- Speaker #0
Il paraît qu'on entreprend pour être libre. Charmante illusion, vous ne trouvez pas ? Je suis Sabrina Toibet, consultante en stratégie d'entreprise. Si vous cherchez des conseils, du partage d'expériences et des réponses qui résonnent pour développer votre activité, considérez cette humble chronique comme une invitation personnelle et un nouveau repère. Dans Chronique Business, seule ou avec mes invités, je vous partage ce qui se cache vraiment dans les coulisses de l'entrepreneuriat, les décisions, les doutes et les déclics. Votre dévouée chroniqueuse business. Bienvenue pour ce nouvel épisode de Chronique Business qui va être assez exceptionnel. Nous sommes dans les coulisses du Salon SME, dans l'édition 2026 au Palais des Congrès à Paris. J'ai l'immense honneur d'avoir une invitée au parcours ultra inspirant avec moi. J'ai nommé Apsatou Sy. Bienvenue Apsatou. Je suis ravie de pouvoir échanger avec toi. Apsatou, je vais essayer de résumer ton parcours. Ça va être un peu réducteur, vous irez regarder tout ce que Apsatou propose, fait son parcours. Tu es entrepreneur depuis plus de 20 ans, tu as lancé Ethnicia à 24 ans, tu as été sur les plateaux télé, tu as écrit deux livres, un troisième, est-ce que je peux le dire ? En gestation. Tu diriges Mythe International avec un regard plutôt tourné vers l'Afrique. L'international,
- Speaker #1
on travaille sur les quatre continents, cabinet de conseil.
- Speaker #0
Ok, donc un parcours assez inspirant.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Tu as connu la réussite, les difficultés, le regard des autres.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais en chemin, tu as toujours fini par retrouver ta route, retrouver ta voie. Tu parles aussi, tu as tenu une conférence tout à l'heure sur le fait de ne pas laisser les autres décider à notre place. Qui a essayé de décider pour toi ?
- Speaker #1
La société, je crois. La société, les cases, le déterminisme social, toutes ces choses-là.
- Speaker #0
Comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
Très bien, parce qu'en fait, je ne l'ai pas accepté. Donc, essayer, ça ne veut pas dire réussir. Donc, tout cet écosystème a essayé, peut-être de faire de moi quelqu'un d'autre. Mais moi, je croyais beaucoup en mes rêves et j'étais surtout déterminée à une chose, c'est honorer le parcours de mes parents. Et donc à partir de là, je crois que la seule règle c'est celle-là. Ce ne sont pas les cases où on essaye de te mettre, ce ne sont pas ce que dicte la société. Moi je déteste ce qu'on me dicte et en général je vais à contre-courant parce que je vais exactement là où j'ai décidé d'être. Donc c'est un contre-courant permanent.
- Speaker #0
Si on revient à tes débuts, Absa, est-ce qu'il y a une phrase qu'on t'a dit, qui t'a marqué, qui a été un déclencheur, qui a peut-être tout changé pour toi, en positif ou en négatif d'ailleurs ?
- Speaker #1
Ah, c'était hier, mes délus. Non, une phrase qu'on m'a dite, non, surtout une chose qu'on ne m'a pas dite. Mon père et ma mère ne m'ont jamais dit « il n'y va pas » . Ils m'ont toujours fait confiance dans mes choix. Ils n'ont jamais essayé de me contraindre ou de m'imposer un destin ou un chemin. Et je crois que quand les parents n'imposent pas, moi, ils m'ont rendu un grand service, c'est celui d'aller chercher. Je suis allée chercher. Mon chemin et ma destinée. tout en ayant conscience d'où je venais, c'est-à-dire de leur chemin à eux.
- Speaker #0
C'était quoi leur chemin ?
- Speaker #1
Mon papa est un Sénégalais, un ouvrier sénégalais, qui est arrivé en France il y a plus de 40 ans, qui a gagné le SMIC toute sa vie, peint un jour d'arrêt maladie, ça s'applaudit je crois. Et ma maman, femme de ménage, en plus de ses 8 enfants, est gardée d'autres enfants. Donc c'est ça leur chemin. Le destin commun et familial, ça a été de faire le choix d'aller vers ailleurs, un ailleurs qui a été la France pour mes parents, et de faire en sorte que leurs enfants puissent peut-être réussir dans cet ailleurs-là. Et en tout cas, cette réussite, moi, elle s'est inscrite dans cette liberté de jugement, cette absence de jugement de mes parents quant Ausha que je faisais. Donc j'ai toujours pu faire ce que je voulais. Parce qu'ils respectaient beaucoup la jeune fille que j'étais, qui avait beaucoup de respect pour ce qu'ils étaient. Et donc, on a travaillé en partners.
- Speaker #0
J'aime beaucoup la notion de respect. On parle beaucoup de soutien, etc. Mais derrière ça, en fait, toi, tu y mets du respect.
- Speaker #1
Bien sûr. C'était une façon de respecter l'être que j'étais à part entière. Et puis, une façon pour moi de les honorer aussi en faisant des choses qui n'abîment pas le chemin qui était le leur, la tradition, les valeurs qui étaient les leurs. mais tout en embrassant pleinement cette nouvelle culture qu'ils avaient embrassée eux-mêmes en s'installant en France.
- Speaker #0
Merci pour cette belle réponse. Les difficultés, tu en as connu quelques-unes. En 2013, si je ne me trompe pas, tu avais un réseau de salons qui a fermé. Comment est-ce que quand on fait face à une fin, il n'y a pas de suite, il n'y a pas d'après, comment est-ce qu'on fait face à cette fin et comment est-ce qu'on rebondit ? Est-ce qu'il y a un temps de latence ? Est-ce qu'on rebondit tout de suite ? Comment est-ce qu'on le vit ?
- Speaker #1
Pour moi, la fin, c'est la mort. Ce n'est pas la fin d'une histoire qu'on écrit, c'est comme en amour. Tu t'engages avec quelqu'un, tu espères que ça marche, et si ça marche pas, c'est pas grave, on meurt pas d'amour. On part avec nos souvenirs, nos déceptions, nos leçons, et on essaye de construire encore mieux après. Donc, ce que les gens ont vu comme une fin n'était pour moi pas une fin, mais le début d'autre chose. Et surtout, on a cette fâcheuse tendance à penser que, quand on se lance dans un business, un projet ou autre, on est condamné à y rester coûte que coûte toute la vie. Et que si ça s'arrête... Bah c'est la fin du monde, c'est un échec, faut montrer du doigt la personne, mon dieu elle s'est arrêtée, elle a échoué, non.
- Speaker #0
On appuie sur pause là, retenez bien ce qu'elle vient de nous partager, c'est très précieux.
- Speaker #1
Mais oui, parce que pour les gens quand vous vous lancez dans une aventure, il doit pas y avoir de fin, mais bien sûr que si. Je démarre quelque chose, demain je suis quelqu'un d'autre, je décide d'arrêter et tout va bien. Je démarre quelque chose, ça ne marche pas, je l'arrête pour faire autre chose, mais je suis pas à cou... condamné à rester dans une histoire parce qu'elle a été écrite au départ par moi. Donc je décide de la tournure que je lui donne aussi et de ce que je suis prête à subir aussi. Mais je crois que l'une des plus belles leçons que j'ai appris en tant qu'entrepreneur et en tant que femme tout court, c'est que quand tu t'émancipes du jugement des gens, tu vis vraiment. Tant que tu t'en émancipes pas, t'es condamné à vivre par démonstration pour les autres mais sûrement pas pour toi-même. J'ai choisi mon bonheur et d'être heureuse et donc je ne le conditionne à aucun jugement et je ne permets à personne de s'immiscer dans cette intimité qui m'appartient pour me dire ce que je dois faire.
- Speaker #0
Ça résonne fortement pour la femme que je suis.
- Speaker #1
Je le vois à ton regard. Nous parlons la même langue.
- Speaker #0
Donc il n'y a pas de fin, il n'y a que des renouveaux.
- Speaker #1
Mais bien sûr, en fait la vie est une courbe et le jour où cette courbe se rompt, c'est la mort. Donc, tant qu'il y a cette courbe...
- Speaker #0
Il y a un haut,
- Speaker #1
il y a des hauts, des bas. Dans toute cette continuité de cette courbe, tu as des choses à apprendre, y compris dans le creux qui permet ce formidable rebond et de remonter la pente. C'est génial.
- Speaker #0
Tu nous offres beaucoup d'espoir. Le regard des autres, justement. Tu parlais de s'émanciper du regard des autres. Tu entreprends sous le feu des projecteurs puisque tu as été une personnalité publique. On t'a vue dans nos téléviseurs. Est-ce que c'est quelque chose, tu dirais, de banal ? C'est-à-dire que c'est comme pour tout autre entrepreneur ou est-ce que c'est plus difficile ou pas ?
- Speaker #1
Non, mais je dirais que forcément, ça amène ses facilités, ses difficultés. Ça veut dire que tu es épié, tu n'as pas le droit d'échouer. Moi, ça m'est arrivé dans mes business d'être au bout de ma vie, d'avoir envie d'arrêter, de me dire non, non, mais tout le monde me regarde et je ne peux pas. Parce que tu as aussi une sorte de pression, parce que les gens qui te regardent t'écrivent aussi pour te dire tu m'inspires. Et donc si toi, tu t'arrêtes ou tu tombes, ça veut dire que derrière... la personne n'y croit plus. Donc tu as une sorte de pression sociale et de responsabilité aussi. Moi, je me souviens à l'époque d'un de mes reportages où j'ai des mamans qui débarquent dans mes points de vente avec leurs enfants et qui me disent « j'ai amené mes enfants pour qu'ils te voient, qu'ils voient que tu existes en vrai et que c'est possible pour eux » . Donc tu as une sorte de pression qui est transmise à travers ça. Mais il faut arrêter de se plaindre de tout. Je pense que cette médiatisation m'a apporté beaucoup, en bien et en mal, mais aussi en bien. Et moi j'aime bien retenir ce qui est bien, ce qui est difficile, ce qui est mal, ça fait partie des épreuves. Mais pour accéder à quelque chose, obtenir quelque chose, il faut souvent accepter, prendre un chemin qui peut être sinueux. Et c'est ma particularité, je ne prends pas les chemins faciles, parce que je ne vais pas chercher la facilité, je ne vais pas chercher les choses comme tout le monde, j'aime bien aller chercher les choses uniques. Et quand tu vas chercher les choses uniques, le chemin est peut-être plus compliqué.
- Speaker #0
Ce que je retiens dans ce que tu nous as dit... Apsatu, c'est que le regard des autres, il est important. Il implique un grand pouvoir, implique de grandes responsabilités. C'est aussi inspirant pour les autres. C'est aussi une manière de transmettre aussi à l'autre. Je trouve ça... Je trouve ça très...
- Speaker #1
Il est important dans ce sens-là. Mais il n'a aucune importance dans les décisions que je prends. Parce qu'encore une fois, ce jugement ou ce regard, quand il est jugeant... ne m'intéresse pas. En fait, le regard m'impose une certaine responsabilité, mais ne m'empêchera pas d'aller là où je dois aller. Et ce n'est pas parce que quelqu'un te dit que tu es moche que tu es moche. Ce n'est pas parce que quelqu'un te dit que tu manques d'intelligence que tu manques d'intelligence. Et vu que je ne prends pas pour acquis ce qu'on me raconte et ce qu'on me dit, et la manière dont on me juge, parce que je sais qui je suis et je travaille sur ça depuis quand même maintenant 45 ans, je ne me paralyse pas, je n'accepte pas cette paralysie liée au jugement des gens.
- Speaker #0
Pas du tout. On retient le message. Avec Mythe International, tu as recommencé sur d'autres continents, d'autres pays. Partir ailleurs, est-ce que c'était fuir ou construire quelque chose de nouveau ?
- Speaker #1
C'était absolument pas fuir, c'était plus que ça. Moi je suis partie parce que j'ai été agressée devant mes enfants dans un parc d'attractions par des partisans d'extrême droite. et un policier en civil. C'est pour moi la dernière étape qu'il me fallait subir pour peut-être rebondir là où je suis aujourd'hui. Merci à ce qui s'est passé ce jour-là parce que j'ai compris qu'à un moment, à la haine, on n'oppose pas la haine. La bêtise, on n'oppose pas la bêtise. On prend de la grandeur, de la hauteur et on se dit qu'on ne se traîne pas dans la boue avec les cochons. J'ai pas voulu leur... Comme dit mon père, la colère, ça se mérite et ils ne méritaient pas ma colère. Ce jour-là, j'ai décidé de dire, ok, je ne suis pas la bienvenue pour entreprendre dans mon pays, la France, je vais prouver que j'ai du talent et que je suis capable de le faire ailleurs. Et ça a été une revanche que j'ai voulu prendre pour dire, tout ce que vous m'avez fait, ça m'a paralysé pendant 6 ans, mais ça ne m'a pas tué. Et si ça ne m'a pas tué, je suis bel et bien là devant vous et je vais m'accomplir. C'est ce que j'ai fait, j'ai lancé ce cabinet de conseil, ça a été fou. J'ai signé quasiment une centaine de marques en moins d'un an et demi. J'ai signé des institutions, des états, je me suis retrouvée à parler avec des chefs d'état et réfléchir stratégie. Je suis devenue stratégiste, je l'étais un petit peu depuis quelques années, mais de manière officieuse. Là, je l'ai fait de manière officielle, avec cette détermination de dire, je vais créer le premier cabinet de conseil, fondé par une femme noire, complètement disruptif et qui vient du terrain. On est dans l'opérationnel, on est dans la stratégie évidemment, mais on connaît le terrain, parce que moi je connais le terrain. Il y a plein de choses que je ne connais pas, mais le terrain, je suis née de ça. Et donc, j'ai pris ma revanche. Et je crois que c'est une des plus belles décisions que j'ai prises. Et pourtant, elle naît de la douleur. Elle naît de la violence, cette décision. Et à un moment, tu refuses de subir, mais tu refuses de répondre à la manière dont ils aimeraient que tu répondes. Et donc, j'ai répondu à ma manière. Salut les gars ! Ça s'est trop bien passé.
- Speaker #0
Je me suis oubliée de te poser la question. Apsatou, je rebondis. On est dans un contexte économie, politique, géopolitique qui est quand même assez compliqué. On a une échéance électorale importante qui arrive dans les mois prochains. Tu dirais toi qu'aujourd'hui, entreprendre en France, quand on est une personne racisée, est-ce que c'est difficile ? Est-ce que c'est plus difficile ?
- Speaker #1
Je ne servirais pas du tout ce discours-là. Et c'est un discours dont je m'éloigne par pure provocation. Je ne veux pas dire à des gens qui sont ou racisés, ou qui ne correspondent pas physiquement aux critères. ou qui n'ont pas fait les bonnes écoles, ou qui n'ont pas, soit disant, cette case définie par je ne sais qui, que ça va être plus difficile pour eux. Je n'ai pas besoin de le dire. Si c'est difficile pour eux, ils le savent. Ça peut être difficile pour des gens non racisés non plus. Mais je préfère leur servir le discours que c'est possible. Tu vas devoir courir un peu plus vite. Tu vas devoir croire en toi. Tu as aussi cette chance. De venir de l'environnement d'où tu viens, parce que tu vois le monde très différemment, saisis tes opportunités et vas-y. Voilà, moi quand je regarde mon père qui est pour moi le plus grand entrepreneur, qui vient du fin fond de la brousse au Sénégal et qui a construit la vie qu'il a construit et qui nous a permis de vivre celle qu'on vit aujourd'hui, je ne dirais à aucun gamin, racisé ou pas, que c'était plus difficile pour lui. C'est une conjonction de plein de choses, une équation qu'on construit au fur et à mesure de notre vie, qui permet les choses. Même si j'ai conscience que dans plein de milieux, c'est difficile, je suis aujourd'hui assise sur une chaise qu'on m'avait dit, tu t'asseoiras jamais là-dessus, parce qu'elle n'est pas pour toi, elle est pour une autre, et j'y suis là. Donc je crois que quand on décide et qu'on est déterminé, on n'a rien à perdre.
- Speaker #0
Je te posais la question, Absatou, parce que j'ai dans mon entourage, mais aussi des entrepreneurs, et notamment des entrepreneurs parfois qui sont très connus, des femmes. voilés et qui se disent mais je vais lancer une activité mais ça ne fonctionnera jamais, je trouverai pas de clients, ça ne fonctionnera pas et tu leur envoies quand même quelque part un message aussi d'espoir donc de croire en soi déjà mais de pas forcément se dire que ça va être forcément difficile pour elles, pour eux, d'avance parce qu'on serait dans une certaine construction.
- Speaker #1
Parce que ce plafond de verre, elles sont en train de le construire elles-mêmes. Ça va être difficile parce que je suis ci, parce que je suis ça, parce que... c'est de chercher des prétextes à l'échec. Cherche des prétextes à ta réussite. Change d'angle. Arrête de voir la vie de son côté le plus sombre. Monte au sommet de la montagne et regarde de là-haut, c'est beaucoup plus beau. Donc non, ils rencontreront aussi peut-être des gens comme moi. Ma directrice de bureau à Dubaï, elle est voilée. J'ai une directrice de bureau en France qui est totalement différente. On fait des réunions, on est toutes différentes et tout va bien. Mais oui, elles rencontreront sur leur chemin des gens qui n'aimeront pas ce qu'elles sont et qui leur fermeront la porte. Tant mieux qu'ils lui ferment la porte. C'est juste pas ton chemin. Prends l'autre.
- Speaker #0
On retient. On retient. Cherchez des prétextes à ces réussites. Bien sûr. C'est beau. On arrive à la fin de cette interview, même si je pourrais la poursuivre encore très longtemps. Mais je sais que ton temps est compté. Trois questions en un mot ou une phrase. Le conseil business que tu détestes le plus ?
- Speaker #1
Le conseil. Le conseil business que je déteste le plus, le conseil. Souvent, les gens qui te donnent des conseils sont des gens qui n'ont pas fait ce que tu entreprends et ils passent leur temps à te dire ce que tu dois faire, comment tu dois le faire et quand tu te retournes et que tu leur dis mais tu l'as déjà fait, non. La théorie et la pratique, ça n'a rien à voir. Et donc, je crois qu'il faut aller chercher l'inspiration chez les gens qui ont fait, qui ont vécu, qui... ont des parcours aussi très différents du tien et ça te permet de t'enrichir au quotidien. Mais le pire conseil, c'est de donner des conseils à un jeune qui est plein de fougue et plein d'énergie, qui a envie de tenter. Vas-y, vis et deviens. Et casse-toi la figure si tu dois te casser la figure. Relève-toi et conscience que tu ne vas pas tout réussir, mais qu'au moins tu ne seras pas passé à côté de ta vie.
- Speaker #0
Merci. J'ai dit un mot, une phrase, mais je prends quand même. La décision dont tu es la plus fière ? Alors tu nous en as partagé une tout à l'heure, celle d'aller exporter ton entreprise, en tout cas d'aller exporter ton activité ailleurs. Une autre peut-être décision dont tu es la plus fière, en tant que femme ou en tant qu'entrepreneur ?
- Speaker #1
La décision dont je suis la plus fière, c'est d'avoir choisi d'honorer le parcours de mes parents, de rendre hommage à mes deux héros pour le parcours qui a été le leur et de ne négliger rien de l'effort qu'ils nous ont fourni. pour que je sois là, ici, aujourd'hui, à ma place, et capable de faire ce que je suis en train de faire. Donc, la plus belle décision que j'ai faite, c'est ça, parce que c'est ce qui a forgé la femme que je suis, qui m'a construite, qui m'a rappelée à chaque fois d'où je venais, qui m'a rappelée à chaque fois que les difficultés, c'était normal, que si mes parents avaient survécu à ça, alors moi, avec ma petite couette toute chaude qu'ils m'avaient déposée en me protégeant, ça allait être encore plus simple. Mais je crois que c'est la plus belle décision, honorer le parcours de mes parents. Merci à eux. Si je suis aujourd'hui cette femme qui n'a pas peur de perdre le matériel, mais qui a peur de perdre les gens qu'elle aime et qui en même temps croit en ses rêves et vit pleinement sa vie parce qu'elle a conscience à quel point la vie est précieuse, c'est grâce à eux.
- Speaker #0
C'est un beau message, Absatou. Dernière question, ce que tu dirais à l'Absatou de 20 ans ?
- Speaker #1
Ce que je dirais à l'Absatou de 20 ans, je le dirais à ma fille et je le dirais à mon fils aujourd'hui. Ils ont 7 et 10 ans. Je leur parlerai bientôt de ça. T'as raison d'être insolente. T'as raison. Continue. T'as raison d'être différente. T'as raison d'être pleine de vie et pleine d'espoir et de croire follement dans tes rêves les plus fous, y compris celui de voler un jour. T'as raison. T'as raison. Sois folle et...
- Speaker #0
Soyez insolent. Merci infiniment à PsaTrou de nous avoir accordé du temps. Où est-ce qu'on peut éventuellement te retrouver ?
- Speaker #1
Sur mes réseaux sociaux, vous pouvez me suivre, Abcette aussi, sur Instagram et puis un peu partout.
- Speaker #0
Une actu en particulier à nous partager peut-être ?
- Speaker #1
Plein d'actu, je lance mon média, l'école des boss, un invité, une masterclass. L'idée c'est de transmettre encore une fois. J'ai une nouvelle émission, sur le digital aussi, parce que j'aime ma liberté. Et puis le développement de mon cabinet et de ma marque, qui me nourrissent au quotidien avec toutes ces femmes. qui m'inspirent autant que je les inspire.
- Speaker #0
Merci en tout cas d'avoir répondu à mon invitation. Merci à toi. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à le commenter, à le partager massivement autour de vous. Je remercie à nouveau le Salon SME qui a rendu cette interview possible et qui nous a ouvert ses colisses. Partagez autour de vous cette interview, c'est le meilleur moyen de faire vivre ces chroniques. A très bientôt !