- Speaker #0
Il y a des journées où vous avez l'impression qu'il y a des gens qui vous balancent des boules de neige ou des pierres et qui vous disent « tu vas en chier, tu ne vas jamais y arriver » . Et je pense que c'est cet effet d'accumulation qui est un peu nouveau. Quand vous avez le volant, c'est vous qui vous prenez des tas d'eau, des cumes et pourtant il faut rester à la barre. Et ça, c'est un peu particulier.
- Speaker #1
Chaque année, plus de 185 000 entreprises sont susceptibles d'être transmises. Mais près d'un tiers seulement changent de main. Pour réussir leur projet, les repreneurs mobilisent leur passion et un art consommé de la négociation. Je suis Agnès Sévérin et je pars à la rencontre de repreneurs d'entreprises et de sédants qui nous partagent leur histoire dans le nouveau podcast d'Orange Pro, Changement de propriétaire. Je vous souhaite une bonne écoute de ce podcast. Si vous l'aimez, n'hésitez pas à le partager et à vous abonner. Aujourd'hui je rencontre Charles-Antoine Pointeau, repreneur de la boulangerie Ange à Lorient et Aurélie Lebris, responsable du service développement et recrutement des franchisés au sein de la franchise Ange. Bonjour Aurélie, bonjour Charles-Antoine.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Pouvez-vous vous présenter s'il vous plaît ?
- Speaker #2
Alors moi je m'appelle Aurélie Lebris, je suis la responsable du développement pour les boulangeries Ange. Les boulangeries Ange c'est un réseau de 300 unités. composé de 130 franchisés. Et mon rôle à l'intérieur de ce groupe, c'est d'accompagner les porteurs de projets depuis le moment où ils posent une candidature jusqu'à l'ouverture de leur boulangerie et dans le cas qui nous concerne aujourd'hui aussi pendant les transmissions d'entreprises.
- Speaker #0
Alors je m'appelle Charles-Antoine Pointeau, j'ai 45 ans, marié deux enfants. J'ai un passé en industrie agroalimentaire, 15 ans en industrie agroalimentaire, 5 ans... en conseil. J'ai travaillé dans des grands groupes agroalimentaires comme Danone, Andros, Intermarché et je suis parti à l'étranger pendant cinq ans faire le démarrage du site Pasquier. Et ensuite j'ai repris la boulangerie Ange de Lorient après avoir passé un CAP boulanger.
- Speaker #1
À quel moment avez-vous décidé de créer votre entreprise ou de reprendre une entreprise dans ce parcours qui était plutôt orienté vers le salariat ?
- Speaker #0
Ça faisait dix ans que j'y réfléchissais, c'est-à-dire que l'entrepreneuriat, je pense que vous l'avez dans le sang ou vous ne l'avez pas. Et à un moment donné, il faut franchir le pas, probablement vers la quarantaine. C'est l'âge où on a encore du punch, on a encore de l'énergie à dépenser. C'est également un âge où on a une maturité professionnelle. C'est vrai qu'entreprendre jeune, c'est intéressant, mais on peut plus facilement trébucher. Entreprendre avec plus de maturité, c'est aussi plus cadrer ses risques et maîtriser ses risques. Je Je pense qu'à un moment donné, quand j'ai fait cette étape de consulting, je me suis dit en fait, je fais des choses pour les autres. Pourquoi ne pas le faire pour moi-même ? Et le déclic a été là.
- Speaker #1
Comment avez-vous choisi le réseau Ange ?
- Speaker #0
D'abord, c'était un projet de boulangerie. Moi, je viens d'une famille de la terre, d'agriculteurs, etc. Donc l'agroalimentaire, pour moi, c'est dans le sens et mon ADN. C'est pour ça que j'ai fait de l'agroalimentaire. En industrie, du conseil, parce qu'il y avait un moment donné, quand vous avez l'expérience, vous voulez aussi aider des entreprises pour progresser. ou des startups pour faire du scale-up de startup, comme j'ai fait avec différentes startups. Et je pense que c'était pour moi une continuité que de faire de la boulangerie, puisque la boulangerie, c'est plutôt un métier sympa. C'est un métier où on fait des produits sympas, des produits plaisir, des produits qui nécessitent parfois aussi de la connaissance R&D. Et c'est aussi un secteur où on peut entreprendre. Alors il faut de l'argent, mais où c'est assez accessible pour l'entrepreneuriat. Et si vous m'aviez posé la question deux ans avant, je vous aurais dit jamais une franchise en fait. Et aujourd'hui c'est une franchise parce que Ange est dynamique, bouge ses lignes, on a des bons produits, on a un bon rapport qualité-prix et surtout Ange s'appuie sur des outils 4.0 comme l'IA. Et ça, c'est ce qui m'a fait choisir Ange.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez un petit peu investigué et envisagé d'autres franchises avant de choisir Ange ?
- Speaker #0
Alors au départ, c'était avant tout reprendre une boulangerie artisanale. Donc il y a eu un premier LBO qui ne s'est pas fait, pour plein de raisons, puisqu'au final le repreneur ne reprenait pas. Et dans 50% des cas, souvent le vendeur n'est plus vendeur. Céder une entreprise et reprendre une entreprise, c'est vraiment un acte fort, autant pour celui qui cède que pour celui qui la reprend. Il y a toute une dimension psychologique. Donc ça, c'est pas fait et effectivement, je me suis orienté vers les franchises. Mais j'ai fait très, très peu de franchises en fait. Ange s'est tout de suite démarqué très rapidement.
- Speaker #1
Alors sans mauvais jeu de mots, vous mettez la main à la pâte. Vous avez un CAP de boulanger.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Vous pétrissez. Racontez-nous un peu ce que vous produisez ou pas vous.
- Speaker #0
Alors l'idée de repasser à un CAP boulanger, c'était aussi pour comprendre et pour maîtriser ce que font les boulangers. C'est beaucoup plus simple de maîtriser et de rentrer en relation avec des boulangers quand on connaît et quand on maîtrise la pâte. C'est un métier qui est simple par ses matières premières, mais qui est excessivement complexe quand on analyse le process de fabrication. Et donc c'était une évidence pour moi de repasser, c'était aussi avec beaucoup d'humilité que je l'ai fait à 42 ans de repasser un CAP boulanger. J'encadre aujourd'hui 14 personnes dont deux boulangers et trois apprentis boulangers.
- Speaker #1
Quels ont été les premiers échanges avec le sédan de la boulangerie que vous avez reprise à Lorient ?
- Speaker #0
Alors les premiers échanges ont été... très amicaux, il y a eu une volonté de passation. L'ancien gérant voulait passer à autre chose. Donc, il y a eu une passation rapide mais très complète.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'après vous avez été surtout en contact avec des personnes de la franchise ?
- Speaker #0
Tout à fait. La franchisange a tamponné.
- Speaker #2
Un des points essentiels bien avoir en tête c'est que un franchisé qui postule chez nous souvent c'est sa première aventure entrepreneuriale donc on l'accompagne dans cette reprise mais très souvent pour le sédan C'est aussi la première fois qu'il s'aide une société, donc il est novice aussi. Et nous on se positionne vraiment comme un tiers de confiance pour les accompagner tout au long de cet échange qu'ils vont avoir et de ce projet-là.
- Speaker #1
Et quel est un petit peu le processus d'accompagnement quand on intègre une franchise ?
- Speaker #2
Alors tout un processus est en place pour les candidats. C'est le même processus que ce soit pour une création ou pour une reprise puisque l'idée c'est d'être validé en tant que franchisé Ange. Il y a plusieurs rencontres avec le service recrutement. Il y a deux échanges très importants avec les franchisés Valideur, puisque chez Ange, en fait, les franchisés participent au process recrutement. On regarde bien entendu la motivation, ça c'est certain. On regarde les apports financiers, il faut que le projet soit économiquement viable. C'est pour ça que l'accompagnement est très important, parce que l'enjeu financier est quand même d'un bon niveau. Le niveau de l'apport, ce n'est pas nous qui le demandons en tant que franchiseur. C'est vraiment les règles bancaires qui vont le déterminer. On dit que c'est entre 15 et 20% du montant du projet, on va dire 130 000 euros. On regarde aussi la capacité opérationnelle, le souhait de proposer des bons produits, d'avoir un esprit commerçant, d'être un très bon gestionnaire aussi, ça c'est très important, et une forte capacité de travail.
- Speaker #0
Si le candidat est validé, la deuxième étape c'est descendre à Aix-en-Provence, c'est de passer trois jours d'immersion à Aix-en-Provence pour découvrir les trois métiers chez Ange, à savoir la boulangerie, la préparation et la vente. Et donc à l'issue de ces trois jours, le mutual franchisé se rend compte si ça lui plaît ou pas, puis réciproquement, la franchise Ange voit si le candidat est fait pour ou pas.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous avez été en immersion et que vous avez découvert ces trois métiers, ça vous a confirmé dans l'idée que ce métier plus manuel, plus concret, vous convenait mieux à ce stade de votre carrière ?
- Speaker #0
Je pense que c'est une étape nécessaire puisque la plupart des franchisés qui rentrent chez Ange ne sont pas des boulangers. On a très peu à voir un CAP boulanger, mais en dehors de ça, c'est souvent des gens qui ont des passés très diversifiés dans la vente, parfois dans la production, parfois dans l'automobile, des choses qui n'ont rien à voir et pourtant ils viennent voir la franchise Ange. Donc l'étape d'immersion, c'est une étape opérationnelle, on se rend compte si on est fait ou pas pour le métier. Donc c'est essentiel, oui. Moi, ça m'a conforté sur la partie boulangerie. C'était quasiment... OK, on a vu comment on travaillait chez Ange. Sur la partie préparation, il y avait vraiment un métier complexe qui est pris en sandwich. C'est le moins qu'on puisse dire entre la partie prépa et la partie vente, qui était pour moi un nouveau métier. Quand vous avez vécu de l'agroalimentaire et de l'industrie agroalimentaire pendant 15 ans, c'est un coup de volant à 180 degrés. Donc, c'est tout nouveau. Suite à l'immersion de trois jours, après, il y a une formation. qui dure sept semaines chez Ange, où là on apprend vraiment à être un franchisé Ange.
- Speaker #2
Les franchisés sont formés en promotion. Entre cinq et huit franchisés, on a une dizaine de promotions dans l'année. Et ils sont formés pendant deux mois au siège AECA. Aix-en-Provence, au pied de ce siège est une boulangerie qui est ouverte au public. Et c'est au sein de cette boulangerie que les franchisés apprennent tout le savoir-faire commercial et avec aussi bien sûr toute une partie théorique. Et le troisième mois, c'est un mois d'immersion chez un autre franchisé qui va lui passer un mois en binôme avec la personne en formation pour lui transmettre les bonnes pratiques, pour que la formation se termine vraiment sur la note chef d'entreprise en dehors du centre de formation.
- Speaker #1
de la franchise à reprendre ?
- Speaker #0
Quand vous avez une reprise d'entreprise, une reprise de franchise, vous avez toujours une discussion tripartite entre le vendeur, celui qui va reprendre, le repreneur et puis la franchise. Et donc c'est toujours un sujet de calcul de rentabilité aussi. Il n'y a pas un prix par boulangerie. Le prix d'une boulangerie en fait, ce n'est pas matériel en fait. Il y a une partie comptable et après vous avez la situation de la boulangerie, le matériel de la boulangerie, s'il est usé ou pas.
- Speaker #2
On est en support des experts comptables parce qu'on ne décide pas, on ne fait pas d'ingérence, on ne prend pas de décision à la place des franchisés qui sont vraiment au dernier lieu les décisionnaires et qui ont chacun de leur compter leur propre conseil. Mais nous c'est sûr qu'on facilite grandement la discussion notamment entre les experts comptables qui souvent ont besoin d'avoir des informations sur les ratios clés et sur les potentiels de développement et sur l'avenir économique possible pour l'entreprise. ou de savoir quel est le niveau de session actuel dans le réseau.
- Speaker #1
Et combien de temps ont duré ces discussions tripartites avec le CEDAN, la franchise et vous-même ?
- Speaker #0
Ça a duré entre un mois et deux mois.
- Speaker #1
Tout a été très rapide en fait ?
- Speaker #0
Oui, c'est lent et rapide. C'est un process qui est relativement lent puisque le fait de reprendre une entreprise, c'est souvent plusieurs mois à l'avance qu'on s'y prend. Mais quand on est dans le cœur du réacteur, après c'est rapide.
- Speaker #1
Votre objectif lorsque vous avez repris la boulangerie Ange de Lorient, c'était vraiment de faire ce que vous appelez du « ramp-up » ? de faire progresser le chiffre d'affaires ? Comment avez-vous procédé ?
- Speaker #0
La première chose que j'ai faite, c'est la partie organisationnelle. C'est-à-dire tourner le volant et se dire on va partir à 180 vers une autre direction. Et je pense que stratégiquement, c'est se dire où on va et pour y aller, il faut mettre la bonne organisation. Typiquement, la boulangerie tournait sur quasiment une demi-journée et pas une journée complète. Donc le fait de remettre une organisation en place, de remettre des prépas l'après-midi qui a un staff de 4 de personnes au moins l'après-midi dans la boulangerie. Ça fait partie des éléments qui font redémarrer une boulangerie. Ce qui est compliqué, c'est qu'une boulangerie qui génère peu de volants d'activité, il faut redonner une impulsion et cette impulsion, il y a toujours un effet d'inertie et de lenteur puisque les gens ne sont pas habitués à ça. Et quand vous avez perdu des clients, il faut savoir redonner des coups de rame et je prends souvent l'exemple du kayak qui remonte sur une rivière à contresens. On est vraiment dans cette image où on On pagaille beaucoup plus fort et on doit être beaucoup plus fort que le courant. Et on ne doit surtout pas s'arrêter puisque sinon, on redescend la rivière. On est vraiment dans une course qui n'est pas un sprint mais qui est un marathon.
- Speaker #1
Est ce qu'il y a des gros changements que vous avez impulsé à votre arrivée en dehors de celui là ?
- Speaker #0
Je pense qu'après l'organisation, il y a eu une montée en compétence des équipes. Quand vous êtes dans une activité artisanale, la performance de la boulangerie, c'est les gens qui la font. Et c'est ça qui est le plus complexe, en fait. C'est à dire qu'à un moment donné, Mais dans le respect et l'intégrité des personnes, il faut qu'il y ait du rythme. Et ça, c'est la complexité majeure dans les métiers manuels. Dans la restauration, dans la boulangerie, ce sont des métiers où on a besoin d'avoir un rythme, d'avoir une très bonne organisation et c'est la clé du succès. Vous imaginez un boulanger qui ne se réveille pas le matin, donc il n'y a pas de pain, donc il n'y a pas de sandwich, donc le midi, on est à la rue sur tout, tout est lié en fait.
- Speaker #1
Et votre expérience de manager dans des équipes de production, dans l'industrie agroalimentaire ? vous a aidé justement à travailler cette conduite du changement, ce management un petit peu de transition.
- Speaker #0
J'ai toujours eu des expériences atypiques. Quand j'étais chez Andros, je suis arrivé à une époque où on industrialisait Pierre-Ou-Gourmand. Donc le développement du chewing-gum chez Pierre-Ou-Gourmand, le développement de la petite confiserie de poche, ça a été des gros projets pour moi. Ensuite, je suis parti chez Intermarché où j'ai repris un atelier en difficulté. Ça a été une belle expérience pour moi aussi. Le fait de partir à l'étranger pendant six ans au groupe Pesquier faire un démarrage de sites industriels. J'étais responsable de la première ligne de fabrication qui était une ligne pain en lait, qui crachait quand même 30 000 pains en lait à l'heure. Vous imaginez ce que ça fait ? Donc c'est des grosses lignes, c'est des grosses unités de fabrication et c'est surtout un management dans un contexte étranger. Et quand on parle de contexte étranger, c'est qu'on manage des Anglais mais pas que, on manage 32 nationalités. Donc c'est vraiment du changement. Quand je suis rentré en France et que j'ai accompagné la berille déchirée dans ces difficultés qu'elle rencontrait, ou des startups, ça a été également des gros changements pour moi. Et finalement, reprendre une boulangerie à redynamiser... C'était juste un élément en plus, mais que je faisais pour moi au travers d'une franchise. Finalement, j'aime bien le changement. C'est ce que je retiens.
- Speaker #1
Donc vous, vous êtes une personnalité qui aime le changement. Dans les équipes, ce n'est pas forcément le cas. Comment vous avez fait justement pour donner cette impulsion, cet élan et embarquer les troupes ?
- Speaker #0
Quand vous arrivez dans une nouvelle structure, vous savez partiellement qu'il faut changer les choses. Je porte toujours l'image d'une chenille qui se transforme en papillon. Ça nécessite un effort et ça nécessite de l'énergie. La première chose que j'ai faite le premier jour quand je suis arrivé, c'était faire une réunion avec les équipes et expliquer en fait le projet et le changement. Après, vous avez toujours dans des équipes des personnes qui ne sont pas prêtes à mettre cette énergie pour faire le changement. Et là, il faut faire avec des nouvelles recrues qui sont prêtes à aller vers ce changement. Et puis, dans le staff actuel, on a toujours des personnes qui suivent. Et après, l'objectif, c'est de se dire, c'est comme quand vous rentrez sur un bateau. ou qu'on va rentrer dans un avion, il y a toujours une direction. Vous savez où vous allez. Je pense que c'est important aussi de rappeler aux gens où on va.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez pris conseil pour vous aider dans la stratégie et la rédaction du business plan ?
- Speaker #0
Alors oui, on prend toujours des conseils autour parce qu'on est toujours la tête dans le guidon et on a besoin de prendre un peu une vue hélicoptère de la situation. C'est souvent des personnes qui ne sont pas la tête dans le guidon qui vous donnent cette aide. C'est l'expert comptable, c'est des gens d'associations, c'est votre conjoint aussi. Je pense qu'il faut de l'aération pour prendre les bonnes décisions.
- Speaker #1
Vous faites comment pour vous aérer ?
- Speaker #0
Je suis mal placé pour le dire. Aujourd'hui, j'ai besoin d'aération et ça a été un peu ma stratégie de me dire qu'il faut que je me détache un peu plus. Mais pendant plus d'un an, j'étais la tête dans le guillemot, c'est sûr. Mais à un moment donné, il faut mettre le pied sur la roue aussi. Et les équipes, il faut aussi qu'elles prennent le lead et qu'elles se responsabilisent. C'est un vrai défi de responsabiliser les équipes.
- Speaker #1
Est-ce que la franchise Ange intervient aussi quand vous avez des questions justement de management ou de gestion ? Comment ça fonctionne ?
- Speaker #0
Très présente sur la partie formation et montée en compétences. Elle propose des formations de management, des formations sur l'hygiène. On a des audits récurrents de range sur la partie hygiène, sur la partie concept. On est très bien encadré. Il y a tout un staff de personnes qui viennent voir, qui sont boulangers. On a des responsables régionaux.
- Speaker #2
On accompagne tout particulièrement le repreneur en lui dédiant une équipe opérationnelle spécialement... pour l'aider dans cette reprise, parce que la particularité, c'est qu'il reprend une équipe qui a été construite par quelqu'un d'autre, une stratégie commerciale également. Donc tout le sujet, c'est de savoir décider ce que je garde, ce que je ne garde pas et... quel niveau de priorité je mets dans ce que je ne garde pas ou ce que je change. C'est une équipe qui va venir sur place pendant plusieurs semaines et qui va épauler le franchisé dans son changement de propriétaire. Parfois, on fait aussi des petits travaux. On en profite pour remettre la boulangerie au goût du jour. Et ça va faire partie d'une impulsion, d'une nouvelle dynamique qu'on va donner à l'entreprise. En moyenne, on est sur une progression de 15% du chiffre d'affaires. C'est une moyenne qui cache beaucoup de disparités. Mais on sait que la reprise forcément impulse une nouvelle dynamique.
- Speaker #0
On a eu une belle progression d'à peu près 30% de hausse du chiffre d'affaires à 36% de hausse en clients. Donc, on a eu un premier palier fort.
- Speaker #1
Quels sont les défis que vous n'aviez peut-être pas anticipés ou des difficultés que vous n'auriez pas imaginé en arrivant ?
- Speaker #0
On n'anticipe pas forcément des difficultés. On est plus en mode solution. Il y a des journées où vous avez l'impression qu'il y a des gens qui vous balancent des boules de neige ou des pierres et qui vous disent... Tu vas en chier, tu ne vas jamais y arriver. Et je pense que c'est cet effet d'accumulation qui est un peu nouveau. Quand vous avez le volant, c'est vous qui vous prenez des tas d'eau, des cumes et pourtant il faut rester à la barre. Et ça, c'est un peu particulier. Vous êtes assez résilient. Mais je pense que quand vous êtes prêt à entreprendre, vous le faites parce que vous avez l'amour du management et puis vous aimez bien le résultat en fait. Vous vous projetez sur du résultat.
- Speaker #1
On va parler un petit peu de l'IA, qui est quelque chose qui vous a attiré spécifiquement chez Ange. À quoi ça vous sert au quotidien, l'IA, dans votre entreprise ?
- Speaker #0
L'IA, ça reste un outil, un peu comme dans un avion. Il y a un copilote, un pilote. L'IA, c'est le copilote. C'est un outil qui nous sert aujourd'hui à piloter l'activité de production. Et ça nous permet d'avoir une vision sur une prédiction de chiffre d'affaires qui est décomposée en produits. Et Léane, aujourd'hui... utilise un algorithme qui intègre la météo, les données du passé, c'est-à-dire que le nombre par exemple de baguettes qui ont été vendues il y a un an, la semaine dernière, deux semaines, trois semaines. Elle intègre également les événements autour de la boulangerie et elle donne une prédiction sur quelques jours, le volant d'activité, c'est-à-dire le chiffre d'affaires et un nombre de baguettes à faire, nombre de sandwiches à faire, etc. Et ensuite, elle va venir décomposer ces sandwiches en appareils pour la prépa et également en produits pour la boulangerie.
- Speaker #1
Vous, ça vous permet effectivement de prédire de manière plus précise, ça vous évite aussi aussi de gâcher.
- Speaker #0
La difficulté de la boulangerie, c'est qu'il faut avoir le juste produit au bon moment. C'est-à-dire qu'on doit avoir des vitrines pleines du matin au soir et également limiter les invendus parce que ça coûte cher. On travaille avec Elevan en première rempart pour limiter les invendus. On travaille avec Tougou de Tougou pour quelques paniers surprises et quelques paniers repas. Et le reste des invendus, c'est les restos du cœur, Emmaüs qui viennent les chercher. Et on travaille également, on donne les invendus aux institutionnels comme les pompiers, la gendarmerie, la police, essentiellement les samedis soirs.
- Speaker #1
De quoi rêvez-vous aujourd'hui, Charles-Antoine, maintenant que la boulangerie tourne au régime que vous imaginez un petit peu un an après ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, on n'est pas encore au point où on voudrait être. On a des objectifs plus ambitieux. En tout cas, je parle de l'équipe. Aujourd'hui, j'intègre vraiment l'équipe. On est aujourd'hui plus sur une période de stabilisation où on va refaire un boost avec notamment du développement sur de l'externe et du B2B, c'est-à-dire des professionnels. Voilà, pour redynamiser la boulangerie.
- Speaker #1
Et ça se caractérise comment ce boost ?
- Speaker #0
L'opération boost, c'est vraiment une opération où on va venir faire découvrir la boulangerie en jeugant. Donc ils viennent chercher une baguette offerte, ils viennent en fait découvrir les produits en jeugant. La complexité de la franchise en Bretagne, c'est qu'elle est peu connue. Et donc souvent quand on parle de franchise, on se dit c'est pas bon, c'est du surgelé etc. Alors que pas du tout. et un peu faire d'explications de texte. Et après, je pense que moi, je suis plus un profil développeur. Et donc, ce qui va m'intéresser, c'est vraiment de développer le concept orange dans le Morbihan. Ça va être la seconde étape. Soit rouvrir une autre boulangerie, soit développer un nouveau concept qui est l'orange café.
- Speaker #1
Quelle qualité faut-il pour être repreneur d'entreprise ?
- Speaker #0
Il faut être curieux de nature. Il faut être résilient, avoir une certaine stabilité. C'est avant tout un projet de famille. C'est-à-dire pendant un an, je savais que j'avais la tête sous l'eau, etc. Et que c'était convenu. Maintenant, il faut que je sorte un peu de ce schéma-là et que justement l'équipe prenne le lead. Et c'est là où le travail, je l'amorce sur la partie responsabilisation. C'est pour ça que le dimanche, je suis pas ouvert aussi pour attaquer ma famille et mes enfants. Ça aussi est le sujet. Mais oui, c'est un vrai sujet. Les entrepreneurs qui sont jeunes, qui n'ont pas de famille, ils peuvent en taper des heures. Ce n'est pas un problème. Ceux qui mettent en difficulté, c'est eux-mêmes finalement. Mais quand vous avez une femme, des enfants, un foyer, les enjeux ne sont pas les mêmes. Vous avez le droit de vous louper. Mais les conséquences, elles ne sont pas que pour vous. Elles sont pour vos enfants, pour votre femme. C'est différent.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué pendant cette reprise ?
- Speaker #0
Lors d'un entretien d'embauche, c'est les 20 premières secondes qui comptent. C'est un peu la même chose dans une reprise. C'est souvent les premiers jours qui sont très forts dans le monde de la reprise, puisque vous découvrez une nouvelle équipe, un nouvel environnement, et c'est souvent là qu'il faut donner le premier coup de volant.
- Speaker #1
Quel conseil donneriez-vous à un repreneur ?
- Speaker #2
C'est vraiment de prendre le temps de comprendre le concept commercial du franchiseur et d'échanger avec le plus de franchisés possible et de vraiment s'enrichir des expériences des autres chefs d'entreprise du réseau qui pour certains ont peut-être déjà fait cette démarche et donc sont peut-être déjà passés par là et c'est vraiment ça la force de la franchise et de s'appuyer un maximum sur le savoir-faire du franchiseur, de sélectionner un franchiseur qui maîtrise vraiment ces points-là et qui aura le soutien adapté tout au long de cette période.
- Speaker #0
Je pense qu'il faut avoir vécu de l'opérationnel pour démarrer un projet entrepreneurial, parce que souvent on voit des projets, alors souvent les startups, il y a énormément de startups qui ne tiennent pas au bout de cinq ans, énormément, pour plein de sujets différents, mais la performance d'une entreprise c'est sur le terrain qu'elle se passe, ce n'est pas dans des bureaux, ce n'est pas en l'air, c'est vraiment la vraie vie qu'on vit, et la vraie vie elle se vit sur le terrain. avec les équipes. Et c'est vraiment ça que je donnerais comme conseil, il faut vivre la vraie vie et vivre l'opérationnel.
- Speaker #1
Vous avez un mantra ?
- Speaker #0
Non, j'ai pas forcément de mantra ou de d'aphorisme. Je lis des livres, on s'inspire, je pense qu'on s'inspire de modèles, on s'inspire de personnes qui ont réussi. Alors, pas forcément des gens connus, mais on peut s'inspirer dans l'entourage de personnes qui ont entrepris. Il y a une certaine liberté dans le fait d'entreprendre. Mais c'est une liberté qui est vite rattrapée par quand même pas mal de contraintes derrière.
- Speaker #1
Et sans trahir de secret, qui dans votre entourage vous a inspiré pour devenir entrepreneur ?
- Speaker #0
Moi j'avais un schéma déjà de grands-parents qui travaillaient beaucoup. Quand vous êtes à travailler la terre etc. c'est quand même des métiers où on aime le travail et le travail bien fait. Après j'ai mon père qui a entrepris, qui a créé une entreprise de peinture et décoration alors qu'il n'était pas du tout... voilà. Mais qui était quand même dans l'entrepreneuriat. Après, je pense qu'en dehors des schémas qu'on peut avoir dans la famille, c'est avant tout dans le sang. C'est-à-dire que vous avez des entrepreneurs qui ne sont pas du tout issus de familles d'entrepreneurs, mais qui ont ça dans le sang et qui veulent vraiment entreprendre. Je pense que c'est plus un schéma comme ça.
- Speaker #1
Vous êtes parti de l'agriculture en passant par l'agroalimentaire pour revenir finalement un petit peu dans le blé, la farine. On revient toujours à ces anciennes amours.
- Speaker #0
C'est ça, de la fourche à la fourchette.
- Speaker #1
Merci, cher Antoine Pointeau. Ma visite au sein de la boulangerie Ange de Lorient se termine. J'espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à en parler autour de vous, à le partager ou à laisser un commentaire. Découvrez également tous nos conseils pour les entrepreneurs dans le magazine d'Orange Pro à l'adresse pro.orange.fr slash lemag. À bientôt !