Speaker #0Bienvenue au podcast corporalité les explorateurices du corps en mouvement c'est une série d'entretiens sur le corps je suis Yael Pankos exploratrice moi même et curieuse du mouvement et des pratiques corporelles j'ai plusieurs casquettes dont celle de formatrice empinat danseuse improvisatrice praticienne de chelso Tout au long de mon parcours, j'ai découvert de nombreuses personnes inspirantes sur mon chemin. Et j'aimerais partager ces découvertes avec vous. Bonjour, bienvenue dans cet épisode solo du podcast Corporalité. Aujourd'hui, j'ai eu envie de m'exprimer... sur un sujet qui me tient à cœur, sur un sujet qui est au cœur de mes réflexions, je pense, depuis le début de mon activité professionnelle. Moi, j'ai commencé ma vie professionnelle en étant danseuse, puis j'ai bifurqué vers l'enseignement du pilates, mais quelque part, la matière était toujours la même, c'était autour de la matière corps. Et donc, l'expérience et le travail autour du corps est quelque chose qui m'a guidée toute ma vie. Et assez rapidement, je me suis posé la question... La question m'a été posée aussi par mon environnement. Qu'est-ce que ça veut dire enseigner, être bien dans son corps aux autres ? Quel impact ça a sur les autres ? Quelle est quelque part ma place dans la société ? Je me suis en fait souvent posé la question, un peu en montagne russe par haut et avec des hauts et des bas. Est-ce que je sers vraiment à quelque chose ? Notamment, vous savez, vous vous souvenez, à la période du Covid, on nous a dit, il y a les professions essentielles, les professions non essentielles. Est-ce que quand on s'occupe du bien-être des autres, qu'on procure des lieux de bien-être et de ressources, est-ce qu'on est essentiel ? À chacun peut apporter sa réponse. Ma réponse est quand même plutôt oui, mais avec beaucoup de réflexion et d'aller-retour et en fait de lecture autour de ces sujets-là. Voilà, c'est un petit peu le cadre que je voulais poser pour ce podcast aujourd'hui. De se dire, voilà, quand j'enseigne, alors je vais parler des espaces que je crée, mais... Ça peut être des espaces physiques, parce que j'ai souvent eu mon propre studio, mais ça peut être l'espace de ton cours. En fait, qu'est-ce que tu fais dans l'espace de ton cours ? Et je pense que ça va être essentiel, la façon dont tu le fais. En fait, tous les espaces ou toutes les pratiques peuvent être à double tranchant. Si tu crées un espace qui va mettre en avant la performance, le jugement, les critères, les injonctions, rentrer dans certaines formes... à créer, à reproduire, des sortes de choses à aller réussir, à aller se conformer à, avec ton corps, ça ne va pas être un espace très émancipateur. Après, si tu crées un espace dans lequel tu mets au centre le non-jugement, l'accueil de tous les corps, l'accueil de toutes les personnes avec leurs blessures, leurs traumas, leurs difficultés, mais aussi leur joie, leur capacité à être en lien avec les autres, etc. tu vas créer un espace qui est un espace de ressources et qui peut être un espace d'émancipation. Moi, je crois fortement à cette chose-là, qu'on peut être le vecteur, on peut être le moyen de créer des espaces d'émancipation, de reconnexion au corps de la part de nos élèves. Et il y a une chose qui m'interroge beaucoup dans notre milieu. particulièrement dans le monde du pilates, je dirais dans le monde du bien-être en règle générale, mais dans le monde du pilates, avec aussi l'évolution qu'on voit sur notre marché, c'est que ça a souvent l'image de quelque chose de très élitiste, parce que c'est souvent, d'aller faire un cours de pilates, c'est coûteux, c'est pas accessible à tous, c'est peut-être que certaines personnes n'ont spontanément pas l'envie ou pas l'idée d'aller dans ce genre d'espace, dans ce genre d'endroit, parce qu'elles ne se sentent pas bienvenues. Et donc, comment on fait pour créer des espaces, des lieux, des moments où... tous les corps et toutes les personnes peuvent se sentir bienvenus. Voilà, ça pour moi, ça serait une réflexion que j'ai envie de continuer à mener tout au long de mon expérience professionnelle. Et l'idée d'aider les personnes à se réapproprier leur corps, avec aussi l'idée de créer des espaces, je vais beaucoup parler de ça, d'émancipation, de ressourcement, mais collectif. C'est-à-dire qu'on va le faire pas de façon individuelle, mais on va le faire en étant ensemble. Moi, je donne beaucoup de cours collectifs, je donne très peu de cours individuels. Et j'aime voir la façon dont les personnes interagissent, partagent ce qu'elles sont en train de vivre, partagent leurs transformations, partagent leurs difficultés aussi quelquefois. Et que pour moi, le ciment de créer ces espaces, c'est aussi le fait que ce soit des espaces où on peut prendre soin de soi collectivement. Et on se reconnaît en quelque sorte. Comment on construit en fait une communauté qui peut prendre soin d'elle. Ces derniers jours, et puis... Ces dernières années, régulièrement, on est percuté par les choses qui nous arrivent dans notre environnement, qu'elles soient sociales, politiques, écologiques, etc. Donc il y a un mot qui m'est venu comme ça hier soir en y réfléchissant, c'était le fait que le monde nous percute. Quelquefois, on se sent déboussolé, désemparé, un peu triste, voire même désespéré, par rapport à certaines situations. Et comment on peut retrouver et créer des espaces qui permettent d'avoir comme un... Une reprise de souffle, ce n'est pas oublier ou faire abstraction ou nier ce qui se passe à l'extérieur, mais c'est pouvoir reprendre son souffle pour pouvoir continuer à vivre dans ce monde, à interagir et peut-être en étant dans un espace nous-mêmes plus tranquille, plus calme, de pouvoir interagir avec plus de cohérence, plus de discernement et moins d'émotivité, bien que les émotions, la colère, etc. soient légitimes aussi. Donc en fait... créer un espace où on peut se retrouver, reprendre un peu de souffle pour repartir dans de meilleures conditions. Et là-dessus, j'aimerais bien vous lire, je vais vous faire référence de quelques éléments de langage ou certaines phrases que j'ai lues dans des livres qui m'ont beaucoup impacté ces derniers temps. Donc le premier extrait que je vais vous lire, ça vient de Politité et le bien-être de Camille Test. Et elle nous parle justement de ce système, donc le système capitaliste qui se nourrit. de la vitesse, de l'accélération permanente et de l'innovation constante. Et puisqu'il compte sur des corps productifs, efficients et constamment en état d'alerte, nous pourrions nous tourner vers des pratiques qui, plutôt que de chercher à nous rendre plus performantes, nous apprennent à ralentir, à cultiver le repos et savourer l'oisiveté. Et un peu plus loin, elle nous dit, en offrant encore la possibilité de goûter à autre chose qu'à l'hyperaction, on ouvre une brèche. C'est-à-dire que souvent, dans le milieu du bien-être, Ça a été un peu dévoyé dans le sens de je vais me ressourcer ou je vais me faire du bien pour après retourner à la bataille et être plus productif, plus efficace, etc. Or, je pense que le sujet n'est pas là. Le bien-être, il ne peut pas prendre soin de soi. Ce n'est pas pour être de plus en plus productif. Sinon, en fait, ça ne sert à rien. Je parlais de ça dans ma dernière newsletter. De comment, en fait, on va travailler, travailler, travailler, prendre des vacances. En fait, on s'effondre et travailler, Et donc, comment... On organise notre quotidien pour qu'on ne soit pas broyé par cette course effrénée vers l'avant, par ce rythme tout le temps accéléré. Donc c'est vraiment pour moi, prendre soin de soi, être dans ces lieux de ressources, de prendre soin de son corps, ce n'est pas pour qu'il fonctionne mieux et qu'il soit plus productif, c'est pour apprendre à désaccélérer, à se reconnecter à ses sensations, à se reconnecter à ses émotions. à vraiment savoir ce qui se passe à l'intérieur de notre corps pour éviter de continuer à le maltraiter. Donc ça, c'est un premier livre qui m'a beaucoup impacté, que j'ai lu déjà il y a quelques années, il y a bien environ trois ans à sa sortie. Et donc, je vous conseille cette lecture. Je mettrai les références à la fin du podcast. Et il y a une autre lecture qui m'a beaucoup impacté, qui m'a été offerte très récemment. Et donc, je suis encore en train de le lire, je ne l'ai pas fini, mais j'avais envie de vous lire un passage. donc merci Cécile pour ce magnifique cadeau ce livre de Tricia Hersey, qui est une Américaine, ça s'appelle « Reposez-vous » . « Résistez à la broyeuse capitaliste » . Et Tricia Hersey, elle a créé un collectif qui s'appelle le « Ministère de la sieste » . Elle a posé comme manifeste que le repos est une sorte de résistance au capitalisme. Donc je vais vous lire le manifeste, en quelque sorte, de ce « Ministère de la sieste » . « Un appel immédiat à agir » . pour le repos. Je veux que tu prennes fermement racine dans ton imagination. Que tu prennes refuge dans la beauté et le pouvoir de notre soin collectif. Enracine-toi dans nos rêveries. Nous mettons le repos et le soin au centre. Peu importe ce que le système en dit. Le repos est un portail. Le silence, notre oreiller. Garde le silence avec moi maintenant. Prends une profonde et large inspiration. Tiens 4 secondes. Relâche la honte que tu ressens lorsque tu te reposes. Elle ne t'appartient pas. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si tu as aimé, partage-le avec ta communauté et laisse un like ou un commentaire sur ta plateforme d'écoute. Cela m'aidera à rendre le podcast plus visible. Merci à Philippe Padden-Powell d'avoir si généreusement composé la musique originale de cette émission. La musique rythme nos vies et apporte de la joie au cœur. Avoir une musique qui me ressemble pour accompagner votre écoute est un vrai cadeau.