- Speaker #0
Aujourd'hui dans le podcast Comme tout un chacun, je vous propose d'écouter Sylvain. Il nous raconte son histoire avec un début difficile au collège. Comment est-il passé du monde scolaire au monde professionnel ? Cet épisode ce sont des moments magiques. Où l'on partage un regard sur l'école des années 90, celui d'un ado sur le monde du travail, et plus tard, on voit quel saut de géant il parcourt du monde de l'industrie pour aller jusqu'au monde du conseil à l'emploi. Une réflexion aussi sur la magie des rencontres, des hasards de l'orientation, qui font bien les choses parfois.
- Speaker #1
Le premier moment important, c'est sur un temps scolaire finalement. Tout un chacun, j'ai démarré ma scolarité maternelle, primaire, collège, etc. Au collège, ça a commencé à coincer un petit peu. Bon la sixième a été compliquée à passer, donc j'ai fait une deuxième sixième. Après, bon naturellement tu vas en cinquième. La cinquième a été compliquée à passer, j'ai fait une deuxième cinquième. Bon normalement après j'ai changé d'établissement. parce qu'il y avait un contexte aussi d'environnement copain, de relations qui n'étaient pas forcément porteurs en termes de travail, d'assiduité. Donc j'ai changé de collège, dans un collège un peu plus... serré, un peu plus exigeant.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Du coup, j'ai pu passer, bon an, mal an, quatrième.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
La troisième a été plus ou moins un fiasco.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je crois qu'à l'époque, je n'avais pas forcément le goût et puis l'envie, ni le... Je n'arrivais pas à mettre en perspective de ce qu'on me présentait, ce qu'on m'apprenait ou tentait de m'inculquer par rapport à ma vie d'après. Je ne transposais rien du tout et je... je n'y voyais aucun prolongement particulier. À partir du moment où tu sais lire, tu sais compter, quand tu as 14 ans, tu te dis, je sais le principal, enfin, à quoi bon le reste, finalement ? Histoire géo, la gèbre, à quoi bon ? Il y a des calculatrices, à quoi bon pousser autant ? Et si tu veux, tout cet enseignement général a amené une forme de rejet, parce que je n'arrivais pas à situer l'utilité de tout ça. Je pense que c'est ça, en partie.
- Speaker #0
C'était les années... 70-80 ? Je suis plus jeune que ça. Pardon ? Je m'interroge.
- Speaker #1
Alors, j'ai dû sortir du collège en 85 ou quelque chose comme ça. 85 ou 86. J'ai dû faire ma troisième en 85-86. Quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Cette période-là, c'est vraiment les années 80-90. Cette période forte où là, tu as commencé à...
- Speaker #1
dire je ressens pas les choses c'était une époque où j'avais 14 15 ans là j'arrivais à la limite de ce que finalement j'étais en capacité de pas subir mais d'imprimer sur l'enseignement classique de l'enseignement général et donc du coup le résultat scolaire faisant l'échec magistral au brevet des collèges aidant, il a fallu choisir une autre orientation et là du coup ça a été le premier premier épisode pas simple Donc, parce que, voilà, moi, j'ai aucune connaissance de ce qu'était la vie professionnelle, parce que finalement, j'étais à deux pas de la vie professionnelle.
- Speaker #0
C'est comme ça que toi, tu considérais les choses de tes parents ?
- Speaker #1
Je ne voyais pas de perspective lointaine ou durable, en tout cas, de poursuivre un cursus long, parce que, n'arrivant pas ou ayant eu des messages ou des... On m'a fait comprendre que finalement j'étais peut-être limite... et donc je l'ai traduit comme ça. Oui,
- Speaker #0
toi tu l'as traduit comme ça.
- Speaker #1
A d'autres moments, ça a été plus positif.
- Speaker #0
Mais c'est venu de l'environnement prof,
- Speaker #1
familial, prof, etc. Voilà, on me laissait entendre que, ben voilà, avec des résultats si bas ou si médiocres, il ne fallait pas que j'espère poursuivre mes études bien longtemps ou en tout cas aller dans des filières exigeantes, en tout cas.
- Speaker #0
Et toi, tu en étais convaincu aussi ?
- Speaker #1
Après, moi, je l'ai pris un peu par dépit. Très clairement, comme ça ne m'intéressait pas, je n'avais pas goût à m'investir et à travailler plus que ça en classe. Après, quand tu as 15 ans, c'est encore un peu tôt pour aller travailler. Je ne sais pas si je poussais mon raisonnement intellectuel jusque-là, mais j'étais à me dire... plus ou moins schématiquement Oui, effectivement, je ne vais pas travailler tout de suite, donc je ne vais pas non plus rester à la maison à attendre ma majorité pour que ça se passe. Donc du coup, il y a eu ce travail d'orientation, plus orienté sur des filières professionnelles, donc enseignement type CAP, BEP,
- Speaker #0
avec aucune idée de la filière,
- Speaker #1
du métier. alors mes parents poussait un peu pour que j'aille un tant soit peu sur des filières où peut-être plus de débouchés ou qui correspondraient peut-être davantage aux aptitudes que percevait chez moi. Moi, je n'avais aucune idée de ce qu'étaient déjà mes centres d'intérêt, mes aptitudes, etc. Il y a eu, comment dire, exploration des métiers de menuiserie, par exemple. Aujourd'hui, tu me reposerais la même question, je me dirais, j'aurais bien fait ça.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Mais à l'époque, tu vois, je ne m'y voyais pas.
- Speaker #0
Oui, et puis tu figurais ou pas ?
- Speaker #1
Non, non. Dans la famille, il y a quelqu'un qui est menuisier, j'avais été voir son atelier, tout ce qui est machinerie, tout ça. Enfin, pour moi, j'avais du mal à... Avoir l'imbrication de tout ça dans une vie d'adulte, parce que très clairement je pense qu'à l'époque je ne comprenais pas, j'avais aucune idée de ce qu'était le monde et la vie professionnelle. Donc j'ai été un peu là où on m'a poussé.
- Speaker #0
Ce que tu veux dire c'est que tu étais dans le monde scolaire uniquement et tu ne voyais rien d'autre que celui-là. Et tout d'un coup on te fait basculer.
- Speaker #1
enfin on te demande mais tu ne le fais pas t'arrives au bout de ton chemin et au bout de ton chemin on te dit là tu ne peux plus aller tout droit il faut tourner sauf que tu n'as jamais regardé à côté ce qu'il y a tu ne sais pas ce qu'il y a tu le prends un peu par défaut donc bon moment là on entourage se dit il est plutôt manuel on va plutôt aller sur des métiers manuels parce que tu n'es pas un non-sens en soi après moi ça ne m'a pas ça ne m'a pas défrisé plus que ça. Après la menuiserie, on a fait une visite d'établissement scolaire avec un atelier où il y avait des élèves qui étaient en train... Enfin, il y avait une journée porte ouverte. C'était... Je ne sais plus où. Si c'était... Alors, ce n'était pas à Bricquigny. C'était à... Un petit peu Joliot-Curie ou quelque chose comme ça. Oui,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Ça ne m'a pas emballé, très clairement. Moi, je n'avais pas l'habitude de ça, environnement bruyant, poussièreux, sale, avec que des mecs. Je pense que j'avais... Une forme de sensibilité qui ne m'amenait pas directement ou naturellement vers des environnements comme ça, des environnements, la mécanique ça aurait été pareil, des environnements masculins, un peu brutales. Peut-être que j'étais trop douillet ou pas prêt encore pour ça. Aujourd'hui, je pense que je n'aurais aucune difficulté à m'appréhender de ça.
- Speaker #0
C'est ça qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui, en fait, ce n'est pas quelque chose que tu rejetterais.
- Speaker #1
Ah non, non, non.
- Speaker #0
Tu serais même intéressé.
- Speaker #1
Peut-être. ... potentiellement c'est des métiers qui pourraient m'intéresser, des métiers manuels comme ça, où tu as un savoir-faire à la fois technique, un savoir-faire qui mobilise un peu, pas la créativité, mais l'intelligence, le bon sens, la débrouillardise, des choses comme ça.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce qui t'amène aujourd'hui à dire ça en fait ? Que ce métier-là demande telle qualité que toi tu aimerais bien mettre en oeuvre ?
- Speaker #1
Alors c'est... C'est peut-être plus un mal constat que je fais aujourd'hui par rapport à mon activité professionnelle, qui sous certains aspects me satisfait.
- Speaker #0
Oui, d'accord.
- Speaker #1
Mais sous d'autres, je me dis, finalement, je mobilise peu ces compétences-là, où j'ai l'impression qu'on fait peu appel à ces compétences-là aujourd'hui. Et que ces métiers-là, finalement, aujourd'hui, c'est des métiers où... Voilà, par exemple, la menuiserie. on va prendre cet exemple là peut-être que j'en ai une vision tronquée mais on va te dire, ben voilà, t'as un meuble à réaliser t'as des plans à réaliser je cherche pour toi, ben voilà tu vas chercher dans le magasin le bois qu'il faut tu l'organises un peu comme tu l'entends si tu maîtrises ton métier et puis t'es un peu maître d'oeuvre de la réalisation du truc aujourd'hui, moi mon métier il est tellement haché tellement segmenté je ne vois pas toute la perspective d'une activité
- Speaker #0
dans son intégralité et son sens en fait tu veux dire par là, le sens d'une activité comme elle est marcelée ça veut dire que tu ne vois pas l'objectif au bout tu vois l'objectif peut-être si, mais c'est pas ça je veux dire
- Speaker #1
On ne fait pas... Si tu veux, pour caricaturer au quotidien, je n'ai pas l'impression d'avoir besoin de faire appel, sans prétention, à toutes mes compétences, toute mon intelligence, toutes les qualités qui pourraient être les miennes. Je ne les mobilise pas, je n'ai pas l'impression de les mobiliser au quotidien. Parce qu'on a tellement... acheter, segmenter le travail, que finalement, le travail que je fais aujourd'hui, je retrouve un peu, c'est un peu choquant, peut-être, mais une notion de production et de... pas de fordisme, mais d'organisation. travail tel que je l'ai vécu en industrie. J'ai travaillé pendant des années en industrie et finalement je retrouve ça, où on saucissonne, on donne une petite part à différentes personnes et chaque personne côte à côte avec sa petite part concourt à réaliser quelque chose. La différence c'est que dans l'industrie tu peux avoir peut-être dans les activités que j'ai eu peut-être plus la compréhension de où tu te trouves dans tout le processus et de bien percevoir l'utilité de ton ton activité dans tout le processus. là aujourd'hui moi j'ai beaucoup de mal à percevoir l'utilité de mon activité à un moment donné. Alors je le vois plus sur mon activité actuelle de contrôleur mais sur une activité de conseiller j'ai beaucoup de mal. Parce qu'on prend des petits bouts, on fait du prélèvement de tout ce que peut être le métier de conseiller.
- Speaker #0
Alors ça, excuse-moi, est-ce que c'est un rapport avec justement le fait qu'arrivé à 14 ans, on te mène vers une direction qui est celle d'un métier dont tu ne vois pas le sens ?
- Speaker #1
Je ne veux pas dire que je reviens au point de départ, mais effectivement.
- Speaker #0
Tu es passé en fait de cette bifurcation scolaire au monde du travail et à cette idée que tu étais actuellement dans un métier où on était encore une fois très cloisonné finalement. Comme dans le milieu scolaire, quand on en sort.
- Speaker #1
Mais finalement c'est ça, oui. peut-être de manquer, de ne pas réussir à voir l'environnement, enfin tout ce qu'il y a autour, et de ne pas réussir à mettre les choses peut-être suffisamment en perspective. C'est vrai que l'activité professionnelle au quotidien est très aspirante. et qui animalise quasiment. Donc, tu es très concentré sur ta tâche, très concentré sur ce qu'on t'assigne de réaliser. Et puis, tu as peu de temps de recul.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et tu vois, ce temps de recul... temps d'analyse aujourd'hui je les redécouverts un petit peu sur l'activité de contrôle justement oui alors qu'on agence dans le réseau sur une activité classique ça je n'avais plus d'accord parce que l'activité très segmentée très tronçonnée on te dit maintient le Tu es en charge de tant de personnes et tu réponds à la demande de ces personnes. Tu ne fais plus un travail de segmentation de portefeuille, d'analyse du marché local ou très peu. Tu prends les choses au fur et à mesure telles qu'elles viennent, finalement comme si. t'étais face à un tapis roulant dans une industrie quelconque et t'empiles les pièces les unes après les autres. Tu les enchaînes les unes après les autres et on en vient à ça.
- Speaker #0
D'accord. Et ça veut dire quoi pour toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ça veut dire que, moi je fais le constat, alors quand j'étais plus jeune, je n'avais pas cette capacité d'analyse, ou ce recul suffisant pour analyser les choses. Je fais le constat, c'est qu'aujourd'hui, moi j'ai besoin de trouver peut-être aujourd'hui une activité professionnelle où le processus est plus complet. Et pas simplement être sur une, tiens on te spécialise sur le traitement et la relation entreprise, sur le traitement des offres et la relation entreprise, et tu fais que ça. D'accord. tu détaches petit à petit de la partie demande et tu n'imbriques plus les choses entre elles. Tu as beaucoup de mal à les imbriquer entre elles parce que tu vois plus ou très peu les demandeurs d'emploi. Donc c'est assez compliqué de faire l'intermédiation si tu ne vois pas...
- Speaker #0
L'intermédiation étant mettre en relation les personnes avec l'offre ou la demande.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Que ce soit du côté entreprise côté demandeur d'emploi en fait c'est ça et moi ce que je trouve le plus passe
- Speaker #1
dans le métier de conseiller finalement c'est de faire rencontrer des gens et d'essayer de déceler chez les uns et les autres chez un employeur entre guillemets ses qualités ce qu'il a proposé ses points forts etc de faire ce repérage là et de mettre en face la personne qui je pense par rapport à une connaissance que je peux avoir de celle ci de mettre en face la bonne personne ou celle que je suppose être la meilleure personne pour l'attente du recruteur et vice versa de désigner pour un demandeur d'emploi. qui a des qualités données. Après, ça, c'est tout un débat aussi sur comment détecter un potentiel d'un individu, et pas seulement s'arrêter à un CV et à quelque chose de très académique, mais comment englober l'individu dans son intégralité pour essayer de le diriger au mieux vers les structures, les entités qui pourraient lui permettre à la fois de trouver une issue professionnelle, une activité professionnelle, et aussi de s'épanouir en soi.
- Speaker #0
Mais ça, c'est quand même quelque chose qui est très proche de toi et de ta situation, finalement. Oui, il y a des... Ce que tu voudrais pour les autres, tu le voudrais aussi pour toi.
- Speaker #1
Il y a des transpositions, je pense, forcément. Et puis, après, peut-être qu'il y a une forme de... Je ne vais pas dire que je me mets à la place d'eux, mais tu fais forcément un parallèle avec ton vécu ancien, ton vécu actuel, et puis tes aspirations, ta perception des choses.
- Speaker #0
Dans chaque métier, c'est intéressant parce que tu dis qu'à chaque fois, tu t'es retrouvé avec... quelque chose de très segmenté et à chaque fois pratiquement dans l'industrie ou que ce soit dans ta profession de conseiller à Pôle Emploi, on te demande d'accomplir des tâches très segmentées.
- Speaker #1
Et tu vois, je vais reprendre un petit peu le fil si ça ne t'ennuie pas sur l'orientation. Donc du coup il y avait eu visite et exploration d'un ou deux métiers comme ça. Moi à l'époque j'avais un mal de chien à me décider parce que je ne connaissais pas ces environnements professionnels. Donc la montre tournait aussi, l'échéance pour les inscriptions en lycée pro etc. Au final il s'est trouvé que... J'ai été dirigé vers une filière que je ne connaissais absolument pas à l'époque, une filière de confection industrielle textile. Parce que c'était une des rares filières où il y avait des places disponibles, il n'y avait pas forcément besoin d'un dossier. de qualité, qui en le moment où on est montré un tant soit peu d'intérêt.
- Speaker #0
Oui, parce que les autres, il fallait avoir un bon bulletin scolaire aussi.
- Speaker #1
Il fallait, il y avait une forme de sélection quand même, y compris sur des métiers comme la menuiserie, la mécanique, la mécanique que j'avais vue aussi à Joliot-Curie, clairement m'a été mise en avant par, entre guillemets, les recruteurs, l'équipe pédagogique, etc., et la direction de l'établissement, que voilà, ils avaient quand même un souci de prendre des candidats qui avaient un tant soit peu... démontrer ou fait la démonstration que vous avez des aptitudes pour intégrer de l'enseignement que ce soit sur une notion de calcul etc. Donc il fallait un minimum de niveau scolaire. Ce qui n'était pas forcément mon cas et je...
- Speaker #0
Ce qui était peut-être pas... enfin est-ce que c'était pas ton cas ou c'est parce que tu ne l'avais pas démontré au cours de ton... parce que toi-même tu savais si tu avais ces capacités.
- Speaker #1
Je pense qu'intrinsèquement, mais après ça c'est tout le débat aussi sur l'accompagnement pédagogique, tout au long du cursus scolaire. Je pense qu'intrinsèquement j'avais et j'ai les capacités intellectuelles pour avoir un niveau plus connu. Mais à un moment donné, il y a une forme de décrochage. Petit à petit, quand tu décroches, petit à petit, tu t'éloignes. Et à un moment donné, je n'étais plus en situation de... Parce que le contexte scolaire, il n'y avait pas de classe, par exemple, à l'époque spécifique. On était tous dans le même pot. Dans un collège, à l'époque, tu avais 4 sixièmes, par exemple. La sixième A, c'était l'élite. La sixième B, c'était après le deuxième panier,
- Speaker #0
etc.
- Speaker #1
Merci. Donc moi j'ai commencé schématiquement sur une 6ème B ou quelque chose comme ça, parce qu'en primaire j'avais des résultats très satisfaisants, corrects, à part un peu en orthographe, puis petit à petit j'ai décroché. Et petit à petit je suis descendu dans la hiérarchie des classes. J'ai fini sur une 5ème C ou D ou quelque chose comme ça, donc vraiment à ceux dont on ne sait pas trop ce qu'on va faire. après quand j'ai changé d'établissement on m'a transposé pareil sur des classes où là c'était un peu plus plus mélangé. Il y avait des bons et des très bons élèves dans la classe et il y avait aussi, moi j'en faisais partie, des gens qui étaient plus largués. Je pense qu'à l'époque, j'avais déjà pris tellement de retard que c'était compliqué de revenir. Je pense qu'à l'époque, mais voilà, c'est une question de moyens aussi, avec un suivi un peu plus individualisé. Et puis peut-être une pédagogie... plus pratico-pratique, plus terre-à-terre, je pense que j'aurais pu encore, il était encore temps pour que je récupère ce retard. Mais aujourd'hui, c'est... après c'était peine perdue, quoi. Tu vois, c'est des trucs tout bêtes, hein. Enfin moi je sais que c'est des trucs... des choses que je dirais à mes enfants. Antoine, il râle parce qu'il n'aime pas le français à l'école. Antoine, il a des bonnes notes en détail, il aime tout ça. Mais aujourd'hui, en tant qu'adulte, je vois au quotidien l'intérêt de bien maîtriser la langue, de savoir utiliser les mots, de bien... écrire, de respecter aussi les règles grammaticales, d'orthographe, de conjugaison. Tu as une crédibilité qui est autre dans la vie de tous les jours. Quand tu le maîtrises, quand tu ne le maîtrises pas, quelque part ça te met au bord un petit peu. Tu ne t'en aperçois pas forcément mais quelque part ça t'écarre.
- Speaker #0
Tu parles de ton environnement familial, on va faire une petite parenthèse par rapport à ton contexte familial d'aujourd'hui, tu te places en tant que Donc, parents, est-ce que je pourrais savoir ce que faisaient tes parents ? Enfin, s'ils travaillent encore d'ailleurs, mais quel était leur métier ? Enfin, et si tu as des frères et sœurs, et pareil ?
- Speaker #1
Alors, ma mère était mère au foyer, en tout début de vie d'adulte, elle a eu une petite expérience professionnelle à la poste. Alors si j'ai bien compris, à l'époque elle était... Je ne sais plus comment on appelle ça. Vous prenez les appels téléphoniques et puis elle branche les fiches pour transformer les appels. Ah oui, standardiste. Standardiste, en quelque sorte. Mais c'était vraiment à une époque... C'était une époque où tous les outils qu'on connaît aujourd'hui n'étaient pas développés. Elle avait fait des études. d'enseignement général et puis après le bac comme beaucoup d'adultes à cette époque là on atteignait le bac et puis après on allait dans la vie active après mon père lui a commencé comme manutentionnaire en quelque sorte dans la distribution de support de presse puis au fil de sa carrière a progressé il a mis un terme à sa carrière il y a quelques années de ça sur une fonction de responsable logistique Lui il avait une vision, quand lui et ma mère ont tenté de me diriger, lui avait sa vision du monde professionnel mais avec un seul employeur, il n'avait connu qu'un seul employeur et c'est son employeur qu'il a eu toute sa vie. Ma mère avait une vision très limitée, une avis professionnel. Et dans l'entourage familial, il y avait quelques oncles qui étaient menuisiers, l'autre qui était commerçant, etc. d'autres qui étaient ingénieurs, donc voilà après, si tu veux, le souci et le dilemme à l'époque, c'était de pouvoir me diriger sur quelque chose où mes moyens étaient supposés être suffisants pour pouvoir atteindre une forme de... résultat. L'idée c'était quand même pas de mettre dans une filière où ça partait à l'échec d'office.
- Speaker #0
Du coup tu es arrivé à la confection par un BEP ? Tu es rentré en BEP.
- Speaker #1
Parce qu'il n'y avait pas besoin non plus de trouver... Non, et puis voilà. Accessoirement, ça m'est arrivé à la maison de prendre la machine à coudre. De temps en temps, j'ai essayé de bricoler des trucs parce que les activités manuelles, on fait ça toujours un peu...
- Speaker #0
C'était quelque chose qui te plaisait déjà.
- Speaker #1
Aussi bien du dessin que du bricolage. D'accord. J'aimais bien essayer un petit peu tout. Donc j'y suis venu par défaut. ça m'a pas passionné mais ça m'a pas déplu non plus c'est assez paradoxal je pense que l'environnement il sait pour beaucoup tu t'en doutes je ne sais pas et tu vas me dire ressemblait beaucoup à l'environnement de Pôle Emploi. J'étais le seul gars de la classe avec que des nanas. Donc, oui, il y avait une forme de... Je pense que, quelque part, avec le recul, je me dis que c'était un mal. pour un bien parce que ça m'obligeait finalement à donner une forme de change mais je ne pouvais pas me permettre d'être nul quoi si tu veux après je pense que c'est mon orgueil c'est peut-être très mal placé parce que tu étais un garçon voilà je me disais que moi je ne pouvais pas être en queue de peloton il fallait que je tienne mon rôle On va le placer là, je crois. Avec leur cul. Je ne me suis jamais posé la question mais là... là tu me poses la question, mais peut-être que c'était ça.
- Speaker #0
Non, parce qu'en fait, tu voulais être vraiment bien placé du coup.
- Speaker #1
J'avais des résultats plus qu'honnêtes. Je travaillais bien. Et puis c'est vrai que l'avantage des filières type BEP sur des métiers comme ça, c'est que trois quarts du temps, c'est des activités pratiques, manuelles.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
T'as de l'enseignement général, mais c'est pas la grosse part. T'as de l'enseignement artistique, t'as... Tu avais des journées, par exemple, que je me rappelle le planning, tu faisais le lundi matin, par exemple, de l'enseignement général, lundi après-midi, c'était que de l'enseignement pro. Aussi bien le mardi, c'était toute la journée de l'enseignement pro.
- Speaker #0
Ça veut dire que toi, quand c'était l'enseignement général, c'était pas ton truc ?
- Speaker #1
Je tentais de m'accrocher, puis si tu veux, le niveau... Moi j'ai toujours entendu dire que plus tu avances dans la scolarité, plus le niveau monte. Et en fait, le niveau, j'ai appris des choses nouvelles dans le scénario général, mais il n'y avait pas une marche non plus sensationnelle entre un bon niveau de 3e... Dans un collège comme j'étais aux Ormeaux, il y avait quand même des bons élèves qui étaient un peu moteurs. Je suis arrivé en BEP à Louis-Guillaume, le niveau n'était pas... il n'y avait pas un fossé non plus. Non plus.
- Speaker #0
C'est intéressant.
- Speaker #1
Ouais. Et du coup, comme le delta n'était pas important, ça m'a permis de... Je ne pourrais pas être largué non plus, et puis j'avais un minimum d'acquis. Donc ça tenait la route. Et puis après, c'est à mettre en perspective aussi, avec les résultats au BEP, si tu veux, c'est des coefficients qui ne sont pas très prégnants.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
les coefficients de matière générale. Tu prends un coefficient 4 ou 5 sur l'enseignement pro, en maths, tu prends un coefficient 1 ou 1,5. Pas plus.
- Speaker #0
Ben oui. Donc du coup, l'enseignement pro étant plus peut-être... A ton goût ?
- Speaker #1
Plus à mon goût.
- Speaker #0
Ça a été une bonne période pour toi ?
- Speaker #1
Oui, parce que les résultats, du coup, te valorisent davantage. C'est bête à dire, mais quand tu es stimulé, qu'on te dit au travers d'une notation que... tu es bien comme élève finalement, tu n'es pas un mauvais comme on pouvait deviner ou supposer au collège, parce qu'au collège, quand tu ne réussis pas en maths, tu ne réussis pas en français, tu ne réussis pas en anglais, ce n'est pas grand chose pour sauver la baraque.
- Speaker #0
ça veut dire quoi alors si t'es pas bon ça veut dire que tu par rapport aux autres élèves par rapport à toi à des profs il y avait des remarques des choses dévalorisantes non non il y avait une forme de tolérance quand même par
- Speaker #1
rapport à ça mais je pense que c'est plus par rapport à l'amour propre et après c'est peut-être lié à mon caractère aussi si tu veux, moi si tu me dis que je fais du mauvais boulot... Je ne veux plus te parler parce que ça va me contrarier. Je vais peut-être avoir une première réaction comme ça. Puis après je vais analyser ce que tu m'as dit. Maintenant je suis adulte, je ne fonctionne plus comme ça mais quand j'étais ado,
- Speaker #0
c'était un peu comme ça.
- Speaker #1
Je me braquais et puis ils me disent que je suis nul. À quoi bon ? Je ne bataille pas.
- Speaker #0
De fait, quand tu es arrivé sur les métiers de la confection avec... un environnement scolaire très assez professionnel mais aussi très valorisant pour toi ?
- Speaker #1
Les résultats ont aidé à me valoriser davantage.
- Speaker #0
Et à croire en toi finalement.
- Speaker #1
Et finalement, oui, à retrouver une forme de... pas d'unité, c'est pas le terme, mais de... de considération de moi-même en me disant oui, finalement, il y a des choses que je peux faire. Et c'est marrant parce que... je ne sais plus si c'était en deuxième ou sixième... A l'époque j'ai eu une prof de dessin et ça c'est quelqu'un dont je me rappellerai toute ma vie. C'est la seule personne qui m'a dit un jour vous réussirez dans votre vie. Aujourd'hui je n'ai pas de Rolex, ce n'est pas le critère pour savoir si on a réussi. Mais quand je vois tous les gens qu'on voit en agence, je me dis finalement je m'en sors bien et elle avait raison.
- Speaker #0
Ça veut dire aussi qu'il y avait une vision plus large ? Plus large,
- Speaker #1
parce que, tu vois, ça c'est des choses que j'analyse peut-être plus facilement aujourd'hui, c'était pas quelqu'un qui était dans le moule pédagogique. lambda à dire ah bah oui il a des mauvaises notes donc il réussira pas c'est une chaîne quoi il va pas réussir un individu c'est pas simplement des capacités cognitives c'est aussi alors elle m'avait dit ça parce que ben voilà elle c'était le prof de je sais plus comment elle appelait ça
- Speaker #0
Je crois qu'on appelait ça l'EMT à l'époque, l'éducation manuelle et technique.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
On fait un parallèle avec l'EMT, mais on appelait ça EMT je crois à l'époque au collège. Et en fait, on faisait des arts graphiques, tout ce qui était activité. de cartonnage, de ptignard, etc. Et moi, c'est des trucs qui me plaisaient, je réussissais, j'avais un sens logique, si tu veux. Tu vois, des élèves qui avaient des bonnes notes en maths, en adjènes, etc., des fois, ils ne comprenaient pas. de plan. Et moi ça je comprenais pas instinctivement mais c'est des choses qui me parlaient quoi. Tu me mets devant une carte, je me perds jamais quoi. Mais tu vois ces capacités là, le milieu scolaire classique, il reconnaît pas quoi. Il les développe pas, il font pas appel à ces talents là. Et je trouve que c'est très dommage. Et la discussion que j'ai eu avec Jean-Michel, mon voisin qui fait des chaînes, il me dit la même chose. On ne sait pas, on est trop conventionnel. un c'est pas déchirant chercher à stimuler les talents, parce que chaque individu a des talents qui lui s'en prend, mais on ne sait pas aller chercher les stimuler.
- Speaker #1
Voilà, donc ça veut dire, à trop cloisonner des matières, on n'en ressort pas les pépites, les talents de chacun et très individuels finalement. On ne peut pas, on ne les valorise pas, et on ne valorise Merci. Là, en l'occurrence, on ne valorise pas parce qu'on a mis l'accent sur l'échec plutôt que la réussite. C'est ça que tu veux dire ou pas ?
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a une feuille de route et on t'attend sur l'enseignement académique classique. Et si tu ne colles pas à ça, on te met dans une filière, pas d'exclus, mais d'échec. On considère que déjà, tu es en partie en échec.
- Speaker #1
Oui, et on va...
- Speaker #0
t'adapter au cadre.
- Speaker #1
Oui voilà et en même temps ce qui est assez dans l'histoire que tu viens de raconter c'est que quand même tu es arrivé dans une filière qui t'a plu et qui t'a valorisé. Donc c'est pas forcément une mauvaise chose que tu sois passé par le...
- Speaker #0
Je pense que c'est un mal pour un bien maintenant si tu me poses la question aujourd'hui à refaire, désamant je préférerais avoir mieux travaillé au collège et puis avoir poussé davantage mes études parce que tu vois je prends l'exemple la langue, j'ai le complexe par rapport à l'écriture, par rapport à la langue, je pense que je parle correctement si tu veux mais en termes d'expression, d'utilisation de l'écrit, etc. je sais que je peux être nettement mieux. Tout ce qui est enseignement type maths, alger, etc., je pense qu'il y a des choses qui me permettraient d'avoir un raisonnement logique plus pointu, plus affiné. Et aujourd'hui, il y a des moments, ça me manque.
- Speaker #1
Parce que tu penses que tu n'as jamais rattrapé ?
- Speaker #0
Oui, il y a des choses que...
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui te fait dire que tu n'as jamais rattrapé ça, ce niveau ?
- Speaker #0
Si aujourd'hui je me posais la question... parce que j'ai été confronté un peu plus tard à la reprise des thunes j'ai bien senti qu'il y avait des manques si tu veux j'ai fait une VAE en 2006 en 2004 ou 2005 qui a débouché sur une année de 18 ans et j'étais avec des jeunes de 18-20 ans si tu veux j'ai bien vu sur l'enseignement général enfin sur tout ce qui était Merci. C'était une filière logistique, qui relevait davantage de renseignements pros, la gestion des stocks, etc. J'avais un esprit logique suffisamment... à l'air pour m'adapter et m'en tirer pas trop loin. Par contre, tout ce qui était calcul, dès qu'on était sur des trucs un peu plus académiques, calcul, comptager, etc., il me manquait des choses, il me manquait des outils pour lire.
- Speaker #1
Alors, on va revenir, tu as fini ton CAPBEP, c'est ça ? Oui. Et ensuite, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
Bac pro, je suis parti à 10 ans. Toujours dans le même cursus ? Comme j'avais des notes plus qu'on aura. J'étais tout à fait en capacité d'aller sur un bac pro et du coup le bac pro je l'ai fait à Dinan. dans la même filière donc là j'ai touché d'un peu plus près enfin ça élargit un petit peu mon panorama parce que le BEP c'est vraiment un axe beaucoup sur la technique sur l'acte métier de confection le bac pro on élargit davantage à tout ce qui est organisation industrielle les procédés etc l'optimisation des procédés etc on n'est plus simplement uniquement sur l'acte métier artisanal config mais sur comment on organise une production industrielle, comment on gère un pilotage de production par ordi, comment dire, l'utilisation d'outils mécanisés, de convoyeurs, des choses comme ça. Donc là, ça m'a fait passer dans un autre environnement finalement. Et cet environnement-là me convenait aussi parce que je n'étais pas du tout largué et puis voilà quoi, c'est...
- Speaker #1
De fait, tu as fait ton bac pro.
- Speaker #0
Oui, que j'ai réussi. Avec une forme de fierté, je le mentionne assez bien. Il y a certaines matières d'enseignement général qui m'ont plombé,
- Speaker #1
mais tu vois,
- Speaker #0
j'étais content et fier de sortir avec une mention, même si c'est que assez bien. Je trouvais ça...
- Speaker #1
C'était une réussite.
- Speaker #0
Tu m'aurais dit ça en fin de troisième, c'était inespéré pour moi.
- Speaker #1
Ben oui. Et après le bac pro, alors ?
- Speaker #0
Alors après Bac Pro, j'ai tenté de rentrer en IUT. J'avais un dossier qui était assez bon pour rentrer en IUT. j'avais l'accord pour entrer en IUT et je n'ai pas pu pour des questions financières. Donc je suis parti bosser un peu et après je suis parti faire mon armée.
- Speaker #1
Tu avais quel âge à ce moment là ?
- Speaker #0
J'avais 18 ans quasi tout rond.
- Speaker #1
D'accord et donc du coup tu as arrêté ?
- Speaker #0
J'ai arrêté mes études parce que voilà l'IUT c'était pas sur elle, il fallait aller à l'Oignon, il fallait se loger, il fallait se transporter. Autonome, la structure familiale ne permettait pas de financer des études perpètes, les bourses n'étaient pas suffisantes, c'était un peu compliqué. Donc du coup, on a travaillé pour gagner des sous.
- Speaker #1
Et service militaire avant ?
- Speaker #0
Non, alors j'ai travaillé un petit peu. Oui. J'ai mangé mon pain noir.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'ai mangé des oeufs durs. J'étais bossé en agroalimentaire.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et tu vois, en fait... Durant mon bac pro, j'ai touché un environnement plus logistique, industriel, au sens propre du terme. Et en fait, partant de ça, ça a commencé à ouvrir un peu mon panorama. Je ne me suis pas dit, tiens, je suis formé au textile, je vais bosser à tout prix dans le textile. En fait, je suis parti dans l'agroalimentaire parce que mon frangin bossait dans l'agroalimentaire. Il m'avait dit, écoute, avec l'agent d'intérim, si tu veux bosser, on va aller voir. genre t'es enfant jeune tu dois pouvoir entrer, c'était pas compliqué, c'était de mettre des œufs en boîte. Donc ça faisait pas appel à des capacités... Oui,
- Speaker #1
c'était vraiment mettre des œufs en boîte. Oui. D'accord.
- Speaker #0
Contrôler par rapport au calibre, trier ceux qui étaient fêlés, cassés, etc. D'accord. Et après, mettre les boîtes dans des cartons, mettre des cartons sur des palettes, mettre des palettes dans des camions.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Quelque chose, c'est pas du tout passionnant. Très mécanique. Très physique.
- Speaker #1
Très physique.
- Speaker #0
Très physique. D'accord. D'un environnement odorant aussi, un peu sale parfois. Amen. Mais voilà, c'était parce que j'avais pris des contacts avec l'armée, parce qu'à l'époque le service était obligatoire. j'ai absolument pas cherché à l'éviter je me suis dit, il faut le faire, je le ferai un peu dédiscipliné et du coup j'avais pris la tâche avec le service de recrutement vous intégrerez à la fin d'année en attendant il fallait bosser tu as travaillé combien ?
- Speaker #1
3, 6 mois ?
- Speaker #0
non alors j'ai dû bosser alors l'été j'ai bossé j'avais bossé dans la boîte où bossait mon père Tu vas le faire entrer, donc là pareil pour faire des trucs basiques, de la mise en paquets de journaux, de magazines, etc. Que tu mets ensuite en palettes, tes palettes, tu les mets dans ton café.
- Speaker #1
Ça ressemble, oui.
- Speaker #0
Et avec la chose assez étonnante, ça a créé une forme d'intérêt pour moi parce qu'il y avait un salaire qui n'était pas négligeable à l'époque.
- Speaker #1
D'accord. Donc là justement, tu étais prêt à... Avec mon frangin,
- Speaker #0
on bossait là-bas l'été. mon frangin avait déjà bossé l'été d'avant et quand j'ai vu mon frangin avec le salaire qu'il avait pouvoir s'acheter une voiture quasiment au bout d'une saison voiture de case ça commence à être intéressant la vie professionnelle du coup j'ai été bosser d'abord le salaire était plus qu'honnête aujourd'hui un conseiller à l'emploi il ne gagne pas autant que ce que je gagnais il y a 20 ans je comprends Merci.
- Speaker #1
Mais tu as un frère qui est plus âgé que toi.
- Speaker #0
Qui a un an plus que moi. Un an, d'accord. Donc lui, il défrichait un peu devant, pareil, au niveau scolaire. Il a été jusqu'au bac, mais je ne vais pas lui faire injure. Moi, je crois qu'il en a tenté deux fois. Il a dû faire deux fois le bac de français, deux fois le bac global. Et il l'avait redoublé aussi déjà au collège. Donc il a fini très tard au lycée. C'était le seul en terminale à avoir une bachelière.
- Speaker #1
Et vous en parliez ensemble de ça ? Non,
- Speaker #0
pas... Il n'y avait pas d'entraide ou de conseil ?
- Speaker #1
Sauf que vous vous retrouviez pour les boulots d'été.
- Speaker #0
Voilà. Et puis, si tu veux, c'est un peu le bouche à oreille. Quand tu n'es pas dégourdi, tu ne sais pas comment chercher le travail. La première position qu'on te fait, tu te dis, je vais y aller. Et puis voilà, tu gagnes un peu de sous. Après, comme ça s'arrête en fin d'été, il n'y a plus personne à remplacer, il n'y a plus de CDD, tu te dis avant d'aller à l'armée, je vais aller bosser, je vais prendre ce que je vais trouver. Et puis il m'a assez présenté l'agro, l'emballage d'oeufs pendant trois mois et demi. Donc là, j'ai bouffé mon pain noir parce que c'était exténuant au possible comme travail, encore plus que l'autre. Et payer vraiment la misère.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
le pays à la misère le SMIC de chez SMIC commençant à 5h30 de matin avec 20 minutes de pause d'une journée tu sors de là à 14h donc ça ça va qu'un temps et tu te dis je fais ça parce que il faut vraiment que j'ai des sous et puis au mois de décembre je pars à l'armée Et donc du coup après je suis parti à l'armée, ça m'a pas servi à grand chose. Non. Non. Le seul point bénéfique que j'en retire c'est de m'être ouvert un peu à d'autres types de populations.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
J'ai découvert la Réunion. Oui. Je ne savais pas qu'il y avait un territoire français qui s'appelait la Réunion. Sur une île ? Je n'avais jamais appris ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et c'est assez étonnant parce que c'est là-bas que j'ai rencontré les Réunionnais. Aujourd'hui je vis avec quelqu'un qui est d'origine Réunionnais. Oui. C'est assez... une forme de clin d'oeil du destin c'est rigolo et donc voilà j'ai découvert des mecs qui comme moi subissaient un peu le service militaire des gens qui étaient déjà dans la vie à kiff qui étaient géomètre, mécanicien qui étaient en au chèque total c'était un monde très très un brassage très hétérogène en plus j'étais pas à côté de chez moi j'étais dans le nord de la France donc le contexte social déjà à l'époque était un peu dégradé aussi Merci. j'ai découvert que des gens qui trafiquaient mais non mais c'est et tu te dis et là-bas je me suis dit faut que je fasse quelque chose parce qu'il y a des gens qui sont moins outillés que moi quand même dans la vie et ça m'a fait prendre conscience de ça aussi. Il y a des gens qui étaient plus démunis que moi pour s'en sortir. Et du coup quand je suis revenu de l'armée, j'ai pas tergiversé, je suis revenu en novembre, en décembre je bossais. C'était une époque un peu bénie où quand tu bouger un peu derrière, tu trouvais comme une c'est du travail et du coup j'ai bossé dans la confection d'accord ce qui m'intéressait absolument pas parce que je vais goûter d'autres trucs avec des salaires corrects ils m'ont proposé un poste à la chaîne payé au SMIC ça m'emballait pas mais je voulais bosser et j'ai bossé et du coup j'ai commencé là dessus Et puis comme c'était une petite entité qui était un peu en phase de démarrage, moi j'étais plutôt vraiment motivé, j'ai bossé, j'ai bossé, et puis j'ai progressé. Assez rapidement, j'ai eu une forme de responsabilité. Et puis j'avais aussi une forme de polyvalence, parce que j'étais avec des dames... qui était plutôt en deuxième partie de carrière, qui n'avait fait que ça comme métier, qui n'avait pas un niveau d'études ni reboulons, moi non plus, mais pour qui le seul horizon c'était de travailler la chaîne pour faire la journée de 8 heures pour pouvoir rentrer, faire la deuxième journée à la maison, s'occuper des barils, des gamin, etc. et qui ne se... Tu n'es pas du tout dans une logique de je me projette en termes de carrière. C'était du travail alimentaire. Ça, je l'ai compris qu'après. Alors que moi, au contraire... j'étais jeune nous dans l'ombre j'avais envie de investir et puis d'y aller enfin tu n'étais pas vieux non plus non mais j'avais une vingtaine d'années c'est ça et quand tu te dis merde on propose déjà de te chapeauter une équipe de 5-6 tu te dis ouais c'est pas... c'est intéressant donc c'est motivant tu y vas puis au bout d'un moment je me suis dit C'est bien, je bosse, je fais les heures, je bosse 12 heures par jour, des fois je bosse le samedi, je suis à peine augmenté. Au bout d'un moment tu finis par avoir une espèce de réflexe,
- Speaker #1
on se paie un peu ma tête.
- Speaker #0
Et puis ça s'est dégradé petit à petit. Et tu vois, au bout d'un an, je suis parti. Je n'ai pas demandé mon reste. Je suis parti comme ça. Je n'avais aucune solution de secours. D'accord. Et tu vois, j'ai mis un peu de temps à digérer tout ça parce que je n'ai pas rebossé tout de suite. Ah oui ? Je n'avais pas de chômage, rien. Oui.
- Speaker #1
Et au fait, tu avais besoin de réfléchir ? Oui,
- Speaker #0
et puis après j'ai pris le temps d'analyser, j'ai commencé à avoir une analyse sur... à me dire... tiens c'est pas parce que je suis formé dans l'industrie ou dans la confession textile que je dois tout prix faire ça j'ai commencé à me poser des questions qu'est ce que je fais appel à quelle qualité quand je fais ce métier là d'accord et donc j'ai j'ai notamment tout ce qui est qualité minucie etc je me suis dit finalement ça c'est peut-être transposable aussi sur d'autres métiers j'ai réfléchi j'ai regardé à droite à gauche Je regardais les offres d'emploi, il n'y avait rien en ballon. Je me suis dit, j'ai pris le beau teint, j'ai regardé ce qu'il y avait en termes d'entreprise. Et puis il y a des trucs qui m'interpellaient, j'ai envoyé une candidature. Et puis un jour, ça a fonctionné. J'ai une boîte qui m'a répondu.
- Speaker #1
Une boîte dans quel domaine ?
- Speaker #0
Dans les semi-conducteurs. La micro-électronique. Et si tu veux, la boîte, j'avais dû taper au bon endroit. Parce que j'avais mis en avant que je m'étais un peu foulé sur la haine de motivation, en disant que j'avais déjà vécu dans l'industrie, etc. J'étais sur un métier qui n'était pas un métier qui correspondait à leur spécialité, mais que j'avais su développer des aptitudes de minutie, de rigueur, par rapport au travail bien fait, etc. Et en fait, j'avais fait mon profilage, et en fait, ça correspondait à l'heure attendue, une bonne partie de l'heure attendue. et du coup j'ai enquillé qui est là dessus, sur un poste, j'ai découvert l'environnement que je ne connaissais pas du tout, du travail en salle blanche, du travail à microscope, sous flux laminaire, environnement propre, t'es habillé en combinaison, tu travailles avec des masques, enfin un truc, jamais à l'école, enfin j'avais découvert ça, enfin c'était peut-être pas à l'école de me montrer ça, ni m'expliquer ça.
- Speaker #1
Oui en fait les différents milieux de l'industrie n'étaient pas au programme en fait.
- Speaker #0
Non. et puis quand tu regardes après coup, alors je l'analyse aujourd'hui en tant que parent, c'est que souvent les parents souhaitent le meilleur pour leurs enfants. Et il y a une forme de noblesse sur les métiers intellectuels, les métiers d'avocat, médecin, les métiers de professeur, enseignant. Un parent va plus naturellement considérer que c'est un métier où on peut considérer qu'on réussit sa vie, alors que quand on marme dans la poussière ou dans la crasse, c'est moins noble. peut-être qu'on réussit moins quand on fait ces métiers-là. Je pense qu'il y a peut-être ce réflexe parental de dire non on va essayer de pousser quand même pour que derrière en termes de métier, il y ait un métier peut-être moins physique, moins dur, etc.
- Speaker #1
Est-ce que toi tu penses avoir ce réflexe ?
- Speaker #0
Je ne crois pas. Anton, ça dépendra de ses résultats scolaires, mais clairement il a des aptitudes intellectuelles au-dessus de la moyenne. donc s'il peut aller et qu'il a envie d'aller là dessus là dessus mais je si l'envie d'être plombier moi ça me choquera pas qu'ils sont plombiers je ne voudrais pas le entraver maintenant c'est à nous parents de lui faire découvrir le monde, de lui montrer plein de choses et aussi qu'il puisse se faire son opinion par rapport à ça c'est vrai que c'est une autre époque aussi dans les années 80-90 l'orientation à l'époque on t'emmène une fois au CIO ou au CDI de ton collège On était un groupe de vingt, on dit, allez regarder les livres. tu es largué qu'est-ce qu'on cherche c'est quoi l'objectif il faut le tenir brochure c'est quoi l'objectif comment découvrir le monde est-ce que tu entends par là qu'aujourd'hui ça a changé Je pense que les 3e font des stages obligatoires. Rien que ça je trouve que c'est très bien. Maintenant moi je pense qu'on ne pourra aller plus loin. Tu vois, depuis que je travaille à Pôle emploi, on a sûrement eu des conversations là-dessus. Moi, je suis convaincu qu'on ne fait pas notre travail préventif. On fait du curatif à Pôle emploi. Et ça serait bien qu'un jour, on arrive à faire du préventif. Qu'on aille rencontrer des collèges, des lycéens, qu'on aille voir ces publics-là et qu'on leur parle du monde professionnel. Alors, tu as l'exploratoire qui le fait un petit peu, qui sensibilise un petit peu. Tu as cité les métiers plus fragants, je crois, dans le 22. t'as des entités comme ça qui sont un peu surgies et qui vont dans le bon sens parce que le CIO ou le CDI sous sa forme historique avec simplement des rayonnages de brochures ou de revues de non-ICEP, c'est pas satisfaisant. Enfin à mon sens. Il faut aller plus loin.
- Speaker #1
Et pour aller plus loin, il faudrait mettre en place des choses dans le cadre scolaire ?
- Speaker #0
Mais peut-être, oui. Organiser des visites, faire des choses.
- Speaker #1
Faire sortir de l'école ou faire rentrer à l'école autre chose.
- Speaker #0
De proposer peut-être un enseignement d'orientation, mais concret. Enfin, une sensibilisation à l'orientation plus concrète. Peut-être emmener, je dis une bêtise, tu prends une classe de collège. En ce moment, c'est le road food. Je pense qu'à un moment donné, je vais aborder ça avec les contacts que j'ai au Stade Rennais. tu vois, tu emmènes une classe de collège sur un soir de match tu prends un match quelconque et tu leur dis, on va vous emmener visiter les coulisses d'un match et tu vas leur montrer des métiers des métiers d'accueil, des métiers de restauration des métiers de sécurité tout un grand métier, les métiers de guignet il y a toute une palette de métiers sur un match de fou classique tu as 300 personnes qui travaillent et toi, quand tu es novice tu vois ça, tu vois juste ton écran de télé et puis les 22 qui cavalent sur l'herbe
- Speaker #1
En même temps, c'est pour cette fille.
- Speaker #0
Mais ça tronque la perception de la vie professionnelle. Le monde professionnel, ce n'est pas jouer au foot. C'est jouer au foot pour 0, 0, 0, 0, 1% de la population.
- Speaker #1
Oui, et ça veut dire que s'il n'y avait pas toutes les personnes autour pour faire que le match ait lieu, il n'y aurait pas de...
- Speaker #0
Ça ne pourrait pas. C'est ça, en fait.
- Speaker #1
Et c'est peut-être là l'objectif que tu verrais à faire visiter par exemple.
- Speaker #0
Après ça peut être visiter la ville. On te dit, Rennes c'est quoi ? Quand tu es ado, tu te dis, je ne sais pas, c'est la mairie, c'est quoi la ville de Rennes ? Par réflexe tu vas dire ça. Mais derrière c'est tous les services techniques, c'est les intervenants sociaux, c'est tout un tas de métiers différents. Ce serait intéressant de partir d'une petite clé d'entrée et de montrer derrière tout ce qu'il y a finalement. L'hôpital ? c'est pas simplement l'accueil et les urgences t'as tout un tas de métiers y compris sur la lingerie, la restauration sur la maintenance d'accord tu vois c'est d'élargir à un moment donné le panorama c'est de dire vous êtes borné dans vos œillères on en trouve et on élargit et on regarde ce qu'il y a autour ça
- Speaker #1
veut dire une ouverture une ouverture en comparaison de ce que tu as vécu qui a été plutôt un confinement scolaire.
- Speaker #0
C'est ça. Toi, c'est plutôt là,
- Speaker #1
comme ça, que tu vois une orientation à envisager.
- Speaker #0
Alors, l'illustrer comme un confinement, un tunnel, un boyau, je ne sais pas si c'est le bon terme, mais tu vois, mon collège, c'était « T'es là, il faut que t'ailles là-bas. » Mais c'est que là-bas. Quand je regarde avec l'orcule, c'est que ça. Parce qu'on te dit « Ah ben, il y en a qui ne sont pas là, qui sont sur le côté, mais ils sont en cesse. » C'est les boulets, quoi. Toi, tu peux pas être là, donc il faut que tu ailles là-bas. Je trouve ça dommage, quelque part. Parce que, peut-être qu'il y aurait eu... Après, peut-être que l'offre scolaire à l'époque n'était pas suffisante, vous permettait pas de biaiser ou de bifurquer sur des classes de 6e à la 3e, sauf aller dans des classes un peu spécialisées, mais très stigmatisantes. Donc après, il y a peut-être là aussi où il manque des choses, quoi. Parce que moi l'impression que j'ai, c'est que quand on te sort de la ligne, la voie renvoyale scolaire, c'est que dès que t'en sors, on te dégrade finalement. Il y a un effet stigmatisant, c'est plus aussi valorisant, à partir du moment où tu restes pas sur la route. Et c'est un peu dommage.
- Speaker #1
D'accord, donc ça c'est ce que toi tu considères aujourd'hui par rapport à cet enseignement, l'éducation, comment c'est mis en place, le scolaire. Et tu imagines... que c'est déterminant quand même par rapport à ce cheminement, à ces parcours professionnels ?
- Speaker #0
Ça conditionne quand même assez nettement le parcours derrière. Alors après, je sais aussi... j'ai pu en profiter, on peut bifurquer aussi, on peut prendre des virages.
- Speaker #1
Comme toi par exemple.
- Speaker #0
Et tant mieux, alors des fois ça repose sur des hasards, sur des réflexes de bon sens, après sur des choses que tu te dis, j'ai bossé neuf ans dans le semi-conducteur, à un moment donné on m'a dit l'activité n'est plus suffisante donc il y a une partie de l'effectif qui est dehors, donc tu en fais partie, tu te dis qu'est ce que je vais faire ?
- Speaker #1
semi-conducteurs c'est l'entreprise où j'étais STMicro c'est cette entreprise là qui est suite à la candidature spontanée qui t'a embauché. STMicro Electronics c'était une grosse entreprise ?
- Speaker #0
C'est une boîte du CAC 40 c'est un gros groupe et donc ils ont une entité de ils avaient une entité complète de production à Rennes qu'ils ont dégraissé en 2004. Moi, je ne suis pas... dans le cadre de la PSE, la planche sociale. Je n'ai pas plus que ça adhéré à la cellule de reclassement parce que voilà, je pense que... Aujourd'hui, je le comprends avec mon métier de conseiller à l'emploi, il y a des moments où tu es prêt, il y a des moments où tu n'es pas prêt. À l'époque, je n'étais pas en disposition de l'esprit d'être prêt pour me dire professionnellement Il faut que je me reprojette.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
J'avais besoin... d'une transition.
- Speaker #1
Donc là c'est un moment fort dans ton orientation comme tous les autres moments auparavant ?
- Speaker #0
C'est un moment fort mais c'est encore une fois un moment où, sans prétention, mais j'ai eu l'impression de me dépatouiller quand même.
- Speaker #1
Tout seul ?
- Speaker #0
Pas tout seul mais... Ce n'est pas forcément des professionnels de l'orientation qui m'ont aiguillé. C'est plus l'entourage, c'est plus le bouche à oreille. J'avais eu un premier collègue qui était parti une première fois et qui avait enchaîné derrière un appareil comme lui. était comme moi sur un métier équivalent de technicien, parce que je suis rentré opérateur et puis j'ai progressé si tu veux, parce que le métier descend d'intérêt, donc j'ai pu progresser parce qu'on faisait là pour le coup appel, n'était pas restrictif, on faisait appel au bon. sens et des qualités qui ne sont pas forcément sur un CV. Du coup j'ai pu, par des améliorations sur les procès, sur les procédés de fabrication, être repéré en quelque sorte. J'ai pu évoluer comme technicien. Et à l'issue de ça, j'ai eu un collègue qui lui aussi était technicien, qui est parti un peu avant moi dans le cadre du plan social et qui avait fait une reprise d'études. donc le collègue Thierry était parti faire un Un DUT, alors à l'époque ça s'appelait OGP, Organisation Génie Production. Donc ça impliquait tout ce qui était logistique, aspect organisationnel, etc. Et aussi des choses que je connaissais de par ma pratique, mais que je pointais davantage du doigt, tout ce qui est aspect qualité. D'accord. Un tonsoir polygène, des choses comme ça. D'accord. Et donc... J'ai eu l'occasion d'échanger avec lui sur le contenu pédagogique. La plus-value que lui, il avait vu de reprendre des études. Enfin, il était plutôt content. Je me suis dit, tiens, ce n'est pas bête comme idée. Parce que finalement, pour être l'occasion aussi, pendant 9 ans, j'ai bossé. Je suis parti d'un peu bas. J'ai pu progresser. Est-ce que je ne peux pas finalement, je l'explique aujourd'hui comme ça, mais je ne l'expliquais pas forcément à l'époque, est-ce que je ne peux pas valoriser mon parcours ? Et du coup... j'ai fait une validation d'acquis de l'expérience. Je me suis rapproché d'IUT pour pouvoir enquiller sur une validation d'acquis de l'expérience. Donc j'ai rencontré les référents pédagogiques, le responsable de formation, on a regardé un peu mon parcours, ce que je faisais chez STmicro, etc. Ce que j'avais fait avant, aussi sur l'aspect management. Donc il y avait pas mal de choses qui collaient, mais ils m'ont fait une proposition quand même de ne pas aller sur une validation, de ne pas s'attendre à une validation. complète mais une validation partielle. Pour derrière, on qu'il y ait sur une année adaptée, de faire un an au lieu de deux ans pour un but. Donc j'ai quand même été au jury VAE, pareil c'était une découverte.
- Speaker #1
Et puis ça veut dire un travail préliminaire très important.
- Speaker #0
De compilation du vécu avec une difficulté particulière c'est que l'entreprise moi je n'y mettais plus les pieds, comme la fin de contrat était un un peu conflitueux. j'avais pas un environnement RH très aidant, je me suis un peu dépatouillé tout seul à essayer de justifier mon vécu professionnel sans forcément de l'attester officiellement. Donc après je suis passé en jury VAE, donc ils m'ont passé à la moulinette, c'est un exercice qui n'est pas forcément agréable surtout quand tu as le contexte que je découvrais, tu as des tables en rue comme ça tu as de mémoire 10 ou 12 personnes devant toi, et tu es au milieu du... un peu comme un procès, on te demande de t'expliquer.
- Speaker #1
Voilà. De t'expliquer ou de te justifier finalement ? Alors,
- Speaker #0
mon caractère, mon mauvais caractère est un peu revenu à la charge. Mon souci principal quand j'étais là-bas, c'était d'essayer d'abréger. Je suis pas allé sous France, mais c'était pas du tout confortable. Donc j'étais pas très loquace. J'ai essayé pendant ma langue de défendre mon bout de gras. Je savais déjà que le pronostic, c'était pas d'avoir une validation intégrale. Donc j'ai pas non plus bataillé énormément. Une demi-heure, c'était ficelé. et puis quelques temps après j'ai eu la réponse à la proposition pour une année spéciale. Comme tu l'avais prévu en fait.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Donc là, reprise d'études à 36 ans et... Ouais. Attends, 36 ou 34, je ne sais plus. Enfin, peu importe. À 34, plutôt, reprise d'études et puis se remettre dans un environnement universitaire. Je ne connaissais pas du tout. Parce que moi, je n'avais jamais été à la fac. Jamais en unité.
- Speaker #1
Oui, tu franchissais une étape.
- Speaker #0
Il y avait deux marches d'un coup. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Mais j'ai passé une année super. Parce que, je pense que je suis d'un naturel assez simple, si tu veux. Je pense que j'avais vécu pas mal de choses. Dans le cas du licenciement, quand au bout de 9 ans on me dit qu'on n'a plus besoin de moi, j'avais eu des propositions de reclassement, mais à Singapour, en Savoie ou ailleurs, je suis très local, je ne me voyais pas bouger, donc j'avais pris une partie de mon cas malgré de quitter. Mais je l'avais un peu en travers de la gorge. Et cette soupape de formation, de formation continue, je l'ai vachement appréciée parce que ça m'a permis de faire une transition de basculer sur autre chose, mais un peu en douceur finalement. Oui,
- Speaker #1
après un moment difficile, c'était un moment récupérateur on va dire. Oui,
- Speaker #0
parce que j'ai retrouvé un environnement où il fallait être studieux, mais il y avait aussi malgré tout tous les à côté. On était à peu près les deux tiers temps contre-adultes, en reprise d'études, donc là c'était très studieux, et puis un tiers du temps on retrouvait jeune camarade qui avait dit... 18-20 ans qui ont été dans le cursus initial, mais avec une approche beaucoup plus légère et moins soutenue du travail universitaire. Donc là, c'est une forme de... De parenthèse un peu légère, on pense. J'ai passé des moments où j'ai rencontré des gens assez surprenants, des gens d'une autre génération, mais avec une vision différente, plus en phase. On commençait déjà, on parlait à l'époque, avec le digital, avec le numérique. Moi, j'utilisais un peu Internet dans mon travail pro, les mails, etc. C'était limité à ça. Et là, je découvrais des gens qui montraient des trucs sur Internet. Je découvrais des choses. et il y avait un échange de pratiques comme ça je vais pas dire entre générations mais presque qui était plutôt agréable et puis je trouvais profitable pour les uns et les autres oui moi je parlais de mon vécu professionnel des relations sociales dans l'entreprise des fois les rapports compliqués avec les patrons et puis des compromis aussi qu'il faut trouver quand on est dans la vie tous les jours beaucoup de jeunes qui avaient des attendus une forme d'estime d'eux mêmes voilà je disais attention voilà c'est pas à Thoreau sans plus, il va falloir peut-être à un moment donné biaiser. ou dire je fais des concessions là-dessus parce qu'on ne trouve pas le boulot de ses rêves tout le temps et cet échange là il était vachement formateur pour tout le monde finalement je vais refaire une petite parenthèse juste avant de faire ma reprise d'études j'avais posé les prémices aussi de mon métier d'après mais je ne le savais pas encore par rapport au PSE ? par rapport au PSE si tu veux moi à l'époque Je suis syndiqué mais tout récemment. A l'époque, je n'étais pas du tout syndiqué. Mais pour rendre service, on m'avait dit, est-ce que tu veux être sur le ministre délégué du personnel ? Je ne sais pas ce que c'est. Pourquoi pas ? Et donc, du coup, il y avait eu des élections juste au démarrage du PSE. Parce que l'échéance arrivait là. Donc, chance ou pas de chance, je ne sais pas. Et du coup, j'avais été élu. J'avais été invité sur le ministre sans être encarté. J'avais été élu. Et puis, du coup, j'avais un mandat. Ce qui explique aussi... que je sois parti plus tard de l'entreprise que mon collègue Thierry qui avait fait sa reprise d'études parce que les salariés protégés le protocole était plus long plus différent et puis ça m'est traîné un petit peu en long coeur donc en fait j'ai eu une année de battement quasiment une année où j'étais payé, j'avais mon mandat mais je n'allais pas travailler j'étais uniquement dans mon activité en présentant de mes collègues qui étaient licenciés ou qui allaient être licenciés et puis on a commencé aussi à quelques-uns à prendre le attache ici et là pour essayer de voir aussi comment on pourrait arcaser des copains et ça c'est une activité que je découvre à coups.
- Speaker #1
Oui donc ça t'a plu ?
- Speaker #0
Et bien ça m'a plu ouais parce que ça m'a permis de me rendre compte de découvrir par exemple tiens que la ville de Rennes je ne mettais pas des noms sur la mer sur le pli etc mais qu'il y avait des gens qui étaient élus ou qu'on payait par la ville pour aider des gens à trouver du travail. je découvrais tout un environnement un monde inconnu jusqu'à présent qui ne t'intéressait pas non plus je ne veux pas dire qui ne m'intéressait pas mais comme je ne connaissais pas je ne pouvais pas avoir c'est pas un manque de curiosité c'est un manque d'opportunité c'est ça j'ai rencontré à l'époque elle n'était pas directrice de la MEF mais j'ai rencontré Véronique Faucheux qui travaillait au Pli on a eu un entretien tout à fait cordial C'est assez marrant parce que je l'ai dit il y a pas longtemps, on a déjeuné ensemble à midi. Aujourd'hui, elle est directrice de la meuf. On se connaît depuis dix ans, mais on se suit en pointillés.
- Speaker #1
D'accord. Et chacun son parcours.
- Speaker #0
Oui, et puis chacun respecte l'autre, son vécu, ses opinions. Je trouve ça plutôt intéressant comme échange. Finalement, à l'époque, sans le savoir, j'ai commencé à apprendre à tisser un réseau, à développer des liens. Mais cette notion-là, quand j'étais dans l'industrie, m'était totalement connue.
- Speaker #1
Inconnu parce qu'on ne te l'a pas appris ?
- Speaker #0
Je pense que je n'avais pas de besoin particulier parce que j'étais dans une activité confinée dans des locaux, on n'en sortait pas, il n'y avait pas de relation client, pas plus que ça. De temps en temps, on voyait un technicien de maintenance qui venait des Etats-Unis, ça me forçait à parler anglais, mais voilà, c'était le seul contact avec l'extérieur.
- Speaker #1
Et c'est intéressant parce que c'est quand tu as commencé à développer plus l'activité syndicale... et le placement de tes collègues ou ex-collègues, que là, tu as découvert encore un autre métier.
- Speaker #0
Oui, et puis j'ai découvert qu'il y avait des métiers de contact. Voilà. Et tu t'es allé bien aussi. Je ne vais pas dire que j'ai mis des mots sur les métiers de service en intégrant l'équipe service à Poterie, mais presque. Pour moi, l'avis professionnel, c'était le commerce, l'industrie. Mais je ne soupçonnais pas. Tu vois, des métiers liés au social, à l'intermédiation. Enfin, je savais ce que c'était plus ou moins une assistante sociale, mais je n'arrivais pas à mesurer que ces métiers-là, en termes de poids économique, de poids lié à l'emploi, que ça représente. tant de possibilités, j'avais aucune idée.
- Speaker #1
Donc là on est arrivé à un moment où tu as fait ton IUT.
- Speaker #0
Un petit peu d'intermédiation avant, après par rapport aux échéances de ma VAE, j'ai intégré l'IUT, j'ai préparé en un an mon dut que j'ai obtenu.
- Speaker #1
et ensuite tu as fait ?
- Speaker #0
Et ensuite, pareil, c'est là où j'ai commencé à utiliser un peu le réseau, enfin utiliser, j'ai profité de rien. Et tu appelles ce réseau ? Par le biais de ce réseau, j'ai été en contact avec quelqu'un que tu connais, Yannick. Et Yannick, c'est le frère d'un ancien collègue à moi. Et je l'ai découvert en allant à mon agence MPE de l'époque. Et puis je savais que Patrick, son frère, m'en avait plus ou moins parlé, donc j'avais plus ou moins ça en tête. Et donc, j'ai rencontré une première future collègue, Christelle, je t'ai rien de nom, que tu connais. Tu es partie dans une autre région, qui avait les dents très longues, et tu m'as fait un entretien. A postériori, que j'ai trouvé catastrophique, quand elle me faisait des propositions d'emploi.
- Speaker #1
Rien à voir avec ce que tu souhaitais, ce que tu voulais,
- Speaker #0
ce que tu aimais. Enfin bref J'ai pris ces offres d'emploi, j'ai postulé, j'ai été voir les agences intérim, je me suis ramassé, on m'a dit monsieur votre profil ne correspond pas, pourquoi vous avez donné ça ?
- Speaker #1
Un mauvais côté des choses c'est ça ?
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et puis bon, je n'étais pas utilisateur très régulier de la NPE, mais je suis repassé à un moment donné, et puis je suis tombé sur Yannick à la Cœur. Et puis juste derrière lui, il y avait un truc par rapport au concours, et puis c'est à l'époque, il n'y avait pas trop de monde encore à la Cœur. Tu pouvais discuter... Un minute à la queue, t'avais pas la queue derrière. On a discuté un peu avec Yannick, après on a été en guichet, parce qu'on est venu à parler du concours qu'il y avait. Il y avait un concours qui se profilait. Comme il savait que je connaissais son frangin, je pense que quelque part il s'est dit... parce que Patrick avait dû lui parler du contact qu'on avait pris avec le PI, avec la MEF. Il s'est dit, tiens, quelqu'un qui a un bon contact, qui va vers les gens, qui a l'écoute, enfin... Il s'est dit, peut-être que, pourquoi pas, il pourrait tenter le concours, parce qu'à l'époque, c'était... assez open. Et du coup il m'a pris en entretien, moi je l'ai un peu questionné sur son métier, il m'a expliqué ce qu'il faisait, je trouvais ça... pourquoi pas écoute, ils ont pas l'air malheureux des gens qui travaillent. Et après, pour moi c'était inespéré, je veux pas dire d'être fonctionnaire mais d'intégrer un établissement public, je croyais pas. Donc il m'a finit le truc du concours, j'ai pris ça un peu par dessus la jambe. Je l'ai quand même complété parce que je n'avais pas de perspective particulière. Et je l'ai déposé le jour de forclus. Tu vois, il y a des hasards dans les... Donc après, j'ai été invité dans la bétailière de Lorient. On était 500 dans le rôle, là, au parc Expo. Je me suis dit, qu'est-ce que je fous ?
- Speaker #1
Et puis aller jusqu'à Lorient...
- Speaker #0
Et puis j'avais jamais passé le concours...
- Speaker #1
Avec une motivation pas réelle...
- Speaker #0
Qu'est-ce qui leur retourne... Il y a des gens qui avaient des livrets prépa concours et tout à l'extérieur, moi je venais les mains dans les poches. J'avais un crayon... Ah oui,
- Speaker #1
ça c'est extraordinaire !
- Speaker #0
C'est la façon dont tu décris ça. Comme un cheveu sur la soupe, mais bon, on m'avait invité, et puis, si tu veux, il suffit qu'il y ait une perche quelque part, je la frappe, et puis je me laisse...
- Speaker #1
T'es ouvert,
- Speaker #0
quoi. Voilà. J'y suis allé. Je ne savais absolument pas ce qu'on allait me proposer comme exercice. Puis moi, les salles d'examen, généralement, c'est plutôt si je peux finir le premier pour, pour faire un peu de kéké et puis montrer que j'étais un peu dans ces dispositions d'esprit. Puis après, ils ont filé les exercices. Et là, je ne sais pas comment ça s'est fait, je me suis mis tout de suite en mode inversé, je me suis dit, on attend quoi de moi ? Du coup, j'ai essayé d'analyser ce qu'on produisait, et en fait, ils étaient dans ce scénario-là. Tu avais un exercice de rapidité, de compréhension, je ne vais pas dire logique, mais d'analyse de texte, où rapidement il fallait dire ce que tu ressentais.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Donc ça c'était une première épreuve qui devait être sur 10 ou un truc comme ça, puis l'autre épreuve était sur 20 je crois, enfin je ne sais plus trop la notation comment c'était. Et l'autre épreuve c'était plus une analyse de cas. Et l'analyse de cas, je me suis dit, là je sais ce qu'ils veulent. Là ils veulent que je fasse un diagnostic. que je fasse des propositions et que je soumette un plan d'action derrière. Et en fait, c'est des choses que je faisais en industrie. Et en fait, ça n'a pas loupé, parce que c'était ça qu'ils voulaient. Et en fait, j'ai été retenu après pour les entretiens. Donc il y avait eu un gros écrénage, quoi, de 500, on est passé à je ne sais plus combien d'entretiens. Et en entretien, moi, j'y suis allé pareil. Oui, comme ça. Comme ça. Alors, je pense que j'ai un peu filouté parce que... C'était à l'hôtel, au Brite Hôtel à côté de Poterie. Et en fait, on ne convoque qu'à 9h. Et puis ça commence réellement qu'à 9h30. On paye un café. Donc tout le monde paye un café. Il y a des gens qui fument des clopes dehors. Je suis sorti dehors. et puis il se trouvait que c'était les gens qui passaient les entretiens. Donc j'ai prêté une oreille distraite à ce qu'il disait. J'ai bien perçu que ces gens-là étaient plutôt des gens d'une approche plutôt ouverte, plutôt, je ne vais pas dire syndicale, mais je sentais bien qu'ils venaient... une forme de couleur un peu sociale dans leurs échanges. Et du coup, je me suis mis en mode un peu social, en entretien, pas trop, mais un peu. Je suis resté sur le mode pragmatique de l'exercice du concours. Voilà ma analyse de cas, qu'est-ce que vous proposez, comment vous abordez une chose. Donc j'ai précisé, voilà, temps d'analyse, proposition, plan d'action derrière. Et puis voilà, et puis toujours en mettant une petite touche sociale. Et du coup, ça a fonctionné comme ça.
- Speaker #1
D'accord. Et du coup ?
- Speaker #0
J'ai été retenu, en très bonne position, parce que l'ADR m'a appelé en me disant « On vous félicite, vous êtes retenu, vous faites partie des... » J'étais cinquième ou septième, je ne sais plus. J'étais content.
- Speaker #1
C'est quand même valorisant.
- Speaker #0
Ils m'ont dit, on vous laisse choisir où vous voulez aller. J'ai pris l'agence d'où je venais, Poterie. J'ai été recruté à Poterie. Tu m'as vu arriver après.
- Speaker #1
Eh oui. Mais tu vas nous raconter ça. Peut-être pas trop... On est arrivés à 1h09. Ce qui est intéressant, c'est justement quand même d'être vraiment... On en a parlé au début de l'entretien de cet emploi-là. Et on y revient là maintenant, et c'est là où tu es actuellement. Même si ce n'est pas exactement l'agence, mais tu as... aujourd'hui tu as eu différentes fonctions, enfin tu en as eu deux pour l'emploi ?
- Speaker #0
Enfin officiellement j'en ai eu deux si tu veux, je ne me considère pas comme une personne. à l'emploi et puis conseiller en charge du contrôle de la recherche d'emploi. Après officieusement j'ai eu l'impression d'occuper d'autres fonctions aussi. Si tu veux conseiller à l'emploi, entre guillemets conseiller référent même si j'ai jamais rien fait pour être reconnu comme tel. Mais on vient toujours me chercher, tu vois, c'est quand même fou. Porteur de projet aussi sur le stade de l'emploi donc conseillé pour le contrôle aujourd'hui ce que j'apprécie aujourd'hui, le point positif dans la boutique, c'est de pouvoir changer de métier de temps en temps, ou d'avoir une autre casquette. Et ce que je regrette par contre, c'est que l'établissement est un peu bridant, ou pas assez ouvert sur des propositions quand elles visent à dépasser un petit peu le cadre institutionnel. Je prends un exemple. Au contrôle, aujourd'hui, je suis convaincu que notre activité permet de faire tout un tas d'analyses, de constats. Aujourd'hui, personne ne veut se saisir ou ne serait-ce qu'écouter les constats qu'on peut porter. Et je trouve ça très logique. qu'on ne puisse pas y apporter une valeur ajoutée, une plus-value. Quand on fait à titre individuel dans le réseau auprès des collègues, les collègues sont preneurs. Si tu prends un demandeur d'emploi, une situation individuelle, le collègue a sa photographie, nous, par l'investigation si on peut parler comme ça, on va faire ressortir des choses qui derrière vont amener de la plus-value au conseil, en entretien. Donc ça, il y a une vraie richesse là-dedans. Et je trouve ça dommage qu'aujourd'hui on le fasse de manière un peu marginale ou un peu... un peu comme ça à la marge, alors qu'on a aussi des constats plus généraux par rapport à l'accompagnement des seniors, par rapport à l'orientation aussi, par exemple des plus jeunes ou même des seniors, sur les possibilités d'emploi, les compétences transférables, sur tout un tas de choses, et quelque part on pourrait amener un petit peu de valeur ajoutée sur le métier de conseiller. Mais là aujourd'hui, j'ai l'impression que tout ça c'est... C'est porte fermée un peu. Oui,
- Speaker #1
c'est ce que tu disais tout à l'heure, qu'il y a des talents et on n'en profite pas.
- Speaker #0
Parce qu'on est dans un attendu de production aujourd'hui. Moi, c'est la perception que j'en ai. C'est que ce qui prime, c'est pas tant la qualité. ton contrôle, mais c'est le nombre de contrôles. Ce qui prime, ce n'est pas tant la qualité de ton placement en offre d'emploi, c'est surtout le nombre d'offres et puis le nombre d'offres en accompagnement.
- Speaker #1
En fait, il y a des indicateurs et c'est ça qui compte. Du coup,
- Speaker #0
on laisse tomber ce qui peut être aussi important, voire plus. Oui, est-ce que c'est lié au pilotage par les résultats ? Enfin, une nouvelle méthode de pilotage par les résultats, je pense en partie.
- Speaker #1
Que tu as toujours connue ?
- Speaker #0
Mais pas de la même manière, pas de cette manière-là. Tu vois, aujourd'hui, ce qui prime, c'est... En réponse... une question par téléphone, par mail. Mais à la limite, tu fais une réponse bidon.
- Speaker #1
Ce qui est important,
- Speaker #0
c'est que tu aies répondu dans les détails. Je trouve ça dommage. Parce qu'aujourd'hui, bien des fois, tu gagnerais du temps à aller chercher, à consolider ta réponse, même si tu la rends qu'une semaine plus tard, et à appeler les bons interlocuteurs, aller chercher la bonne info au bon endroit, prendre le temps d'offrir un conseil riche. On y gagnerait en satisfaction des vendeurs locaux. On dégraderait effectivement le délai de réponse, mais au moins on donnerait des informations peut-être plus robustes, plus fiables, plus pointues, plus professionnelles.
- Speaker #1
C'est intéressant le vocabulaire employé par rapport à tout ça aussi. Je pense à par exemple le verbe dégrader, des choses comme ça. c'est vraiment très parallèle à ce que tu disais par rapport à... à ta scolarité, après tes différents endroits où tu t'es retrouvée. Et comment tu pourrais conclure, toi, l'entretien qu'on a eu là, par rapport à tes perspectives, par rapport à toutes les choses que tu as faites ? Enfin, qu'est-ce qui pourrait, par exemple, conclure cet entretien-té aujourd'hui, sachant que la vie est devant toi ?
- Speaker #0
C'est compliqué de... trouver une formulation courte.
- Speaker #1
Pas courte, à ton image, comme tu le sens.
- Speaker #0
Je pense que pour bien s'orienter, pour faire des bons choix, il faut déjà bien se connaître. Et je pense que j'accrime une personne, et je suis le premier responsable, c'est pas toujours facile de bien se connaître. Tu peux être dans des phases introspectives, ou etc. Enfin, il décide de... comprendre ton cheminement ou d'essayer de deviner ce que tu as envie ou ce qui te plaît. Mais si tu ne te connais pas bien, tu ne fais pas forcément des choix qui, derrière, t'amènent le meilleur épanouissement. Après, avec le temps, fatalement, tu apprends à te connaître, à voir où sont tes points faibles, tes limites, tes capacités, tes inspirations, tes valeurs aussi. Et c'est ça qui, petit à petit, m'a permis de fluctuer. je ne vois pas ça comme des virages flagrants mais plutôt comme des à un moment donné je me suis couché dans un virage et puis j'ai changé de direction c'est plus des inflexions des fléchissements je me suis dit tiens là je vais glisser vers ça j'ai pas ressenti ça ces moments là comme forcément brutal nécessairement parce qu'il y a toujours une forme de prise avec ma scolovécume m'a appris ou m'a apporté. Et puis, je capitalise un peu là-dessus pour rebondir sur un autre truc et puis découvrir aussi de nouvelles choses. Mais je garde quand même un savoir ou des choses particulières du vécu d'avant. À chaque fois,
- Speaker #1
tu capitalises.
- Speaker #0
Je pense qu'on est 50 000 conseillers ou 40 000 conseillers à Pôle emploi. Je pense que chacun conseille par rapport à son vécu aussi, à une approche par rapport à ça. C'est ça aussi qui fait la beauté du métier. c'est que c'est là où on pourrait gagner à apporter de la valeur ajoutée davantage en termes de conseil c'est d'aller vraiment personnaliser aussi l'apport de chaque chaque collègue parce qu'on peut tous amener des choses fortes mais différentes
- Speaker #1
Mais ça veut dire par là que, tel que moi je le perçois, c'est que finalement ce métier-là te convient aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ce métier-là me convient mais j'ai une petite frustration sur le fait de ne pas pouvoir... de ne pas engager pleinement tout ce que je pourrais donner. Après, peut-être que mon prochain virage professionnel, ça va être peut-être de faire une parenthèse ou de me dire, tiens, je travaille dans ce pourcent, je vais peut-être travailler à 80%. mais ce que j'arrive pas ou ce que j'utilise pas ce sur quoi je m'appuie pas aujourd'hui je vais le développer sur une autre activité à côté là aujourd'hui je suis dans une réflexion comme ça tu vois, regardez hier je déjeunais avec un bon copain qui bossait avec moi à ST qui est en période de transition aussi aujourd'hui lui il se lance dans une activité indépendante il a pas l'âme d'un entrepreneur Il a envie aussi même d'essayer ça. Quand on est venu la dernière fois, tu m'as parlé de tes fils, qui font de la sono, qui ont une activité... Comment dire ?
- Speaker #1
Annexe, en plus. Annexe,
- Speaker #0
indépendante, d'entrepreneur. Oui. Moi, ça m'a interpellé, ça, de me dire que... Je vais pas dire des ados mais des jeunes adultes comme ça qui se lancent.
- Speaker #1
Ils ont 22 ans.
- Speaker #0
Je me dis, s'ils y arrivent, pourquoi moi je pourrais pas le faire quoi ? Mais finalement c'est ça quoi. Et tu vois les coms, jamais on m'a dit euh... Peut-être que pour y être chef d'entreprise, ou enfin je dis bâtisse, ou artisan, ou faire un métier indépendant. Ces notions-là, c'est des notions que j'ai découvertes quasiment à Pôle emploi.
- Speaker #1
Donc c'est très intéressant.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
des perspectives.
- Speaker #0
Alors mon métier est très important, je suis sur une parenthèse sur le contrôle mais sur le métier de conseiller, enfin moi j'apprécie énormément parce que en termes d'ouverture d'esprit c'est très riche.
- Speaker #1
Très bien, écoute merci beaucoup.
- Speaker #0
Je t'en prie.
- Speaker #1
Je remercie Sylvain pour son témoignage. J'espère que vous avez aimé l'écouter et que vous aurez envie de partager ce podcast autour de vous. Je vous donne rendez-vous la prochaine fois avec Lauriane, en 2016, une étudiante de 21 ans, un entretien qui m'a permis de mesurer la difficulté de répondre à la question « Quels sont les moments forts de ton orientation ? »