Speaker #0Bienvenue dans celle qui, un espace intime où je marche aux côtés des femmes qui m'ont traversé, celles que j'ai aimées, croisées, perdues, rêvées, celles qui ont laissé une empreinte sur ma peau, dans mes souvenirs, dans mes silences, dans ma tête et dans mon cœur, à chaque épisode, une voix, la mienne, posée sur des instants. Des lettres que je n'ai jamais envoyées, des choses que je n'ai jamais osé dire, et d'autres probablement que j'ai beaucoup trop dit. Ce podcast est un passage, un souffle, un endroit pour déposer, ressentir, transmuter. Alors bienvenue. Celle qui avait de mauvaises herbes, je l'ai rencontrée au Népal. Moi, avec les sommets, l'air rare, la beauté, elle, dans le Gers, les bottes dans la terre, les poulets. Et l'algorithme a fait son œuvre. Fabuleuse application. Une photo, un échange, un frisson, un peu de magie. Si je cherchais à m'isoler, elle, posséder une maison d'hôtes, synchronicité. Alors j'y suis allée, à mon retour en France. un texte à écrire, besoin d'inspiration, de calme, de vert, j'avais surtout envie d'avoir, et de voir l'endroit. Et puis j'ai aimé, la bâtisse, le calme, les pierres en ciel qui gardent les secrets, l'odeur de l'herbe mouillée, le chacalin, et puis elle, fils d'Emmane, qui filme comme un pompier. Tente de tout faire toute seule ou presque. Qui ressemble à moitié à une Madame Mocassin. Avec son George Adore. Et qui est oscillé avec un look du Shrun du dimanche. Le gros jumper. Pantalon large. Knickers. Popo Bake. J'aimais bien cette ambivalence. C'est marrant à voir. Ils m'ont parlé beaucoup, elles, sur moi. Moi, je l'écoutais. Et je me sentais tellement sage à ses côtés. Stable. Très, très. Puis à la vie, c'était un. Deux hectares. Une jungle improvisée. Des plantes dans tous les sens. Un joyeux bordel végétal. Et elle n'avait pas franchement la veine verte, mais le cœur y était. Et surtout, elle avait tout le matériel. Alors, comme elle me disait qu'elle n'avait pas trop envie de tondre, moi, ça me donnait envie. Parce que j'avais toujours rêvé de faire un tracteur tondeuse. Genre, génial. Puis il y avait des branches qui touchaient ma fenêtre, alors j'ai proposé de les couper. Puis pourquoi pas des herbes un peu aussi, ça pouvait aider, mais juste les mauvaises herbes. Oui, oui, ça ne doit pas être si compliqué. J'ai grandi en ville, mais à priori, je vois à peu près. Elle m'a dit, fais attention aux fleurs à l'avant. Ouais, ouais, bah, ça sera voir. Oui, tout à l'heure. trois heures plus tard, j'étais trop fière. Franchement, j'avais tout arraché. Ouais, des trucs énormes. Des racines aussi longues que mes bras, avec des feuilles un peu âpres, toutes vertes. Je me suis dit, dis donc, elle a laissé traîner ça là tout l'hiver, le printemps, machin. Heureusement que je suis là. Et je me suis sentie tellement utile, franchement, trop contente. Je me dis, ah là là, je suis tellement heureuse. Ça va lui faire plaisir. Et je suis même passée au Jardiland en me disant, bon, il y a un truc que je n'arrive pas à couper. Ce n'est pas grave, je vais le trouver au Jardiland. Et puis, je vais mettre un peu de paillage et je vais faire mon truc en me faisant kiffer. Et puis, en revenant, j'ai senti comme un froid. c'est à dire que c'était 28 degrés et franchement ressenti mon instinct, j'ai pas compris et on devait dîner dehors Mais rien. Et je l'ai vue. Je suis arrivée. Elle avait les yeux rougis. Elle était sur la terrasse avec sa mère. Je n'ai pas osé passer. Donc je suis partie. Je suis rentrée dans ma chambre. Dans ma partie. Et pas un mot. Pas un mot dans la soirée. Alors, à un moment, je suis allée la voir. J'ai demandé qu'il n'allait pas. Et puis là, je souris parce que je peux se faire en repensant à ce moment-là. Elle m'a dit, les mauvaises herbes, ce n'est pas des mauvaises herbes. C'est des fleurs exotiques. C'est mes préférées. Ça faisait deux ans que je les faisais pousser. Et toi, en une matinée ? t'as tout enlevé, t'as fait un carnage elle en pleurait, sérieusement elle en pleurait de rage de peine et moi, estomaqué, franchement je savais plus où me mettre moi je voulais juste aider et j'avais juste voulu bien faire et je pensais qu'elle passerait me voir Et puis, ben... Ben non. Ben non. Moi, j'avais vraiment tout arraché. J'avais ça dans les règles de l'art. Et je pense qu'en elle aussi, il y a quelque chose qui s'est arraché. Parce qu'après, ben... Ça a tout calmé. Parce que... Parce que ce n'était pas une bonne idée. Moi qui croyais qu'en arrachant ces herbes, en faisant un peu de jardinage, en aidant, ça allait faire germer quelque chose. C'était tout le contraire. Et la vérité là-dedans, c'est que je n'ai pas reconnaît des mauvaises herbes. Pas celles du sol, pas celles du cœur. Et ce que j'ai fait, c'est que j'ai rangé mes clics et mes claques. Paf ! mes envies d'ancrage, de maison dans le Gers, d'une vie plus calme. Et je suis rentrée dans le monde sud, celui de la Méditerranée, du sable et de la playa. Et j'ai abandonné le projet Gers. C'est mauvaise herbe. Merci d'avoir écouté celle qui. Si ce récit a touché quelque chose en vous, laissez-le résonner doucement, sans urgence. Vous pouvez le partager, le garder pour vous, ou simplement revenir quand ce sera le moment. Je vous retrouve prochainement, peut-être, pour un prochain épisode. A bientôt.