Speaker #0MUSIQUE Et si vous pouviez revivre une journée encore et encore ? Ou changer toute votre vie en ratant un métro ? Et si un seul geste dans le passé pouvait résonner à travers les siècles ? Bonjour, bonsoir, salut à toi cher auditeur, chère auditrice, cher être humain qui aime se poser des questions existentielles tout en mangeant ses popcorns. Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast CINETOC où on explore les mécaniques secrètes du cinéma. Je m'appelle Georgia et aujourd'hui on va parler de la répétition. Mais attention, pas la rédondance, pas l'ennui. On parle ici de la répétition comme outil narratif, comme expérience existentielle à travers 4 films qui n'ont rien d'ennuyeux. Un jour sans fin, Sliding Doors, Run Lola Run et Cloud Atlas. Ces 4 films vont illustrer 4 façons de répéter. Pour Un jour sans fin, répéter va être une façon de devenir meilleur. Pour Sliding Doors, répéter va être une façon de révéler les possibles. Pour Run Lola Run, répéter va être une façon d'apprendre. Et pour Cloud Atlas, répéter va être une façon de révéler la nature humaine qui recommence toujours. Le cinéma adore la répétition car elle bouscule la narration linéaire. Mais surtout, elle nous pose une question simple et vertigineuse. Que feriez-vous si vous pouviez recommencer ? On commence avec un classique, Un jour sans fin. Groundhog Day est le film de répétition par excellence. Phil Connors, un présentateur météo cynique et un brin arrogant, se rend à Punxsutawney en Pennsylvanie pour couvrir la fête de la marmotte. Sauf que voilà, il se réveille chaque matin au même jour, le 2 février, encore et encore et encore. est impossible d'en sortir. Il peut tout essayer, changer son comportement, fuir la ville, même mourir, rien n'y fait. Le temps est figé et lui avec. Alors bien sûr on rigole, il y a des scènes hilarantes, des répétitions absurdes, Bill Murray en roue libre, mais très vite le film nous emmène ailleurs. Parce que cette boucle temporelle n'est pas juste un gadget narratif, c'est une métaphore. De quoi ? De la routine, du burn-out, du sens de la vie. Qui n'a jamais eu l'impression de vivre les mêmes journées, les mêmes gestes, sans but ni saveur ? Le film commence comme une blague, mais il bascule lentement vers quelque chose de plus intime, plus existentiel. Ce qui est brillant, c'est que le film ne nous fait pas la morale, mais il montre. Phil passe par toutes les faces, le déni, l'hédonisme, la dépression et enfin la transformation. A force de revivre le même jour, il finit par changer. Pas pour sortir de la boucle, mais parce qu'il apprend à vivre mieux, à aimer sincèrement, à devenir humain. Et c'est là qu'Un jour sans fin touche à l'universel. Le film nous dit, tu veux sortir de ta boucle ? Commence par devenir une meilleure version de toi-même. Sorti en 1993, le film a eu un succès modeste à l'époque, mais avec le temps, il est devenu culte. Il est étudié en cours de philo. cité par des coachs en développement personnel, adoré par les fans de comédies romantiques et même par les bouddhistes qui y voient une allégorie du karma et de la réincarnation. Un jour sans fin, c'est plus qu'une boucle temporelle, c'est un miroir. Et vous, si vous deviez revivre demain à l'identique, que feriez-vous différemment ? La répétition ici n'est pas un concept de science-fiction, elle est absurde, inexplicable, kafkaïenne. Et pourtant elle devient peu à peu... une expérience philosophique. En effet, du point de vue philosophique, le récit épouse la logique de l'éternel retour, cher Ann Witt. Mais en inversant sa cruauté. Et si le retour n'écrase pas l'homme, il l'oblige à se reconstruire. Ce parcours évoque aussi Kierkegaard, qui écrivait la répétition et l'épreuve de la réalité. Phil, en répétant, épuise le nihilisme. Il passe du cynisme à la lucidité, de la maîtrise au don. Mais dans ce film, on trouve aussi Camus, Pour qui l'absurde n'est pas une impasse mais un point de départ. Phil est coincé dans un monde sans explication, un peu comme Sisyphe. Mais contrairement au mythe grec, Phil peut changer et il découvre que la seule issue est éthique. Il ne peut rien changer au monde, mais il peut se changer lui-même. La répétition ici n'est donc pas une malédiction, c'est une école de la lucidité, et au fond une allégorie de la vie ordinaire. Nous répétons tous les jours les mêmes gestes, mais y mettons-nous du sens. La mise en scène va elle aussi faire écho à ce changement progressif. Le film utilise une narration linéaire presque classique, mais chaque séquence est une variation subtile, un cadrage modifié, une réaction différente, Un temps qui ralentit ou s'accélère. En fait, le scénario suit une structure en spirale, mais linéaire pour le spectateur. Les scènes se répètent sans être identiques. Les plans sont similaires, mais les variations viennent des choix du personnage. La mise en scène accélère ou dilate le temps selon l'état intérieur du héros. Avec le déni ou la jouissance, le montage est rapide, on a des gags. Avec le désespoir, on a des ralentissements, des répétitions étouffantes. Et avec l'éveil, on découvre une harmonie visuelle, une fluidité. Le spectateur ne voit pas la même scène rejouée, il voit le même monde observé par un homme qui devient autre. EXTRAIT Bande Annonce. Deuxième variation, Sliding Doors, sorti en 1998 et réalisé par Peter Ovewit, raconte l'histoire de Hélène, interprétée par Gwyneth Paltrow. Un matin, Elle rate son métro ou elle le prend. Et c'est là que le film se divise. À partir de ce minuscule moment, deux réalités parallèles se mettent en marche. Dans une version, elle rentre plutôt chez elle et découvre que son petit ami la trompe. Dans l'autre, elle ne voit rien et sa vie suit un tout autre chemin. Là encore, ce n'est pas un film de science-fiction. Il n'y a pas d'effet spéciaux, juste une idée simple, brillante et un montage malin. qui nous fait suivre ces deux vies en parallèle. Ce qui rend Sliding Door si intéressant, c'est qu'il ne cherche pas à dire qu'il y a une bonne ou une mauvaise version de la vie. Au contraire, il montre que nos choix, même les plus anodins, peuvent nous faire bifurquer, sans forcément nous amener à un destin plus heureux ou plus tragique. Et en même temps, il y a des constantes. Certains événements semblent inévitables. Certaines personnes semblent destinées à nous rencontrer. C'est un peu déroutant, mais très poétique. Le film dit que la vie est à la fois faite de hasard et de cohérence. Et puis il y a Hélène elle-même. Dans une version, elle reprend le contrôle de sa vie, elle se transforme. Dans l'autre, elle reste enfermée dans une illusion. C'est aussi un film sur la façon dont on se construit à travers les épreuves. En sortant de Sliding Doors, on ne peut pas s'empêcher de repenser à sa propre vie. À ce coup de film manqué. À ce rendez-vous annulé. à ce trait qu'on a pris ou raté. Et on se demande, est-ce que ça aurait tout changé ? Ou est-ce que ça aurait fini par arriver au même point, différemment ? Ce film n'apporte pas de réponse et c'est ce qui fait sa force. Il invite à accepter l'incertitude, à croire que, quels que soient les chemins, on a toujours la possibilité d'évoluer, de se réveiller et de changer. 25 ans après sa sortie, Sliding Doors résonne encore, peut-être même plus aujourd'hui, à l'ère des multiverses et des what-ifs dans toutes les séries. Sauf qu'ici, on n'a pas de super-héros, juste la vie, dans toute sa banalité et sa beauté. C'est un film aussi qui parle d'amour, de confiance, de trahison, de seconde chance. Un film qui dit que parfois, ce n'est pas le destin qui compte, mais ce qu'on en fait. Sliding Doors ne nous donne pas de mode d'emploi, mais il nous rappelle que chaque instant, aussi banal soit-il, a du potentiel. Ici, on ne répète pas le temps, mais le possible. D'un point de vue philosophique, c'est une idée chère à Leibniz. Pour chaque événement, il existe un monde où il a eu lieu et un autre où il ne s'est pas produit. Mais on trouve aussi des inspirations de Dolleuse pour qui répéter ce n'est pas refaire, mais rejouer dans la différence. Sliding Doors met cela en image. Deux lignes de vie, deux Hélènes, deux identités qui se construisent à partir d'un point d'inflexion. Ce film interroge la fragilité de la causalité et surtout que devient le moi dans une variation du monde. Suis-je encore moi si j'ai aimé une autre personne, pris un autre train, dit un autre mot ? La répétition ici est le miroir du conditionnel passé, ce que j'aurais pu être, ce que je suis en creux. Et pour nous spectateurs, la mise en miroir de ces deux vies est vertigineuse. On observe deux Hélènes, deux récits et deux devenirs. Le film adopte une structure bifurquée dès le premier acte. On a deux timelines parallèles qui sont montrées en alternance avec un code couleur subtil, Hélène blonde et Hélène brune. Certaines scènes sont quasi identiques, mais avec des micro-variations qui changent le sens, des rencontres, des mots, des objets. Ce n'est pas une répétition circulaire, mais une répétition fragmentée, conditionnelle. Et au fond, le film pose cette question angoissante. Et si ma vie tenait à quelques secondes, quelques marches ratées, une porte fermée ? Donc c'est une répétition qui ne cherche pas à sauver, mais à révéler la fragilité du destin. On est encore en 1998, mais là, il y a un changement de ton radical. Avec Run, Lola Run, un film allemand réalisé par Tom Techware. Voici le pitch. Lola reçoit un appel de son petit ami Manny, complètement paniqué. Il a perdu 100 000 marques qu'il devait remettre à un mafieux. Et il n'a que 20 minutes pour les récupérer, sinon il est mort. Alors Lola... court. Elle court à travers Berlin contre la montre et contre le destin. Mais voici le twist. Le film recommence, trois fois. Trois versions de cette course, trois scénarios différents, influencés par des détails minuscules, des rencontres fugaces, des réactions différentes. Et à chaque fois, tout change. Run, Lola, Run, c'est plus qu'un thriller, c'est un jeu narratif. Un film qui pose cette question. Et si on pouvait recommencer ? Comme dans un jeu vidéo, où on échoue, on recommence, on apprend, on ajuste. La caméra explose les codes, animation, accéléré, ralenti, flash de l'avenir, split screens. C'est un film nerveux, audacieux, ultra moderne pour son époque. Et cette énergie visuelle est soutenue par une bonne son électro qui pulse, composée par Tom Tykwer lui-même avec Franca Potente, l'actrice principale qui pose même sa voix dessus. Il s'agit là d'un vrai film symbole de la fin des années 90. entre techno, chaos urbain et anxiété du temps. Mais ce n'est pas juste du style. Run Lola Run, c'est aussi un film sur le libre arbitre, le hasard et la responsabilité. Chaque action, même anodine, quand par exemple Lola bouscule quelqu'un ou attend 3 secondes de plus à un feu rouge, va déclencher une chaîne de conséquences. Et le film nous fait réfléchir. Est-ce que notre destin est écrit ? Est-ce qu'on peut le changer par des choix ? Et surtout, que fait-on du temps qu'on a ? Lola ne sauve pas juste Mani, elle se transforme, elle devient actrice de sa propre vie, de plus en plus déterminée, de plus en plus lucide. C'est une héroïne qui court, oui, mais qui apprend, évolue et finit par maîtriser ce monde qui semblait la broyer. La philosophie ici est bergsonienne. Le temps n'est pas une ligne, c'est une matière vivante. Chaque instant contient un réservoir de possibles. Bergson distingue le temps quantitatif, linéaire, mesuré, celui de l'horloge, et le temps qualitatif, vécu, intense. On parle de la durée. Dans Run, Lola, Run, on superpose les deux. On a 20 minutes objectivement identiques, mais subjectivement radicalement différentes. Mais quelque part c'est aussi un film Nietzschean. On échoue, on recommence, pas pour revenir au même, mais pour élever la puissance de son geste. Chaque boucle permet d'affiner, d'évoluer. Ce n'est pas un châtiment, mais un processus de puissance. Amor fati, aimer son destin jusqu'à vouloir le revivre. Quand on rône, d'un point de vue cinématographique, Run Lola Run, c'est un ovni. Petit budget, énorme créativité. Il a cartonné en festival, propulsé le cinéma allemand à l'international et influencé des films comme Sliding Doors et Everything Everywhere All at Once. C'est aussi un film culte pour les cinéphiles, les gamers, les fans de récits à boucle temporelle. Il prouve qu'en 80 minutes, On peut raconter beaucoup sans effets spéciaux, juste avec du rythme, des idées et une héroïne inoubliable aux cheveux rouges. Et la mise en scène est ultra cinétique. Le scénario est triptyque, trois boucles de 20 minutes. Les dialogues, décors, enchaînements sont presque identiques mais les variations sont systématiques. Une seconde de retard équivaut à un destin radicalement différent. Le montage, lui, est frénétique. On a de tout, de l'animation, du montage photographique, des inserts accélérés. On a des transitions éclaires entre les vies de personnages secondaires, on voit l'effet papillon visuel, et la musique électronique répétitive sert de moteur narratif. Le film fonctionne comme un simulateur de vie, comme un jeu vidéo où on apprend en rejouant. C'est la répétition d'action, pas médiative, mais instinctive et immédiate. Le film fonctionne comme un simulateur de vie, comme un jeu vidéo où on apprend en rejouant. Ici, répéter, c'est survivre. Dans cette esthétique vidéoludique, Lola agit comme un joueur qui rejoue une mission. Le cinéma épouse ici la logique du gameplay, dans laquelle la répétition est apprentissage, affinement et stratégie. La répétition devient donc motrice, pas médiative. Elle est une éthique de l'action et de l'instant. Recommencer, c'est s'approcher du bon moment, sans jamais l'atteindre totalement. Run Lola Run, c'est une course contre le temps, mais aussi une invitation à ne pas rester spectateur de sa vie. Extrait Bande Annonce. Et puis il y a Cloud Atlas, le plus ample, le plus vertigineux. Six récits, six époques, un seul thème. Chaque vie, chaque acte résonne à travers le temps. Sorti en 2012, Cloud Atlas est l'adaptation du roman de David Mitchell et c'est un film monumental. Comme j'ai dit, on a six histoires, six époques et six univers radicalement différents. Un journal de bord en 1849 sur un bateau dans le Pacifique, une correspondance dans les années 30 en Europe, un thriller dans le San Francisco des années 70, une comédie contemporaine, un récit de science-fiction dystopique à Néo-Séoul et une légende post-apocalyptique dans un lointain futur. Et pourtant tout est lié, les personnages, les choix, les gestes. Les mêmes acteurs y incarnent des rôles différents, traversant le temps, les genres et les identités. Ce qui fascine dans Cloud Atlas, c'est sa structure. Le montage passe d'une époque à l'autre sans prévenir. Un regard dans le passé, un écho dans le futur. Une note de musique en 1973 devient un chant sacré en 2346. On pourrait s'y perdre, mais non. Petit à petit, les pièces s'imbriquent. C'est comme un puzzle émotionnel. On sent que les histoires dialoguent entre elles, comme si chaque personnage reprenait le flambeau d'une autre version de lui-même. Le film nous parle de transmission, de conséquences et de renaissance. À la surface, Cloud Atlas est complexe, mais au fond, il est simple. C'est un film sur la liberté, la résistance, l'amour et surtout sur le pouvoir de chaque acte, même infime. Chaque histoire nous montre quelqu'un qui ose. Qui ose dire non à l'injustice. Qui ose quitter sa prison, trahir pour sauver, aimer malgré tout. Et ses choix, même s'ils semblent dérisoires, laissent des traces à travers les siècles. C'est une œuvre profondément humaniste. Elle nous dit que rien n'est isolé, que même dans les pires systèmes, l'esclavage, le capitalisme, la surveillance totalitaire, une étincelle de courage peut changer le récit. Il y a une phrase dans le film que j'adore, Nos vies ne nous appartiennent pas, du berceau au tombeau, nous sommes liés à d'autres, passé et présent, et par chaque crime et chaque acte de bonté, nous traçons notre avenir. Claude Atlas joue aussi avec le cinéma lui-même. Il joue avec les genres, du drame romantique au film de SF. Il joue avec les visages, les acteurs changent d'ethnie, de genre, d'âge. Un choix qui a été critiqué parfois, mais qui prend sens dans le cadre du film. Ce sont les âmes qui voyagent, pas les corps. C'est un film sur la continuité humaine, sur ce qui fait qu'on reste nous-mêmes, malgré tout ce qui change autour. Quand il sort, Cloud Atlas divise. Trop long, trop confus, trop ambitieux pour certains, mais avec le temps, il est devenu culte. Un film qui ose rêver grand dans un cinéma parfois trop frileux. Il a ses défauts, mais il a aussi un cœur immense et une sincérité qu'on ne voit pas tous les jours à Hollywood. Cloud Atlas, c'est peut-être ça au fond, un poème visuel sur ce que nous laissons derrière nous, sur les fils invisibles qui nous relient tous. Ce n'est pas la répétition d'un jour, ni d'une course, c'est la reprise d'un motif humain, domination, résistance, amour, trahison qui traversent les âges. Et la forme suit cette idée. Le montage non chronologique juxtapose les époques par associations thématiques ou émotionnelles non logiques. On passe du 19ème siècle au 24ème sans transition logique, mais avec des échos émotionnels et symboliques, comme si la vie au fond ne faisait que se rejouer avec des masques différents. L'écriture ici est polyphonique et fractale. Chaque micro-histoire est autonome, mais les connexions invisibles donnent leur sens. Le spectateur devient archéologue de répétition. C'est ce qu'on appelle la répétition presque cosmique, au sens bouddhiste ou hegélien. On rejoue non pour le plaisir mais pour mieux voir et peut-être un jour faire un choix différent. En effet, les âmes se réincarnent, les structures du pouvoir, d'amour et de résistance se rejouent sous d'autres visages. On retrouve donc l'idée de réincarnation centrale dans le bouddhisme ainsi que la notion du karma. Chaque vie est conditionnée par la précédente, mais chargée de ses dettes, de ses échecs, de ses libérations. Chaque acte a un effet à travers le temps, et la répétition ici est transpersonnelle. On retrouve également la notion de la ruse de la raison dont parle Hegel. Les individus agissent sans conscience historique, mais l'histoire, avec un grand H, avance. Dans Cloud Atlas, certains choix se répètent, trahir, protéger, se sacrifier, mais le monde... s'élève peu à peu vers la conscience. La répétition devient dialectique, l'être humain répète, mais apprend lentement. Alors on l'a vu, répéter au cinéma, ce n'est jamais refaire. C'est toujours penser autrement le temps, l'identité et la narration. Quatre films, quatre écritures, quatre intentions différentes. Dans Un jour sans fin, la répétition répare l'homme. Dans Sliding Doors, elle révèle la vie que l'on ne vivra jamais. Dans Run Lola Run, elle donne une chance d'agir mieux, plus vite et plus juste. Et dans Cloud Atlas, elle inscrit chaque geste dans une mémoire invisible. La répétition u cinéma est toujours un langage. Elle fait de nous non plus des spectateurs passifs, mais des chercheurs de sens. Dans Un jour sans fin, la répétition va permettre tout d'abord le dévoilement. Phil découvre tout et tous par l'ennui, puis par la curiosité. Puis il y aura l'épuisement du cynisme, le cycle va empêcher Phil de fuir son propre vide. Et enfin viendra la transformation, Phil va passer de l'égoïsme à la bienveillance grâce à la répétition. Le film propose une idée, c'est en refaisant la même chose que l'on peut devenir différent, pas par magie, par choix. Dans Sliding Doors, la répétition va permettre de comparer deux destins. Pas une boucle, mais deux chemins qui se déroulent en miroir. Le film permet aussi de questionner le hasard. Le libre arbitre est minime, c'est une porte qui décide. Et le film va permettre aussi d'explorer la synchronicité. Certains événements semblent inexorables, d'autres non. Ce n'est pas la répétition du temps, mais celle des possibles. Le film nous demande et si nos vies se jouaient à quelques secondes près. Dans Run Lola Run, la répétition va permettre de créer de l'action et du suspense dans le même récit, de montrer l'effet papillon, chaque détail a des conséquences, et d'imiter le gameplay. La narratrice rejoue pour trouver le bon scénario. C'est une répétition de l'énergie, du corps et du présent, mais surtout une répétition avec progression. Lola apprend, Lola évolue, et nous avec elle. Dans Cloud Atlas, la répétition va suggérer la réincarnation ou la persistance de l'âme, montrer que les choix moraux se répètent à travers l'histoire, tisser un fil invisible entre les destins, les époques et les genres. Ici, la répétition n'est pas littérale, elle est thématique et symbolique. Ce ne sont pas les événements qui reviennent, mais les dilemmes humains. Trahir ou défendre ? Aimer ou dominer ? Alors cher auditeur, chère auditrice, as-tu déjà vu ces quatre films ? Quels films proposes-tu pour inclure dans cette thématique ? On l'a bien compris, le cinéma ne répète pas pour adoter, il répète pour approfondir, pour montrer que chaque geste ussi minuscule soit-il, contient un monde. Et toi, en revoyant un film, restes-tu le même ? Merci d'avoir suivi cet épisode du podcast Cinétoch. Je m'appelle Georgia. Si tu aimes ce contenu, retrouve CINETOC sur les réseaux sociaux. Abonne-toi, partage. Et si cet épisode t'a plu, tu peux toujours le réécouter. Encore, et encore et encore...