- Speaker #0
Bienvenue dans Confidences d'entrepreneurs. Ici, on vous dévoile de l'intérieur ce qu'un entrepreneur traverse lors d'une opération marquante de son parcours. Je suis Thomas Fertin, entrepreneur et surtout dirigeant du cabinet de fusion-acquisition Conseil Finances et Transmissions. Chaque premier mardi du mois, nous revenons avec un invité entrepreneur sur son parcours tout en faisant un zoom sur une problématique ou une opération qu'il ou elle a dû traverser. Cela peut être une reprise familiale, une transmission, un dépôt de bilan ou bien même le retournement d'une entreprise. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui me tient particulièrement à cœur. La reprise d'entreprise, mais twist un peu spécial, on va parler d'entrepreneuriat en couple. On dit souvent qu'il ne faut jamais mélanger vie professionnelle et vie de couple. Pourtant, certains choisissent d'entreprendre ensemble, convaincus que leurs forces réunies les amèneront plus loin. Et si, finalement... 1 plus 1 faisait parfois 3. C'est ce que nous allons découvrir dans cet épisode avec Victor et Millie, un couple d'individus très différents, mais qui forment une équipe en béton armé pour reprendre une entreprise. Bonjour Victor, bonjour Millie.
- Speaker #1
Bonjour Thomas.
- Speaker #2
Bonjour Thomas.
- Speaker #0
Aujourd'hui, épisode un peu spécial parce que j'ai deux invités. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation pour la deuxième fois. On s'est déjà loupé sur un premier enregistrement il y a un mois. Merci beaucoup de m'accueillir chez vous, chez SOMEO. en pleine canicule, il fait une chaleur à crever mais on va s'en sortir quand même ça me tenait très à coeur de pouvoir vous faire participer donc merci encore d'avoir renouvelé votre acceptation, vous réunissez beaucoup de critères que je cherchais à faire pour un épisode spécial pour le mois d'août, vous avez 31 ans vous avez le même âge, vous êtes en couple vous avez racheté une entreprise, il y a un an un peu plus d'un an maintenant donc voilà, ça fait beaucoup de sujets sur lesquels j'ai envie de travailler, de parler avec vous et merci encore pour avoir accepté mon invitation cette deuxième fois
- Speaker #1
Et bien un grand plaisir et puis du coup c'est l'occasion pour toi de visiter SOMEO, donc coup double gagnant.
- Speaker #0
Toujours de la bonne pub. Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement s'il vous plaît ?
- Speaker #2
Du coup je vais commencer. Donc moi c'est Millie, donc pour être précise j'avais 31 ans au moment du rachat, maintenant j'en ai 33. Donc l'aventure entrepreneuriale pour moi a commencé assez tôt parce que mes parents étaient entrepreneurs du côté de Limoges et aussi loin que je me rappelle ne pas vouloir être basketeuse professionnelle, enfin ne pas pouvoir plutôt être basketeuse professionnelle, J'ai voulu être entrepreneur. Je ne savais pas exactement comment, quoi et quand, mais c'était déjà bien ancré. On s'est rencontré avec Victor dans le cadre associatif en école de commerce et assez vite, c'est devenu notre projet commun à moyen terme. Et donc, on s'est chacun formé dans des domaines différents. Pour ma part, je me suis formée en grande distribution essentiellement, mais en oscillant entre le commerce, la vente et la supply chain et la logistique. Donc voilà, et après avoir fait mes armes. essentiellement chez Carrefour en grande distrib est arrivé le moment de la reprise d'entreprise.
- Speaker #1
Et de mon côté, donc, Victor, moi, je suis né à l'autre bout de la France, à Metz, en Lorraine, où je suis né dans une famille de professeurs. Donc, le monde de l'entreprise déjà était sombre. Alors, le monde de la reprise d'entreprise, c'était carrément une autre galaxie. Moi, j'ai fait l'ensemble de mes études à Metz jusqu'à ma classe préparatoire, qui m'a amené, donc, bien sûr, à l'école de commerce de Toulouse, où j'ai rencontré Milly. En se mettant en couple avec Millie, au bout de six mois, l'idée qu'elle avait d'un jour reprendre une entreprise m'a attrapé aussi. J'avais très envie de vivre cette expérience un jour, quitte à la rater. C'était vraiment l'idée d'avoir cette expérience, essayer un jour de reprendre une entreprise avec elle. Ça, c'est quelque chose qui me plaisait beaucoup. On a grandi avec cette idée. Moi, je suis parti plutôt sur un parcours en finances. Tout d'abord en tant que courtier en crédit immobilier, puis courtier en devise. J'ai travaillé un petit peu à la BNP Paribas à Londres. Puis je me suis orienté vers les métiers du conseil, toujours à destination de... des institutions financières chez Deloitte au Luxembourg puis plus longuement chez PwC en France et puis après à la trentaine on avait toujours ce projet en tête il y a eu une opportunité pour Mili au niveau de quitter Carrefour et donc on s'est lancé dans la grande aventure entrepreneuriale super merci beaucoup vous
- Speaker #0
avez quoi vous avez 22 ans 21 ans quand vous vous rencontrez et vous vous dites t'sais on va racheter une boîte et comment vous avez tenu sur la durée surtout parce que Avoir une idée en soirée un peu alcoolisée, c'est une chose, mais maintenir l'idée jusqu'au bout, c'est quand même pas mal.
- Speaker #2
Il est très patient. Blague à part, je crois que quand on s'est rencontrés, on s'est rencontrés, on s'est trouvés autour de la valeur travail, parce que c'est peut-être là où on est à la fois à l'aise tous les deux, parce qu'on aime travailler, c'est un peu bizarre de le dire comme ça, mais c'est pourtant vrai, et c'est une valeur très forte qu'on a en commun. Et donc, dès le départ, on a commencé à sortir ensemble en travaillant ensemble dans le cadre associatif. Donc, je pense que là, ça a posé la première pierre. Et dans la durée derrière, en fait, on s'est structuré tout au long de notre vie commune autour de ce projet, en fait. Donc, je ne vais pas dire qu'on a choisi les différents métiers qu'on faisait dans ce sens-là, mais on a conservé des carrières assez complémentaires et on a... On choisit de ne pas, par exemple, investir dans une maison quand on était des années à Paris ou dans un appart plutôt pour garder de l'apport. Enfin voilà, on a construit notre couple et notre vie en fonction de ce projet-là, qui était finalement le projet qui nous allait à tous les deux.
- Speaker #1
Bon, ce qu'a dit Milly est assez complet. C'était vraiment un projet qui a mûri et qui s'est lancé dès le départ. Et nos années à Paris, notamment, on a vraiment eu ce projet en tête en se disant quand est-ce qu'on le déclenche, comment on le fait bien. Et oui, c'est un projet qui est toujours resté dans un coin de nos têtes, qu'on racontait à chaque fois à nos copains et familles en soirée. qui les faisait beaucoup rire, mais quelque part, si on les fait pas rire, c'est qu'on n'avait pas assez d'audace. Donc on était sur ce cap-là et on l'a maintenu. Et quand les éléments étaient réunis pour le déclencher, on était très contents de le déclencher.
- Speaker #0
Mais par quel argument elle a fini par te convaincre ? Parce que bon, déjà, tu es en école au commerce, donc on est un peu loin de l'enseignement français. La reprise d'entreprise, c'est quand même un vaste sujet. Comment, je ne sais pas, il y a eu un argument phare ? Il y a eu quelque chose pour te convaincre ?
- Speaker #1
Je pense que c'est moi-même qui me suis un peu porté auto-volontaire. La reprise d'entreprise, déjà, petite parenthèse, on n'en parle vraiment pas assez quand on est jeune. On n'en parle pas à l'école. Ce n'est pas quelque chose qui est vu de manière assez sexy. Il y a soit la carrière de salarié un petit peu classique ou soit la création d'entreprise avec une idée lumineuse. Et pourtant, c'est un vrai sujet. Moi, quand j'ai rencontré Milly et à travers l'expérience de ses parents qui avaient vécu ça, je me suis dit mais il y a tout un monde qui s'ouvre à moi. Et puis quelque part, l'expérience qu'on avait eue de travailler ensemble, notre alignement sur la valeur travail, et puis l'idée d'un jour de vivre cette expérience quelque part comme un voyage qui dure un temps, on ne sait pas combien de temps, c'est quelque chose qui vraiment me donnait envie.
- Speaker #0
Parce qu'on a le même âge, donc moi aussi j'étais en école de commerce, moi aussi, soit tu étais salarié cadre pour une boîte internationale, soit tu créais, et c'est vrai qu'on... Je n'ai pas vu ça sous cet angle, mais c'est vrai qu'on ne parle jamais de la reprise. Mais la création, ça ne vous a pas branché au départ ?
- Speaker #2
En fait, je pense qu'au départ, on s'est dit qu'on serait entrepreneurs ensemble et on ne s'est pas trop donné de format. Et la création, il y a un moment où il faut une idée. On ne l'a pas eue, donc on a fait autre chose.
- Speaker #0
Comment vous définiriez votre parcours à ce stade, en un mot ou une phrase ?
- Speaker #1
C'est difficile de répondre en une phrase. Je pense qu'on cherche à voyager, à vivre l'aventure la plus passionnante possible. Et nous, on fait ça en s'inspirant des différentes expériences qu'on a eues et en essayant d'inspirer nos collaborateurs et l'environnement dans lequel on évolue. Et c'est vague après vague, c'est vraiment une aventure qu'on vit au jour le jour et dans laquelle on essaie de faire en sorte à chaque fois de s'amuser.
- Speaker #2
Comme Victor a commencé, j'ai une idée pour un mot. Je pense que le mot qui, moi, me vient, c'est l'alignement. En fait, on est super alignés dans cette aventure et dans notre... carrières respectives, en tant que salarié puis maintenant en tant qu'entrepreneur, on est aligné avec nos valeurs, on est aligné avec ce qu'on avait envie pour notre vie et on est aligné avec notre besoin d'un peu de panache qui rehausse un peu le tout. C'est ça moi qui me viens.
- Speaker #0
Instant promo, on a parlé un tout petit peu de SOMEO en intro, mais qui veut faire le pitch commercial ?
- Speaker #1
Allez, je me lance. Donc SOMEO, c'est une boîte qui évolue dans le monde de l'assainissement, donc des réseaux souterrains, des réseaux d'eau, des réseaux d'eau usée, des réseaux d'eau pluviale. Et dans ce monde-là, nous, on joue un petit peu le rôle de docteur. On vend tout le matériel nécessaire, on le loue, on le répare pour l'inspection et la réhabilitation des réseaux, notamment du monde de sans-trancher. C'est-à-dire qu'on ne va pas ouvrir une rue pour mettre nos méthodes en place, on va plutôt proposer des caméras ou des systèmes de réparation de fuite sans aller casser une rue. Donc le cœur de notre métier, c'est le chariot d'inspection de canalisation, mais on va vendre aussi tout le matériel de la recherche de fuite, le matériel pour obturer ou pour réparer différents problèmes sur les réseaux.
- Speaker #2
Et du coup, le gros de notre activité, c'est de faire du négoce, de marchandises, mais le cœur de notre activité, c'est de faire du service client. Donc ça, ça passe par la location et la réparation, et c'est un peu l'âme de SOMEO, c'est qu'on est présent, en proximité, avec nos partenaires. pour les accompagner sur des chantiers qui sont parfois dans des milieux très complexes. Et c'est donc ça qui fait notre force.
- Speaker #1
Et donc SOMEO, pour résumer, c'est cinq collaborateurs aujourd'hui en plus de nous deux. Et on rayonne sur trois régions principalement, même si on gratte un petit peu autour. C'est la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie et les Pays de la Loire.
- Speaker #0
Ok. A titre personnel, moi j'ai très envie de travailler avec ma femme. Ça fait plusieurs fois que j'en parle sur ce podcast. Et je me suis rendu compte quand j'ai préparé ce podcast que la majorité des gens qui me déconseillent quand j'en parle autour de moi, me disent « il ne faut surtout pas faire ça » , etc. C'est souvent des gens qui ne se voient pas ou qui n'ont pas voulu entreprendre en couple. Et inversement, il y a beaucoup de couples, moi, qui m'inspirent beaucoup parce qu'ils ont entrepris ensemble. Alors soit en même temps, soit il y a quelqu'un qui s'est greffé sur le projet. Vous, comment vous définiriez l'entrepreneuriat, le reprenariat en couple ?
- Speaker #1
Moi, je pense que l'entrepreneuriat en couple, c'est déjà l'entrepreneuriat à plusieurs. Et ça, c'est quelque chose qui, avec Millie, était indispensable. Moi, je ne me voyais pas reprendre seul. Je ne serais pas parti dans cette grande aventure la seule. Et aujourd'hui, je trouve que c'est un avantage énorme. Ça permet d'avoir toujours quelqu'un qui a les tenants et aboutissants de ce que l'on vit, avec qui on peut échanger. Donc, ça permet d'éviter le syndrome de l'entrepreneur seul. et ensuite l'entreprise en couple, franchement... Alors nous, c'était une évidence et on a eu beaucoup la question, que ce soit des partenaires bancaires ou dans les différents réseaux. C'est souvent une question, effectivement, comme tu dis Thomas, c'est souvent une question de quelqu'un qui ne l'a pas fait lui-même, qui nous pose cette question, pourquoi vous êtes fou, ça ne va pas marcher. Et aujourd'hui, au quotidien, c'est une évidence, ça permet d'accélérer tellement de sujets, de se parler de l'entreprise quand on veut. Alors bien sûr, il faut border des limites. Moi, je suis quelqu'un qui aime bien être immergé complètement de l'entreprise, que ce soit à la maison ou ici. mais il y a un petit peu moins, donc on s'adapte. Mais ça permet d'avoir toujours quelqu'un, un partenaire, dans la société et dans la vie, au quotidien.
- Speaker #2
Oui, je pense que tu as bien résumé en disant c'est d'abord s'associer avec quelqu'un d'autre. Donc ça, c'est peut-être que la vraie question, c'est est-ce qu'il faut s'entreprendre avec un associé ? Parce que la partie couple, pour moi, quand on décide d'aller entreprendre en couple, ça veut dire que quelque part, on a éprouvé son associé dans le partenariat de vie. et qu'on est assez à l'aise pour aller dans le milieu pro aussi. Donc, c'est quand même qu'on est assez sûr du truc, quoi, au départ. Peut-être plus sûr que quand on s'associe avec quelqu'un avec qui on n'a pas travaillé avant, ou éventuellement travaillé avant, mais avec qui on ne vit pas. Donc, on sait déjà où ça va, quelque part. Donc, ça peut exacerber certaines choses qui existent déjà, mais c'est vrai dans les deux sens. Et globalement, si on fait ce choix-là, en général, ça l'exacerbe dans le bon sens. Donc, moi, je ne peux que recommander, et en particulier dans le cadre de la reprise, où il y a au début de l'administratif, il y a une tâche, j'allais dire une charge fixe de tâches à faire, qu'on divise par deux en entreprenant à deux. Et ça nous fait gagner un temps précieux au départ. Et puis, dans notre cas précis, on est très complémentaires. Et donc, assez vite, on s'est rendu compte que toutes les tâches que l'un n'aimait pas faire, l'autre aimait plutôt les faire. Et ça se répartit assez naturellement. et ça facilite quand même grandement notre vie au quotidien en fait.
- Speaker #0
Et vous aviez tous les deux des belles carrières, chacun dans votre coin. Il n'y a pas un moment où vous vous êtes dit, on pourrait finalement continuer ces carrières-là, avant de sauter le pas, j'entends ?
- Speaker #1
Si, bien sûr. Moi, j'ai adoré mes années, notamment mes années de conseil et ma dernière entreprise chez PWC. Franchement, je m'y voyais bien rester. Après cette envie un petit peu qui démange d'un jour, essayer de vivre la grande aventure. La temporalité, quelque part, c'était le bon moment, et pour Milly et pour moi, de se lancer là-dedans. On n'avait pas encore d'enfants, on avait de l'énergie, l'envie grandissait. Donc quelque part, c'était un grand saut dans le vide vers l'inconnu. On quittait quelque part aussi une zone de sécurité avec nos postes qu'on avait précédemment. Mais avec l'envie grandissante, oui, c'était le bon moment et aujourd'hui, absolument aucun regret.
- Speaker #2
Moi aussi, j'adorais mon job et je pense que la particularité, c'est que tous les deux, on n'est vraiment pas partis. contre un job ou parce qu'on en avait marre, on est vraiment partis parce qu'on avait ce projet-là et depuis longtemps. Donc en gros, c'était un peu tracé pour nous quand même. Et tous les deux, on est assez organisés, j'allais dire, ou planificateurs. On aime bien faire ce qu'on dit et suivre un peu notre plan. Et c'est exactement ce qu'on a fait. Du coup, ça a rendu le truc un peu facile. On s'était aussi un peu préparés psychologiquement à quitter nos jobs à peu près dans cette période-là. On ne savait juste pas deux, trois ans près quand ce serait exactement. Mais du coup, ça s'est fait assez naturellement et c'était un peu le plan.
- Speaker #0
Et le fait de mettre tous vos oeufs dans le même panier, c'est-à-dire que si ça loupe, vous allez tous les deux perdre vos investissements. Quelle a été votre réflexion là-dessus ? Parce que quand tu entreprends, moi par exemple, ma femme, elle a son poste salarié, si jamais ça ne marche pas, on a au moins un salaire sur deux.
- Speaker #1
Alors nous, on n'avait pas vraiment peur du problème financier. On s'est dit, voilà, on a fait des économies jusqu'à présent, on met tous ses oeufs dans ce panier d'essayer de reprendre une entreprise. Si jamais ça ne marche pas, et ça peut encore par ma... marcher, et bien pas grave, on repartira de zéro, on trouvera des jobs quelque part et la vie, on fera un restart mais au moins on aura vécu cette aventure là qu'on avait vraiment envie de vivre
- Speaker #2
Alors, je suis d'accord et pas d'accord, je pense repartir de zéro, c'est pas le bon terme. En fait, on s'est dit voilà, qu'est-ce qu'on met sur la table, c'est quoi nos œufs ? Et nos œufs, c'est nos compétences et notre vie et notre argent. Et peut-être que sur cette échelle-là, l'argent, je pense pour nous deux, enfin en tout cas l'apport qu'on a mis dans la société qui est conséquent quand même, c'est pas ce qui compte vraiment pour nous parce que globalement demain, ça plante. Pire des cas, on perd la mise qu'on a mise au départ, c'est vraiment pire des cas. et si on se débrouille très mal. Parce que même si demain la société va mal, on cherche quand même à la vendre à un certain prix. Enfin bon, voilà, il y a une partie qu'on peut peut-être quand même récupérer même si on s'en sort mal. Ça, c'est le premier élément. Maintenant, même si on plante tout, et qu'est-ce que c'est le pire des cas ? On plante tout, on perd notre mise de départ. On a gagné en compétences. On a quoi ? Entre 30 et 35 ans. On a des compétences de chef d'entreprise, de repreneur d'entreprise, plus nos compétences d'avant de cadre. et de ce qu'on a fait avant, on va retrouver du boulot et ça sera reparti. Quelle est la perte pour nous ? Le risque était très faible par rapport à l'envie qu'on avait de le faire.
- Speaker #0
Quelles sont les règles que vous avez fixées au départ ? Parce que vous avez des niveaux d'apport différents, une appréhension différente. Comment vous avez géré cette association ?
- Speaker #1
Alors au niveau des apports différents, effectivement, Milly avait un apport un peu plus conséquent que le mien et on a arbitré tout ça et vraiment préparé. Quand on a quitté nos carrières parisiennes, on a pris le temps en début d'année 2024 de tout stabiliser, d'imaginer les scénarios les pires, de faire un pacte d'associés, de faire un testament et de bien négocier en cas d'aléas. On se dispute, l'un des deux décède, il y a un problème. Qu'est-ce qui se passe ? Donc ça, on l'a vraiment préparé. Et après, au quotidien, on s'est mis des règles à avoir toujours quelque part la barrière du sport. Nous, c'est très important pour nous deux de faire du sport, de jamais s'empêcher d'aller au sport à cause du travail. Ça, c'était un peu notre ligne rouge équilibre vie pro, vie perso. Je ne sais pas s'il y avait d'autres règles qu'on s'est fixées.
- Speaker #2
Non, non, je pense qu'on a commencé par travailler. C'est jamais le meilleur moment de voir tout ce qui peut mal se passer que quand tout va bien. Donc, on a commencé par là. C'est aussi peut-être ce qui a alimenté la réponse à la question précédente que tu viens de poser, en se disant, voilà, qu'est-ce qui se passe dans tous les cas de figure ? Et donc ça, on l'a mis dans notre pack d'associés. Au niveau de l'apport, clairement, c'était très important pour nous d'être à 50-50, parce que c'était ça, notre projet. On n'avait pas des apports symétriques. Et ce qu'on s'est dit, c'est, de toute façon, en fonctionnant, en concourant d'associés, l'apport que moi, j'ai pu apporter sera remboursé, et idem pour Victor. Moi, je n'ai pas mis tout... Mon argent dans la société, Victor a mis tout son argent. Donc c'est pareil, qu'est-ce que ça veut dire pour chacun de nous ? Voilà, c'est l'équipe qu'on a trouvée et qu'on a décidé de mettre en place finalement, qui est important. Et tout ça, qu'on signait dans le pacte d'associés, comme on l'avait pensé, réfléchi avec. Si ça se passe bien, si ça se passe mal.
- Speaker #1
Et c'était très important pour une aventure à deux d'être à 50-50 dans le projet. Qu'on y soit tous les deux dedans, à même hauteur.
- Speaker #0
Alors, on a déjà fait cet enregistrement. Il y a un élément dont vous m'avez parlé la dernière fois. Vous m'avez dit que vous avez chacun une personne de confiance, pas forcément un membre de la famille pour régler les problèmes. Parce que quand on est à 50-50, le problème, c'est que si on n'est pas d'accord, statu quo. Donc, est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu ce que vous avez mis en place ?
- Speaker #1
Alors, c'est la clause d'arbitrage qu'on a mis dans notre pacte d'associés. Si Millie veut aller à gauche avec la société et moi à droite, et qu'on n'arrive pas du tout à s'entendre, et qu'il faut vraiment prendre un virage avant d'aller dans le mur. Chacun de nous nomme une personne de confiance, ces deux personnes de confiance nomment une troisième personne et à trois ils décident et ils votent. Et en fonction de leur vote, on ira dans la direction que ces trois personnes auront choisi. Et la personne de confiance n'est pas figée à l'heure d'aujourd'hui, c'est au moment du conflit que chacun décidera une personne de confiance. C'est la moins mauvaise méthode qu'on a trouvée pour l'arbitre.
- Speaker #0
Je la trouve géniale, je la trouve géniale pour le coup. Qu'est-ce que vous vous êtes dit quand la première personne, quand vous vous êtes lancé, jour 1 ? Il y a forcément un guz qui vous a dit que vous étiez trop jeune, trop inexpérimenté, que vous n'aviez pas assez d'argent. C'est quoi le réflexe que vous avez eu ? S'il était différent entre vous, vous avez eu le même réflexe ?
- Speaker #1
Déjà le jour 1 chez SOMEO, on a eu la chance d'avoir un bon conseil. C'était celui de préparer avec nos sédans le discours du sédan. Et le sédan a fait un discours à ses collaborateurs en leur disant « Moi, Milly et Victor, on les a choisis. » Ils ne vont pas révolutionner l'entreprise, ils vont mettre leurs pieds dans les chaussures des dirigeants et la société va continuer à fonctionner comme elle a toujours fonctionné et vous n'allez être pas ou peu impacté. Et ce discours-là, accompagné de notre discours d'arrivée en disant voilà, on les a rassurés, on les a vite remis au cœur de la société également, c'était quelque chose qui était important pour nous, on a eu un jour assez facile là-dessus. Après, sur la recherche d'entreprise, pendant cette période-là, oui, souvent, on a eu l'argument « vous êtes trop jeune » ou on a eu une première impression faite par les sédants d'entreprise qui nous regardaient en mode « ah oui, est-ce que c'est vraiment eux, ces jeunes-là, qui vont réussir à reprendre ma boîte ? » . Mais pourtant, cette première impression-là, j'ai toujours eu l'impression qu'on a réussi à la casser. Et enfin, je dirais que par rapport aux partenaires bancaires, là, par contre, c'est un sacré avantage d'être jeune, parce que les banquiers aiment bien se projeter sur le long terme et dans leur gestion du risque. Deux profils jeunes qui viennent de carrières parisiennes, ça fait des critères plutôt positifs pour un emprunt bancaire.
- Speaker #2
Je pense que la question était plus sur le jour 1 de notre pronariat, si je ne me trompe pas. Mais franchement, on n'a pas vraiment eu de... Au tout début, moi, je n'ai pas le souvenir qu'il y ait des gens qui m'aient dit « Vous êtes fou, vous êtes trop jeune, etc. » Parce que, aussi, ça faisait tellement longtemps qu'on en parlait que, finalement, dans notre environnement proche... Ils étaient quand même prêts au move. Bon, ça fait un petit peu drôle, notamment à tes parents, je pense. Le jour où on a dit, bon, on démissionne.
- Speaker #0
On démissionne de chez Price.
- Speaker #2
Ouais, exactement. Je pense que là, ça fait drôle. Moi, mes parents étaient vraiment au soutien. Ils étaient plutôt à l'inverse. Enfin, vous vous lancez. Donc, c'était un petit peu différent. Donc, je pense que non, tout le monde était plutôt, en fait, impressionné qu'on y aille à ce moment-là. que ça faisait des années qu'on en parlait et ça semblait un peu irréaliste. Et puis un jour, on a dit ça y est, on a démissionné, on y va. Et les gens étaient hyper... Nos amis, par exemple, étaient au soutien. Enfin, vraiment. Donc, c'était un espèce d'engouement hyper cool. Et oui, on a vu du doute dans les yeux de pas mal de personnes. Peut-être plus parce qu'on était en couple au regard de ce qu'on s'est dit avant. Des gens qui disent mais je pourrais jamais faire ça. D'ailleurs, ils ne disent pas... Vous ne devriez pas dire, mais moi, je ne pourrai jamais. Ça leur envoie un truc qui leur fait peur. Et après, oui, sur la jeunesse, c'est vrai que les sédants, on a eu deux approches différentes. On en a eu qui se sont dit, vraiment, j'ai 40 ans de métier et c'est les deux petits Parisiens qui veulent m'apprendre le métier, même si je suis d'Auvergne, donc mollo sur le Parisien, mais quand même. Et on a eu un autre registre qui était, ça pourrait être mes enfants, avec un sentiment de transmission d'entreprise. Du coup, c'était toujours à double tranchant. Mais oui, effectivement, on l'a toujours plus ou moins retourné à notre avantage, je pense.
- Speaker #0
Comment vous avez préparé le plan de bataille ? C'était quoi vos critères ?
- Speaker #1
Alors nos critères déjà, c'était de déménager. Avec Millie, on ne savait pas trop où on allait reprendre une entreprise, donc on a fait le petit jeu où on mettait chacun de notre côté sur des bouts de papier des villes et il s'avérait que Bordeaux était en commun. C'était une ville qu'on ne connaissait pas tous les deux et quelque part, ça nous plaisait pas mal le challenge de reprendre une entreprise dont on ne connaissait rien dans un lieu où on n'y connaissait rien. Quelque part, ça faisait partie de la grande aventure qu'on voulait faire. Et au niveau de nos critères de recherche, c'était à une heure de Bordeaux, une boîte qu'on pouvait acheter, une boîte qui pouvait financer deux dirigeants, une entreprise avec une belle réputation et avec une certaine porosité entre nos compétences et là où s'en était arrêtée l'entreprise quelque part.
- Speaker #2
C'est exactement ça nos critères.
- Speaker #0
Et les premières étapes dont vous avez déménagé, vous êtes rentré en contact avec le CRA, comment vous avez fonctionné sur la reprise ? Alors déjà, le premier moteur d'aide qui a été pour nous et qui l'est pour beaucoup de dirigeants, ça a été France Travail. Quand on a démissionné ou quand on a quitté nos fonctions, merci au chômage d'avoir un peu sponsorisé notre année de recherche. Donc on a déménagé fin 2023. Début 2024, on a adhéré au CRA, qui est la grosse association et que je recommande chaudement pour se lancer dans la recherche d'entreprise, qui permet tout de suite de se bâtir un réseau. On s'est préparé. de notre côté un petit peu en administratif, mais aussi beaucoup avec le papa de Milly, qui nous a formés sur analyser un compte de résultat, la fiscalité d'entreprise, toutes les étapes d'une reprise et d'un pilotage. Donc merci à lui. Et après, le CRA nous avait donné un réseau, donc un avocat, une experte comptable, que tu connais bien. Et on est partis après à la recherche, alors que ce soit sur le marché ouvert, on n'a pas eu trop le temps d'attaquer le marché caché. Et au bout de trois mois, on est tombé sur SOMEO.
- Speaker #1
Oui, on a fait un peu le parcours, Enfin, j'allais dire... écolier du repreneur d'entreprise. Donc, on a choisi notre localisation, on s'est formé, on s'est préparé, on s'est entouré d'un réseau, on s'est fait accompagner et on s'est mis à la recherche, en fait. On a défini nos critères et on s'est mis à la recherche. Peut-être dans les étapes qu'on n'a pas mentionnées, mais dès le départ, on a allé rencontrer quasiment toutes les banques. Donc, dès le début, on leur a dit, voilà notre projet, voilà notre profil, on revient vous voir. Du coup, après, quand on est revenu les voir, en fait, il y avait cette cohérence-là qui... qui a été plutôt bénéfique.
- Speaker #2
C'est une bonne idée, ça. Vous êtes allé voir les fonds aussi ou pas ?
- Speaker #1
C'est un peu comme le marché caché, on n'a presque pas eu le temps, en fait. On a pris contact avec deux fonds, dont un qui nous a fermé la porte tout de suite, en disant « vous êtes trop jeunes, trop machin, pas assez truc » . Ah,
- Speaker #2
tu vois comme quoi il y a des vieux cons.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai qu'il y en a eu.
- Speaker #2
Putain !
- Speaker #1
Oui, c'est vrai qu'il y a eu ça. Et on avait été en contact rapidement avec un autre, mais du coup, ce n'était pas nécessaire parce qu'on n'avait pas... En fait, disons qu'on avait fonctionné en entonnoir, on s'est dit on va déjà regarder les boîtes de la taille où on peut y aller tout seul. Pas forcément, pas facilité j'ai envie de dire, et si ça nous intéresse. Ensuite, on aurait ouvert marché caché et fonds de manière proactive. Maintenant, on aurait eu un dossier présenté avec un fonds, pourquoi pas ? Ou on aurait pu aussi les contacter en direct pour se faire positionner par un fonds sur des projets.
- Speaker #2
Ça c'est plus rare.
- Speaker #1
Ouais. Mais je ne sais pas si nos profils étaient tout à fait des néo-repreneurs. Je ne sais pas si c'est ce qui est le plus intéressant pour eux. Donc je pense que ça aurait été plus compliqué. C'est pour ça qu'on n'y est pas allé en premier.
- Speaker #2
Je me permets juste une parenthèse par rapport au CRA. Il y a un épisode spécial sur la boîte à outils qui est l'émission parallèle. Il y a une playlist dédiée sur YouTube et sur toutes les plateformes qui présente le CRA. C'est la porte d'entrée du reprenariat où il faut aller. Vous n'avez pas fait la formation, vous, je crois ? Mais super formation à Paris, Nantes, Toulouse. Mais voilà, super association qu'il faut aller voir. Petite pause d'information. Le podcast que vous écoutez est produit et soutenu par le cabinet de Fusion Acquisition, Conseil, Finance et Transmission. Nous sommes le conseil des dirigeants et actionnaires dans leurs opérations stratégiques. Session d'entreprise, acquisition, transmission interne ou réorganisation capitalistique. Notre rôle, piloter l'opération de la réflexion stratégique. à sa réalisation. Nous accompagnons l'ensemble du processus, de la définition du projet, la recherche de partenaires, l'organisation des appels d'offres, les négociations, la coordination des différents conseils. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.cf-6t.fr ou sur nos pages LinkedIn. Et maintenant, retour à votre épisode. Qu'est-ce que vous retenez de cette période de recherche ? Vous êtes passé par des annonces d'ailleurs ? par des intermédiaires comme moi ? Comment vous avez fonctionné ?
- Speaker #0
Alors on retient de cette période que c'est une période quand même compliquée où beaucoup d'autres adhérents du CRA se posent toujours la question est-ce que je peux garder mon emploi en même temps ? Nous on a décidé que non et c'est une période qui ne demande pas beaucoup de temps par jour mais par contre qui demande des moments très intenses où il faut savoir analyser une entreprise, la visiter, voir si oui ou non on s'immerge, être disponible quand le cédant veut bien vous faire voir sa société. Oui, on est allé à la rencontre des intermédiaires. Toi d'ailleurs Thomas, je pense que tu es l'un des premiers qu'on est allé voir. C'est une année compliquée, l'année de recherche d'entreprise. Alors moi, je l'ai plutôt bien vécu, Mélie parlera pour elle. Mais c'est une année qui nous a permis aussi de redéfinir ce qu'on voulait dans la vie. Et moi, à titre personnel, ça m'a bien changé physiquement. J'en ai profité pour perdre plusieurs dizaines de kilos. Et qui permet de se dire, ok, à partir de maintenant, je suis entrepreneur, non seulement d'une future entreprise, mais aussi de ma vie. Qu'est-ce que je veux dans ma vie, dans l'équilibre, dans la journée, comment je la vois ? Donc ça a été une année hyper importante pour moi et que... qui restera un moment charnière.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que cette année-là, c'est particulier parce qu'effectivement, il n'y a pas un temps plein de recherche maintenant. Compliqué de l'associer avec un autre emploi. Ça dépend combien d'heures prend l'emploi existant. Mais il y a entre 10 et 20 heures de boulot par semaine à des moments qu'on ne décide pas forcément. Donc c'est peut-être compliqué de concilier les deux. Maintenant, nous, effectivement, on ne travaillait plus à ce moment-là. Et oui, il y a eu des jours où j'ai tourné autour de la table du salon quelques fois. Et je me disais, mais c'est dur de faire avancer plus vite. Il faut accepter ce temps-là. Et ce n'est pas simple. Et en même temps, il faut être là pour saisir l'opportunité qui arrive. Donc, période pas simple. Après, il y a effectivement la formation. Mais il y a un moment où il faut accepter qu'on ne puisse pas faire plus que ce qu'il y a à faire. Ça, ce n'est pas toujours simple. Mais oui, c'est une période importante de reset, de préparation.
- Speaker #2
qui est obligatoire j'en profite pour le coup nous les repreneurs qui sont toujours en poste on va dire qu'ils sont pas prioritaires chez nous c'est pas un jugement de valeur mais c'est qu'ils te calent les réunions avant 9h et après 19h nous entre temps on a bossé aussi mon boulot c'est de vendre des boîtes donc le soir à 19h c'est plus mon boulot donc il y a ça, les visites ils veulent les caler le week-end en fait ils font chier tout le process parce que notre job c'est de 9h à 19h et voilà Et il y a un manque de réactivité qui est extraordinaire. Tu l'as dit, c'est 10, 15, 20 heures par semaine. Tu ne peux pas les caler le soir. Ou alors sur trois semaines, au lieu de répondre sous trois jours. Moi, je déconseille fortement ceux qui veulent reprendre en étant en poste. Il y a aussi le fait que quand est-ce que tu démissionnes, quand tu es remis à Eloy, quand tu es en audit, et en fait, le dossier n'est pas linéaire et fluide à cause du fait que tu sois en poste. Donc, premier truc à résoudre, c'est ça, à mon sens.
- Speaker #1
Et quand tu es décidé, en fait, de toute façon, tu y vas sur de la reprise. Donc, ça prendra le temps que ça prendra, mais à bout d'un moment, tu y vas. A noter que, Victor l'a mentionné, même France Travail, il y a quand même des dispositifs qui te permettent de faire ça en France. C'est quand même un soutien à l'entrepreneuriat, même si on en parle peu en ces termes. Mais il y a le dispositif Transition Pro. qui te permet d'accéder au chômage, même en démissionnant, et qui te permet de rentrer dans cette logique-là aussi.
- Speaker #2
Il faut avoir 5 ans en révolu.
- Speaker #1
Il y a des conditions, c'est vrai.
- Speaker #2
5 ans non-stop en CDI, sans une période, même d'une journée de pause. Et tu peux passer en comité, ça prend un peu de temps, mais tu peux être...
- Speaker #0
J'en ai bénéficié, moi.
- Speaker #2
Mais il y a deux solutions, en fait. Alors, on ne va pas rentrer dans le détail, mais l'ARS, où tu peux récupérer ton capital de chômage d'un coup pour faire un apport, pour acheter une entreprise. Et le pas ARS, où en fait, tu as... ton indemnité chômage, tu as une activité, donc ça t'évite d'avoir les rendez-vous pour expliquer que tu ne retrouves pas de boulot parce que tu n'en cherches pas. Et voilà, grosse aide aux entrepreneurs. Comment vous appréhendiez les dossiers au départ ? Moi, je vous ai suggéré un dossier, d'autres l'ont fait. C'était quoi la première lecture ? Comment vous fonctionniez ? Il y a un comité d'investissement ?
- Speaker #0
Souvent, on regardait les dossiers à trois avec le papa de Milly, j'ai envie de dire. Il y avait toujours cette première question, est-ce qu'on s'y voit ? On s'est assez vite rendu compte avec Millie qu'il y avait une typologie d'entreprise, commerce de gros, négoce, qui nous plaisait un peu plus que les autres typologies. Ça tombe bien pour la région qu'on a choisie. Mais après, il y avait une vraie étude de l'EBE, de la capacité d'autofinancement. Il y avait une vraie étude mécanique de se dire, OK, cette boîte, si elle se rachète elle-même, si elle finance Millie et Victor, est-ce que ça marche ? Et une fois que ces deux critères-là étaient levés et que les autres critères qu'on avait étaient aussi feu vert, on proposait systématiquement une visite. pour voir si oui ou non on s'y voyait.
- Speaker #1
Je pense qu'on avait des critères assez clairement définis. Ça a assez vite réduit le champ des possibles en termes de boîtes. La proximité à Bordeaux, la taille de boîte et derrière, la cohérence du résultat. Déjà, on n'avait plus beaucoup de dossiers à regarder finalement.
- Speaker #2
C'est important de préciser. Merci beaucoup pour cette précision. Il y a peu de dossiers, on va le dire. Il n'y a pas plein de torts. Il y a beaucoup de repreneurs. C'est un peu le sujet. Vous avez tous à peu près les mêmes critères, une heure de Bordeaux, un truc où on se projette, un truc pas trop pourri, un truc avec des bons résultats. Et donc c'est ce qui fait qu'il y a une certaine pénurie de dossiers. Nous on a un certain nombre de repreneurs qui viennent nous voir en nous disant « je ne reçois pas 10 dossiers par semaine » . C'est parce qu'ils ne se vendent pas 10 boîtes par semaine, donc c'est pas très compliqué.
- Speaker #0
Tout à fait, et puis ça relaie un peu l'argument que tu avais sur est-ce qu'on peut travailler en même temps que rechercher une entreprise. Nous, pour la petite histoire, on visitait une société. qui, moi, me plaisait beaucoup, qui plaisait un petit peu moins à Milly. Et en sortant de la visite avec l'intermédiaire, elle nous a dit, tiens, je viens de rentrer un autre dossier. Ça vous dit de le voir. Je pense que le lendemain, il nous a envoyé le dossier, que le surlendemain, on lui toquait à la porte. Mets-nous un rendez-vous avec les dirigeants. On veut voir cette société. Cette société, c'était SOMEO. Donc, la réactivité, c'est quand même clé dans cette période où le temps, des fois, il n'y en a pas. Et au contraire, il faut être très réactif pour avoir les dossiers. Parce que, comme tu dis, il y a beaucoup de demandeurs et parfois le premier qui demande le premier servi.
- Speaker #2
Est-ce que vous cherchez une boîte où il y avait un couple de sédants ou pas pour arriver à trouver votre propre équilibre post-opération ?
- Speaker #1
Non, pas spécialement, parce que c'est la seule boîte qu'on a visitée qui était comme ça. Par contre, il fallait que le salaire du dirigeant puisse nous couvrir tous les deux.
- Speaker #0
Et une boîte qui ne soit pas violette ?
- Speaker #1
Il dit ça parce qu'on a visité une entreprise qui nous plaisait assez. Moi, je déteste le violet, c'est la couleur que j'aime le moins. et on arrive dans le... Dans la visite de la société, le dirigeant me dit « Vous voyez comme c'est beau chez moi, tout est aux couleurs de la marque, tout est violet. » Mais tous les murs étaient violets, tout était violet. Je dis « Ah, c'est super ! » Donc bon, ce n'était pas un critère, mais c'est vrai qu'indirectement, ça joue quand même. Parce qu'on se dit qu'au jour 2, il va falloir repeindre tous les murs, que j'ai un petit signe quelque part.
- Speaker #0
Oui, mais quelque part, reprendre une entreprise, c'est aussi une histoire de ressenti. Des fois, on le sent, on ne le sent pas. Alors là, c'est pour la blague que je dis ça, mais il y a eu des entreprises qu'on a eu la chance de visiter. où on s'est très vite dit, OK, l'atmosphère des employés ou la façon dont le business tourne, ce n'est pas notre histoire ou ce n'est pas la façon dont nous, on va apporter des choses.
- Speaker #2
Qu'est-ce qui a fait l'effet waouh sur ce dossier-là, justement ?
- Speaker #1
Moi, je pense que dès qu'on a lu les comptes, je me suis dit, ouf, ça sent bon. C'est pile ce qu'on cherche. Ça a l'air clean. Le secteur, en fait, était porteur aussi, même si en ce moment, il est un peu en crise. Globalement, les canalisations, ce n'est pas demain que ça va s'arrêter. Et en fait, il y avait des plus par rapport à ce que nous on cherchait. Typiquement, le couple de sédants qui facilitait l'arrivée. Une place dans l'entreprise,
- Speaker #0
avec deux bureaux.
- Speaker #1
Oui, exactement. Ensuite, il y avait aussi le sujet de l'environnemental. Ce n'était pas quelque chose qu'on avait mis sur le papier, mais de se dire qu'on entreprend dans une entreprise qui fait du bien à la planète, c'était quand même un vrai plus. Il y avait vraiment plusieurs signes positifs. Nos critères étaient remplis, il y en avait d'autres. Donc on s'est dit, ça serait bien que ça le fasse.
- Speaker #0
C'était aussi une entreprise où on voyait une vraie porosité. C'était deux sédants qui avaient bien mené leur barque, qui avaient en 2024 une société avec une belle réputation, qui fonctionnait bien, mais qui s'était arrêtée quelque part à un certain chapitre. Ils n'avaient pas pris le chapitre du digital. Ils n'avaient pas pris le chapitre d'aller attaquer plus loin géographiquement. Ils n'avaient pas pris le chapitre d'attaquer certains produits un peu plus innovants. Et nous, on a vu quelque part assez vite comment... Que ce soit en interne au niveau de la gestion ou que ce soit en externe au niveau marketing, au niveau commerce, on voyait très bien comment grâce à nos expériences, on pouvait permettre à cette entreprise d'aller sur le chapitre suivant que les cédants n'avaient pas forcément abordé. Donc ça aussi, c'était un vrai attrait pour nous de se dire, cette entreprise, on peut l'amener plus loin, on voit comment elle peut aller plus loin.
- Speaker #2
Vous avez repris le poste des cédants, mais est-ce que vous avez changé les fiches de poste, on va dire ?
- Speaker #1
Oui. En gros, Madame faisait la partie administrative et Monsieur était le commercial. D'ailleurs, j'en profite une petite parenthèse, on a abordé ça avec beaucoup d'humilité quand même, parce que même si on voyait beaucoup de choses à apporter, on a aussi conscience des qualités qu'ils avaient et que nous, on a peut-être moins. Donc, je pense que dans toute reprise d'entreprise, il faut avoir cette humilité de se dire, on va gagner des choses, on va en perdre et essayer de tenir ces deux bouts-là. et de toujours les avoir en tête parce que c'est clé d'avoir de l'humilité sur une entreprise qui a 20 ans d'existence, ou plus pour certaines d'ailleurs. Petite parenthèse fermée, du coup, madame faisait l'administratif et monsieur faisait le commerce, pour faire très simple. Nous, on a vu très très vite une opportunité d'optimisation du travail de madame avec de la digitalisation. Et initialement, moi, je devais faire la partie commerciale et Victor la partie back-office. Donc moi, je devais reprendre à peu près le poste de monsieur et lui, le poste de madame. en récupérant du temps sur son travail administratif pour le réinjecter dans du commercial. La vie en a décidé autrement. Une semaine après la reprise, je me suis fait opérer du dos. J'étais censée passer trois mois sur le carreau. Ça, ce n'était pas prévu. Finalement, ça s'est mieux passé que prévu et je touche du bois de temps mieux. Mais on a quand même dû inverser parce que je ne pouvais pas me déplacer comme je voulais les trois premiers mois en gros. Donc, on a repris poste pour poste. Petit à petit, j'ai loué du temps au commerce, principalement au démarchage des nouveaux clients, quand Victor lui a fait le tour du parc existant avec le sédan et a repris les bottes du sédan. En parallèle, on a développé d'autres projets qu'on s'attribue assez naturellement à l'un ou à l'autre selon le sujet.
- Speaker #2
Quelle est la répartition entre vous deux ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, au niveau du commerce, je m'occupe comme l'adimilie des clients existants, notamment ceux hors de Nouvelle-Aquitaine. tous les mercredis. Je suis sur Toulouse et l'Occitanie et tous les vendredis je vais soit dans les pays de la Loire, soit dans la Nouvelle-Aquitaine, partie lande et pays basques. Milieu Niveau Commerce réceptionne, accueille les clients bordelais. Et attaque ses territoires un petit peu de cœur, le Limousin ou l'Auvergne. Et au niveau administratif, c'est Millie qui a fait beaucoup au départ en reprenant les tâches de la sédante, notamment comptabilité, TVA, fiscalité. Et petit à petit, on se répartit le monde. C'est moi qui ai pris le chapitre de création d'un nouveau site Internet. Millie, elle a eu un énorme volet en début d'année dernière avec l'intégration d'un nouveau système. On est basculé chez Odoo, très bon système. Et après, les sujets RH, moi, me plaisent un petit peu, donc je les prends. D'autres sujets événementiels, c'est soit elle, soit moi. À chaque fois qu'il y a un nouveau sujet, quelque part, on se dit assez vite, c'est toi ou c'est moi. Bien sûr, avec la supervision de l'autre et on ne prend pas de grandes décisions sans l'aval de l'autre, mais assez rapidement, dès qu'il y a un nouveau sujet qui tombe, on se le répartit.
- Speaker #2
Et les décisions stratégiques, vous avez un process où vous en discutez ? Vous êtes fondamentalement d'accord ou pas d'accord ?
- Speaker #1
On est fondamentalement, jusqu'à présent, toujours d'accord sur les sujets de fond. Et sur les sujets de forme, on n'est jamais d'accord. Donc, enfin, de forme ou les sujets moins importants. Donc là, on débat deux minutes et puis il y en a un qui prend une décision.
- Speaker #0
Et puis après, on fait ce que Milly a décidé.
- Speaker #2
Je m'en doutais un peu.
- Speaker #1
Voilà, voilà. Et non, et sur la stratégie, je pense que pour le coup, donc on a parlé du CERA. Là, je vais parler du réseau entreprendre. Donc, c'est un peu la suite logique du repreneur classique, j'allais dire. qui accompagne après la reprise d'entreprise, donc le réseau Entreprendre. Et on a la chance d'avoir deux accompagnatrices qui voient bien que dans le run et dans le mouvement, on est plutôt à l'aise et qui passent du temps à nous tirer le col et nous dire c'est quoi la vision, et c'est quoi la vision, et c'est quoi la vision. Et ça, c'est top parce que même si on l'a évidemment en tant qu'entrepreneur, on passe moins de temps à y réfléchir. Et donc ça, ça nous permet de nous créer des moments pour réfléchir à la vision qu'on a pour la société. Et donc, on a fait l'exercice, grâce justement à nos accompagnatrices du réseau, de caler notre projection à trois ans. Cet exercice-là, on l'a d'abord construit à deux et avec leur aide. Et ensuite, on a fait travailler notre équipe de techniciens sur le sujet pour regarder cette espèce de longueur d'avance sur nous-mêmes et avoir toujours un petit peu cette vision qui reste bien en place. Et donc, c'était assez marrant d'ailleurs d'engager les équipes qui n'avaient jamais fait cet exercice-là. même quelque chose qui s'en rapprochait avant. C'était intéressant de pouvoir le faire en équipe aussi.
- Speaker #2
Réseau Entreprendre, autre épisode de la boîte à outils, j'en profite, autopromo pour moi aussi. On a fait un épisode avec Sébastien pour présenter le Réseau Entreprendre. Très, très belle association dont je suis membre également, où ça aide et accompagne financièrement. C'est un volet, mais surtout dans l'accompagnement, sur deux ans, des entrepreneurs qui se lancent ou reprennent. Chacun a trouvé sa place, et est-ce que c'est facile ? et évident. Oui, oui et oui. Il n'y a jamais eu d'engueulade ?
- Speaker #0
Il n'y a jamais eu d'engueulade sur le sujet professionnel. On a eu... Non, mais il y a beaucoup d'angueulades, mais jamais de vraies alertes. On se dit les choses avec Milly et il y a eu des moments forts de changement de fournisseur ou de réflexion sur où on allait. Mais jamais il n'y a eu besoin d'activer la clause d'arbitrage.
- Speaker #2
Pas encore.
- Speaker #1
Non, non, mais on s'engueule tout le temps sur les petits sujets. Et sur le fond, franchement, on est tout le temps d'accord. Et quand il y a eu des coups un peu plus durs, c'est là où on est super complémentaires. Parce que Victor, il est super optimiste. Donc moi, quand je stresse, il est vraiment toujours là pour stabiliser le truc, le rationaliser. Et moi, je suis là pour activer l'action en disant OK, il faut qu'on y aille maintenant. On n'attend pas deux jours, on y va, on fonce. On est super complémentaires, même en cas de crise. Et ça, c'est encore une fois un gros atout de la reprise en couple. C'est hyper stabilisant et on est là pour en discuter. On prend des décisions rationnelles et avec des arguments qu'on challenge l'un l'autre. Et quand on prend la décision, on sait que c'est la meilleure décision possible que nous deux pouvions prendre avec les données qu'on avait à un moment T. Ça, c'est vachement rassurant quand même.
- Speaker #2
Et comment les salariés ont appréhendé l'arrivée d'un jeune couple qui a l'âge des enfants des anciens dirigeants finalement ?
- Speaker #0
Alors, ils l'ont... appréhendés, ils ont réagi au discours qu'a fait notre sédan qui était déjà préparé avec nous, donc ça c'était un avantage. Il y a l'un des collaborateurs qui a tout de suite annoncé au sédan, ben voilà moi, j'ai 60 ans, l'arrivée de deux nouveaux jeunes, moi je me vois pas être de cette aventure-là. Les sédans ont insisté à attendre de les rencontrer, à attendre de voir comment ça va. Les autres étaient plutôt partants, notre chef d'atelier notamment était assez partant sur l'idée d'un nouveau chapitre pour la société où il voulait prendre une... une place un peu plus importante où il y avait des choses à faire et il les voyait aussi. Et une fois qu'on est arrivé à bord, on les a quand même rassurés, mis au cœur du projet parce qu'on voulait la vraie aventure entrepreneuriale avec des salariés. C'était un souhait pour Émilie et moi. On n'aurait pas repris, je pense, une boîte sans salariés. Et donc, je pense qu'aujourd'hui, alors ils le raconteront mieux que nous, mais je pense qu'aujourd'hui, ils sont plutôt épanouis et même le collaborateur qui hésitait. Aujourd'hui, il n'a plus grand doute.
- Speaker #2
C'est bien ça.
- Speaker #1
Il est toujours avec nous et il ne veut pas partir.
- Speaker #2
La résistance au changement, c'est dingue. Moi, si c'est comme ça, je m'en vais. Finalement, ce n'est pas si mal.
- Speaker #1
Non, je pense qu'ils sont plutôt faits au changement. Et on est arrivé avec une approche humble. Je pense que c'est le maître mot, en fait. Surtout quand on est jeune, d'arriver avec beaucoup d'humilité, même si on a des idées, de commencer par écouter les autres. Moi, je l'ai toujours dit, et ça, c'était dans ma vie salariale aussi. Ma priorité, c'est toujours de garder ce qui fonctionne bien. Je crois que ça, c'est une règle en entreprise qu'il faut absolument garder, quoi qu'il en soit.
- Speaker #2
Moi, je dis qu'il faut toujours construire par-dessus. Tu as déjà une bonne base, il faut en rajouter par-dessus, mais il ne faut pas péter ce que tu as en dessous. Sinon, tu fais deux fois le travail.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #2
Et qu'est-ce qui vous guide au quotidien ?
- Speaker #1
Le bon sens. Non, mais tu rigoles, mais moi, ce qui me guide au quotidien depuis tout le temps, je pense que c'est clé et que ce n'est pas assez valorisé. Mais ça, c'est la chance qu'on a en étant entrepreneur. On n'est pas perturbé dans notre bon sens. C'est nos décisions. Donc, il faut laisser le bon sens au centre de nos décisions. Et on n'a pas d'excuses pour ne pas le faire. Parce qu'on décide de tout. Donc, c'est ça qui nous guide. Après, tu vas peut-être donner une vision un peu plus haute sur la vision qu'on a.
- Speaker #0
Non, je pense que oui, c'est totalement ce qu'a dit Milly. Moi, il y a aussi un côté épanouissement, mais je pense que toi aussi. Depuis qu'on est devenu entrepreneur et repreneur de SOMEO, le monde change. Moi, en tout cas, je n'ai plus vraiment l'impression de travailler. Les journées que je fais, elles sont remplies de décisions. Et quelque part, c'est moi qui décide où c'est que j'alloue du temps. Est-ce que je peux égoïstement allouer du temps sur ma personne, pas aller travailler aujourd'hui ? Est-ce que je vais allouer du temps à aller prendre soin de mes collaborateurs, à essayer de chercher de nouveaux clients, à améliorer la relation avec mes fournisseurs ? C'est une journée remplie de choix et c'est nous qui sommes au pilotage de tous ces choix. Et quelque part, c'est ça qui guide au quotidien et qui fait que le matin, on se lève, on se dit qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on va découvrir ? Est-ce qu'on va aller plus loin sur tel ou tel sujet ? SOMEO, c'est un grand bateau qui peut aller dans plein de directions différentes. Il faut juste choisir quel chemin on fait, à quel moment, et est-ce que la trésorerie peut l'encaisser ? Mais en tout cas, c'est vraiment une aventure qu'on vit au jour le jour et qui est passionnante.
- Speaker #2
Et vos amis, vos proches qui, je ne vais pas dire doutaient de vous, mais qui n'étaient pas forcément à fond derrière vous dans le projet Reprise en couple, aujourd'hui, ils en pensent quoi ? Ce seraient des bons ambassadeurs pour ça ou pas ?
- Speaker #0
Je pense qu'ils ont été agréablement surpris. Je pense qu'effectivement, comme a dit Milly, souvent quand on raconte ce projet-là et qu'on l'a annoncé, ça y est, on le fait, ils se projettent et ils ont peur. Mais quelque part, ça... On les fait participer un peu à notre aventure de plusieurs manières. Alors on fait une petite newsletter entre copains et entre familles. On raconte un petit peu nos vies, nos aléas et ça, ça leur permet de voir un petit peu. Qu'est-ce que ça veut dire reprendre une entreprise ? Qu'est-ce que ça veut dire une journée d'entrepreneur ? Et tout ça, c'est une zone d'ombre qu'on clarifie un peu pour tout le monde. Et aussi, on essaye de les faire prendre part à quelques décisions. On a mis en place un petit conseil de surveillance avec quelques copains ou sur quelques décisions clés, on leur dit voilà. Ça, c'est nos problèmes. Qu'est-ce que vous feriez à notre place ? Qu'est-ce que vous voyez qu'on ne voit pas ? Et ça leur donne un peu du sens. Et quelque part, je pense qu'ils sont tous un peu fiers. J'ai l'impression qu'ils sont fiers de nous et qu'eux aussi racontent à leurs amis. Voilà, j'ai deux potes. Ils ont quitté tout alors que tout allait bien pour aller ils ne savent pas où, faire ils ne savent pas quoi. Et ça se passe bien. C'est vrai que dit comme ça, c'est pas mal. Et c'est utile le conseil de surveillance ? Il y a des bonnes idées qui sortent ?
- Speaker #1
Alors, hyper utile. Parce que, et surprenamment utile. En fait, on les a convoqués pour l'instant sur des grosses décisions, quand on a eu des grosses galères, de faire le conseil de surveillance. Moi, je me suis dit, ça a le mérite de nous faire poser les problèmes et de permettre de bien les rationaliser et justement de prendre les bonnes décisions. Et pour moi, c'était ça l'objectif du conseil de surveillance. Et finalement, à chaque fois qu'on a fait une réunion, donc évidemment, tu prépares, tu te poses des questions, tu te dis, voilà toutes les réponses qu'on va avoir. Et à chaque fois, il y a eu des réponses qu'on ne s'attendait pas à avoir, et des bonnes idées.
- Speaker #2
Donc on a tout gardé. Je suis allé, c'était en décembre, je crois, le Booster Camp, où tu te réunis pendant 24 heures ou 48 heures sur un projet à 10 versus 1 entrepreneur, qui est une problématique. J'avais trouvé ça génial, et je m'étais dit que je ferais ça à Noël, avec des potes, de faire un canvas. Enfin, moi, je présente mon canvas, et eux, ils ont leur propre réflexe. Mais je ne suis pas allé au bout du truc. Je n'ai pas... Pas réussi à poser vraiment le truc. C'est compliqué de se mettre tout nu quand même. Alors que je fais du conseil, je passe ma vie à poser des questions à des gens. Mais bon, dans l'autre sens, c'est un peu compliqué quand même.
- Speaker #1
Franchement, je pense que c'est une de nos forces et une de nos faiblesses en même temps. Nous, on est très transparents dans ce qu'on fait. Peut-être trop parfois parce que dans des petites structures, finalement, vivons bien, vivons cachés, c'est vrai. Mais c'est pas trop nous. Et du coup, on est très à l'aise pour dire, là, peut-être qu'on a pas mal bien fait, pas mal fait. Et ça soulage. Ça soulage vachement parce que quand tu es transparent et que tu n'es pas bon, quelqu'un te le dit, tu deviens vite meilleur.
- Speaker #0
C'est une façon qu'on a de voir la vie, notre business. On en dit trop plutôt que pas assez. Et au moins, on est hyper aligné avec nous-mêmes. Mais on a tous les deux ce trait de personnalité-là d'être très transparent.
- Speaker #2
Je pense que c'est un peu notre génération aussi.
- Speaker #0
Peut-être.
- Speaker #2
Parce que pareil, je suis trop transparent moi aussi. Bref. Qu'est-ce que vous avez appris sur vous et sur votre couple ? Si vous ne saviez pas quelque chose, ou alors vous connaissiez déjà tout ?
- Speaker #0
On savait que notre couple était solide et que nous-mêmes c'était un projet qui nous tentait bien. Aujourd'hui tout ça paraît évident. On aurait tellement raté quelque chose dans la vie de ne pas avoir essayé cette reprise d'entreprise, qu'elle fonctionne ou qu'elle ne fonctionne pas, c'est un moment de vie uni. Et on ne se rend pas compte quand on est salarié de ce que ça veut dire être aux manettes. complet d'une entreprise et à quel point ça peut changer la façon dont on voit la vie. Moi, je le répète souvent, être acteur de sa propre vie, choisir ce qu'on fait tous les jours, ça change quand même radicalement la donne. Il y a un côté charge mentale, oui, mais il y a un côté pure liberté qui est hyper agréable. La semaine prochaine, on part à Londres voir un fournisseur. Enfin, on vit des moments de vie assez uniques qu'on choisit, qu'on choisit pas. On prend des trains, on n'en prend pas. Et ça, c'est hyper agréable au quotidien.
- Speaker #1
Je pense qu'aujourd'hui, on s'est presque habitués à ce nouveau normal, parce que ça fait un an et demi maintenant. Mais au départ, moi, je pense que j'avais... La première chose qui m'a surprise, et c'était en plutôt bien, je me suis réaperçue à quel point on était complémentaires, même dans le travail de base, dans le travail quotidien. On n'aime pas du tout faire les mêmes choses. Et concrètement, moi, ça m'a soulagée de tâches que je n'avais pas envie de faire. Et je pense que l'inverse est vrai. Donc, je crois qu'on s'est découvert encore plus complémentaires que ce que je ne pensais. Là où j'avais un doute aussi, c'est que je me suis dit, c'est quand même mon projet au départ, même si ça fait très longtemps qu'on en parle, comment Victor va réagir à l'entrepreneuriat ? Même dans la vie de tous les jours, c'est peut-être moins son caractère initialement. Et j'avais un petit peu peur qu'il se sente mal dans cette vie-là. Et du coup, il vient de parler, mais du coup, pas du tout. Et encore une fois, on est super alignés. Donc non, franchement, je pense que ça a plutôt soudé notre couple au code chose.
- Speaker #2
Quel était le plus gros moment de stress ?
- Speaker #1
Moi, je pense que c'est quand même... La période la plus dure, ça a été la recherche pour moi parce que je n'avais pas assez de choses à faire. Et donc ça, ça me stresse, le vide m'angoisse, je crois. Dans la reprise d'entreprise, on a eu des turpitudes avec un de nos fournisseurs qui nous mettait vraiment en danger parce qu'on est un commerce de négoces. Donc on l'a géré du mieux qu'on a pu. On s'est aidé de notre conseil de surveillance, etc. Au final, ça s'est bien fini. Mais ça a été compliqué. Et on a décidé pour la première fois de l'entreprise de prendre des vacances hors fermeture de l'entreprise. Et notre situation la plus complexe, ça a pété le mardi de nos vacances. Donc ça, ça a été quand même assez stressant. Mais finalement, on s'en est sortis. On avait préparé le terrain. Ça a pété au mauvais moment. On l'a géré la crise. Et on gère l'après. Et ça va.
- Speaker #0
Je n'ai pas grand-chose à ajouter. Effectivement, ce moment-là a été assez compliqué, mais on a toujours tout fait en étant droit dans nos bottes et en essayant d'anticiper ce moment-là. On savait qu'une potentielle crise allait arriver et quelque part, quand elle est arrivée, on avait fait tout ce qu'on pouvait pour qu'elle n'arrive pas et qu'elle arrive le moins fort possible. Elle est arrivée et quelque part, les actions d'après, on a encaissé le choc. Alors moi, je ne suis pas trop victime du stress. Un moment qui a été un petit peu marquant où je me suis dit, je vais décevoir dans le regard de... de personne, c'est quand j'ai annoncé que j'allais quitter PWC. Je pense que mes collaborateurs que j'admirais, qui m'inspiraient et que j'essayais d'inspirer, ne s'attendaient pas du tout à ça. Parce que c'est quelque chose dont on ne parle pas vraiment avant de le déclencher, avant que ce soit officiel. Ça a été un moment pas agréable, mais quelque part, ils ont compris. Et aujourd'hui, non, on n'a pas eu la chance, je touche du bois, de ne pas avoir eu de vraies crises ou de vrais sujets sensibles. Alors, bien sûr... Toutes choses égales par ailleurs, il y a eu des allées négatives et positives. On n'a pas eu vraiment de vraies crises qui mettent en danger la société.
- Speaker #2
Et à l'inverse, votre plus grande fierté, le moment tout en haut du pic ?
- Speaker #1
Je commence aussi parce que j'ai une idée. On a valorisé, augmenté et fait passer chef d'atelier notre chef d'atelier. On l'a entendu sortir d'entretien en appelant ses potes et en leur disant qu'il était trop content et qu'il allait boire des bières avec eux ce soir pour fêter ça. Et ça, ça m'a marquée.
- Speaker #0
Ah ouais, j'étais super fière d'être chef d'entreprise et que mes collaborateurs soient heureux. C'est un peu ça, une des raisons pour lesquelles on a vu cette aventure-là. Et ça en était une des manifestations.
- Speaker #1
Alors j'ai moins bien, parce qu'effectivement à ce moment-là, c'était un moment hyper agréable en tant que dirigeant d'entreprise de voir que notre équipage est heureux d'être à bord de notre navire, c'est cool. On a la chance de faire des salons pour aller voir un petit peu le monde de l'assainissement, le monde des produits qui se font, qu'on pourrait proposer nous au catalogue de chez SOMEO. Et lorsque j'ai fait les premiers salons, c'était la période d'accompagnement avec le Cédan, où je me présentais, voilà, je serais le nouveau dirigeant de Sommeo avec ma compagne Milly, que vous rencontrerez prochainement. Et on a serré la main aussi à des concurrents. Et on voyait dans le regard des concurrents, ça y est, un petit jeune qui n'y connaît rien arrive. C'est vraiment un piu-piu inoffensif. Et il y a quelques mois, on a fait un autre salon et on a resserré la main à ces mêmes concurrents. Et on s'est rendu compte que là, pour le coup, le regard n'était plus du tout pareil et qu'on était vraiment pris au sérieux. Et quelque part, on l'a vu, ça y est, on est rentré dans le vrai jeu. Là, ils ont peur de nous. Et quelque part, on se dit, c'est une réussite. Alors oui, ça nous met en danger parce qu'on est surveillés. Mais quelque part, ça veut dire que Somméo, on l'a amené à un autre stade.
- Speaker #2
On ne se méfie que des gens qui peuvent nous amener du tort. Enfin, c'est le grand truc. Quel conseil vous donneriez à quelqu'un qui souhaite reprendre une entreprise ?
- Speaker #0
De se dépêcher de le faire ?
- Speaker #2
Ça ne sert à rien d'attendre.
- Speaker #0
Ben non, pourquoi attendre ? Non, ça c'est le conseil de mon père qui nous a dit en boucle pendant au moins 5-6 ans. Mais dépêchez-vous, mais vous attendez quoi ? Alors on savait ce qu'on attendait, on voulait un peu plus d'expérience, on avait encore besoin de nous prouver des choses, je pense, et d'apprendre des choses. Mais oui, je pense qu'il faut y aller. Le risque, de toute façon c'est rationnel comme décision, il faut peser le risque et l'envie. Si les quelques billes financières ont plus de valeur que finalement... Et encore une fois, il faut les mesurer. Quel est le risque financier réel ? Parce que ce n'est pas 100% d'un apport. Versus l'envie d'entreprendre et mesurer ce pour et ce contre. Pour moi, la balance penche assez vite.
- Speaker #1
Moi aussi, je dirais de ne pas hésiter et de se lancer. Après, je nuancerais légèrement en disant de bien le préparer. Nous, on a la chance avec Milly d'avoir repris en couple, d'avoir pas d'enfant. Mais pour un entrepreneur seul ou même un jeune couple avec des enfants qui reprend. Il y a un impact sur le foyer familial qu'il faut quand même bien préparer. Et il y a la préparation dont on a parlé, le CRA, le pacte d'associés, la holding, etc. Mais il y a un vrai sujet de se préparer soi-même au changement de vie pour soi et pour son entourage. Qu'est-ce que ça veut dire aller récupérer une entreprise qui a deux heures de route tous les jours ? Est-ce que je suis prêt à faire ça ? Est-ce que je ne suis pas prêt à faire ça ? Il y a un vrai travail préparatoire qu'il faut prendre. Mais une fois que tout ça s'est levé, il faut y aller. Franchement, reprendre une entreprise, c'est une deuxième vie.
- Speaker #2
Et au niveau... Plus personnel, ça a dû changer quand même la dynamique à la maison, faut pas déconner. Est-ce que vous aviez appréhendé à ce point-là ? Est-ce que c'est mieux qu'avant, moins bien qu'avant ?
- Speaker #1
Je dirais que nous concernons c'est mieux qu'avant. On a une alchimie avec Millie qui fait qu'on arrive à communiquer, à vivre à la fois notre vie d'entrepreneur et notre vie de couple. on est beaucoup plus aligné entre le travail qu'on fait, l'activité sportive, l'activité qu'on a ensemble, quand est-ce qu'on peut s'allouer un moment tous les deux, quand est-ce qu'on rentre un peu plus tôt le soir, on se synchronise là-dessus, et du coup ça facilite vraiment la vie pro et perso, s'il y a des soirs où il y a un peu plus de travail, s'il y a des week-ends où il faut bosser, on est aligné parce qu'on le voit tous les deux, comme disait Milly tout à l'heure, dès qu'il y a quelqu'un qui doute, l'autre peut le rassurer, donc on bénéficie à tous les moments de la vie de ce côté couple repreneur.
- Speaker #0
Pour peut-être nuancer un tout petit peu, alors c'est vrai que déjà, on travaille beaucoup moins qu'en tant que salarié, surtout moi. Vraiment, j'ai gagné, je pense, 20 heures dans la semaine. Donc déjà, c'est énorme. Après, c'est pareil, partie, pareil. On peut plus bosser les week-ends, mais on choisit vraiment nos temps de travail. Et il y en a moins qu'avant, pour ma part. Victor, un peu moins aussi, je pense. Donc globalement, déjà, ça aménage plus de temps. Le risque, c'est de manger tous nos moments à deux pour faire d'autres trucs, parce qu'on adore faire plein de trucs, que ce soit dans le pro ou dans le perso. Donc ça, c'est peut-être quelque chose qu'on n'a pas encore tout à fait en maîtrise, mais ça reste nos choix. Donc on choisit tout, et par exemple, quand on a des moments où on se néglige un peu en tant que couple, c'est de notre fait, et il ne tient qu'à nous qu'à décider de faire autrement. Ça donne un équilibre par nature.
- Speaker #2
Il y a un conseil de surveillance là-dessus ou pas ?
- Speaker #0
Oui, c'est moi, toute seule.
- Speaker #2
Et du coup, c'est quoi l'objectif ? Alors, vous avez parlé tout à l'heure d'une vision à 3 ans, 5 ans, 10 ans, 15 ans. Ce serait quoi l'objectif ?
- Speaker #0
Franchement, je pense qu'aujourd'hui, on a un peu atteint notre rêve. On est dedans. Donc après, on a des petits projets à côté de grandir dans l'entrepreneuriat, etc. Mais l'idée de départ, c'était quand même de vivre des aventures, dont celle-ci qu'on avait mise sur la table depuis longtemps. Je pense qu'on n'a pas un projet complètement construit à 10 ans. Je crois que le projet, c'est de rester entrepreneur, de continuer à bien vivre et de continuer à vivre des aventures. L'aventure, est-ce qu'elle sera de continuer SOMEO en l'état ? Est-ce que ce sera de le développer ? de faire une croissance externe, de partir sur notre activité. Franchement, on se laisse complètement libre et on va voir selon les opportunités business. Pour l'instant, on en est là. Et encore une fois, on reste humble parce que ça fait que un an et demi. Donc, pas à pas. C'est continuer dans l'entrepreneuriat et continuer à vivre des aventures.
- Speaker #1
Pas mieux.
- Speaker #2
Et si vous auriez pu, dernière question, si vous aviez pu parler au Victor et à l'Emilie de 2023 qui se disent, bon allez, je démissionne demain. Qu'est-ce que vous pourriez leur dire ?
- Speaker #0
Je pense qu'on était déjà sûr de notre choix et on leur dirait qu'on avait raison. Vous avez raison d'être sûr de votre choix. Foncez les gars.
- Speaker #1
Mieux vaut avoir des remords que des regrets. Cette parenthèse-là d'aventure, plus le temps est dur, plus elle est agréable. On aurait trop regretté de ne pas l'avoir vécu. Donc allez-y les gars.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci Thomas.
- Speaker #2
Je remercie Thibaut Dupieris pour le montage et les équipes de conseils, finances et transmission pour leur soutien sur cette belle aventure. N'hésitez pas à nous contacter pour nous suggérer des invités ou des thèmes que vous souhaitez aborder. Ce projet n'est pas seulement le mien, je tiens à ce qu'il évolue avec ses auditeurs.