Speaker #0Bienvenue dans celle qui, un espace intime où je marche aux côtés des femmes qui m'ont traversé, celles que j'ai aimées, croisées, perdues, rêvées, celles qui ont laissé une empreinte sur ma peau, dans mes souvenirs, dans mes silences, dans ma tête et dans mon cœur. À chaque épisode, une voix, la mienne, posée sur des instants. Des lettres que je n'ai jamais envoyées, des choses que je n'ai jamais osé dire, et d'autres probablement que j'ai beaucoup trop dit. Ce podcast est un passage, un souffle, un endroit pour déposer, ressentir, transmuter. Alors bienvenue. Celle que je choisis. C'est d'abord ton rire qui me revient, pas un grand éclat, non, un petit réglissement, c'est cristallin, comme une perle sur du bois, c'est un rire en coin, c'est un rire charmant. Puis il y avait ton « eh, eh » , lancé comme un défi, je t'imaginais avec ta jambe relevée, un peu fléchie. Prête à bondir, un peu comme si t'avais un parapluie, prête à danser. C'est joli. C'était comme ça. Impertinent, parfois enfantine. Toujours sur le point de faire un saut. Et j'aimais ça, ouais. J'aimais ta façon d'occuper l'espace sans avoir à t'excuser, ta voix un peu grave parfois, surtout quand tu parlais doucement, quand tu me racontais des histoires, ta manière de me caresser les cheveux, doux et puis t'étais généreuse, d'âme, de gestes, tu t'en détonnais, tu riais. Et moi j'ai eu envie d'y croire. Ouais, c'est pas un conte. C'est pas une fusion. Ça pouvait être une histoire. Simple. Claire. Qui peut respirer. Et j'ai vraiment eu envie de... De tous ces moments partagés. De la lenteur. De t'écouter raconter. De te regarder vivre. Sans rien presser. Mais c'était déjà trop difficile, être à deux. Quand on apprend à être soi, c'est un vertige. Et moi je me débattais déjà avec mes propres ombres, avec ma fatigue, avec mes fantômes, avec cette sensation sourde que l'amour chez moi ne sera plus comme avant, il ne brûlera plus comme avant, et c'est sans doute bien normal. C'est tout un deuil à faire, des années d'aimer, à changer. Alors, moi je t'aimais bien, je t'aimais tendrement, et j'avais besoin d'espace, et toi, t'avais besoin d'évidence. progressivement, t'es allé chercher ailleurs. Peut-être parce que je t'y autorisais aussi. Peut-être parce que c'était plus simple de pas s'engager véritablement. Peut-être parce que... C'est comme ça. C'est dans l'air du temps. On essaye sans engagement. Et puis, t'as eu un autre corps, un autre regard. à notre nous potentiel. C'était dit, c'est pas vrai, c'était libre, c'était ok. Mais à ça, tu vois, c'était pas la liberté qui faisait le plus mal. Non. Là, c'était ok. C'était la manière dont ça s'est fait. Dans le silence. sans rien se dire, à ce moment-là, quand on était en froid, puis c'était de l'apprendre après, de pressentir que quelque chose était en train de se passer, sans que ce soit nommé, et puis de comprendre, progressivement, que je devenais floue. Alors que j'étais à côté. C'était aussi le non-dit, tu vois, c'est ça. Le flottement, comme une pièce fermée à clé, mais dans laquelle on entend encore des pas. Et ça, et ça, je peux pas. Non, je peux pas vivre avec les angles morts. Ton absence, elle était pas franche, elle glissait. Et moi, je tombais. Et je t'en veux pas, non, parce que je peux entendre qu'on aime ailleurs. Et je pense que t'as fait ce que t'as pu, avec tes élans, avec tes manques, avec ta peur du vide, ton besoin d'être touchée, souvent. Et moi là franchement j'avais plus la force de me justifier, de te demander, de me hisser. de dire qu'aimer pour moi, c'était pas ça. C'était communiquer. C'était se parler. Et aujourd'hui, je me souviens de toi. Ton « eh » lancé comme une balle. De ta moue, un peu boudeuse, un peu joueuse. Puis je souris, encore un peu. Parce que c'était vraiment doux. Parce que c'était réel. Et c'était pas durable. Alors maintenant, je reviens à moi. Ouais. Je me tends la main. Et je veux plus être celle qu'on oublie de prévenir. Celle qu'on remplace vite. Celle qu'on garde sous le coude. Et pas dans les bras. Et je veux plus devoir mériter qu'on me dise la vérité. ou qu'on m'explique les silences. Je veux un lien qui respire avec moi, pas un lien que je dois deviner. Alors c'est sans fracas et sans drame. Je ne choisis plus celle qui part, ni celle qui comble, ni celle qui attend. Je choisis celle qui reste, celle qui écoute, celle qui dit non quand c'est plus bon. C'est celle que je suis, celle que je deviens, et c'est celle que je choisis. Merci d'avoir écouté Celle qui. Si ce récit a touché quelque chose en vous, laissez-le résonner, doucement, sans urgence. Vous pouvez le partager, le garder pour vous, ou simplement revenir quand ce sera le moment. Je vous retrouve prochainement, peut-être, pour un prochain épisode. A bientôt.