- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, moi c'est Eva, bienvenue dans Carrément. Dans ce podcast, j'accueille des artistes de tous les horizons, du rock, du rap, de la chanson et même du beatbox. Aujourd'hui, j'ai un invité très très spécial, Pac Max, champion du monde du beatbox. Je suis honorée. J'ai un peu la pression.
- Speaker #1
Bonjour, c'est moi qui ai la pression. Merci beaucoup de me recevoir.
- Speaker #0
Je suis très contente que tu aies accepté mon invitation. Bienvenue Max.
- Speaker #1
Merci, ça me fait plaisir.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on va parler du beatbox. Mais de ton parcours aussi, tu vas nous expliquer comment on devient champion du monde.
- Speaker #1
C'est vrai, je peux faire ça.
- Speaker #0
C'est parti. T'as-tu dit comment ? Carrément. Carrément. T'as-tu dit comment ? Carrément. Donc Max, t'es champion du monde des beatbox. Et la première question c'est, comment tu expliques à ta grand-mère c'est quoi beatbox ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Je pense... Ce qui est bien, c'est qu'il n'y a pas qu'à ma grand-mère que j'ai besoin d'expliquer c'est quoi le beatbox. Parce que ce n'est pas si répandu que ça. Il n'y a pas tant de gens que ça qui savent ce que c'est. Mais le beatbox, en très bref, c'est l'art de faire de la musique avec sa bouche ou son corps. En général, c'est plutôt la bouche. Et c'est aussi simple que ça. C'est-à-dire que ce n'est pas juste une imitation d'instrument. Il y a l'imitation d'instrument. Mais c'est... Ça va plus loin que ça au point de créer des nouvelles sonorités qu'on ne peut faire qu'à travers le beatbox, qu'avec la morphologie de tout un chacun.
- Speaker #0
Et ça y est, ta grand-mère comprend ce que tu fais ? Oui,
- Speaker #1
ça va. Je pense que maintenant elle y est habituée. Elle m'a entendu beaucoup en faire en vacances. Donc bon, ça va. Je n'ai plus besoin de le réexpliquer à chaque fois.
- Speaker #0
Ça va, c'était pour ma grand-mère alors.
- Speaker #1
Parfait.
- Speaker #0
Alors, comment le beatbox est arrivé dans ta vie ? À quel moment tu t'es dit en fait j'ai envie de faire de la musique avec ma bouche ?
- Speaker #1
Je crois que je ne me suis jamais dit j'ai envie de faire du beatbox ou de la musique tout court. J'ai toujours voulu faire de la musique quand j'étais petit, je voulais faire du piano ou de la batterie. Mais mes parents n'avaient pas assez d'argent pour me payer des cours.
- Speaker #0
C'est pour ça beatbox ?
- Speaker #1
Un petit peu techniquement. Mais il y a 12 ans, il y a même bientôt 13 ans. J'ai découvert sur YouTube le groupe d'Acapella Pentatonix avec un cover medley des Daft Punk. Et moi, j'étais tout petit et je vois ça, je suis un fou. On peut refaire des musiques produites mais qu'avec des humains, sans production derrière. Et surtout dans le lot, il y avait un beatboxer dans le groupe d'Acapella. Et j'ai vu ça, je me suis dit c'est trop bizarre, il y a un mec qui peut refaire... la batterie et tout avec sa bouche et j'ai juste commencé à imiter la vidéo, à la répéter en boucle bon ça ne sonnait pas bien c'était plus... mais moi j'étais à fond dedans et c'était hyper impressionnant et deux ans après j'ai découvert j'ai rencontré un ami à l'école qui beatboxait aussi, c'était la première personne que je rencontrais en vrai qui beatboxait
- Speaker #0
Donc là tu continuais à t'entraîner ?
- Speaker #1
Je ne peux pas dire que je m'entraînais mais j'en faisais je continuais de faire de répéter des musiques que j'entendais sur YouTube avec ma bouche. Et ce bonhomme-là, B1, qui s'appelle en nom de beatboxer, il m'a fait découvrir les battles de beatbox, les compétitions sur YouTube. Il m'a dit, va regarder Swiss Beatbox, va regarder les championnats du monde, c'est incroyable. Et là, il y a tout un univers qui s'est ouvert à moi. Genre, c'est comme si... C'est comme s'il y avait une dimension parallèle dont je n'avais jamais entendu parler, qui existait, qui sortait de nulle part, et qui pour moi était une sorte de rêve. Je ne sais pas pourquoi j'étais de suite hyper attiré par cet univers. Alors que je ne suis pas compétitif à la base, mais juste, je ne sais pas, il y avait ce truc de repousser des limites, de technicité, de musicalité, et de genre et de personnalité différente dans le beatbox qui était folle.
- Speaker #0
Et à quel moment ça a commencé à devenir un petit peu sérieux ? Où tu t'es dit, ça y est, c'est un peu sérieux.
- Speaker #1
Pas très longtemps après, parce que du coup, j'ai découvert cet univers en 2015. Et j'ai commencé les compétitions. La première compétition que j'ai vue de ma vie, c'était le championnat de France 2016. Qui était, je crois, en décembre, qui se passait à Paris, à Laplace. Et c'était l'expérience la plus folle de ma vie à cette époque-là. Je me suis dit, waouh, ok, là c'est bon, je veux faire ça, je veux être sur cette scène. Et en 2017, je faisais mon premier championnat de France. Donc ouais, c'est ça, j'ai commencé en 2017 à le prendre sérieusement et à vraiment vouloir à tout prix faire toutes les compétitions possibles. D'abord en ligne. Parce que c'est difficile, enfin c'est difficile, c'est pas que c'est difficile mais quand t'es très jeune et que t'es pas très bon en beatbox, à l'époque c'était plus compliqué d'accéder à des compétitions. Les calculs, j'avais 14-15 ans.
- Speaker #0
Ah ouais donc t'étais vraiment jeune.
- Speaker #1
C'est ça, en début d'adolescence.
- Speaker #0
Et comment on fait des compétitions en ligne ?
- Speaker #1
En ligne, donc avant Discord, il y avait TeamSpeak, et même avant TeamSpeak, du coup il y avait Ventrilo. Et Ventrilo, TeamSpeak, Discord, ça a été des repères de beatboxers depuis des générations de beatboxers maintenant, depuis quasiment le début du beatbox. Moi j'ai découvert le beatbox en ligne, je ne sais plus comment, je pense peut-être juste en cherchant sur Google, mais j'ai découvert que sur TeamSpeak il y avait un serveur. qui était dédiée uniquement au beatbox et à faire des compétitions tous les jours. Il y en avait une par jour et à la fin du mois, tu avais la compétition de tous les qualifiés des battles journaliers. Et j'ai découvert ça, j'ai trouvé ça incroyable. J'ai rencontré plein de gens de l'international dessus, plein de français. Je ne parlais pas très bien anglais mais ça m'a permis de... de le pratiquer au quotidien au final.
- Speaker #0
Mais comment ça se déroule une compétition ? Tu envoies une vidéo en amont ou tu vas faire une vidéo en live, genre comme sur Zoom ?
- Speaker #1
Il n'y avait pas de caméra sur Timmy Speed, du coup c'était que de l'audio. Et les compétitions, ce qui est bien, c'est comme si tu étais juste en appel sur Skype, mais juste avec parfois des dizaines, des cinquantaines.
- Speaker #0
C'est moins stressant qu'avec des gens que tu vois ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Non, je pense que c'est tout aussi stressant parce que c'est en ligne. En ligne, les gens sont quand même plus déchaînés et ils ne se retiennent pas de dire ce qu'ils pensent. Donc il y a ce côté qui est un peu plus stressant. Mais en même temps, tu n'es pas sur une scène devant des gens. Tu es derrière, tu es sur ton bureau, sur ta chaise, avec ton micro, moi dans ma chambre. Et ma mère était très cool avec ça en plus du coup. Du coup, ça allait, c'était pas hyper stressant. Au contraire, j'avais envie de faire des compètes, ça me nourrissait en fait le temps de réussir à accéder à la scène, on va dire.
- Speaker #0
Donc ta première vraie compète sur scène, tu te souviens ?
- Speaker #1
Si je dis pas de bêtises, ma première vraie compète, du coup ça a été le championnat de France en 2017. J'en avais fait des mini-compètes à Montpellier, on avait l'ODB avant, qui était le meilleur bar hip-hop. de la ville. Et on avait des soirées beatbox une fois par mois, puis une fois tous les deux mois. Et dans ces soirées beatbox, l'organisateur faisait des petits battles. Et moi, c'était mes premières expériences de scène en tant que beatboxer. Ça, c'était stressant. Alors que c'était minuscule, il y avait 20 personnes devant moi.
- Speaker #0
C'est un tout petit bar où les gens sont autour de la personne qui...
- Speaker #1
C'est pensif et chaud. Mais moi, ça me stressait de fou. J'étais là, je mettais des lunettes de soleil sur scène tellement j'avais peur de voir le public dans les yeux. D'ailleurs en 2017 au Chemin de France, je suis aussi arrivé avec des lunettes de soleil sur scène parce que ça me faisait peur. Et ça aide ? Et ça m'aidait à l'époque mais bon, c'est pas l'idéal. En vrai ça aide pendant un temps mais en vrai c'est pas affronter le problème réellement.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu ne mets plus de lunettes ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je n'en mets plus. Si, j'en mets un petit peu. C'est vrai ? Un petit peu, mais je n'en mets pas pour me cacher du public. J'en mets que pour la connerie ou pour le style.
- Speaker #0
Et là, tu as enchaîné plein de compétitions. Et là, tu arrives au JBB. J'ai cherché un peu d'infos. Tu n'es pas mon expert, donc tu vas me corriger si je dis des bêtises.
- Speaker #1
Pas de soucis.
- Speaker #0
Ce qu'on appelle les championnats du monde, c'est grande. Beatbox Battle qui est organisé par Swiss Beatbox depuis 2009. Et donc là, depuis deux ans, ça se passe au Japon. Donc c'est vraiment un concours international le plus prestigieux où tout le monde a envie d'y aller. Ça t'a pris combien de temps de te qualifier ?
- Speaker #1
Bon déjà, c'est un rêve depuis que j'ai découvert le GBB en 2015. Et j'essaie de me qualifier réellement depuis 2019. Ouais, c'est ça. Je crois que ma première vidéo de qualification, c'était en 2019. Et en 2019, c'était aussi le premier que je suis allé voir en vrai dans le public.
- Speaker #0
C'était où ?
- Speaker #1
C'était en Pologne. Et après, du coup, ça a bougé au Japon. Et quand je suis allé pour la première fois, je me suis dit « Waouh, je veux être sur cette scène, c'est fou » . En plus, il y avait un truc un peu marrant, c'est qu'il y avait un autre champion GBB du monde et français qui s'appelle River. Lui, c'était sa première participation au GBB en 2019. Et je le voyais et il y avait un peu de jalousie. Parce que je me disais « Ah, mais j'aimerais être à sa place » . Et en même temps, une fierté folle parce que c'était le même mec que j'avais affronté au championnat de France en 2018. qu'il l'avait gagné. Et c'était vraiment l'étoile montante du beatbox français à l'international. Et du coup, de voir ça, ça m'avait vraiment motivé à vouloir en être à tout prix.
- Speaker #0
Et tu étais prêt pour la première fois quand ?
- Speaker #1
J'ai été pris pour la première fois en 2024. J'ai mis un petit moment quand même. C'est que je n'ai pas passé les qualifications, les phases éliminatoires. Parce que du coup, dans la compétition, quand tu es qualifié... On est entre 16 et 20 participants en solo et on doit faire un passage solo de 4 minutes. Une performance de 4 minutes dont on va être classé après par les 5 jurys. Et il y en a seulement 8 qui sont pris pour les battles, quart de finale, demi-finale, finale. Et moi j'avais fini je crois 12e ou 13e. Donc pas assez, j'étais un peu déçu. J'étais un peu déçu en solo et cette année, en 2025, j'ai fini quatrième du classement. J'étais bien content.
- Speaker #0
Parce que là tu dis que tu as fini quatrième du classement, mais tu as gagné ?
- Speaker #1
Oui, j'ai fini quatrième du classement des qualifications. Et ensuite, du coup, ça m'a permis d'entrer dans la phase des battles pour gagner.
- Speaker #0
Tu as gagné dès le départ, tu étais quatrième, pas du tout.
- Speaker #1
Ah non,
- Speaker #0
Parce que l'année d'avant... Tu as quand même eu la deuxième place.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Est-ce que tu as fait un petit peu de la pression par rapport à ça ? De se dire, attends, j'étais deuxième, là il faut que je fasse mieux ou moins aussi bien ?
- Speaker #1
C'est même encore plus compliqué que ça. Parce que nous, dans le beatbox, on a la chance que ce ne soit pas très bien organisé, qu'on n'ait pas forcément de ligue ou que ce ne soit pas forcément très clair pour le grand public. C'est-à-dire qu'on a le GBB, le Grand Beatbox Battle World League, qui est le battle le plus prestigieux. Et on a le Championnat du Monde, l'officiel qui porte ce nom, mais qui est un peu moins prestigieux parce que des problèmes d'organisation à travers les années. Et donc moi, j'avais fait le Championnat du Monde officiel en 2023, auquel j'ai fini deuxième en solo. Et je me suis dit, waouh, c'est fou, c'était vraiment pas prévu. Et en 2024, du coup... je ne passe pas les qualifications du grand beatbox battle. Et 2024, c'était même une année assez plate pour moi en termes de compétition. Et du coup, après, il y a eu 2025, où il y avait cette pression de j'ai fini deuxième en 2023. Là, j'ai galéré à me qualifier, mais j'ai enfin réussi à me qualifier. En plus, je passe les phases de qualification. Donc maintenant, il faut que je donne tout ce que je peux.
- Speaker #0
Et c'était quoi le moment ? Tu me racontes que tu as mis quelques années avant de te qualifier au GBB. Et il y a un moment où tout a changé un peu. Tu dis que c'était un peu inattendu d'avoir la deuxième place. C'était ce moment-là ou c'était un autre moment où tu t'es dit, « Oh, il y a même plus que sérieux là. Là, je commence à être bon. »
- Speaker #1
Pour le coup, c'est vraiment ce moment-là. C'est en 2023. En fait, depuis 2023 et même un peu avant, j'ai commencé à beaucoup travailler avec Miscellany. sur la préparation de mes compétitions, au point où c'est devenu une sorte de coach slash stratège qui m'aide à la préparation des compétitions. Donc, par exemple, elle m'aide que soit dans les phases de création, soit dans les phases de stratégie et dans les phases de préparation de motivation. Et c'est vraiment sur plein, plein d'aspects. et depuis qu'on fait ça ensemble Il faut savoir que quand on s'est rencontrés, moi, depuis le Covid, je n'étais pas content de là où j'allais au niveau du beatbox. Et je ne voyais pas d'évolution et j'avais presque envie d'arrêter. J'avais envie de lâcher le truc. Et en se mettant à travailler ensemble, 2023, ça a vraiment été une année. C'est l'année qui m'a vraiment donné envie de continuer. Parce qu'il y a eu des championnats d'Europe où j'avais fini troisième. Parce qu'il y a eu le championnat du monde où j'ai fini deuxième et ça c'est vraiment grâce au travail acharné de Michel Hany pour le coup. Parce que pendant la compétition, entre chaque battle, on allait se mettre à part, on faisait de la stratégie, on regardait ce que faisaient les adversaires, on faisait tout. On n'était pas en mode il faut gagner. Après, pour gagner, je n'avais pas la préparation pour, mais on était en mode, il faut aller le plus loin possible. Et au final, ça a payé. Je suis allé jusqu'en finale grâce à ce travail. Donc, il y a eu ça. Il y a eu le Florida Battle, qui est un battle international assez prestigieux en Europe que j'ai gagné en 2023. Et pareil, c'était fou de voir qu'en travaillant de façon organisée et avec deux cerveaux, ça change tout. Et depuis, ça a littéralement tout changé. Il y a eu le GBB 2025, le championnat de France 2025. Et toutes les compètes de cette année sont vraiment basées sur ce travail qui a été fait. Et qu'on a continué de faire. C'est assez fou.
- Speaker #0
Donc Michel-Anne, dont tu parles, on va peut-être en parler un peu plus tard. Tu l'accompagnes aussi, parce que c'est une artiste qui écrit aussi ses textes, qui les chante. C'est une super musique R'n'B avec plein de fluence en chanteur. donc en espagnol qu'en anglais c'est juste génial je m'interroge aussi au niveau quand on s'est parlé de la stratégie justement parce qu'au début tu as dit beatbox c'est de faire de la musique mais en musique habituellement quand on voit un concert tout est préparé bossé, carré donc toi tu prépares tout est préparé mais tu es face à comme tu as dit un adversaire c'est un battle donc tu n'y arrives pas juste avec ton spectacle tout prêt tout monté Tu te fais un peu improviser ? Qu'est-ce qui se passe dans ta tête juste avant une battle ?
- Speaker #1
Une battle, ce n'est vraiment pas facile à appréhender. Pour ma part, parce qu'on ne fonctionne pas tous pareil vis-à-vis des préparations de compétition, j'essaie d'avoir un set du nombre de morceaux suffisant pour la compétition. Par exemple, pour les battles, il faut six morceaux d'une minute trente. et une qualification de 4 minutes. Dans l'idée, moi j'essaye au maximum d'atteindre ces 6 morceaux du 1 minute 30 et la qualification. Mais le truc c'est que selon l'adversaire, dans l'idée, avec Michel-Anne justement, on choisit qu'est-ce qu'on fait contre qui, qu'est-ce qui serait le plus adapté contre tel adversaire, contre tel style. Mais il y a beaucoup d'imprévus. C'est pas ce que la personne en face va faire à tout moment. Il y a des changements de stratégie qui doivent s'opérer. À tout moment, il faut improviser. C'est obligé. Enfin, c'est obligé. Ce n'est pas que c'est obligé, mais si tu n'improvises pas et que tu fais juste ton set dans ton coin sur scène, tu te laisses manger d'une certaine façon par le style de l'adversaire.
- Speaker #0
Ce n'est pas vivant. Tu ne réponds pas à la propre. Oui, exactement.
- Speaker #1
Et c'est vraiment un exercice hyper intéressant parce que c'est tout juste entre... La performance musicale et la performance théâtrale, ce qui moi me passionne là-dedans, parce que j'adore le théâtre également.
- Speaker #0
Oui, j'ai vu que tu avais fait un peu de théâtre.
- Speaker #1
Tout à fait, pendant un an et demi, à la Compagnie Maritime, c'est une super école. Du coup, il y a vraiment cet esprit, il faut que je fasse... Il faut que je montre mon univers le plus possible, musicalement, tout en me conformant un minimum, on va dire, au style du battle, pas par exemple faire des choses pas assez complexes on va dire techniques et en même temps il faut que je fasse une performance physique il faut que je sois un personnage sur scène et que je sois hyper à l'écoute de tout ce qui se passe sur scène, de mon adversaire du public, du jury et que j'utilise tout ça à mon avantage pour gagner le battle donc il faut avoir le cerveau qui va à mille à l'heure et pouvoir improviser sur le tas le plus vite possible ce qui... parce qu'il peut être très stressant d'ailleurs tu stresses ? parce que moi je te vois toujours hyper posé c'est un personnage ça dépend des compétitions bizarrement le GBB j'ai pas tant stressé que ça moins qu'au championnat de France en décembre je pense que le championnat de France vu que c'est ma première compétition c'est une que je veux gagner depuis très longtemps j'avais encore plus d'attache au fait de le gagner cette année là notamment qu'on n'en a pas eu depuis trois ans, que ça revenait. Donc pour moi, c'était assez important de le gagner. Et en même temps, ça me paraissait compliqué parce que je n'ai pas eu tant de temps d'entraînement que ça.
- Speaker #0
J'entendais une des vidéos où tu disais que ça allait être beaucoup plus difficile parce qu'il y a plus de champs que JVB qui vous présente.
- Speaker #1
Ils étaient six. On était six sur un top 40. C'est fou. Donc là, j'ai stressé avant de monter sur scène pour plusieurs performances. Mais en général, quand je suis sur scène, ça va mieux. Il y a des fois où je vais quand même être très stressé sur scène pour des raisons assez aléatoires. Mais j'essaie toujours de calmer ça ou d'utiliser ça dans le battle et de ne pas me laisser prendre par les émotions.
- Speaker #0
Est-ce que tu as une routine, un rituel avant de monter sur scène ?
- Speaker #1
En vrai, ça dépend. Je ne peux pas appeler ça une routine parce que ça varie vraiment. Mais... Un truc que j'aime bien faire quand je suis trop stressé, c'est de m'asseoir au sol, de fermer les yeux, de respirer grandement. Un truc que Michel-Anime justement m'a toujours dit, c'est pense à pourquoi tu es là, pense à pourquoi tu as envie d'être là, pourquoi tu performes ici. Et un autre truc que je fais, c'est des étirements de la colonne vertébrale. Ils font un bien flou où en fait je commence à croupir et puis je me relève d'abord les jambes tout doucement. en gardant le dos penché en avant, puis je déroule. Une séance de yoga. C'est ça, exactement. Ça fait trop du bien. Vraiment, ça me met à fond dedans.
- Speaker #0
Tu as une petite place où tu peux le faire ? Il y a tout le monde autour ?
- Speaker #1
Il y a tout le monde autour. En général, c'est plus juste avant de monter sur scène, donc en backstage, avec tout le monde qui... Enfin, ils ne te regardent pas parce que tout le monde est concentré. Mais ouais.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui fait ton style ? Qu'est-ce qui fait le style Pac-Max ?
- Speaker #1
Je pense que c'est une combinaison de plusieurs choses. Déjà... Ma présence scénique, mon côté blagueur sur scène, toujours détente. Il y a un truc pour lequel j'ai toujours voulu me battre, c'est que dans le monde du beatbox, dans les battles en tout cas, il y a beaucoup ce truc de virilisme. Ce n'est pas excessif, ce n'est pas non plus certains battles de rap que j'ai pu voir, mais quand même ce truc de « ouais, je suis le plus fort » . Il faut que je le montre. Et moi, je n'aime pas du tout ce truc un peu machiste. Du coup, j'ai toujours voulu avoir cette énergie du gentil et du blagueur, du mec qui ne se prend pas trop au sérieux, mais juste assez pour montrer qu'il a envie de gagner. Et de tourner un peu en ridicule ses performances, ses façons de performer. Ensuite, j'ai un son spécial qu'on appelle le train whistle.
- Speaker #0
Tu peux nous faire un petit...
- Speaker #1
Je peux montrer, tout à fait. Pour l'instant, je pense être le seul au monde à le faire, ce qui me fait très très plaisir. Ok. Et du coup, ça ressemble à ça.
- Speaker #0
Tu l'appelles comment, ce son ?
- Speaker #1
Je l'appelle le train whistle. Le sifflement du train, littéralement. Et en fait, ça consiste d'un sifflement avec ma voix. et j'ai plein de variations avec par exemple je peux tout et ma joue et faire et j'adore j'utilise partout et des harmonies avec faire des arpèges c'est vraiment c'est un peu ma signature et puis voilà après tout mon côté très gros bill très puissance dans les drums et groove alliés à cette présence joviale. Ça fait Pac-Max, je pense.
- Speaker #0
Comment tu cherches ou comment tu inventes les sons ? Ça t'a venu d'où, ces sons du train ?
- Speaker #1
C'est très aléatoire en vrai. Par exemple, le son du train. D'abord, j'ai découvert le sifflement en premier. Et quand j'ai découvert le sifflement, j'ai essayé de faire un son d'un autre beatboxer qui s'appelle Ballsy. Et c'était une sorte de son de laser.
- Speaker #0
Il fait quelque chose comme ça.
- Speaker #1
Et moi, j'ai essayé d'apprendre ce son, sauf que je ne comprenais pas bien comment il faisait. Moi, je faisais beaucoup de « je regarde comment la personne le fait » et j'essayais de refaire. Sauf que je refaisais mal et je faisais ça. Et j'ai découvert qu'il y avait ce sifflement, je pouvais faire ce sifflement. Et un jour j'ai un pote beatboxer qui est à la maison et il me dit essaie de mettre une voix avec. Je me dis d'accord. Et il m'a dit mais c'est un son de train mec. Je lui ai dit bah ouais. Et depuis je l'ai gardé et je l'ai beaucoup beaucoup travaillé et ça a créé plein de variantes et un son bien plus complet que juste un petit son du train. C'est vraiment tomber par hasard. Et en général, pour beaucoup de sons, pour apprendre des sons d'autres beatboxers, c'est différent. Parce que c'est où beaucoup de recherche, de position, de ta mâchoire, de ta langue, de respiration. Ou alors regarder un tutoriel et galérer pendant six mois. Mais quand c'est vraiment créer un son, je ne connais pas beaucoup de beatboxers qui ont créé un son... exprès qui ont cherché à créer un son. Moi il y en a un que j'avais cherché à créer et où je me suis dit je sais pas pourquoi si je fais ça dans telle position ça va me donner le son que je veux et c'est celui-là je sais pas pourquoi je voulais absolument faire un son de grillon qui était plus ou moins réaliste et je me suis dit si je fais ça dans cette position et que je le travaille pendant des semaines ça va marcher et je pense que j'ai passé quoi un bon 4-5 mois, faire ça tous les jours, jusqu'à ce qu'il y ait un... Bon là, il n'a pas envie d'être là, pardon, mais c'est rare, en tout cas.
- Speaker #0
Donc ça peut arriver dans ta tête, ce que tu viens de raconter, que tu aies un son très particulier, tu peux regarder des beatboxers, parce qu'il y a la musique aussi qui t'inspire, par exemple.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais, à fond.
- Speaker #0
C'est qui tes artistes ?
- Speaker #1
Eh bien, bizarrement, j'écoute plus tant de musique que ça. Il y a eu une époque où j'en écoutais beaucoup. Maintenant, je m'inspire plus du beatbox qu'avant de la musique. Mais dans les artistes qui m'inspirent...
- Speaker #0
Je ne sais pas, ou que tu écoutes en ce moment, par exemple ?
- Speaker #1
En ce moment, je n'écoute que du beatbox. C'est assez fou. Comme je vois beaucoup de beatbox en vidéo...
- Speaker #0
Mais comme tu dis que tu écoutes du beatbox le soir, sur Deezer, Spotify ou sur ce que tu écoutes... Ça m'arrive. Donc, un beatboxeur qui sort de...
- Speaker #1
Des morceaux produits Ou alors C'est des performances beatbox produites Ou alors c'est des versions Des performances beatbox mixées Ou alors des versions plus produites Mais il y a un peu de tout T'as des sons plus jazz T'as des sons dubstep
- Speaker #0
Alors les beatboxers que tu écoutes en ce moment C'est qui ?
- Speaker #1
Les beatboxers que j'écoute beaucoup en ce moment Je pense que c'est Wing C'est un sud-coréen hum que j'ai affronté en finale du GBB du coup, qui est excellent et qui fait que des morceaux ultra qualitatifs sur YouTube. D'ailleurs, il a sorti un morceau l'année dernière, qui s'appelle Dopamine, qui a fait plus de 40 millions de vues. Il l'a percé, mais waouh.
- Speaker #0
Toi, tu as dans tes projets des sorties des titres ?
- Speaker #1
Ouais. Normalement, si tout se passe bien, cette année, je vais en sortir quelques-uns, parce que ça fait des années que je crée des... des morceaux pour des compètes mais que j'en ai jamais enregistré ou sorti réellement à part pour des vidéos de qualification mais c'est pas les versions produites du coup là cette année je suis assez motivé pour faire ça parce qu'on me l'a beaucoup demandé et je pense que ça serait un bon accomplissement de 2017 c'était il y a 9 ans bah de 9 ans de travail je pense
- Speaker #0
Et donc revenons un peu au JBB, donc tu gagnes cette année, tu gagnes ta battle, c'était face à Wing la finale ou c'était face à qui ?
- Speaker #1
Ouais, c'était face à Wing.
- Speaker #0
Tu écoutes maintenant, et donc qu'est-ce que tu penses au moment où tu gagnes ? Qu'est-ce que tu penses et qu'est-ce que tu fais pour fêter ça ?
- Speaker #1
Bah déjà il y a le moment où on est sur scène et t'as le jury... qui nous tient la main à tous les deux et à cette tension de « waouh, qu'est-ce qui va se passer ? » . Moi, comme je disais, je n'étais pas du tout « prêt » à gagner cette année-là, pour plusieurs raisons. Déjà, on n'avait pas pu beaucoup travailler avec Michel Hennier ensemble, ce qui fait que je n'avais pas une préparation complète.
- Speaker #0
Oui, tu m'as raconté que tu es tombé malade et que tu as perdu ta voix. Là, c'était assez extraordinaire que tu aies retrouvé ta voix quelques jours avant la compétition.
- Speaker #1
Oui, c'était affreux. Je crois un mois avant la compétition, je tombe malade, je chope ce que je pensais avoir été le Covid. Et j'ai une toux qui reste après la maladie, qui m'a duré deux mois d'ailleurs, qui a été hyper longue et embêtante. Du coup, que j'ai gardée pendant toute la compétition, entre chaque passage sur scène, je sortais de scène et je toussais tout ce que je pouvais. Et du coup, j'ai perdu ma voix une semaine avant la compétition à cause d'un entraînement où je suis allé trop fort, je pense. Et ensuite, j'ai chopé une angine blanche en arrivant au Japon. Donc, j'ai eu un bel enchaînement de malchances. Et le premier jour de la compétition, parce que du coup, c'est sur deux jours pour la catégorie solo, je n'étais pas dans la meilleure condition. Et je me suis dit, si déjà je passe les qualifs, c'est incroyable. Mais dans l'idée, mon objectif, c'est d'arriver dans le top 4. Si tu es dans le top 3, première, deuxième, troisième place, tu es qualifié pour l'année d'après. Du coup, je me suis dit, si je peux atteindre ça, ça serait incroyable. Ça serait vraiment mon but.
- Speaker #0
Et du coup, je fais ma qualification dans laquelle je fais une erreur due à ma voix qui était hyper abîmée. Malgré ça, ça marche bien, je me rattrape bien et je passe les qualifications. Je fais mon premier battle. Je battle le vice-champion du GBB de l'an dernier qui était extrêmement fort, qui s'appelle Osis. Je donne tout ce que j'ai contre lui. Je me dis il faut que je passe ce premier battle, il faut que je lâche ce que j'ai de plus fort. Donc je le fais. Je gagne. Et là, je suis en demi-finale contre le... favori, un des favoris japonais de la compétition. Le bonhomme, il avait fait premier des qualifications, premier des vidéos qualifications également. Il était vraiment au top du top. Et pareil, je sens que je galère un peu à cause de ma voix, mais je fais une assez bonne perf quand même. Je suis plutôt content. Et je gagne. Et là... Un truc qui est fou, c'est que je faisais deux catégories à ce GBB. Je faisais la catégorie duo également, où on a fini troisième. Et un truc qui est un peu embêtant au GBB, c'est qu'on enchaîne les demi-finales duo, demi-finale solo, finale duo, finale solo. Ça s'enchaîne tout de suite. Et du coup, je fais la demi-finale duo, j'enchaîne sur ma demi-finale solo. Je gagne et je me dis « Waouh ! » Je suis un peu dans les vapes en mode « Waouh ! Je suis en finale du GBB, battle de rêve quoi ! » Et on doit enchaîner sur la petite finale du coup pour la troisième place du haut. Et je dois me reconcentrer là-dessus pour faire une bonne paire.
- Speaker #1
T'as réussi ?
- Speaker #0
J'ai réussi, ça va, mais ce n'était pas facile. Mon duo m'a bien supporté, m'a bien aidé à ça, c'est cool. Et du coup, finale assez intense.
- Speaker #1
Contre Wig ?
- Speaker #0
Oui, il me manquait un morceau. Il me fallait deux rounds et j'en avais qu'un.
- Speaker #1
D'accord, donc tu n'étais vraiment pas prêt. Oui, je n'étais vraiment pas prêt. Donc ta tête, ce n'est pas une notion. Ce n'est pas possible. Mais alors tu improvises.
- Speaker #0
Du coup, mon deuxième round, j'improvise complètement. Et il y avait des moments très bons dans l'improvisation, des moments pas bons du tout. Et j'ai réussi à finir sur une fin très bonne qui prenait beaucoup d'énergie du public. Mais ça a mis le doute, du coup, c'était très très serré comme matel, et du coup on est là, c'est la cérémonie des vainqueurs. Et là ce qui me traverse l'esprit, à la base j'étais plutôt serein, mais plus le moment approchait, plus je stressais. Ce qui me traverse l'esprit c'est, si Wing gagne, je serais hyper content, parce que c'est une légende du beatbox, c'est un ami, et il mériterait vraiment de gagner, ça serait très très beau pour le monde du beatbox et pour lui. Mais s'il gagne, ça veut dire que je dois me retaper tout ça l'an prochain. Ça veut dire qu'il faut que je réussisse à me... Enfin non, je serai requalifié au GBM, mais il faut que je repasse les qualifications. Il faut que je regagne trois battles. C'est tellement dur. C'est tellement dur. Je n'ai pas envie de refaire ça. J'espère tellement que c'est moi.
- Speaker #1
Parce que tu t'es dit qu'il faut que tu repasses tout ça, parce qu'au fond du toit, tu as envie de gagner à un moment.
- Speaker #0
Bah oui, oui, c'est ça. Je serai hyper content s'il gagne. Mais en même temps, je me dis, si je veux vraiment gagner, il faut que je refasse ça l'an prochain. J'ai pas envie. Enfin, j'ai pas envie. J'ai envie, mais ça sera encore plus dur l'année d'après au final. Et je gagne. Et là, les premiers mots qui me viennent, c'est « Oh putain de merde » . J'ai gueulé ça, je pense, 4-5 fois, pendant qu'il y avait les participants qui me portaient et qui me jetaient en l'air. c'est vraiment un état second hyper bizarre de joie et de qu'est-ce qui se passe et de pas y croire et toute la soirée après il y avait une sorte d'after organisé pour les participants dans une sorte de boîte de nuit mais privatisée pour les participants où il y avait des DJ sets de beatboxers qui étaient très cool et moi je croisais plein de gens et j'y croyais pas quoi on me félicitait et je me disais c'est pas vrai ce qui s'est passé C'est pas possible. C'est fou. Ça fait aucun sens. J'avais pas de voix il y a une semaine. Donc ouais. Et puis beaucoup de repos après. Je pense que je vais surtout fêter ça avec beaucoup de repos. Le soir même, être avec plein d'amis et en parler. Et voilà, juste relâcher la pression. Mais après, beaucoup de repos.
- Speaker #1
T'as appelé Mitalani parce qu'elle a pas fait de repos au Japon.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Ouais, ça c'était... C'était le côté un peu triste de ça, c'est qu'elle avait vraiment envie de venir, mais bon, c'est un budget de venir au Japon. Mais je l'ai appelée le plus vite possible après être sortie de scène. On a parlé et c'était fou. Même elle, elle n'y croyait pas. Elle te disait après la finale. J'avais le doute, quoi. Pour le coup, c'était tellement serré que sur les cinq jurys, il y en a trois qui ont voté pour moi et deux qui ont voté pour lui.
- Speaker #2
Ah oui ?
- Speaker #0
C'était vraiment serré, serré jusqu'au bout. Donc je me dis, waouh, je ne sais pas si j'ai eu une chance infinie ou si j'ai vraiment été bon, mais trop bien. C'est fou. Ouais.
- Speaker #1
Et tu penses que tu vas te représenter l'année prochaine quand même ?
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Ah, donc tu vas, comme tu as dit, retaper tout ce truc.
- Speaker #0
Je vais me retaper tout ça. C'est pas la même pression et c'est ça qui me fait du bien. Parce que la raison pour laquelle je veux le refaire, c'est déjà pour essayer de gagner deux fois. Parce qu'il n'y a qu'une seule personne au monde qui a gagné deux fois d'affilée le GBB. Et j'aimerais bien être la deuxième. Je trouverais ça super. Et parce que j'adore le battle. C'est une passion de faire ça. Et surtout parce que je ne suis pas si content que ça de ma performance. Vu que j'avais ma voix abîmée. Je l'entends là en montant les vidéos. Je ne suis pas content de ce que j'entends. Et j'ai envie de... de tout faire pour gagner mais en faisant une meilleure perf au moins d'arriver et de faire une perf dont je suis plus content c'est complètement fou ouais vraiment j'ai regardé une vidéo,
- Speaker #1
tu avais fait une vidéo en live avec des gens qui ont pu participer sur Youtube pour débriefer un peu sur Jubibi il y avait quelqu'un qui t'avait dit qu'il regardait ta performance pour apprendre du beatbox et tu lui répondais que c'était pas ta meilleure vraiment oui tout à fait T'as gagné quand même !
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai.
- Speaker #1
J'aime bien qu'on parle un petit peu d'ambiance aussi, parce qu'on parle beaucoup des mots « battle » , « adversaire » , on sait pas, pour quelqu'un. Mais j'ai l'impression que vous avez une ambiance extraordinaire. D'ailleurs, tu dis « Winx » et « un ami » , à chaque fois, vous faites un gros check après chaque battle. Vous êtes des adversaires ou des adversaires copains ?
- Speaker #0
Les deux. On est plus des copains que des adversaires, je pense. Ok. On est... Pour le coup on est une vraie communauté où dès qu'on se retrouve en événement on passe du bon temps ensemble autour de la compétition. Donc avant après en général on passe toujours des super moments entre...
- Speaker #1
Genre Wing elle est venue à ta soirée after et elle est avec toi.
- Speaker #0
Oui tout à fait et je sais pas sur Youtube il y a une vidéo de moi et Wing où on fait une fausse battle en loge d'un autre événement où en fait on fait des conneries pendant 12 minutes. Je crois que ça dure un peu plus de 10 minutes en tout cas. On fait les débiles et on trouve ça hyper drôle et on continue. C'est vraiment cette ambiance, alors qu'on était à deux doigts de s'affronter en finale d'une autre compétition. C'est vraiment cette ambiance qu'on retrouve aux événements. Après, il y a des communautés plus soudées. En France, par exemple, on est encore plus tous proches parce qu'on se voit plus souvent. On est vraiment très bons amis. À l'international, on se voit moins souvent, donc les liens sont moins forts. mais quand même là Et il n'y a jamais ou très rarement de l'animosité entre deux beatboxers. Il y en a eu par le passé. Mais aujourd'hui, on s'entend tous très bien. Et c'est trop beau. C'est trop cool d'être sur scène et d'affronter des gens qui déjà ne sont pas du tout sur scène comme ils sont en dehors. Par exemple, Kaji, le beatboxer japonais que j'ai affronté en demi-finale. J'ai noué des liens assez fous avec lui pendant ce GBB. On a beaucoup parlé profondément de comment on se sentait vis-à-vis de nos performances et tout. Et sur scène, le premier truc qu'il me dit en battle, c'est « Fuck fake Japanese ! » Je suis en mode « Wow ! » C'est pas le même personnage. Et c'est hyper drôle de voir ça, de se confronter à ça.
- Speaker #1
Ça arrive à vous dire, en fait, c'est des personnages qu'on incarne aussi sur scène ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. puis même s'il y a S'il y a un truc qui n'est pas bien passé, on en parle avec le beatboxer et ça se règle. Peut y avoir. C'est arrivé que dans des championnats du monde, il y ait une physicalité un peu trop prononcée qui n'a pas plu à tel ou tel participant et qui a créé un petit peu de drama, on va dire, en ligne, mais qui au final a juste été réglé entre les deux. Ils en ont parlé en mode, le mec c'était pas cool et le mec s'est excusé et c'est tout. Aussi simple que ça. Et après ça... il n'y a pas eu de baston ou quoi, c'est vraiment c'est plus des je te pousse un peu du milieu de la scène parce que tu me gênes ou voilà, ou je te touche alors que tu n'as pas envie mais quand même, c'est important d'adresser le sujet et que si tel beatboxer, si tu ne connais pas bien telle personne que tu affrontes il ne faut pas pousser trop loin sans savoir qu'est-ce qui va ou ne va pas avec lui. Par exemple, moi, si un jour j'affronte mon duo de beatbox sur scène, je sais que je vais pouvoir lui faire un câlin et lui toucher l'épaule sans qu'il y ait de soucis avec lui, parce que on est meilleurs potes aujourd'hui. Mais je ne ferai pas ça avec quelqu'un que je ne connais pas.
- Speaker #1
Et donc, justement, tu as commencé à parler de la communauté beatbox en France. Et donc, les Français sont hyper forts en beatbox, apparemment. Donc ce que tu disais, pour le championnat de France, vous étiez six champions JBB qui se sont affrontés. Qu'est-ce qui fait aussi que les Français sont si forts ? La langue est tellement difficile qu'après ça fait faire des sons...
- Speaker #0
On s'est demandé. Il y a une théorie. Après, rapidement, petite parenthèse sur les langues. Il y a une vraie théorie qui dit que selon les pays, tu vas pouvoir faire... certains sons plus facilement. Par exemple, en France, comme on utilise beaucoup les R, on a ce roulement de glotte qui est plus simple, et qui permet de faire des sons qui sont pas mal utilisés. Mais la communauté, pourquoi on est si fort ?
- Speaker #1
Attends, mais est-ce qu'il y a d'autres... Ça, ça mélangeait notre question. Est-ce qu'il y a d'autres, par exemple, langues qui ont vraiment des sons très spécifiques, très marquants ?
- Speaker #0
C'est la bonne question.
- Speaker #1
Parce qu'en chant, souvent, c'est tout le temps les anglais, parce que la langue anglaise est plus facile à chanter.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Les beatboxers indiens, qui ont des... Mais ça ne fait pas partie de la langue. Mais par exemple, on a des beatboxers indiens qui maîtrisent très bien les claquements de dents.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et faire des techniques avec ça, hyper impressionnantes, et qui sonnent extrêmement bien au micro. Et tu te dis, mais comment ils font ça ? C'est vraiment... Là, du coup, je... Je ne crois pas que ce soit la langue, mais plus un truc culturel. Et c'est assez fou, dans le beatbox, de se rendre compte qu'il y a vraiment des styles ou certaines sonorités par pays. C'est-à-dire qu'en France, on va être très technique, très sur la rythmique. Et le flow, le groove, à fond. En Allemagne, ils vont être à fond sur les basses. C'est vraiment assez fou. Et du coup, en Inde, tu as des sonorités que tu n'entends nulle part. et une maîtrise des claquements de dents. C'est pas le cas.
- Speaker #1
Ça n'a aucun sens. Bon, répétez-moi ma question. Qu'est-ce que tu penses que ça fait que les Français sont aussi forts ?
- Speaker #0
Plusieurs choses. Déjà, à quel point on est soudés. Comme en France, on a la chance d'avoir beaucoup d'événements, que ce soit des festivals avec des concerts de beatbox, ou que ce soit des compétitions plus ou moins petites. On se voit souvent, on est une communauté très soudée. On se voit plusieurs fois dans l'année et on est très bons potes. Ça crée des liens qui font qu'on se pousse tous vers le haut, on se tire vers le haut. Et une autre chose, je pense, je crois que c'est Miss Elani qui avait mis cette théorie, c'était l'intermittence. Et je pense qu'elle a raison parce que vu qu'en France on a l'intermittence, ça permet à des musiciens et donc des beatboxers de se concentrer uniquement sur ce qu'ils font et donc d'avoir plus de temps pour faire ça. Et du coup, ça serait logique que derrière, on soit entre guillemets les plus forts. En tout cas, on est un très, très haut niveau parce qu'on a juste plus de temps à mettre dedans. Donc ça et la communauté, je dirais.
- Speaker #1
Merci pour ta théorie.
- Speaker #2
J'ai bien qu'on change de pays et qu'on aille maintenant en Pologne.
- Speaker #1
pour plusieurs raisons mais déjà tu t'appelles Max Ostrovska voilà on a tous les deux le nom polonais mais pour une petite anecdote j'imagine que tu sais très bien en Pologne ça se conjugue les noms familiales toi tu as les fins féminins tout à fait voilà et donc c'est pas la seule raison pourquoi je veux qu'on parle Pologne parce que donc prochaine GBB ça se passe en Pologne tout à fait donc tu m'as dit que tu quand y aller ? C'est quand les JBB en Pologne ?
- Speaker #0
C'est milieu fin septembre.
- Speaker #1
Ok, donc c'est même pas un an plus tard ?
- Speaker #0
C'est plus tôt cette année. Je crois que c'est à cause des conditions météorologiques, météorologiques, je ne sais pas dire ce mot, des conditions de la météo.
- Speaker #1
Oui, je crois que là il fait moins 10 en Pologne.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Il faisait froid au Japon, mais en Pologne.
- Speaker #2
Peut-être.
- Speaker #0
C'est vrai. Tu ne peux rien faire d'autre par contre.
- Speaker #2
C'est impossible.
- Speaker #0
En tout cas, je crois que c'est en partie une des raisons pour, pendant trois ans, donc de 2023 à 2025, c'était au Japon. Là, ils reviennent en Pologne. C'est un retour qui est assez attendu parce qu'il y a beaucoup de publics et de beatboxers en Europe qui ont... pu aller voir le GBB au Japon parce que c'était trop cher pour eux. Et c'est pas la même ambiance. C'est une ambiance similaire mais c'est encore plus chaleureux et le public est encore plus en folie, on va dire, en Europe.
- Speaker #1
Du coup,
- Speaker #0
c'est un retour très très attendu ici. Je sais pas ce que ça va donner. Je sais vraiment pas à quoi m'attendre. Mais j'ai trop hâte. Et c'est également en partie pour ça que je le refais encore une fois. C'est que je n'ai jamais eu l'occasion de faire un GBB en Europe. Et le dernier que j'ai vu en Europe, c'était en 2021. Et c'était une folie absolue à voir du public. Et je me souviens d'être très frustré de ne pas avoir pu être sur scène. Donc là, je vais en profiter, quitte à ne pas gagner, à juste faire une qualification. Mais je serais très content de juste être là sur scène.
- Speaker #1
Je vois que tu vas miser. très très haut. Tu sais pas, ma curiosité, t'as un nom polonais, mais t'as des origines polonaises. Mais tu as un peu la famille en Pologne ou pas du tout ? C'est des origines très lointaines.
- Speaker #0
Pas que je sache, malheureusement. Si je dis pas de bêtises, c'était mon arrière-grand-mère du côté de mon père qui avait eu la guerre en Pologne pour venir en France. Et quand elle a eu... des enfants, les enfants ont gardé son nom qui n'a pas été conjugué du coup qui est normal oui du coup ici ouais ce que je trouve cool d'ailleurs, je préfère et mais non on n'a pas maintenant toute ma famille est en France et c'était vraiment que cette grand-mère j'imagine que ses parents et ses grands-parents étaient en Pologne aussi mais je n'en ai jamais entendu parler dans la famille mais j'aimerais bien J'aimerais beaucoup...
- Speaker #1
Écoute, on va inviter ma grand-mère polonaise. Je sais comment l'expliquer. On va lui demander. Quels sont tes projets futurs ? Tu enregistres un disque ?
- Speaker #0
Eh bien, en tout cas, sortir des morceaux, ça c'est sûr, cette année. Peut-être en faire un EP, je ne suis pas sûr encore. Mais oui, sortir quelques morceaux cette année. Refaire quelques compétitions. Un peu moins chargé qu'en 2025, parce qu'en 2025, c'était très chargé.
- Speaker #1
Tu en as fait combien de compètes ?
- Speaker #0
J'en ai fait 7 et j'en ai gagné 5. Donc c'est assez fou. Pas mal. C'est vraiment fou. Mais ça fait beaucoup.
- Speaker #1
Mais désolé, tu étais deuxième.
- Speaker #0
Non, même pas. Tu sais quoi, il y en a une, j'ai fini troisième, et l'autre, il n'y avait pas vraiment de classement. J'ai fini troisième, quatrième. Donc refaire des compètes, j'en ai du coup. Du coup, il y a le GBB. Il y a un battle international que je rêve de faire depuis des années qui s'appelle le Vocal Total en Autriche, qui a un format très spécial, unique. C'est quoi le format ? Ce n'est pas des battles où un adversaire fait son round, l'autre répond, l'autre répond encore, et l'autre finit avec sa dernière réponse. C'est un format ABBA, ce qu'on appelle. Donc le beatboxer A et le beatboxer B. Le A fait son premier round, le B répond. Les jurys votent et ensuite le B fait le troisième round et le A répond. Et le jury vote à nouveau. Donc c'est un format très difficile. Le championnat d'Europe c'était sous ce format et c'était un enfer, c'était hyper dur. Et c'est un battle qui est très très connu en Europe, qui est vraiment légendaire on va dire. Et que j'ai très envie de faire. Du coup celui-là en juillet, puis le GBB et potentiellement... Ça c'est des rumeurs qui courent. Le championnat du monde officiel qui va revenir cette année, probablement en Allemagne. On ne sait pas quand, même pas sûr que ce soit en Allemagne. Et comme j'ai fini deuxième en 2023, à voir, peut-être, peut-être le refaire. Ça peut être sympa, ça peut me plaire. Je ne suis pas sûr encore.
- Speaker #1
Tu t'es produit aussi toujours avec Miss El Ani ?
- Speaker #0
Toujours.
- Speaker #1
Il y a des concerts, des prévus ?
- Speaker #0
Tout à fait. On a un le 22 janvier.
- Speaker #1
je peux pas tous les lieux d'ailleurs vous pouvez voir sur les réseaux de miscellanies sur instagram et tout ça tu as quoi 23 24 ans j'ai 23 ans
- Speaker #0
24 ans cette année
- Speaker #1
24 ans tout à fait félicitations je t'ai fait une longue carrière merci de d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #0
Merci du bien.
- Speaker #1
Je suis très contente.
- Speaker #0
Merci beaucoup. C'était trop cool.
- Speaker #1
Si cet épisode vous a plu et que vous voulez me soutenir, c'est très très simple. Vous pouvez liker, commenter et vous abonner. Vous pouvez aussi m'envoyer des messages. Je suis sur Instagram et sur TikTok. Le podcast est disponible sur YouTube et sur toutes les plateformes de streaming. Je vous donne rendez-vous dans trois semaines pour les prochains épisodes. À bientôt !
- Speaker #0
Carrément