- Speaker #0
Mesdames et messieurs, bienvenue à bord du podcast Comme un expat. Installez-vous confortablement. Notre commandant de bord, Kero, vous guidera à travers un tout nouvel épisode entre récits inspirants, conseils pratiques et réalité de la vie à l'étranger. Préparez-vous pour le décollage. Bonne écoute.
- Speaker #1
Salut Salomé, comment ça va ?
- Speaker #0
Salut Kero, ça va bien et toi ?
- Speaker #1
Ouais, ça va, ça va. Merci beaucoup d'avoir accepté de passer sur mon podcast. Je suis super... content de te recevoir. En plus, ça a été facile à faire parce qu'on est quand même sur le même fuseau horaire même si on n'est pas sur le même continent. Donc, merci. Un grand merci à toi.
- Speaker #0
Non, mais merci à toi. C'est vrai que c'est pratique d'être sur le même continent parce que finalement, les fuses d'horaire étaient les mêmes. Donc, pas si compliqué que ça pour se trouver un horaire. Donc, non, non, nickel.
- Speaker #1
Exactement. Et en plus, tu sais, on en parlait un petit peu en off, mais j'ai lancé le podcast au mois de mars, mars 2025. Donc, j'arrive doucement sur les un an du podcast. Au début, j'ai beaucoup commencé avec le Canada, parce que la base de podcast était faite pour le Canada, mais finalement, il y a beaucoup de gens qui m'ont contacté, qui m'ont demandé, voilà, on aimerait bien avoir des parcours de personnes qui ont vécu aussi ailleurs. Et je cherche absolument à avoir une personne qui est en Colombie, parce que je sais que la Colombie, ça fait rêver. Donc, tu vas avoir la pression et la dure responsabilité de représenter la Colombie.
- Speaker #0
Ouais, non, mais sacré Brisson, après, je ne représente pas la Colombie en entier, mais je vais pouvoir donner mon expérience, mais je ne suis pas la voix de la salvation.
- Speaker #1
plus. Pour connaître un petit peu ton histoire, parce qu'on en a parlé, je sais déjà que t'as une belle histoire, donc je vais te laisser nous raconter ça. Mais est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour nos auditeurs ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Du coup, je m'appelle Salomé, j'ai 25 ans et je viens, alors je suis française et j'habite à côté de la Suisse, donc en Franche-Comté, qui est une région un petit peu moins connue que Paris ou autre, donc vers Besançon et voilà.
- Speaker #1
D'accord. Top ! Et ça fait combien de temps que tu es en Colombie ?
- Speaker #0
Écoute, moi, je suis arrivée début juillet, donc ça fait bien maintenant six mois que je suis arrivée. Donc, ça y est, je commence à prendre un petit peu mes marques gentiment, mais sûrement.
- Speaker #1
Incroyable ! C'est ta première expérience à l'étranger à Colombie ou tu étais déjà partie un peu avant ?
- Speaker #0
Alors, Colombie, c'était ma première expérience, je ne connaissais pas. Par contre, en 2023, donc il y a deux ans… j'ai fait, si tu veux, un voyage en sac à dos pendant trois mois en Amérique du Sud. Et puis, c'est là que ça a été un petit peu la révélation et le coup de cœur pour l'Amérique latine. Et puis, du coup, je ne connaissais pas la Colombie, mais j'ai eu plein de bons retours des gens qui voyageaient, que je rencontrais, qui me disaient que vraiment, la Colombie, c'est un pays exceptionnel. Et puis, j'ai eu l'opportunité de venir m'installer un petit moment ici. Donc, je me suis dit, pourquoi pas.
- Speaker #1
D'accord. Donc, tu as fait un petit tour en sac à dos, tu es rentrée en France, après tu es repartie, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, en fait, c'est ça. Si tu veux, j'ai fini mes études. Et après, j'avais envie de faire, je pense comme beaucoup, envie de découvrir un petit peu quelques destinations et aussi ce côté, surtout de sa zone de confort. Et je me suis dit, c'est maintenant ou jamais, parce que je n'avais pas encore mon CDI avec le taf en France. Donc, du coup, voilà.
- Speaker #1
Top. Qu'est-ce qui a fait que tu as décidé d'aller en Colombie ? Pourquoi la Colombie ?
- Speaker #0
Si tu veux, c'est plutôt, on va dire, l'opportunité qui m'a emmenée en Colombie dans le sens où j'avais du coup visité tout ce qui était Pérou, Bolivie et j'avais vraiment apprécié. Mais c'est vrai que je ne me voyais pas forcément y vivre. Et après, tout ce qui était Chili, Argentine, Argentine, j'ai vraiment eu un gros coup de cœur aussi. Et si tu veux, quand je suis rentrée en France, j'ai refait un voyage de deux semaines au Mexique avec une copine. Et c'est vraiment à ce moment-là où je me suis dit, j'ai envie d'avoir une expérience en Amérique latine parce que j'adore la culture, on va dire, latine. Et si tu veux, j'ai une copine qui bossait dans les assurances voyage à Chapka. Et elle bossait avec mon patron actuel, justement, qui est de Cartagène. Du coup, lui, il lui a dit « je cherche quelqu'un, une Française, pour pouvoir vendre des itinéraires de voyage. Tu ne connais pas quelqu'un ? » Parce qu'elle, elle avait un peu la pub commerciale. Au début, il voulait un petit peu l'embaucher, mais ce n'était pas son projet de vie. Et moi, elle m'en a parlé et je me suis dit « franchement, j'adore le voyage, je serai dans une agence de voyage. La Colombie, ça a été un pays qui m'attire de par la culture, le fait que tu as beaucoup de musique, la vie est… » La vie en Amérique latine, il fait chaud aussi. Et je trouve que tu as une diversité au niveau des paysages qui est assez incroyable. Tu peux faire de la randonnée, tu peux faire vraiment plein de choses. Tu as la mer aussi, puis tu as le climat. Et tu avais aussi ce côté très chaleureux que tu retrouves un petit peu partout. Et du coup, c'est plutôt, on va dire, le vent qui m'a amenée en Colombie. Et je me suis dit, maintenant, je ne vais pas dire non parce que je pense que ça peut être une super expérience. et puis il y a aussi surtout le fait que Quand j'étais en Amérique du Sud pendant mon voyage, tout le monde me parlait vraiment en bien de l'Amérique latine, enfin de la Colombie, je veux dire. Et du coup, ça a vraiment attiré mon attention.
- Speaker #1
D'accord. C'est top. C'est bien parce que deux choses que moi, je retiens jusqu'à présent, c'est déjà tout de suite, tu as su que l'Amérique du Sud, c'était pour toi. Et c'est vrai que c'est difficile des fois de toujours, et vite trouver entre guillemets, sa destination. Toi, j'ai l'impression que tu as toujours cette fibre. et qui t'a dirigé vers l'Amérique du Sud et c'est excellent. Et ensuite, c'est les opportunités. Comme quoi, des fois, tu vois, c'est les opportunités qui viennent te chercher et quand elles viennent te chercher, il faut justement y répondre, tu vois. Tu l'as dit au début du podcast, tu es arrivé au mois de juillet. Quand tu arrives en Colombie, deux choses. Premièrement, comment tu choisis la ville ? Parce qu'on ne le dit pas souvent, mais la Colombie, c'est quand même grand. Tu as beaucoup de villes. Donc, comment tu choisis la tienne ? Et surtout, c'est quoi tes premiers feelings quand tu arrives ?
- Speaker #0
Moi, je n'ai pas du tout choisi la ville parce qu'en fait, mon taf, il était à Cartagène, l'agence. Et donc, du coup, je me suis retrouvée un petit peu par hasard ici. Mais ce que je pourrais te dire, tu as quand même trois villes qui sont assez quand même connues en Colombie. Tu as Cartagène qui est vraiment sur la côte carribe. Tu as Medellín et tu as Bogota. Cartagène, c'est vraiment une ville où il fait très chaud quand même. C'est sur un côté assez festif aussi. De toute façon, à la Colombie, même Medellín ou Bogotá sont des villes hyper festives aussi. Alors que Bogotá, tu es plus dans les Andes. Le climat, de ce que je sais, c'est quand même un peu plus dur parce que tu vas avoir quand même pas mal de pluie dans une journée. Il peut y avoir du beau temps. Après, il peut pleuvoir. Il fait toujours entre 15 et 20 degrés. Et c'est vrai que Medellín, tu as pas mal de montagnes. Moi, je ne suis encore jamais allée. Mais de ce que j'entends, c'est que tout le monde a l'air de dire que c'est l'endroit parfait pour... pour y vivre et s'installer. Donc voilà un petit peu par rapport à ça.
- Speaker #1
Et justement, quand tu arrives à Cartagène, c'est quoi tes premières sensations ? Alors je sais que tu connaissais un peu, parce que tu l'as dit au début du podcast, tu avais quand même voyagé pas mal en Amérique du Sud, mais tu l'as aussi dit, voyager et vivre, ce n'est pas pareil. Quand tu arrives, c'est quoi tes premières sensations avec la ville et surtout, alors tu as déjà le travail, ça c'est une très bonne chose, mais comment tu fais pour trouver ton appartement et comment tu commences entre guillemets à... à lancer ta vie, en fait, tout simplement, là-bas ?
- Speaker #0
Oui, alors, si tu veux, c'est vrai que quand je suis arrivée à Cartagène, déjà, tu as quand même le côté où tout est nouveau, tu ne connais personne, et tu as aussi la langue qui est différente. C'est vrai que moi, je pensais que je parlais bien espagnol, mais quand je suis arrivée sur la côte, je ne comprenais rien du tout, parce qu'ils ont un accent qui était assez fort. Mais je me suis sentie assez bien. C'est vrai que... pour le côté, tout change parce que tu dois trouver un nouvel appartement, mais tu as aussi les banques, tu as aussi Fertas et Doula qui est en fait ta carte de résident. Donc, tu as tout le côté administratif aussi que tu dois faire. Moi, ce que j'avais fait, c'est qu'au début, j'étais dans une auberge de jeunesse. J'avais pris une auberge de jeunesse sur deux semaines. Je m'étais dit, c'est bien pour s'intégrer au début, pour ne pas être seule non plus, pour faire des connaissances aussi. Et je me suis dit, une fois sur place, je trouverai un appartement. Et en fait, franchement, j'ai eu de la chance, on ne va pas se mentir. J'ai eu une bonne étoile. Mais en fait, mon boss, il est français, mais lui, sa femme est carthagène. Et du coup, ses filles prennent des cours à l'Alliance française. Donc, c'est en fait une association où tu peux prendre des cours de français. Du coup, j'ai eu le contact d'un Français qui était là-bas. Du coup, moi, je cherchais une coloc. mais il m'a redirigée vers un site qui s'appelle Comparto Apto. Et en fait, c'est un blog qui met en contact des personnes qui ont des apparts et qui cherchent en fait une personne en coloc. Et du coup, j'ai fait mon petit profil et j'ai rencontré ma coloc actuelle qui est colombienne. Et en fait, ça s'est fait tout de suite. Mais si tu veux, quand tu ne connais pas, tu as des appréhensions. Je me suis dit non mais attends, je ne la connais pas. qui sait, et tu sais en Colombie, tu entends aussi pas mal de choses où il faut faire super attention. Donc, il y a quand même toujours ce côté un petit peu d'appréhension où tu te dis, je ne sais pas où je mets les pieds, tu regardes toujours le quartier où il est bien. Puis après, je me suis dit, non mais il faut aussi faire confiance, il ne faut pas être bête, mais si tu veux, j'ai eu une super chance, on est deux filles et la coloc est super. Et du coup, au bout de deux semaines, j'ai trouvé, si tu veux, mon appartement. Et en fait, en Colombie, c'est vraiment facile de trouver une coloc parce que… Il y a même beaucoup de Colombiens qui vivent en coloc.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais te poser comme question, parce que je vois, moi, je vis à Toronto, et l'Amérique du Nord, c'est connu pour la colocation, parce qu'ici, les loyers, c'est... C'est tombé, c'est une catastrophe. Et du coup, tu confirmes que, aussi, ça se fait beaucoup, aussi, la colocation en Amérique du Sud, et notamment en Colombie ?
- Speaker #0
Ouais, alors, je pense que... Moi, de ce que je vois à Cartagène, en tout cas, ça se fait beaucoup, parce que, si tu veux, Cartagène, c'est une ville où... C'est assez... Enfin, t'as un côté qui est assez touristique, quand même. Et du coup, c'est ce qui fait que si tu veux être bien placé, c'est quand même assez onéreux. Et du coup, tu as quand même pas mal de colocs qui se font. Même sur Medellín, Bogota, franchement, je connais pas mal de Colombiens. Enfin, tout le monde est assez facilement en colocation aussi. Donc, je te dis, voilà, tu as pas mal de sites que tu trouves assez facilement.
- Speaker #1
D'accord. Et ça fait quoi ? Six mois que tu es là-bas à peu près ? J'arrondis, mais ce n'est pas loin. Est-ce que tu as déjà rencontré pas mal de Français là-bas ? Est-ce qu'il y a beaucoup de Français aussi qui vivent et qui tentent l'expérience cartagène ?
- Speaker #0
Tu as quand même beaucoup, beaucoup de voyageurs. Tu as beaucoup de Français aussi quand même, je trouve. Et après, c'est une petite…
- Speaker #1
Qui vivent là-bas ou qui sont juste en vacances ?
- Speaker #0
C'est ça qui est un petit peu dur, je trouve, à Cartagène, moi, de mon côté. C'est que tu sens que les gens sont quand même assez de passage. Donc, si tu veux, tu sens que tu vas avoir des amitiés qui vont être… Les gens vont rester, par exemple, juste en vacances deux semaines et ils sont de passage à Cartagène. Ou alors, ils sont, tu vois, sur un stage de six mois ou un stage d'un an. Mais si tu veux, j'ai rencontré des vrais expats, entre guillemets, ça fait quatre, cinq ans qu'ils sont là. Mais la tendance, elle est plutôt sur tu es de passage quelques mois et après, tu vas un petit peu ailleurs. Surtout si tu es en PVT, etc. Je trouve que c'est vrai que c'est un peu ce que font beaucoup de gens. Ou tu vois, de se faire des vrais potes entre guillemets sur du long terme, ça va dépendre un petit peu des rencontres que tu as.
- Speaker #1
D'accord. Tu sais, on parle souvent, quand on parle à l'étranger, on parle souvent des choses culturelles. On parle souvent de vouloir s'adapter aussi à une nouvelle culture. Moi, j'ai vécu ici à Toronto, mais sous un degré différent, parce que même si Toronto, c'est différent de Paris, ça reste des villes quand même assez proches. C'est des villes-villes cosmopolites, avec des personnes qui ont à peu près la même, pas forcément la même culture, mais la même mentalité. Donc, s'adapter, c'est quand même un peu plus facile. Toi qui fais vraiment un « gap » , entre guillemets, en allant en Colombie, il y a vraiment une différence culturelle avec la France. Même si tu connaissais déjà un petit peu, parce que tu avais voyagé. Comment tu fais pour t'adapter ? à ce choc culturel, comment tu t'adaptes à la vie des gens qui vivent là-bas, des locaux qui doivent vivre d'une manière différente par rapport à ce que tu as connu sur Paris. Comment tu fais pour t'adapter à ça ? Et c'est quoi ce que tu préfères dans cette culture, justement ?
- Speaker #0
C'est une super question parce que tu vois, même, tu en apprends tout le temps. Même quand tu fais un voyage, tu ne peux pas prétendre connaître... une culture est haute et c'est vrai que t'as vraiment un choc culturel quand même qui fait que c'est totalement différent et je pense que tu t'adaptes dans le sens où il faut te dire que c'est une nouvelle façon de vivre, c'est une nouvelle façon de fonctionner aussi et il faut être vachement, je trouve, en se disant je découvre, je m'intègre c'est quelque chose qui soit tu vas te dire, en fait, j'adore leur manière d'être Merci. leur manière de fonctionner. Et en fait, peut-être que tu vois, je me dis, je vais garder cette façon de vivre aussi. Et à la revoir, s'il y a des choses où tu te dis, on sent qu'on est différent, mais je pense qu'il ne faut pas se bloquer ou se braquer en disant, oh là là, tu sais, des fois, tu vas avoir le truc de, ils sont bizarres, ou tu sais, des fois, tu as des gens qui peuvent dire ça, alors qu'en fait, pas du tout. Je trouve que c'est juste des façons de vivre qui sont différentes. Et je trouve que ça te permet une ouverture d'esprit parce que du coup... Ils t'apprennent aussi, on va dire, à vivre de manière autrement, tu vois, parce que c'est un choc culturel, comme tu dis. Je trouve que ce que j'aime beaucoup, c'est le côté… Enfin, tu as une bienveillance, mais tu as une facilité où les gens vont facilement te dire… Tu vois, dans les rues, c'est « Salut, comment ça va ? » Enfin, tu ne te connais pas et en deux minutes, les gens peuvent être tes potes. Et je trouve que ce que j'adore en Colombie, c'est que tu as vraiment… une sorte de bienveillance où tout le monde veut t'aider aussi. Et c'est vachement plus tourné sur l'opportunité, dans le sens où tu vois, tu vas être dans un magasin, tu vas parler deux minutes avec la vendeuse, et après, elle va te dire, tu fais quoi demain ? Allez, viens, on va boire un verre. Et en fait, je trouve que c'est ce côté facilité de faire des rencontres, parce que pour le coup, je pense que l'Amérique du Sud, c'est vraiment un pays où c'est facile de s'intégrer et de se retrouver dans des endroits un peu improbables où tu as rencontré quelqu'un, et on va te proposer... on va te proposer, si tu veux, une sortie, une activité. Et en fait, tu te retrouves là et tu te dis, mais c'est complètement dingue parce que, tu vois, en France, on n'est plus méfiant quand tu ne connais pas des personnes, alors que là, ils sont hyper chaleureux. Et en fait, ils sont hyper contents quand tu es ouvert un petit peu à tout ça.
- Speaker #1
Mais je pense que c'est marrant parce qu'on en a parlé un peu en off et on se connaît un peu maintenant depuis quelques semaines vu qu'on préparait cet épisode. Moi, je ressens une énergie folle et une sociabilité aussi folle chez toi et j'ai l'impression que t'es au bon endroit pour la personne que tu es. Tu vois ce que je veux dire ? Parce que c'est vrai que quand, par exemple, tu me dis « Oui, les gens, c'est facile de se faire des amis, etc. » Ouais, mais il faut aussi que toi, tu sois réceptif et que tu sois aussi dans ça. Si tu ne l'es pas, forcément, ça ne va pas marcher, même si eux, ils sont super gentils. Donc, je pense que... Et c'est ce que je disais aussi au début, je trouve vraiment que tu as trouvé ta place naturellement, si je peux dire ça comme ça, tu vois.
- Speaker #0
Bah, écoute, non, merci, mais c'est vrai qu'en fait, je pense aussi que quand tu voyages, il faut que tu sois ouvert à faire des rencontres, c'est-à-dire qu'il faut vraiment que tu ailles tourner sur l'opportunité. Et c'est-à-dire que, tu vois, il y a des fois où tu n'as pas envie de sortir, mais je trouve... Après, chacun est comme il est. Et c'est vrai que je trouve que c'est important aussi des fois de se poser. Mais on va dire qu'en fait, surtout au début, des fois, tu as un peu peur parce que tu ne connais pas. On t'a proposé d'aller, je ne sais pas, par exemple, faire une sortie quand tu ne connais pas. Et quand tu es tout seul, tu as deux fois plus d'opportunités. Tu fais des rencontres assez improbables. Et moi, le truc que je trouve qui est pas mal quand tu es dans un pays que tu ne connais pas, C'est aussi de s'inscrire dans des assos. Par exemple, moi, j'adore la course à pied. Je me suis dit, pour rencontrer des gens, il n'y a rien de mieux que le sport ou une association culturelle comme la musique où tu fais du piano ou tu fais de la chanson. Essaye de trouver une activité qui te plaît et qui va te permettre de rencontrer des personnes et du coup, tu vas sympathiser. c'est là où après... tu vas te retrouver dans des endroits un petit peu nouveaux aussi et où tu vas vraiment te plaire.
- Speaker #1
De fou, je suis grave d'accord avec ce que tu dis. Et justement, je rebondis sur ça. C'est quoi aujourd'hui ton quotidien, toi, à Cartagène, à l'heure du travail ? Qu'est-ce que tu fais ? Comment tu t'amuses ? Il y a la plage aussi, si je ne dis pas de bêtises, non ? Oui,
- Speaker #0
il y a la plage. Non, non, non, il y a la plage. Mais tu vois déjà... Pour moi, ça a été un grand changement parce qu'à Carthagène, il fait 30 degrés tout le temps. Il faut savoir que le climat, c'est un climat tropical. Donc en fait, il fait super chaud. Et finalement, c'est chaud tout le temps. Tu transpires tout le temps. C'est une ville où tu sais que tu vas avoir… Après, du coup, il fait beau aussi tout le temps. Du coup, je pense qu'il faut aussi que tu te dises « je suis dans un endroit que je n'ai pas l'habitude de connaître parce que… » c'est une ville que je connais moins mais il faut que tu t'adaptes aussi un peu par rapport à ça mais c'est vrai que pour revenir à ce que tu disais moi mon quotidien bah voilà t'as la différence entre voyager et travailler et pour le coup moi je suis vraiment sur un travail et donc je suis avec un comment on dit un contrat un contrat colombien donc si tu veux t'as un peu la duréalité où bah tu vois je suis en 48 heures par semaine et j'ai que trois semaines de vacances. Et j'ai un jour...
- Speaker #1
48 heures quand même.
- Speaker #0
Oui, en Colombie, tu as quand même 48 heures. Donc, tu as intérêt de bien aimer ce que tu fais et tu as intérêt de te plairouter.
- Speaker #1
Parce que 48 heures par semaine, ça fait par exemple un lundi ou un mardi. Par exemple, aujourd'hui, on est lundi. C'est quoi tes horaires ? C'est genre, ça va être à 9h, 19h ?
- Speaker #0
Alors, franchement, c'est... cool, moi je fais 9h, 17h30 et j'ai 30 minutes de pause pour manger.
- Speaker #1
Du coup,
- Speaker #0
c'est cool parce que je finis quand même à 17h30, mais en fait, je fais ça du lundi au vendredi et je bosse le samedi de 9h à 14h. Donc, c'est clair que je n'ai qu'un jour et demi de repos. Et en vrai, en Colombie, c'est rare, mais c'est rare d'avoir deux jours consécutifs quand tu es vraiment sur un contrat en temps plein.
- Speaker #1
C'est ouf, franchement, je ne savais pas du tout. Ça change de nos 35 heures.
- Speaker #0
Ça change, tu vois, moi, j'étais là, ouais, franchement, 5 semaines, c'est pas beaucoup. En vrai, tu me dis, bon, finalement, ça serait cool, parce que 3 semaines, en vrai, c'est rien. Tu vois, c'est là où tu te rends compte que 3 semaines, c'est pas énorme, et du coup, c'est pour ça que je te disais, t'as intérêt de te plaire où tu es, et après, non, ce que je fais en dehors du boulot, parce que tu vois, aussi, ça a été dans... un peu dur pour moi où au début, je bossais vraiment comme une malade parce que du coup, c'était aussi un nouveau secteur, un secteur d'où tu ne viens pas du tout. Donc, j'avais vraiment du mal. Enfin, j'avais l'impression que je ne faisais que bosser. Et je me suis dit, mais en fait, si c'est pour être en Colombie et passer ma vie à bosser, autant rentrer en France et tu prends tes semaines de vacances. Et au moins, là, tu voyages pour de vrai. Parce que du coup, je me suis dit, je suis dans une agence de voyage, mais je ne voyage pas tant parce que tu as quand même tes 48 heures par semaine. Donc voilà, il faut trouver un petit peu ça climaté. Maintenant, ça y est, c'est bien. J'ai commencé à trouver un peu, à m'adapter. Mais c'est vrai que tu vois, la semaine, on va dire, dès que je suis née à 17h30, souvent, je vais aller courir. Je vais faire un petit peu du sport. Et après, ce qui est cool aussi, à Cartagène, tu vois, c'est que t'es dans une ville où tu peux faire la fête tous les jours, tout le temps. T'as plein d'événements. Que tu sois un lundi, que tu sois un mercredi ou un samedi, finalement, t'es un peu en week-end de quand tu veux, quoi. Et donc, si tu veux, c'est cool, c'est que t'as quand même pas mal d'événements qui font que tu peux facilement sortir et donc, c'est souvent que je vais aller boire un coup, que voilà, je vais sortir. Des fois, je me retrouve, je te retrouve au bar et tu bois une bière, deux bières et après, tu sais qu'en fait tu vas finir un peu plus tard et que le lendemain va falloir assumer mais c'est vrai que du coup c'est pas en fait en Colombie après je sais pas et ça dépend de ta façon d'être aussi encore une fois mais moi j'ai pas un mardi je fais ça un mercredi je fais ça et je fuis un peu la routine aussi donc c'est top je voulais lancer un sujet avec toi qu'on a parlé un peu en...
- Speaker #1
en off et quand je préparais cette interview, j'avais hâte aussi d'en discuter avec toi. On en parlait un peu, donc je vais mettre un peu d'humour, mais tu sais, moi j'ai connu la Colombie via Narcos,
- Speaker #0
sur Netflix.
- Speaker #1
Donc pour moi, la Colombie, c'est cartel, drogue et flingues à tout va. Pour moi, c'est quand même assez dangereux, tu vois. C'est comme ça que je vois la Colombie. Je suis désolé pour les Colombiens qui m'écoutent, s'il y en a qui m'écoutent, mais c'est Narcos, c'est Narcos qui m'a fait voir la Colombie comme ça. Faut qu'il vit là-bas depuis maintenant six mois et surtout en tant que femme. Comment tu juges vraiment la sécurité en Colombie ?
- Speaker #0
Oui, ça me fait rire ce que tu me dis, parce que je savais que tu allais me poser cette question-là.
- Speaker #1
Oui, obligée.
- Speaker #0
Et ce qui est normal, et je pense qu'il y en a beaucoup qui disent ça, tu vois, moi, mes parents, quand je leur ai dit que j'allais vivre en Colombie, ils m'ont regardée en mode, ben non, en fait, pourquoi ? Entre guillemets, ils auraient préféré que je m'expatrie en Espagne, tu vois. Ils se sont dit, bon... Ça aurait été un peu plus facile. Après, je trouve qu'on a quand même une mauvaise image de la Colombie. Et c'est vraiment dû à ce que je te disais, la série Narcos, la série aussi. Pablo Escobar a malheureusement, dans les années 80, mis un nom sur la Colombie de manière vraiment négative avec toutes les atrocités qu'il a faites. Mais je ne me sens absolument pas en insécurité. dans le sens... où bien sûr, il va falloir faire attention où c'est que tu vas être. Mais ça, si tu veux, c'est un petit peu comme quand tu es en France, tu ne vas pas aller te balader dans les quartiers nord à Marseille. Si tu veux, c'est un peu pareil en Colombie, tu ne vas pas aller au fin fond des comunas tout seul. Après, quand tu es dans la ville, je trouve que bien sûr, le soir, tu vas rentrer, tu vas prendre un taxi. Et c'est vrai que sur le sujet de la sécurité, Moi, je ne me sens pas en insécurité. Après, tu sens que… Il y a des moments où tu sens que tu es dans une rue, par exemple, où tu vas être plus regardé, tu vas plus attirer l'attention parce que forcément, j'ai une tête d'étrangère, j'ai une tête d'européenne. Ils nous disent qu'est-ce qu'il y a de fou là ? Elle n'est pas forcément à sa place. Mais tu ne vas pas… Tu n'as pas de violence gratuite comme… En France, des fois, je ne sais pas, tu vas griller un feu rouge, on va te taper dessus. Après, je vais te dire, ici, les feux rouges, tout le monde les grille. Donc, tu n'auras jamais ce problème-là. Tu n'auras jamais ce problème-là. Mais ce que je veux te dire, c'est qu'en fait, si tu cherches... Alors, tu vas avoir des problèmes si tu vas vouloir, je ne sais pas moi, chercher de la drogue, etc. Ou que tu vas te... En Colombie, il faut le dire, tu as quand même beaucoup de prostitution. t'as quand même beaucoup de prostitution et donc faut faire attention par exemple si t'es un mec après c'est du bon sens par exemple si t'es un mec t'es sur Tinder tu vois des belles meufs tu vas swiper et tout tu vas commencer à vouloir parler avec forcément si elles te disent viens on te voit et que tu leur proposes de venir chez toi peut-être que c'est pas la bonne idée avant de voir comment elle est et parce que bien sûr sinon tu t'exposes à un risque qu'on te drogue, qu'on te vole tes affaires. Bien sûr. Et ça, ça arrive, bien sûr. Et vraiment, en Colombie, ça arrive beaucoup. Mais c'est des choses où, si tu ne cherches pas la merde, rien ne va t'arriver. Moi, en tant que femme... Je sens que tu as beaucoup de machisme quand même. Et ça, c'est vrai que c'est un petit peu dur. Tu vois, tu sens que les mecs, ils sont assez machos quand même.
- Speaker #1
Ça se traduit comment justement ce machisme ? Comment tu le vois ?
- Speaker #0
Ça se traduit que tu es une femme, tu n'as pas le droit de payer. Bon alors après, tu vas dire tant mieux. Mais c'est vrai que moi, c'est quelque chose qui me gêne. Non, mais c'est un truc où en fait, tu sens que tu as vachement le côté où pour eux, si une femme, je ne sais pas, tu vas boire un verre. tu vas boire un verre, on t'invite une fois, deux fois, je ne sais pas, au bout de la troisième fois, tu vas dire, « Bon, ben, vas-y, je paye mon verre aussi. » Parce que moi aussi, je trouve que c'est une pression de quand on m'offre toujours à boire, à un moment donné, tu te dis, « Bon, ben… » En fait, ça ajoute un côté de respect, je trouve, aussi, ou en mode ce côté très viril, tu vois, où c'est le mec qui doit s'occuper de tout, etc. Et après, je pense qu'aussi, tu as le côté très culture, très protecteur, tu vois. Meeh ! Nous, en tant qu'Européens, moi, je le perçois des fois comme un manque de liberté. Et c'est vrai que je sais que pour eux, j'en ai déjà parlé avec des Colombiens, ils me disaient que c'est vrai qu'on a un côté hyper indépendant où nous, on recherche vraiment cette indépendance-là. Et c'est vrai que du coup, des fois, tu as cette incompréhension entre les deux. Moi, je suis là, mais en fait, ça me fait plaisir de t'inviter. Et eux, ils me disent, non, mais en fait, moi, je n'ai pas envie. par exemple par rapport à ça tu vois où après, tu as le côté très macho, où en gros, la femme, elle prend soin de son mari. Tu vois, tu as quand même un petit peu ce côté un petit peu arriéré où tu vois la femme, elle fait à manger. Ce côté un petit peu rétro, ouais, tu vois, que tu vas vraiment retrouver un petit peu. Après, je ne dis pas partout et je n'en fais pas une généralité parce que bien sûr, tu as des différences, mais je trouve que la majorité, tu as à côté même un petit côté assez machisme ici.
- Speaker #1
Et justement, je parlais de tes parents tout à l'heure. Quand tu as déjà ta famille, que tu es allée en Colombie, personne n'a essayé de te décourager de ne pas y aller. Justement, comment tu as affronté ces remarques ? Est-ce que tu les as prises en mode, non mais ne vous inquiétez pas pour moi, je suis une grande fille, je peux me débrouiller ? Ou est-ce que tu les as prises en mode, ils ne me font pas assez confiance ? Parce que tu sais, des fois, quand tu parles à l'étranger, les personnes qui peuvent le plus tuer ton projet, ça va être tes proches, parce qu'ils vont s'inquiéter pour toi. Et ils ne le tuent pas de manière méchante, mais c'est parce qu'avec des réflexions, des... des inquiétudes de la confiance. Moi, je sais par exemple que quand je suis parti, parce que j'ai eu la chance de vivre à Hong Kong pendant six mois, avant de partir à Hong Kong, ma mère ne voulait pas me laisser partir parce qu'elle m'a dit « Non, tu ne vas pas te débrouiller tout seul parce que dans la tête de ma mère, je suis incapable. Je ne sais pas faire des pages, je ne sais rien faire. » Mais je ne suis pas un débrouilleur. Après, c'est ce que je lui ai montré aussi, donc je ne suis pas la même. Mais elle m'a dit « Non, tu ne vas pas là-bas parce que tu ne vas pas te débrouiller, tu vois. » Et au final, j'y suis allé, ça s'est très bien passé. Donc c'est pour ça que quand tu m'as posé la... Quand tu m'as dit ce que tu m'as dit par rapport à ta famille et tes parents, est-ce que tu ne l'as pas pris aussi comme un... Je ne veux pas dire comme un manque de confiance, mais comment tu as fait pour protéger ton projet ?
- Speaker #0
Après, franchement, je me suis peut-être un peu mal exprimée, mais tu vois, moi, mes parents, ils m'ont toujours vraiment soutenue dans mon projet. C'est-à-dire qu'à partir du moment où je leur ai dit, voilà, j'ai ce projet-là et je vais l'accepter, si tu veux, ils étaient un petit peu préparés parce qu'il faut savoir que quand j'étais en... En fait, quand j'ai fait mon voyage de trois mois, je suis revenue, enfin, je viens vraiment d'une petite ville, tu vois. Je me suis tout de suite remise dans ma routine. J'avais mon taf, j'avais mon CDI, j'avais mon appartement. Et en fait, j'ai pris un énorme coup de flip en me disant « mais j'ai toute ma vie pour m'installer, entre guillemets, tu sais, genre, en mode, tu fais ton voyage et après, ça y est, je m'installe dans la vie active, tu vois. » Parce qu'au début, c'était vraiment l'idée. Et en fait, quand je suis... Quand je suis rentrée de mon voyage, je me suis dit, mais non, en fait, je suis trop jeune pour m'installer. J'ai trop de choses à vivre. Et du coup, mes parents, quand j'étais en France, ils sentaient que j'avais ce petit manque. Je ne sais pas comment dire, mais je leur en parlais en mode, ouais, j'ai envie de bouger. Ils se préparaient déjà à ce que je veuille partir un petit peu à l'étranger. vu que ça m'a aidé d'être partie toute seule en Amérique latine. Ils ont été un peu accomplis dans le sens où je suis partie sur ces trois mois, deux mois avec une pote sur les trois mois. Et en fait, elle, elle est restée un mois et demi. Et si tu veux, elle, vraiment, l'éloignement avec sa famille, hyper difficile. Et du coup, elle m'a dit, écoute, moi, je ne me sens pas de rester. Est-ce que ça te gêne si je pars ? Et toi, je n'en ai pas voulu. En vrai, tu ne te sens pas bien. Rentre, il n'y a aucun problème. Et du coup, c'est sur place où moi, j'ai pris la décision en mode, est-ce que je me sens capable de faire mon voyage et d'être toute seule en Amérique du Sud comme ça ? De toute façon, j'y étais. Du coup, mes parents, quand je leur ai dit, c'est vrai qu'ils ont eu ce côté, ça les a fait flipper. Mais en fait, ils ont vu que ça s'est très bien passé. Donc, je pense que quand je leur ai dit que j'allais vivre en Colombie, ils ont eu moins peur parce que du coup, j'avais déjà fait entre guillemets ce un mois et demi toute seule. Et après, j'ai vraiment de la chance d'avoir une famille qui… qui m'a soutenue. Et tu vois, mon père, il m'a toujours dit un truc qui est chouette et qui m'a dit en mode on ne fait pas des enfants pour qu'ils restent vers nous. Et je pense que c'est une chance aussi parce que tu as des familles où ils veulent que leurs enfants soient absolument justement avec eux et ils ont beaucoup de mal à les laisser partir entre guillemets. Et je pense que là, c'est difficile. Et tu as ce sentiment de culpabilité qui est encore plus fort. Et c'est vrai que j'ai de la chance de ne pas le connaître.
- Speaker #1
Non, non, je suis d'accord avec... Avec ce que tu dis, après, je pense que, effectivement, le fait d'être parti déjà de faire ton mini-trip en Amérique du Sud, ça t'a déjà toi renforcé. Avant même de renforcer tes parents, ça t'a toi renforcé. Et puis forcément, après, tu ressors grandit. Tu vois, moi, je me remets un peu sur mon histoire de Hong Kong, mais quand je suis revenu à Hong Kong et ma mère, elle a vu que j'ai réussi à me débrouiller tout seul, que je suis revenu avec mes deux bras et mes deux jambes. Forcément, quand je lui ai dit, écoute, je vais repartir à l'étranger, là, elle m'a plus laissé tranquille, tu vois, parce que j'avais fait mes preuves. Donc, non, non, non, je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
C'est qu'en fait, je pense que si tu pars du jour au lendemain comme ça, je pense que pour tes parents, c'est plus dur. Mais quand tu te l'as un petit peu habitué, entre guillemets, et que tu es là en mode, tu as vu, je suis en un seul morceau, tout s'est bien passé. Tu vois, la Colombie, ce qui est un peu dur, c'est que moi, ce qui me manque un peu, c'est que tu as quand même ce sentiment de manque de liberté, dans le sens où tu vois, par exemple, j'adore courir, mais tu ne peux pas courir n'importe où, tu vois. Tu es obligé de regarder où c'est que tu vas. Et ça, c'est vrai que c'est un moment où il faut quand même se préparer en mode, tu vérifies quand même deux fois ton itinéraire avant de te dire, tiens, je vais de tel endroit. Sauf si tu es dans des villages, et là, c'est plus tranquille. Mais tu vois, sur Bogota, par exemple, tu es vite. Tu es sur Carthagène, tu peux y être sur le nord. Mais quand tu es dans le sud de la ville, tu es vite aussi, tu vois. Mais non, c'est sûr.
- Speaker #1
Là, ça fait six mois que tu es en Colombie. Tu as déjà vécu aussi une expérience à toi toute seule en partant voyager avec un sac à dos. Toutes ces expériences-là, en quoi elles t'ont fait progresser ? Est-ce qu'aujourd'hui, la Salomé, elle est plus forte que la Salomé d'avant toutes ces expériences ? Et si oui, où tu sens que tu as progressé ?
- Speaker #0
Mais ça, c'est une évidence que quand tu pars, je trouve que tu te développes et en fait, tu te grandis. Et tu vois, j'ai énormément progressé sur mon ouverture d'esprit déjà, parce qu'en fait… tu rencontres des gens de différents horizons partout, tu parles avec tout le monde. Et c'est vrai que tu te rends compte que ta vision de la vie que tu avais n'est peut-être pas forcément la bonne ou du moins, tu as une autre version, tu vois, dans le sens où ce n'est pas tout blanc ou ce n'est pas tout noir, entre guillemets, tu vois. Et en fait, peut-être que toi, tu avais une perception de la vie et aussi, ça te modifie un peu et ça peut te perturber parce que tu te dis, bah, purée, en fait, tout ce temps-là, j'ai pensé que... voilà, j'ai pensé telle situation et finalement, ce n'est pas le cas. Et je trouve que tu as ça, tu as capacité d'adaptation, tu vois. Bien sûr, en fait, c'est une évidence que quand tu pars à l'étranger, tu progresses en fait et que tu te développes. Et je pense qu'il y a le côté en tant que femme et vraiment, tu vois, c'est à ce côté fierté où je me dis, je peux me débrouiller toute seule. J'arrive à faire... finalement j'arrive à faire ce que je veux, quand je veux, comme je veux, sans que personne me dise ce que je dois faire. Et ça c'est aussi un côté fierté et je trouve que le voyage te permet de te dire que t'es pas obligé de suivre les codes en mode si demain t'as envie de partir mais tu pars, si demain t'as envie de voyager mais voyage. Et en fait je trouve que ça te permet de te dire que tout est possible et que c'est toi qui te mets des limites en fait finalement. C'est hyper bateau ce que je vais dire mais en vrai je trouve... que ça aide vraiment par rapport à ça.
- Speaker #1
Clairement. Et non, non, ce n'est pas tout ce que tu dis. C'est vrai parce que tu sais, on est dans une génération aujourd'hui où on a du mal un peu à trouver notre place. Souvent, on est aussi sous la pression de la société. Ouais, il faut un enfant à tel âge, il faut ceci, il faut une maison, il faut avoir acheté sa maison, il faut avoir une voiture. On a beaucoup de choses qui nous sont dites et qui nous sont vendues comme étant clés pour l'épanouissement personnel, alors que des fois, ce n'est pas forcément le cas. Et encore plus quand tu es une femme, en plus. Donc, tu vois, moi, j'ai reçu beaucoup de femmes dans mon podcast jusqu'à présent et je suis content parce qu'elles sont toutes parties à l'encontre de ça. Elles sont parties vivre à l'étranger, faire leur truc, recommencer leur vie. Et au final, ça ne t'empêche pas aussi d'avoir ce que tu veux en tant que femme, tu vois, de partir à l'étranger.
- Speaker #0
Non, non,
- Speaker #1
ce n'est pas du tout bateau ce que tu racontes.
- Speaker #0
C'est très fort. Et tu vois, je rebondis sur ce que tu dis, c'est-à-dire que moi, j'avais quand même une vie très stable, vraiment. Tu vois, j'avais même mon copain et j'habitais en appart. Du coup, on est plus à te dire, c'est quand que vous vous installez ? Tu sais, la petite vague du « c'est quand que vous vous posez ? » « C'est quand que vous vous mariez ? » Mais tu sais, genre… Finalement, et en fait, c'est vrai que quand je suis revenue, je me suis dit mais ouais, j'ai que 23 ans et en fait, cette vie-là, elle est géniale, mais pour l'heure actuelle, c'est pas ce que je recherche et j'avais peur d'avoir ce regret-là. Et en fait, le fait qu'en un an, j'ai quitté mon boulot et j'ai vraiment changé un peu mon mood, on va dire, parce que j'avais envie de m'ouvrir aussi et de connaître d'autres horizons, tu vois, t'as ce côté où on va dire… « Purée, mais elle a pris un virage, qu'est-ce qui s'est passé ? » Et t'es là, mais en fait, tout va bien, c'est juste que j'avais envie de le faire aussi, tu vois. Mais c'est vrai qu'on m'a sorti en mode « Purée, mais t'as pris un virage » . Et tu sais, des fois, t'as ce côté de… Tu vas te dire « Mais pourquoi d'un coup, je suis si instable ? » Tu sais, t'as ce côté des fois où tu te poses des questions et tu flippes en mode « Purée, mais finalement, qu'est-ce que je recherche et pourquoi j'ai voulu ça ? » Mais après, je pense que c'est aussi des choses que tu vis et que tu pourras… que tu ne pourras jamais expliquer parce qu'en fait, finalement, une stabilité, tu la retrouveras. Je veux dire, chacun retrouve une stabilité si tu la veux, tu vois. Par contre, une expérience à l'étranger, en vrai, c'est ton histoire et chaque expérience est différente parce que chaque lieu est différent, tu vois. Et je trouve que tu te retrouves à un endroit un peu de manière par hasard parce qu'en fait, si tu ne le fais pas et que tu te satisfais et que tu veux le faire, je pense que toute ta vie, tu auras ce regret de pourquoi je ne l'ai pas fait.
- Speaker #1
Et justement, toi qui parlais de réponses et de questions, est-ce que le fait d'être partie à l'étranger, de vivre ton aventure que tu es en train de vivre actuellement, est-ce qu'elle t'a aidé à répondre à tes questions que tu te posais avant ? Est-ce qu'aujourd'hui, tu as trouvé tes réponses ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Pas encore ?
- Speaker #0
Non, dans le sens où, si tu veux, en fait, c'est une parenthèse aussi, quand tu es un petit peu, je trouve, expatrié, entre guillemets. C'est-à-dire que c'est une pause entre... tu n'es pas totalement en France, mais tu es connecté à la France quand même parce que c'est ton pays, c'est ta culture. Tu suis un peu les actualités. Mais d'un côté, tu vas te dire, de toute façon, je n'y suis pas. Tu sais, tu as un peu cette distance-là qui te aide. Et d'un côté, tu es aussi étranger dans le pays où tu vis. Parce que franchement, tu es étrangère. Du coup, tu n'es plus celui en mode, je ne suis que pour un temps également. Du coup, tu es un peu entre les deux. Et je pense que c'est une chance. C'est une chance, tu vois. Là, je le prends vraiment comme du bonus parce qu'en fait, je ne sais pas, tu vois. Mais moi, c'est vrai que je suis quelqu'un où tu vas tout le temps te dire, bon, c'est quoi la suite ? Et c'est quoi mon prochain projet, en fait ? Et où c'est que je veux aller ? Et là, je trouve que c'est un peu une parenthèse de je vis ce que j'ai à vivre sur le moment même. Et en vrai, quand j'en ai marre ou quand j'ai envie de changer ou si j'ai envie de revenir en France, le moment sera venu. Mais du coup, je pense que ça te permet... De ne pas t'enfermer dans quelque chose, de t'expatrier aussi pour un temps.
- Speaker #1
Justement, tu m'as fait une superbe transition, donc je vais sauter dessus. Pour toi, comment tu vois la suite ? Ça fait six mois que tu es à Carthagène. Tu sais, quand on part à l'étranger, on a tous un plan à peu près de ce qu'on veut faire là-bas. Toi, c'est quoi la suite pour toi ? Est-ce que tu dois rester longtemps en Colombie ? Est-ce que tu dois changer de ville ? Peut-être rester en Colombie, mais faire une autre ville. Est-ce que tu dois partir ailleurs ? Est-ce que tu dois rentrer en France ? Comment tu vois un peu... l'année qui va arriver. Et je ne t'avais pas demandé, excuse-moi, j'ai fait l'erreur, mais tu es en PVT en Colombie, si je ne dis pas de bêtises ou j'ai une bêtise ?
- Speaker #0
Non, je suis en… Non, oui, tu dis une bêtise. En fait, je suis en prestation… Des fois, j'en dis,
- Speaker #1
des fois.
- Speaker #0
Tu sais, en… Bon, ça va, ça va, ce n'est pas non plus catastrophique. Mais non, non, je suis en prestation de service. Donc, en fait, moi, mon visa, il est rattaché à mon entreprise. Donc, tu vois, ça…
- Speaker #1
Tu n'as pas de durée, en fait. Tu n'as pas de durée, tu peux rester autant que… Tant que tu veux, tant que tu restes avec l'entreprise. D'accord.
- Speaker #0
En fait, tu as du bon, c'est que tu as un visa. Alors, le visa, il se renouvelle tous les ans, mais ça se renouvelle assez facilement de ce que je crois, de ce qu'on m'a dit. Par contre, c'est vrai que du coup, si demain je me barre de mon entreprise, je ne peux pas rester en Colombie où il faut que je fasse un PVT, tu vois, parce que du coup, mon visa, il est vraiment rattaché à mon entreprise. Donc, c'est un... Tu as du pour et tu as du contre.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et justement, dans ce cas de figure-là, avec une deadline qui est un truc illimité parce que toi, ton entreprise, tu étais tranquille, comment tu te projettes sur la Colombie, sur ton projet ?
- Speaker #0
Eh bien, je me projette que je commence là. Donc, ça fait six mois et tu vois, je commence à avoir des potes. Je commence aussi à vraiment avoir deux. C'est drôle parce qu'en fait, tu voyages, mais d'un côté, tu es quand même content de retrouver… une petite stabilité entre guillemets aussi et là pour le moment je me sens bien à Cartagène en plus de ça j'ai ma famille qui va venir me voir incroyable ouais incroyable c'est une chance on va faire un voyage en famille ça c'est des souvenirs à vie ça va être exceptionnel du coup j'ai ce côté adrénaline ou euh... Là, cette année, je sens vraiment que je vais rester et que ça va être une année chouette parce que t'as des copains, t'as des potes qui vont venir, etc. Donc, c'est vraiment cool. Et après, sur la suite, je pense que je vais déjà faire deux ans et dans deux ans, je vais voir en fait mon idée. Si vraiment je me plais, pourquoi pas m'installer. Mais après, je suis un peu sceptique à voir parce qu'il faut voir aussi l'éloignement avec la famille aussi. C'est vrai que je ne ferme pas la porte, mais disons que je suis ou pas sûr, on verra, voilà. Et après, moi, dans mon idée, c'était plutôt de faire deux ans, deux, trois ans, et peut-être après de refaire un reptile, d'en profiter justement, de faire une transition, entre guillemets. Et après, peut-être, je ne sais pas, moi, m'installer de nouveau en France et d'être dans le tourisme ou même de reprendre... Je ne sais pas exactement ou peut-être ce qui pouvait me donner envie, c'est le côté... Peut-être d'être en Espagne, c'est un pays qui me dit bien. d'avoir une expérience sur l'espagnol parce que tu gardes le côté un petit peu latin, espagnol aussi et en même temps t'es plus proche de la famille donc du coup finalement la suite de mon projet va dépendre de comment je vis l'éloignement avec ma famille aussi et mes potes aussi après là c'est encore tôt parce que ça fait que 6 mois donc je sais pas si t'as encore déjà le temps de
- Speaker #1
recevoir l'éloignement mais c'est vrai que c'est pour ça que la question elle fait aussi partie c'est une question que je voulais te poser mais je me suis dit que 6 mois t'as pas encore assez de recul pour savoir mais c'est vrai que Moi, depuis que j'ai lancé mon podcast, à chaque fois que je reçois des gens, les données avec la famille deviennent de plus en plus pesantes année après année. Et forcément, après, tu as un choix par rapport à ça. Mais bon, toi, tu as encore le temps, tu n'es pas encore là.
- Speaker #0
C'est ça. Moi, si tu veux, ça fait six mois. Et du coup, je le vis plutôt bien pour le moment parce que ça ne fait que six mois. Et après, tu as les fast times aussi. Et là, je sais que j'ai ma famille qui va venir me voir. Après, ils ne vont pas venir me voir tous les ans. donc tu vois comment ça va être après la suite, à voir. Et aussi, c'est vrai que tu fais le deuil. Tu as des potes, il faut leur 30 ans, tu vois. Tu as des anniversaires que tu rates, tu as des Noëls aussi. Donc, du coup, si tu en rates un de temps en temps, je me dis, bon, ça va. Après, si tu rates aussi des moments de vie en famille, comment tu le vis, il faut voir. En vrai, je pense qu'il faut voir.
- Speaker #1
OK. C'est pas mal tout ça. C'est un beau projet, là. C'est une belle aventure qui… C'est une belle aventure qui commence et j'ai l'impression que tu as tout ce qu'il faut pour vraiment profiter de ton expérience à fond. Parce que de ce que j'entends de ton histoire, tout est carré, comme on dit chez moi.
- Speaker #0
Non, franchement, c'est chouette. Et en fait, vraiment, la Colombie, c'est un super pays. Et je pense que pour s'expatrier, c'est hyper festif, c'est hyper joyeux. Et en fait, après, c'est le côté culturel qui est différent. mais je pense que ouais je pense C'est vraiment un pays de dingue. Je me sens plutôt bien. Écoute, comme un poisson dans l'eau, ça va.
- Speaker #1
Exactement. On arrive doucement sur la fin du podcast et j'ai toujours une question que je pose à tous mes invités. C'est un peu la question phare du podcast. La question, c'est quoi le conseil que tu donnerais à une personne qui veut s'expatrier et encore plus si c'est une personne qui veut s'expatrier en Amérique du Sud ?
- Speaker #0
Je te dirais, j'en ai besoin. La première chose, mais on en a parlé, si tu veux t'expatrier, je pense qu'il faut vraiment que tu sois tourné sur l'opportunité. Et pour t'intégrer, si tu as envie de t'intégrer et de te sentir bien, tu as le côté aussi, je pense qu'il faut que tu fasses quelque chose de nouveau. Parce que tu ne pourras jamais retrouver ce que tu adores en France, tu ne pourras pas le retrouver en Colombie, parce que c'est des pays différents. Et donc du coup, je pense que le conseil que je peux donner, c'est... N'essaye pas de retrouver à 100% ce que tu aimes en France, dans le sens où essaye de trouver de nouvelles activités, de nouveaux hobbies, tu vois, et en fait de nouvelles découvertes, quelque chose qui te dit... Oui, c'est nouveau et j'adore ça finalement. Par exemple, moi j'adore le ski. Ça va être compliqué de faire du ski à Carthage. Et du coup, je me suis dit pourquoi pas me mettre au kitesurf. C'est vrai que je ne suis pas du tout quelqu'un qui a l'habitude de la mer. Mais je me suis dit c'est un petit peu similaire, c'est quelque chose de nouveau. Et en vrai, j'adore. Et du coup, ça ritme un petit peu aussi mes week-ends. Et je me sens vraiment bien, tu sais, parce que je trouve que... ça te permet de découvrir quelque chose de nouveau. Donc ça, c'est vraiment un conseil que je peux donner quand tu t'expatries. Et après, la deuxième chose, ce que je pourrais dire, c'est que quand tu es… En fait, si tu as envie de partir, il faut que tu le fasses parce que moi, je suis assez du genre à dire qu'il vaut mieux de n'avoir aucun regret parce que même si ça peut arriver que ça ne te correspond pas ou que tu ne te sentes pas à ta place et que tu as envie de rentrer, mais en fait, ça t'aura apporté plein de choses et c'est surtout qu'au moins, tu n'auras jamais le regret de dire, tu sais, purée, si je l'avais fait, comment aurait été ma vie ? Et autre, au moins, tu l'as fait et tu sais que ça ne t'a pas convenu ou alors ça t'a ouvert plein de portes, mais tu n'as pas ce regret de ne pas l'avoir fait.
- Speaker #1
En tout cas, on arrive sur la fin du podcast. C'était un grand plaisir de te recevoir. J'ai adoré notre conversation. Merci pour tout. ta transparence, ton histoire qui va aider beaucoup de gens, j'en suis sûr, et pour ton énergie.
- Speaker #0
Bah écoute, merci à toi Kéro, merci de m'avoir donné l'opportunité de partager mon expérience et je trouve que c'est super que tu fais, c'est une belle opportunité que tu offres à tout le monde parce que des fois tu as toujours des appréhensions et donc c'était vraiment avec plaisir. Si j'ai pu aider ou enlever quelques doutes à certaines personnes, bah c'est cool et en vrai ça me fait super plaisir. Donc voilà.
- Speaker #1
De rien. Et pour les auditeurs, les gars, vous connaissez la chanson. Vous êtes comme un expat. Ton podcast qui parle d'expatration avec des personnes qui la vivent. Et on se voit au prochain épisode.