- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des pas qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité. Une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Merci pour votre soutien incroyable depuis le lancement de Cerveau Puissant. Likez, commentez, partagez et boostez sur YouTube, c'est comme ça qu'on va continuer à grandir avec vous. J'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Bonjour, on est de retour avec Christelle Albaret, notre psychosociologue chez Cerveau Puissant. Et aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qu'on adore. mais qui en même temps nous fait disparaître, la honte. Qu'est-ce que, Christelle, ça te fait, qu'est-ce que ça t'évoque, le thème de la honte ? L'émotion que personne n'ose montrer.
- Speaker #1
Exactement, je pense qu'en fait, tu l'as très bien défini quasiment dès le démarrage. C'est que la honte, c'est une émotion particulière. La colère, par exemple, elle nous fait, nous, comment dire ? Nous déplacer, elle nous met dans un élan de, comment dire, pas d'arrachement à soi, mais de se dire je crée un mouvement de réaction. La peur, elle nous fait parfois nous mettre un peu en recul comme ça, fuir ou même parfois attaquer. Mais la honte, elle a une particularité, cette émotion, c'est qu'elle nous fait disparaître, elle nous fait nous rendre invisibles. Et ça, c'est vraiment quelque chose qui... Le mot à retenir, parce que quand on se sent dans la honte, la seule chose qu'on a envie, c'est de disparaître. Alors qu'en réalité, c'est pour ça que c'est si douloureux. Et que quand on est envahi par la honte, et parfois même pas une honte qui nous appartient, les secrets de famille, les hontes qui se transmettent de génération en génération, On peut avoir des familles complètes, de transgénérationnels, qui travaillent sur cette invisibilité de soi, de cette dominante de disparaître.
- Speaker #0
Tout ce qui est très important de rappeler, c'est la différence entre la honte et la culpabilité. La culpabilité, c'est quand même un acte pas volontaire, mais en tout cas, c'est un acte où tu as blessé quelqu'un et tu dois t'excuser.
- Speaker #1
Alors, bon point de départ, je vais ouvrir un peu plus le sujet. Entre culpabilité et honte, on pourrait passer deux heures quand même. Freud, Jung et autres ont bossé dessus quand même. On va essayer de faire court. C'est un sacré défi. Ce n'est pas que vous avez deux heures, c'est que vous avez deux minutes pour en parler. D'accord ? Je tente. Et pour les experts... Allez, va, crie, crie. Voilà. Donc, la culpabilité, on va dire que c'est plus une notion de comportement. Et la honte, c'est plus une question presque d'identité dans laquelle on s'installe. La culpabilité, c'est j'ai un comportement... J'ai eu un comportement qui fait que je me sens coupable. Par exemple, je vais faire un truc très simple. Je t'ai coupé la parole. Je me dis mince, je t'ai coupé la parole. Je me sens coupable de ce comportement que j'ai eu vis-à-vis de toi. Par exemple, de te couper la parole. Ça concerne mon comportement. La honte, elle ne parle jamais de quelqu'un d'autre. Elle parle de moi. J'ai honte de moi. Donc, je le considère comme quelque chose qui fait partie de mon identité. C'est pour ça que c'est si difficile à défaire, parce que cette honte, on l'internalise et on essaye de la cacher au maximum. Ce qui fait qu'on a autant de mal à s'en défaire. C'est déjà la première chose à prendre en considération.
- Speaker #0
Alors que personne ne nous a rien dit, on a honte, mais en fait, personne ne nous a vraiment dit aussi. Alors on nous dit tu devrais avoir honte, mais souvent on le ressent aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est un ressenti là.
- Speaker #0
Par exemple, moi je vois, je dis à mes enfants, j'ai honte de toi. Parce que tu as eu ce comportement, mais en fait, en vrai, très souvent, quelqu'un répond, non mais ça va, c'est pas grave du tout ce qui s'est passé.
- Speaker #1
La honte, comme tu dis, par exemple, si on dit, alors, on va être cash, dire à son enfant, ouais, là je le dis, j'ai honte de toi, c'est hyper violent. Parce qu'en fait, ça attaque la valeur intrinsèque que l'on a de soi. Et en tant que parent, s'il y a une chose qu'on est censé faire, C'est aimer notre enfant de façon inconditionnelle. Par contre, dire je ne peux pas accepter nos comportements, c'est différent de dire j'ai honte de toi. Parce que si on dit j'ai honte de toi, ça veut dire que c'est... la personne que tu as, ton identité, que je rejette. Et un enfant, il va intégrer ça, il ne va pas faire la nuance. Oui, elle m'a dit, j'ai eu honte de toi parce que tu t'es mal comportée quand tu es allée chez papi et mamie. Et ce n'est pas les valeurs que je t'ai inculquées. On est bien d'accord qu'en fait, en réalité, quand tu dis ça, ce n'est pas que tu as honte de lui, c'est que tu n'as pas aimé son comportement. Donc, il faut pouvoir lui dire. Et là, à ce moment-là, il va pouvoir culpabiliser. C'est une culpabilité. saine, attention je dis bien qu'il y a une culpabilité qui peut être saine, si la culpabilité nous permet d'identifier un comportement qu'on a eu, qu'on aurait aimé ne pas avoir et que ça nous donne du coup un appel à l'action, un mouvement de changement. C'est pour ça que j'aime bien la culpabilité, comme je dis, c'est pas quelque chose de négatif mais par contre il faut l'utiliser de la bonne façon. On a déjà un peu évoqué ça il y a peut-être quelques temps ensemble mais je le rappelle, c'est toujours bon à se rappeler. Si je me sens coupable parce qu'en effet, je t'ai coupé la parole et que je me rends compte que je coupe souvent la parole, ce qui personnellement arrive, je me rends compte, mais moi, je sais que ça m'arrive dans ma vie personnelle, je peux être à cet endroit-là. Eh bien, si je me dis ça et que j'en prends conscience, j'ai deux options. Soit je dis, ah, ben, c'est pas grave, en même temps de couper la parole, c'est bon, les gens sont susceptibles. En fait, je n'utilise pas ma culpabilité comme un appel à l'action, je l'utilise pour me mentir. Parce que tant que je suis... Tant que je rejette ça, je n'ai pas besoin de changer. Mais si j'utilise comme un appel à l'exemple, en fait, ce comportement, ou quelqu'un qui est, par exemple, toujours en retard, oui, mais en même temps, ce n'est pas grave d'être toujours en retard. Et si je me rends compte qu'en fait, ça peut blesser une personne, ça peut avoir une incidence sur ça, eh bien là, je vais me dire, OK, c'est intéressant que je commence à me mettre dans un mouvement d'élan de changer mon comportement. D'accord ? Dans la notion de honte, la honte est instaurée par l'idée que j'ai de la personne que je suis. C'est différent si je me dis, tu vois Christelle, tu coupes la parole, tu es une mauvaise personne. Ça, c'est compliqué.
- Speaker #0
Et surtout, ce qui est hyper important de le rappeler, c'est que quand on a honte, on est silencieux. On devient, et tu l'as dit, on disparaît, on est silencieux. Et en fait, ça augmente notre sentiment de honte. Alors qu'en libérant notre parole et en posant les mots sur notre ressenti, la honte s'est d'abord.
- Speaker #1
D'une certaine manière, oui, on va le dire comme ça. C'est-à-dire pour ça que quand la honte va trouver sa solution, je cherche le terme, elle va trouver sa guérison par le fait justement de libérer la parole. Le meilleur moyen de sortir de la honte, c'est de parler, c'est de l'exprimer, c'est vraiment de lever le secret. C'est pour ça que dans le travail thérapeutique, quand on est en thérapie, tout ce qu'on amène, qui parfois sont nos hontes, les choses qu'on n'ose pas dire à l'extérieur, permet... immédiatement d'obtenir un soulagement et vraiment une remise en mouvement parce que la honte elle fige aussi, elle invisibilise mais elle nous fige dans un endroit où on ne bouge plus Est-ce qu'il y a une honte qu'on a pratiquement tous en commun ? Je pense pas qu'il y a une honte qu'on ait tous en commun je pense qu'on a chacun nos phénomènes de honte en fonction de notre histoire, notre écosystème en réalité, oui
- Speaker #0
Non mais tu vois, t'aurais pu dire oui On a tous au moins une fois dans notre vie, j'en sais rien, menti, senti des... Tu vois, on a eu honte d'avoir été mal élevés, on a eu honte d'avoir déçu nos parents. Tu vois, un truc un peu que tu retrouves.
- Speaker #1
Et en fait, c'est pour ça que je suis bien. Ouais, ok.
- Speaker #0
Chaque personne a...
- Speaker #1
Très bonne question. ...
- Speaker #0
sa manière. Non, mais c'était pour voir, tu vois, parce que...
- Speaker #1
S'il y avait ce genre d'honte universelle...
- Speaker #0
Ouais, un peu, c'est ça.
- Speaker #1
Eh bien, il y a des hontes universelles, entre guillemets, mais qui ne peuvent concerner, comment dire... Pas tout le monde, mais on peut dire qu'il y a un champ de honte, avec des grandes typologies de honte, et chacun va trouver l'assiette.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des hontes plus féminines et des hontes plus masculines ?
- Speaker #1
Je pense que c'est intéressant de dire est-ce que ça pourrait être genré. Je pense que ça vient plutôt de dire genré, comment la façon dont on a été éduqués, qui va biaiser le système en fonction de deux familles. Par exemple, dans ta famille, peut-être que par exemple... Tiens, surprends ce sujet léger de dire, par exemple, couper la parole. Dans certaines familles, c'est la honte de couper la parole. Ça ne se fait pas. Ça fait partie des valeurs. Ça fait partie de l'éducation. Puis tu vas dans les familles italiennes, espagnoles ou autres. Si tu ne te coupes pas la parole, tu ne parleras jamais de ta vie. Donc, de toute manière, c'est une façon. Couper la parole, c'est presque un peu montrer culturel que tu es là et que c'est vivant. Donc, on voit bien. Alors, je fais... Non,
- Speaker #0
il se parle avec un détail, mais c'est imagé pour tout le monde. Non, mais c'est très bien. On l'avait fait pour je ne sais plus quel épisode aussi, où on avait comparé sur l'argent. On avait comparé la relation à l'argent en France et l'argent dans d'autres pays. Et c'est très important, en fait. Ce qui d'ailleurs nous permet, dans le sentiment de honte, de nous rendre compte qu'en fait, une vérité vraie en France, elle n'est pas... Et donc, c'est important. Et donc, c'est là qu'on doit se dire... Dans l'intérêt culturel, exactement. Et ce qui est vraiment, par contre, important à dire,
- Speaker #1
c'est que les personnes qui écoutent le podcast, qui le voient, Merci. Ok, prenons un instant ensemble. Juste pour dire, tiens, quelle est la honte que moi j'ai pu avoir, que j'ai eu un jour et qui continue, en fait, sans que je m'en rende compte, de venir influencer mes choix, mes décisions dans ma vie. Parce que cette honte-là, comme je disais, en fait, à l'endroit où on a une honte, déjà, c'est quelque chose qui ne nous appartient pas parce que c'est quelque chose qu'on a collé sur nous la plupart du temps. Et c'est un espace de liberté en moi. Et on ne peut pas avoir honte de la personne que l'on est, en réalité. Et c'est pour ça qu'on peut se sentir coupable d'avoir dit quelque chose, fait quelque chose. Ça, c'est OK. Mais on ne peut pas avoir honte de la personne que l'on est parce que toutes choses qu'on a pu agir ou faire peuvent se transformer. D'accord ? Donc, c'est vraiment... pour moi, quelque chose d'important. Là, je suis en train d'écrire,
- Speaker #0
il sort bientôt un livre sur le pouvoir de la visualisation et la manifestation, qui est un concept ultra répandu aux Etats-Unis, un peu moins évoqué en France, même si de plus en plus ça arrive. Et en fait, dans ce manuel, j'explique que tu peux visualiser une vie rêvée et manifester une vie rêvée. Et tu viens de le dire, mais si tu as des casseroles, de la honte en toi, de la peine et du non-dit, tu ne pourras pas arriver.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
à ta manifestation parce que tu as beau rêver et visualiser tes sentiments qui te traînent vers le bas c'est quelque chose qui nous draine et qui nous peuvent même aller nous faire faire des choses et ça va même plus loin que ça parce que pour rebondir,
- Speaker #1
j'imagine qu'il y a des personnes qui disent enfin Christelle, il y a bien quand même des endroits où on devrait avoir honte de ce qu'on a fait mais regarde d'ailleurs, on dit toujours honte de ce qu'on a fait, pas honte de ce que l'on est et quand on est dans la honte de ce qu'on a fait Merci. c'est à nouveau, on devrait se sentir coupable, le problème c'est que si on l'intègre comme une honte comme on le fait disparaître à l'intérieur de nous même les personnes qui ont fait des choses les plus terribles, si on les installe dans le fait de vouloir qu'ils aient honte le risque qu'on a, c'est qu'en fait ils ne changent jamais, ils cachent tout ce qu'ils ont fait et que jamais ils puissent même dire les choses terribles ou même dégueulasses qu'ils ont pu faire et qu'ils s'enferment même dans une croyance dans un schéma où en fait, ils vont rester dans un système clos. Donc il faut arriver à faire muter la honte vers la culpabilité pour qu'en fait, une personne puisse faire un passage à l'action, faire quelque chose de plus sain et d'avoir un élan de correction.
- Speaker #0
Comme d'habitude, libérons la parole et analysons aussi tous nos blocages pour devenir une meilleure version de nous-mêmes. Merci Christelle. Merci à toi. A très vite. A très vite. Si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes, soutenir Cerveau Puissant et suivre toutes les actualités, les échanges à venir et les contenus que je prépare pour continuer à nourrir ce qui fait vraiment la différence.