Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Confidences Fertiles. Je suis Marion Viong et ici on parle vrai. On parle de ce désir d'enfant qui brûle, de ce corps qu'on comprend pas toujours et de ce cycle qu'on aimerait apprivoiser, mais aussi de tout ce que ça remue à l'intérieur de nous. nous. Ce podcast c'est un espace pour déposer ce qu'on vit quand on traverse l'infertilité. Parfois je vous partage mon propre chemin, ma propre expérience en tant que femme qui vit elle aussi l'infertilité, mais aussi avec mon regard de naturopathe fonctionnelle pour vous partager mon expérience. Partagez mes clés de compréhension sur ce qu'il se passe dans notre corps. Et parfois, ce sont d'autres femmes qui viennent confier leur histoire. Dans tous les cas, l'idée reste la même. Briser le silence, mettre des mots sur ce qui est souvent tu, et surtout, se sentir moins seule dans ce parcours. Si ce podcast vous plaît, je vous invite à le partager autour de vous et à le soutenir en laissant 5 étoiles. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'aimerais te parler... d'une phrase que tu as peut-être déjà dit si tu as vécu un arrêt de grossesse. Et c'est une phrase qu'on dit presque sans y penser, mais qu'on peut dire souvent. Mon corps n'est pas capable. Ou alors, pourquoi il ne me donne pas ce que je veux ? Moi aussi je l'ai dite. Après mes premiers arrêts de grossesse, je la répétais même sans arrêt. Comme si... Ça allait changer et ça allait faire comprendre à mon corps que j'étais pas contente et qu'il fallait que ça change. Et avec un peu de recul, je crois en fait que c'est une des phrases les plus dures qu'on puisse se dire. Parce que finalement, elle crée une rupture, une dissociation entre notre corps et notre tête. Comme si elle matérialisait le fait que notre corps nous avait trahis. Et je suis sûre qu'il y en a plein d'entre vous qui le pensent profondément. Et c'est pas un jugement quand je vous dis ça. C'est normal, après un arrêt de grossesse, vraiment tout s'effondre autour de nous. Et en plus de la douleur, on a très fort cette impression d'échec. On va regarder notre ventre, on va regarder notre reflet et on se dit mais pourquoi en fait ? Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi ça n'a pas tenu ? Pourquoi ça m'arrive à moi ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Je sais complètement ce que c'est et je suis vraiment passée par là aussi. Par cet état de colère envers notre corps, où en fait on n'est plus du tout en confiance avec lui. On est déçus. Et aujourd'hui, avec un peu de recul et surtout une meilleure connaissance aussi du fonctionnement, de ce qui se passe vraiment physiologiquement à l'intérieur de nous dans ces moments-là, j'avais envie de partager cet épisode pour vous dire Que non, vous n'avez pas échoué. Et non, votre corps non plus. En fait, il a juste réagi. Il a juste cherché à nous protéger. Il a fait ce qu'il savait faire. Préserver en priorité notre équilibre. Même quand c'est pas vraiment ce qu'on attend. Je sais pas toi, mais moi, de manière générale, j'aime comprendre. Je veux comprendre. Et encore plus, Quand j'ai fait mes arrêts de grossesse, et surtout après le troisième. Je fais une petite parenthèse, si tu veux connaître un peu plus de mon histoire, surtout sur ces arrêts de grossesse-là, je t'invite à écouter l'épisode 3 de la saison 1, je raconte tout. Moi, dans ces moments-là, j'ai cherché profondément une raison. J'avais besoin de comprendre et besoin de savoir. Et c'est normal, parce que j'ai besoin de trouver du sens à ce qui m'arrive. Et je le vois à chaque fois. Quand je sais ce qu'il se passe, Quand je comprends enfin pourquoi, tout de suite ça change tout dans ma tête. Je me sens rassurée parce que je sais exactement ce que je peux faire. Je vais donner un exemple concret. Ça fait dix jours que je me sens épuisée et même un peu en mini-déprime. J'ai pas beaucoup d'envie, j'ai pas beaucoup de motivation, c'est compliqué pour moi de travailler, je suis à fleurs de peau, j'ai l'impression de retrouver un état dans lequel j'étais pendant mon burnout. il y a presque 6, même plus que ça, 6 ans maintenant. Donc ça m'inquiète, je comprends pas d'où ça sort, je comprends pas pourquoi je suis dans cet état-là. Et pour celles qui ont déjà fait un burn-out, en tout cas moi c'est le cas, depuis que je l'ai fait, je suis attentive aux signes. Je veux pas en refaire un, donc vraiment je suis sur le qui-vive du moindre signal qui pourrait me faire penser que je retombe dans certains travers. Et là je sais que c'est pas ça. Je sais que... Ça n'a pas de sens de refaire un burn-out alors qu'en vrai, oui, j'ai du stress, oui, l'activité est intense en ce moment, oui, je suis de la fatigue, mais je n'en suis pas au point à refaire un burn-out. Je ne suis pas si déconnectée de moi comme je l'étais à l'époque. Et puis hier, je ne vais encore vraiment pas bien, je me réveille, je suis un peu dans le brouillard. Je suis patraque quoi, mais pas patraque physiquement, patraque émotionnellement. Et je me dis, il y a un truc, c'est pas normal, c'est pas possible en fait. Donc je réfléchis, je me pose, j'essaye de creuser, d'essayer de comprendre. Et puis à un moment donné, je sais pas trop comment, mais ça fait-il dans ma tête. Et je me dis, mais en fait, j'ai fait... Le test au synactène, il y a 10 jours. C'est un test pour doser le cortisol et j'ai dû aller à l'hôpital pour le faire. Ce test du synactène, en gros, pour vous expliquer, pour que vous compreniez un petit peu d'où ça vient tout ça, c'est une prise de sang qu'on fait. Il y a même deux en fait. Il y a une prise de sang à l'arrivée, où on est neutre, entre guillemets, puis on injecte un produit qui va venir stimuler la production de cortisol. Et on laisse le corps réagir pendant une heure. Donc j'étais obligée de rester dans la salle d'attente, au repos, pendant une heure. Puis on m'a rappelée à nouveau pour refaire une deuxième prise de sang et pour voir un petit peu la réaction de mon corps après l'injection de ce précurseur du cortisol qui s'appelle l'ACTH. Et bon, j'ai eu les résultats, etc. J'ai pas pensé trop, mais en fait... Là, hier, en faisant un peu le flashback de ces derniers jours, de cette dernière semaine et demie, je me dis, mais c'est ça en fait. Parce que moi, depuis mon burn-out, justement, j'ai du mal à remonter ma bonne production de cortisol. Et donc j'ai un cortisol au repos qui est plutôt dans la fourchette basse de ce que ça devrait être physiologiquement. Donc, même si j'en produis, même si je ne suis plus en burn-out, je ne suis plus en fatigue surrénalienne, je ne suis pas non plus quelqu'un qui en produit suffisamment pour faire face à tout. Et du coup, là, en fait, d'avoir fait ce test et de m'avoir... Je ne sais pas pourquoi j'ai cette image, mais un peu comme si on donnait des stéroïdes à un bodybuilder, le muscle éclate, il gonfle, il est blindé. Et puis après, tu as la chute, parce qu'en fait, forcément, ça ne dure pas des mois, des années, etc. Ce n'est pas définitif. Donc le corps, après, il le digère, il l'assimile et il l'élimine. Et donc, il y a la rechute derrière. Et en fait, ça m'a fait chuter plus bas que ce que je n'étais au quotidien, là, ces derniers mois, ces dernières années. Parce que ça a fait un effet un peu presque rebond. Et ça m'a replongée dans cet état où là, le moral est dans les chaussettes, on n'a pas d'énergie. J'ai vraiment eu un coup de mou, en fait, et un avant et un après. et donc Je réfléchis à tout ça et je réalise que c'est ce test-là qui me met dans cet état-là. Donc bon, ok, maintenant que j'ai compris ça, je vous promets qu'à partir du moment où j'ai réalisé que c'était ce test-là qui était, entre grosses guillemets, le fautif de mon état de ces dix derniers jours, ça allait mieux. Alors évidemment, ça n'a pas été une transformation radicale, je ne suis pas passée de « au secours, je ne vais pas bien dans ma vie, je suis la plus grosse merde, etc. » à « je suis la meilleure, je suis la plus forte, et avoir un excès de confiance incroyable. » Non. Par contre, derrière moi, ça m'a... ça m'a soulagée, ça m'a apaisée en fait. Parce qu'à partir du moment où je mets la cause en corrélation, où je comprends à quoi c'est dû, derrière moi je sais quoi faire pour me soutenir et pour retrouver un équilibre un peu plus juste, un peu plus bénéfique pour moi. Et du coup ça change tout en fait. Parce que ça me redonne le pouvoir finalement. Et c'est ça qui est fort et c'est là où le cerveau est très fort. Et c'est ce que je veux vous dire, c'est que moi je suis convaincue que quand on comprend ce qu'il se passe en nous, sur des sujets qui nous pèsent au quotidien, Donc par exemple l'infertilité, ou bien quand on vit cet arrêt de grossesse, et bien en fait ça change tout psychologiquement. Et ça change tout aussi dans le corps. Le problème c'est qu'on a grandi avec cette idée que tomber enceinte c'est hyper facile. Et qu'au contraire, il faut se surprotéger pour éviter de tomber enceinte tellement on est tous hyper fertiles. Et que si on n'y arrive pas aussi facilement que la société nous le laisse croire, c'est que c'est de notre faute. C'est nous qui n'avons pas bien fait quelque chose. Bonjour la culpabilité que ça induit, cette sensation. Je pense qu'on l'a toute ressentie, et même on le ressent encore tous les jours, à régreux cesse ou non. Et ça ajoute aussi une énorme charge mentale. Et donc forcément dans ces moments-là, et quand on vient de perdre un bébé, on se refait le film à l'inverse. Et on va chercher la moindre petite cause qui pourrait faire expliquer pourquoi notre corps n'a pas tenu, n'a pas gardé cette grossesse. Et donc tout y passe. Le café qu'on a bu, ou alors si on n'en buvait qu'un seul et que là on a craqué, on en a bu trois. Qu'on est hyper fatigué, donc c'est forcément ça. Qu'on est hyper stressé au boulot, qu'on s'est engueulé avec notre chef et tout. On n'aurait pas dû parce qu'en fait, ça nous a fait faire du stress. Et donc, le cortisol, on sait que c'est pas bon. On a porté peut-être aussi un sac hyper lourd. On a déménagé et on n'aurait pas dû faire ça à ce moment-là. C'était vraiment pas réfléchi de notre part. Ou alors, on est allé au sport et on a fait une grosse séance de sport. Et en fait, on n'aurait pas dû. Ou alors, on s'est disputé avec notre moitié. Et en fait, ça a complètement bouleversé notre état mental. Et donc, c'est sûr que c'est ça. j'ai même l'une d'entre vous sur Instagram qui m'avait raconté que lorsque l'infirmière lui avait annoncé que sa grossesse venait de s'arrêter, elle lui avait tout de suite demandé si elle n'avait pas porté des charges lourdes dans les derniers jours. Et peut-être que pour elle, c'était une question anodine. Pour elle, c'était banal de lui poser cette question-là. Et peut-être qu'elle ne pensait pas à mal. Mais derrière, pour nous, et c'est ce que m'expliquait la femme qui me parlait, Et ça résonne de ouf en fait, c'est horrible, parce que c'est quelque chose qui reste gravé dans la tête, et pendant très longtemps potentiellement, et qui vient à rajouter de la culpabilité. On se dit mais pourquoi elle a posé cette question si c'était juste banal ? C'est que forcément il doit y avoir un lien de cause à effet, c'est sûr, et donc ça veut dire que si oui j'ai porté des charges de l'euro, ça veut dire que c'est de ma faute en fait. Mais non, je vous assure, et vraiment, je vais le répéter tout au long de cet épisode. Ce n'est pas ça. Ce n'est pas les cartons, ce n'est pas le café, ce n'est pas la fatigue, ce n'est pas le stress au boulot, ce n'est pas la dispute avec votre moitié, ce n'est pas le sport que vous avez fait, ce n'est pas le stress. Ce n'est pas de votre faute. Vraiment, vraiment, vraiment. Ce n'est pas de votre faute. Et ce n'est pas non plus la faute de votre corps qui est contre vous. Pas du tout. Lui, il fait ce qu'il fait d'habitude. Il a réagi à un déséquilibre. Et il a choisi la protection plutôt que le danger. Et c'est logique. La priorité à ce moment-là, quand la grossesse est au démarrage, c'est pas de prioriser cette grossesse, c'est de prioriser nous. Le corps qui le porte. C'est trop dangereux. La grossesse, de toute façon, si on n'est pas là, elle ne tiendra pas. Donc, on privilégie le corps qui porte, le corps grâce à qui ce bébé se développe. Lui, c'est ça qui est difficile à comprendre et c'est là où on atteint un petit peu nos limites en termes de connaissances. C'est que le corps a ressenti, il a vu quelque chose que nous, on ne peut pas voir. Il a peut-être vu un embryon fragile, il a peut-être vu une inflammation silencieuse, il a peut-être vu que l'ovulation n'était pas de bonne qualité et qu'elle ne permettait pas de produire suffisamment de progestérone. sur le long cours, ou que justement, pour x ou y raisons, la progestérone n'a pas été produite en suffisamment grande quantité. Et il y a plein d'autres choses, les malformations génétiques, chromosomiques, des bugs dans la matrice, que ce soit la nôtre ou celle du spermato, il y a plein de choses, et on ne peut pas savoir. Et c'est dur à entendre au début. Parce qu'on n'a pas envie d'entendre ça. On a envie de nous dire que « Oh, oups, on s'est trompé. En fait, tout va bien, vous inquiétez pas, madame. » Ou alors de se dire En fait, on sait pourquoi, et ne vous inquiétez pas, ça n'arrivera plus jamais. Le problème, c'est que ce n'est pas possible, en fait. On manque de recul, on manque de connaissances, on manque de plein de choses sur ce qu'il se passe vraiment et ce qu'il se joue à ce moment-là. On a énormément évolué, on a énormément compris, mais c'est encore hyper flou. Et malheureusement, on n'est pas en capacité aujourd'hui d'empêcher. Un arrêt de grossesse. Et donc dans la majorité des cas, ça reste un accident du vivant, mais dans le sens littéral du terme. Une erreur de copie, un embryon qui n'a pas pu aller jusqu'au bout. Et notre corps, lui, il l'a vu. Et il l'a vu avant nous. Et même quand... Je sais que certaines qui ont eu des arrêts de grossesse qui en fait ont été révélés bien plus tard. avec l'écho de datation ou l'écho de fin de trimestre qui montre que finalement le cœur du bébé s'est arrêté il y a une, deux, trois semaines avant ce rendez-vous-là et qu'on n'a rien senti, que le corps n'a rien senti. Même s'il n'a rien senti sur ce moment-là, il l'a quand même senti à un moment donné. Il y a plein de choses qu'on ne sait pas et je ne peux pas vous expliquer, je ne peux pas, malheureusement, j'aimerais franchement du plus profond de mon cœur, j'aimerais vous apporter toutes ces réponses-là. Parce que moi aussi, j'aimerais les avoir, en fait. Mais des fois, voilà, c'est juste le corps qui l'a vu, ou un déséquilibre, comme je vous disais tout à l'heure, un embryon fragile, une progestérone, une thyroïde qui est déséquilibrée, une immunité qui est fragile aussi, un microbiote qui est perturbé, on ne sait pas. Et on ne sait pas parce que, chez certaines personnes, ça peut être un rien qui bouscule, et chez d'autres, en fait, elles ont pire. que nous, et finalement ça tient. Donc c'est vraiment ça que je veux vous dire. Il y a tellement de zones grises dans cette fertilité et dans ces informations-là. Et c'est des détails qui sont invisibles, qu'on ne peut pas deviner, qu'on ne peut pas non plus toujours anticiper. L'inflammation, on peut la corriger, une fois qu'on la sait. Le microbiote aussi, l'immunité aussi, la progestérone, pareil, la thyroïde également. L'ovulation de qualité, ça aussi. C'est des choses qu'on peut, une fois qu'on comprend, que c'est ça qui a pu éventuellement causer, mais sans jamais avoir de certitude, on est bien d'accord, eh bien, on peut, ce que j'appelle moi, enlever les drapeaux rouges, en fait. Éliminer, une à une, les causes qui pourraient éventuellement déclencher et faire en sorte que cette grossesse ne tienne pas. Mais, encore une fois, c'est jamais avec certitude. C'est pas possible, en fait. Donc on peut pas... anticipé. Et si c'est une problématique chromosomique, génétique, c'est difficile aussi. Donc il faut bien comprendre que notre corps, il ressent tout. Et quand il sent que les conditions ne sont pas optimales, il va toujours, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, toujours nous protéger. Préférer s'arrêter par instinct de survie. Parce qu'il se protège lui aussi, dans un sens. C'est un peu un moyen pour lui de dire, là c'est pas le bon moment quoi, là je ne peux pas. Et aussi douloureux que cela puisse être, c'est comme ça que ça se passe. Moi je suis convaincue que la première année et demie où on a été en projet bébé et on a essayé d'avoir un enfant avec mon mari, c'est parce que j'étais encore en burn-out, j'étais encore en dépression. Et que forcément mon corps il s'est dit, mais je ne peux pas là maintenant. faciliter et privilégier une grossesse, alors que mon autre, entre guillemets, ça me fait très bizarre de dire ça comme ça, mais entre guillemets, mon corps n'est pas capable de s'autogérer lui-même. J'étais dans un état clairement émotionnel, très instable, très fragile. Donc rajouter une grossesse, même si ça peut nous paraître le plus beau projet de notre vie, le plus beau moment, etc., et qu'on l'idéalise beaucoup, en fait... Si ça se trouve, on n'en serait pas capable. Donc, même si c'est douloureux de l'entendre et de le recevoir comme information, je trouve que quand on comprend ça, quand on remet un petit peu la place et le fonctionnement du corps dans notre réflexion, ça permet d'apporter un peu plus de douceur. Envers soi-même et envers notre corps. Et toujours, même si là dans mes mots je le dissocie un petit peu aussi, c'est un tout, on est bien d'accord. Et ce que je veux vous faire comprendre aussi c'est que notre corps c'est pas notre ennemi, bien au contraire, c'est plutôt un gardien en fait. C'est plutôt quelque chose qui cherche à tout prix à prendre soin de nous, et donc nous aussi on devrait chercher à tout prix à en prendre soin. Et du coup, quand on vit un arrêt de grossesse, il y a aussi quelque chose qui se passe, c'est qu'il y a le cœur sur le cou qui réagit en premier et qui encaisse. Il réalise ce qui se passe, parfois il met du temps, il pleure, il cherche du sens. C'est hyper brutal. Mais ça peut être, pour certaines, immédiat et viscéral. Et le corps, lui, il peut réagir différemment. Il a son propre rythme. Et parfois, c'est plus lent. Parfois, c'est plus rapide. Ça dépend vraiment de chacune d'entre nous. Et on ne réagira pas de la même manière à chaque fois non plus. Chez certaines femmes, c'est le cœur qui va mettre du temps. En fait, on va rester accrochées à ce qui vient de se passer. On va avoir du mal. à intégrer et à accepter ce qui vient de se passer. Alors que le corps, lui, il va reprendre son cycle naturel. Le cycle va revenir. Et finalement, alors qu'on s'attendait à ce que ce soit la kata, eh bien, il est plutôt pas trop mal. On a un cycle régulier qui revient vite. Et du coup, on peut repartir physiologiquement. Chez d'autres, c'est plutôt l'inverse. Le mandale et le cœur font son deuil, avancent à son rythme. Et puis, une fois que c'est digéré, ou en tout cas qu'on pense que c'est digéré, on veut passer à autre chose. Sauf que, à l'inverse, le corps ne va pas aussi vite. Et des fois, quand bien même on se sent prête de repartir, qu'on a l'impression d'avoir digéré les choses, le cycle, lui, il ne revient pas aussi vite. Il met du temps, il est anarchique, il est chaotique, il est irrégulier. Peut-être qu'on a énormément de douleurs, peut-être qu'on perd énormément de sang. Et on ne comprend pas parce que du coup, là encore, on revient avec cette dissonance entre « mais moi, je me sens prête » . Mais mon corps ne l'est pas. Et c'est dur à avaler aussi ça. Et ça crée un décalage énorme. Une zone un peu de flou. Comme si on ne savait plus très bien où on en était, ni à quel rythme on devait avancer en fait. Et c'est pas qu'on dysfonctionne, c'est juste qu'il y a deux temporalités différentes qui se heurtent. Celle du purement physique, physiologique. de ce qui se passe à l'intérieur de nous et de, comme ce que je vous disais tout à l'heure, ce côté qu'on ne sait pas forcément. Et puis, il y a celle de l'émotion, celle du cœur, celle du ressenti, qui peut aussi être biaisée parce que des fois, on pense que tout va bien. Et finalement, on se rend compte, avec les mois qui passent, qu'à ce moment-là où on pensait que tout allait bien, finalement, on n'allait pas si bien que ça. Et que c'est maintenant, plusieurs semaines ou plusieurs mois après, qu'on voit que là, on va vraiment mieux. Que là, on se sent vraiment prête. Sauf qu'on ne sait pas quand est-ce que ça va arriver sur le coup. Qu'on est forcé de tâter, de se laisser porter, et en même temps, d'être dans cette culpabilité, ou dans cette envie de forcément... Être dans l'action. Et il y a aussi ce côté de confiance envers nous-mêmes, en fait. Et envers ce corps en qui on a de la culpabilité, on a de la frustration. Et c'est pas qu'il y en a un qui a forcément tort ou qui a forcément raison. Loin de là. Je pense que... Tous les deux, dans notre globalité entière, la priorité c'est de nous protéger, c'est de prendre soin de nous. Et c'est surtout de faire en sorte que ça ne se reproduise pas. En fait, indirectement, ce que cherchent à faire notre corps et notre tête, c'est de reparler le même langage, de revenir à quelque chose de plus équilibré, de plus stable, de plus cohérent, et dans lequel on se sente en confiance, on se sent bien. Et parfois ça se fait tout seul, ça se fait doucement, avec le temps, avec de la chaleur, avec des choses qu'on va mettre en place, de la tendresse envers soi, de l'écoute, de la bienveillance, peut-être un peu de thérapie, peut-être de la naturopathie, des plantes. Et ça permet, ça suffit à se réaccorder. Et puis parfois non. Parfois en fait, tout notre être dans son ensemble a besoin d'aide pour se recalibrer, d'avoir un espace pour comprendre, pour poser des mots sur ce qui s'est passé, pour digérer, d'avoir un cadre aussi pour remettre du sens, pour apaiser le corps qui est en tension constante. en hyper-vigilance, et permettre aussi au cœur de relâcher, tout simplement, de revenir dans quelque chose de sécuritaire. Et en fait, pour en avoir vécu plusieurs, pour avoir énormément accompagné aussi mes clientes dans ces moments difficiles de leur histoire, Et par une vraie volonté aussi de ma part de briser ce tabou qu'est l'arrêt de grossesse et cette nébuleuse où on a peur de parler des choses parce qu'en fait c'est dur, c'est douloureux, c'est un sujet qui n'est pas facile. Le problème c'est que moins on en parle, plus c'est tabou et plus on se sent seule. Et déjà dans la fertilité, on vit de la solitude. parce que pour peu que Tout notre entourage n'ait jamais eu de problématique pour avoir un enfant et qu'on soit la seule, déjà c'est dur. Parce que les gens ne peuvent pas forcément comprendre ce que ça veut dire pour nous au quotidien. Et donc on est déjà, pour certaines, dans de la solitude et le fait de vivre un arrêt de grossesse c'est horrible. Parce que sans... On se sent encore plus seule en fait. On se sent encore plus abandonnée, plus délaissée. Et en plus, on doit rajouter le fait de ne pas se comprendre, de ne pas savoir ce qui se passe, de ne pas savoir pourquoi ça s'est passé. Et ça, je trouve que c'est dur à vivre. Et donc j'avais vraiment à cœur de mettre en place quelque chose pour combler ce vide-là. Et pour aider à comprendre. ce que le corps y vit, ce qu'il essaie de dire, évidemment avec toutes les pincettes que je vous ai décrites plus haut, et permettre aussi d'accueillir tout ce qui se passe. Parce que soit on ne se laisse pas forcément la place, soit on ne la trouve pas forcément cette place d'accepter qu'on soit encore en colère, encore triste. qu'on n'est toujours pas digérée, quel que soit le timing que ça fait. Donc pour ça, et pour répondre à ce besoin-là, et pour vous transmettre aussi toutes les connaissances que j'ai accumulées, le partage d'expériences de par mon métier de naturopathe, et aussi par le fait d'accompagner toutes ces femmes en parcours fertilité, et puis aussi de par ma propre expérience, j'ai créé un guide. pour vous accompagner pendant et après l'arrêt de grossesse. Et pour vous aider à savoir quoi faire, comment vous accompagner, comment ça va se passer. À vous expliquer aussi un petit peu les solutions qui s'offrent à vous, qu'elles soient médicales ou naturelles, et quelles sont les différences entre les deux. Et puis aussi, comment repartir du bon pied. Comment se soutenir au mieux ? Donc, vous y trouverez des explications concrètes sur le retour du cycle, sur le rôle des hormones, sur les drapeaux rouges dont je vous parlais tout à l'heure et avec un peu plus de détails, sur la fatigue que cela peut engendrer, sur l'impact du corps, sur la digestion par exemple. Et puis des pistes aussi, parce que c'est important pour moi de vous apporter du concret pour vous reconnecter à votre corps pas à pas et essayer... Si ce n'est de la faire disparaître, au moins de diminuer un petit peu cette culpabilité que vous pouvez ressentir. Et surtout, retrouver confiance, en fait. Et reprendre, ne plus vous sentir comme si vous subissiez votre corps. Et puis pour celles qui ont besoin d'aller plus loin, il y a toujours aussi... La possibilité d'être accompagnée personnellement et individuellement et pour pouvoir permettre de relire son corps en profondeur et d'être vraiment dans quelque chose d'hyper personnalisé. Le guide, c'est vraiment quelque chose de généraliste. Je vous explique plein de choses, je vous guide dans plein de choses. Il y a à la fois de l'écrit et de l'audio parce que je sais que ça peut aussi être difficile d'ouvrir un ordinateur, d'aller chercher sa tablette. Quand on vit ce moment, on n'a pas forcément envie de ça. Et que parfois, l'oral, se poser, se laisser porter par ma voix et par ce que je vous raconte, c'est plus facile. Donc vous avez tout ça à votre disposition. Et si vous voulez aller un peu plus loin, il y a toujours la possibilité d'être accompagnée personnellement. C'est ça le plus important pour moi. Vous aider à retrouver votre confiance en votre corps. à retrouver votre confiance dans sa logique, dans sa lenteur, dans sa capacité à vous permettre de vivre, d'avoir des beaux cycles et de vivre une belle grossesse aussi. Et qui tienne avec le moins possible d'inquiétude, même si, à partir du moment où on a vécu en arrêt de grossesse, forcément, il y aura de l'inquiétude et il y aura du stress. Mais si on peut l'apaiser un petit peu, c'est mieux quand même. Voilà. Merci beaucoup pour votre écoute si vous êtes arrivé jusque là. Bravo pour votre force, votre résilience dont vous faites preuve chaque jour. Si vous avez vécu un arrêt de grossesse, ou même si vous n'en avez pas vécu et que vous écoutiez cet épisode pour vous préparer, apprendre et comprendre ce que ça peut faire. Si ça vous intéresse de télécharger le guide, je vous mets le lien dans la description de l'épisode. Et si vous pensez qu'il pourrait aider une amie, n'hésitez pas à lui partager ce podcast. Parce qu'encore une fois, je suis vraiment profondément convaincue que comprendre ce qu'on vit, c'est déjà un premier pas et une première façon de se réparer. Prenez soin de vous et à très vite.