- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des pas qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité. Une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Merci pour votre soutien incroyable depuis le lancement de Cerveau Puissant. Likez, commentez, partagez et boostez sur YouTube, c'est comme ça qu'on va continuer à grandir avec vous. J'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Aujourd'hui, je reçois Steve Gentis. Steve n'est pas venu à la méditation, aux souffles et aux arts martiaux par hasard. Il a grandi avec eux. A 4 ans, son père, pratiquant d'aïkido, le met sur un tatami. Dans sa famille, le taiji, la méditation et les disciplines du corps font déjà partie du quotidien. Très tôt, il comprend d'autres que quelque chose, que beaucoup d'entre nous découvrent beaucoup plus tard, est indispensable. Le corps et l'esprit ne vivent jamais séparément. Il se forme d'abord à la préparation physique, devient danseur professionnel, cascadeur pour le cinéma, puis décide d'aller chercher plus loin. Il étudie le zen au Japon. expérimente le silence des retraites vipassana, marche jusqu'au temple du Népal, approfondit le pranayama dans la tradition yogique et part à la rencontre des sagesses chamaniques d'Amazonie. Mais ce chemin, il ne l'a pas seulement parcouru pour apprendre, il l'a parcouru pour traverser ses propres épreuves, comprendre ce qui se joue en nous lorsque tout vacille et tenter de trouver une forme de stabilité intérieure. Pendant plus de 17 ans, Stave a accompagné des athlètes de haut niveau, des artistes et des dirigeants. Il a travaillé... auprès de personnalités comme Scarlett Johansson ou Marc Jacob, partager des expériences avec Wim Hof et faire respirer des millions de personnes du Grand Palais au Grand Rex. Mais derrière les grands noms et les grands rassemblements, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est l'homme qui est derrière. Celui qui a commencé par apprendre à maîtriser son corps avant de chercher à comprendre son esprit. Alors qu'est-ce que les arts martiaux apprennent vraiment sur la peur ? Que découvre-t-on lorsque l'on reste plusieurs jours face au silence ? Peut-on passer sa vie ? à chercher l'éveil et continuer malgré tout à se fuir ? Où commence la spiritualité ? Et où peut commencer l'illusion ? Et comment sait-on que l'on devint enfin pleinement soi ? Aujourd'hui, nous allons parler du corps, de la conscience, de discipline, de masculinité, d'ego, de spiritualité, de nos blessures et de ce qui peut réellement transformer une vie. Bienvenue Stéphane, chez Savo Puissant.
- Speaker #1
Merci Claire pour ton accueil.
- Speaker #0
Alors je suis ravie de t'accueillir aujourd'hui et... J'aimerais savoir quelle est la phrase que tu fais envie de partager avec nous ? Quel est le mantra, la citation qui te tient debout tous les jours ?
- Speaker #1
Il y a une phrase qui est apparue spontanément dans mon esprit, parce qu'il y en a plein, je pense qu'on en a tous plusieurs qui nous accompagnent au long du chemin. Celle qui a jaillit comme ça, c'est la citation de Pierre Taher de Chardin, qui est la plus connue, qui dit que nous ne sommes pas des êtres humains ayant une expérience spirituelle, mais que nous sommes des êtres spirituels. ayant une expérience humaine.
- Speaker #0
Magnifique.
- Speaker #1
Je la trouve vraiment profonde, cette phrase. Elle peut ouvrir à une discussion, par exemple.
- Speaker #0
Allons-y. Explique-nous.
- Speaker #1
Elle rassemble pour moi la compréhension de ce que nous sommes, justement, fondamentalement, derrière l'idée que l'on peut avoir de nous-mêmes, l'identification à la forme, c'est-à-dire au corps, à l'identité, à notre passé, à notre histoire, mais que nous sommes beaucoup plus que ça. Nous sommes cette essence, cet esprit, et il y a bien sûr bien des manières de le lire, mais cet esprit à la fois la dimension de l'esprit, donc la dimension spirituelle, mais aussi l'esprit en tant qu'un synonyme de la conscience, la conscience qui serait le phénomène premier, la toile de fond de l'ensemble du vivant. Donc ça nous renvoie aussi à une dimension très universelle dans le sens où, bien sûr, j'ai ma perception individuelle identifiée, mais je... Je comprends aussi que je fais part d'un ensemble beaucoup plus vaste, et qui dit beaucoup plus vaste, on pourrait même considérer que c'est même au-delà de la vie et de la mort, cette notion d'esprit. Et donc ne pas se limiter à cette identité même humaine, et voir que nous sommes le vivant, ou peut-être le divin, même si le mot n'est pas la chose, incarné sous cette forme humaine.
- Speaker #0
Alors toi ce qui est très impressionnant c'est que tu es assez jeune, tu es même très jeune. On comprend évidemment que comme tu as commencé à 4 ans, tu as une certaine forme d'expertise en tout cas sur ce que tu dis. Mais à quel moment tu as compris là ce que tu viens de me dire ? Ça a été intégré pour toi comme pleinement acquis ou pleinement conscient ? Parce que c'est vrai qu'il y a des gens, ils découvrent ça ou ils ont cette posture. beaucoup plus tard ?
- Speaker #1
Je dirais que déjà, rien n'est acquis, qu'on n'est jamais arrivé, et surtout dans le domaine justement de la spiritualité, qui est aussi un mot que je pense apprendre avec énormément de discernement, parce qu'on peut mettre mille et une illusions derrière la spiritualité. Donc je pense déjà qu'on n'est jamais arrivé, et que pour moi, c'est une compréhension qui se travaille chaque jour, en restant dans sa sensibilité, en restant au contact de ce qui est, en restant humble, en restant un élève de la vie, en restant sur le chemin. Mais c'est vrai que ça m'a touché beaucoup grâce à mon enfance et à cette famille où les arts martiaux, où le rapport à la nature, ma grand-mère qui était une femme plutôt mystique au sens noble du terme, qui était dans la prière, dans la contemplation, qui était très proche de son jardin, de ses fleurs. Mais il y avait cette sensation du sacré, de l'invisible, du plus grand. Et ce regard vers les étoiles très jeune aussi, influencé par mon père, pilote, qui avait appris la navigation par les étoiles. Regarder ce ciel, regarder cette infinité, l'infiniment petit, les saisons. Et je crois que durant déjà cet âge-là, il y avait une notion de quelque chose d'infiniment plus vaste. Et un amour, une sensibilité assez particulière pour la vie, je pense, qui m'a cessé de croître après, sur la fin de mon adolescence, quand j'ai commencé vraiment à m'intéresser aux voies contemplatives et à commencer à aller méditer, aller voir des centres, des ashrams et aller plus dans cette... approche de la méditation finalement en tant que voix.
- Speaker #0
Mais c'est assez rare. Là, tu parles d'adolescence. C'est vrai qu'à 18 ans, on est plutôt, je ne sais pas, en train de... Non, mais d'avoir d'autres préoccupations. C'est très jeune quand même.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que ça a été pour moi comme une... C'est venu de quelque chose de très intuitif parce que le goût de la jeunesse que l'on peut avoir justement pour... Et il faut le faire. Il faut faire la fête. Il faut sortir. Il faut tomber. Il faut se tromper. Il faut goûter au chaos, ça fait partie de notre chemin. Et j'ai eu aussi ces phases-là, évidemment. Mais il y avait quand même toujours ce côté, une quête. Il y a quelque chose, voilà, je veux aller voir plus loin. Et c'est vrai que c'est beaucoup passé aussi par le corps, par la physicalité au début. Cette envie de se dépasser, d'aller loin, d'aller rencontrer des formes de trance, des états de flow. Il y avait déjà quelque chose qui me fascinait. Et à partir du moment où j'ai commencé à m'asseoir dans la cise, le silence, la méditation, là, ça a ouvert encore toute une porte sur... OK, donc là, ce qui me pose problème aussi dans ce jeune âge émotionnel, les relations, les premières histoires de cœur, eh bien, je vois une lecture complètement différente à partir du moment où je dédie du temps à l'étude et à la compréhension de ce que je suis.
- Speaker #0
Ta mère aussi, on a oublié de dire, mais ta mère était professeure aussi de yoga.
- Speaker #1
Elle n'a pas de yoga, elle est professeure des écoles, mais elle pratiquait le yoga.
- Speaker #0
D'accord, OK. Donc, elle pratiquait beaucoup de yoga. C'est vrai que du côté de ta mère, tu avais le yoga, du côté de ton père, tu avais les arts martiaux, plus ta grand-mère. Mais résultat, quel enfant tu étais ? Est-ce que tu étais totalement atypique ?
- Speaker #1
Est-ce qu'on n'est pas tous atypiques ?
- Speaker #0
On est tous atypiques, mais ce que je veux dire, c'est que c'est vrai qu'être éveillé jeune devient plus commun aujourd'hui. Mais si on recule il y a 30 ans, ce n'était pas quelque chose de commun. Beaucoup plus, en Occident j'entends, parce que c'est vrai que sur d'autres continents, bien plus.
- Speaker #1
Il y avait clairement un décalage. La scolarité pour moi, ça a été vraiment catastrophique. J'ai eu un vrai rejet du côté formatage. Après, on a énormément de chance, bien sûr, en France. Tout n'est pas parfait. Il y a aussi plein de chaos dans ce pays. En tout cas, pour moi, je n'ai pas saisi la chance d'avoir, je dirais, l'accès à l'éducation nationale. Pour moi, ça a été le rejet, le conflit, le conflit interne, la colère, beaucoup de dualité. Donc, finalement, j'ai... plongé assez rapidement dans une période où j'ai commencé à me confronter par la force des choses à mes démons, à la souffrance, au mal-être, à ces tensions internes. Et ça, je ne pourrais pas vraiment dire d'où ça vient. Ça a été là. Et il y a eu ce besoin dans l'adolescence d'être dans la confrontation, d'être dans l'opposition, dans la rébellion. Mais c'est allé jusqu'à finir plusieurs fois en garde à vue, les bagarres. Il y a eu vraiment une adolescence...
- Speaker #0
plutôt violente,
- Speaker #1
plutôt chaotique. Oui,
- Speaker #0
plutôt chaotique. Et donc, à ce moment-là, ce n'était pas du tout une époque où tu méditais et où tu ne pratiquais pas les enseignements que tu développes aujourd'hui ?
- Speaker #1
C'était l'opposé. Il y a eu comme une explosion, une enfance paisible au contact de la nature, avec la camaraderie, le sport, les arts martiaux. Un chaos et une tempête pendant quelques années au centre de l'adolescence.
- Speaker #0
C'est combien de temps ça a duré ?
- Speaker #1
Je dirais entre 12 ans. et 16-17 ans, à tel point que j'avais quitté l'école très tôt et je me retrouve à travailler sur les chantiers. Et un jour, justement, au milieu d'un chantier, j'ai comme un instant d'éveil où je vois que je suis... en train de me mentir, en train de me détruire, en train de passer complètement à côté de ma ligne de vie, à côté de ce que je pourrais vivre. Et c'est tellement fort, ça me bouleverse tellement au niveau des tripes du cœur et j'ai des visions. Et je sais que là, je dois quitter ça, me rencontrer. Et c'est à partir de là où j'ai ce switch majeur à 17 ans où je décide d'aller en profondeur justement dans cette méditation, dans cette étude. Et je demande une dernière chance à mon père qui avait abandonné tout espoir. Je vivais dans la région centre avec ma mère. Je lui demande si je peux venir à Paris faire des études de préparation physique. Et c'est là où ça commence, où il y a cette bascule majeure entre le chaos et ma voix qui se dessine.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu pourrais recommander, parce qu'on aime bien les partages d'expérience, à des jeunes qui pourraient nous écouter ou des parents qui s'inquiètent souvent à la période de l'adolescence, justement des turbulences que les jeunes, enfin les ados ont. Qu'est-ce que tu peux recommander pour essayer de guider nos enfants sur le droit chemin ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Elle est bien sûr sensible et cruciale, mais il y a une immense part d'éducation, il y a une immense part d'incarnation. Il n'y a pas de meilleur exemple qu'incarner. Donc je dirais que pour tout parent ou toute personne qui est au contact de la jeunesse, nous nous devons d'incarner comme exemple plutôt que d'imposer quoi que ce soit. C'est-à-dire d'ouvrir des portes, méditer devant un enfant, prendre soin de notre corps, comprendre comment composer avec nos émotions, avec les défis, les épreuves du quotidien. Et le faire de manière digne et ancrée, c'est déjà le plus beau des exemples. Et puis après, pourquoi pas ouvrir des portes ? Moi, je sais que malgré cette adolescence qui a été comme une explosion, mais qui a été juste, parce qu'elle m'a appris beaucoup, c'est tout de même grâce à ce que j'avais vu, grâce à mes parents et à mon socle familial, que la méditation est apparue comme revenir un peu du fond de ma conscience de jeune qui avait vu ses parents méditer. Donc, il y a quand même cette ouverture de porte et puis encourager la sensibilité. Encourager le fait de pouvoir remettre les choses en question, ne pas se laisser formater par le monde, par l'entourage. Vraiment encourager l'autonomie de la pensée, le questionnement et ouvrir des portes vers la connaissance de soi.
- Speaker #0
Et tu l'as très bien dit, il y a aussi à un moment une partie de liberté. Les enfants ne nous appartiennent pas et on doit vous laisser, comme nos parents nous ont laissé, chuter. C'est comme ça que vous allez avoir un déclic.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu, sur la partie éducation, l'école, qu'est-ce que tu pourrais, enfin qu'est-ce que tu souhaiterais pour les prochaines années, comme petite recommandation, qu'on pourrait rajouter ? C'est vrai qu'il y a des gros débats aujourd'hui sur l'éducation, sur la manière dont nos enfants apprennent assis sur une chaise. On regrette, et je pense que toi tu en fais partie aussi, de ne pas avoir un peu plus de méditation ou de yoga, même si ça arrive, mais lentement. Qu'est-ce que tu pourrais...
- Speaker #1
Oui, ça... énormément manqué, en tout cas pour un jeune comme moi, si je reprends cet exemple-là. Je pense clairement, j'ai même la conviction profonde qu'on a besoin d'une école où on est beaucoup plus proche du corps, on a beaucoup plus besoin de comprendre le corps, mais au-delà de l'EPS un peu classique, tu vas faire de la balle aux prisonniers ou de l'athlétisme, mais comprendre plus ce qu'est le véhicule de la conscience. Donc ça nous amène aussi à comprendre peut-être plus les émotions, ça nous amène à apprendre à respirer, respirer depuis le plus jeune âge, C'est quand même le levier majeur. auxquelles nous avons accès pour influer sur notre état, réguler notre système nerveux, gérer le stress, être plus dans cet instant présent, dans cette conscience. Donc le souffle, le corps, la dimension artistique aussi à mon sens, elle est majeure, qu'on ait plus d'accès à des temps d'art plastique, à des temps de création, à des temps d'expression, et revenir dans ce qui encourage l'autonomie, la créativité, la sensibilité, et bien sûr la méditation, la pleine conscience, devrait être... être une qualité majeure pour développer cette qualité de présence, d'attention et qui est même une compréhension du bon fonctionnement au niveau du cerveau, au niveau de neuroplasticité, au niveau cohérence cérébrale. Je veux dire, on devrait apprendre à être présent comme un état à partir dequel on a envie d'apprendre.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux expliquer concrètement qu'est-ce que c'est une routine de méditation ? Parce qu'en fait, la méditation, on en a entendu parler depuis très longtemps. Je crois qu'il y a plein de personnes qui ne savent pas qu'il y a des états. Déjà, on peut méditer plus ou moins longtemps et qu'on n'est pas obligé forcément de se mettre en tailleur, non mais en plein silence pendant une nuit. Parce que parfois, les gens ont l'impression que c'est très, très loin. Est-ce que tu peux rappeler qu'est-ce qu'une médiation basique est facile à introduire dans une vie quotidienne ?
- Speaker #1
Alors effectivement, il y a plusieurs courants méditatifs. Disons, déjà... pour défricher le terrain que la méditation c'est pas tant une pratique, bien sûr on peut pratiquer la méditation mais c'est surtout un état un état de présence, c'est-à-dire le degré avec lequel je peux être au contact de ce qui est de la réalité On ne peut pas dire ce qu'est la réalité, c'est indéfinissable puisqu'on a une perception limitée du réel qui est filtrée par le prisme de notre vision du monde, de notre éducation, nos conditionnements. Donc c'est réduire cette distorsion en travaillant une qualité d'attention, une qualité de présence qui passe par quelque chose de très somatique, qui passe justement par le corps, les couches sensorielles, les sens, savoir écouter, observer, sentir, goûter. Et finalement, cette tradition méditative... centrale, nous a été principalement transmise par des voies comme le bouddhisme, vipassana, la vision pénétrante. C'est des qualités d'attention où on vient, où il s'assoit à certains moments pour réduire le nombre de stimuli externes et affûter cette capacité à ne rien faire d'autre qu'être, à accepter de dédier du temps à être pleinement. Et commencer à observer, par exemple, que le mouvement de la pensée, cette voix dans ma tête ou cette identification aux émotions, n'est pas moi. Je ne suis pas obligé de croire à ce qu'il y a dans ma tête, je ne suis pas obligé de m'identifier, mais je peux observer justement que je suis cet être spirituel ou cette conscience qui est capable de voir un conditionnement, qui est capable de développer une compréhension de mon fonctionnement. Donc c'est la métacognition aussi, on vient être de plus en plus libre des réactions automatiques, peut-être des héritages de nos lignées, du conditionnement, on vient réguler notre système nerveux et on vient vraiment transformer notre conscience à chaque pratique petit à petit. mais aussi au niveau structurel. Il y a vraiment une action au niveau du cerveau en lui-même, la neuroplasticité. Donc ça serait ça un peu la méditation fondamentale. Travailler la présence, y revenir jour après jour et laisser ces pratiques plutôt formelles où on vient être de plus en plus proche de ce qui est, laisser cet état se dissoudre après dans la vie du quotidien, dans cette conversation qu'on a là, toi et moi, dans un moment justement où je viens prendre du temps avec mes enfants si j'en ai, ou avec mes proches, dans une scène où je vais rencontrer le chaos, peut-être, le conflit, comment est-ce que je deviens de plus en plus présent, capable de ne pas réagir de manière automatique et conditionnée, mais d'agir en âme et conscience, de choisir, de développer finalement un état créateur, d'incarner une version plus sage, plus présente, plus dans la compassion, l'altruisme et la lucidité moment par moment.
- Speaker #0
Est-ce qu'on pourrait dire aux gens et les rassurer, leur dire que s'ils méditent 10 minutes, 15 minutes par semaine, c'est déjà bien ?
- Speaker #1
Alors, je dirais pas par semaine. En revanche, il est vrai qu'à partir de 3 à 5 minutes par jour, c'est plutôt la régularité. Donc, plutôt que de chercher 15 ou 20 minutes, commencer par 3 à 5 minutes de respiration consciente, c'est une porte magnifique, le souffle pour l'état méditatif. C'est déjà très, très bien. Et après, moi, ce que je recommande la plupart du temps, si on peut développer une pratique méditative, par exemple, quand on se réveille d'une dizaine de minutes. Quand on est encore dans des fréquences cérébrales intermédiaires que l'on mesure souvent en théta, c'est un moment particulièrement privilégié pour ça. Je suis en présent, je prends contact avec mon corps, peut-être que je me connecte à un moment de gratitude, une nouvelle journée, je vis, je respire, peut-être que je vais penser aux gens que j'aime, à une intention pour la journée, voilà. Et la même chose avant de s'endormir. Je fais le sas, ça me permet d'intégrer ce que j'ai vécu et de me préparer à cette phase vitale de mon équilibre qu'est le sommeil. Ces deux fenêtres-là, par exemple de 10 minutes deux fois par jour, Là, on rentre dans une pratique méditative qui peut transformer beaucoup de choses.
- Speaker #0
Alors, tu es présent aujourd'hui parmi nous, notamment parce que tu organises prochainement, le 19 septembre, un événement de grande envergure à Paris. Est-ce que tu peux nous en parler plus précisément ?
- Speaker #1
C'est un événement qui s'appelle Éveil, qui part de cette intention justement de rendre accessible au plus grand nombre ces clés de compréhension que sont la voie de la présence, donc la méditation, mais aussi celle du souffle, la respiration, avec le Balswork, qui est une approche. puissante du souffle et également comme j'ai tout un parcours avec les arts martiaux la danse, le mouvement, aussi de donner des clés sur ce fameux corps qui contient notre conscience ou peut-être que la conscience contient le corps, ça dépend comment on regarde les choses, mais comment est-ce que je peux connecter la compréhension de ma capacité en autonomie, parce que les clés sont déjà en moi, à modifier mon état par le souffle à développer ma présence, mon calme ma créativité par la présence et ma compassion ? Et comment est-ce que le corps peut être abordé d'une manière justement moins rigide, moins en suivant forcément une discipline ou un sport ? Et c'est très bien de le faire, mais juste comprendre qu'il y a aussi des manières de bouger très intuitives où le mouvement devient une méditation en mouvement. Et comment est-ce que ces choses-là, de manière très concrète, peuvent être accessibles et quand elles sont vécues de manière intense ? C'est ce qu'on propose dans ces événements avec mon équipe. Vivre un breastwork, c'est vrai que ça ouvre des états non ordinaires. Donc c'est peut-être pour certains aller voir pour la première fois d'autres états. Ce qui pouvait être rencontré dans... des cérémonies, autour du feu, dans la danse, dans le chant, dans les mantras, avec les plantes médecines. L'humain s'est toujours rassemblé autour du feu, autour des cercles, pour aller voir et connecter à quelque chose de plus vaste. Mais paradoxalement, ce qu'il y a profondément en nous, et on en revient à cette fameuse citation du début, c'est redonner des endroits où on se réunit, consciemment, entre humains, et on vient ouvrir cette dimension, se rencontrer, se rappeler, et le faire avec plusieurs voix qui viennent amplifié d'autant plus parce que la méditation isolément est très puissant le souffle mouvement mais ensemble il ya vraiment quelque chose qui se passe et je vais re réappuyer sur ce mot ensemble le fait de le faire en commun il ya une intensification une démultiplication de l'effet parce que quand tu respires avec 100 200 300 personnes d'un même souffle que tu bouges que tu regardes d'autres personnes dans les yeux que tu médites et que tu te connais dans un instant de prière sans dogme il ya quelque chose qui se passe et Nous manquons de liens aujourd'hui et c'est vraiment cette intention derrière la veille de retrouver ce qu'il y a en nous individuellement et collectivement ce lien conscient-humain.
- Speaker #0
Alors c'est à Paris le 19 septembre et ensuite tu as une tournée dans toute la France et puis tu as une multitude de projets divers et variés. Donc ceux qui louperaient cette tournée-là peuvent s'intéresser de près à ta page Instagram et à ce que tu fais parce que tu ne vas absolument pas t'arrêter là comme tu me disais tout à l'heure en arrivant.
- Speaker #1
Tant qu'il y a de la vie,
- Speaker #0
continue-en. Et on aura hâte de venir. à tous tes événements, ça donne envie. Et c'est vrai qu'avec le collectif, il y a vraiment quelque chose de très particulier qui se crée. Il y a des déclics aussi. On peut passer des paliers aussi en ayant des moments partagés de collectif parce qu'en fait, on se retrouve... Enfin, on se rend compte qu'en fait, et on a une petitesse d'âme chacun d'entre nous, mais qu'en fait, tous ensemble, il y a des choses magiques qui peuvent se créer. Et voilà, il y a une énergie très différente de quand on fait des choses... en solitaire chez nous. Donc, ça donne vraiment envie. Tu parlais de tes épreuves. C'est vrai que nous, on aime bien avoir des partages concrets. Est-ce que tu peux nous confier quelque chose de très dur, peut-être, qui t'est arrivé ? Et comment tu as réussi à le solutionner par une de tes pratiques ou une de tes manières d'accepter la réalité ?
- Speaker #1
Il y a un exemple. que j'ai déjà pu évoquer dans d'autres conversations qui illustrent pour moi assez bien, parce qu'on a plein plein d'épreuves, mais celui-là par exemple est assez symbolique, une période de vie avec une relation intime, amoureuse, qui se finit brutalement, et dans laquelle est impliqué également un de mes amis très proche. Et donc il y a toute une situation qui, émotionnellement, est confrontante. Et dans les jours qui suivent cette situation, je me blesse dans une époque où je suis vraiment très, très investi par le corps. Je transmets beaucoup par le corps, les retraites, les ateliers. Je fais encore des cascades pour les films, encore de la danse sur scène. Et là, une blessure dans un entraînement parce qu'il y avait cette charge émotionnelle et j'y avais besoin. C'était une manière de transformer pour moi la performance et de pousser ce corps. Et je me blesse. assez sérieusement au genou. Et là, tout s'arrête du jour au lendemain. Je ne peux plus bouger, je ne peux plus travailler. Je ne peux plus faire ce que j'aime. Voilà, il y a tout. Cette amie, cette personne, ce travail, ce désir de... En plus, c'est une période de vie en pleine expansion. Et là, l'arrêt net. Opération qui ne se passe pas très bien, rééducation qui ne fonctionne pas. Pour la première fois, mon corps me lâche vraiment. Ce corps auquel j'étais tellement identifié, justement. Cette version de moi à laquelle je croyais beaucoup. ce corps capable. Et là, non, plus rien. Et finalement, j'ai dû reconnecter avec ce que j'avais pu étudier avant, l'acceptation, accepter de mourir à soi pour laisser autre chose renaître, comprendre que la guérison, la rééducation, elles se jouent à plusieurs niveaux, qu'il y a, oui, un travail de kiné, un travail matériel, physique, plastique, mais il y a aussi un travail interne, aller voir ce que nous enseigne une blessure, aussi bien au niveau somatique qu'émotionnel. Et finalement, je plonge de plus en plus profondément sur l'étude de ces voies-là pour me réparer. Et là, il y a un vrai switch majeur avec cette compréhension de comment est-ce qu'on peut agir sur le corps, comment est-ce qu'on peut transformer aussi cette version de nous. Et ça me met à transformer complètement ma manière de transmettre, puisque pendant trois ans, je n'utiliserai quasiment plus mon corps. Et c'est là où j'ai cette bascule majeure de la transmission avec la méditation et le souffle.
- Speaker #0
Alors c'est très intéressant parce que c'est vrai que la blessure amoureuse, je ne sais pas si elle est plus dure aujourd'hui qu'avant, mais c'est vrai qu'on a l'impression que les jeunes, enfin parfois, c'est vrai que... Le monde paraissait crouler quand on a la première rupture amoureuse. Et c'est vrai qu'autour de nous, ces dernières années, j'ai beaucoup entendu de jeunes en souffrance, mais totale, d'une petite copine qui s'en va, d'un petit copain. Et donc, c'est vrai que là, le message que tu délivres, c'est n'hésitez pas à revenir à une forme de méditation et d'acceptation. Ça aidera en tout cas les jeunes à accepter Des choses qui paraissent... C'est vrai, la première rupture amoureuse, on a l'impression qu'on ne s'en remettra jamais, que notre corps est brisé.
- Speaker #1
C'est ça. Comprendre que cet amour ne dépend absolument pas de l'extérieur. C'est s'aimer soi avant tout. Cet exemple parmi d'autres, moi, il m'a renvoyé justement déjà à soi-même. Comprendre justement qu'à côté de ce narcissisme, cet égocentrisme qu'on a tous en tant qu'être humain, moi, je suis victime, on m'a quitté, on m'a abandonné. C'est déjà... quel amour tu es capable de te donner au quotidien en autonomie. Donc il y a vraiment ce regard interne, être soi-même déjà en amour avec soi, tomber amoureux de soi, pas comme quelque chose d'égocentrique, mais au contraire comme la condition première, mais vitale, avant de pouvoir donner de l'amour, et rentrer dans des relations, puisque tout est relation dans le tissu du vivant, dans des relations qui partent déjà de notre capacité à nous aimer, à être en amour vis-à-vis de nous-mêmes, et de la... tout va se transformer. Donc ça nous renvoie finalement à ce que toutes les voies de sagesse nous ont appris à développer. La foi, c'est aussi comprendre que le divin est en soi, que tout part de nous et que ce que l'on veut voir émerger dans le monde, que ce soit des relations, des réalisations, part de quelque chose qui naît en nous. Et cette condition créatrice première, c'est celle de l'amour.
- Speaker #0
En tout cas, merci de nous avoir partagé cet exemple qui, à mon avis, s'illustre pour beaucoup d'entre nous. qui avons vécu ce genre de souffrance. Tu as accompagné des célébrités, des personnalités, notamment Scarlett Johansson. Est-ce que tu peux nous raconter, pour le coup, c'est le côté un peu plus sensationnel de ton parcours. Dans quelle mesure tu l'as rencontrée et qu'est-ce que ça t'a apporté dans ta vie et qu'est-ce que tu pourrais nous partager sur ce que tu lui as appris ? Parce que c'est vrai, quand on est acteur, on a cette partie égo aussi qui est... très importante. On utilise son corps qui est son outil numéro un. Je suis sûre que tu lui as permis aussi de lui procurer des enseignements qui ont dû forcément changer aussi sa manière de voir les choses, elle et les autres célébrités.
- Speaker #1
En fait, Scarlett et d'autres personnes, pour moi c'est des personnes que j'ai rencontrées déjà jeunes quand justement j'opère cette transition et quand je fais ces études de préparation physique, je deviens déjà personal trainer dans un lieu à Paris où à l'époque il y avait vraiment Merci. tout le milieu créatif, des acteurs, des artistes, des photographes, des plasticiens, des designers. Et je me retrouve donc très jeune de cet adolescent dans le chaos, le trouble, à un milieu avec énormément de culture, d'art, mais qui n'en est pas moins confrontant parce que nous sommes tous humains et soumis à des choses similaires au niveau émotionnel. Donc je me retrouve dans ce monde à accompagner physiquement d'abord bon nombre de personnes, athlètes, artistes, entrepreneurs, et c'est avec le temps. temps que je développe une vision qui est de plus en plus holistique, justement, en intégrant petit à petit la méditation, la conscience, la respiration. Et Scarlett, comme d'autres personnes, c'est des personnes que j'ai accompagnées parce que comme j'ai été dans ce milieu, mon réseau s'est développé dans ce monde créatif, et c'est vrai que j'ai beaucoup travaillé dans le milieu du cinéma, dans le milieu de la mode, parce que, ben, juste le bouche à oreille, la transmission aussi, et ce que moi, ça m'a appris, je dirais... en ayant commencé jeune à côtoyer plein de personnes qui sont allées au bout de leurs rêves et de leur singularité, de leur authenticité, de leur talent. C'est cette idée de justement embrasser quelque chose qui nous dépasse, cette nécessité d'exprimer, cette nécessité de nous dépasser, d'aller au-delà du conformisme, d'oser. Moi, j'ai vraiment eu ce côté miroir où je pouvais accompagner et donner des clés pour que ces personnes prennent soin d'elles déjà au niveau du corps quand j'étais plus jeune. Mais moi, ce que ça m'a transmis, justement, c'est cette...
- Speaker #0
cette foi dans notre capacité à manifester des choses les plus grandes possibles, parce que tout est en nous. Donc il y a eu cet échange-là, et c'est vrai qu'après, j'ai développé un accompagnement qui est devenu de plus en plus axé sur renvoyer les personnes avec lesquelles je travaille beaucoup à elles-mêmes. Donc c'est comprendre qu'il n'y a aucun maître. Moi, je ne suis pas un sachant, il n'y a pas de gourou, il n'y a pas de personnel trainer, maître spirituel. Non, c'est comment tu vas créer un cadre suffisamment conscient. sérieux, éthiques, pour que la personne, dans des pratiques corporelles, dans du breastwork, où ça va ouvrir des états de trans, des états non ordinaires, que cette personne puisse se rencontrer elle-même, en autonomie, dans un cadre sécurisé. Et c'est ça, à mon sens, la vraie spiritualité ancrée, c'est renvoyer toujours chacun à faire ce chemin par lui-même. Il n'y aura aucun gourou, maître, chaman qui pourra rien faire pour nous si on ne le veut pas. Cette transformation, cette évolution de notre conscience. Donc moi, je crée des espaces, je donne des clés, mais je n'ai jamais rien fait à la place de personne.
- Speaker #1
Moi, je pensais que tu les avais accompagnés dans le cadre d'un film. Il y a eu ça.
- Speaker #0
Là, j'ai un peu débordé sur le général.
- Speaker #1
Je pensais que tu avais une mission pour un rôle particulier. Ça,
- Speaker #0
c'est arrivé, bien sûr.
- Speaker #1
Elle ou Marc. Tu vois, c'est vrai que tu as pas mal de célébrités. Souvent, on fait appel à des coachs en fonction des besoins. Oui,
- Speaker #0
Scarlett, ça a été bien dans des cadres de cinéma. On avait travaillé sur un film, notamment Ghost in the Shell, où elle venait d'accoucher de sa fille. Donc, il y a eu énormément de travail sur remettre le corps en mouvement. Bien sûr, elle fait des rôles très physiques, donc les arts martiaux, réintégrer cette dimension du mouvement, de l'entraînement, et puis oui, le souffle, la présence. Parce qu'on va toujours beaucoup plus loin quand on travaille consciemment. Donc, même si on parle d'entraînement physique, si tu le fais depuis un état de présence, ça transforme tout. Je veux dire, des personnes comme Scarlett. ou d'autres avec qui j'ai travaillé qui ont déjà une immense carrière sont des gens qui de toute façon sont déjà sensibles à ça parce qu'il y a déjà un travail pour en arriver à ce niveau de performance il y a déjà eu un travail où on a fait péter des plafonds de verre immenses et je pense que c'est aussi ça qui a fait qu'on s'est reconnu avec plein de personnes dans ces milieux d'athlètes et d'artistes parce qu'il y avait la compréhension de on voit le pouvoir de l'esprit et de ce pouvoir là oui on peut aller faire des grandes choses Merci. dans les rôles, dans les entreprises, dans la transformation physique et mentale.
- Speaker #1
Toi, aujourd'hui, qu'est-ce qui te ferait perdre ton calme ?
- Speaker #0
L'injustice, la violence, ce qu'on voit tous les jours, le niveau d'inhumanité, de violence, de massacre auquel on est confronté aujourd'hui. Et dans une certaine mesure, on en est tous responsables parce que le monde, c'est nous, la société, c'est nous. La société n'est pas quelque chose d'extérieur à notre comportement du quotidien. Donc, sans jamais m'exclure de l'équation qui crée ce chaos mondial. Bien sûr que je suis profondément révolté par mille et une injustices, par ce qui se passe dans plein d'endroits dans le monde. Et pas plus loin qu'au bas de notre porte. Donc oui, ça, ça me révolte. tout ce que je fais. à mon humble niveau, ne vient que de cette révolte-là et de cette souffrance, de ce mal-être, de voir à quel point nous souffrons et à quel point nous faisons souffrir ce monde et cette terre et le vivant de son ensemble. C'est mon feu de motivation première, finalement. C'est comment est-ce que je peux importer ma pierre à l'édifice dans mes actions du quotidien.
- Speaker #1
Donc en fait, c'est important aussi de rappeler qu'avoir une certaine forme de révolte, c'est important aussi pour avoir une force créative.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
méditer, pratiquer les arts martiaux, ce n'est pas non plus être zen. La zénitude, ce n'est pas tout accepter. C'est le vrai zen, pas le zen à l'occidental. Exactement. Est-ce que tu peux nous résumer qu'est-ce que c'est d'être aligné avec soi-même et le zen ? On a quand même le droit d'être révolté, d'être triste, d'être en colère. Est-ce que tu peux nous expliquer comment être, comment vivre aujourd'hui avec toutes les informations catastrophiques, dramatiques qui nous perturbent, du plus petit détail au quotidien ? comme tu l'as très bien dit, des grands bouleversements qui arrivent de manière totalement injuste. Et c'est très dur, je pense, pour l'humanité d'intégrer toutes ces informations qu'on s'obtient.
- Speaker #0
C'est hyper violent. Ça nous affecte tous dans notre santé physique, émotionnelle, mentale. D'ailleurs, les plus grands enseignants en ont toujours parlé. Je pense par exemple à Jésus. Jésus se mettait en colère. Je veux dire, dans toutes les grandes lignées. Si on étudie les grandes transmissions, la colère n'est pas quelque chose à refuser, mais quelque chose à orienter, à canaliser. Et là, on en revient à des visions de l'alchimie interne, comment je dirige l'énergie. La colère est une immense énergie. Bien sûr que si on s'en prend à tes proches, à tes enfants... tu vas te mettre en colère, mais c'est une colère qui est au service de la vie. La passivité, dans des moments où on doit pouvoir s'engager et s'imposer, crée plus de mal, de souffrance et de division que justement d'entrer parfois dans la fermeté et parfois la colère, parce que de toute façon, nous sommes humains et vulnérables et le but n'est pas d'être parfait, ça n'existe pas. Et cette colère, elle peut être au service de la vie, être au service du vivant, au service de l'harmonie. Je pense souvent à Krishnamurti qui est pour moi... une de mes figures majeures d'inspiration, je le lis depuis des années, et lui parlait d'une révolution, mais une révolution de la conscience. C'est comment on utilise cette colère, cette révolte, ce refus de continuer à détruire l'environnement, les générations qui viennent après nous et cette humanité en emportant l'ensemble du vivant avec nous. Si ça nous bouleverse et ça nous révolte, comment cela devient créateur et je le transforme en quelque chose qui, moi, me fait passer à l'action, mais dans quelque chose de Merci. pacifiste. Donc c'est ça, je dirais, l'alchimie, c'est comment la colère où on aurait envie de tout péter, on va la faire devenir créatrice. Je vais utiliser cette colère comme j'utilise un obstacle, et ça c'est une vision très stoïcienne, l'obstacle sur la voie devient la voie, Marc Aurel. Je vais utiliser cette force et ce feu en moi pour créer quelque chose, faire naître dans le monde ce que j'aimerais voir. Donc c'est la transmutation finalement.
- Speaker #1
Là, tu nous as fait quelques rocos culturels. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu peux recommander à ceux qui nous écoutent pour bien commencer l'année, la rentrée ? Des livres, des ouvrages ou des choses qui t'ont aidé sur ton chemin, sur ton éveil ?
- Speaker #0
D'ailleurs, l'éveil n'est qu'un chemin, jamais arrivé. Bien sûr, il y a des titres qui sont connus, mais c'est très important, je pense, de toujours revenir aux fondamentaux. J'ai parlé de Krishnamurti, Jiddu Krishnamurti, qui est à mon sens vraiment d'un éclairement immense et non dogmatique sur ce que peut être la conscience, la pensée, l'humain, la méditation authentique. Mais je penserais aussi à Eckhart Tolle, notamment avec Le pouvoir du moment présent, qui est son best-seller.
- Speaker #1
Un gros pavé quand même.
- Speaker #0
Un gros pavé, mais qui rend accessible. Lui aussi était un grand lecteur de Krishnamurti, donc il rend accessible, justement, sans partir d'une tradition bouddhiste ou autre, mais tout... le cœur de ce que peut être l'enseignement à la méditation, à la présence. Donc vraiment un fondement, un fondateur, je pense, qui voudrait commencer dans la lecture. Et il y a aussi les stoïques. J'ai parlé de Marc Aurel. Oui, Marc Aurel, c'est aussi une très bonne lecture. Comment cet empereur, au milieu du chaos de son époque, qui était déjà là avec les mêmes vices humains, a trouvé et cette capacité à revenir en son centre, en son cœur, en son intégrité, en tant que leader. Et donc, voilà cette transmission aussi de faire de tous les obstacles que nous avons au quotidien, dans tous les cas, ce n'est pas parce qu'on médite qu'on n'a pas d'obstacles, mais c'est transformer notre perception et notre rapport aux choses. C'est ça qui nous offre la liberté. C'est la transformation, puisque les choses, de toute façon, elles continuent d'arriver.
- Speaker #1
Alors justement, sur le thème de la transformation, et de la transformation, méditation. Et tout à l'heure, tu as évoqué Jésus. Quel est, toi, ton rapport à la spiritualité ? Est-ce que tu considères que la méditation est la manière dont tu vis une certaine forme de spiritualité ? Quel est ton rapport par rapport à tout ça ?
- Speaker #0
À la spiritualité, je dirais, n'appartient à aucun dogme, n'appartient à aucune religion. Elle est. Elle est juste la dimension spirituelle, l'esprit, la conscience qui nous anime. Donc, ma vision... personnelle, en tout cas ma manière de vivre de manière religieuse, ce n'est pas par le prisme d'une religion en particulier parce que la vérité, je vais citer une fois de plus Krishnamurti, la vérité est un pays sans chemin. Notre chemin, il doit être découvert par nous-mêmes. Bien sûr, il y a des mentors, des leaders, des personnes qui peuvent nous montrer le chemin, mais c'est à nous d'aller la repenter. Donc, pour moi, une vie religieuse, c'est justement cette conscience d'être relié, religaré. Donc, ma manière de me comporter, elle impacte l'ensemble. Et cette conscience, si elle m'accompagne au quotidien, elle vient, même dans les moments de fatigue, même dans les moments de colère, même dans les moments de surmenage, me dire que l'autre, c'est moi. Ça, c'est une des transmissions aussi du Christ et d'autres. C'est réaliser que tout ce que tu fais, tu te le fais à toi et que les actions que tu as là, dans le grand causa et effet de la vie, vont déjà influencer tes enfants et les petits-enfants de tes enfants. On respire tous le même air. Donc c'est ça aussi, avoir une vie spirituelle. C'est pas répéter des mantras ou des prières parce qu'on les entend, mais comprendre ce qu'il y a derrière. C'est pas tant prier ou méditer parce que c'est ça qui va me rendre en paix. C'est comprendre que mon état transforme ma vie. Que si je transforme ma conscience, Ma vie se transforme parce que ma vie ne dépend que de mon état de conscience. Et comprendre que tout ce que l'on fait, la discussion qu'on a là, chaque moment d'interaction de vie, c'est ça, la spiritualité. Et c'est là où je rejoins la citation du début. Nous sommes dans une expérience spirituelle. C'est un mystère. On est là, incarné dans ce corps, dans cette époque. Et tout est spirituel. Rien n'est hors de la spiritualité. Il n'y a pas besoin d'aller dans un temple. Là, nous sommes dans le temple de la vie, de l'incarnation.
- Speaker #1
Génial. Écoute, moi, j'ai adoré ce moment avec toi. Je pense qu'on pourra encore continuer des heures et des heures. Mais j'invite tous les gens qui nous écoutent à te suivre, tes présences sur les réseaux. Donc, il y a soit ta tournée Éveil, soit tu as aussi un dojo que tu viens de déplacer dans le centre de la France, c'est ça ?
- Speaker #0
Alors, j'ai un dojo en ligne maintenant, une communauté en ligne surtout, dans lequel on se retrouve chaque semaine pour justement méditer, respirer, travailler sur la manifestation, travail énergétique. Quand je dis énergétique, c'est plutôt Qigong, ces voix-là. Et puis, des transmissions, des enseignements et des rassemblements, justement, en ligne, de personnes en chemin. Et on vient mettre ce travail à profit de manière collective. Et ça, c'est quelque chose qui me tient à cœur et qui ne cesse de grandir.
- Speaker #1
Vous êtes combien dans le Bejou actuellement ?
- Speaker #0
Actuellement, 500.
- Speaker #1
Génial. Écoute, hâte de découvrir tout ça. Et merci mille fois pour tout ce que tu nous as partagé aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci à toi, Claire. À très vite. À très vite.
- Speaker #1
Si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes, soutenir Cerveau Puissant et suivre toutes les actualités, les échanges à venir et les contenus que je prépare pour continuer à nourrir ce qui fait vraiment la différence.