- Speaker #0
Salut la team ! On y est ! Premier épisode de votre nouveau podcast préféré. Aujourd'hui, je vais avoir la chance de recevoir mes invités avec lesquels on va débattre et on va débattre fort. Sur Comme un expat, let's talk, pas de faux-semblants. On parle et on parle de sujets qui vous intéressent. Des sujets qui vous parlent, c'est fait par nous et c'est fait pour vous. En attendant, n'oubliez pas de vous abonner, cliquez sur j'aime et mettez des commentaires.
- Speaker #1
C'est parti, let's go !
- Speaker #2
Ophélie, Sheik, comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va très bien et toi ?
- Speaker #2
Ça va et toi ? Ça va, merci beaucoup. d'avoir accepté de passer sur mon épisode.
- Speaker #0
Ça me fait super plaisir de vous recevoir. En plus, c'est le premier épisode, donc on lance aventure ensemble. Donc un grand merci une fois de plus.
- Speaker #2
Merci à toi. T'as invité deux Ivoiriens, tu vois.
- Speaker #0
Exactement, la Côte d'Ivoire en force.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement ? Honneur aux femmes, exactement. C'était un piège pour savoir si j'étais éduqué.
- Speaker #2
Bien joué. Merci.
- Speaker #1
Moi, c'est Ophélie. Je suis à Toronto depuis 7 ans. Je suis venue une première fois en 2016 pour un stage, et ensuite je suis revenue en 2019 pour construire ma vie, et puis entre temps je suis devenue canadienne.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
Et là je suis un peu sur le départ maintenant.
- Speaker #0
Quand tu dis que t'es devenue canadienne, c'est-à-dire que t'as le passeport ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Là t'es franco-canadienne.
- Speaker #1
Je suis franco-canadienne. T'as fini le jeu. Et hier.
- Speaker #2
Exactement. Félicitations.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #2
Et toi Shaik ? Moi c'est Shaik, 35 ans, bientôt 36. L'âge. Ouais, je commence à prendre de l'âge. Ça fait 4 ans que je suis à Toronto.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Donc ça commence déjà à faire. Toi aussi bientôt 4 ans, c'est ça ?
- Speaker #0
Exactement, on est arrivé à la même année.
- Speaker #2
Ouais, même année. 2022. 2022, sacrée année, ouais. Juste après Covid.
- Speaker #0
Exactement, année incroyable.
- Speaker #2
C'est ça. Et du coup, ouais, ça fait 4 ans. Voilà, je pense rester un petit moment encore, mais je ne sais pas encore combien de temps. Un retour en France, je ne pense pas, mais voilà, ça fait 4 ans et tout se passe bien. Tu as quelle statut ici au Canada ? Là, je suis affilié à... à mon entreprise. J'attends juste la RP cette année, qui devrait arriver dans quelques temps. Et puis voilà. Je suis sur cours. Vous êtes de où, de France ?
- Speaker #1
Moi, je viens de Grenoble. Je suis née dans le nord de la France. J'ai vécu un peu partout, mais mes parents habitent à Grenoble et j'ai étudié à Grenoble.
- Speaker #0
T'es la première personne que je rencontre dans ma vie qui me dit qu'elle vient de Grenoble. Je sais pas comment on vous appelle, mais en tout cas t'es la première.
- Speaker #1
Grenoblois.
- Speaker #0
Eh ben, enchanté !
- Speaker #1
Pour être honnête, je suis pas de Grenoble, je viens d'un petit village proche de Grenoble. Non, pas la peine !
- Speaker #2
Et toi Shane ? Moi je viens de Paris. Je viens de Paris, je suis né à Paris, donc pur parisien.
- Speaker #0
Paris-Paris ou banlieue parisienne ? Parce que les gens, ils aiment bien mentir.
- Speaker #2
Non, je suis né dans le 17e.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Vécu dans le 19. Et ensuite, après, j'ai vécu dans le 95, dans un petit village aussi. Vraiment un petit village, mais on va le dire quand même pour donner un petit peu de la force plus en France.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Donc, du coup, Paris. Paris. Incroyable. Oui, on est presque voisins, nous.
- Speaker #0
Exactement. Mais c'est marrant parce que je n'avais pas fait exprès, mais je me rends compte qu'on a des statuts qui sont super différents. Au fait, toi tu as le passeport, toi tu as la mobilité francophone, donc pour ceux qui savent pas c'est...
- Speaker #2
J'ai même en fait, c'est même un visa, c'est même pas mobilité francophone au final, c'est même un truc qui est un petit peu plus costaud, mais c'est le même statut. Mais ça dure beaucoup plus longtemps. Donc ouais, j'ai un statut assez particulier quand même avec l'entreprise.
- Speaker #0
Et moi du coup j'ai la RP, donc je pense qu'à nous trois là on représente à peu près 90% des statuts disponibles pour venir au Canada. Et vous savez, sur Coma Expat, on est cash, on met les pieds dans le plat. Donc aujourd'hui, on va parler, on va débattre, on va débattre fort. Et j'ai envie de vous poser une question. Une première question, c'est est-ce que pour vous, le Canada, en 2026, c'est toujours un Eldorado ?
- Speaker #1
Je pense que oui. Mais aujourd'hui, il faut avoir un projet construit derrière. On ne peut plus venir comme ça à l'improviste. Qu'est-ce qui se passe au Canada ? On verra. Non, je pense qu'il faut quand même avoir une certaine... Des marges derrière, c'est-à-dire les finances, et puis savoir à peu près quels sont les visas, comment tu peux rester au Canada, où est-ce que tu veux aller. Donc je pense que c'est un projet réfléchi quand même.
- Speaker #0
Quand tu dis projet, tu parles genre de faut savoir ce que tu viens faire ici pour le travail, pour l'argent, ceci, ou c'est dans sa globalité quand tu parles de projet ?
- Speaker #1
Dans sa globalité. C'est-à-dire que moi, par exemple, dans mon cas, je trouve que la façon dont je suis arrivée, je la recommanderais. pas forcément aujourd'hui aux autres. T'es arrivé comment ?
- Speaker #0
T'as sauté d'un parachute ? T'as sauté d'un avion avec un parachute ?
- Speaker #1
Excusez-moi ! Non mais c'est-à-dire que la première fois que je suis venue, c'était en stage, mais ensuite, c'est-à-dire que j'ai essayé d'avoir le PVT, je ne l'ai pas eu. Donc je suis venue sans visa. Je suis venue sans visa, sans travail, sans papier.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et bon, après, par la force des choses, j'ai trouvé une entreprise qui m'a sponsorisée, etc. Mais derrière... Comme j'étais déjà venue une première fois, je... Je savais à peu près ce qu'il fallait pour pouvoir rester au Canada, c'est-à-dire la résidence permanente. Et puis voilà, aujourd'hui, je pense qu'il faut savoir à peu près combien t'as besoin pour venir, parce que le coût du loyer aujourd'hui, c'est cher. Et en plus de ça, on peut te demander des trois mois, voire plus en avance. Tu sais pas forcément si tu vas trouver un travail tout de suite. À l'époque, moi, j'ai trouvé un travail en trois semaines, alors que j'avais pas de visa. Aujourd'hui, ce n'est pas la réalité. Aujourd'hui, tu es en compétition avec tellement de personnes. Parce que tout le monde veut venir au Canada, en fait.
- Speaker #2
Oui, c'est vraiment ça. Encore, nous, on est arrivé en 2022. Le fait d'avoir connu Toronto avant et après être venu après le Covid, tu vois la grosse différence. Parce que moi, je suis venu en 2019 pour 5-6 mois. Dans une école, pour parfaire mon anglais. Et en fait, c'est là que je me suis dit qu'après, surtout qu'il y a eu le Covid, on est arrivé quand tous les bars, les restaurants, toutes les places avaient réouvert. Mais c'est là qu'on a vu la différence, que tout est cher. Avant Covid, un one-bedroom, c'était combien un one-bedroom ?
- Speaker #1
J'avoue que je n'ai pas cherché à vivre tout de suite dans un one bedroom, mais je pense que c'était 1700.
- Speaker #2
1700 ? Maintenant, un one bedroom, c'est quoi ? C'est 500, 600 dollars de plus ?
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Ça veut dire que pareil, toi,
- Speaker #0
tu penses aussi que ça reste un Eldorado, quoi qu'il arrive ? Après, le truc, c'est que cette question, moi, je la pose souvent, mais elle est traître. Parce que c'est quoi un Eldorado, en vérité ?
- Speaker #2
C'est quoi un Eldorado ?
- Speaker #0
Comment tu définis un Eldorado ? Parce qu'on vient chacun pour nos propres raisons. Donc, chacun ne vient pas forcément pour les mêmes choses. Donc, comment tu définis un Eldorado ?
- Speaker #2
Tout dépend de, je pense, ton statut professionnel aussi. Parce que... on va dire, par exemple, tout ce qui est recherché dans le pays. Parce que ce qui sera la priorité en termes de métier, par exemple, au Canada, ça ne sera pas la même chose en Nouvelle-Zélande, par exemple, ou au Japon. Par exemple, si tu es ingénieur, peut-être que ça va t'aider dans certains pays, mais dans d'autres, ça sera complètement utopique.
- Speaker #0
Mais ça veut dire que pour toi, Eldorado, c'est forcément que lié au travail ?
- Speaker #2
Je pense que les gens, en général, ils bougent. Pourquoi ? Pour avoir une meilleure qualité de vie, plus d'argent. Je pense pas que ça soit pour les beaux yeux du maire. Après, moi j'ai parlé de mon cas personnel. Je vais me faire des ennemis, mon passeport français va sauter, mais vas-y c'est pas grave. Premier épisode, tu vois. Je te jure, premier épisode, plus de passeport.
- Speaker #0
Moi, tu vois, j'ai quitté la France pour... Et ça j'ai dit à très peu de personnes, tu vois. Mais la raison pour laquelle j'ai quitté à la base la France pour venir ici au Canada, c'est parce qu'en France, j'avais le sentiment que je serais jamais plus qu'un noir de banlieue, tu vois. Quoi qu'il arrive, j'étais toujours renvoyé à cette image-là. Et c'est pour ça qu'en vérité, moi, j'ai quitté la France. C'est pas une histoire de travail, etc. Alors oui, je suis parti pour une meilleure vie, mais c'est d'abord la raison principale pour laquelle je suis parti, tu vois. Parce que j'avais l'impression qu'en France, je serais toujours un noir de banlieue. Ici, à Toronto, je suis moi-même, tu vois. Je suis pas jugé par rapport à ce que je suis. Et c'est marrant parce que j'en parlais la semaine dernière. Il y a un truc qu'on a banalisé en France. C'est par exemple, tu vois, les CV. Tu mets ta photo et ton adresse pour aller où ?
- Speaker #1
Alors qu'ici,
- Speaker #0
tu ne mets ni photo, ni adresse. Parce qu'en fait, quand tu mets ton adresse, directement, on te renvoie. En fait, ça te renvoie à... Vas-y, c'est un mec du 93. Et là, récemment, il y a le pressing sur le maire de Saint-Denis. Franchement, ça me fait trop de la peine. Parce que le gars, je me dis, il a charbonné, il s'est élevé à un statut de maire qui est quand même un statut respectable. Saint-Denis, en plus, c'est une grosse ville. Et tout ce qu'on lui renvoie, c'est « Eh gros, t'es noir » . Et moi, c'est pour ça que j'ai quitté la France.
- Speaker #2
Moi, c'est des raisons aussi.
- Speaker #0
Donc c'est pour ça que moi, pour moi c'est mon Eldorado, mais c'est mon Eldorado parce qu'ici, je vis en tant que moi-même et je suis pas jugé par rapport à ma couleur, etc.
- Speaker #1
Moi je suis d'accord avec ça, même combat. En tant que personne aussi de couleur, la première fois que je suis venue, en fait le sentiment de bienvenue, je sais qu'on l'a tous eu, peu importe la couleur, mais vraiment, en tant que métisse, il m'a vraiment fait du bien. C'est-à-dire que la bienveillance des gens, la gentillesse... Pas de jugement. Comme tu disais, par rapport au CV, il n'y a pas besoin de photos. On ne te demande pas. En plus, on n'est même pas très pointilleux sur les diplômes. C'est ta valeur en tant qu'humain qu'on cherche à voir. Et ça, vraiment, c'est magnifique.
- Speaker #0
Mais tu vois, les photos et les adresses, pour moi, c'est grave discriminatoire. C'est parce que le mec, à la défense, ton mec qui reçoit le CV, il voit 93 onnés sous bois. Et vas-y, côté, au revoir. C'est très malheureux, mais c'est la vérité.
- Speaker #2
Ici,
- Speaker #0
tu n'as ni CV, ni adresse, ni photo. Donc, on te prend juste basé sur tes compétences.
- Speaker #2
J'ai déjà vu, j'ai déjà parlé à une RH en France. Je lui ai demandé pourquoi on met la photo. Elle m'a donné un exemple de fou en vrai. Elle m'a dit, mais quand tu achètes un canapé, tu veux voir la photo aussi. Je lui dis mais c'est pas la même chose, tu vas pas m'utiliser en tant que... Tu vois, c'est en fait que je sois blanc, on va dire, ou je sois noir, ou latino, tu vois, whatever. Mais en fait, pour moi, c'est juste ta valeur. Aujourd'hui,
- Speaker #1
tu peux aller sur LinkedIn pour faire ça en fait.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Je pense que c'est ce qu'ils font ici.
- Speaker #2
Ouais, bien sûr. Surtout en Amérique du Nord, ils sont vachement LinkedIn.
- Speaker #1
Voilà, et puis surtout dans l'ère où on vit, tu peux voir à quoi je ressemble.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #1
Tu ne vas pas sauter les pieds dans le plat sans savoir qui t'embauche. Tu as des entretiens. Alors oui, bien sûr que tu as envie de savoir ce que tu achètes. Mais ici, quand même, on regarde plus les compétences de la personne, ce qu'elle va apporter à l'entreprise.
- Speaker #2
Sa détermination, surtout. C'est quand il voit que le mec, il a la dalle. Je pense que ça fait du sens, parce que je pense qu'en France, il y a beaucoup aussi le bouche à oreille. Oui, bien sûr. Beaucoup aussi, aussi. Complètement. Mais en France, si tu es peut-être le fils de quelqu'un, tu connais l'oncle, ton oncle qui va le placer ou un truc comme ça, c'est beaucoup bouche à oreille, beaucoup d'opportunités. Ici, c'est l'opportunité, on va dire, si en fait tu es déterminé, si en vrai tu as la dalle, je trouve.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord. Et pour rebondir sur ça, donc Eldorado. Je pense que ça dépend de ce que tu veux construire derrière.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
En fait.
- Speaker #0
Mais tu vois, pour donner un peu de... Déjà, merci pour vos réponses. Pour vous donner un peu de contexte par rapport à cette question, je vais vous donner des chiffres, parce que le Boog, il a fait son travail. On n'est pas sur BFM. Super. C'est des vrais chiffres. Je suis parti chercher les chiffres, ce ne sont pas des faux chiffres à voter sur le reste. Ce n'est pas BFM, ce sont des vrais chiffres.
- Speaker #1
Ok, ok.
- Speaker #0
Moi, je tire à balles réelles, mais mon passeport va sauter, je ne vais rien comprendre.
- Speaker #2
Ah ouais, d'où ?
- Speaker #0
Au 31 décembre 2025... Il y avait à peu près 3 millions de Français qui vivaient à l'étranger. Dans ces 3 millions, il y a 20% qui vivent en Amérique du Nord. Le Canada, il fait partie du top 5 des pays où les Français aiment le plus aller. Dans le top 5, il y a le Canada, il y a la Suisse, il y a Londres, etc. Mais il y a le Canada. Et en 2025, l'année dernière, il y a eu 20 000 personnes, plus de 20 000 personnes qui ont demandé un PVT et qui ne l'ont pas eu. Tu as vu ? 20 000 personnes, c'est énorme. Donc moi, j'ai envie de te poser comme deuxième question, c'est par rapport à ces chiffres-là, moi, ce que je vois, c'est que le Canada, ça fait toujours rêver. Les gens, ils veulent venir ici. Qu'est-ce qu'il faut autant rêver ? Pourquoi le Canada fait autant rêver les Français ?
- Speaker #1
Honnêtement, ce que je disais tout à l'heure, ce sentiment de bienvenue, t'es bienvenue ici, peu importe d'où tu viens, il y a des personnes des quatre coins du monde ici. La sécurité, moi en tant que fille, c'est incroyable. Je peux marcher à n'importe quelle heure dans les rues de Toronto.
- Speaker #0
Tu te sens plus safe ici que quand t'étais en région parisienne ou à Grenoble ?
- Speaker #1
Grenoble, ouais complètement.
- Speaker #0
Même à Grenoble qui est quand même...
- Speaker #1
Alors, qui est quand même quoi ? Non mais,
- Speaker #2
c'est pas une ville que j'entends beaucoup dans les rues, je comprends. Moi j'ai eu des rumeurs sur Grenoble.
- Speaker #1
Non mais je vais pas jeter des cailloux sur Grenoble, mais je pense que c'est un peu comme beaucoup de villes en France où si tu te fais accoster dans la rue et que tu réponds pas... C'est pas super ce qui t'attend. Ici, on te laisse vivre tranquillement ta vie. Je ne sais pas comment expliquer à quel point la sécurité, elle est là. En tant que fille, ça c'est vraiment super. Et puis, moi je dirais aussi la qualité de vie. Ici, je trouve qu'on a vraiment la chance de vivre dans des immeubles où tu peux avoir piscine, salle de sport, tu peux passer ta vie dans ton immeuble sans sortir de chez toi. C'est génial. Et puis, cette façon de pouvoir rencontrer des gens facilement. En tout cas, pour moi, de mon expérience, c'est le plus beau cadeau. J'ai rencontré des personnes incroyables, vous en faites partie. Sur sept ans, j'ai rencontré tellement de personnes qui viennent de partout aussi. Et ça, c'est incroyable. Il y a des gens, en fait, qui font partie de ma famille aujourd'hui.
- Speaker #0
Mais tu l'as dit tout à l'heure, en tant que femme, la sécurité, c'est super important. Quand t'es partie, quand t'as quitté la France pour venir ici, ou même quand tu cherchais un pays pour t'expatrier, est-ce que le critère sécurité était hyper important ? Est-ce que t'as vraiment dit, il me faut une ville où je me sens safe ? Et est-ce que tu savais que t'allais être safe ici ?
- Speaker #1
En fait, la façon dont je suis venue ici, moi, c'était, je suis venue en stage. Voilà, donc avec mon frère jumeau et d'autres élèves de ma promo, je voulais vraiment aller au Canada. C'est-à-dire que j'ai limite choisi mes études parce que je savais qu'il y avait un stage au Canada.
- Speaker #0
Pourquoi justement tu voulais vraiment venir au Canada ? C'est ça la question. Sincèrement,
- Speaker #1
à l'époque, j'étais jeune, donc les raisons sont différentes de quand je suis vraiment venue en 2019. À ce moment-là, je dirais qu'à cette étape de ma vie, c'était un peu cet aspect carte postale de Toronto que je connaissais. C'est à travers Drake en fait, c'est tout !
- Speaker #0
Tu sais quoi ? C'est une très belle référence ! Drake, si tu vois l'épisode là...
- Speaker #1
On t'aime ! Mais ensuite, en 2019, mes raisons étaient tout à fait différentes parce que j'étais venue, j'avais vu, j'avais vécu justement toutes ces raisons-là ce sentiment de bienveillance, gentillesse des gens, sécurité, être moi-même sans être jugée, ce sentiment-là, il est incroyable. Donc voilà, moi je venais pour ça, je savais que je venais pour ça. Et quand je suis venue en 2019, ça s'est complètement confirmé, parce qu'on m'a donné ma chance très rapidement pour travailler. Et puis ensuite, tout s'est enchaîné plutôt bien, par rapport à, j'ai eu un jeune pro, donc c'est un permis fermé qui fait partie de la catégorie PVT, bref. Et ensuite, je suis devenue résidente permanente, et j'ai eu le temps de réfléchir. Sur ma vie ici, est-ce que je veux vraiment rester ? Est-ce que je veux devenir canadienne ? Oui, allez c'est parti.
- Speaker #0
C'est quoi qui a fait... à quel moment, et c'est quoi qui t'a fait basculer en mode, vas-y je veux rester ici maintenant ? Est-ce qu'il y a un moment particulier, un moment où tu t'es dit, vas-y en fait, tu t'es levée et tu t'es dit, ouais, en fait je veux rester ici, je veux être canadienne ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a un jour spécifique, mais en tout cas c'est vrai qu'il y a un moment où dans ma vie, j'ai regardé en arrière et je me suis dit, en fait ma vie elle est devenue... Le rêve est devenu réalité. Je ne sais pas à quel moment, mais tout est incroyable, tout est parfait. Il y a quand même le fait que la famille soit loin et ça, c'est toujours difficile. Mais sur tous les points, j'étais heureuse. J'ai trouvé l'homme de ma vie, le travail, je suis bien. Les amis... On dédicace Tierno, d'ailleurs. Tierno,
- Speaker #2
le frérot.
- Speaker #1
On dédicace à Tierno. Les amis, je te dis, je me suis fait des amis pour la vie, que je considère comme des membres de ma famille.
- Speaker #0
C'est fort.
- Speaker #1
C'est très fort. Donc oui, il y a eu un moment où je me suis dit, je vais rester.
- Speaker #0
Et toi, Cheikh, avant d'arriver, c'était quoi tes attentes ? Est-ce que quand tu savais que tu allais venir ici, tu t'étais projeté et tu avais commencé à imaginer, entre guillemets, ce serait quoi ta vie ici ? Ou est-ce que pas du tout, tu es venu, tu t'es dit, vas-y, on va voir au fur et à mesure. C'est quoi les attentes que tu avais avant d'arriver ?
- Speaker #2
Moi, en vrai, le fait, déjà, j'ai toujours voulu quitter la France. Voilà, quoi qu'il arrive, c'est même pas quelque chose contre le pays, c'est juste que moi j'avais un esprit à ce moment-là, à partir de mes 25 ans, un esprit aventurier. Donc moi j'ai toujours voulu bouger, j'aimais bien voyager, etc.
- Speaker #0
De plus en plus, il y a des gens qui veulent bouger maintenant. Prends ça Macron là, c'est sa Macronne.
- Speaker #2
La Macronie, elle est coriace.
- Speaker #0
T'as beaucoup de gens qui veulent bouger.
- Speaker #2
Mais moi c'est juste parce que j'avais l'esprit, on va dire, génération MTV. Donc en vrai, on est tous la génération MTV, on a vu les clips, on pensait que les States c'était... Maintenant quand tu vas aux Etats-Unis, tu vois que c'est différent.
- Speaker #0
Ça ne m'intéresse plus du tout maintenant les Etats-Unis. Avant j'étais à fond dedans et maintenant que je comprends, que j'ai grandi, je me dis en fait...
- Speaker #2
Non, c'est toujours ça. Après moi, j'avais une image de Toronto parce que moi c'est très marrant, parce que moi je suis venu en vacances en plein hiver, ici. Voilà, pour plein de mois, c'était quoi, fin février, début mars.
- Speaker #1
Ah comme moi.
- Speaker #2
Je suis venu à Toronto. En 2016 ?
- Speaker #1
On aurait pu se croiser ?
- Speaker #2
C'est incroyable ! J'ai vu une polonaise là-bas.
- Speaker #1
C'est incroyable !
- Speaker #2
Et en gros, je suis venu pour des vacances, aller voir un pote qui rédigne. Et c'est vrai que j'avais kiffé. La vibe, on était en plein hiver, ça caillait, moins 15 etc. Mais la vibe, l'énergie de la ville, elle était exceptionnelle. Je sais pas comment t'expliquer, c'est que même les gens, en plein hiver, ils étaient pas éteints. Mais c'est-à-dire que quand toi t'es arrivé, est-ce que tu t'es projeté ? Est-ce que tu t'es dit vas-y ? Non, la seule chose, je me suis dit, il faut que je revienne en été. Parce que si déjà en hiver, il y a une certaine chaleur, etc., je me dis qu'en été, qu'est-ce que ça doit être ? Et je savais qu'il faisait chaud en été au Canada. Parce que dans l'esprit des gens, le Canada, il fait... fait froid toute l'année. C'est pas l'Arctique, tu vois. Et je suis revenu en été, été 2019. Les Raptors, ils ont gagné l'NBA. C'était un été incroyable. Le meilleur été de ma vie. Vraiment, ce qui s'est passé cet été-là, je me suis dit, c'est ma ville. Et en vrai, moi, je m'étais quand même préparé à mon retour en 2022, après le Covid. quand même pas mal tabassé la ville.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #2
Ouais, ça a tabassé la ville. C'est dommage parce que c'est... En termes, genre, d'infrastructure, etc., oui, ça manque d'histoire, tout ce que tu veux. Mais c'est une ville cool. T'as tout. T'as une île. Tu peux tout faire dans la ville.
- Speaker #0
C'est marrant parce que souvent, les gens, ils pensent... Après, j'en parlerai dans d'autres épisodes, mais il y a Montréal aussi qui est l'autre ville phare du Canada. Beaucoup de gens décident de venir à Toronto. à la place de Montréal, et j'ai l'impression que les gens viennent aussi avec beaucoup d'attentes. Tu vois, par exemple, moi quand je suis arrivé, dans l'avion je me suis fait un film. Vas-y, en trois mois je vais trouver un travail incroyable, je vais avoir un poste de malade avec un salaire de fou, je vais habiter dans un building au 40ème étage avec vue sur la ville. Tu sais, je me suis projeté de fou, et en fait quand t'arrives la réalité elle est pas pareille. Tu vois, c'est pas aussi simple et c'est beaucoup plus dur, tu vois.
- Speaker #2
Bah, tu serais peut-être arrivé en 2019. Ah, allez, 2018, peut-être ça aurait été différent. Parce que là, t'aurais mis, comme elle l'a dit, elle a trouvé un taf en trois semaines, 2019, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, mais tu vois, moi je parle avec beaucoup de gens qui sont arrivés, là, des Français, qui me contactent par rapport au podcast, qui me parlent de leur projet et qui me demandent conseils, tu vois. Parce que je suis un bon, je suis l'un des bons conseils. Non, je rigole, je flex, je flex sur moi-même, là. Mais non, non, non, sérieusement, moi je dis aux gens, Essayer de ne pas avoir trop d'attentes et trop d'expectations, parce qu'en fait c'est le meilleur moyen d'être dégoûté. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui se disent et qui pensent, vas-y moi je vais quitter la France, je vais arriver, bam, tout va arriver. Alors qu'au final, moi je pense que ce n'est pas le cas. Parce que quand bien même tu as un master ou un MBA ou ce que tu veux, ici les gens ne te connaissent pas. La vie, elle ne t'a pas attendu pour se développer. Et aussi tu vas galérer au début. Parce que les gens, ils pensent que t'arrives et tu galères pas, c'est ligne droite.
- Speaker #2
Non,
- Speaker #1
c'est vrai. Non, mais ça, je pense que oui. Pardon.
- Speaker #0
Quand je suis arrivé, j'ai travaillé dans une boulangerie, je me suis fait licencier, j'ai dormi dans un sous-sol. Tu vois, j'ai fait de la colocation à Tchirlarigo. C'est qu'aujourd'hui, en 2026, quatre ans après que je suis vraiment bien, j'ai mon chez-moi, je suis en place, tu vois. Et ce chemin-là de galère, j'ai l'impression que les gens, ils le voient pas ou ils veulent pas le voir.
- Speaker #1
Il est nécessaire. Je pense que c'était difficile pour tout le monde.
- Speaker #2
Pour apprécier la chose, je crois que c'est nécessaire. Mais c'est-à-dire que si t'arrives, tu dois être prêt à galérer. Faut pas que tu dises parce que je suis français.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi.
- Speaker #2
Après, tout dépend de ton mindset. On le voit, pour rebondir sur tes chiffres. Nous, on l'a tous vu sur Facebook. Maintenant, quand vous arrivez à Toronto, il y a des groupes Facebook qui te permettent de t'aider par rapport à tout type de questions. Le groupe de français à Toronto. Mais c'est là que tu vois tous les jours, t'as au moins trois annonces qui disent « Moi, je revends mes affaires parce que je rentre en France. »
- Speaker #1
C'est vrai. C'est devenu incroyable, ce changement sur le groupe.
- Speaker #2
Ce changement. Avant, c'était... on organise des pique-niques à Trinity-Bellewood. Maintenant, ça dit, vas-y, je vends mon air fryer. Parce que la réalité, elle claque. Parce que les gens, je pense que les gens aussi se sont fait avoir par le documentaire qu'on a eu en France.
- Speaker #0
Sur 66 minutes, là ? Oui, j'avais vu à l'ancienne.
- Speaker #2
Ils disaient, oui, venez au Canada avec Nadege, etc. Elle n'a pas menti. Mais ça, en fait, elle a fait son business parce qu'elle a surfé sur peut-être la fin du Covid ou un truc comme ça. Ou je pense juste avant le Covid. Mais là, la réalité d'avant, c'est pas la même.
- Speaker #0
Mais c'est-à-dire que là, on est d'accord qu'aujourd'hui, Toronto, enfin le Canada en règle générale, c'est beaucoup plus dur qu'avant. Maintenant, est-ce que c'est toujours plus dur que la France ou ça reste encore mieux que la France ?
- Speaker #1
C'est difficile. Moi, personnellement, j'ai fini mes études et je suis venue au Canada. J'ai fait une alternance pendant deux ans en France et ensuite, je suis venue travailler ici. Donc pour moi, c'est difficile de répondre à cette question. Mais je dirais que, comme il dit, ça dépend de ta niaque, de ta persévérance. comme tu dis tout ce Toutes les étapes par lesquelles t'es passé, ça devait être difficile, mais je pense que si t'es là aujourd'hui, c'est que t'as persévéré, t'as pas abandonné, et c'est pour ça qu'on est tous là aujourd'hui en fait. Donc tout s'est pas passé comme ça, comme une lettre à la poste. Non, non, il y a eu plein de problèmes là, mais on n'a jamais abandonné, et ça, comme tu dis, il faut être prêt à galérer en fait.
- Speaker #0
Et c'est pour ça justement que je voulais faire ce podcast, parce que tu disais, j'ai l'impression qu'on défend en survant Toronto. en mode, vas-y, arrivez, vous parlez français, alors que déjà, le français, c'est bien de le parler, mais au final, ce n'est pas ça qui va changer ta vie à Toronto. C'est un bonus. Mais ça ne fait pas non plus une différence de malade, que tu parles français ou pas.
- Speaker #1
Maintenant, ce n'est plus tant un avantage.
- Speaker #0
Toronto parle français, en vérité, à l'heure actuelle.
- Speaker #1
Pas tout Toronto, mais il y a beaucoup de francophones qui viennent de partout, qui ont des CV, qui ont des expériences de fou. Donc oui, effectivement, maintenant, la compétition, au niveau bilinguisme...
- Speaker #0
Même au niveau de la compétition, quand tu es en France, tu es en compétition avec des Français. Là, tu viens ici, tu es en compétition avec le monde, avec des gens qui viennent d'Australie, des gens qui viennent des États-Unis, des Indiens, des Asiatiques, bref. Donc la concurrence est féroce ici.
- Speaker #2
C'est un challenge. C'est un challenge parce qu'en fait, déjà, tu ne choisis pas Toronto si déjà tu n'es pas ouvert d'esprit. T'es obligé d'être ouvert d'esprit, il y a combien ? Je crois que j'ai vu 180 nationalités ici, là. C'est énorme. Je pense qu'on est peut-être la ville la plus cosmopolite du monde. Ah mais vraiment, c'est très diversifié, c'est génial. J'ai rencontré des gens de moi, même juste dans mon travail. Il y a deux Colombiens, t'avais une Ouzbéque, t'avais par exemple, t'avais...
- Speaker #1
Moi aussi j'ai rencontré une fille d'Ouzbékistan.
- Speaker #2
C'est marrant.
- Speaker #0
J'ai jamais rencontré une personne d'Ouzbékistan.
- Speaker #2
En fait, tu te dis, mais il se passe quoi dans ton pays, quoi ? Parce qu'elle est arrivée à l'âge de 6 ans. Et après, elle a vécu à Montréal, donc c'est pour ça qu'elle pouvait parler français. Mais ouais, Ouzbékistan, Venezuela, tu vois, et après, tu t'échanges avec ces personnes-là, et tu te dis que, bah oui, nous, on a vécu en France, on connaît la France, c'est un pays quand même exceptionnel. Bien sûr.
- Speaker #1
Bien sûr, il faut le dire.
- Speaker #2
C'est exceptionnel, on ne va pas se mentir. On a quitté la France, mais moi, j'y pense souvent. Je me dis... Voilà, peut-être un jour y retourner, mais après je me pose 5 minutes, je ne me dis jamais la vie.
- Speaker #0
Je pense que quand tu es à l'étranger, tu te poses toujours cette question de « est-ce que je dois rentrer ? » . Après moi, j'essaie de rester connecté avec la France via les informations. Après quand tu vois ce qui se passe, tu te dis « bon vas-y, c'est pas non plus… » . Mais le truc, c'est que c'est dur partout aussi. Par exemple, le Canada, c'est très dur. Et c'est aussi la question que je voulais vous poser. Est-ce qu'on n'idéalise pas souvent trop le Canada ?
- Speaker #1
Alors…
- Speaker #0
idéaliser en fait ça va dépendre de qu'est-ce que tu recherches quand tu viens au Canada tu vois à quel âge aussi bah après je pense que les gens ils ont le délire de vas-y je viens au Canada ça va être comme les Etats-Unis je peux graver les échelons très vite tu sais je grossis le truc mais à la recherche du bonheur vous l'avez vu oui oui Will Smith incroyable film il est ouf T'as vu l'histoire un peu ? Eh bien, je pense que les gens, ils sont dans ce délire-là quand ils viennent. En mode, vas-y, je vais commencer en bas, mais je vais monter très vite en haut et quand je vais monter, je vais bien monter, tu vois. Après,
- Speaker #2
Instagram nous vend du rêve. Il y a ça aussi. Les réseaux sociaux nous vendent du rêve. Les réseaux sociaux, les médias, etc. Mais après, quand tu peux parler à des personnes comme nous qui ont une certaine expérience, parce que je pense qu'à partir de 3 ans, tu commences à bien être intégré dans la ville, tu vois. Je ne sais pas si on idéalise beaucoup. Moi, je ne trouve pas. Moi,
- Speaker #1
je trouve que le Canada m'a beaucoup apporté. J'ai eu tellement d'opportunités. Le Canada m'a beaucoup offert d'opportunités. Ta référence à la recherche du bonheur, de commencer d'en bas et d'arriver en haut. Je ne suis pas non plus vice-présidente, mais je suis contente de là où je suis. J'ai trouvé un équilibre sur tous les aspects de ma vie, je trouve. Et je pense vraiment que j'ai réussi grâce au Canada. En tout cas, grâce à mon expérience ici.
- Speaker #0
Et tu penses qu'en France, tu aurais pu réussir aussi... Après, tu n'as pas la réponse au final, mais est-ce que... Quand je parle d'idéaliser, c'est est-ce qu'on ne se dit pas, vas-y, je vais aller au Canada, donc ma vie va être forcément meilleure ? C'est ça, quand je dis idéaliser.
- Speaker #2
Je ne pense pas, mais en vrai, je pense peut-être que ce n'est même pas meilleur, parce qu'on ne va pas se mentir. Moi, il y a un gros point négatif actuellement, c'est la monnaie. La monnaie, elle est faible. Elle est faible. Là, avec le dollar canadien, là, si t'as envie d'aller en Europe...
- Speaker #0
C'est x2.
- Speaker #2
C'est presque, ouais. C'est un 60. C'est x2. C'est presque x2. X2, t'as l'impression. Là, c'est... Je pense que même le pesos mexicain, il peut nous dribler un petit peu.
- Speaker #1
Je suis d'accord, c'est démoralisant. Mais pour moi, le plus gros point noir, c'est... Je pensais que t'allais dire l'hiver, en fait.
- Speaker #2
C'est au point d'eux. On veut la caillasse quand même.
- Speaker #1
En soi, ça dépend du travail que tu as. Si tu arrives à sécuriser un job à six chiffres, c'est bon, tu peux voyager. Tu peux voyager au calme,
- Speaker #2
bien sûr.
- Speaker #1
Mais effectivement, si tu viens ici pour galérer pendant je ne sais pas combien d'années, la question se pose, est-ce que tu es vraiment bien ici ? Ça va dépendre de ta persévérance, une fois de plus.
- Speaker #0
De ta taf, etc. Mais avant de rebondir sur l'hiver, tu as dit un truc qui est super intéressant. Je vais rebondir dessus. Au niveau des salaires, est-ce que si tu viens ici, forcément ton salaire il augmente ? Sans forcément rentrer dans un délire de comparaison de la monnaie, parce qu'on l'a dit, la monnaie c'est... Ouais,
- Speaker #2
si ça enlève la monnaie ?
- Speaker #1
En tout cas, moi personnellement dans mon secteur, j'ai l'impression que c'est plus intéressant d'être commercial en tech ici qu'en France.
- Speaker #0
Parce que tu vois la vie elle est chère ici, bon on l'est dû, mais les salaires ils suivent, ça c'est faux, ils suivent pas tant que ça, mais en vrai tu peux te débrouiller, tu vois moi par exemple je prends mon cas de figure, je pense que ce que je touche là, j'aurais mis du temps à le toucher en France.
- Speaker #2
Je pense qu'en fait, tu peux atteindre un certain palier plus rapidement ici. Après, quand même, comme elle a dit, il faut persévérer. C'est total. Je pense que c'est partout, dans tous les pays. Après, ce qu'il faut se dire aussi, c'est que c'est pour ça qu'à un moment, quand tu te poses aussi, tu analyses un petit peu ce qui se passe globalement dans le monde. C'est cher partout. L'essence aussi. L'essence, alors qu'ici... Merci. Ça produit de l'essence quand même dans ce pays. Ça a commencé à augmenter au Canada, même au Canada. En France, j'ai vu certaines stations d'essence à 3 euros. C'est efférent ça.
- Speaker #0
Les gens disent que c'est cher au Canada, mais comme tu as dit, c'est cher partout. C'est cher partout. La France est devenue archi-chère aussi. Après, je ne veux pas que tu aies raison à France, parce que moi j'ai des potes à moi, ils sont bien en France. Après, ça dépend ce que tu fais en France. Moi j'ai des potes, ils sont avec madame, ils ont un travail, ils sont deux, tout va bien.
- Speaker #2
Et peut-être on a réussi ça, mais regarde, c'est notre pays. On connaît, on connaît tout, on connaît toutes les règles, on connaît comment... Bah, on est français, hein ? Je pense qu'on pourrait être bien. Après, je pense que c'est... Moi, c'est même pas la France en tant que telle qui m'a fait fuir. C'est vraiment peut-être le mindset.
- Speaker #0
Moi, c'est le mindset. C'est le mindset. À un moment, le mindset, ça peut être fatigant. Tu le vois. Tu le vois.
- Speaker #1
C'est quoi le mindset type de la France ?
- Speaker #0
En fait, il n'y a pas de mindset type parce que le fait d'avoir aussi habité à Marseille, c'est là que je me suis rendu compte qu'en fait, un Français, que ça soit dans le nord, dans le sud ou même l'est ou l'ouest, ils sont différents. Ils sont différents. Mais moi, nous, on vient de Paris. Et Paris, c'est le zoo. C'est le zoo. Elle, son expérience en tant que Français... En française, tu vois, qui vient de Grenoble, c'est même pas le même que nous venant de Paris.
- Speaker #2
En tout cas, France, toutes villes confondues, comparativement à Toronto, parce que j'ai vécu qu'à Toronto au final. Personnellement, je trouve que j'ai eu la chance d'avoir plein de portes qui se sont ouvertes. Je sais pas si ces portes se seraient ouvertes en France, parce que, justement, je sais pas si on peut parler de mindset, mais on te met dans une case... en France et c'est difficile d'en sortir.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #2
C'est-à-dire que si tu as suivi une certaine éducation, si tu as un diplôme, c'est là-dedans que tu vas rester. Je suis d'accord. Tu vas difficilement en sortir ou alors il va falloir faire un autre parcours pour pouvoir sortir de cette case. Alors qu'ici, une fois de plus, tu persévères et tu arrives au bout de tes fins.
- Speaker #1
C'est marrant parce que moi je vais prendre encore mon cas de figure, mais tu vois là je travaille en finance, en gestion de patrimoine, ils m'ont embauché avec zéro expérience. Félicitations ! Clairement quand ils m'ont embauché, je me suis dit mais attends comment je les ai couillés ?
- Speaker #0
Alors que non !
- Speaker #1
Alors que non en fait je les ai pas couillés,
- Speaker #0
c'est juste qu'ils m'ont pris. Ils t'ont vu sur le compte CV toi.
- Speaker #2
Ils avaient confiance en toi !
- Speaker #1
Mais ils ont pas dû parce que les six premiers mois je faisais n'importe quoi. Les six premiers mois c'était grave dur parce que je connaissais vraiment rien du tout, moi je suis pas ici de la finance de base, donc j'ai tout appris sous le tas. Et les 6 premiers mois, je faisais que des erreurs. Et à un moment donné, je me suis dit, mais c'est pas possible qu'ils me gardent. Je fais que des erreurs, je suis encore là, tu vois.
- Speaker #2
Et t'es toujours là-bas ?
- Speaker #1
Encore, ouais.
- Speaker #0
Mais tu vois à quel point ils te donnent ta chance ici. C'est une question de potentiel aussi.
- Speaker #1
Mais c'est ça, je parlais avec moi. J'ai appelé ma manageuse au bout de 3-4 mois, parce que je me suis dit, attends, là, je fais que des erreurs. Même pour moi, tu sais, je suis un grand garçon, tu vois, dans un travail où tu fais que des erreurs. Enfin, c'est fatiguant au bout d'un moment, tu vois.
- Speaker #0
Il y a l'ego.
- Speaker #1
L'ego, exactement. Donc je me suis dit, est-ce que je dois pas changer de taf et comme ça, au moins, chacun trouve son chacun ? Et j'avais appelé ma manageuse, on a fait un chimp, je lui ai dit écoute, voilà moi en ce moment je fais n'importe quoi, enfin je fais beaucoup d'erreurs au travail, tu les vois les erreurs donc je vais pas mentir tu vois. Je voulais savoir est-ce que tu penses que c'est encore une bonne idée qu'on renseigne ensemble parce que j'ai pas envie de faire perdre de temps et moi j'ai pas envie de perdre mon temps aussi tu vois. Super honnête le boug. Et la fille elle me dit non non t'inquiète on savait ce qu'on faisait, on t'a appris sur les expériences, maintenant c'est à nous de t'entraîner etc. Et puis ça va le faire tu vois mais nous on a bien aimé ce qu'on a vu quand t'as fait l'entretien et puis aussi ils avaient besoin absolument de quelqu'un qui parlait français.
- Speaker #2
Donc je pense que c'est ça qui m'a sauvé. Tu vois quand même il y a quand même un certain avantage à parler français mais en tout cas on est dans un pays où on te jette comme ça là facilement. On aurait pu le faire avec toi, parce que tu dis qu'apparemment t'étais pas calé. Et tu vois comment on te donne ta chance dans tous les aspects possibles.
- Speaker #1
Et même là j'ai un pote à moi qui était plombier en France, là il est comptable. Va comprendre le changement d'ambiance. Surtout qu'en plus,
- Speaker #0
il aurait pu réussir en plomberie.
- Speaker #1
En plus ? C'est vrai. Mais pour revenir à ce que tu dis, en France, tu aurais été comptable, tu aurais été plombier, tu aurais été plombier jusqu'à la fin de ta vie. Ou alors,
- Speaker #2
tu reprends des études pour être comptable.
- Speaker #1
Il faut reprendre des études, etc. Alors que là, lui, il a fait la transition en mode deux entretiens, il a fait deux, trois certifications, il a appris un peu, c'est fini. C'est ça. En fait, ce qui est la grosse différence qui compte beaucoup en France,
- Speaker #0
c'est d'avoir fait des études. Si tu es en dessous d'un BTS, par exemple, Tu vas se trigger, hein. Tu vas se trigger énormément.
- Speaker #1
Mais maintenant, regarde, tout le monde a des masters et les gens, ils galèrent aussi.
- Speaker #0
C'est sûr. En fait, tu vois...
- Speaker #2
Ça dépend qui a le master, parce que c'est vrai qu'il y a eu un moment où...
- Speaker #0
Tu sais qu'il n'y a pas énormément de personnes en France qui ont un master. Avoir un master en France, c'est...
- Speaker #1
J'ai l'impression que c'est le contraire. Moi, j'ai l'impression que le master, c'est devenu... Bonjour un master, s'il vous plaît.
- Speaker #0
En fait, depuis notre génération, on a tous fait des longues études. Parce que nos parents, vas-y, ils sont... Je ne sais pas pour vous, moi, mon père, par exemple, il est né en Côte d'Ivoire. Mais après, il a fait ses études d'ingénieur à Toulouse. Mais je pense qu'il voulait aussi que ses enfants aillent le plus loin possible dans les études. Ça, je pense que c'est vraiment les parents qui sont nés dans les années 60. Eux, ils avaient ce mindset pour dire, « Ah, OK, mes enfants, ils vont aller loin dans les études aussi. » Parce que je pense qu'avant, c'était plus compliqué. Parce que le statut, on va dire, d'une personne noire en France était complètement différent dix ans avant, dans les années 50.
- Speaker #2
Alors là aujourd'hui quand on parle de Bagayoko...
- Speaker #0
Après, le problème, c'est qu'il y a les mouvements extrémistes qui ont pris le dessus aussi en France.
- Speaker #1
Mais quand je regardais, j'en parlais avec mon petit frère, que je salue d'ailleurs, on en parlait la dernière fois, et il me disait, ouais, il y a de plus en plus... de jeunes, dès qu'ils ont leur diplôme, ils partent, tu vois, maintenant, avant, la génération d'avant, on partait à l'étranger quand on avait 27, 28, 29. Là, les gens, les petits à 21, 22, ils sont déjà partis à l'étranger, tu vois. Comme moi.
- Speaker #2
J'étais un peu pionnière dans cette façon de penser.
- Speaker #1
Je te rends tes crédits, je te rends ta couronne. Mais tu vois, il y a de plus en plus de jeunes qui partent de la France, et ça, j'arrive pas à me l'expliquer. Tu vois, je me dis, c'est dommage de... T'es jeune, t'as grandi en France. Bon, après, je peux comprendre que tu veuilles partir, mais aussitôt...
- Speaker #2
Mais ça montre quelque chose, quand même.
- Speaker #1
ça montre quoi ? ça montre qu'il faut quitter la France ?
- Speaker #2
non mais peut-être que les générations aujourd'hui elles ont envie de découvrir le monde plus vite tu es interconnecté aussi tu vois des vidéos sur Tokyo tu te dis moi aussi j'ai envie d'aller à Tokyo alors
- Speaker #0
qu'avant on n'avait pas nous on est la première génération à Instagram avec un certain âge on n'a pas découvert Instagram à 10 ans Euh... On avait quoi, entre 22 et peut-être 25 ans ?
- Speaker #2
Je sais pas, hein.
- Speaker #0
C'est ça, c'était quand ? Plus tôt, mais bon. C'était 2013 ?
- Speaker #1
Ouais, ok, ok. C'était 2013, Instagram ?
- Speaker #0
Je pense. Et maintenant, t'as envie de découvrir le monde. Et en fait, là, je le fais avec un petit rapprochement avec le football. Parce que c'est un truc que j'ai remarqué depuis peut-être un an. C'est que même les footballeurs qui sont nés en France... Il y en a beaucoup qui commencent à choisir les sélections africaines. De plus en plus.
- Speaker #1
Oui, mais c'est quoi ? Est-ce que ça veut dire qu'il y a, je ne vais pas dire un dégoût, c'est un grand mot, mais est-ce qu'il y a une rupture entre la France et…
- Speaker #0
Je pense qu'il y a une grosse rupture. Je pense que chaque, on va dire la France et même… les minorités ont essayé de faire un pas vers l'autre, mais je pense qu'il y a une rupture depuis quelques années. Tu le sens. Tu le sens que c'est plus la même chose. En fait, on peut même se le dire, qu'il faut même l'impression qu'un noir ne fait même plus confiance à un autre noir. Un rebeu ne fait plus confiance à un autre rebeu. Tu vois, on dirait que tout le monde est un petit peu en division en France.
- Speaker #1
C'est grave marrant parce que nos parents, ils ont quitté leur pays pour revenir en France. Et nous on fait l'inverse, on grandit, on prend ce qu'on a à prendre et on quitte la France. C'est ça,
- Speaker #0
il faut dire, il y a 50 ans, tu dis que la France c'était Eldorado. Ouais,
- Speaker #1
de fou.
- Speaker #0
C'était Eldorado, parce que t'avais juste à parler français, donc grâce aux colonies en Afrique, tu pouvais partir en France, tu pouvais trouver un travail parce que tu savais lire, écrire. Maintenant, tu te dis, est-ce que même la France est mieux que l'Afrique ?
- Speaker #1
Oui. Tu as beaucoup de gens qui rentrent en Afrique aussi. Bien sûr. Tu as beaucoup de gens qui rentrent en balle là-même en Afrique. Tu as des gens qui vont partir pour découvrir autre chose. Juste avoir d'autres opportunités, voir un peu ce qui se passe dans le monde. Parce qu'aussi, on est une génération où ça n'a jamais été aussi facile de partir à l'étranger aussi.
- Speaker #0
C'est trop facile.
- Speaker #1
Tu fais ta demande en ligne, tu reçois ton truc et deux mois après, tu pars. Comment tu juges ton move de quitter la France pour venir ici, avec le recul que tu as ? Et surtout, tu l'as dit au début, là, tu es sur la fin, tu penses à rentrer en France. Est-ce que aussi, le Canada, c'est juste une ville de transition ? Ou est-ce que c'est une ville où toi, tu peux rester ? Bon, toi, c'est un peu différent parce que tu pars, mais pour parler de manière générale, est-ce que c'est une ville où on peut se voir rester et vieillir ?
- Speaker #2
Complètement. Enfin, je suis très contente de mon choix d'être venue au Canada. Très, très contente parce que ça a fait la personne que je suis aujourd'hui. Je suis passée par tellement d'étapes de ma vie. Voilà, je suis arrivée, j'avais 23 ans. Aujourd'hui, j'en ai 31. J'ai grandi ici et je me serais vue complètement restée. C'est juste que voilà, aujourd'hui, j'ai des objectifs différents avec Thierno, avec mon copain. Et donc, je veux rentrer en Suisse.
- Speaker #1
Pas en France.
- Speaker #2
Pas en France, parce que du coup, sa famille est en Suisse. Moi, finalement, Grenoble, c'est à côté. Et puis oui, effectivement, on veut quand même retrouver une certaine qualité de vie qu'on ne retrouvera jamais complètement en Europe. Mais voilà, cette histoire de diversité, avoir l'option de pouvoir travailler à l'international, on va dire. Mais en tout cas, pour reprendre la réponse, je suis très contente de mon choix.
- Speaker #1
C'est cool parce que tu parles de lifestyle. On n'en a pas parlé, mais je fais juste une petite parenthèse. Moi, si jamais demain je rentre en France, le truc qui va me manquer le plus, c'est les buildings. Et quand je dis les buildings, c'est les condos. T'as vu, moi, dans mon condo, déjà, moi, j'ai grandi à Sevran, pour situer un peu le truc. Ma mère va me tuer pour ce que je vais dire, mais c'est pas grave. Elle m'a élevé dans un appartement 4 étages là, avec un ascenseur, avec la lumière qui s'allume,
- Speaker #0
qui s'éteigne.
- Speaker #1
Pas d'accueil, rien tu vois. Alors que là où je vis, centre-ville, j'ai 5 ascenseurs dans mon building. J'ai un mec à l'accueil qui me dit bonjour tous les jours. Il a un réceptionniste. Exactement, je me sens comme Power là, je me sens votre ghost. Et franchement ça c'est un truc qui va me manquer de fou si jamais je rentre en... C'est con, c'est un truc tout con, mais le confort que ça t'apporte...
- Speaker #0
Ça t'apporte un confort de fou parce que... Juste le fait de... Vas-y, tu sors du lit. Vas-y, tu vas te brosser les dents. Tu vas prendre ton café. Tu vas à la salle de sport dans ton condo.
- Speaker #1
Dans ton building.
- Speaker #0
Dans ton building.
- Speaker #1
Et encore, t'en as. Ils ont piscine, sauna.
- Speaker #0
Il y en a, ils ont la totale. Non, moi, j'ai un pote là, Ibrahim. Son condo, c'est le condo de Bruce Wayne. Il t'a tout
- Speaker #1
J'y vais jamais Mais j'ai un terrain de basket Je crois qu'on va hooper
- Speaker #2
On peut Même si on a les genoux un petit peu en carton Ils ont fini de construire la piscine extérieure Juste en face de la CN Tower La question qu'on veut savoir c'est Ça ouvre quand et c'est quand qu'on est invité Là c'est l'hiver On va faire des boucles dans l'eau Je crois que c'est à Victoria Day Ah en plus mais c'est pas grave
- Speaker #0
Le vertu estival, ça c'est bien ça, vite arrêté.
- Speaker #2
Ah mais, waouh, ça va être incroyable.
- Speaker #1
Et toi, Cheikh, comment tu juges ton move ? Est-ce que ça a répondu à tes attentes ? Est-ce que la vie que t'as aujourd'hui, c'est la vie que t'imaginais avoir avant d'arriver ici ?
- Speaker #0
Vas-y, moi je me suis imaginé prince de la ville, frère. C'est ça aussi le problème. Non, non, en vrai... Quand tu prends du recul, comme disait Ophélie, quand tu fais un petit step back, juste pour un petit peu regarder ce qui s'est passé ces 5, 6 dernières années et tout, tu te dis, mais en fait, déjà on est bénis.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #0
On ne va pas se plaindre, on ne va pas se plaindre. Quand tu vois... Tu vois dans la rue, surtout que ces deux dernières années, tu vois plus en plus de personnes, des SDF, des homeless, etc. Dans la rue, et tu te dis, mais moi en plein hiver, tu sais, j'allais à la mosquée en plus avec Thierno. tu vois des personnes dans la rue dormir sur des grilles des grilles où il y a des bouches d'égout etc tu te dis mais nous on est béni, t'imagines on rentre, il fait chaud tu peux manger etc donc en vrai oui moi je pense que Ouais, je suis heureux. Je suis heureux dans ma vie. En plus, j'habite avec ma copine, donc ça se passe très bien. Ça pourrait être mieux, toujours. Donc ça a nous aussi de nous challenger. Mais franchement, ça peut toujours être mieux. Bien sûr, mais ça peut être pire. Largement.
- Speaker #2
Moi, je suis passée par tellement d'étapes. Vraiment, quand je prends du recul comme ça, j'ai vécu différentes colocs, une première cohabitation avec mon ex qui s'est mal passé, justement qui m'a poussée vers... Une coloc avec que des personnes, vraiment des quatre coins du monde. C'est là que j'ai rencontré une fille d'Ouzbékistan, du Moyen-Orient, d'Inde, de Jamaïque, Trinidad et Tobago. J'ai vécu avec tellement de personnes dans un manoir type Projet X. C'était incroyable, c'était que des étudiants. Moi, j'étais la seule à me lever hyper tôt pour aller travailler là. Et c'est d'ailleurs pour ça que finalement, ça n'a pas duré parce qu'on n'avait pas le même mode de vie. Voilà, je suis partie vivre ensuite en coloc avec... Une collègue de travail et une amie. Donc là, ça a complètement changé l'équilibre de ma vie. Là, je me sentais chez moi. J'avais mon petit train-train avec les filles pendant deux ans. Et ensuite, j'ai décidé d'emménager avec ma meilleure amie, donc Margot. Et là, c'était l'ex-saz. Là, c'était la coloc. On faisait tout, tout, tout, tout ensemble. Et puis bon, ensuite, il y a eu l'épisode où elle a dû partir brutalement pour cause de maladie. Et ensuite, je me suis retrouvée toute seule. dans l'appart, donc là c'était pas du tout prévu.
- Speaker #1
T'as vécu 46 000 vies là ?
- Speaker #2
Ouais, j'ai vécu vraiment toute seule, voilà. Et bon, à côté de ça, il y avait Thierno qui était en stage à Ottawa. Donc dès qu'il est revenu, finalement, on a emménagé ensemble. Mais voilà, je suis passée par tellement d'étapes en fait. Et puis même à travers Thierno, j'ai visité le Canada d'une manière que j'avais pas anticipée. Moi, j'étais venue pour Toronto, ma petite carte postale, le Massien Tower, puis au fur et à mesure, mon train-train avec mes amis, parcourir la ville, tous les quartiers. Et en fait, au travers de cette relation, j'ai pu partir des semaines à Québec City, parce qu'il avait repris ses études, il avait dû retourner en cours en présentiel, donc à Québec. Et donc voilà, j'ai pu découvrir le Québec. De façon imprévue. Et Ottawa aussi. J'ai pu vivre un petit peu à Ottawa au travers de son stage là-bas. Donc en fait, je suis venue avec tellement d'attentes spécifiques qui aujourd'hui, en fait, c'est au-dessus de ce que j'avais imaginé. Là, je repars avec, comme je te dis, des amis qui sont une famille et un fiancé. C'est magnifique. Non, franchement, donc oui, je me sens bénie.
- Speaker #1
Comme quoi, tu vois, on parlait d'Eldorado. Je pense qu'aussi, l'Eldorado, tu peux savoir si c'est un Eldorado, que si tu restes suffisamment longtemps pour rencontrer les opportunités que tu dois rencontrer. Il faut rester assez longtemps. Il faut rester assez longtemps. Il ne faut pas partir au bout de cinq mois, tu rentres chez toi, parce qu'au final, tu ne rencontres pas tes opportunités. Parce que je pense que quand tu pars à l'étranger, c'est pour rencontrer des opportunités. Et je voulais revenir sur un truc que tu as dit aussi, Cheikh, qui était intéressant. Je reste un peu sur le sujet de l'Eldorado. Il y a un truc qu'on n'a pas parlé et tu m'as fait penser, en fait c'est important d'en parler, est-ce que aussi des fois on ne cherche pas un Eldorado religieux ? Dans le sens où tu vois, moi de ce que je vois, j'ai l'impression que les gens, c'est plus facile de suivre sa religion ici au Canada. que en France. Parce que la France, déjà, ils aiment trop faire des pressings sur les religions. Alors qu'ici, j'ai l'impression que... Et tu parlais d'esprit ouvert. Ouais, il faut être ouvert, parce qu'ici, t'as plusieurs religions qui vivent en paix, tranquillement, tu peux suivre ta religion comme tu veux. T'as la communauté LGBT, t'as des personnes qui sont homosexuelles, et tout le monde vit bien, tu vois. Là où j'ai l'impression qu'en France, on est divisé, et aussi on est divisé parce que des fois, on a aussi l'esprit fermé.
- Speaker #0
Il y a ça, juste un exemple. Et ça, jamais tu ne vas le voir en France parce que ce n'est pas dans le mindset. Sur Nathan Phillips Square, en vrai c'est la place. Sous le logo de Toronto, là-bas, il y avait un Ramadan Mubarak. Qui veut dire pour ceux qui... Non, je rigole. Tu vas faire des traductions. Tu vas te faire cut. Et en fait, c'est pour souhaiter... Il y a la mairie qui a mis en place un écriteau avec en couleur pour la nuit, etc. pour souhaiter un bon Ramadan à tous les musulmans de la ville. Il fait ça devant la mairie de Paris.
- Speaker #1
Même sur les champs, je crois que je n'ai jamais vu un truc comme ça.
- Speaker #0
Jamais de la vie, de toute façon, jamais de la vie. C'est parce qu'ils prônent la laïcité alors que la laïcité, c'est pratiquer comme vous voulez votre religion. Voilà, en fait, c'est ça.
- Speaker #1
Mais du coup, tu penses que pour toi, et bon, autant on va parler de toi parce que du coup, tu es de confession musulmane. C'est ça. C'est beaucoup plus simple d'être musulman ici au Canada que d'être en France ?
- Speaker #0
Largement. C'est qu'en fait, ici, même au travail, ils savent qu'on ne mange pas, on ne boit pas. Ils essaient aussi d'adapter un petit peu les... Les horaires par rapport aux horaires aussi de la coupure.
- Speaker #1
C'est fort, ça.
- Speaker #0
C'est bien. Il y a même des endroits où tu peux prier dans certaines entreprises.
- Speaker #2
Dans mon travail.
- Speaker #0
C'est ça. Moi, dans mon travail, il y a des pièces à louer où tu peux te poser, tu peux prier. Voilà, c'est ta spiritualité. Parce qu'en fait, l'un n'empêche pas l'autre. Tout simplement, tu vois. C'est l'ouverture du jour. C'est ça. Et le jour de l'Aïd, il y a la Sienne Tower qui est en vert pour célébrer l'Aïd pour les musulmans.
- Speaker #1
Quand on parlait tout à l'heure de partir aussi pour avoir la tranquillité d'esprit, ça fait partie des régions. Moi, dans l'ancien podcast que j'avais, que vous connaissez, sur le podcast audio Comme un expat, j'avais reçu une fille qui vivait en Australie et elle m'avait dit clairement, j'espère que vous avez écouté l'épisode d'ailleurs, elle m'avait dit clairement, moi je suis parti parce qu'être musulmane en France, c'est devenu un cauchemar, tu vois. Et en Australie, elle était beaucoup plus heureuse. Pourtant, elle avait un moins bon salaire, elle avait une... des bases de vie qui étaient moins bien, mais au moins elle avait sa tranquillité d'esprit de pouvoir se dire je peux suivre ma religion comme je veux sans qu'on vienne me prendre la tête parce qu'en France...
- Speaker #0
Surtout c'est une femme, je pense qu'elle a encore plus de pression.
- Speaker #1
De fou !
- Speaker #0
Ouais, elle a encore plus de pression. Déjà un homme, on va dire, après ce qui s'est passé aussi en France ces 20 dernières années en termes d'actualité liées au terrorisme, enfin entre guillemets terrorisme, etc. ça n'a pas aidé aussi pour la, on va dire, pour la communauté musulmane.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
et en France la C'est beaucoup politisé aussi.
- Speaker #1
Moi, c'est ce que j'ai toujours en genre. Je vais me faire cut et mon passeport, il va sauter. Je devais aller à Paris, c'est en juillet, là, c'est mort. Ici, tu peux être toi-même sans savoir poser des questions, sans être jugé. Et je trouve qu'arrivé à notre âge, frérot, moi, j'en ai marre d'être jugé. J'ai passé ma vie à être jugé, j'ai passé ma jeunesse à être jugé. Je suis fatigué, frérot. Là, je veux juste vivre en étant moi-même.
- Speaker #0
En vrai, c'est ça. Il y a une phrase aussi, tu peux dire... Tu préfères être ici galéré que être bien en France. Il y en a beaucoup qui m'ont dit ça.
- Speaker #1
C'est quoi votre réponse à vous ?
- Speaker #2
Alors, moi aujourd'hui, je suis sur le départ. Pas en France. Je ne dis pas que je ne vais plus jamais vivre en France. Pourquoi pas en France déjà ? Là, nous on part parce qu'on veut se rapprocher de nos familles.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Donc voilà, mon copain est originaire de Genève. Genève, je trouve que c'est plus intéressant que de retourner à Grenoble. Enfin, voilà. J'ai pas non plus envie d'aller à Paris parce que...
- Speaker #0
En tout cas, à l'instant T, ça me... C'est difficile, hein ?
- Speaker #2
Non, après, voilà, moi j'ai de la famille partout, j'ai quand même passé beaucoup de temps à Paris, voilà, je sais à quoi m'attendre, et c'est pas forcément ce que je recherche aujourd'hui. Là, justement, je pars d'ici parce que j'ai des objectifs. Voilà, je veux construire une famille, je veux me rapprocher de ma famille, et voilà, je pars pour différentes raisons. mais en France c'est Pourquoi pas en France ? Aujourd'hui, en tout cas, ça ne m'intéresse pas parce que j'ai l'impression qu'on ne s'y retrouve pas forcément au niveau de ces points-là. Vous voyez l'actualité politique. Mon copain est musulman. Moi, ça m'effraie. Aujourd'hui, on a tous les deux une bonne situation ici. Mais si on part en France, je ne suis pas sûre qu'on aura une bonne situation parce que justement, on va être jugés pour... pour ce qu'on est.
- Speaker #0
Peut-être qu'on n'aura pas la paix en vrai. Parce que moi je sais que j'aurais pas la paix. En vrai, c'est compliqué et en fait c'est vachement triste. C'est qu'aussi... Tu vois, quand tu veux pratiquer ta religion, t'as besoin d'avoir la paix, c'est la spiritualité, c'est ta paix antérieure. Et en gros, le fait de vraiment se dire que, vas-y, quelquefois tu peux être dans un pays, juste le fait que tu mets un camis, on va te regarder pour dire, peut-être lui il va mettre une petite bombe, tu vois.
- Speaker #2
Après, je pars en Suisse, je dis pas non plus que c'est complètement différent de la France, j'y ai jamais vécu, donc en fait je sais pas forcément trop à quoi m'attendre, c'est une nouvelle expatriation en fait.
- Speaker #1
t'as beaucoup de français qui vont en Suisse en ce moment j'ai dit tout à l'heure mais c'est le top 5 aussi avec le Canada ça fait partie des Eldorado même si on n'aime pas trop dire ça mais oui oui voilà on part là-bas je pense que c'est quand même un
- Speaker #2
autre challenge pour nous pour ce genre de point là on sait pourquoi on rentre parce qu'on veut se rapprocher de nos familles mais on sait aussi ce qu'on quitte ici et donc ça vraiment ça en fait partie la qualité de vie d'être sur... Libre d'être qui tu es, d'exercer ta religion. Moi, je sais que mon copain, l'Aïd, on lui laisse le jour off. C'est un jour de congé. Comme tu disais, partout dans la ville, il y a des célébrations pour célébrer.
- Speaker #0
Pour célébrer, je pense que ça permet aussi de laisser un message à la population. Le fait de se dire que la ville fait un rempli cette année, le carême. le ramadan a commencé en même temps tu vois ça a permis aussi pour que les gens aussi soient vraiment à l'aise à l'aise avec la religion des autres aussi parce que en même temps le fait de pas promouvoir, le fait d'en parler tu sensibilises aussi la population c'est comme par exemple le troisième week-end de juin t'as tout ce qui est les célébrations LGBT etc c'est ça qui est bien au cas d'un...
- Speaker #1
c'est qu'ils ont réussi à créer un pays où tout le monde a sa place et tout le monde peut vivre avec l'autre. En communauté. Exactement. Quand bien même qui tu es, que tu sois homosexuel, hétérosexuel, musulman, chrétien. En fait, ils ont créé une vibe où tout le monde arrive à vivre ensemble sans forcément se juger et se regarder mal. Et ça, je trouve que c'est fort. je voulais vous poser une question à vous deux c'est quoi le truc qui vous a le plus surpris c'est quoi le truc que vous aimez moins avec le Canada un de chaque c'est une ancienne ici attention ton passeport au Canada aussi va sauter je rigole moi ce qui m'a le le
- Speaker #2
moins plu sincèrement c'est l'hiver là vraiment je sors même d'une dépression hivernale donc là 7 ans ici c'est la première fois de ma vie que ça m'a fait ça
- Speaker #1
Non, cet hiver, il était wow.
- Speaker #2
Tous les autres hivers, c'était limite fun, quoi. Je me suis amusée à sortir limite tous les jours parce que, voilà, le ciel était bleu.
- Speaker #1
Ouais, mais tu savais ça quand tu vis en Canada, tu sais qu'il fait froid en vérité. Non,
- Speaker #2
mais l'hiver est différent des autres. Je trouve que cet hiver était vraiment différent des autres années. Après, oui, bien sûr que ça reste un hiver. Enfin, tous les hivers ont toujours été à moins 35 minimum, tu vois. Mais cette année, voilà, le ciel n'était pas bleu. Le ciel était gris. Et puis, en fait, je pense que ça doit être une accumulation justement de projets un peu personnels dans ma tête.
- Speaker #0
T'en as fait 7.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
T'en as fait 7, 8. En tout cas,
- Speaker #2
je savais que j'étais... Dans ma tête, j'étais en projet. OK, est-ce que j'ai pas envie de partir ? Et donc, là, cet hiver, il a vraiment prononcé cette envie de partir d'ici pour me rapprocher de ma famille, pour arrêter les 5 mois d'hiver, en fait. 5 mois d'hiver, c'est long.
- Speaker #0
Là, ça a été long cette année. On n'a pas été au-dessus de zéro pendant plus d'un mois.
- Speaker #1
Vous pensez que les Français qui viennent, ils réalisent que l'hiver est dur ou ils le prennent à la légère ? Non, parce que le froid est différent aussi. En France, le froid est humide. Ici, c'est sec.
- Speaker #2
Oui, mais vraiment, la longueur de l'hiver, on le prend à la légère. Tu sais que le Canada, ce n'est pas Dubaï. Donc, bien sûr qu'on sait qu'il va y avoir un hiver. Mais on ne se rend pas compte que mentalement, ça peut vraiment t'impacter.
- Speaker #0
En plus, il suffit que même dans ta vie, dans la vie de tous les jours, dans ta vie, tu as un petit coup de moins bien, peut-être au travail, peut-être même dans ta vie, en couple, avec des amis, tu as des galères, il y a la famille aussi qui est loin de toi. Il suffit que là, tu ne vois pas le soleil pendant 20 jours. Ça a un temps,
- Speaker #2
il suffit ça. Exact. C'est exactement ça.
- Speaker #0
T'imagines. Parce que le soleil, c'est la vie. Voilà, on va pas se mentir, le soleil c'est la vie, quoi qu'il arrive. Mais le truc c'est que quand tu vois pas le soleil, il y a le travail, tu fais tout le temps la même chose. C'est vrai que je suis pas beaucoup sorti, si tu veux.
- Speaker #1
Après ce qui est bien avec toi c'est que t'as le passeport, donc tu peux revenir à tout moment.
- Speaker #2
Absolument. C'est pour ça que je dis aux gens,
- Speaker #1
essaye d'avoir vos papiers avant de partir. Parce que comme ça au moins si tu veux rentrer en France, parce que t'as le droit de vouloir rentrer en France, mais si tu vois que Marine Le Pen elle passe, on est en train de sortir, tu dis vas-y finalement, c'est mieux je quitte. Non mais c'est vrai. Je quitte pas ton passeport.
- Speaker #0
Je sais pas si ça va passer.
- Speaker #2
On sait pas, mais bon. En tout cas, je sais pas combien de temps je vais rester en Europe, finalement, parce que oui, aujourd'hui, je veux me rapprocher pour construire une famille, etc. Mais peut-être que, qui sait, effectivement, je vais revenir avec ma famille, en fait.
- Speaker #1
Je dis aux gens, faites toujours vos papiers avant de partir. Comme ça, vous savez que si jamais vous voulez revenir, vous pouvez revenir. Et ça donne une flexibilité et des options, tu vois. Comme ça, moi, t'es pas sans options. Parce que, ouais, après, une fois de plus, moi, je connais des gens qui sont rentrés en France. Après l'expérience au Canada, et tout se passe bien pour eux. Et puis, ce n'est pas parce que tu réussis au Canada que c'est-à-dire que tu ne pouvais pas réussir en France aussi, tu vois. Et vice-versa.
- Speaker #0
Je pense qu'en vrai, comme elle l'a dit, tout dépend si tu es déterminé.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu peux réussir partout, en vrai. Exactement. Si, en fait, tu t'adaptes à parfaire la langue, même parce qu'en venant ici, on a aussi ce gros problème en tant que... en français, c'est qu'on a notre mindset français. On est français. On dirait que c'est une marque. C'est une marque déposée. C'est vrai que les personnes qui réussissent le mieux, c'est les personnes qui s'adaptent le mieux aussi à l'environnement. Parce qu'ici, l'environnement...
- Speaker #1
c'est quand même une grosse ville c'est la deuxième ville la plus puissante en Amérique du Nord donc ici c'est wild quand même et c'est ce que je dis aux gens moi parce que je vais pas faire la même erreur que moi j'ai eu malheureusement quand je préparais mon départ pour venir ici au Canada je regardais les informations comme tout le monde tu vois internet, youtube et tout le monde vendait Toronto, Maudet, vas-y tu vas voir c'est facile non les gars, Toronto c'est dur c'est pas facile, faut prévoir c'est dur, ne pensez pas que vous allez arriver que on va tout vous donner sur un plateau d'argent c'est faux pensez pas que parce que vous vous parlez français, vous allez être... C'est faux. Ça va vous aider, mais c'est pas non plus une carte joker. Et c'est pour ça que j'avais fait cet épisode-là. Parce que je voulais aussi faire comprendre aux gens que Toronto, c'est une bonne idée, en tout cas à mon sens. Mais les gars, c'est dur. C'est dur. Financièrement, c'est dur. Les loyers, c'est dur. La vie, c'est dur. Les cours, c'est cher. Donc voilà. Parce qu'on arrive doucement sur la fin du podcast, je vais vous poser la question et je vais avoir vos réponses parce que je pense que ça va être super intéressant. Imaginons demain, vous avez quelqu'un proche de votre famille qui vous dit « moi, je veux aller au Canada en 2026 » . Là, là, je veux venir au Canada. Vous lui dites quoi, la personne ?
- Speaker #2
Sincèrement, oui, let's go, vas-y. Mais je reste transparente sur le fait qu'il faut venir préparer. On ne part pas comme ça du jour au lendemain. On se prépare, c'est-à-dire financièrement. Il faut s'attendre à peut-être mettre des mois de loyer comme ça, là, sur la table. à se retrouver sans travail pendant un certain temps, tu ne sais pas.
- Speaker #1
Tu étais venue avec combien de toi de côté ?
- Speaker #2
Moi, j'avais travaillé 3-4 mois à l'usine. À l'usine ? À l'usine, oui.
- Speaker #1
Ok. Non, mais dans une usine.
- Speaker #2
Dans une usine où on faisait des puces, les puces électroniques qui vont dans les... C'était dans une salle blanche. C'était incroyable comme expérience. Bref, en tout cas, je me suis vraiment fait une super bonne paie. Et donc, j'étais venue avec 10 000 euros.
- Speaker #1
Je pense que c'est bien 10 000 euros.
- Speaker #2
Et donc, c'est ce que je recommande encore aujourd'hui. si tu peux avoir plus même franchement voilà je crois même que c'est recommandé en fait à l'époque c'était même il fallait 12 500 dollars quelque chose comme ça donc voilà moi je t'ai mis avec 3000 euros je sais pas comment j'ai fait j'ai fait n'importe quoi ils sont partis au bout de deux semaines j'ai pris des Starbucks ça tout va waouh laisse tomber franchement waouh faut prendre je suis d'accord avec toi sur ce que tu dis non non il faut vraiment venir avec minimum 10 000 euros parce que bah pour toutes les raisons que je dis en fait c'est oui c'est un beau projet magnifique mais au début il faut s'attendre un petit peu à ramer quoi mais voilà quand on veut on peut Ça, c'est indéniable.
- Speaker #1
Donc c'est ce que tu dirais à la personne ? Vas-y, fonce.
- Speaker #2
Vas-y, fonce, mais réfléchis.
- Speaker #1
En vrai, si... Ton frère, il dit, ouais, vas-y, je vais venir te rejoindre en... Là, là, j'arrive en mai, tu lui dis quoi ? Je veux venir en mai, tu lui dis quoi ?
- Speaker #0
En vrai, si c'est son rêve. Moi, je suis qui pour lui dire, non, vas-y, non, tu vas pas le faire. Si c'est son rêve, fais-le. Et en vrai, s'il se donne les moyens. Bien sûr, il va réussir. Après, oui, il y a des circonstances, il y a de la chance, il y a des opportunités, etc. Mais à côté de ça, si c'est son rêve d'aller au Canada, nous, on n'est personne pour lui dire, même si c'est dur. Et en fait, l'expérience d'une personne, ça ne va même pas être l'expérience d'une autre. C'est ça le truc, c'est qu'après, on connaît tous des personnes, voilà, ils ont déjà de la caillasse en avance, la famille leur donne beaucoup d'argent, etc. Voilà, il y en a, c'est cette chance. Et après, voilà, chacun sa chance. Mais... Merci. La personne, elle peut venir. Si la personne, elle kiffe les grands espaces, c'est beau le Canada. C'est magnifique. C'est magnifique. C'est magnifique. Après, c'est vrai que c'est peut-être un petit peu différent en termes de... Quand tu travailles avec des Canadiens, le mindset est différent aussi. Il faut aussi bien s'adapter, les codes dans le monde du travail sont assez différents. Voilà, il faut être un petit peu malin, je trouve. Il faut être malin. Parce qu'il ne faut pas réfléchir comme un Français. Let's go. Let's go. Le pays, il est magnifique. Il est balèze. Donc, tu as de l'espace, tu vois.
- Speaker #1
Mais en plus, c'est devenu plus dur de venir au Canada maintenant. Je ne sais pas si vous avez regardé un peu avec l'immigration. Moi je suis connecté donc je regarde. Tu vois par exemple les PVT ça a grave chuté par rapport à 2025 et 2024, ils en donnent beaucoup moins qu'avant.
- Speaker #0
Ils donnent beaucoup plus la RP limite.
- Speaker #1
Mais c'est devenu dur de même les scores tu vois pour avoir ta RP, pour être tiré au sort etc. On va pas rentrer dans le détail des choses mais j'ai l'impression que le Canada aussi fait en sorte de... On a laissé les gens venir, vous avez bien mangé, maintenant on est un peu trop là.
- Speaker #2
Non mais ça c'est... Enfin voilà moi ça fait 7 ans que je suis là, j'ai vu vraiment l'évolution de l'immigration du Canada dans... Dans tous les aspects, c'est-à-dire, comme tu disais, la précarité, l'évolution au niveau des logements, la crise du logement. Et puis aujourd'hui, il y a des condos qui ont poussé comme des champignons qui sont encore vides aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est moins bien qu'avant le Canada, par rapport à toi, quand t'es arrivée ? T'as fait 7 ans ici, donc t'es celle qui a le plus d'ancienneté ?
- Speaker #2
Non, je dirais pas que c'est moins bien qu'avant. Je dirais que c'est un peu plus dur. Mais une fois de plus, quand on revient, on le voit.
- Speaker #0
Je pense que la vie est plus dure, ouais. Parce que quand tu vois... En France, c'est compliqué, je pense.
- Speaker #1
Oui, de fou.
- Speaker #0
En France, c'est compliqué.
- Speaker #1
En tout cas, les gars, merci beaucoup. Ça m'a fait super plaisir de vous recevoir. J'espère que vous avez pris du bon temps.
- Speaker #2
Complètement. Merci beaucoup de nous avoir invités. C'est un honneur.
- Speaker #1
Ça fait grand plaisir. Ça fait super plaisir de vous recevoir. Merci beaucoup pour être... passer. Et pour les autres, la team, vous étiez sur Comme un expat, ton podcast qui parle d'expatration avec des personnes qui la vivent. On se voit au prochain épisode.