- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des pas qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité. Une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Merci pour votre soutien incroyable depuis le lancement de Cerveau Puissant. Likez, commentez, partagez et boostez sur YouTube. C'est comme ça qu'on va continuer à grandir avec vous. J'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Nino Chérou, à 19 ans. À 19 ans, on devrait penser à ses études, à ses amis, à ses rêves, à ses premiers grands départs. Nino, lui, a passé une partie de sa terminale dans les couloirs d'un service oncologique. Le 23 janvier 2025, il apprend que sa mère est atteinte d'un cancer colorectal. La maladie s'est propagée, le foie, puis le cerveau. Pendant des mois, il va vivre entre le lycée et l'hôpital. Il révise son bac au chevet de sa mère. Il dort parfois davantage à la clinique Georges Bizet que chez lui. Il voit la maladie avancer, mais continue d'y croire. Il obtient son bac. Il rejoint un club de football en Suisse, mais revient sans cesse auprès d'elle. Puis arrive le 27 avril 2026. Les médecins annoncent que la maladie a gagné. Sa mère prononce alors une phrase qu'aucun enfant ne devrait avoir à entendre. « Je vais mourir » . Onze jours plus tard, le 8 mai 2026, elle s'éteint. Avant de partir, elle lui avait demandé une chose. « Je ne veux pas qu'on m'oublie » . Alors aujourd'hui, Nino parle. Il parle parce que cela lui fait du bien. Il parle parce qu'il pense à elle chaque jour, au réveil. dans les moments heureux comme dans les moments de silence. Et il parle peut-être aussi pour tenir cette promesse, ne pas l'oublier. Nino, je suis ravie de te recevoir aujourd'hui chez Savo Puissant.
- Speaker #1
Merci à toi Claire, c'est un plaisir et je suis content de pouvoir partager son histoire, qu'il puisse aider beaucoup de gens. Et merci pour la confiance, je suis content d'être avec toi aujourd'hui pour parler.
- Speaker #0
Alors chez Savo Puissant, on pose toujours la même question à nos invités, quelle est la phrase que tu as envie de nous partager aujourd'hui ?
- Speaker #1
Une phrase qui m'inspire depuis toujours, c'est « tout est possible à celui qui croit » . Parce que c'est en lien avec ce que j'ai vécu, c'est en lien avec ce que je veux faire plus tard. Et c'est une phrase qui m'inspire chaque jour, de pouvoir toujours y croire.
- Speaker #0
Alors, ce qui est très surprenant, c'est le jour de tes 18 ans, le jour pile de tes 18 ans, en fait, tu apprends la maladie de ta mère.
- Speaker #1
Exactement. En fait, avant ça, j'avais une vie normale d'un adolescent entre l'école, le foot, et encore plus dans une année charnière où j'avais le bac à ce moment-là. Et je rentre du foot, de mon entraînement de foot assez tard, et je vois ma maman sur le canapé, elle attendait que j'arrive. Et c'est vrai que là, elle m'annonce qu'elle avait un cancer. Mais elle me l'a annoncé d'une manière où elle était vraiment tranquille à l'idée de me l'annoncer. Je pense qu'elle avait réfléchi aussi. Elle avait pris la journée pour y réfléchir. Et elle m'a dit, bon, j'ai un petit cancer qui se soigne. Donc, rien que cette phrase, je m'en souviens encore aujourd'hui parce qu'il y avait de la bienveillance. Et elle voulait me protéger en me disant, en minimisant le fait que ça soit un petit cancer. Et après, la suite de l'histoire.
- Speaker #0
Alors on va en parler. Et donc ce qui est vrai c'est que toi au tout début tu comprends pas, enfin tu te dis bon elle a une maladie, tout va bien se passer.
- Speaker #1
J'étais positif dès le début et jusqu'au bout et je me suis dit bon il y a le mot cancer, certes, mais j'ai fait abstraction du mot cancer. Et après je me suis dit je vais être dans l'accompagnement sans savoir que c'est dans l'accompagnement. Je voulais juste être un fils auprès de sa maman en fait. Et jusqu'au bout j'ai essayé de l'accompagner comme j'ai pu.
- Speaker #0
Alors ce qui est vrai et on va en parler mais tu es extrêmement proche de ta maman. Pour toutes les mamans qui nous écoutent et qui nous regardent, c'est vrai qu'on rêve toutes d'avoir un fils qui reste à nos côtés, même quand il devient grand. Toi, c'est vrai qu'on sent même encore aujourd'hui ce lien énorme. Tu crois que c'est depuis toujours, depuis que tu es tout petit ? Est-ce que tu saurais expliquer pourquoi ?
- Speaker #1
Ce qui est intéressant, c'est que malheureusement, depuis son décès, forcément, on regarde un petit peu dans les archives. Et je suis tombé sur une phrase qu'elle a dite lorsqu'elle m'a vue. Et elle avait dit cette phrase, il y a quelque chose qui se passe entre toi et moi. et tu m'as souri dès le début. Forcément, quand j'ai vu ça, c'est émouvant parce qu'elle ne me l'avait jamais dit. Je n'avais jamais vu. Et c'est vrai qu'avec ma maman, j'ai toujours eu cette relation fusionnelle. Et c'est vrai qu'une relation mère-fils, c'est particulier. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, je parle au nom de tous les fils et pour toutes les mamans. Et les mamans, c'est un rôle très important que j'admire énormément parce que j'admire énormément ma maman et tout ce qu'elle a fait pour ma sœur et moi. Et toutes ces valeurs qu'elle nous a inculquées. Et c'est comme si, en fait, elle m'avait éduqué pendant 18 ans pour que je puisse être capable de... enfin, pouvoir l'aider entre guillemets, et d'être un homme en fait. Et donc, j'ai pris mes responsabilités et j'ai essayé de l'accompagner comme je peux.
- Speaker #0
Incroyable. En plus, le jour de tes huit ans, c'est là où a commencé ce moment de bascule familial. Et c'est vrai, c'est qu'aujourd'hui, on a beaucoup échangé ensemble. Et tu as vraiment une forme de maturité et presque de paisibilité, malgré cette souffrance immense qui est encore là, évidemment, aujourd'hui.
- Speaker #1
Sincèrement, je ne sais pas comment je fais. J'en suis conscient. Je ne sais pas comment je fais. Je pense que c'est elle qui me... qui me poussent à être là devant toi, à échanger avec toi aujourd'hui, et d'en parler, parce que le fait d'en parler, d'écrire aussi, j'écris beaucoup pour extérioriser, le sport m'aide énormément, et le fait d'en parler, de pouvoir échanger là-dessus, c'est vrai que ça m'apaise. La foi aussi m'a beaucoup aidé, et c'est vrai que ça m'a permis, et ça me permet aujourd'hui de m'en sortir, je pense, pour l'instant. Mais c'est vrai que je ressens que je suis apaisé, on va dire, mais il y a forcément des moments où c'est plus difficile que d'autres. Mais j'arrive à me relever pour l'instant. Donc, on va voir où ça va nous mener.
- Speaker #0
Bon, écoute, je suis sûre que malgré des moments même plus durs, on sent une grande force et un grand alignement. Et donc, je suis sûre que tu continueras comme ça avec beaucoup d'amour. Et comme tu l'as très bien dit, ta mère te porte. Et ça se ressent. En tout cas, à chaque fois que je parle avec toi, ça se sent que tu es un enfant qui a eu beaucoup d'amour. Elle doit être très fière de toi de là-haut.
- Speaker #1
C'est vrai aussi.
- Speaker #0
Tu as dit une phrase très forte. Il n'y a pas une minute où je ne pense pas à elle. Comment, quelle est ta relation avec elle aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, encore plus proche qu'avant. Encore plus proche qu'avant parce que je la ressens encore plus. J'ai ce besoin d'être encore en contact avec elle. Il n'y a pas un jour où je ne pense pas à elle, en me réveillant, en me couchant. Elle est dans ma tête toujours, même encore plus qu'avant. Mais déjà qu'avant, elle était imposante de par son caractère, donc je ne pouvais pas ne pas penser à elle chaque jour. Et c'est vrai que là, forcément... Malheureusement, avec ce qu'elle a vécu et les circonstances à la fin qui ont été vraiment tragiques, aujourd'hui, je me sens encore plus proche d'elle. Je ne sais pas comment expliquer. C'est comme si j'étais porté par quelque chose, une force en plus, et son amour qu'elle cesse de me porter chaque jour.
- Speaker #0
Alors, ce que tu veux faire à travers cette interview, c'est expliquer à tous les gens, à tous les enfants surtout, qui ont un parent malade, qu'est-ce que ça représente, qu'est-ce que ça implique. Est-ce que tu peux nous expliquer les étapes, on va dire déterminantes pour toi ou qui t'ont vraiment impacté ? Parce que c'est vrai qu'en fait, la maladie, ça veut dire plein de choses en même temps. Et on n'est pas, c'est ce que c'était ton sujet, c'est qu'on n'est pas prêt en fait à la maladie d'un parent.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est vrai que malheureusement, il y a une recrudescence de cancers, mais de beaucoup de jeunes qui vont devoir accompagner leurs parents. Et à leur place... C'est vrai qu'on n'est jamais préparé. Moi, je n'étais pas préparé. On n'est jamais préparé à ce genre de choses. Et ce qui est difficile, c'est quand on voit nos amis à l'école continuer leur vie. Les personnes vivent une vie normale, en fait, pendant que toi, tu es un petit peu dans ta solitude, où tu te sens un peu incompris, où c'est vraiment un cercle vicieux, puisque tu es entouré de plein de personnes. J'étais entouré de plein de personnes bienveillantes, mais je me sentais toujours incompris. J'étais vraiment seul. Je me sentais seul parfois. Je ne déjeunais pas avec mes amis parce que... Je ne pouvais pas faire semblant d'aller bien alors que ma maman n'allait pas bien. Donc, ce n'était vraiment pas facile. Et même encore aujourd'hui, c'est vrai que j'ai ce sentiment de solitude. Et parfois, on peut ressentir ça quand on est aidant aujourd'hui. Et c'est vraiment un message que j'aimerais faire passer aux jeunes aidants ou aux aidants de manière générale. Il ne faut pas hésiter à s'appuyer sur les personnes autour de soi et à continuer de vivre. Ma maman, elle voulait que je continue de vivre. Et elle avait écrit d'ailleurs une lettre pour ma soeur et moi où elle expliquait qu'elle voulait qu'on continue de vivre en fait.
- Speaker #0
Donc, le 23 janvier 2025, quand tu es en terminale, on te dit cancer colorectal métastasé. Qu'est-ce qui se passe là dans ta tête ?
- Speaker #1
J'étais positif dès le début. Dès le début, je ne pensais pas que ça allait se finir comme ça. Pour moi, la mort, c'était très lointain. Je savais ce que ça impliquait le mot cancer, les conséquences, les fimiothérapies, les choses comme ça, les moments de up and down. Mais dès qu'on me l'a annoncé, moi, je n'ai vraiment pas réfléchi à cancer. Je pense à ma mère directement. Et je me suis dit, je vais être un fils et je vais entre guillemets switcher de rôle et devenir l'homme de la famille. Je vais prendre mes responsabilités. Ma maman, c'était à la fois le père et la mère. Elle était vraiment présente pour ma sœur et moi. On était vraiment tous les trois comme une équipe. Mon papa était là aussi. C'était différent. Ils se sont séparés. Mais vraiment, dès le début, dès que j'ai entendu le mot cancer, je me suis dit, je vais être dans l'accompagnement sans me rendre compte ce que c'était l'accompagnement et ce que c'était d'être aidant. Et je voulais être juste là pour ma maman.
- Speaker #0
Est-ce que tu as été aidé ? Est-ce que quelqu'un ou un médecin ou le corps médical t'a expliqué en tant qu'enfant, enfin en tant que jeune adulte, qu'est-ce que ça allait représenter cette maladie ?
- Speaker #1
Alors au début... Pas trop. Ma maman m'a dit, si tu veux parler avec l'oncologue, tu parles avec lui. Au début, je ne ressentais pas forcément le besoin, ou du moins, je voulais, mais je ne précipitais pas les choses. Là où ça a été important, c'était vers la fin, où l'oncologue nous a très bien accompagnés, ma sœur et moi, ainsi que mes proches. Vers la fin, entre guillemets, il a été d'une bienveillance exceptionnelle. Ce n'est pas évident aussi de faire ce genre de métier. C'est vraiment une vocation, c'est une passion. C'est un métier peu reconnu, je trouve, quand même, le monde hospitalier de manière générale. Pour moi, c'était vraiment l'accompagnement le plus important. Et c'est vrai que les médecins ont été extraordinaires.
- Speaker #0
Alors, tu as énormément été présent justement autour du corps médical, puisque tu as beaucoup été à l'hôpital. Tu dis même que tu as révisé ton bac. Et tu dis toi-même que dans les couloirs de l'hôpital, tu fréquentais en fait, petit à petit quand même, il y a une vraie conscience de la mort. Et puisque tu le dis, tu côtoyais la mort tous les jours à l'hôpital en fait.
- Speaker #1
C'est simple, j'étais en journée à l'école et dès que je revenais, je revenais à ma maman à l'hôpital. Et c'est vrai que parfois, il y avait des journées où en une heure, je sortais de cours et j'arrivais, il y avait un corps qui passait devant moi. Mais à ce moment-là, je ne réalisais pas encore. J'étais conscient qu'il y avait des risques, etc. Mais je me suis dit, c'est impossible que ça arrive à ma maman. On se sent intouchable, on se dit que ça n'arrive qu'aux autres. C'est humain. Et je ne me suis jamais dit que ça allait arriver à ma maman, en fait. Je me suis dit... Elle est immortelle, en fait. Et je ne pensais pas du tout que ça allait finir comme ça. Jusqu'au bout, je l'ai cru.
- Speaker #0
Et à quel moment tu as compris que ça basculait ?
- Speaker #1
J'ai compris à prendre conscience, enfin, j'ai pris conscience, lorsqu'elle a commencé à avoir des métastases au cerveau, qu'elle faisait des crises d'épilepsie. Mais même là, je me suis dit, à faire ces traitements, ça va le faire, on va l'accompagner, comme on l'a fait depuis le début. Il faut être patient, c'est dur, parce qu'on se met à sa place, on se dit, métastase au foie, métastase au poumon. Au cerveau, crise d'épilepsie, c'est pas facile. Moralement, pour la personne, pour nous aussi. Et là où j'ai pris conscience, c'est la dernière semaine qui a été compliquée, où mes grands-parents me préparaient déjà un petit peu, de manière bienveillante encore une fois, où ils m'ont dit, parce qu'ils étaient en contact avec les médecins, donc je savais pas tout, où ils savaient que ça allait être compliqué. Malheureusement, ça s'était vraiment vers la fin pour ma maman. Ils me l'ont annoncé d'une manière bienveillante, les médecins. Mais mes grands-parents m'ont préparé en me disant... Va voir ta maman, profites-en. Et là, je me suis dit, ok, ça devient sérieux.
- Speaker #0
Alors justement aussi, vers la fin, ta maman te fait un adieu. Et c'est ce que tu dis, tu dis que c'est la seule fois dans toute cette épreuve où tu as pleuré, parce que tu ne pleures jamais.
- Speaker #1
Non, c'est vrai, je m'étais juré. Et chacun est libre de réagir comme il se doit. C'est pour ça que je dis ça pour les aidants. Moi, je me suis dit dès le début, je ne veux être que positif avec elle, danser, rigoler, ce n'est pas toujours évident. Mais moi, c'était ma bulle de protection. C'était ma force. Elle, je sais que ça lui faisait du bien. Et c'est vrai qu'à la fin, j'ai pleuré deux fois. J'ai pleuré une première fois où j'étais seul avec ma sœur et ma maman, tous les trois. Comme on était tout le temps tous les trois, qu'on a vécu tous les trois ensemble. J'ai pris conscience et je me suis dit, ah oui, là, c'est la fin. Et je pleurais discrètement. Et dès qu'elle m'a vu pleurer, elle m'a dit pleure. Elle m'a dit pleure. Elle voulait me voir comme ça. Et j'ai compris avec du recul qu'être vulnérable ou montrer des signes de faiblesse, ce n'était pas forcément quelque chose de mal. Et ça lui faisait du bien parce qu'elle devait se dire pendant un an et demi, il craque pas, mais je sais pas ce qu'elle pouvait se dire dans sa tête, mais elle devait se dire comment il fait ou pourquoi. Et une autre fois, c'est quand on était dans sa chambre à la fin, elle était consciente que c'était la fin. Aussi, il y avait des amis à elle qui lui ont dit, tu verras, il va faire une grande carrière de footballeur. Moi, forcément, ça m'a touché et elle m'a regardé. Et pendant 10 secondes, il y a eu un blanc. Et là, je vois qu'elle se met à pleurer et là, je me suis mis à pleurer aussi. Avec elle, j'ai fait un câlin. Et je me suis dit, ouais, là, ça va être compliqué. Et c'est dur parce qu'elle ne sera pas là pour moi à mon mariage, mes enfants, j'espère.
- Speaker #0
Elle les verra de là-haut ?
- Speaker #1
Bien sûr, et elle m'accompagnera.
- Speaker #0
Elle ne sera pas là physiquement ?
- Speaker #1
Mais c'est vrai que c'est compliqué, ouais. Et même de voir ma réussite professionnelle, on va dire, ou de ma sœur, c'est vrai que c'est compliqué.
- Speaker #0
Alors, sur le football, effectivement, tu es d'une famille. Ton père était footballeur, ton oncle était footballeur. C'est vrai que le football est partout autour de toi ?
- Speaker #1
C'est vrai. J'ai baigné là-dedans. J'ai ça dans le sang, on va dire. Et c'est vrai que moi, le football, ça m'a beaucoup aidé lors de cette période. Ça m'a aidé à la fois quand j'étais sur un terrain, ma maman était à l'hôpital. Et ça, quand je rentrais sur le terrain, il y a des jours où je me disais, elle avec moi, c'est une force. Encore aujourd'hui, encore plus aujourd'hui. Mais des moments, forcément, on pense à elle et on se dit, on aurait aimé qu'elle soit là, qu'elle puisse me voir jouer, m'accompagner. Et être fier, en fait, de ce que je voulais entreprendre depuis tout petit. C'est encore en construction. Je ne suis pas arrivé, je suis très loin encore. Et j'en suis conscient. Mais c'est vrai que c'est de famille, en fait. Et elle a vécu avec mon papa pendant... 18 ans et donc pareil avec mon papa à la fin il y a eu des moments forts Et c'est ce que je retiens.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, dans tes moments de colère et de tristesse, tu pleures ?
- Speaker #1
Forcément, il y a des jours. Parfois, c'est comme si on se faisait du mal. On a envie de regarder des photos, d'entendre sa voix. Parce que c'est tout ce qui nous reste. Et heureusement qu'on a la chance de vivre dans cette époque où il y a les réseaux sociaux, les photos. J'ai beaucoup d'images d'elle. Parce que c'est vrai qu'avec du recul, j'ai du mal à avoir des souvenirs d'avant. La maladie, ça c'est compliqué. Et c'est vrai que parfois, je pleure. Il y a des jours où ça va, des jours où je suis... porté par sa force. Je trouve que c'est compliqué, mais ça ne dure pas longtemps. Il peut m'arriver de pleurer dix minutes et après, de passer vite à autre chose. Et justement, parfois, j'ai besoin de pleurer pour vite me ressourcer et retrouver cette force.
- Speaker #0
Bien sûr. En fait, on a fait un réel ensemble qu'on a posté. Là, tu vas bientôt faire tout juste six mois que tu as maire et décès, donc c'est hyper frais. J'imagine qu'on a fait un réel. où en fait, ça fait plus de 3,5 millions de vues et ça continue à tourner. Je pense que tu as eu un élan de solidarité et d'amour. Qu'est-ce que ça t'a procuré ?
- Speaker #1
Ce que ça m'a procuré, c'est que ça a confirmé mon choix de pouvoir en parler. Parce que là encore aujourd'hui, j'ai posté la vidéo il y a un mois. J'en reçois des messages chaque jour de personnes qui ont vécu la même chose. Ça revient énormément dans les commentaires, où les gens me disent merci d'en parler. D'autres n'osent pas en parler, ce que je comprends. Ce n'est pas évident. C'est pour ça que je suis ici à ton micro. pour pouvoir être entre guillemets un porte-parole. Je sais que de par ma jeunesse, ça peut toucher les gens. Et je reçois des messages, j'essaie d'y répondre chaque jour, mais je ne sais même pas comment expliquer l'amour des gens, la bienveillance. Et c'est pour ça que ça me pousse encore plus à faire ça et à ce que ma maman soit reconnue, pas forcément de par la maladie seulement, mais que son combat serve de leçon et d'exemple pour les gens de manière générale.
- Speaker #0
Et donc ça t'aide, tu as l'impression ?
- Speaker #1
Oui, ça m'aide beaucoup. Là, d'en parler avec toi, ça m'aide. D'écrire, j'écris beaucoup. Pour du début jusqu'à la fin de la maladie. Pour sortir, entre guillemets, ce que j'ai vécu, ce que ma maman a vécu. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, d'en parler, ça ne me pose pas de problème. D'autres personnes vont penser que j'en parle pour moi. Non, non, je suis porté par sa force. Aujourd'hui, je pense que si j'en parle, c'est elle qui me donne sa force. Elle m'avait dit avant de partir qu'elle ne voulait pas qu'on l'oublie. Ce n'était pas une personnalité publique. Elle avait un grand cercle d'amis, de personnes qui l'aimaient. et qu'elle aimait. C'est pour ça, aujourd'hui, d'en parler. C'est pour elle que je le fais, sincèrement. C'est pour elle et pour les gens, les aidants, les personnes qui vivent la même maladie. Malheureusement, ma maman est décédée, mais aujourd'hui, je pense que pas tout le monde va décéder, forcément. Et c'est ça, c'est des messages d'espoir que j'ai envie de faire passer, en fait, de par son combat et surtout que toutes ces souffrances ne passent pas inaperçues. J'ai envie de me dire que je n'ai pas envie qu'elle ait souffert pour rien, en fait.
- Speaker #0
En tout cas, merci pour tout ce que tu fais. C'est vrai qu'on a vu déjà avec ce premier réel qu'on a posté l'élan... de solidarité, de gentillesse. Moi, c'était aussi hyper touché de voir avec toi à quel point libérer la parole, en fait, fait du bien. Il y a quelque chose de très intéressant et de très sincère que tu m'as dit au téléphone. C'est, évidemment, être aidant, c'est une énorme responsabilité, pas toujours facile. Surtout, la personne qui est malade, évidemment, subit beaucoup de choses et parfois une certaine forme d'agressivité et de rejeter les gens qui l'aident. Tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
C'est aussi pour ça que c'est important que j'en parle, c'est parce qu'il y a beaucoup de culpabilité, ou parfois on s'énerve aussi. Plusieurs fois, je ne m'énervais pas de manière brutale ou quoi, mais c'est vrai que parfois je disais « Maman, s'il te plaît, pourquoi tu me parles comme ça, tranquille ? » Je fais de mon mieux, et en fait on s'en a compris, pareil, tout nous tombe dessus, on essaie de faire notre mieux pour, dans mon cas, accompagner ma maman, de l'aider, le rendre un service, au final elle me parle mal en me disant « Non, en fait, ils sont beaucoup impactés par les médicaments. » ou ils sont dans un état second. Ça, on ne se rend pas compte. Sur le moment, moi, je n'ai pas dormi de la nuit, j'étais avec elle à ses côtés. On perd patience. Et c'est vrai que c'est important de le dire, que parfois, les aidants peuvent mal nous parler. Ils ont un manque de patience. Il faut se mettre à leur place. Et c'est pour ça que c'est important que j'en parle, parce que je pense que ça peut anticiper certaines réactions négatives où on se dit, je fais de mon mieux, et en fait, on me parle mal ou on est dur avec moi. Et ça, vraiment, c'est ce que je veux éviter, parce que c'est vrai que c'est ce que j'ai ressenti. Évidemment, je sais que ce n'était pas contre moi. Mais c'est vrai qu'entre les traitements et choses comme ça, elle ne devient plus elle-même, en fait.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aurais aimé qu'on te dise pour que tu sois un petit peu plus préparée ?
- Speaker #1
Ça, parce que c'est vrai que c'était ce qui revenait le plus souvent. Elle avait déjà un gros caractère avant la maladie. Mais là, c'est vrai qu'avec les médicaments, elle était très agressive. Donc déjà qu'on n'a pas trop le temps dans la journée de décompresser. Donc c'est comme si nous aussi, on était emprisonnés avec elle, en fait. Et ce que j'aurais aimé qu'on me dise, c'est tu fais de ton mieux. Je pense que je n'en ai pas assez fait. On me dit que j'en ai déjà beaucoup fait. Je ne me rends pas compte. Pour moi, on peut toujours faire plus. J'ai fait de mon mieux et c'est ce que vraiment j'aurais aimé savoir, c'est qu'il n'y a pas de manière parfaite d'accompagner quelqu'un. Encore moins une maman, on fait de son mieux. Et c'est vraiment ce que j'aimerais dire aux personnes qui vont vivre et qui vivent et qui ont vécu la même situation, qui se reconnaissent à travers ces paroles, qu'on fait de son mieux et qu'on est tous différents et qu'on réagit tous différents et qu'il faut le comprendre.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, tu te sens... Autour de toi, tu as des proches aussi qui ont perdu leurs parents ou tu te sens justement extrêmement seul ?
- Speaker #1
Très seul. Très seul et incompris.
- Speaker #0
T'en parles pas. pas avec tes amis ?
- Speaker #1
Brièvement. Brièvement. Brièvement et moi, mon échappatoire, c'est le football où je peux extérioriser et jouer en même temps. C'est délicat parce que j'ai des amis qui veulent être là pour moi. Ils voient que je ne suis pas forcément avenant. Donc, ils se disent que ça crée parfois des incertitudes ou des incompréhensions. Donc, c'est délicat pour les deux sens. J'en suis conscient, mais c'est vrai que d'en parler à quelqu'un qui ne l'a pas vécu, c'est compliqué. Parce que j'ai vécu des choses que personne...
- Speaker #0
Ne peut comprendre. Tu peux nous raconter par exemple un épisode...
- Speaker #1
Que j'ai vécu avec ma maman.
- Speaker #0
Oui, et qui est dur à dire comme ça au milieu de tes amis.
- Speaker #1
Qui est dur à dire, c'est le moment où je l'ai vu malheureusement décédé sur sa table, enfin sur sa table, sur son lit d'hôpital. Où là, c'est vraiment un coup derrière la tête. On ne s'y attend jamais, même si le médecin nous l'annonce, même si on sait que... J'ai ce sentiment, dès que je suis arrivé dans la chambre d'hôpital, c'est un moment très particulier. Ça m'a hanté toute ma vie. Je me souviens parfaitement comment elle était. C'est quelque chose que personne ne peut comprendre. C'est pour ça que je n'en parle pas trop à mes amis. Pourtant, j'étais accompagné de mon meilleur ami à ce moment-là, qui était là, qui m'accompagnait directement.
- Speaker #0
Tu étais avec toi dans la chambre ?
- Speaker #1
Pas dans la chambre. Je ne sais plus ce qu'on faisait. J'ai reçu un appel. où on m'a dit...
- Speaker #0
Il faut venir maintenant.
- Speaker #1
Il faut venir. Donc je suis venu. J'avais le choix de venir ou de ne pas venir et de, entre guillemets, me protéger. Et moi, je ne voulais pas avoir de regrets. J'ai voulu la voir. Je suis resté 10-15 minutes dans la chambre avec elle. Et c'est vrai que c'est compliqué. C'est calme. On s'attend à ce qu'il y ait un mouvement. Un mouvement, c'est particulier. Et c'est pour ça, je n'en parle pas souvent de cette image, mais c'est une image qui me hante beaucoup. Et là, j'en parle parce que ça me tient à cœur, entre guillemets. Je n'ai rien à cacher et c'est vrai que c'est une image qui va me monter et je vais devoir vivre avec. C'est une motivation. Pour moi, chaque jour, j'essaie de l'oublier. Je travaille avec pas mal de personnes pour essayer de l'oublier et c'est vrai que c'est important.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu fais aujourd'hui concrètement ? Parce qu'on dit souvent que dans le deuil, il y a plusieurs étapes. La colère, la tristesse, la joie. Est-ce que tu sais, est-ce que tu es accompagné sur cette partie-là ?
- Speaker #1
Je suis accompagné de par mes proches. Mes grands-parents font beaucoup de choses pour moi. Sinon, évidemment, je ne dis pas ça comme ça, mais je suis accompagné, mais sans plus.
- Speaker #0
Est-ce que tu es au courant qu'il y a des étapes dans le die ? Est-ce que tu le ressens ?
- Speaker #1
On m'en a parlé. Je ne sais même pas à quelle étape je suis à l'heure actuelle, mais sincèrement, je ne ressens pas de colère. Je sais que d'autres personnes dans mon entourage en ressentent, ce que je comprends. Peut-être que j'aurai cette phase dans quelques temps. Mais pour l'instant, c'est bizarre. C'est comme si j'étais, entre guillemets, comblé de sa force. Là, d'être à ton micro, comme ça, c'était il n'y a pas si longtemps que ça. On pourrait se dire, il est fou d'en parler là maintenant. C'était il n'y a pas si longtemps que ça. Mais j'ai ce besoin d'en parler parce que ça me fait avancer aussi. Ça me fait avancer et j'essaie de retourner la chose de manière positive. Je suis très croyant, ça m'aide beaucoup. Et j'ai cette perspective différente où je ne vois pas ça comme une fin en soi. Mais comme, entre guillemets, une étape qui va me faire grandir. Et comme si ma maman, entre guillemets, m'avait donné les clés de la vie, en fait.
- Speaker #0
Alors, ce qui est très touchant, c'est que c'est vrai que tu es très croyant et on va en parler. Et puis, en fait... au moment où elle est malade, tu te blesses. Alors, probablement perturbée aussi par tout ce qui t'arrive. Et en fait, effectivement, tu l'as vue comme un cadeau. C'est vrai qu'on a l'impression que toi, tout ce qui se passe dans ta vie, que ce soit bon ou mauvais, tu embrasses les épreuves. Et c'est vrai que ça t'a permis de passer plus de temps avec elle.
- Speaker #1
Exactement. C'était l'année dernière, de septembre à novembre, décembre. J'ai loupé la première partie de saison dans mon nouveau club, en plus. Donc, sur le point de vue footballistique, c'était compliqué. Mais je dirais de switcher où je me suis dit que j'ai passé du temps avec ma maman. Et ça, c'est vrai que c'est un cadeau du ciel. Et c'est vrai que sur maman, on se dit, une blessure, il ne me manquait plus que ça. Et aujourd'hui, heureusement que j'ai eu cette blessure. Parce que j'ai pu passer des moments incroyables avec ma maman. Et je n'ai pas de regrets. Même si forcément, on a toujours un peu de regrets. Je dis ça, mais j'ai toujours des regrets de ne pas avoir assez profité. C'est pour ça que je suis aussi à ton micro. C'est pour pouvoir dire aux gens de profiter. Même si c'est des choses, entre guillemets, on pourrait se dire que c'est normal. Mais ce n'est pas normal. C'est pour ça que je me permets de le dire, je me sens légitime de par ce que j'ai vécu, qui peut pas être pire que ça, et encore moins à mon âge, de profiter, c'est vrai que moi j'ai eu cette blessure. Je ne l'ai même pas vu comme quelque chose de négatif. Pour moi, je le vois comme quelque chose qui m'a aidé et qui m'a aidé à accompagner ma maman, surtout.
- Speaker #0
Alors, dans tout ce que tu dis, on sent cette foi et cette spiritualité incroyable. Tu as toujours été comme ça ? Elle te vient d'où ?
- Speaker #1
J'étais dans une école chrétienne étant plus jeune. Et j'étais même servant de messe. Donc, j'ai toujours été dedans, comme si c'était un appel aussi, qui se préparait. Et ça s'est accentué forcément avec la maladie, où j'ai prié de plus en plus, j'ai commencé à lire la Bible. à trouver de la paix en fait. Et c'est vrai que c'est une paix. Et c'est de l'apaisement quand on parle de religion, que ce soit ma religion chrétienne, mais toutes les religions, c'est normalement censé être un endroit de paix. Et c'est ce que je ressens en tout cas pour moi. Et c'est vrai que même à ma maman, j'ai essayé de l'accompagner avec ça. Lors des derniers instants, lorsque j'ai su qu'elle était condamnée à partir, j'ai appelé le prêtre de ma paroisse pour lui demander comment je peux lui en parler, comment je peux l'aider et lui dire que... Ce qu'il attend là-haut, c'est plus que magnifique, en fait. Et de relativiser, même si c'est dur à dire. Moi, je dis ça, je suis encore en vie, je suis en bonne santé, je suis jeune. Elle, elle avait encore toute la vie devant elle, encore, elle était jeune. C'est dur, parce qu'on se met à sa place et on se dit, qu'est-ce qu'il me raconte ? Je crois qu'elle m'avait envoyé bouler, en plus, quand je lui ai dit. Elle m'a dit, mais qu'est-ce que tu me racontes ? Alors qu'elle était croyante, tu vois. Mais c'est vrai qu'elle avait aussi ce ton d'humour où elle disait, oh, et après...
- Speaker #0
Mais c'est vraiment impressionnant de la part d'un jeune de 18 ans, tu vois, d'avoir cette sagesse et cette posture alors que tu pourrais être en... colère, tu pourrais être en...
- Speaker #1
Moi, ça m'aide beaucoup. Tu vois, par exemple, quand le médecin m'a annoncé que c'était fini, je pense qu'une réaction normale, enfin, ce qui n'est pas normal, mais ce qui est courant, c'est qu'on insulte ou on se dit de la rancœur, ou on se dit « mais pourquoi vous ne l'avez pas sauvé ? Pourquoi ? » Moi, je l'ai remercié. Et je pense que c'est la foi qui m'aide aussi beaucoup. Ou j'ai voulu directement remercier, je l'ai remercié, l'oncologue. Je lui ai dit « merci de prendre le temps de m'expliquer, de m'accompagner, d'accompagner ma maman, d'avoir fait tout ce que vous avez pu faire. » Car ce n'est pas évident non plus le métier d'annoncer ce genre de choses à un fils, à un enfant qui avait tant d'espoir pour sa maman. Il en était conscient. Et c'est vrai que moi, la foi, elle m'accompagne, elle m'apaise. Si je n'avais pas eu la foi, je pense que ça aurait été plus compliqué. Et peut-être que j'aurais été dans la colère, je pense.
- Speaker #0
Et c'est vrai que tu dis qu'elle est partie littéralement quand Dieu l'a rappelée là-haut et a eu besoin d'elle.
- Speaker #1
parce qu'intéressant c'est que J'ai prié pendant toute cette période pour qu'elle guérisse. Et j'ai eu un déclic. C'était la semaine avant que... La dernière semaine, entre guillemets. J'étais à l'église et j'ai prié cette fois-ci pour que si c'est son moment, qu'elle parte en paix. Et je me suis dit, mais qu'est-ce que t'es en train de dire ? Comme si on priait pour moi, en fait. Comme si c'était son moment, en fait. Et j'étais allé à l'église. J'avais ressenti cette force. Je me suis dit, t'accompagner de par la foi, tu vas surmonter cette épreuve, ça va pas être facile. Et c'est vrai qu'après, je ne pensais pas que ça allait se finir comme ça. Et c'est vrai qu'avec du recul, à ce moment-là, je m'en rappellerai toute ma vie.
- Speaker #0
Est-ce que tu as essayé de comprendre comment elle était tombée malade ? Est-ce que tu as eu des réponses à tes questions ?
- Speaker #1
Des réponses ? Non, mais c'est aussi pour ça que c'est bien qu'on en parle. C'est qu'il y a beaucoup de prévention à faire. Elle avait un cancer colorectal. Aujourd'hui, j'en ai beaucoup parlé avec l'oncologue. Déjà, c'est peut-être héréditaire. Donc avec ma sion, on devra faire des examens médicaux plus tôt. à l'âge de 30 ans. Ma maman, c'était assez jeune, entre guillemets, normalement, ses examens médicaux, on les fait plus tard. Elle a repoussé, elle les repoussait souvent. Je pense que si elle avait fait ses examens médicaux à temps, on aurait pu éviter tout ça.
- Speaker #0
Donc ça, c'est vraiment le message hyper important, c'est il faut se faire les check-up et ne jamais repousser parce qu'en fait, après...
- Speaker #1
Ce n'est pas évident parce que son maman, elle, à chaque fois, le repoussait et moi, je la comprenais. Mais bon, je préfère faire un check-up que malheureusement... vivre tout ce qu'elle a pu vivre. Et elle le disait elle-même, elle dit, j'aurais préféré faire ma colo, entre guillemets, que de vivre tout ce que j'ai vécu. Et c'est pour ça que c'est un message intéressant aussi, si aujourd'hui, après avoir, entre guillemets, fait ce podcast, beaucoup de gens peuvent aller faire leurs examens médicaux, moi, j'aurais tout gagné, parce que ça aurait peut-être sauvé des gens d'un cancer, et qu'après, malheureusement, on ne sait pas comment ça peut se finir. Mais c'est vrai que c'est important de se faire dépister à temps.
- Speaker #0
Et ensuite, ta mère était une femme, tu l'as dit, beaucoup de personnalité. De toute manière, on voit aussi de qui tu tiens. C'est gentil. On sent beaucoup de personnalité et de force. Donc, tes parents étaient séparés. Souvent, on dit que quand on est stressé, tout ça aussi, c'est des terrains. Est-ce que ta mère était quelqu'un de particulièrement stressé ? Pas du tout, parce qu'il y a des gens qui disent, mais je ne comprends pas, on avait une vie hyper paisible, on est tombé malade. Il y en a d'autres qui disent, ben non, mais on est tombé malade. ou cet arrêt dans l'arbre parce qu'elle était très stressée. Toi, c'est quoi ta position ?
- Speaker #1
C'est juste ce que tu dis. Elle a beaucoup fumé aussi. Ça, c'est pas bien.
- Speaker #0
Elle était très tendue depuis la séparation de mes parents. On n'est jamais très content après une séparation. Ce n'est pas évident, mais elle l'a vraiment mal vécue. Je pense que si elle n'avait pas, entre guillemets, vécu la séparation de cette manière, je pense qu'aussi, il y aurait eu des choses qui ne se seraient pas passées. La nutrition aussi, elle ne faisait pas trop attention à ce qu'elle mangeait. Moi, je suis relou avec ça. Ma soeur, elle m'a vraiment se moqué de moi, même l'année dernière. Je leur disais, pourquoi vous commandez un McDo ? Moi, je mangeais des salades, des trucs comme ça. Je passais pour le garçon relou. Mais avec du recul, c'est important de faire attention à ce qu'on mange, à des choses bêtes. Ce qu'on mange, ne pas fumer. À la fin, ma maman, elle fumait parce que c'était son seul plaisir qui lui restait. Et les médecins l'ont compris, l'ont accepté. Et moi aussi, je disais, maman, s'il te plaît. Bon, elle m'engueulait quand je disais ça. Je disais, si ça te fait plaisir, fume, mais ça ne me faisait pas plaisir de l'avoir comme ça. Et la séparation, ça l'a beaucoup tendu aussi. Ma maman avant et ma maman après, on était vraiment tendus, stressés. Agressives aussi, parfois, quand elle me grondait. Ça ne durerait jamais longtemps.
- Speaker #1
La meilleure question, c'est que d'être mère célibataire, c'est toujours père célibataire aussi. Mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de mères célibataires qui ne le vivent pas forcément si bien. C'est un vrai combat, éduquer deux enfants. C'est vrai que c'est des choses qui apportent du stress.
- Speaker #0
Je pense qu'elle vit... Quand vous êtes une mère célibataire, je ne suis pas... Mais j'imagine que vous ne pensez pas forcément à vous au premier plan. Vous pensez d'abord à vos enfants, ce qui est magnifique. Moi-même, pendant sa maladie, elle pensait à nous avant de penser à elle, parfois. Elle voulait nous protéger et ça, c'est plus qu'admirable. Et c'est vrai que j'ai du respect, énormément de respect pour les mamans célibataires. J'ai vécu avec ma maman plus de la moitié de ma vie quasiment, avec ma sœur aussi. Bon, après, elle a fait ses études, mais j'étais vraiment avec ma maman et j'ai vu ce que c'était qu'être une maman seule pour élever ses enfants. Ce n'est pas évident et elle a fait de son mieux. Et c'est vrai que je pense que ça ne l'a pas aidé par rapport à la maladie.
- Speaker #1
Aujourd'hui, quel est ton rapport avec ta sœur ?
- Speaker #0
Ma sœur, c'est une relation de frères et sœurs. On se dispute souvent, mais on rigole souvent. Moi, j'essaie d'être là auprès d'elle. Je suis content parce qu'elle a quand même été bien préservée de par le fait qu'elle faisait ses études. Elle était un peu dans le déni. Elle est encore un peu dans le déni. Elle a accompagné. Il y a des proches, des amis de ma maman qui sont là aujourd'hui.
- Speaker #1
Vous ne voyez pas du tout le deuil de la même manière. Elle est plutôt discrète d'après tout ce que tu m'as dit. Là où toi, tu es plus expansif.
- Speaker #0
Exactement. C'est ça qui est intéressant aussi. C'est de voir qu'on réagit tous différemment. Moi, j'en parle. Et elle, c'est vrai qu'elle est un peu plus dans le déni. Elle en parle un peu moins. Ce que je respecte, ça prendra du temps. Mais en tout cas, je sais que...
- Speaker #1
Chacun vit le deuil à sa manière.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et avec son énergie et son timing aussi.
- Speaker #0
Et de par l'expérience qu'on a vécue, peut-être qu'elle l'a vécue d'une différente manière. Moi, j'essayais d'être là. J'ai quasiment été plus là qu'ailleurs. J'étais plus à l'hôpital que chez moi. Donc, j'étais vraiment dans le cœur de la maladie et de l'accompagnement. Tandis que ma sœur a été plus préservée, concentrée dans ses études avec ses amis. Elle a plus été épargnée. Je suis vraiment content. Et moi aussi, d'une certaine manière, je suis content d'avoir été à 100% avec ma maman. Donc chacun peut le vivre différemment. Et je sais qu'elle aura des moments difficiles, moi aussi. Peut-être que là, je suis bien. Bientôt, ça sera peut-être moi. Donc on ne sait pas. Mais en tout cas, on s'entraide et on a toujours été très proches avec ma sœur. Beaucoup d'engueulades, forcément.
- Speaker #1
C'est normal, les frères et sœurs. Oui,
- Speaker #0
on rigole souvent. Et c'est vrai qu'il faut... qu'on arrive à créer un lien encore plus fort pour surmonter ce genre de choses.
- Speaker #1
Aujourd'hui, ta vie ressemble à quoi ? Tu t'entraînes ?
- Speaker #0
J'ai du foot tous les jours. Avant, je pensais surtout à ma maman. Même quand elle était malade, je me disais qu'il fallait que je pense à elle avant de penser à moi. Aujourd'hui, c'est vrai que j'essaie de penser un peu plus à moi et d'être à 100% dans le foot, de tout donner. Je m'entraîne tous les jours, j'essaie de faire encore plus d'efforts que les autres. C'est un monde de requins, un monde pas évident. J'en suis très loin encore, mais j'essaie de me donner tous les moyens possibles pour y arriver, la rendre fière. Et de par ce que j'ai vécu, j'ai ce pressentiment que rien ne peut m'arriver.
- Speaker #1
Oui, parce que ce qui est aussi très impressionnant, c'est que dans le monde de la compétition comme ça, au niveau, on n'a pas vraiment d'amis, en fait.
- Speaker #0
Non, ça a compris. Après, c'est vrai que je dois dire que j'étais franchement accompagné par mon équipe. À ce moment-là, c'était un nouveau club, un nouveau cadre, un nouveau contexte. Ils ont rendu hommage à ma maman. Ils ont été d'un accompagnement exceptionnel. Et ils ont été vraiment... plus que présent, mais c'est vrai qu'après on passe vite à autre chose. Il y a la compétition, l'entraînement, l'exigence. Donc on n'a pas le temps d'avoir de sentiments ou de compassion. C'est vraiment un monde où il faut vraiment être dur et c'est vrai que moi j'ai du mal. C'est ma marge de progression, c'est que je suis encore trop gentil dans le jeu, c'est ce qu'on me reproche souvent, c'est que je suis encore trop gentil. Et là avec ma maman je sens que de par ce qu'elle a vécu il y a une certaine colère qui est en train de se transformer d'une bonne manière. Et j'essaye de travailler dessus pour être plus dur et après pouvoir compléter ma manière de jouer du mieux que possible et progresser. J'espère pouvoir y arriver un jour.
- Speaker #1
Est-ce que tu as eu le temps, je ne pense pas, mais ces derniers temps ? Des années, d'avoir une vie amoureuse ou pas du tout, tu as mis complètement ça de côté ?
- Speaker #0
Pas du tout. Moi déjà, je suis quelqu'un de très timide. J'ai beaucoup d'amis. Forcément, quand il y a des filles, on est très timide. Non, franchement, même pas. Mais je pense sincèrement que ça pourrait m'aider ou ça aurait pu m'aider d'avoir de la stabilité, un accompagnement. Bon, s'il y a des tensions tout le temps, non. Mais s'il y a de l'amour, de l'apaisement, quelqu'un sur qui on peut compter et nous faire oublier même le foot. La maladie et penser qu'il y a des choses positives, c'est vrai que ça peut être bien. Je ne me prends pas la tête, ça viendra quand ça reviendra. Et même pour ma sœur, aujourd'hui, quand on est frère, ce rôle protecteur, mais moi non. Moi, si elle rencontre quelqu'un, je serais plus que content qu'elle puisse être avec un garçon. Évidemment qu'il soit bien pour elle et qu'il sorte le meilleur d'elle-même et qu'il puisse l'aider en fait. Et je pense qu'elle a besoin de ça, et moi aussi, d'avoir de la stabilité sentimentale, etc., même vis-à-vis de nos proches, des amis, c'est important de pouvoir... Avoir différents types d'amour, je pense, aujourd'hui. Et encore plus, lorsqu'on a perdu notre maman. Notre maman était très présente. Elle n'hésitait pas à nous dire « je t'aime » . J'étais très proche, très fusionnel avec elle. J'avais une relation très proche. Où c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a ce vide, il y a ce manque. Et c'est vrai que ce n'est pas évident.
- Speaker #1
Écoute, ne fais pas beaucoup de soucis pour toi. Parce que, vu, je ne sais pas, il y a certains qui vont t'entendre et d'autres qui vont te voir à l'écran. Mais entre ta manière d'être et effectivement, tu as tout pour que plein de filles, en tout cas... désire être à tes côtés et t'épauler dans ta carrière et ce moment qui n'est pas facile. Je ne me fais vraiment pas de soucis pour toi. Je suis sûre que ça va arriver bientôt. Ta relation avec ton père, vos parents étaient séparés. Est-ce que tu as senti que quelque chose avait changé ? On a compris que la séparation a été compliquée pour ta mère, comme souvent d'ailleurs le sont les séparations. Là, quelle est sa posture ? Est-ce que lui aussi, ça l'a transformé, cette épreuve ?
- Speaker #0
Oui, je l'ai senti très touché. J'ai senti très touché, là je le dis, il m'entendra, mais tant mieux. On a une relation, lui et moi, où il y a le foot qui nous relie, lui de par son expérience, moi de par le fait que j'ai envie de faire ce qu'il a fait en fait. Mais durant cette maladie, il a été très présent au milieu, vers la fin. Pour ma maman, on a vécu un moment difficile, on était tous les quatre, ma sœur, mon papa, ma maman et moi. Alors des derniers instants, c'est vrai que ce n'était pas évident de se dire que waouh. On est une famille, même pour lui. J'ai vécu un moment où ma maman en a rigolé. Elle lui a dit qu'on a vécu des belles choses. Je l'ai vu ému et je l'ai vu mon papa dans des états que je n'avais jamais vus avant. C'est vrai que c'est important de souligner que même les papas ont le droit d'avoir un peu de vulnérabilité. Moi aussi, évidemment, je l'ai beaucoup caché à ma maman. Je voulais lui montrer que de la force, que de la joie, que de la bonne humeur. Et avec mon papa, aujourd'hui, ils étaient en très bons termes à la fin. Il a pu reconstruire sa vie. Et même, il a eu une petite fille, donc j'ai une demi-petite sœur. Ma maman a pu la voir et c'était vraiment des moments de joie et d'apaisement quand elle la voyait. C'était vraiment que des bons moments à la fin.
- Speaker #1
Donc beaucoup d'amour, même avec une séparation.
- Speaker #0
Beaucoup d'amour à la fin.
- Speaker #1
Et d'union et d'accompagnement. Quelle est ta forme de... de prière aujourd'hui ? Est-ce que tu as une manière de prier particulière ? Parce que c'est vrai qu'on aurait envie tous d'être comme toi aujourd'hui et d'avoir cet apaisement et cet amour et cet espoir que tu nous divulgues aujourd'hui.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je prie pas que de manière chrétienne. Je rajoute ma maman dans mes prières. Comme elle est là-haut, je me dis qu'elle m'entend et qu'elle peut m'aider aussi. Me donner des coups de pouce, des déclics lorsque j'en aurais besoin. Et dans mes prières aujourd'hui... Ce que je demande, c'est que les personnes autour de moi aillent de mieux en mieux, puissent vivre leur deuil de la meilleure manière, que moi, je puisse être entre guillemets emporté par cette force, entre guillemets divine, qui m'accompagne chaque jour. Et c'est ce que je demande tous les jours, de par ce que j'entreprends, encore une fois, dans le foot. C'est une force en plus. Et aussi de faire confiance au destin et au plan qui est réservé pour nous. Je me dis aujourd'hui, en relativisant, que si ma maman est partie, c'était pour, entre guillemets, nous laisser les clés, comme je l'ai dit tout à l'heure, de la vie. et qu'elle avait accompli sa mission. Et qu'aujourd'hui, avec ma soeur, on a été lancé dans le grand bain de la vie active, qu'on devait prendre notre envol. Et c'est vrai que c'est ce que je ressens. Et à travers chaque épreuve difficile, c'est vrai que je ne me rends pas compte, mais j'arrive à trouver du recul et relativiser sur certaines choses.
- Speaker #1
Et qui est en colère aujourd'hui autour de toi du départ de ta mère ?
- Speaker #0
Je sais que ma soeur, elle est dans la colère, dans la tristesse. Elle est mélangée. Ma grand-mère aussi. Parce qu'on n'en parle pas, mais perdre sa fille aussi jeune, c'est pas dans la nature des choses. On a tous des souffrances différentes. Et ma grand-mère, elle a du mal à comprendre pourquoi ma maman est partie. Et je partage même la vie qu'elle. Parfois, elle remet la religion en cause. Elle est très croyante. Et elle l'est. Mais c'est vrai que parfois, et c'est normal, c'est humain, on se pose la question. Pourquoi ? Pourquoi on m'enlève ma fille ? C'est dur, c'est pas facile. En plus, les personnes âgées, en fait, c'est pas la nature des choses, entre guillemets. Et j'en parle souvent avec ma grand-mère, et heureusement qu'elle est là pour moi, et qu'elle a été là pour moi, parce que je voulais pas appeler ma maman quand elle était malade, donc je pouvais me confier à elle. Elle avait du recul, c'est une grand-mère, c'est une maman. Et aujourd'hui, elle est là, je vis avec elle, et je suis content d'être à ses côtés pour qu'on puisse s'aider tous les deux.
- Speaker #1
Donc en fait, on se rend compte que dans ces épreuves, on passe par tous les états. En fait, tout est OK, il faut se laisser, chacun le vit à sa manière. Peut-être que toi aussi, tu es en paix parce que tu as fait ce qui était juste pour toi, passer du temps avec elle, mettre quand même aussi en parenthèse une petite partie de ta vie. Parce que peut-être qu'inconsciemment aussi, tu t'es rendu compte avec ta maturité et tout qu'il fallait passer du temps auprès de celle qui te donne tant.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et qu'en fait, aujourd'hui, tu es peut-être plus en paix parce que tu lui as dit et tu lui as montré en passant. C'est vrai que tu as vraiment passé beaucoup, beaucoup de temps à l'hôpital. Tout à l'heure, tu disais est-ce que j'ai fait assez ? Je ne te connais pas aussi bien que ta famille, mais j'ai quand même l'impression que tu fais énormément pour ta mère. et puis pour parler de la maladie et du deuil qui, c'est vrai, nous concerne tous. Et en même temps, personne n'est préparé. une mère n'est pas préparée au décès de sa fille, nous ne sommes pas préparés au décès de nos parents. Je crois que quel que soit notre âge aussi, c'est toujours un mouvement extrêmement bouleversant.
- Speaker #0
Surtout que, par exemple, ça m'est tombé dessus le jour de mes 18 ans. Et je me rappellerai toujours de ce jour-là où je me suis dit, tout le monde me demandait à l'école qu'est-ce que ça change pour toi. Absolument rien, c'est juste mon âge qui change. Et je me rappelle avoir eu une discussion avec mon prof d'anglais où je lui ai demandé à partir de quand Vous avez pris conscience que l'âge changeait. Et il avait vécu la même chose avec ses parents, qui avaient eu un cancer. Donc ça, pareil, je trouvais ça fou. Je ne me rendais pas compte à ce moment-là. Et c'est vrai qu'après, je me suis dit, waouh, j'en ai parlé avec lui. C'est vrai qu'on pourrait croire que je suis passé à côté de ma jeunesse. Je ne pense pas. Moi, je pense qu'au contraire, ça m'a bien servi. Car je pouvais aborder certaines choses que des personnes de mon âge ne pourront pas aborder. J'ai du recul sur certaines choses. J'en relativise beaucoup. Et c'est les messages que j'aimerais faire passer aussi aux gens. d'avoir du recul, de se prendre la tête, c'est humain, je me prendrais la tête aussi avec beaucoup de gens, j'aurais des moments difficiles, mais une fois après avoir vécu ce que j'ai vécu, il est difficile de faire pire quand même et c'est pour ça, je me permets de dire ça, et moi je l'ai vécu, d'autres personnes ne l'ont pas vécu et j'espère ne le vivront jamais, donc c'est facile à dire, mais pour toutes les personnes qui ont une vie entre guillemets normale, de famille, qui sont en bonne santé, j'ai envie de leur dire profitez-en, et n'hésitez pas à dire aux personnes que vous les aimez, que vous les aimez, parce que j'aimerais bien le dire en face à ma maman aujourd'hui, et pouvoir lui faire des câlins, la prendre dans mes bras. Il y a beaucoup de regrets, parce que c'est vrai que je pense que j'aurais pu profiter encore plus. J'ai aucun regret, parce que j'ai été là, j'ai fait comme j'ai pu. Même avant la maladie, elle a toujours été très proche, j'ai toujours été très proche d'elle. Mais forcément, quand je vois parfois dans la rue, une maman avec sa fille aujourd'hui, c'est vrai que j'ai un oeil différent, où je me dis, ils ont de la chance. Et je ne les envie pas, parce que j'ai vécu ce que j'allais vivre avec ma maman, et c'est encore plus fort aujourd'hui, j'ai envie de dire. Donc, c'est vraiment les messages que j'aimerais faire passer, de profiter.
- Speaker #1
Bon, écoute Nino, je suis sûre que ta mère doit être tellement fière de vous et de toi.
- Speaker #0
C'est gentil.
- Speaker #1
Et bravo pour ce courage et cette maturité. Compte sur nous, en tout cas, pour continuer à divulguer, voilà, si tu as d'autres messages à faire passer. C'est gentil. Et en tout cas, merci de ta confiance et de nous avoir raconté tout ça.
- Speaker #0
Merci à toi pour l'accueil et j'espère que ça pourra aider pas mal de gens.
- Speaker #1
J'en suis sûre.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci Nino.
- Speaker #0
Merci Claire.
- Speaker #1
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