Speaker #0Parait qu'on entreprend pour être libre. Charmante illusion, vous ne trouvez pas ? Je suis Sabrina Toibet, consultante en stratégie d'entreprise. Si vous cherchez des conseils, du partage d'expériences et des réponses qui résonnent pour développer votre activité, considérez cet humble chronique comme une invitation personnelle et un nouveau repère. Dans Chronique Business, seule ou avec mes invités, je vous partage ce qui se cache vraiment dans les coulisses de l'entrepreneuriat. Les décisions, les doutes et les déclics. votre dévouée chroniqueuse business. Bonjour et bienvenue, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode. Cet épisode spécifiquement sera diffusé le lendemain de la journée internationale des droits des femmes et j'avais envie du coup de leur dédier, de dédier à toutes les autres femmes cet épisode. On endosse des multiples rôles au quotidien, il faut être de partout, il faut être performante partout, tout le temps. Et en tant que femme, en tant que mère, en tant qu'entrepreneur, c'est mon quotidien aussi. Et ce quotidien, il façonne finalement la vision qu'on a de la société, mais aussi la vision qu'on a de soi-même. Et j'avais envie d'aborder le sujet dans cet épisode-là. La place des femmes en société, c'est un terme que j'utilise, c'est un terme dont on parle de plus en plus. Quelle est la place de la femme aujourd'hui dans la société ? C'est une question à la fois complexe, à la fois dérangeante. inconfortable parfois en fonction de ses interlocuteurs parce qu'elle touche à la fois aux attentes aux contradictions qui font notre quotidien et qui font aussi le système d'un côté on a la pression sociale de la mère qui doit être parfaite présente à l'écouté dévoué prête presque à tout sacrifier pour ses enfants ou pour ses proches le cas échéant si elle n'a pas d'enfant. La pression du devoir être mère. en dépit de ses envies, de ses difficultés à l'être. Quoi est-ce que tu n'as pas d'enfant ? Et de l'autre, l'ambition, celle d'accomplir, d'inspirer, de montrer au monde qu'il est possible d'être libre et de réussir tout en étant femme, tout en étant mère, tout en étant proche aidante aussi. Et c'est une ambition qui va à contre-courant des attentes. Il y a presque de quoi devenir... Alors j'utilise le mot avec des guillemets, mais... schizophrénique au milieu de tout ça, au milieu des injonctions, des contradictions, de ses envies, de ses aspirations. Et au final, on est complètement perdu. Donc la place de la femme en société est une question complexe, est une question à laquelle on ne peut pas répondre simplement. Et je crois avant tout que c'est une question auxquelles les groupes de travail, auxquelles les comités ne trouveront pas de réponse. Je suis convaincue que cette question... de quelle est la place de la femme dans la société, elle se trouve sur le terrain. La réponse se trouve avant tout sur le terrain et dans nos pratiques individuelles et collectives. Par exemple, l'égalité salariale entre les hommes et les femmes a été instaurée en 1972. Et si j'ai une approche très simpliste de la chose, je vais me dire, mais comment ça se fait qu'en 2026, on en soit encore à se questionner et à se demander pourquoi est-ce que l'égalité salariale n'est toujours pas dans les faits appliqués, sachant qu'elle a été instaurée en 1972. Pourtant, tous les ans, on a des directoires, des observatoires, des comités de pilotage, des groupes de travail qui sont mis en œuvre par des associations, par les gouvernements successifs, par les politiques publiques, locales, et on en est toujours à se demander pourquoi est-ce qu'il y a toujours autant d'écarts ? compétence égale, métier égal entre les hommes et les femmes concernant leur rémunération. La société, elle nous projette dans cette image de mère parfaite, d'ambitieuse aussi, à la fois dévouée, attentive, prête à mettre toutes ses aspirations entre parenthèses pour répondre aux besoins de ses proches. Et ce rôle, bien qu'admirable, je suis certaine que toute femme qui écoute ça pourra confirmer le propos, devient étouffant. Ce rôle, il est étouffant au quotidien. Parce que finalement, ils laissent peu de place à l'épanouissement personnel. Là où moi je m'interroge, c'est comment est-ce qu'on peut finalement inspirer nos enfants ou les futures générations à poursuivre leurs rêves si on renonce soi-même au nôtre ? Peut-on être pleinement présente, engagée, si on n'a pas d'espace pour nourrir notre propre espace personnel ? La vraie liberté finalement, je crois que c'est de pouvoir être ce à quoi on aspire, sans culpabilité. En assumant les imperfections parce que la mère parfaite, je crois, n'existe pas. mais qu'on puisse être à la fois mère dévouée, et puis mère ambitieuse, créative, épanouie. Mais en parallèle, en opposition à ça, la société nous renvoie tout le temps cette image aussi de femme accomplie, ambitieuse, qui donne tout pour sa carrière, quitte à mettre en péril ses propres aspirations personnelles, ses proches, pour répondre à cette norme sociale. Et là encore, je m'interroge. Est-ce qu'on peut réellement inspirer nos enfants ou les générations futures à faire fi des injonctions ? de la société si on y succombe soi-même ? Est-ce qu'on peut pleinement être nous-mêmes si on suit des chemins que les autres ont tracés pour nous ? Et c'est finalement moi, en tout cas, tant que femme dans la société, ce que je constate totalement. On a deux mondes opposés, celui de peut-être l'épouse parfaite, la mère parfaite, la proche parfaite, qui serait à l'écoute, qui serait dévouée, qui serait bienveillante, qui serait tout le temps disponible. l'ami aussi, la confidente, et d'un autre côté, la femme, ambitieuse, à 200% travail, et il n'y a pas d'entre-deux. Il n'existe pas de juste milieu aujourd'hui dans la société. Soit vous êtes l'une, soit vous êtes l'autre. Si vous êtes l'une, on aura du soupçon et on vous dira finalement que vous n'êtes pas si ambitieuse que ça. Si au contraire, vous êtes l'autre, on vous dira finalement que vous méprisez vos proches au profit de votre ambition. Il n'y a pas. de juste milieu. Et je crois que la plus grande difficulté pour les femmes aujourd'hui de trouver leur place dans la société, c'est cette opposition-là, et ces injonctions-là, et cette incapacité à avoir de juste milieu dans la vision de la femme dans la société. Et finalement, on se retrouve à devoir choisir entre l'un et l'autre. Or, choisir, en fait, c'est couper son identité. On ne peut pas, en fait. Et je le sais que trop bien, moi je crois. Au contraire, qu'on peut être toutes ces facettes à la fois, avec beaucoup d'imperfections, mais finalement, est-ce qu'on cherche la perfection ? C'est aussi ça la question à se poser. Ça revient aussi à définir notre propre vision de l'équilibre et notre propre vision de la place qu'on souhaite occuper dans cette société. Trouver des moments pour soi sans s'excuser, savoir dire non aux attentes qui vont venir ajouter de la charge mentale, et je peux vous garantir... que ça, ça a été un de mes objectifs, en tout cas une de mes lignes de conduite pour 2026. Je l'avais partagé en poste sur LinkedIn et je m'y tiens. On est en mars et je m'y tiens depuis. J'ai dit non à des collaborations. J'ai dit non à des accompagnements pour des indépendants. J'ai dit non à des dizaines et des dizaines de sollicitations que je reçois. Ça a été salvateur sur ces trois premiers mois finalement et j'ai retrouvé aussi du sens là-haut. je commençais à en perdre un peu. N'ayez jamais crainte de dire non. Dire non, c'est aussi réussir à trouver votre place et à trouver du sens dans ce que vous faites, aussi bien en société que dans votre parcours entrepreneurial ou de chef d'entreprise. Tout ça pour dire qu'il nous appartient à nous de reprendre la main, de redessiner les contours qu'on souhaite de notre place et non de prouver quelque chose à la société pour montrer à nos enfants, aux futures générations, à la jeunesse, en filles et garçons, qu'il est possible de vivre à notre convenance, librement et en accord avec nos propres choix. Face à ça, il y a quand même quelque chose qui s'impose, c'est la résilience. On rencontre énormément d'obstacles et sans vouloir encore une fois opposer hommes et femmes parce que de nombreux hommes rencontrent de nombreux obstacles dans leur parcours personnel et professionnel. C'est une réalité. Les femmes en rencontrent beaucoup plus. Les femmes en rencontrent de leur toute petite enfance Merci. jusqu'à leur plus vieil âge. On en rencontre constamment et on en rencontre dans une proportion plus importante que les difficultés, les obstacles que les hommes peuvent rencontrer. Les stéréotypes, les plafonds de verre, les jugements, les critiques, les questionnements, les injonctions, c'est quotidiens. Et je le vois d'ailleurs, moi qui accompagne aussi bien parfois des jeunes, sur des ateliers thématiques ou des conférences, mais aussi parce que j'ai quatre enfants, que je suis investie dans des fédérations de parents d'élèves. On oriente encore trop peu, et j'ai honte vraiment de le dire en 2026, on oriente encore trop peu les filles vers les métiers dits masculins. Pourtant aujourd'hui, il y a de plus en plus de structures qui se développent, de parcours qui se développent en ce sens-là. Mais les métiers manuels, les métiers par exemple du BTP, les métiers du numérique, Ce n'est toujours pas l'évidence quand on parle d'orientation de jeune fille. Et ça, oui, j'en ai honte. Une femme... et encore en 2026, moins recrutable qu'un homme. Je dis les choses parce que, excusez-moi des termes, mais je les ai entendus il n'y a pas très longtemps. Non mais tu comprends en fait, elle peut nous pondre un arrêt et un congé maternité derrière. Elle peut nous pondre un arrêt et un congé maternité derrière. Voilà encore en 2026 ce qu'on peut dire, ou ce qu'on peut avoir comme préjugé, quand on est en position de recrutement et qu'on... n'envisage potentiellement de recruter une femme. C'est une remarque qu'on ne fera jamais pour un homme. Une femme aurait aussi moins les épaules pour les postes de direction. Et là, tout de suite, je repense à une phrase de Simon Sinek qui disait « Les femmes font de meilleurs CEOs, sont de meilleurs CEOs. » Et c'est, d'ailleurs, alors je n'ai pas de chiffres en tête, je pourrais vous en trouver et les mettre en description éventuellement, une étude récente disait qu'il y avait moins d'entreprises dirigées par des femmes mais que les entreprises dirigées par des femmes avaient des meilleures croissances et des meilleurs taux de viabilité. Ça aussi, c'est un fait. Et pourtant, la société fait fi de toutes ces informations-là, et on en reste encore aux préjugés et aux injonctions. Et face à ça, si vous ne faites pas preuve de résilience, vous êtes complètement paumé. Donc, à nous, en tant que femmes, on nous demande, on nous impose, la résilience, en fait, s'impose à nous. Et quand elle s'impose à nous, il y a deux solutions. Soit on la subit, soit on choisit. faire un acte de rébellion, de briser les plafonds de verre et de se dire qu'on peut créer un impact qui permettra peut-être de redéfinir les normes, de changer les codes, de casser les codes. Et ça, c'est un combat au quotidien. Et on dénigre un peu parfois les associations de femmes, les réseaux entrepreneurs de femmes. Et je pense qu'à un moment, je l'ai eu fait parce que je me suis dit, pourquoi segmenter et encore plus isoler ? Et en réalité, avec le temps, je comprends. Je comprends parce qu'il est indéniable que les femmes rencontrent un parcours, par exemple, si on est dans le spectre de l'entrepreneuriat, absolument différent de celui des hommes. Ça ne veut pas dire qu'elles échoueront plus ou qu'elles réussiront moins ou pas du tout. Il est simplement différent parce qu'au quotidien, elles font face à des difficultés auxquelles les hommes ne font pas face. En ce sens, je crois que c'est important de faire de cette résilience qui s'impose quoi qu'il arrive à nous. un combat, un acte de rébellion et de s'entourer et de s'élever entre femmes, de se soutenir. C'est bien pour ça aussi que j'ai rejoint quelques associations, notamment je pense à l'association de Coeur Actionnel qui accompagne aussi bien les porteurs de projets que les chefs d'entreprise et les entrepreneurs de la création à la structuration et au développement de leurs entreprises et je vois à quel point C'est important individuellement et collectivement aussi. Il y a une réalité aussi à laquelle il faut faire face quand on parle de cette résilience, c'est que toujours, il nous faudra redoubler d'efforts. Toujours. On devra, j'espère, plus très longtemps, mais bon, je suis un peu idéaliste en disant ça, mais je sais qu'encore longtemps, on devra faire deux fois plus pour être sur un pied d'égalité avec les hommes. C'est navrant de devoir dire ça en 2026. J'espère effectivement que ce ne sera plus... très longtemps, mais je pense qu'on en a encore pour un bon moment. Et quand je dis un pied d'égalité, je ne parle pas nécessairement d'égalité, parce que là encore une fois, il y a un quiproquo parfois qui peut se faire. Une femme, par nature, ne peut pas être l'égale d'un homme. C'est choquant ce que je dis, mais c'est une réalité. Physiologiquement, physiquement, une femme ne peut pas être l'égale d'un homme, et un homme ne peut pas être l'égale d'une femme. En revanche, l'équité, elle doit être là, elle doit être présente, et ça doit être... Notre combat, et ça doit être notre recherche première, toujours de faire en sorte qu'il y ait un principe d'équité entre les femmes et les hommes. Cette pression liée à la résilience, elle nous pousse souvent à nous auto-censurer, à limiter nos parcours, nos ambitions, parfois à nous mettre en difficulté d'ailleurs nous-mêmes, moralement ou physiquement. En tout cas pour moi, je crois qu'on a le devoir, on a un devoir de parler de nos succès sans en avoir honte, sans avoir à les minimiser, sans retenue. Je crois qu'on doit partager nos parcours, nos leçons, nos erreurs, motiver, encourager à suivre la voie qu'on a envie de prendre. On me demande parfois, parfois non, souvent en fait je reçois, c'est même pas on me demande, c'est plutôt je reçois des messages. après systématiquement, après chaque newsletter. Ça, c'est depuis deux ans et plus de 65 billets envoyés. Il n'y a pas une newsletter où je n'ai pas reçu de retour. Je reçois des messages suite à mes posts ou même depuis peu à mes podcasts. Et quand je reçois des remerciements... des personnes que ça a pu aider, pour moi, j'ai tout gagné. Ce chemin-là qu'on ouvre un peu aux autres, il commence par ces petites actions anodines en apparence, mais d'encourager, de s'exprimer, de prendre la parole, de raconter, de casser les codes et d'établir finalement de nouvelles règles du jeu. Si je devais terminer cet épisode sur cette note-là, prendre la parole en ligne, que ce soit par écrit, que ce soit en vidéo, Pour certaines personnes, c'est plus facile, pour beaucoup, c'est plus compliqué. Et là, pour le coup, je ne parle pas de genre. Mais parfois, ça peut l'être encore plus quand on est une femme. Parce qu'on sait qu'on va subir le jugement, les préjugés, la critique. La critique très facile, là où d'autres hommes n'auraient pas la critique. Le questionnement. Mais pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu postes ? Et pourquoi tu écris sur tel sujet ? Et pourquoi... Pourquoi ? Tout simplement, on vous questionnera et c'est encore plus difficile. Et prendre la parole en ligne, c'est aussi s'exposer à des commentaires qu'on n'a pas envie de recevoir, à des messages privés qu'on n'a pas envie de recevoir, à des questions qu'on n'a pas envie qu'on nous pose. Vous allez me dire, c'est voulu ? Si tu prends la parole en ligne, c'est que c'est recherché ? Non, déjà, c'est pas recherché, ça c'est typiquement le genre de raccourci qu'on peut entendre. à propos des femmes sur d'autres sujets où c'est bien normal ce qui leur arrive puisqu'elles l'auraient cherché. Donc ça non, c'est absolument pas entendable. Et pour autant, en dépit de la difficulté, je crois que c'est aujourd'hui encore plus indispensable. C'est encore plus indispensable pour nos filles, pour les jeunes générations de filles, de femmes qui arrivent, qu'elles puissent se sentir en sécurité, qu'elles puissent se dire... qu'elles peuvent partager leur expertise, qu'elles peuvent partager leur parcours, qu'elles peuvent à leur tour, elles aussi peut-être, former, accompagner, inspirer, enseigner à leur tour aussi. Donc oui, en dépit de la difficulté, je crois que c'est très important aujourd'hui qu'on ait de plus en plus de femmes qui prennent la parole. Je crois que c'est indispensable, je crois que c'est important, je crois qu'il faut. Il faut que collectivement, on leur ouvre la voie. Que l'on soit là pour parler d'expertise, qu'on soit là pour partager nos parcours, qu'on soit là pour former, pour guider, pour fédérer. Vous avez toute votre place dans la sphère publique, vous avez toute votre place dans la société. A vous d'en définir les contours, d'en définir les limites, mais surtout, prenez cette place. Ne la laissez pas filer. et ne laisser personne, finalement, la prendre à votre place ou la définir à votre place. Cet épisode touche à sa fin. Un épisode peut-être un peu différent, mais je crois que c'était important pour moi de parler de ce sujet-là et peut-être de vous donner envie, vous aussi, de prendre la parole. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à le commenter, à le noter 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. et à le partager à d'autres entrepreneurs et entrepreneures qui pourraient en avoir besoin. C'est le meilleur moyen de faire vivre ces chroniques. Excellente semaine, excellente journée et à très bientôt.