- Speaker #0
Parait qu'on entreprend pour être libre. Charmante illusion, vous ne trouvez pas ? Je suis Sabrina Toibet, consultante en stratégie d'entreprise. Si vous cherchez des conseils, du partage d'expériences et des réponses qui résonnent pour développer votre activité, considérez cette humble chronique comme une invitation personnelle et un nouveau repère. Dans Chronique Business, seule ou avec mes invités, je vous partage ce qui se cache vraiment dans les coulisses de l'entrepreneuriat. Les décisions, les doutes et les déclics. votre dévouée chroniqueuse business. Bonjour et bienvenue, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode. On va parler d'un sujet qui est plutôt d'actualité et qu'on croise souvent ces derniers temps sur les réseaux sociaux. Est-ce un effet de nouvelle année, de conjoncture ? Je ne sais pas. Pour en parler, je ne vous tisse pas encore le sujet, mais pour en parler, j'ai avec moi Jean-Corentin Poisson. Bienvenue Jean-Corentin.
- Speaker #1
Salut, merci Sabrina.
- Speaker #0
Merci d'être avec nous et d'avoir accepté mon humble invitation. Tu es formateur et coach en prise de parole. Tu aides les dirigeants et leurs équipes à faire de la parole un levier de croissance personnelle et professionnelle. Et depuis, il me semble, quelques mois, tu as repris une activité salariée en parallèle. J'ai tout juste jusqu'à maintenant ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. J'ai repris ça en septembre.
- Speaker #0
Allez, nickel. Ce qui nous donne le sujet du jour, peut-on être indépendant et avoir une activité en parallèle ? Est-ce choisi ? Est-ce forcément subi ? Est-ce que l'entrepreneuriat est synonyme de liberté ? C'est tout plein de questions qu'on va se poser tous ensemble. Mais avant, je vais quand même te laisser te présenter un petit peu plus Jean-Courantin, parce que je suis restée quand même assez sommaire.
- Speaker #1
Tout à fait, avec grand plaisir. Déjà, un grand merci de m'accueillir dans ce cas. Je suis ravi de venir en parler avec toi et avec tes auditeurs. Alors, me présenter, c'est toujours quelque chose de complexe. Il y a plein de choses à dire. Mais en gros, à l'issue de mes études, j'ai travaillé en politique. J'ai toujours été passionné par la parole et par le politique. donc j'ai à ce moment-là, était collaborateur parlementaire, collaborateur d'un président de département. Et puis, il y a six ans, la députée pour laquelle je travaillais est devenue ministre. Je ne l'ai pas suivie. Et j'ai voulu, à ce moment-là, me mettre à mon compte. Donc, c'est là où je suis devenu formateur à temps plein, en prise de parole et donc en pitch également. Ça fait donc... Ouais, ça, entre six et sept ans que je fais ça. Ça marche bien. Je n'ai jamais eu à me plaindre. J'en ai vécu très rapidement. Je n'ai jamais eu besoin de reprendre un boulot à côté ou quoi que ce soit. Et puis, en 2024, il se passe un petit bouleversement en politique avec une dissolution. Donc, j'ai eu bon. Oui, exactement. On n'a pas trop parlé, mais voilà. Donc, je suis retourné un petit peu dans le monde politique à ce moment-là. Et ça a commencé un peu à me titiller, d'y retourner un peu. Je n'avais pas envie de quitter l'entrepreneuriat parce que j'adore ce que je fais. J'ai envie de continuer. Puis, c'est un projet de long terme. J'ai une vision très long terme sur mon activité. Mais voilà. Et en plus de ça, en 2024, il se trouve qu'en juillet 2025, J'ai mon fils, Henri, qui est né. Et avoir un enfant, merci, merci beaucoup. Et donc, avoir un enfant, forcément, c'est aussi un bouleversement. Ça fait se reposer des questions sur pas mal de choses. Et donc, en l'occurrence, cette idée de la politique est revenue sur le tapis. En plus, j'ai eu une opportunité. Il y a vraiment toutes les planètes qui sont alignées. Et donc, je me suis proposé pour reprendre un emploi, tout en gardant à côté mon activité salariale. Pour préciser, ce n'est pas du tout ce qui était prévu à la base, ce qui était demandé. Il cherchait quelqu'un à temps plein à Paris et je me suis proposé pour faire un temps partiel à Bordeaux, ce qui ne correspondait pas du tout à ce qu'il cherchait à la base.
- Speaker #0
Mais tu as su quand même soumettre l'idée.
- Speaker #1
Exactement. Visiblement, j'étais convaincant puisque ça s'est fait. Et donc, mon rôle est d'accompagner quelques jours par semaine un élu sur sa communication.
- Speaker #0
Ok, super. Bon, je vois, il y a deux sujets qui résonnent. Alors, effectivement, avoir un enfant, ça chamboule littéralement. Je ne te dis pas quand tu en as quatre ce que ça donne, je te laisse imaginer. Et puis, le sujet de la politique, forcément, ça fait un peu écho. Moi, qui étais en collectivité territoriale et qui pilotais notamment tout ce qui était conseil municipaux et qui, aujourd'hui, fait un comeback dans les collectivités territoriales, puisque je forme des élus dans le cadre de leur prise de fonction. Donc, ça me parle. Donc tu as une double activité, Jean-Corentin, aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Je vais te partager un chiffre que j'ai trouvé, qui est une étude réalisée par le cabinet d'expertise comptable Akazi. Donc c'est un cabinet de comptable 100% en ligne. Ils ont interrogé 5000 Français, donc des personnes indépendantes et des salariés. Et l'étude montrait que 82% des indépendants redoutaient avant tout la perte de chiffre d'affaires, terreur numéro 1 des indépendants, et que 77% des salariés interrogés craignent. l'inflation et la perte de leur pouvoir d'achat. Et quand j'ai vu ces statistiques, je me suis dit, mais dans un cas comme dans l'autre, finalement, la sécurité est d'abord celle que nous, on recherche. Et la sécurité, elle n'est pas totale et elle n'est pas garantie. Est-ce que tu partages ce point de vue et quelle lecture, toi, tu ferais de ces chiffres au regard de ta situation ?
- Speaker #1
C'est intéressant, c'est vrai que... la pression de l'indépendant, de l'entrepreneur, elle est toujours présente. Parce que moi, je sais que même quand il y a des périodes où ça marche très très bien, j'ai aussi en tête le fait que ça se trouve dans six mois, pour une raison, il se souit grec, j'ai plus rien. Plus de clients pendant quelques mois, c'est jamais. Donc cette incertitude, elle crée forcément de l'inquiétude. Et en même temps, il faut bien l'accepter. Si on veut entreprendre, ça fait partie du package. On parle souvent de la liberté de l'entrepreneur. À vrai dire, je pense qu'il y a plus de contraintes. Quand on est entrepreneur, il y a plus de crainte, il y a moins de liberté. Mais on pourra en reparler, bien entendu. Donc, tout ça pour dire que c'est des contraintes choisies, mais il y a une liberté qui est différente, en tout cas. C'est certain. Donc, cette inquiétude de la fin de mois, elle est toujours là, c'est certain. Je pense que ce n'est même pas forcément la peur de la fin de mois pour l'entrepreneur, c'est plutôt la peur de la fin de l'année, ou dans J6, enfin dans M6. C'est ce qui est un peu différent. On peut avoir des réserves, on peut avoir des trucs comme ça, mais pendant combien de temps ça tient ? Et typiquement, moi, quand j'ai quitté le salariat, il y a 6 ans, pendant 6-7 ans, au début, forcément, je venais de me lancer, mon premier client, la première personne qui m'a rémunéré, c'est le chômage. On ne va pas se mentir, on a une grande chance là-dessus en France. Premier fournisseur des jeunes entreprises.
- Speaker #0
Le père du monde.
- Speaker #1
Exactement. Donc, en gros, au début, quand je me suis lancé, mon défi, la limite que je m'étais fixée, C'était quand j'ai moins de 3 mois de visibilité, que ce soit j'ai moins de 3 mois de droit au chômage ou j'ai moins de 3 mois d'avance sur ce dont j'ai besoin pour vivre, je me remets à chercher un boulot. Et ça, en fait, ça a duré pendant 6 ans. Je n'ai jamais été à moins de 3 mois de réserve. Donc là-dessus, ça allait. Mais avec un enfant, c'est vrai qu'on vise un peu plus loin. C'est en fait, j'ai de la réserve, mais il y a aussi des frais qui augmentent. Donc la réserve, elle est différente. Il peut y avoir... Disons qu'on se rend compte à la naissance qu'il y a des frais auxquels on ne s'attendait pas. Et on sait qu'il y en a de plus en plus des frais auxquels on ne s'attend pas.
- Speaker #0
Je confirme.
- Speaker #1
Donc clairement, ça rejoint ça. Mais ma réponse est beaucoup trop longue. Donc pour faire bref, je comprends pas étonnant ces chiffres. Et je pense que oui, tout le monde s'inquiète pour la fin du mois ou pour la fin de l'année. Mais on a tous cette inquiétude-là, une certitude.
- Speaker #0
Quel que soit son statut.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et c'est vrai que tu es sur LinkedIn et c'est quelque chose qu'on voit beaucoup sur LinkedIn, cette fameuse opposition. salariat indépendant et je trouve que c'est d'abord la mauvaise opposition, c'est un débat, c'est presque un non-sens. Tu ne peux pas opposer deux statuts qui sont diamétralement opposés et finalement cette étude, elle confirme bien que les craintes elles sont dans un statut comme dans l'autre et cette notion effectivement de visibilité à long terme que tu évoques aujourd'hui au regard du contexte économique, politique, géopolitique y compris dans les entreprises elle est quand même instable et du côté des indépendants Merci. Elle l'est d'autant plus, et elle l'est d'autant plus aussi que pour accompagner beaucoup d'entrepreneurs, on a cette facilité à avoir une vision à court terme. C'est beaucoup plus compliqué de se projeter, et encore plus de se projeter financièrement à long terme. Et c'est ce qui fait aussi parfois qu'il y a des activités qui périclident, parce qu'on ne travaille pas cette visibilité à long terme. Et je trouve que ton raisonnement, il est le bon, il est très pertinent. Minimum trois mois d'avance, sinon je commence à chercher et tu sécurises. Si on revient... au moment où tu as du coup saisi cette opportunité et bien négocié pour pouvoir retravailler auprès de politiques. De manière très concrète, comment est-ce que tu as vécu cette transition ? Est-ce qu'il a fallu que tu communiques auprès de tes clients, auprès de tes partenaires ? Est-ce que tu as été à l'aise en communiquant dessus ou pas ? Comment tu as vécu concrètement cette transition ?
- Speaker #1
Alors déjà, la transition a été super rapide parce qu'en gros, ça faisait peut-être deux, trois semaines que j'ai changé. avec l'élu pour lequel je travaille, et une de ses collaboratrices. Et en fait, il m'a prévenu la veille pour le lendemain du jour où je commençais. Donc, ça a été très, très rapide, la transition.
- Speaker #0
Pas trop le choix.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Ça allait très, très vite. Mais après, non. Alors, moi, je n'ai pas communiqué dessus avec mes clients. En fait, mes clients dans mon domaine, c'est souvent à peu près du one shot. C'est-à-dire que je travaille, je fais une journée de formation. Parfois, il y a des clients qui reviennent chaque année parce que je vais reformer les nouvelles équipes, parce qu'il y a... Simplement, ils ont de plus en plus de monde. Il y a des gens que je vais coacher de façon un peu plus régulière parce qu'il va leur revenir sur un plan précis, il va préparer une interview, un événement particulier, des choses comme ça. Mais je n'ai pas réellement de contrat longue durée avec eux. C'est des clients qui reviennent, mais ce ne sont pas des contrats longue durée. Sur les partenaires, c'est un peu pareil. J'estime que je ne leur dois rien là-dessus. On travaille en confiance. Mais c'est ma vie. C'est comme je n'ai pas à leur justifier du fait d'avoir un enfant. Je n'ai pas non plus à me justifier. prendre cette activité-là.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Par contre, la question que je me suis un peu plus posée, c'est sur ma communication grand public, entre guillemets, c'est-à-dire... sur LinkedIn typiquement, je ne savais pas si j'allais l'annoncer ou pas. Et là-dessus, j'ai un peu hésité. Et je me suis dit qu'en fait, justement, et d'ailleurs, la preuve que ça marche, c'est que je suis là aujourd'hui pour enregistrer avec toi. Et je me suis dit que c'était justement l'occasion de décomplexer un peu sur ce sujet-là et de se dire en fait, ce n'est pas très grave de reprendre un taf. Parfois, certains le font par nécessité. Parfois, certains le font par envie. Moi, ce n'était pas vraiment par nécessité, plutôt par sécurité et par envie. Donc voilà, c'était l'occasion de le faire. mais de toute façon... je risque rien à le dire, autant en parler. Mais effectivement, c'est vrai que ça a fait parler, j'ai eu pas mal de réactions quand j'en ai parlé, et toutes positives en fait, donc je pense que c'est finalement pas un bon sujet, mais en tout cas pas un sujet de critique.
- Speaker #0
Ouais, c'est ce que j'allais te demander, les réactions que t'as eues derrière, et tu l'as mentionné effectivement, moi c'est quand j'ai vu ton post que j'ai salué, je l'ai trouvé déjà très bien écrit, très transparent sur la situation. Et la façon dont tu l'as emmené, j'ai croisé depuis le tien encore beaucoup d'autres postes. Et je dois avouer que là, sur 2026, j'ai beaucoup de personnes autour de moi qui ont repris une activité salariée. Des entrepreneurs qui ont fermé, qui ont arrêté totalement leur activité aussi, qui n'ont pas gardé de double activité. Et souvent, ce que je trouvais, c'est qu'il y avait une forme de justification. Alors peut-être que c'est tel qu'ils le ressentent et tel qu'ils ont envie de le partager. mais je trouvais que... On se justifiait un peu de son choix. Ce que je n'ai pas trouvé finalement dans ton poste, je trouvais qu'il était assumé. Et je trouvais effectivement qu'il venait décomplexer sur un sujet qui est, j'ai envie de dire, tout à fait sain. En fait, tu penses à ta sécurité, ta sécurité financière, ta sécurité matérielle. Tu penses aussi à ton envie, ton bien-être. Tu l'as dit, parfois, on va reprendre une activité par envie, pas forcément par nécessité, mais peut-être parce qu'on ne s'épanouit pas ou qu'on se rend compte qu'on a choisi l'entrepreneuriat pour les mauvaises raisons. et que finalement, on ne s'y épanouit pas tant que ça. Et c'est vrai que ton poste, j'ai trouvé qu'il venait poser le débat. C'est pour ça que je voulais qu'on approfondisse le sujet et surtout qu'il venait décomplexer. Et j'espère vraiment que cet épisode et notre échange, il va venir encore un petit peu décomplexer et surtout mettre un terme à cette opposition entre c'est soit entrepreneuriat, soit salariat. Tu es la preuve qu'on peut combiner les deux tout en étant épanoui dans les deux et tout en les ayant choisis tous les deux. Donc pour ça, je te salue encore sur la démarche de communication publique.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Je réagis à ce que tu dis parce qu'effectivement, c'est vrai que je ne vais pas m'excuser de ça. Et je suis d'accord avec toi, j'ai vu beaucoup aussi de personnes qui reprenaient, qui quittaient l'entrepreneuriat pour le coup complètement. Et avec un peu cette démarche presque, peut-être pas d'autoflagellation, mais vraiment comme un échec complet. Je ne pense pas que ce soit un échec. Et en fait, pour tout te dire, même avant ça, il y a déjà plusieurs mois, voire peut-être un ou deux ans, j'en avais discuté avec un pote qui fait le même métier que moi, qui s'appelle Guilhem Dejovinet, et on avait un peu discuté de ça, de reprendre parfois un tas, etc. Et il me disait lui-même qu'être indépendant, c'est parfois ça aussi. Il y a peut-être des moments où j'ai un peu plus la galère et où potentiellement on reprend une activité parce que c'est un besoin. Et il me disait, moi par exemple, pendant quatre mois, j'ai fait telle activité. Ça m'a permis de continuer un petit peu ma propre activité à côté. mais j'avais un taf et j'avais l'argent qui tombait à la fin du mois. Ça me permet d'être plus serein, éventuellement de prendre un peu de recul, et donc d'avancer plus sereinement. Donc c'est vrai que l'activité d'indépendant, ce n'est pas toujours une ligne droite, ce n'est pas une ligne médiane en croissance constante. Parfois, il y a des petits downs, et ce n'est pas très grave, de reprendre un taf salarié, de se dire, en fait, il suffit un petit peu de sérénité, je pense. Au moins, on sait qu'on s'engage pour faire, je ne sais pas, 35 heures par semaine ou plus ou moins. Mais on sait qu'on s'engage à ça, on le fait, on a de quoi vivre à la fin du mois. Il y a des périodes où on peut se faire une pause. Si on n'a pas envie de faire une pause complète, on peut au moins se faire une pause comme ça, où c'est un peu plus tranquille, on sait combien de temps on va bosser chaque semaine.
- Speaker #0
Non, mais c'est très vrai, il ne faut pas que ce soit vu effectivement comme un échec. Et moi, je mentirais, tu vois, c'est pareil, ça fait trois ans que je suis indépendante, s'il ne m'était pas arrivé des fois de me poser la question. Et là, pareil, ce n'est pas forcément pour le côté financier, mais la charge mentale aussi. qu'implique l'entrepreneuriat. Alors, je n'oppose pas encore une fois homme et femme, mais c'est vrai que quand tu es femme, quand tu es maman, et puis quand tu es maman, quand tu as quatre enfants, ta charge mentale, elle est quand même importante. Et c'est vrai que moi, il y a eu des moments où je me suis posé la question. Je n'ai pas encore passé le cas. Enfin, je n'en ai pas nécessité aujourd'hui, mais ce n'est pas quelque chose que je vivrais comme un échec ou sur lequel je ferme complètement la porte. Bien évidemment que je m'épanouis dans ce que je fais aujourd'hui et que j'aimerais poursuivre de cette manière-là, mais ce ne serait pas un échec. C'est OK, en fait, temporairement ou définitivement. J'échangeais il n'y a pas très longtemps avec une entrepreneur qui était très connue sur LinkedIn et qui explosait vraiment en termes d'activité, qui du jour au lendemain a tout fermé, reconversion professionnelle et toute autre chose. Et elle s'épanouit finalement aujourd'hui et tu vois, ce n'était même pas une question financière pour le coup. c'était vraiment une question de sens. Et je pense que ça, c'est aussi important de le rappeler. Par l'échec, et parfois, on peut trouver du sens ailleurs.
- Speaker #1
C'est pas la même personne. J'avais en tête aussi une grande entrepreneur française qui retournait aux salariés aux États-Unis. Non,
- Speaker #0
pas la même. Mais tu vois, il y en a plusieurs.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, là-dessus, le fait de prendre comme ça un boulot qui nous nourrit tous les mois, qui nous permet de vivre tous les mois, et d'avoir une activité à côté. Alors ça, c'est un cas particulier dans le mien, c'est que moi, je trouve qu'en plus, c'est un contrat jour. C'est-à-dire que ce n'est même pas deux jours par semaine ou trois jours par semaine, c'est un nombre de jours que je dois faire dans l'année et que j'organise comme je veux. Et puis, on s'est vu avec l'élu pour lequel je travaille, il sait que j'ai cette activité à côté, donc on s'organise, on se passe en bonne intelligence. Donc, d'avoir cette activité, enfin ce métier, ce métier en salariat qui me rémunère tous les mois, et à côté mon activité, je trouve que c'est même positif pour mon activité, parce que j'ai un rapport à l'argent qui est un peu plus décomplexé aussi, qui est que, en fait, ce que je gagne, je peux le réinvestir et donc chercher une croissance plus rapide. C'est un peu ça... ce que je trouve intéressant aussi là-dedans pour mon activité, c'est que là, typiquement, j'ai prévu cette année de me faire accompagner sur certains éléments. Je suis en train de restructurer complètement mon activité. Et en fait, je sais que ça, sur le long terme, c'est ce qui va me permettre d'avoir, quand je déciderai, de me remettre à temps plein sur cette activité et d'avoir un truc qui va décoller beaucoup plus vite.
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
un principe qui aura déjà décollé quand je le souhaiterais. Donc, c'est quelque part aussi très positif pour l'activité. Ça dépend du moment où on en est dans notre activité, en fait, dans le cadre de la société, de l'entreprise ou du projet. Mais ce n'est pas forcément une nouvelle chose. D'ailleurs, c'est assez marrant, je ne me souviens pas ce qu'ils le disent, mais Jean-Pierre Nadir a commenté le post que j'avais écrit en disant « c'est vrai qu'en plus, tu as des obligations qui changent, etc. » et en disant « c'est une bonne chose, un entrepreneur, c'est aussi savoir, parfois faire autrement, etc. » Donc, si c'est validé par Jean-Pierre Nadir, c'est que c'est bon.
- Speaker #0
Non, mais c'est très vrai. Tu sais, je prends souvent l'exemple d'une entreprise qui connaît des cycles de vie. L'entreprise, tu l'as dit tout à l'heure, c'est jamais une croissance linéaire. Et quoi qu'il arrive, c'est jamais une vie linéaire. T'as des cycles de croissance, de décroissance, de lancement. Et en tant qu'individu, on est pareil. On a des cycles de vie, on n'a pas les mêmes aspirations et les mêmes ambitions à 20, 30, 40 ou 50 ans. Et c'est ok, en fait. Y'a rien de grave derrière tout ça. Ouais, c'est important de le rappeler, c'est important qu'on trouve de l'équilibre là où on trouve son sens aussi. Entrepreneuriat ou salariat. ou les deux. Ce qui m'amène à une autre question quand même, c'est pareil, c'est quelque chose qu'on voit beaucoup. Est-ce que l'entrepreneuriat, du coup, alors j'ai un peu un début de réponse, c'est forcément synonyme de liberté. On est son propre patron. On décide de tout. Donc, on est forcément plus libre. Est-ce que c'est vrai ?
- Speaker #1
Non, parce qu'en fait, on décide pas de tout. Tu sais, si je décidais de tout,
- Speaker #0
je déciderais que demain, je m'augmente de 10 000 balles par mois, tu vois. J'ai pas la main là-dessus. J'aimerais bien, tiens.
- Speaker #1
J'aimerais bien, mais malheureusement, non. Donc, non, en fait, pour moi, c'est des métiers différents. Envers entrepreneur, je pense que c'est un métier différent dans lequel il y a des sous-métiers, entre guillemets. Ça veut pas dire qu'ils sont en dessous, c'est des sous-catégories, plutôt. Voilà, moi, je suis un entrepreneur dans la formation en prise de parole. Il y en a qui sont entrepreneurs dans le développement, dans le copywriting. Il y en a qui sont entrepreneurs dans un truc méchamment. Entrepreneur, c'est un type de métier, comme il y en a qui sont agriculteurs, comme il y en a qui sont salariés du domaine public, il y en a qui sont salariés du privé, il y en a qui sont cadres, etc. Mais entrepreneur, c'est un statut plus qu'un métier. Ça vient avec ses contraintes, ses libertés, ses droits, ses choses, etc. Et c'est juste très différent. Ça veut dire qu'en fait, on a effectivement une plus grande liberté, mais aussi une plus grande responsabilité. Donc, cette liberté, comme toute liberté, en fait, elle est cadrée par la responsabilité. C'est quasi philosophique, mais c'est le cas partout. Si je suis libre, c'est que je suis libre de bien faire ou de mal faire, de faire quelque chose qui est bien pour moi ou qui est mal pour moi. Donc, qu'est-ce que je vais faire ? Si je veux évoluer vers le bien, il faut que je prenne mes responsabilités, donc que je bosse, que je fasse parfois des choses qui ne me plaisent pas, etc. On a plus de liberté peut-être dans l'organisation de tout ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais la liberté totale, elle n'existe pas. On est dépendant de nos clients. On a toujours 24 heures par jour. On a besoin de se faire connaître, d'aller chercher des clients, de répondre aux besoins de nos clients, etc. Donc, est-ce que c'est une liberté ? On fait le choix de choisir ça, mais comme celui qui est dans le salariat, choisit d'être salarié et de répondre à certaines autres règles.
- Speaker #0
C'est vrai que je voulais qu'on revienne sur ce sujet-là parce que c'est quelque chose qu'on avait abordé dans un épisode de Chronique Business avec Juliette Cadot, où on parle... Voilà. où on parlait des vendeurs de rêves qui nous vendent. Donc ceux dont le business est que tu crées le tien, eux te vendent un entrepreneuriat de rêve, une liberté, une vie rêvée. Or, tu l'as très bien rappelé, effectivement, tu es libre. Tu es libre dans ton organisation, mais derrière, tu prends les responsabilités et toutes les contraintes qui vont avec. Donc c'est une liberté, certes, mais c'est une liberté qui est mesurée et c'est sûrement pas la liberté telle que certains veulent bien la décrire sur les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Ouais et puis d'autant que, enfin là dessus c'est clair qu'on a eu des, effectivement comme tu le dis, des vendeurs de rêves, Tim Ferriss et son livre La semaine des 4 heures, des trucs comme ça. évidemment que ça n'existe pas en fait. Je veux dire, Tim Ferriss... Il est à la marge. Je ne suis même pas sûr qu'à la marge ça existe parce que Tim Ferriss qui nous dit semaine de 4 heures, ça lui a pris combien de temps d'arriver à la semaine de 4 heures ?
- Speaker #0
Combien d'années ?
- Speaker #1
Voilà, sur ça, combien d'années et sur quel rythme de vie pendant ces années-là.
- Speaker #0
Je suis bien d'accord.
- Speaker #1
En fait, pouvoir vivre en bossant 4 heures par semaine, ça n'existe pas. Et même les rentiers bossent plus de 4 heures par semaine.
- Speaker #0
Bon voilà, c'est dit. L'entrepreneuriat, oui. Est-ce qu'il y a de la liberté ? Est-ce que c'est forcément synonyme de liberté totale ? Absolument pas. Quand tu as repris cette activité salariée, tu n'avais plus été salarié depuis plusieurs années. Est-ce qu'il y a eu un sorte de... Alors après, tu es dans une situation un peu différente par rapport à ton activité à toi, mais est-ce qu'il y a eu un choc des cultures ? Tu as de retourner dans le salarié, des pratiques, tu vois... qui sont totalement opposés, par exemple, à ce que toi, tu vivais dans l'entrepreneuriat et que tu avais pu oublier ou qui sont nouvelles. Est-ce qu'il y a eu, tu vois, ce petit choc des cultures ?
- Speaker #1
Je vais pas te mentir.
- Speaker #0
C'est une crainte.
- Speaker #1
Oui, oui, je vais pas te mentir. J'avais un peu peur de ça. Je me suis dit, en fait, c'est délucte que parfois, quand je suis vraiment crevé, j'essaie de m'écouter, de me dire, en fait, ça sert à rien de bosser aujourd'hui. Je ferais mieux de m'arrêter. Je bosserais mieux demain, quitte à bosser samedi. En fait, quand t'es salarié, tu peux pas rire du tout. du taf à faire, il faut le faire. Donc ouais, ça a été une grande crainte. Et en fait, ça s'est super bien passé. Je pense que j'ai aussi un caractère qui fait que j'ai pas de mal à être salarié, je suis fils de militaire, j'ai été scout, j'ai été etc. Je pense que j'ai un respect aussi de la hiérarchie, et je comprends tout à fait quand quelqu'un, même si je suis pas d'accord, quelqu'un me dit non, bah en fait, effectivement, c'est lui le boss, au bout d'un moment, c'est lui qui prend la responsabilité, et c'est normal, c'est à moi de le suivre. Quand moi, je serai patron, c'est aussi moi qui prendrai la responsabilité. et donc qui devraient assumer et fixer la décision finale. Donc c'est normal. Donc non, finalement, ça a été. J'avais peur de ça. On s'y fait vite. Et en plus, le cadre dans lequel je vois, c'est un peu particulier parce que je ne sais plus si on l'a précisé, mais en gros, sans préciser pour qui, je travaille pour un député. Et donc, c'est des petites équipes où on en met quand même beaucoup en responsabilité, où chacun doit agir, donne son avis, participe. C'est un vrai fonctionnement d'équipe qui est mis à l'Assemblée nationale. Donc c'est un... Un bon entre-deux, je pense.
- Speaker #0
On l'est. Ok, donc choc des cultures, une crainte, mais pas forcément concrétisée. Sur tes deux activités, Jean-Corentin, il y a ta situation aujourd'hui. Est-ce que tu as déjà une vision à long terme ? Est-ce que tu vas poursuivre peut-être pendant plusieurs années ou est-ce que c'est pour toi quelque chose qui n'est pas envisageable aujourd'hui ? Comment est-ce que tu te situes sur le long terme ?
- Speaker #1
Allô ? Le long terme, quand on est collaborateur parlementaire, c'est quelque chose d'assez flou.
- Speaker #0
C'est rythmé par des changements.
- Speaker #1
Voilà, disons qu'un CDI ne peut pas faire plus de 5 ans, on va dire. Enfin, il peut aussi être député RL, mais dans tous les cas, on sait que le poste est remis en jeu tous les 5 ans. Et en l'occurrence, la prochaine échéance, elle est en 2025, donc ça sera un an et demi à peu près. Pour moi, la vision que j'ai, c'est que je fais ça pendant un an et demi. Et puis, si possible, on verra d'ailleurs si ça peut se passer entre deux, etc. Mais a priori, je vise d'y rester jusqu'à 2027 pour faire grossir un maximum mon activité pendant ce temps-là et me dire qu'en 2027, quand je pense que ça sera assez gros, moi, j'aurai fait le boulot pour le député, je le remettrai à temps plein sur mon activité. Ça, c'est ce que je vise pour l'instant. Mais après, on verra aussi ce qui se passe. Si ça se trouve, les choses vont accélérer plus vite que je ne le pense pour mon activité et je rends le dialer. Si ça se trouve, le député aura besoin de changements dans ses équipes et je changerai aussi et je retournerai à temps plein. plein et c'est pas un problème non plus. Donc tout ça, dans mon métier, ça peut changer vite.
- Speaker #0
Donc je vais en plein et j'accepte tout à l'heure qu'il change. C'est ce que j'allais te dire. T'as un plan à minimum sur, on va dire, 18 mois et puis tu évolueras si besoin. Comment est-ce que tu... Alors, tu nous as dit que c'est vrai que tu avais une activité salariée assez flexible. Est-ce que c'est venu quand même mettre une certaine forme de contrainte dans ton organisation quotidienne ? Tu as dit, quand tu es indépendant, tu peux jongler un peu et réorganiser ton travail comme tu le souhaites. Quand tu es salarié, s'il y a quelque chose qui doit être fait et que tu as une échéance, il faut que ce soit fait. Est-ce que c'est venu mettre de la contrainte ? Et est-ce que ça t'a demandé de revoir complètement ton organisation d'activité ou pas ? même si... tu as quand même pas mal de flexibilité.
- Speaker #1
Alors, malgré cette flexibilité, c'est sûr que forcément, ça crée de la contrainte. Parce que, c'est pas compliqué, avant j'avais 5 jours pour être sur mon activité, pour gérer ma com, pour gérer mes clients, pour gérer tout ça. Ça, il faut que je le condense en 2 à 3 jours par semaine. Donc, forcément, on est plus sur le même rythme. Ça veut dire faire des choix, ça veut dire organiser les choses, gagner du temps là où on peut, etc. Et ce qui est intéressant d'ailleurs, parce que je pense que après ça, je reviendrai à temps plein. j'aurai une organisation sur laquelle ça sera méga optimisé et j'aurai du temps supplémentaire pour faire plus. Je pense que c'est aussi un apprentissage qui est intéressant. Après, moi, sur mon activité, effectivement, j'ai cette chance de la flexibilité. Ce n'est pas toujours le cas. Je ne sais pas si j'aurais pris quelque chose avec des horaires très, très fixes et pas changeables. Je vous dis que je ne me suis pas posé la question, mais en tout cas, quelqu'un qui réfléchit à ça, c'est une question à se poser. Est-ce que je suis prêt à avoir des horaires fixes ? que je ne peux pas changer ou très peu.
- Speaker #0
Par contre, ce que tu as dit, c'est hyper intéressant sur, finalement, la priorisation. Tu dois faire presque autant sur moins de disponibilité. Tu dois prioriser. Est-ce qu'il y a des choses sur lesquelles tu as dû complètement renier ou que tu as dû supprimer, que tu faisais que tu as dû supprimer dans le cadre de ton activité ? Est-ce qu'il y a des choses sur lesquelles, tu vois, il y a eu un changement radical ou pas ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas eu de changement radical. En fait, j'ai eu un changement, mais qui était dû à un client. très gros partenariat qui s'est signé le lendemain du jour où j'ai commencé j'ai eu un enchaînement le mois de septembre depuis sept ans ça a été complètement fou et en gros j'ai commencé à l'assemblée nationale j'ai été prévenu le dimanche que je commencerai lundi à l'assemblée et le mardi j'ai signé un énorme partenariat avec un plus gros client ce qui fait que j'ai coaché une soixantaine d'associations en 3-4 mois donc c'est un très très gros client il a fallu conjuguer avec tout ça Malgré tout, j'ai réussi à m'organiser. Je ne te cache pas qu'il y a pas mal de samedis qui ont sauté parce que c'est une période comme ça où je n'ai pas pu anticiper ni le boulot à l'Assemblée, ni le partenariat. C'est un peu ça qui m'a manqué. Je pense que ça s'anticipe autant que possible. Donc là, pendant les vacances, j'ai pu revenir un peu sur tout ça, créer un peu des systèmes, bosser beaucoup sur mes procès, sur des choses comme ça pour gagner un maximum de temps. Et puis me dire aussi, je vais plus sélectionner mes clients aussi ou trouver des systèmes pour déléguer certains clients à d'autres formateurs. C'est là aussi où je te parlais de structuration. Ça fait partie de ce à quoi je suis en train de travailler.
- Speaker #0
Ça me parle bien, la structuration. Je pense aussi peut-être, tu me diras, je pense que sur le moment, en fait, quand tu es amené à refaire ce jeu de chaise musicale et de repositionner les choses dans le bon ordre pour que tu puisses tenir la double activité, tu dois peut-être t'apercevoir qu'il y a des choses finalement sur lesquelles tu mettais beaucoup d'énergie et qui finalement n'étaient pas si prioritaires ou en tout cas vitales pour ton activité d'indépendant. Je ne sais pas si c'est quelque chose que tu as rencontré ou pas, mais je me dis qu'on doit avoir cette logique-là à un moment.
- Speaker #1
Il y a de ça. Il y a aussi, surtout, c'est surtout ça, c'est très proche de ça, c'est faire la distinction entre ce que j'aime faire et ce qui est utile à mon business. Il y a des trucs où je me suis rendu compte que je les fais parce que ça me faisait kiffer, parce que j'aimais bien faire ça, des trucs de montage, des trucs comme ça. Je me dis, en fait, ça ne sert à rien de faire ça. En fait, ce contenu, je le fais parce qu'il m'éclate, moi. Il ne sert pas à grand-chose. Il ne m'apporte pas de client, il ne m'apporte pas de business. je le sens pas quoi donc bah il faut savoir renoncer à ça c'est se dire ok j'ai fait un choix de la sécurité ça veut dire que si je veux maintenant mon activité il faut que je libère du temps donc il y a des trucs qui me font kiffer mais qui servent pas le business que je dois mettre de côté ouais ça pousse un peu à la priorisation et moi qui prône la priorisation je trouve que c'est un alors c'est un peu sous la contrainte,
- Speaker #0
peut-être, mais au moins ça te pousse. Tu vois, souvent, on n'arrive pas à choisir. C'est comme l'important et l'urgent. Souvent, on considère que tout est urgent et important. Et en fait, quand tu creuses ou alors quand tu es face au mur, tu te rends compte finalement que ce que tu pensais urgent n'est pas tellement. Et pareil pour l'important.
- Speaker #1
Et tu commentes d'ailleurs là-dessus ?
- Speaker #0
Alors moi, je suis obligée de prioriser, de trancher. Ce n'est pas toujours dans le sens de ce que j'aurais voulu. Mais à un moment, en fait, mon temps est compté. Tu vois, aujourd'hui, moi, je bosse sur, on va dire, quatre jours, puisque j'ai le mercredi. un peu la journée sanctuarisée, sauf qu'il y a exceptionnel, c'est journée des enfants. J'ai des horaires qui sont quand même assez raccourcis, parce que c'est aussi pour ça que j'ai choisi l'entrepreneuriat. Mais du coup, forcément, ça me demande de... Il y a plein de choses, tu vois, j'ai plein de projets en tête, il y a plein de choses que j'aimerais faire, mais je ronge mon frein parce que je me dis que je ne peux pas tout faire. Donc je priorise par temporalité, par exemple sur un trimestre, un semestre, voilà ce que je suis en capacité de faire, je vais prioriser ça. Semestre suivant ou trimestre suivant, je vais prioriser autre chose. J'ai bien en tête. que je ne peux pas tout faire, que mon temps n'est pas extensible, que je dois garder de l'énergie pour moi et pour mes proches, et puis pour mon activité de manière générale. Et forcément, là où aussi j'accompagne moi souvent mes clients sur la décision, la prise de décision, à un moment, tu n'as pas le choix. Tu peux tourner le problème dans tous les sens. Tu dois prioriser, tu dois choisir, et tu dois savoir délimiter l'important de l'urgence. De toute façon, tu ne tiens pas sur le long terme sans ça. Alors oui, ça ne fait pas toujours plaisir, et encore plus quand on a parfois des équipes, de devoir décider, peut-être pas forcément prendre les décisions qui vont aller dans le sens collectif, mais ça fait partie des responsabilités que tu évoquais tout à l'heure. On prend l'entrepreneuriat avec la notion de liberté, mais aussi avec la notion de responsabilité. C'est pas toujours facile, c'est pas toujours plaisant, mais on n'a pas le choix.
- Speaker #1
Et toi là-dessus, c'est...
- Speaker #0
Non, non, non, mais du coup, ça rejoignait ce que tu disais, le fait de le faire... parce qu'on a un impératif là, je trouve que c'est pertinent d'en parler.
- Speaker #1
Oui, et puis, tu vois là-dessus, sur les priorisations, ce que tu dis, c'est vrai qu'on ne peut pas tout faire en bonnet, etc. Moi, notamment, j'ai bossé là-dessus. Pour cette année, je me suis fait une liste, OK, d'objectifs que je veux réaliser, mais je me suis aussi fait une liste de choses à ne pas faire. Enfin, pas juste des choses à ne pas faire, c'est des trucs où je me dis, ce ne sont pas des projets que je vais mener cette année et je m'interdis de bosser dessus cette année. Par exemple, j'ai noté que cette année, je n'écris pas de livre. ça fait un an ou deux je me dis cette année j'ai créé un but cette année En fait, je me mets une pression à me dire, encore cette année, je ne l'ai pas fait, etc. Mais en fait, je n'ai juste pas eu le temps de le faire. Donc, ça veut dire que ce n'est pas le bon moment. Pareil, j'ai dit cette année, je ne me lance pas dans de la conférence. Je ne crée pas de conférence cette année. Si je le fais, ça sera mal fait, etc. Donc, tout ça, je le mets de côté. Je m'interdis même d'y penser cette année. Ça viendra plus tard. C'est dans la liste des « à ne pas faire » . Donc, dans quelques temps, ça passera dans les « à faire » cette année. mais je m'interdis de bosser dessus cette année puisque c'est pas important, c'est pas urgent et j'aurai le temps de le faire bien plus tard
- Speaker #0
Mais ouais, merci, tu vois, de le partager. Ça fait terriblement écho. Tu vois, ce matin, j'étais en session conseil avec une dirigeante qui a une créativité débordante, qui a une activité qui fonctionne très bien et qui a plusieurs projets et qui a toujours des projets qui s'ajoutent. Et là, ce matin, ça a été vraiment, tu vois, la session où on n'ajoute pas de projet. Et parfois, c'est aussi un moyen vraiment de stabiliser, tu vois, l'activité. Et tu as dit ça, moi, c'est aussi un de mes objectifs de 2026, là, en trois ans. À chaque année, tu vois, j'ai créé des projets. Alors, que ce soit un podcast, que ce soit faire certifier, enfin, créer un organisme de formation et le faire certifier. Je commence l'année, ce n'est pas du tout dans les objectifs. Je termine l'année avec ça, mais du coup, c'est du temps que je n'alloue pas à d'autres choses. Et là, vraiment, tu vois, sur, j'ai envie de dire, 2026, voire deux ans, je ne m'ajoute pas de nouveaux gros projets. Je ne veux pas, alors. Pareil, c'est frustrant, j'imagine, que pour toi, de ne pas écrire un livre alors que tu le souhaites depuis un an et demi. Conférence, peut-être que c'est quelque chose aussi qui fait que tu aimerais bien faire. Mais à un moment, en fait, on n'a pas le choix. Enfin, je veux dire, ce n'est pas possible. Et tu dois savoir prioriser, pas renoncer, mais reporter. Te dire, je ne le fais pas là sur six mois, sur un an, sur deux ans, mais je le ferai après. Et s'interdire aussi. Tu as utilisé le mot s'interdire. S'interdire. D'y penser.
- Speaker #1
C'est ça, parce que je pense que c'est dans la nature de l'entrepreneur d'avoir plein d'idées, de lancer plein de projets, de faire plein de trucs. En fait, à un moment donné, si tu veux tout faire, tu ne fais rien. Tu commences des petites bribes. Je veux dire, j'ai écrit un plan pour mon bouquin. Je dois même avoir deux ou trois plans de deux ou trois bouquins qui sont écrits. Je n'ai pas le temps d'aller plus loin, donc j'avance par petites bribes une fois tous les six mois. En fait, c'est de la perte de temps. C'est du bruit dans le reste de mon activité. Donc, pour faire calmer ce bruit, il faut s'interdire d'aller dessus.
- Speaker #0
Je suis bien d'accord. J'espère que ça fera écho auprès d'auditeurs qui parfois ont du mal à tranger ou à prioriser. On arrive plus ou moins à la fin de l'épisode. Est-ce que tu dirais qu'on en a un petit peu parlé, mais que cette double casquette, ça a changé quelque chose pour tes clients ou non, pas nécessairement ?
- Speaker #1
Non, je ne pense pas que ça ait changé grand-chose pour eux. Parce qu'encore une fois, j'ai cette liberté d'organisation de mon temps. son activité salariée. Non, ça ne change pas grand-chose. Au jour de l'an, personne ne m'a fait de remarques là-dessus, en tout cas.
- Speaker #0
C'est que ça n'a pas changé grand-chose, alors.
- Speaker #1
Ça, ils le disent quand ils le sentent.
- Speaker #0
Complètement. Derrière l'entrepreneuriat ou le salariat, il y a une notion primordiale qui est la notion de réussite personnelle et réussite professionnelle. Que ce soit en salarié ou en gravité séchon, ou tout simplement en s'épanoui dans son job, ou dans l'entrepreneuriat et qu'on arrive à faire grandir son entreprise. Est-ce que cette double casquette-là, ou ce retour en tout cas à une casquette salariale, est-ce que ça a changé un peu la perception que tu avais ces dernières années sur la notion de réussite professionnelle ? Parce que j'entends beaucoup dire « vous avez réussi, si » . Et là, à chaque fois que je vois ce genre de poids, je me dis « mais la notion de la réussite, est-ce qu'elle n'est pas d'abord personnelle ? » Et puis, quelle est la notion, tu vois, concrètement, de réussite professionnelle ? Est-ce que toi, ça a changé un peu ta perception ?
- Speaker #1
Je ne sais pas trop. En fait, je ne me pose pas trop cette question-là. Je vise plus une réussite personnelle, d'être heureux dans ma vie, d'être à mon père de famille. En fait, moi, ce que je vise, c'est à la fin de ma vie, me retourner et dire, OK, j'ai bien vécu, je pense que j'ai été honnête, j'ai réalisé des choses et j'en suis satisfait. Et puis, j'ai transmis surtout à mes enfants, aux personnes avec qui j'ai travaillé, que j'ai accompagné, etc. J'ai été utile à quelque chose et j'ai transmis. Si je me retourne et que j'ai réalisé ça, ça me va, peu importe la façon dont je le fais. Le reste, la façon de le faire, c'est plus du plaisir personnel. Ce n'est pas de la réussite, c'est du plaisir. Moi, j'aime bien le faire en faisant du coaching, de la formation, en créant des contenus, en passant du temps en famille, etc. Mais c'est ma façon de le faire. Mais ça se trouve, je pourrais être très heureux et atteindre le même objectif en le faisant autrement. Je trouve ça plus sympa de le faire comme ça.
- Speaker #0
Ouais, je suis bien d'accord. Et souvent, je dis que la réussite, elle est avant tout subjectif et surtout personnel.
- Speaker #1
Je serais curieux, d'accord, de savoir la tienne.
- Speaker #0
La mienne ? Oui. Ma réussite ? Il y a cette notion de transmission aussi, forcément, de ce que je laisse à mes enfants, de ce que je transmet à mes enfants, de quels adultes je fais d'eux. Est-ce que j'en fais des adultes épanouis, curieux, motivés ? Tu vois, j'ai une fille qui a 18 ans qui est en plein questionnement sur son parcours professionnel et je trouve ça hyper intéressant. et elle est vraiment au tout début de ces questionnements-là justement sur la réussite professionnelle. Est-ce que c'est forcément... gagner des milliers, des cents ? Est-ce que c'est avoir un job dans lequel finalement je vais m'épanouir ? Donc ouais, c'est ce que je transmets à mes enfants, ce que je transmets par ailleurs. J'ai le bénévolat dans le sang de mon temps et je pense que c'est ce qu'on laisse derrière soi à la société au sens large, mais aussi aux individus qu'on rencontre, tu vois. Le petit truc qui fait que t'as changé une trajectoire ou que t'as changé une façon de penser ou parfois un parcours. Et puis ce serait aussi au-delà de ça, le sacro-saint équilibre. Pro perso, je ne suis pas sûre qu'il existe, mais c'est de pouvoir m'épanouir, continuer de m'épanouir dans ce que je fais, tout en gardant un équilibre et du temps pour mes proches et mes enfants. Je pense que ma réussite, c'est celle-ci. Donc, je grappille, tu vois, à chaque fois pour y arriver et je pense que ce serait ça. Donc Corentin, si on a parmi nos auditeurs, et je sais qu'il y en a, qui se posent la question, est-ce que finalement je suis bien dans l'entrepreneuriat, est-ce que finalement il ne faudrait pas que je reprenne une activité, que ce soit... Une activité, entre guillemets, alimentaire. Une activité, parce que finalement, je ne trouve plus de sens. Qu'est-ce que tu leur conseillerais peut-être de faire ? Est-ce qu'il faut se poser, réfléchir ? Est-ce qu'il faut demander conseil ? Qu'est-ce que tu leur donnerais comme conseil ?
- Speaker #1
Mon premier conseil, déjà, c'est de comprendre pourquoi ils veulent y aller. Est-ce que c'est parce que leur activité ne marche pas qu'ils ont peur du lendemain ? Dans ce cas-là, la réponse, est-ce que c'est de reprendre un boulot ou est-ce que c'est d'essayer de comprendre ce qui ne va pas dans leur activité, de savoir s'ils peuvent le relancer autrement ? Ça ne veut pas dire que c'est la réponse, mais c'est ça que je me posais la question. Est-ce que c'est parce que nous en avons marre de la responsabilité de l'entrepreneuriat et il n'y a pas de problème avec ça, je le comprends totalement aussi. Et dans ce cas-là, pourquoi pas tester en fait ? La période d'essai d'ailleurs, elle est là aussi pour ça. Je me posais la question, est-ce que je continue après la période d'essai ? C'est aussi une phase de test, notamment pour un entrepreneur qui retourne au salariat. Il faut qu'il voit si ça lui correspond, s'il y arrive ou pas. Donc c'est un peu comme ça que j'irais. C'est d'abord se poser toutes ces questions-là. Pourquoi j'y vais ? Vers où je vais ? Et puis de tester.
- Speaker #0
Pourquoi je trouve que c'est le bon début. Et c'est la même chose quand on quitte le salariat. J'avais fait une fois un poste là-dessus et qui avait fait beaucoup réagir. Je disais, je m'aperçois que les personnes quittent le salariat pas pour les bonnes raisons. On quitte le salariat parce qu'on se dit, je veux être seule, je veux travailler à mon rythme, je veux avoir mes propres horaires, ma propre façon de fonctionner. Et en fait... quand les personnes sont indépendantes, elles recherchent du lien. Elles vont dans des réseaux, elles essayent de se connecter avec d'autres personnes, etc. En fait, on s'aperçoit que c'est pas forcément l'entreprise ou le fonctionnement du salariat qui ne va pas. simplement le cadre dans lequel on est à ce moment-là. Donc la question du pourquoi, de bien creuser, de savoir pourquoi est-ce qu'on voudrait arrêter ou mettre en pause ou cumuler entrepreneuriat, salariat, c'est vraiment le point principal.
- Speaker #1
D'ailleurs, il y a l'autre question qui est intéressante aussi. Il y a aussi une question qui est intéressante, de savoir quelqu'un qui est dans le salariat et qui veut se lancer dans l'entrepreneuriat, quelle question se poser, puisque c'est la même chose en fait, c'est des changements de fonctionnement. Et ça vaut le coup de se demander pourquoi on y va. Comme tu dis, si c'est juste pour être libre de ses horaires. Peut-être pas la meilleure des raisons. Si c'est parce qu'on en a marre de son boss, peut-être qu'il faut juste changer de boss.
- Speaker #0
C'est ça. Non, mais je suis bien d'accord.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est toujours se poser la question du changement.
- Speaker #0
Et du pourquoi, à ce moment-là, je cherche le changement. Où est-ce qu'on peut te retrouver, Jean-Corentin, si on veut ?
- Speaker #1
À peu près partout. Je sais que j'ai quelques liens, je vais les mettre en description de l'épisode, mais où est-ce qu'on peut te retrouver ? Le plus simple, c'est de me retrouver sur LinkedIn. Et de là, vous retrouverez tout. Il y a la chaîne YouTube, le podcast, la newsletter, etc. Tout est sur Indy.
- Speaker #0
Super. Un énorme merci d'avoir accepté mon invitation et de nous avoir partagé les coulisses de ta double activité. Je te remercie énormément. J'espère que ça fera vraiment écho auprès des auditeurs. Et puis, s'ils ont d'autres questions, je pense qu'ils viendront toquer à ta porte. Un grand merci. Mais je t'en prie. Je t'en prie. C'était un plaisir partagé. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à le commenter. à le partager à d'autres entrepreneurs qui pourraient en avoir besoin, c'est le meilleur moyen de faire vivre ces chroniques. Je vous souhaite une excellente journée, une excellente semaine, et je vous dis à très bientôt !