- Lucie
Bienvenue dans Contre-expérience, le podcast qui met en lumière des parcours contre-stéréotypés dans la recherche. Chaque épisode va vous faire découvrir le quotidien, les défis et les réussites de femmes et d'hommes aux trajectoires atypiques. Je m'appelle Lucie Marchal, je suis chargée de mission égalité au CNRS Rhône-Auvergne et aujourd'hui nous recevons Sandrine qui a un parcours singulier. Tout en conciliant les exigences de la vie de famille, les contraintes financières et quelques imprévus de santé, elle a progressivement construit une carrière solide au sein du CNRS. Laissons-nous inspirés par ses voix qui, loin des stéréotypes, ouvrent la voie à une science plus inclusive. Bonjour Sandrine, merci d'être avec nous aujourd'hui.
- Sandrine
Bonjour, merci pour l'invitation.
- Lucie
Est-ce que pour commencer tu peux nous dire à quoi ressemble concrètement ton travail, qu'est-ce qui te plaît dans ton métier ?
- Sandrine
Alors, je suis ingénieure d'études au laboratoire de chimie à l'ENS à Lyon et je suis personnel CNRS depuis 2008 en tant que responsable technique d'instruments qui sont utilisés par les chimistes du labo. Ce que j'aime le plus dans mon travail, c'est la diversité des interactions et l'absence de routine. Travailler dans la recherche académique, on est sans cesse en mouvement, on a des étudiants en thèse qui viennent des quatre coins du monde, on ne s'ennuie pas, c'est très stimulant comme ambiance de travail. Ça fait 17 ans maintenant que je suis dans ce labo.
- Lucie
Félicitations.
- Sandrine
Merci. Mon poste a beaucoup évolué, mes responsabilités ne sont pas les mêmes. J'ai pu rejoindre le conseil de laboratoire, j'ai été assistante de prévention pendant 10 ans, j'ai aussi été correspondante formation pour le CNRS. J'ai vraiment une grande autonomie et on me fait confiance pour gérer mon service. Sachant que moi, je ne suis pas chercheuse directement, je suis personnel d'appui à la recherche. Et ça me plaît beaucoup, parce qu'il y a un aspect technique, un aspect logistique, il y a même un aspect formation dans mon métier. Je suis heureuse de me lever le matin, même si bien sûr il y a des jours où je n'ai pas envie d'aller travailler. Mais c'est vraiment important pour moi, vu mon parcours, que je fasse quelque chose qui me plaît et dans lequel je peux m'épanouir.
- Lucie
Et est-ce que justement, tu peux nous parler de ton parcours qui est un petit peu atypique ?
- Sandrine
J'ai eu mon bac en 1993. J'avais pas mal de facilités à l'école. J'aime un petit peu tout. J'ai fait une année de bio à l'université et puis j'ai décroché. Je me suis mariée à 19 ans et je suis partie en fac de lettres. En deuxième année de fac, je suis tombée enceinte et j'ai eu ma fille. À 22 ans, je croyais que je pouvais tout gérer, être mère, aller à la fac. Mais non, c'était vachement dur. Mes priorités ont changé, j'ai fini par arrêter mes études et je suis allée bosser comme vendeuse chez le McDo des fringues, Jennifer. Ça a duré trois ans et puis je me suis rendu compte que, ben oui, ça payait les factures, mais j'étais vraiment pas épanouie. Et là, ça a été une année pleine de changements. J'ai divorcé, j'ai repris la fac en première année de biochimie. J'avais une équivalence de six mois. Alors la transition s'est faite en douceur, j'avais qu'un semestre à valider la première année. L'année d'après, ça a commencé à être compliqué parce que j'avais plus d'aide financière. Comme j'étais en formation continue, j'avais pas de bourse du Crous. La CAF m'a aidée pendant un an pour la transition, mais ensuite je touchais plus d'aide. Donc au bout d'un an, je me suis retrouvée sans aide financière, je suis retournée vivre chez mes parents avec ma fille. J'ai enchaîné des petits boulots à côté, je travaillais à la piscine municipale, je faisais des inventaires en intérim. Ça a duré 4 ans. Quand j'étais en M1, j'ai fait un stage facultatif. J'avais 28 ans, je travaillais à mi-temps à la piscine municipale et j'ai décroché un stage avec un directeur de labo qui a pris en compte ma situation familiale en me donnant carte blanche pour l'organisation du temps. C'est ce stage qui m'a donné le goût de la recherche. En M2, j'avais un stage obligatoire de 6 mois et c'était pas évident à gérer parce que je devais rester sur Toulouse, ma fille était à l'école. Fallait que je trouve un stage dans la même ville. Mon responsable de M2 m'a aidé à accrocher un stage bien rémunéré chez Sanofi et après je suis restée en CDD pendant 2 ans là-bas. J'ai beaucoup appris pendant ce CDD. Et puis j'ai été embauchée dans mon laboratoire sur un poste d'ingénieur d'études qui venait d'être créé. C'est là que je suis encore aujourd'hui. J'ai été embauchée pour gérer 2 instruments de résonance magnétique nucléaire. C'est des appareils qui sont un peu comme les IRM. Mais au lieu de faire de l'imagerie du corps humain, on observe les molécules pour que les chimistes puissent vérifier si la réaction qu'ils voulaient faire s'est bien produite. Les premières années, j'ai mis des process en place, j'ai favorisé l'autonomie des utilisateurs et du coup, ça tournait bien. Tellement bien que j'ai commencé à tourner en rond et je voulais progresser. C'est là que j'ai commencé à creuser la piste de la thèse. En reprenant mes études, je voulais trouver un boulot où je pouvais m'épanouir, progresser, me sentir à ma place, être contente d'aller bosser. Et j'ai pu trouver ça dans mon laboratoire. Et même encore aujourd'hui, je sais que si un jour je ne m'épanouis plus dans mon travail, je bougerai. Et c'est l'avantage avec le CNRS, j'ai un travail à vie, mais je peux faire une mobilité interne, je peux changer, je peux progresser, et ça c'est cool.
- Lucie
Ok, d'accord. Merci déjà de nous avoir exposé ton parcours. Et du coup, de ce que je comprends, c'est que tu étais déjà en poste quand tu as décidé de te lancer dans ta thèse. Comment ça s'est déroulé ? Quelle démarche tu as faite pour pouvoir réaliser cette thèse ?
- Sandrine
Alors j'ai commencé à me renseigner avec ma directrice de l'époque, et puis j'ai contacté les RH à la délégation du CNRS pour vérifier si c'était possible. Elle m'orientait vers les bonnes personnes. Le CNRS et la direction du labo étaient ok pour que je fasse une thèse à peu près à mi-temps, avec 40% de mon temps de travail sur la thèse. Et c'était financé par le CNRS avec mon salaire. J'ai fait un essai pendant un an pour voir si j'arrivais à gérer mon temps sur mes deux activités. Et ça a fonctionné. Donc j'ai commencé cette thèse en 2015, j'avais 40 ans à ce moment-là. Et j'ai passé 6 ans à mi-temps sur cette thèse. Là, je viens d'avoir 50 ans et ça fait donc 17 ans que je travaille dans ce laboratoire. Et mon poste a beaucoup évolué depuis. C'est aussi pour ça que ça me fait plaisir de participer à ce podcast. Je veux montrer que tous les parcours ne sont pas linéaires, que la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Et que parfois, on peut vouloir travailler dans la science et y croire sans faire le parcours classique à base de prépa, école d'ingé et thèse.
- Lucie
C'est vrai que ton parcours, il ne suit pas vraiment le schéma linéaire qu'on imagine trop souvent d'une carrière académique. En plus, toi, tu as combiné études longues, aussi la responsabilité d'une jeune enfant. Tu as dû jongler avec plein d'exigences différentes. Ça a été quoi les principaux obstacles ou défis que tu as rencontrés ?
- Sandrine
Les principaux obstacles, c'était surtout le temps et l'argent. Le temps de tout faire, de gérer mes études, ma fille, ma famille, et de garder du temps pour moi aussi à côté. Et puis l'argent, parce qu'en étant étudiante avec une enfant à charge, trouver un appart, ce n'était pas possible. J'ai eu la chance que ma mère soit disponible et qu'elle ait pu me loger pendant toute la durée de mes études. Sans elle, je n'aurais pas pu faire une reprise d'études pour cinq ans. Même plus tard, quand j'ai commencé en poste dans mon labo, la première année, je suis arrivée à Lyon avec une enfant à charge et je gagnais 1350 euros net par mois. Trouver un appart, c'était très chaud. Pour ça, il faut s'accrocher, il faut avoir du soutien. Mes collègues de labo me disaient « mais t'inquiète, tu vas voir, le salaire, il progresse, ça va vite aller mieux » .
- Lucie
C'est vrai que c'est très positif que tes collègues t'aient apporté un soutien dès le départ. Et est-ce que par la suite, tu as bénéficié d'autres formes d'accompagnement dans ta carrière ? Est-ce que dans ton labo, tu sentais que tu avais l'espace de parler de tes difficultés ?
- Sandrine
Oui, j'ai la chance de travailler dans un laboratoire où il y a vraiment une culture assez bienveillante en soutien. Par exemple, j'ai eu un accident de vélo en 2015 et je me suis gravement blessée à la main. Je devais aller chez le kiné plusieurs fois par semaine, je ne pouvais plus utiliser ma main droite alors que je suis droitière. Ça a beaucoup impacté ma santé mentale. À ce moment-là, j'ai été beaucoup soutenue par ma directrice de labo qui était ma N+1. Elle a été très à l'écoute pendant cette période, elle m'a permis d'adapter mon poste, notamment pour tout ce qui était port de charge lourde, je ne pouvais plus faire. Et c'est vrai que la question de la santé mentale au travail, c'est un vrai truc. Après ma thèse, j'avais enfin du temps de cerveau disponible pour penser à autre chose et c'est là que j'ai un petit peu décompensé et que j'ai commencé à penser à moi. Avant, je n'avais pas le luxe de m'effondrer. J'étais seule avec ma fille, c'était ma responsabilité. J'ai aussi commencé à remettre en question la phrase « tout ce qui ne me tue pas me rend plus forte » . À cette période, j'ai pu partager avec ma responsable mes difficultés personnelles. Que ma priorité à ce moment-là, c'était d'aller mieux, que j'allais moins sourire au travail, être moins présente. J'ai eu un soutien collectif vis-à-vis de ça, j'ai eu des aménagements de mon temps de travail. Je savais que la porte était toujours ouverte auprès de ma directrice. J'ai vraiment eu une absence de jugement. On m'a jamais fait remarquer, tu fais toujours la gueule. Je suis aussi allée voir la médecine de prévention du CNRS pour un mi-temps thérapeutique après ma deuxième opération de la main. La première fois, j'avais pas réussi à accepter mon handicap, mais j'avais refusé de déposer un dossier RQTH. C'est vrai que pour le coup, le laboratoire et le CNRS ont été des vraies ressources pour m'accompagner pendant et après ma thèse. J'ai aussi eu du soutien de ma responsable. Elle m'a dit, oh, tu vas mieux, ça fait plaisir de te voir de retour, de te voir en forme. Donc vraiment, le message que je veux faire passer, c'est si vous avez des problèmes de santé mentale, restez pas seul. On peut être accompagné, il y a des soutiens possibles.
- Lucie
Effectivement, ton témoignage illustre parfaitement bien l'impact que peut avoir la santé mentale sur la vie professionnelle. Et ça, ça reste un sujet encore beaucoup trop tabou. Aujourd'hui, il y a seulement 56% des salariés qui déclarent avoir une bonne santé mentale, alors que les troubles mentaux, c'est vraiment la première cause des arrêts maladie longue durée. On sait qu'à l'échelle mondiale, il y a environ une personne sur trois qui va connaître un trouble anxieux ou dépressif au cours de sa vie. Et c'est souvent la peur d'être jugée, la peur d'être stigmatisée qui va nous empêcher d'aborder ce sujet au travail. Sachant qu'en plus, il faut un certain courage pour aborder ces questions-là avec son manager ou sa manageuse. Ton expérience, elle nous permet de voir qu'avoir une direction qui est ouverte, qui est bienveillante, ça peut créer le cadre qui est nécessaire à ce type de dialogue. Selon toi, quels éléments ont rendu ça possible ? Quelle mesure ta direction a-t-elle prise pour que tu te sentes en confiance pour en parler ?
- Sandrine
La première fois que j'ai parlé de ma santé mentale avec ma direction, j'avais une directrice. Le fait que ce soit une femme, ça a été plus facile pour moi de me confier. Elle me demandait souvent comment j'allais après mon accident de vélo, la période où je passais mon temps chez le kiné. Elle était vraiment intéressée, elle ne me jugeait pas, elle était sincère, elle ne minimisait pas ce qui m'arrivait. Elle a pris le temps de m'écouter, elle m'a soutenue. J'ai eu la chance d'avoir une série de directrices et de directeurs avec de bonnes priorités dans ce labo. L'humain passe avant le travail. Maintenant, il y a même une section en violence sexuelle et sexisme et harcèlement dans le document d'accueil des nouveaux entrants au labo, juste après les risques chimiques. Des affiches sur la santé mentale, près des machines à café, et il y a toujours une porte ouverte. Même quand ma nouvelle directrice est débordée, elle prendra toujours le temps d'écouter et de chercher des solutions.
- Lucie
Merci à elle et à eux d'avoir su créer un cadre professionnel où tu t'es sentie écoutée. J'imagine qu'il y a aussi certains de tes collègues qui ont aussi cet espace de pouvoir en parler. Donc merci à cette culture de laboratoire qui est très bienveillante. Et au-delà de la santé mentale, c'est important de regarder aussi comment les responsabilités familiales s'entrecroisent aussi avec le travail. Notamment la charge parentale peut grandement influencer la carrière et souvent de manière différente aussi en fonction du genre. Est-ce que tu peux nous raconter comment, de ton expérience, la répartition du temps de garde et les attentes liées à ton rôle de mère, elles ont pu influencer ta carrière ?
- Sandrine
Je pense que mon parcours, il aurait été plus faisable si j'avais été un mec. Déjà, mes contraintes familiales auraient été différentes. Mon ex-mari, il avait sa fille qu'un week-end sur deux. La répartition de la charge parentale était très inégale. Par exemple, mon conjoint actuel, il a aussi eu des enfants avant moi. Quand il a divorcé, au début, il avait une garde partagée 50-50. Moi, si j'avais eu ça, j'aurais pu une semaine sur deux travailler tard le soir, mieux m'organiser pour gagner ma vie. Avec le recul que j'ai aujourd'hui, je m'en veux un peu de ne pas avoir insisté auprès de mon ex de ne pas lui avoir dit « occupe-toi de ta fille » .
- Lucie
Et au-delà des rôles genrés dans la parentalité, est-ce que toi, tu as été confrontée à des stéréotypes ou des attentes liées à ton genre en tant que femme, indépendamment de ton rôle de mère ?
- Sandrine
Je pense que pendant longtemps, j'étais un peu aveugle à tout ça. Je me suis mis des œillères, j'avais un peu la tête dans le guidon. Je connaissais mon parcours et donc je n'écoutais pas les personnes qui voulaient m'expliquer ma vie. C'était du bruit, je n'entendais pas. Je ne me souviens que des personnes qui m'ont encouragée au final. Mais bon, quand même, j'ai entendu des phrases du style « Ah, c'est agréable, on est bien entouré » . Des remarques sur ma manière de m'habiller, des trucs qui se voulaient positifs, mais ça ne l'était pas et je ne me laissais pas faire et je rentrais dedans. C'était mon caractère. Même si la plupart des comportements sexistes que j'ai subis à l'époque étaient un peu sous le radar, parce que j'ai accepté beaucoup de choses comme étant normales. D'où le fait aussi que je ne les entendais pas. Maintenant que j'ai pris de l'âge, j'ai fait une thérapie, j'ai appris des choses et je réalise plein de trucs. Je réalise qu'en tant que femme, on nous conditionne à accepter beaucoup de choses, à ne rien dire. Et si on dit quelque chose un peu trop fort en réunion parce qu'on n'est pas d'accord, on nous dit « elle est hystérique, elle a ses règles » . Non, on est en colère et c'est normal.
- Lucie
Et c'est normal. Tu dis que c'est dans ton caractère que tu ne te laisses pas faire. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Sandrine
Je pense que j'ai adopté des comportements d'homme. stéréotypes d'hommes en quelque sorte, en mode je vais faire le taf, je vais pas compter mes heures, un peu le syndrome du super-héros. J'avais vraiment les niaques, mais j'avais aussi la culpabilité de pas pouvoir assurer les gouttets avec ma fille. Après, c'était pas parfait. Par exemple, un de mes directeurs de stage était un peu atypique. Quand j'ai demandé à faire un stage à mi-temps, parce que j'avais un taf cet été-là, il m'a répondu « Ah ouais, à mi-temps, une journée de 12h, bah ouais, tu peux le faire ! » J'ai répondu comme un mec, j'ai rigolé, j'ai répondu à sa blague, mais je suis quand même partie à 5h pour aller récupérer ma fille. Et du coup, il me respectait. Une fois, il m'a mal parlé. J'étais étudiante quand même, même si j'étais plus âgée que les étudiants de mon niveau. Je lui ai répondu et j'ai posé directement une limite. Ça a suffi. Mais au contraire, une amie étudiante qui était en thèse dans ce labo, elle n'avait pas le même caractère et elle s'est complètement faite bouffer par cet encadrant. Je pense que clairement, on ne nous donne pas les clés en tant que femmes pour réussir à surmonter le sexisme dans le monde du travail. Moi, j'ai eu la chance d'avoir un caractère qui m'a permis de sortir de ces situations, mais je sais bien que ce n'est pas le cas de tout le monde.
- Lucie
Oui, effectivement, on sait que les violences sexistes et sexuelles, c'est encore un gros frein à la carrière des femmes, notamment en sciences. Et avoir un cadre de travail clair, une vraie politique de lutte contre ces violences et aussi des personnes qui nous soutiennent, c'est vraiment essentiel. À part le soutien dont tu nous as déjà parlé, est-ce que tu as eu des modèles ou des alliés qui t'ont vraiment aider, que ce soit au CNRS ou ailleurs ?
- Sandrine
Quand je travaillais chez Sanofi pendant deux ans, j'étais dans une équipe avec que des femmes, sauf le responsable d'équipe. Et c'était génial. Daniel et Martine, c'était deux de mes collègues. Elles avaient fait toute leur carrière à la Sanofi. Elles m'ont beaucoup appris. Je leur faisais confiance. Elles m'ont laissé mettre mes mains dans les machines. Il y avait vraiment un côté sororité. Et je leur dois d'avoir eu mon poste au CNRS. Puis, il y a eu ma directrice de laboratoire, dont je vous ai déjà parlé. Ces relations de travail m'ont inspirée et là, je viens d'encadrer une étudiante en BTS en apprentissage pendant un an. J'ai kiffé cette transmission, cet accompagnement. J'ai voulu à mon tour laisser la porte ouverte, être une ressource et a priori, ça a bien fonctionné à ma remercier. J'ai aimé cette expérience et j'ai envie de poursuivre ce rôle de mentore. Il y a vraiment un passage de relais, qu'on est bien entouré, qu'on a eu des modèles de transmission, d'accompagnement, on a envie de donner à son tour.
- Lucie
Merci à Daniel et à Martine de t'avoir inspiré à une posture que tu as aujourd'hui. Qu'est-ce que tu dirais à la jeune Sandrine que tu étais ou à une jeune personne aujourd'hui qui serait titillée par la science ?
- Sandrine
Alors dans le cadre de la journée des femmes et de la science, on reçoit des jeunes filles au laboratoire. Et les conseils que je leur ai donnés, c'était vous ne mettez pas des freins. Si vous avez envie, essayez avant de dire que vous ne savez pas faire. N'écoutez pas celles et ceux qui vous mettent des bâtons dans les roues ou qui veulent penser pour vous. Et surtout, n'hésitez pas à demander de l'aide si vous rencontrez des difficultés. Ça n'élèvera rien à votre mérite de demander de l'aide et surtout, restez pas seul.
- Lucie
Et pour les moins jeunes, Sandrine, qui auraient envie de reprendre leurs études, est-ce que tu aurais un petit conseil pour elles et pour eux ?
- Sandrine
Oui, n'hésitez pas à contacter les RH. Au CNRS, on a accès à des ressources variées, donc vraiment, n'hésitez pas à demander de l'aide.
- Lucie
Donc, demander de l'aide et oser, c'est vraiment les conseils, que ce soit pour les plus jeunes ou pour les moins jeunes.
- Sandrine
C'est ça.
- Lucie
Merci beaucoup Sandrine d'avoir pris le temps d'être avec nous aujourd'hui, nous avoir partagé ton expérience et ton parcours qui étaient vraiment très inspirants.
- Sandrine
Encore merci pour l'invitation.
- Lucie
À vous qui nous écoutez, on a vu avec Sandrine que la vie n'était pas toujours un long fleuve tranquille. Est-ce que vous pouvez nous partager un levier de votre employeur qui vous a aidé à surmonter vos difficultés ?
Contre-expérience est un podcast rendu possible grâce au Fonds en faveur de l'égalité professionnelle femme-homme piloté par la Direction générale de l'administration et de la fonction publique. Il a été conçu en partenariat entre COP EGAL, la mission égalité du CNRS Rhône-Auvergne et Studio Plus huit, avec bien sûr le précieux soutien de la direction du CNRS Rhône-Auvergne et de la mission pour la place des femmes au CNRS. A très bientôt pour de nouvelles explorations et n'hésitez pas à partager cet épisode.