Speaker #0Bienvenue dans celle qui, un espace intime où je marche aux côtés des femmes qui m'ont traversé, celles que j'ai aimé, croisé, perdu, rêvé, celles qui ont laissé une empreinte sur ma peau, dans mes souvenirs, dans mes silences, dans ma tête et dans mon cœur. A chaque épisode, une voix, la mienne, posée sur des instants, des lettres que je n'ai jamais envoyées. Des choses que je n'ai jamais osé dire, et d'autres probablement que j'ai beaucoup trop dit. Ce podcast est un passage, un souffle, un endroit pour déposer, ressentir, en se muter. Alors bienvenue.
Speaker #1Celle qui portait le désir. Il y a ce feu, encore. Un feu qui refuse de s'éteindre. Un feu qui s'accroche, obstiné, aux images de son visage, à la mémoire de son corps, aux gestes d'avant, avant que tout ne change, avant que tout ne se brise. C'est un feu qui surprend par sa persistance, et elle pensait qu'avec le silence, avec la distance, avec les mots définitifs, il finirait par se calmer. Mais non, il revient, à chaque matinée un peu trop vide. À chaque nuit où le sommeil glisse, trop vite, en des rêves peuplés de son ombre. À chaque souffle où le manque se fait sentir dans la poitrine. Et parfois, elle voudrait l'éteindre, ce feu. Le faire taire, l'enterrer sous des couches de raison. Se dire que ça ne sert à rien, que c'est fini, que c'est du passé. Mais chaque fois qu'elle tente de l'écraser, il revient, plus vif, plus incandescent. Comme une braise qu'on croyait morte, et qui... sous un souffle, s'embrasse de nouveau. Alors aujourd'hui, elle choisit autre chose. Elle choisit de ne plus lutter. Elle choisit d'accueillir ce feu, non pas comme une dépendance, non pas comme une plaie qui la dévore, mais comme une preuve. Une preuve qu'elle a aimée. Une preuve qu'elle peut aimer encore. Une preuve que son corps n'est pas éteint. et que son cœur n'est pas sec, que ses lèvres savent encore vibrer, trembler et désirer. Elle ferme les yeux, elle inspire profondément, et elle dit à voix basse, « Je reconnais mon désir, il est à moi, même s'il s'est accroché à elle, il vit en moi. » Alors quelque chose bouge, car elle sent que ce n'est pas seulement cette femme qu'elle veut. C'est le geste tendre, c'est la caresse au creux d'une épaule, c'est la chaleur d'un corps qui répond, c'est l'intimité d'un regard qui dit, sans mots, tu comptes. C'est la promesse d'une présence partagée, d'un espace où l'on n'a pas peur d'être vu tel qu'on est. Alors elle laisse le désir se redessiner, se déployer au-delà d'elle, ne se réduit plus à un visage, à un prénom, à une histoire interrompue, il devient une énergie plus large, une flamme intérieure qui lui rappelle qu'elle est vivante, qu'elle n'a pas cessé d'être aimante, qu'elle porte en elle une capacité immense d'ouverture, d'intensité. de tendresse. Le désir n'est plus une chaîne, il devient une source. Alors elle parle encore. Dans le silence de sa chambre, je ne renie pas ce que je veux, mais choisis de le garder en moi, comme une force, pas comme un fardeau. Et de ces mots, dits à voix basse, résonnent comme un petit pacte secret. Un pacte qu'elle passe avec elle-même, ne plus courir après l'autre, ne plus qu'émander un oui qui n'arrivera pas, et rester fidèle à ce feu qui brûle en elle et qui ne dépend pas d'un retour ou d'un refus. Elle se rappelle alors les instants d'avant. La première étreinte, le parfum qui restait longtemps sur la peau, la manière qu'elle avait de sourire dans le noir, tout cela est encore là, imprimé dans sa mémoire comme une empreinte douce amère. Mais au lieu de s'y enfermer... Elle choisit de les regarder comme on regarde un paysage à travers une vitre, avec tendresse, avec reconnaissance, et sans vouloir s'y jeter à nouveau, pas seule en tout cas. Ce qu'elle veut garder, ce n'est pas l'attente, ce qu'elle veut garder, c'est la sensation d'être capable de désir, encore. C'est cela qu'elle porte maintenant, comme une braise qu'elle entretient doucement. Alors elle imagine, un jour peut-être, ce feu tournera vers un autre visage, un autre corps, un autre sourire. Et il brûlera différemment, et avec la même intensité. Et ce jour-là, elle sera prête. Parce qu'elle n'aura pas cherché à tuer son désir, mais à l'être privoisée, à le loger en elle. comme une force intime. Celle qui porte le désir en elle apprend que même si l'autre dit non, elle peut dire oui à sa propre vie. Et ce oui, elle le prononce à voix basse, comme une confidence, un oui fragile et puissant. Un oui qui ne dépend plus d'un retour. Alors elle avance. Pas à pas, avec ce feu qui parfois brûle, mais qui désormais éclaire. Elle se surprend même à sourire au milieu de ses larmes, car elle découvre que ce qu'elle croyait être une plaie est en fait une promesse. Une promesse que le désir ne meurt pas avec une histoire. La promesse que le désir ne meurt pas avec une histoire. La promesse que le désir reste fidèle, comme une flamme discrète, jusqu'au moment où elle saura l'offrir de nouveau. Et dans ce secret qu'elle garde, elle se tient droite, vulnérable et forte à la fois. Celle qui porte le désir en elle n'attend plus de permission. Elle se choisit, elle choisit de vivre avec ce feu, autrement. Intensément.