- Speaker #0
C'est ce qu'on appelle l'effet papillon, peut-être que si je ne m'étais pas intéressée à l'éloquence, je n'aurais probablement pas fait ce concours. Si je n'avais pas fait ce concours, je ne me serais pas retrouvée à plaider au Panthéon. Si je n'avais pas plaidé au Panthéon et que je n'avais pas pleuré toute l'air de me voir dans deux semaines, je n'aurais pas fait l'Ilias et donc je ne serais pas devenue championne de France.
- Speaker #1
Et donc je dirais que ça m'a servi de tremplin finalement, en réalisant que j'étais capable de nouvelles choses, que j'avais acquis des compétences, des qualités, des connaissances.
- Speaker #2
Arriver en finale et plaider sous la coupole du Panthéon laisse des traces. Le concours international d'éloquence de Paris 1 Panthéon-Sorbonne peut modifier des vies. Juliette Rey, finaliste en 2019, et Gabriel Vattel, lauréat du Grand Prix en 2024, en savent quelque chose. C'est ce qu'ils vont nous raconter tout au long de cet épisode. Vous écoutez la saison 2 de Convaincre et Émouvoir. Le podcast de l'Université Paris-Import-Dion-Sorbonne. Quatrième et dernier épisode, un concours qui change des trajectoires. Nous voilà au Panthéon. C'est sous sa coupole que les huit finalistes vont plaider. Dans cet édifice sont inhumées des personnalités qui ont marqué l'histoire de la France. comme Victor Hugo, Voltaire, Pierre et Marie Curie, Simone Veil, Robert Badinter. C'est là aussi que certains des plus grands discours de notre pays ont été déclamés. Et petite anecdote, le Panthéon abrite un monument en Pserre, célébrant les orateurs de la Restauration. Ok, tout ça met la pression. Mais y plaider représente un honneur. Les finalistes, Tom Bill, Arthur Châtelard, Axel Dursa, Amélie Hénard, Marion Hilaire, Noé Lockier Matteo Migocataneo et Anna Petit en sont bien conscients. Et ils sont prêts à relever ce dernier défi du concours. D'abord, ils s'affronteront en duel sur un sujet imposé. Dans un second temps, chacun déclamera l'éloge qu'il a choisi. Avant cela, allons les voir sur le perron du Panthéon pour recueillir leurs impressions quelques heures avant le début de la finale.
- Speaker #3
Parce que cette finale représente le résultat de plusieurs mois où beaucoup de nuits passées à écrire des plaides. Je sais pas, c'est un peu surréaliste, j'ai du mal à m'en rendre compte, j'ai très hâte et je vais vraiment essayer de prendre le plus de plaisir possible surtout.
- Speaker #4
C'est incroyable, c'est stressant mais franchement je suis infiniment moins stressé que la demi parce que le fait d'arriver en finale c'est déjà une consécration. Si je gagne pas, si j'ai pas un prix, en vrai de vrai c'est pas grave. Déjà plaider en Panthéon, ça représente vraiment le clou du spectacle, un long spectacle qui a duré deux mois et demi.
- Speaker #5
Alors ce que la finale représente pour moi, c'est déjà deux choses. Premièrement, un accomplissement forcément du point de vue de mon éloquence à moi. Ça fait trois ans que je pratique. J'ai déjà été demi-finaliste lors de ma première année. J'ai perdu. Et donc c'est pour ça que déjà c'est un accomplissement d'avoir retenté l'aventure cette année.
- Speaker #2
Juliette Ray est une des finalistes de l'édition 2019 du concours de Paris 1 Panthéon Sorbonne. Pour cette jeune femme au fort esprit compétitif, ce concours marque un... tournant dans sa vie. Mais pas tout à fait celui auquel elle aurait pensé.
- Speaker #0
Le concours de la Sorbonne, j'ai un lien un peu particulier avec lui parce que je l'ai passé deux fois. La première fois, quand j'étais en L1, il me semble, je suis arrivée juste en demi-finale. Mais j'étais à Prague pour la demi-finale, donc j'ai fait une vidéo qui n'était pas terrible, mais qui est encore malheureusement sur Internet. Donc j'ai été éliminée en demi-finale, mais je n'ai pas baissé les bras vu que je suis retournée l'année d'après en L2. Et je suis arrivée du coup en finale face à trois hommes. C'est un concours qui m'a beaucoup permis en tout cas de me découvrir en tant que femme, en tant qu'oratrice et sur plein d'aspects en tout cas de ma personnalité parce qu'on est quand même énormément au départ. Donc on va dire que ça flatte l'ego d'arriver aussi loin et à la fois c'est un vrai challenge parce qu'une fois qu'on arrive dans les quatre derniers, en tout cas les quatre derniers de la Sorbonne parce qu'il y a aussi des finalistes à l'international, on a vraiment envie d'aller au bout. Je ne suis pas allée au bout, je n'ai pas gagné ce concours. Avec du recul et en toute sincérité, ça reste quand même un échec. Mais un échec qui, derrière, a été une victoire, car cet échec m'a poussé à faire plein de choses qui m'ont permis de gagner des choses.
- Speaker #2
L'histoire de Gabriel Vattel est tout autre. Il remporte le Grand Prix en 2024, et cette victoire lui fait prendre conscience que non seulement tout est possible, pour peu qu'on y travaille, mais surtout qu'il peut oser.
- Speaker #1
Ce concours, je dirais, qui m'a permis de réaliser que l'audace était possible dans ma vie. Et donc, dans la suite de mon parcours, j'ai toujours eu un peu en tête « Tu es capable d'être audacieux et tu es capable... » de tenter des choses. Ça ne veut pas dire que j'allais tout réussir, et ça n'a pas été le cas. Quand j'ai tenté ce concours international, je ne pensais pas à la victoire. Je pensais, bon, on va voir. Et j'ai réalisé qu'en étant un peu audacieux, en essayant et puis en voyant ce qui en résulte, on peut réussir quand même des choses, on peut avancer. Et donc, par la suite, ça m'a été utile à plusieurs reprises. J'ai tenté le concours de l'école normale supérieure, le concours étudiant, en sortant de l'université. Et c'était quelques mois après le concours, donc il y a un lien très clair dans mon esprit. Et je pense que ça m'a aidé, et ça m'a aidé aussi à me remobiliser, puisqu'il y a une épreuve écrite et une épreuve orale, justement. Et après l'épreuve écrite, j'étais assez convaincu que ça n'allait rien donner, parce que j'étais assez déçu de ce que j'avais fait. Et puis j'ai gardé en tête, avec l'aide de mes amis et de mes proches, qui m'ont dit « Souviens-toi que... » tu es capable de faire des choses. Et donc, je suis allé à l'oral en me disant que je n'avais rien à perdre, encore une fois, et que j'allais donner le meilleur de moi-même, faire de mon mieux. Et il se trouve que l'oral s'est très, très bien passé, peut-être aussi avec l'aide de la pratique de l'éloquence. Et donc, en sortant de l'oral, j'avais un peu de nouveau confiance en moi, en mes capacités, en ce concours, et il se trouve que j'ai été admis.
- Speaker #2
Après avoir participé au concours de Paris 1 pour Téhons-Sorbonne et à la finale, Les candidats ne sont plus tout à fait les mêmes. Ils en sortent grandis. Ils ont relevé un sacré défi, pris confiance en eux, renforcé leurs compétences. Ils ont noué de nouvelles relations, parfois démarré de nouvelles amitiés. Ils ont partagé des bons moments avec leurs contradicteurs et leurs proches. Ils en retirent forcément des choses.
- Speaker #6
Je me prédestine à une carrière d'enseignant-chercheur, à être un professeur qui donne vie à ses cours.
- Speaker #5
Si je ne m'oriente pas vers l'avocature, je m'oriente vers le marché de l'art. C'est un monde où il y a un peu ce jeu de la rhétorique et si on ne sait pas répondre, c'est compliqué. Et donc c'est ça que l'éloquence m'apprend, c'est d'une part l'usage d'une bonne rhétorique, l'usage d'une confiance en soi bien maîtrisée, d'un ton de phrase bien posé. Et d'un point de vue personnel, je pense que l'éloquence est très utile pour structurer notre esprit, pour apprendre à structurer nos réponses, mais dans la vie de tous les jours, ça peut être n'importe quoi, ça peut être un conflit personnel, ça peut être une conversation. Je viens d'une famille où on adore couper la parole aux gens. À table, c'est vraiment un festin de paroles. Moi, ce concours m'apprend aussi à répondre à mon père. Écoute-moi maintenant ! Voilà !
- Speaker #2
Revenons-en à Juliette Ray. Elle ne gagne pas le grand prix en finale du concours international d'éloquence, mais elle va rebondir à sa manière.
- Speaker #0
Ce qu'il faut savoir, c'est que quand j'ai perdu le concours de Paris 1, je pense que j'ai pleuré pendant deux semaines, parce que ça m'a mis un énorme coup dans l'ego, et à la fois c'était complètement mérité que je perde, parce qu'en effet je n'étais pas du tout la meilleure ce jour-là. Et du coup je me suis dit que je ne voulais plus faire des concours d'éloquence, en tout cas je n'allais pas retourner faire le concours de Paris 1. Mais il y a un concours qui s'appelle l'ISIAS, c'est un concours d'un point de vue de la langue française, de l'incarnation et du cadre très strict. Donc je me suis dit que ce n'était pas un concours pour moi, mais je me suis quand même dit, bon, tentons-le. Et donc j'ai passé le premier tour, le deuxième, le troisième, le quatrième, toujours face à des garçons. Je suis arrivée en finale, j'ai remporté la finale. Et ensuite, j'ai fait la Conférence Nationale de l'Izias. Donc c'est tous les l'Izias de France qui s'affrontent. Donc le l'Izias Limoges face à l'Izias Guadeloupe, face à l'Izias Paris, etc. Et à Paris, à Sorbonne, à Sassé, j'en passe. Et j'ai passé tous les tours et je suis arrivée première de ce concours. Donc j'ai eu la chance d'avoir le titre de championne de France des Jouvences. Et je pense que je ne me serais jamais inscrit à ce concours si je n'avais gagné pas rien. Et la preuve, après ça, je n'ai plus fait aucun concours. Parce qu'une fois qu'on gagne, on n'a pas envie de remettre son titre en jeu.
- Speaker #2
Comme nous l'a dit Gabriel Vattel, après avoir remporté le grand prix du concours, il a tenté celui de l'école normale supérieure. Et il a été admis. Ce n'est pas le seul coup d'audace qu'il aura tenté après le concours.
- Speaker #1
La suite, ça m'a aidé aussi à me lancer dans d'autres projets, en particulier une césure d'études. Et donc je me suis lancé pendant un an pour être professeur contractuel. Ça c'est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. Et ça m'a donné le courage de le faire en me disant que j'arriverais à reprendre mes études par la suite. Et en fait c'est un changement, c'est un bouleversement dans ma vie. La simplicité aurait été que j'enchaîne mon Master 1 puis mon Master 2. Bon là j'ai décidé de faire une coupure, de prendre un peu ce risque-là. Et je ne regrette absolument pas. J'apprends plein de choses, je suis très content de ce que je fais, j'ai le sentiment d'être utile. auprès de mes élèves et j'apprends beaucoup d'eux et je découvre beaucoup aussi un autre milieu, d'autres manières de fonctionner, des difficultés aussi sociales, familiales que rencontrent mes élèves et que je n'ai pas eu à affronter puisque j'ai été très privilégié. Et donc ça, l'éloquence m'a permis de me dire que je pouvais prendre ce risque et que je pouvais aller à la découverte de nouvelles choses.
- Speaker #2
À lire le CV de Juliette Tresse à saut aux yeux. L'éloquence, sous toutes ses formes, a toujours fait partie de sa vie. Jeune, elle a participé à une émission télé autour de l'art oratoire. Pendant ses études à l'université, Paris 1 Panthéon Sorbonne, elle a fait partie d'une association d'éloquence, participé à des concours et organisé des procès fictifs dans des salles de spectacle parisiennes. Mais étonnamment, en faire son métier n'a pas relevé de l'évidence pour elle. Mais le goût des autres et celui de la parole ont fini par reprendre le dessus.
- Speaker #0
Je me suis dit que j'allais faire de l'éloquence mon métier assez tard finalement, mais je suis quelqu'un qui parle beaucoup depuis toujours. Il n'y a pas un de mes bulletins scolaires où il n'y a pas écrit « bavardage » . J'aime parler parce que parler c'est rencontrer l'autre. Donc j'ai toujours eu beaucoup de passion en tout cas pour prendre la parole, interagir, rencontrer de cette manière-là. Donc c'est quelque chose où je me suis dit que ce serait là toute ma vie, mais que ce ne serait pas forcément mon métier, parce que c'est dans ma personnalité. Et en fait, j'ai fait des études, des études de marketing, je suis rentrée en entreprise et je me suis un jour posée devant mon ordinateur en entreprise et je me suis dit mais est-ce que c'est ça ma vie ? Est-ce que c'est ça le sens de ma vie ? Et à côté de ça, je continuais d'organiser des événements de débat parce que si on rembobine un petit peu le fil, quand je suis à la Sorbonne, je décide d'organiser le procès de la télé-réalité. Personne ne croit en mon projet, on est deux à penser ce projet ensemble avec Tom Michel qui est un ancien gagnant du concours de Paris 1. Finalement, ont rempli les 500 places de l'Enfier Richelieu en 20 secondes. On se retrouve deux ans après à l'organiser au Grand Rex. Ce qui fait que du coup, à côté de mes études, je continue d'organiser des événements de débat et d'éloquence, mais plutôt side project. Et donc je me suis retrouvée devant mon ordi et je me dis « Mais pourquoi tu aimes autant organiser ces événements et pourquoi t'aimes autant pas être dans le cadre de l'entreprise devant ton ordinata ? » Et donc je suis rentrée en entrepreneuriat à l'ESCB pendant un an pour apprendre à monter une boîte. Et c'est dans ce cadre-là que j'ai monté Aura. Je me dis que j'ai la chance tous les matins de me lever et de faire un métier que j'aime et qui m'anime. C'est un métier qui me permet de rencontrer des gens toute la journée. Et il n'y a rien de plus stimulant intellectuellement que d'aller à la rencontre des gens.
- Speaker #2
On peut le dire, le concours de Paris 1 Panthéon Sorbonne marque un avant et un après dans la vie des candidats. Bien sûr, il est trop tôt pour connaître l'impact pour les finalistes de cette année. Mais ils ont déjà une idée de ce que ça a changé pour eux.
- Speaker #6
Moi je ressors grandi de ce concours, mais mes proches aussi vont découvrir ce soir une autre partie de ma personnalité qu'ils ne soupçonnaient pas au début et je pense qu'il n'y a pas plus beau que ce moment-là que je vais passer ce soir et ce qui va suivre après.
- Speaker #7
Oui, ce concours il m'a fait un petit rappel aussi à la réalité et de dire que je ne suis qu'au début. Et à l'avenir j'espère le garder bien sûr puisque ça transmet tellement de choses et c'est tellement important. On ne s'en défait jamais totalement.
- Speaker #5
Un avant, un après, déjà sur mon CV, parce que ça claque en fait. Et dans ma conscience en moi, parce que je pense que les jours où je serais un peu triste, où je me trouverais trop nulle, je me dirais, ouais, mais j'ai plaidé au Panthéon, donc ça va, je ne suis peut-être pas assez nulle finalement.
- Speaker #8
Et il y aura bien évidemment cet après qui est, j'ai parlé au Panthéon, mais je pense que ça, on peut tous le dire, c'est un souvenir qui restera gravé longtemps. Et ça, c'est formidable.
- Speaker #2
Justement, écoutons un petit medley de ces souvenirs. piochée durant cette finale 2026.
- Speaker #8
J'aurais pu te dire avec l'assurance de ces slameurs, avec l'insouciance d'un fauve, que mon amour pour toi ne souffre ni de loi, ni de roi, car l'amour c'est une tempête. Tu la vois la tempête, tu la sens la tempête, cette tempête de mon amour.
- Speaker #5
Je suis seule et mon pire adversaire vit en moi.
- Speaker #9
Je ne résiste pas à la tentation de vous susurrer ces quelques mots. Toll.
- Speaker #7
Parce qu'il faut être terriblement optimiste pour faire l'éloge d'une génération qui a encore tout à prouver.
- Speaker #9
Des poulpes. Oui, cher public, cher juré,
- Speaker #8
vous êtes des poulpes.
- Speaker #2
Le brouhaha des mots a fait perdre à l'amour sa véritable définition. Cessons de dire j'aime et je t'aime à tout va.
- Speaker #8
Papa, maman. Merci pour ça. L'année dernière, vous aviez privatisé le Buffalo Grill, cette année le Panthéon.
- Speaker #4
De toutes les bouteilles à la mer, l'adoption en est la plus belle. Entre deux mondes, séparés par les flots, par les terres, les vallées, les montagnes et les eaux, liés par le hasard ou l'amour entre mille. Vous savez maintenant qu'un papier a créé une famille.
- Speaker #2
Vous imaginez combien il a été difficile pour le jury de départager ses huit finalistes. Il y est tout de même parvenu. Voici donc le palmarès retenu pour cette édition 2026 du concours. Le prix du public a été décerné à Noé Lockier. Le prix Révélation à Matteo Migocataneo. Et le grand prix a été attribué à Tom Biel. Bravo à eux ! Vous venez d'écouter le dernier épisode de la saison 2 de Convaincre et émouvoir, le podcast de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Nous espérons que vous en savez plus sur l'éloquence et que vous avez aimé suivre les candidats de cette année. Peut-être serez-vous les prochains ? Dans tous les cas, l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne vous donne rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle édition.