux qui ne connaissaient pas cette statue d'intermittent ?
- Speaker #2
L'intermittent, c'est une statue incroyable qui existe en France et je crois que c'est le seul pays à faire ça. Il y a la Belgique aussi.
- Speaker #1
Il y a la Belgique, mais c'est une statue d'artiste.
- Speaker #0
En France, c'est quand même quelque chose qui est assez poussé, qui est bien foutu.
- Speaker #2
En gros, c'est un statut... Si tu arrives à faire plus de 43 concerts dans l'année, plus de 43 cachés, donc de 43 concerts où tu as été payé, que ce soit des dates, ça peut être aussi des répètes payées, quoi que ce soit, tant que tu as 43 cachés, l'année d'après tu vas pouvoir être à Pôle Emploi en gros, mais Pôle Emploi va te donner une indemnisation tous les mois pendant un an, donc pour t'aider à continuer ton projet et à continuer à faire ça.
- Speaker #1
Oui, en estimant que vous avez des périodes de création. C'est pour ça que vous avez cette indemnisation, comme vous dites. Mais vous continuez à faire vos concerts parce que cette année, c'est encore challenge de refaire les 43 échelles pour garder ces statues là.
- Speaker #0
C'est ça exactement. Mais non, c'est super bien foutu et ça te permet de pouvoir faire ton activité artistique.
- Speaker #2
Ta passion ?
- Speaker #0
T'es artistique beaucoup mieux quoi, avec beaucoup plus de...
- Speaker #1
De temps, de la sécurité. Vous allez peut être avoir moins de temps pour... Vous allez avoir du temps pour faire des chantiers, mais peut-être...
- Speaker #2
Oui, passer moins de temps, c'est notre but, c'est de faire que de la musique. Du coup, on pourra cette année passer un peu moins de temps à faire des chantiers et plus à faire de la musique. Et c'est ça qu'on veut, donc c'est tout bénef.
- Speaker #1
C'est super, félicitations. Vous allez avoir plein de temps pour justement préparer cette mini-album dont les titres, vous ne voulez pas me donner, qui arrive en février ou en mars 2026. Il y a déjà un concert prévu ?
- Speaker #0
On réfléchit à la release.
- Speaker #2
Ah oui pour la release !
- Speaker #0
La release de l'année dernière, on l'a fait aux jeunes. Et là on réfléchit encore.
- Speaker #2
On a des idées.
- Speaker #0
On a des idées, il y avait peut-être...
- Speaker #2
À Montpellier toujours.
- Speaker #0
Super ! Comment ça s'appelle, on peut le dire... Les altropismes peut-être. Ou un autre lieu encore, on ne sait pas. On va voir.
- Speaker #1
Si vous avez une salle de concert, vous en avez gardé. Vous pouvez vous manifester. Et si vous avez une terrasse à aller refaire, on peut tout faire.
- Speaker #2
On fait la terrasse et la release on la fait après, sur la terrasse.
- Speaker #1
Merci Léo et Tonio pour cet échange je suis très contente que vous étiez mes invités Merci beaucoup à toi pour l'invitation c'était incroyable C'était cool de ouf Merci Vous avez écouté le podcast carrément. Si ça vous a plu et vous voulez me soutenir, c'est très, très simple. Sur YouTube, vous pouvez liker ou commenter. Sur toutes les autres plateformes, vous pouvez vous tout simplement abonner. Comme ça, vous ne loupez pas le prochain épisode. Et vous pouvez aussi partager cet épisode auprès de vos amis, de vos voisins, des gens que vous connaissez. Ça m'aide à me faire connaître. Moi, c'était Eva. Je vous donne rendez-vous dans deux semaines. À bientôt.
- Speaker #3
Carrément