- Speaker #0
Bienvenue au podcast Corporalité, les exploratorices du corps en mouvement. C'est une série d'entretiens sur le corps. Je suis Yael Pankos, exploratrice moi-même et curieuse du mouvement et des pratiques corporelles. J'ai plusieurs casquettes, dont celle de formatrice empinate, danseuse improvisatrice, praticienne du Ausha. Tout au long de mon parcours, j'ai découvert de nombreuses personnes inspirantes sur mon chemin et j'aimerais partager ces découvertes avec vous. Bienvenue Luc, on s'est croisé une fois en vrai et sinon on a échangé plusieurs fois en vision, enfin j'ai l'impression qu'on se connaît déjà un peu de par les réseaux. et puis parce qu'on avait participé ensemble à l'événement qu'avait créé Célina Wong il y a un petit temps de ça, je ne sais pas, 2021, 2022. Voilà. Donc, heureuse de te recevoir ici sur le podcast Corporalité. Donc, je vais commencer par te laisser la parole pour que tu te présentes, peut-être d'une façon moins formelle, nous dire un peu d'où tu viens, qu'est-ce que tu fais et comment tu en es arrivé là.
- Speaker #1
Ouais, trop cool. Ben, merci. Tout va commencer avec... Un travail, on va dire, dans un bureau d'études, avec un pétage de plomb. Le burn-out, je sais ce que c'est. Et puis derrière, c'était une histoire de survie. Et puis c'est comme ça que j'ai fait une transition, en fait. On avait le premier enfant de notre fils, qui était tout petit, tout petit. Il était encore dans le ventre de Karine, ma femme. Et puis c'était un peu, bon, là, il faut faire des choix. Et puis ça a lancé toute une... Une transition, on va dire, professionnelle. Et puis un retour au corps, un retour à soi. Et c'est comme ça que j'ai commencé le yoga ou j'ai recommencé le yoga. J'en faisais aussi à l'Uni quand j'avais des périodes d'exa. Ça marchait assez bien à cette époque-là.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que tu dis, retour. Ça veut dire que tu avais déjà eu, peut-être dans ta jeunesse, adolescence ou jeune vie d'adulte, eu des pratiques sportives que tu as abandonnées à un moment donné ?
- Speaker #1
Ouais, alors moi je suis, alors mon histoire physique, je viens d'une famille de footballeurs avec des cousins qui sont montés en équipe suisse. Moi je me suis arrêté à la sélection genevoise, puis derrière j'ai toujours été un peu, sans être négatif, le différent de la famille. Et j'ai très vite viré sur les sports de glisse, en montagne et puis dans les rues, j'ai fait du skateboard à Outrance où j'ai eu pas mal de bobos, ça fait partie de la pratique. Mais aussi la montagne, avec tous les sports qu'on peut imaginer, du ski, du snowboard.
- Speaker #0
En Suisse, ouais.
- Speaker #1
Ouais, en Suisse, ouais. J'ai grandi avec les montagnes, quoi. Donc, dehors et toujours avec ça. Puis ces sports, ils m'ont façonné aussi ma façon de comprendre mon corps, si on peut dire, ou en tout cas d'appréhender le mouvement d'une certaine manière, quoi. C'est un natif, on va dire.
- Speaker #0
Et tu me disais que tu venais aussi beaucoup des sports de glisse, ça s'est venu après ?
- Speaker #1
Ouais, alors du coup, après le foot, il y a eu le snowboard. C'était en plein... Enfin, j'ai grandi sur les lattes. J'ai grandi, il y a trois ans, j'étais sur les skis. Après, il y a eu la mode du snowboard, où justement, les snowboardeurs faisaient les choses différemment. Il y a eu le skateboard, parce que quand l'hiver est terminé, il fallait être sur une planche. Et puis après, le surf, en fait, sur l'océan. C'est un peu la trajectoire, on va dire.
- Speaker #0
Sport de glisse. Et donc, à un moment donné, tu t'es mis au yoga.
- Speaker #1
Oui. Alors, moi, je suis géologue de formation, parce que j'avais fait une année de voyage entre Hawaï et Nouvelle-Zélande, où j'ai découvert le surf. Quand je suis revenu, je ne savais pas trop quoi faire. Et puis un pote m'a dit, fais géologie parce que si tu aimes voyager, c'est le métier où tu vas voir le monde. Je dis, bon, ok. Et puis du coup, c'est des sciences de la terre et de l'environnement que j'ai fait. En fait, le yoga a été proposé avec l'université pour la gestion du stress, la préparation d'examens et puis tout ça. Donc c'est un peu là où j'ai commencé avec le yoga. Et puis après, complètement lâché, une fois que j'ai eu mon diplôme. Suite à cet événement professionnel ou cette décision professionnelle, c'est là où j'ai commencé à dire qu'est-ce que je sais faire, qu'est-ce que je peux faire, qu'est-ce que je peux partager pour en faire un métier. Et puis j'ai commencé toutes ces formations de yoga. Donc c'est là où nous, on s'est croisés peut-être en ligne et puis avec les événements qu'on a fait ensemble.
- Speaker #0
Ok, ok. Et voilà, c'est ça ce que tu disais, tu es parti vers le yoga. Qu'est-ce qui t'a fait le déclic ? Parce que c'est une chose, c'est de le pratiquer pour soi. Ouais. Toutes ces méthodes-là. Beaucoup de personnes qui pratiquent et pour autant ne deviennent pas professeurs. Qu'est-ce qui t'a poussé à enseigner ou à transmettre ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. C'était une évidence en fait. Il y avait un côté où j'aime bien partager. Et puis j'ai une bonne compréhension, en tout cas perception de moi-même. Et j'ai vu que les gens avaient peut-être besoin d'aide. Et puis je pense que ça s'est fait un peu intuitivement. « Venez, on va faire du yoga et peut-être que je peux vous accompagner. » En tout cas, avec le groupe d'amis, je voyais qu'il y avait pas mal de gens qui étaient en mode rouge foncé au niveau de leur vie. Et puis, écoute, moi, j'ai eu pareil. Est-ce que peut-être ça t'intéresserait d'essayer ? Et puis, je pense, c'est parti comme ça. La voisine, à l'époque, on était voisins. Elle avait le studio. Tu connais Josiane, Jojo. C'est chez elle que j'ai commencé à donner les cours dans la petite commune de Satigny. Et puis, elle m'a permis aussi de lancer la démarche. Donc, quand ça s'est présenté, c'était genre, bon, go, quoi. Il n'y a pas trop à réfléchir.
- Speaker #0
Et donc, tu as enseigné le yoga un certain temps.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui t'a fait, parce que tu n'es plus professeur de yoga, qu'est-ce qui t'a fait encore changer, évoluer ?
- Speaker #1
En fait, je pense que pour revenir à ces sports de glisse, ou ces sports extrêmes, comme certains pourraient les appeler, que ce soit dans la pente ou en ville quand on a des objets ou un relief. La question c'est toujours comment est-ce qu'on peut faire différemment ou comment on peut s'exprimer de manière créative ou en tout cas personnelle, chacun avec son style. Je pense que j'en avais assez de cette pratique qui à mon sens, parce que je dois faire attention à ce que je dois dire, était un peu trop fermée. J'en ai fait des 108 salutations au soleil, j'en ai fait plein. Et à la fin, j'ai aussi senti que mon corps n'était pas nourri comme il avait eu l'habitude d'être nourri. Pour moi, le yoga, je l'assume complètement, c'était une pratique physique avec des touches d'inspiration philosophique, en tout cas une manière de voir un peu la vie d'une autre manière avec les lectures. Mais la partie physique, pour moi, elle a atteint un pic et puis après, il y avait quelque chose qui n'allait plus. Je me suis fait mal à l'épaule, je me suis fait mal à la hanche, à toujours vouloir rentrer dans la forme. plutôt que de comprendre qu'est-ce que je pouvais faire et comment j'aurais pu l'adapter pour moi, de comprendre ses limites, et puis où c'est OK d'aller, et où au contraire, il faut accepter de lâcher, et pas forcément forcer. Donc ouais, je crois que je dis pas que c'est pas une bonne pratique, je pense que ça a sauvé plein de dos, ça a sauvé plein de hanches, et aussi plein de gens au niveau émotionnel ou psychique, parce que ça leur a apporté quelque chose qui manquait. Mais à titre perso, j'étais là, Non, c'est bon, j'ai besoin d'un... de passer à autre chose. C'est un peu ça le process.
- Speaker #0
L'idée ici, quand j'invite plein de personnes différentes avec plein de pratiques différentes, c'est justement de comprendre qu'il n'y a pas une pratique qui est meilleure qu'une autre ou une pratique qui va résoudre tous les problèmes que l'autre ne va pas résoudre. Il y a une pluralité de pratiques et une pluralité de corps, une diversité de corps et de personnalités, de besoins et même de moments de vie. pour une même personne, avec des moments de vie, on a besoin de choses différentes. Et que c'est OK d'avoir toute cette palette de pratiques différentes. Il y en a certaines, sur d'autres épisodes, on a beaucoup développé là-dessus, sur certaines pratiques qui vont être plus formelles, comme le yoga, comme le pilates, dont je suis issue aussi. Mais il y a aussi des pratiques qui sont beaucoup plus ouvertes, beaucoup plus libres, liées à l'improvisation. Et ça ne correspond pas à tout le monde. Tout le monde n'est pas OK avec ça. Il y a des gens qui ont besoin d'avoir un certain cadre. qui est rassurant, et d'autres qui ont besoin d'avoir un espace d'exploration. Donc tu m'as l'air d'être du deuxième type.
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu allais explorer ? Raconte-moi.
- Speaker #1
En fait, quand j'ai commencé, c'est ce qu'on avait discuté, mais quand j'ai commencé le chemin sur le yoga, je suis tombé sur une vidéo YouTube, c'était quoi, en 2018 ? C'était même en 2017, avec Joseph qui parle, et puis des gens qui bougent d'une manière complètement folle.
- Speaker #0
Joseph...
- Speaker #1
Joseph Ruchek, l'instigateur ou le créateur de Fighting Monkey. Il est avec sa femme, Linda Capetanea. Je n'arrive jamais à le dire. J'espère que je ne l'ai pas écorché. Désolé, Linda. Et oui, ils ont monté cette méthode et puis quand on les voit bouger les deux, c'est animal, c'est vivant, c'est réactif, c'est élastique, c'est coordonné, c'est esthétique et c'est rigolo. Et quand je les vois, quand j'ai vu cette vidéo, j'ai dit, mais c'est qui ces mecs ? Je veux faire pareil, quoi. D'un côté, j'avais cette base qui était phénoménale sur l'anatomie par rapport au yoga. Mon ressenti disait qu'il y avait un truc qui... Ça coince un peu. Et puis derrière, je vois ces gens qui rigolent, qui se touchent, qui se poussent, qui sautent dessus, qui se bousculent, etc. Et puis le skater ou le snowboarder d'époque est là, mais c'est rigolo. Et puis c'est là où j'ai embarqué aussi, en parallèle sur cette trace. Et puis je voyais des choses qui étaient complémentaires. Je voyais des choses qui étaient en pleine opposition. Et puis après, j'ai suivi mon instinct ou mon ressenti. Donc quand j'ai vu que cette partie de la pratique et du mouvement prenait de plus en plus de place, j'étais là, je ne peux plus appeler ça du yoga. par respect aussi par rapport à cette discipline puis c'est là où en fait tu vois toute cette culture du mouvement qui vient des arts martiaux qui vient de la danse qui a toujours été là et puis il y a une intelligence là-dedans où moi je me suis éclaté tout de suite et il y a un truc que j'ai vu qui a fait aussi la grosse différence c'était la connexion entre les gens tu viens pour ta pratique tu viens sur ton tapis, tu viens avec tes problèmes ou ton histoire et tu ressors tout seul non même si le studio était plein à craquer, ça reste très individuel. À défaut de fâcher, je trouve que c'est une pratique individualiste et pas forcément partagée. En étant un homme qui partage, en tout cas qui pratiquait le yoga, on n'était pas beaucoup de moustachus, comme on disait. Et puis là, c'était vraiment un mix qui est relativement équilibré, c'est 55 ans.
- Speaker #0
Oui, c'est assez mixte.
- Speaker #1
Et puis tout le monde est bienvenu, que tu sois vert, jaune ou bleu, on s'en fiche. et du coup on fait avec ce qu'on a et plutôt que d'aller dans une direction c'est plus comprendre où on en est maintenant et puis derrière ça ouvre le champ à plein chemin vers lequel on pourrait aller au niveau corporel ou philosophique
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais je sais que ça va être complexe ce que je vais te proposer mais est-ce que tu pourrais expliquer un petit peu donner quelques exemples à quoi ça ressemble le fighting monkey
- Speaker #1
Ok, alors Alors... C'est compliqué. À la base, c'est une expérience physique. Les lois qui guident la pratique, c'est les lois de la nature, les lois de la physique et la loi de la biologie. On ne vient pas chercher de la magie. C'est genre, voilà comment une épaule bouge. Voilà comment un rebond se fait, un pivot se fait, une transition se fait. Ce qu'ils ont fait, qui est assez incroyable, je trouve, c'est qu'ils ont structurer ou dématérialiser les pratiques pour les mettre ensemble, en mettant le corps au centre. Et puis un corps, il doit pouvoir rebondir, il doit pouvoir accélérer, il doit pouvoir contrôler le mouvement, il doit pouvoir interagir avec l'extérieur. Et c'est comme ça qu'ils ont créé tous ces jeux, toute cette réflexion autour de la coordination. Et Joseph, venant aussi du Tai Chi, a amené aussi une part plus... on va dire rigoureuse ou en tout cas structurée, formelle pour mieux comprendre les articulations et comment on peut mapper, cartographier notre perception de soi. Je ne sais pas si ça répond à tout, mais l'idée, c'est de visiter le plus de champs possible sans se coincer dans une forme.
- Speaker #0
Ça veut dire que la pratique, elle est vivante. Moi, j'en ai pratiqué un peu. J'étais venue à Genève, j'étais allée faire un stage intensif avec eux. Pendant qu'il n'y avait que Joseph, il n'y avait pas Linda. Il n'y avait pas Linda. Et puis, je connais bien Adrien qui est une pratique aussi. Et on avait invité Joseph sur M le sommet de la première année, le sommet qu'on a créé avec Adrien. Donc voilà, j'ai un petit peu une compréhension de la pratique. Ce que je trouve génial, c'est que c'est une pratique qui est vivante, du coup, qui n'est pas du tout sclérosée ou écrite dans le marbre. Donc, il y a des exercices, j'imagine, qu'on retrouve, qu'on refait souvent. Mais en fait, il y a une... en potentialité d'exercice absolument infini. Tant qu'eux, ils en créent que chacun qui après le transmet veut bien en créer. Enfin voilà, c'est pas du tout régulé. Et puis moi, ce que j'ai trouvé intéressant quand je suis allée pratiquer, c'est par exemple, si je fais du floor work ou de la coordination, pour moi, c'est assez les doigts dans le nez. Parce que non, la danse, c'est des choses simples. Mais j'ai galéré par exemple sur l'histoire des rebonds. Sur le travail à deux, sur les réflexes ou des choses comme ça. Donc, en fait, c'est intéressant de voir que je suis forte en équilibre, en coordination, mais je suis mauvaise en réaction. Je n'ai pas beaucoup de rebonds ou je manque de cardio. Ça te permet, comme tu disais, de cartographier aussi tes points forts et tes points faibles et de voir quel type d'activité ou quel type d'exercice tu pourrais faire pour t'améliorer.
- Speaker #1
Alors, il y a un mot que j'aimerais changer dans ce que tu viens de dire. C'est le mot exercice.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, c'est des jeux. Il faut le prendre comme ça. Et ce que ça entraîne, c'est pas rien en fait. Pour un adulte de jouer, ça demande beaucoup. Je pense que c'est un luxe pour un adulte, avec toute la vie qu'on a, de se dire, je vais prendre du temps pour jouer. Parce que ça nous met dans une situation en fait où on n'est plus à attendre quelque chose. Je vais aller faire cet exercice parce que derrière, c'est l'été, je vais pouvoir avoir ma plaque de choc. Le body, le summer body ou ce genre de choses. Là, on met... complètement ça de côté et du coup on est plus dans le moment présent donc on peut faire un lien avec ce yoga où on arrête de se projeter et tout ça là c'est vraiment genre j'explore et j'essaie de comprendre ma physicalité et puis c'est un truc des fois je fais face aussi à beaucoup d'incompréhension par rapport aux gens quand je dis viens on va jouer On a différents objets. Là, on est dans la partie situation de mouvement, comme on l'appelle. Comment on va interagir avec l'extérieur en ayant notre vécu, que ce soit avec la balle, avec la ceinture de judo, avec les blocs de bois ou avec le partenaire. Ces situations de mouvement, elles veulent qu'on aille visiter tous les angles, qu'on aille visiter toutes les intensités, toutes les variables possibles, toutes les amplitudes, différentes qualités de mouvement aussi. qui fait qu'on est en fin de compte vivant. On ne pourrait pas... Joseph venant de 30 ans de Tai Chi, on ne peut pas faire que du Tai Chi. On ne peut pas toujours avoir un mouvement lent et contrôlé. On doit pouvoir avoir de l'explosivité, on doit pouvoir avoir de l'endurance, on devrait nourrir toutes ses qualités. Et puis, j'ai Linda, parce que j'étais à Athènes en février et en avril, elle a toujours ce truc où aller chercher ce qui manque. qu'est-ce qui manque dans ma pratique, dans mes capacités, où est-ce que je veux favoriser les choses, sans forcément se projeter dans le futur, dans le sens où ça c'est ce que je devrais améliorer. Maintenant, quand je suis en train de travailler, quand elle nous fait faire ces improvisations de fou, genre oui, je suis dans mes bras, mais t'es plus lent tes pieds. Et du coup, ça fait vraiment que le champ s'ouvre et qu'on vient dans cette analogie de mindfulness totale. je suis à la fois dans mes appuis, à la fois dans la compréhension de mon espace autour de moi, je suis en train d'interagir avec un objet ou avec quelqu'un, je peux être touché et puis réagir à ce qui est proposé, enfin c'est infini en fait. Et puis ce que tu as dit avant, la beauté c'est aussi l'interaction avec les gens, donc on peut jouer avec la practice ball, il y a mille jeux possibles, il y a des classiques et après il y a des plus complexes, mais c'est surtout le jeu qui va se créer entre la personne qui guide Le lien qui va se créer entre la personne qui guide et la personne qui va être guidée. Et ça va être vraiment un lien qui va façonner la pratique dans le sens où... Tu étais à Genève, on était une cinquantaine. Moi, je vais tout donner pour les personnes que je vais guider. Je vais être concentré sur ce qu'elles font. Je vais aller voir quelles sont les zones où la personne est à l'aise. Et au contraire, elle va devoir travailler ou elle va être en difficulté. on veut rester dans cette fenêtre d'apprentissage où il y a suffisamment de stimulation pour que ce soit motivant mais pas trop non plus parce que derrière on va rentrer dans cette zone où ça devient dur, ça devient du combat où je vais décrocher, où je vais être submergé et puis du coup si moi je fais ça pour les 49 autres personnes j'attends des 40 autres personnes qu'elles fassent la même chose du coup si t'as cet élan de groupe qui est porteur derrière tu montes en tant qu'individuel mais tu montes aussi en tant que collectif Et même si on va faire 12 fois le même jeu, ce ne sera jamais la même chose parce que j'ai chaque fois à interagir avec quelqu'un qui a des capacités différentes, plus ou moins avancées. Et puis l'échange est presque plus important que le jeu, en fin de compte. L'échange par entière du jeu.
- Speaker #0
Oui, c'est intéressant. Et tout à l'heure, tu soulignais que le fait que le yoga ou même d'autres pratiques peuvent être très individualistes. Effectivement, j'ajouterais même un peu nombriliste, c'est-à-dire que tu te préoccupes de ton... propre corps, de ton propre ressenti, de tes propres... Ce qui peut avoir un côté très bien, mais il manque, en fait, pour moi, dans ces pratiques-là, il manque quelque chose. De l'ordre aussi du transfert dans la vie quotidienne. Dans la vie quotidienne, on ne passe pas notre temps à ressentir comment va notre petit doigt. Des fois, on doit être dans la réaction. Des fois, on doit être capable de prendre une décision, d'agir vite. Au contraire, d'être patient, d'être endurant. Enfin, pour moi, il y a cette notion aussi de transférabilité vers la vie quotidienne. qui est très chouette. Donc, une pratique comme le yoga pilates peut être super complémentaire parce qu'en fait, tu apprends à bien connaître ton corps, à bien maîtriser ton corps. Quand ensuite, il va être mis à l'épreuve ou quelque part challengé par le jeu, tu vois. Ouais. Donc, il y a quelque chose de cet ordre-là. Et moi, j'avais une question, du coup, par rapport à ton enseignement parce que quand tu enseignes, tu guides un cours de yoga et ensuite, tu guides des jeux, un groupe dans le jeu. Comment c'est ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça a changé pour toi en termes de posture de prof ?
- Speaker #0
Tu n'es peut-être même plus dans une posture de prof, ça change quelque chose ?
- Speaker #1
Non, non, clairement pas. Moi, il y a un truc qui m'avait choqué. Tu as parlé carrément de nombrilisme. Je ne sais pas quel est le public, mais je suis tout à fait d'accord avec ça. Il y a un côté clairement dogmatique. Moi, ce qui m'avait choqué, c'est que les gens se déresponsabilisaient clairement vis-à-vis de leur santé. par rapport à moi en tant que prof. Inspire, lève les bras. Et puis je peux leur dire de ne pas respirer, les gens n'allaient pas respirer. Alors que le but, c'est au contraire. Là, ce serait différent. Quand tu lèves les bras, où est-ce que tu sens que ça s'ouvre ? Où est-ce que tu sens que tu peux commencer à respirer ? Est-ce que tu es dans l'inspire ? Est-ce que tu es dans l'expire ? Et puis c'est vraiment ce côté qu'on appelle la phénoménologie. Tu testes, tu prends tes données comme un ordinateur et tu fais ton... Tu prends cette compréhension pour toi. Et puis, je dis là, je ne veux pas ce rôle de prof. Je ne veux pas cette position. Pour moi, on est des humains. Tu as autant à m'apprendre sur des choses que moi sur d'autres. Et c'est pour ça que j'ai complètement fait le switch. Je veux que les gens soient responsables d'eux-mêmes. Donc, si on a un cours, il y a eu un workshop, un petit cercle de présentation. Le but, c'est d'aller dans le mouvement, d'aller dans le corps. Mais dites-nous s'il y a des bobos. C'est l'exemple typique. Ouais, j'ai un truc à l'épaule, j'ai eu des ligaments croisés aux genoux. Ok, très bien, vous l'avez entendu. Maintenant, c'est la personne qui a subi cette blessure ou qui a ce problème qui est responsable d'elle-même et à elle de jauger, d'adapter la pratique à ça. Et comme on ne rentre pas dans une forme précise, mais qu'on est vraiment des vecteurs pour guider une pratique et que la pratique est organique, j'aime beaucoup ce terme, elle va s'adapter, mais sans forcément le verbaliser. Ton genou, il ne va pas si loin, ou tu ne peux pas aller dans le deep squat, ou tu ne peux pas... On s'en fout. Va où tu es à l'aise, et il y a toujours cette image du 80%. Imagine que tu puisses travailler toute ta vie, mais à 80%. Et du coup, les gens, ils sont dans une position où c'est... Je suis chez moi, mais je peux quand même respirer, et puis aller voir un peu les frontières, sans forcément aller au-delà de mes limites. Après, ça, c'est la beauté de la chose. Neurologiquement, comme on passe par un chemin qui fait appel au jeu, plutôt que par un chemin qui est dans la réalisation d'un exercice, la personne est beaucoup plus disponible, elle est beaucoup plus ouverte, et elle va pouvoir aller dans des positions où elle n'oserait même pas y aller si je lui disais voilà la forme du style, une certaine posture de yoga, parce qu'elle y va d'elle-même en confiance. Et puis moi, c'est vraiment un point de bascule où le yoga, en fait, c'est une pratique à titre personnel, mais aussi dans les cours, j'ai arrêté. Parce que les gens n'arrivent pas à comprendre. où très peu arrivent à comprendre cette notion même si tu guides dans les postures ils vont vouloir aller plus loin ou ils vont vouloir faire plaisir ou se forcer tout en sachant qu'ils ont un bobo ou des limitations mais ils vont aller plus loin alors que là non on joue, il n'y a pas d'enjeu tu peux perdre, tu peux rater c'est pas grave mais je veux que tu comprennes que tu es en train de cartographier tes limites et du coup respecte-les, va pas plus loin il n'y a pas de soucis
- Speaker #0
Est-ce que quand on pratique quelque chose qui est dans la forme, il y a un peu aussi ce syndrome du bon élève, de vouloir tout bien faire ? Moi, j'ai toujours eu un peu ce syndrome-là, d'être la bonne élève, de bien réussir, de bien faire, d'aller un peu au-delà même de ce que le professeur attendrait de toi. Effectivement, dans le jeu, après, je réfléchissais à ça quand tu disais, dans le jeu, peut-il y avoir quelque chose aussi… Est-ce que tu as déjà observé ça ? Des gens qui vont du coup dans le côté de la compétition. qui sont assez quantitatifs et qui ont envie de gagner, qui ont envie de...
- Speaker #1
Alors, moi, ça m'est arrivé une fois. On faisait ce qu'on appelle les pattes d'ours. Donc, moi, je vais mettre ma main et puis toi, tu vas venir avec ta main et puis on va explorer la force. Ça ne veut pas dire que tu veux détruire l'autre, mais cette personne, c'était un gars, je pense qu'il venait du crossfit ou vraiment du bodybuilding. Puis par défaut, moi, avec mes 70 kilos tout mouillés, je disais, de toute façon, tu vas m'écraser. Et comme on est dans cette fenêtre d'apprentissage, on veut rester là-dedans donc si tu vois par défaut que quelqu'un est plus lourd plus fort que toi la démarche je voudrais que tu sors de cet état de compétitivité de compétition si tu veux c'est pas le but de gagner c'est le but d'apprendre donc si on est dans cette fourchette des 80% et de l'interaction avec quelqu'un dans un espace où on veut faire qu'on s'amuse la compétition elle a plus lieu d'être après dans le jeu il y a plein On peut étudier ce que c'est le jeu. J'ai un super livre là-dessus qui s'appelle Homo Ludens, donc l'homme joueur. C'est un peu extrapolé, mais on peut dire que la vie est un jeu et on peut y jouer. La définition d'un jeu, en fait, c'est un espace où les règles sont définies, qui sont hors normes, si tu veux. Donc on va rentrer dans un espace où voilà un cadre et voilà le contexte pour pouvoir jouer. Il y a des jeux qui peuvent avoir aucune conséquence, ou alors il y a des jeux qui peuvent avoir de graves conséquences. Si on parle aux jeux d'argent, tu peux y laisser des plumes, voire même la vie si tu vois la guerre ou le combat comme un jeu. Mais du coup, c'est intéressant de tourner ça comme ça. Et après, dans le cadre de FM et des workshops, l'idée, c'est de rester dans un côté où le jeu, où les propositions sont intelligentes pour permettre aux gens d'apprendre. Rien n'empêche de dire, écoutez les gars, on regarde qui c'est qui va courir le plus vite, ou se lever le plus vite, ou au contraire, qui c'est qui va réussir à aller le plus lentement. Donc on change un peu tout ce narratif, où il n'y a pas forcément d'objectif, le but c'est de gagner, c'est plus le but c'est de continuer à jouer. Je ne sais pas si j'ai bien répondu à ta question. Oui,
- Speaker #0
je sais. Il y a deux choses qui me viennent quand je t'entends. Déjà, c'est drôle parce que dans le dernier podcast que j'ai enregistré, on parlait du jeu, justement. Et ils disaient que pour pouvoir jouer, il faut un cadre, il faut des règles à la base. Donc, il y en a toujours. Quand tu donnes un jeu, dans ton cas de Fighting Monkey, tu donnes des règles, même si elles sont basiques, elles laissent sa place à beaucoup de liberté au niveau de la forme. À une époque où... D'ailleurs, il y a eu un peu une triste actualité sur les IROX et des choses comme ça. On est beaucoup dans des pratiques maintenant qui valorisent énormément le dépassement de soi, d'aller au-delà de ses limites. Cette idée des 80%, je trouve ça juste fantastique. Tu viens quand même aller chercher quelque chose qui te challenge, mais sans aller chercher cette limite, cette frontière qui pourrait être dangereuse. notamment je suis tombée des fois sur des vidéos sur Instagram de coach je connais pas leur nom mais on s'en fiche mais on voit qu'ils coachent d'une façon pour moi maltraitante vraiment maltraitante qui pousse les gens les filles ou les gars ils sont en train de pleurer enfin
- Speaker #1
pourquoi faire ça quoi en fait c'est une bonne question en parallèle avec FM j'ai étudié un peu Frank Forensic j'ai eu une année avec lui Je ne sais pas si tu connais le personnage. En gros, c'est un anthropologue. Et puis, le raisonnement, il est ultra simple. On devrait vivre comme à l'époque de... Je ne sais pas si j'ai le livre là. Comme à l'époque quand on était chasseurs-cueilleurs. On était encore connectés à la nature et on était encore en train de vivre avec l'environnement. D'accord ? C'est ça la base. Donc, est-ce que l'animal qu'on était... serait nourrie avec la pratique, nourrie au sens global, pas juste alimentaire. Il y avait des périodes de paix, il y avait des périodes de guerre. Donc l'idée, c'est toujours, je trouve ça hyper pertinent de réfléchir de cette manière. Ça veut dire comment on devait se déplacer, comment on devait se nourrir, dans quel environnement on était. On parlait de la forme avant, avant on ne savait pas à quoi on ressemblait, il n'y avait pas de miroir. Une fois de temps en temps, tu peux voir ton reflet dans l'eau, si elle était calme, mais autrement, tu n'avais jamais ce... retour d'image de toi-même. C'était que du ressenti, et puis c'était sur tous les autres. Donc on était en mode tribal, on était en mode groupe, et puis voilà. Maintenant, de nouveau, si ta vie, c'est de la résistance et du combat, autant, on va dire, psychologique ou avec ton travail, et que derrière, tu vas encore te défoncer pour aller faire des Irox, je ne suis pas sûr qu'au niveau longévité, que ce soit des tissus, ou aussi de toi-même ou de ta tête, ce soit très bon. Je pense que si tu baignes dans le cortisol, on le sait que c'est inflammatoire. Et puis, les gens qui ont été traumatisés par des événements de fou, on sait que ça détruit les tissus. Et on doit pouvoir jongler entre rest and digest et puis fight or flight. Le système nerveux, il a évolué comme ça à travers le temps de cette manière. Et à un moment donné, on doit bouger parce que le lion, il va nous bouffer ou l'ours va nous attaquer. Ou mon gamin, ou ma tribu, mon partenaire risque de tomber, j'en sais rien. Donc je pense que... malgré tout je suis tout à fait d'accord avec toi avec Tyroc j'arrive pas à comprendre le principe mais malgré tout c'est quand même cool d'aller visiter ça de temps en temps si pour autant tu attribues assez de temps pour la récupération pour enfin l'exemple typique c'est il faut vivre comme un chien quand tu bouges tu bouges quand tu te reposes tu reposes mais mais tu fais pas l'inverse que tu dois être censé faire du coup arrête de t'éparpiller et c'est tout simple en fait Donc nous, moi, mon expérience et ce que j'ai pu voir à travers mon corps aussi et mon ressenti, quand on a des week-ends ou des jours ou des intensifs de six jours, tu ne peux pas aller que dans le rouge, tu dois avoir de la récupération. Après, à titre personnel, je vois que je récupère pas en dormant, pas en faisant de la méditation, mais en bougeant de manière douce mon système, que ce soit mes tissus ou mon système nerveux. Donc là, hier, j'ai eu un entraînement de malade avec la boxe. je voulais aller à la salle aujourd'hui, et puis en fait, non, je n'ai pas besoin d'aller encore faire 300 sauts à la corde et tout ça. Je vais juste faire un travail articulaire pour aller nourrir la récupération. Et peut-être que demain, je vais sentir, j'ai plus les courbatures, je suis frais, je peux en mettre la sauce. Je pense qu'on oscille, et puis encore plus vous, les femmes, avec le cycle menstruel, avec ces variations. Et déjà, d'en prendre conscience qu'aujourd'hui, je n'ai pas la pêche, c'est OK. Viens à la salle, viens au studio, fais ta pratique.
- Speaker #0
en l'adaptant avec ton contexte. Si tu as l'Agnac, écoute, on peut y aller, il n'y a pas de souci. On peut toujours aller en mode Irox où je suis un spart et puis je dois pouvoir tout tuer. Je ne suis pas d'accord. Je n'ai pas l'intention de passer à quoi.
- Speaker #1
Ça serait la notion de variabilité, d'adapter l'intensité. Oui, parce que si je me souviens bien, d'ailleurs, c'est ce qui m'avait freiné à ne pas aller dans un week-end de Fighting Monkey avant dans ma vie. Parce que j'ai toujours pensé que je n'étais pas dans une phase capable au niveau cardio, physique, etc. Et le fait est que j'en ai quand même eu quand je suis venue. C'est-à-dire que j'ai quand même eu des courbatures. Le lendemain, je ne mens pas, je crois que c'était le dimanche, j'ai dormi le dimanche soir encore à Genève. Je devais prendre l'avion le lundi matin. Je n'arrivais pas à marcher quand même.
- Speaker #0
Et je devais...
- Speaker #1
Je devais prendre le tramway de l'avion, là, c'était incroyable.
- Speaker #0
Je suis tout à fait d'accord. Et puis, je dirais, tu as eu de la chance parce que ce n'était pas Linda. Merci. Non, mais tu vois, les deux, ils sont exceptionnels parce qu'ils sont ultra complémentaires. Joseph, lui, il a été influencé par la lutte libre parce qu'il a Dimitri Psamadis qui est son coach de lutte, un ancien champion de lutte grec. Et il a fait beaucoup de boxe avec le tai-chi et puis le basket. Ça, c'est son historique. Linda, elle vient de la danse, elle vient de l'athlétisme, etc. Mais Linda, elle a des jambes. elle nous a fait faire des trucs j'étais à Lisbonne le vendredi soir je dis mais je sais pas comment je vais tenir il reste deux jours il reste deux fois huit heures et pourtant tu le fais aussi donc moi je vois ces workshops comme un pic d'activité et puis après tu sais que tu vas récupérer et c'est quand même bien d'aller stimuler ça dans l'autre sens c'est aussi un peu le biais avec les réseaux sociaux c'est que ça cartonne parce que c'est des images qui sont dynamiques il y a de la couleur il y a du rythme et très souvent les gens sont retenus par rapport à ça parce qu'ils se disent c'est pas pour moi alors que non, ce qui manque pour faire connaître le matériel qui est proposé c'est qu'on va autant travailler très lentement dans le contrôle, dans le calme dans un côté méditatif avec très peu de sollicitations on va faire du travail interne autant on peut aller dans la folie et le chaos de l'improvisation quand Linda nous guide et pour moi c'est ça qui me reste qui me maintient hooké avec leur pratique c'est qu'on va visiter le plus de choses possible. Après, j'ai mon souci où j'ai besoin de variabilité, de changer. C'est la première fois que je fais une activité, on va dire, si longtemps, parce qu'on va tout visiter. Et elle est hyper complémentaire à autre chose. Donc, je dirais, si les gens regardent et sont intéressés à venir, il ne faut pas avoir peur. Et vous avez toujours le choix, dans le sens où vous vous êtes engagé, c'est un engagement avec vous-même, mais pas avec eux. Dans le sens où, oui, il y a du matériel qui va être proposé, il y a des choses qui vont être proposées, ça va être engageant, ça va être stimulant, mais ce n'est pas obligatoire. S'il y a un jeu ou une proposition qui est faite, et puis pour une raison ou une autre, ça ne résonne pas, vous avez le droit de regarder et d'observer, parce que même en observant, on apprend. On regarde avec les petits animaux ou les enfants, on apprend par l'imitation. Du moment qu'on a une participation ou une attention active. Ce n'est pas que derrière, ce n'est pas pour moi, je vais aller au vestiaire. Non, je vais regarder comment les gens bougent. Je vais imaginer comment on bouge. Et puis, on sait, en neuro, avec les neurones miroirs, on sait qu'on apprend en observant. Donc, il ne faut pas hésiter. Ce n'est pas ça qui va être retenu.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Mais bon, le fait est que ça a mis le doigt sur mes points faibles. Mes points faibles, c'est le cardio, justement, l'endurance, le rebond, toutes ces choses-là. J'ai pris cher là-dessus.
- Speaker #0
Il y avait la fête de la danse à Genève, en Suisse romande, il y a quelques semaines. J'ai pu donner un cours. Oui, le but, c'est de s'exposer. Ce n'est pas forcément plaisant. Après, il ne faut pas déjà voir le truc où ça manque. Ça, c'est une information. Je vois que dans ce contexte, c'était dur. C'était engageant. Je n'avais pas forcément la ressource ou elle n'était pas à disposition. Il faut s'arrêter là. Il ne faut pas dire derrière avoir ce langage. Bon, il faut que j'aille faire ma course, parce que là, on va rentrer dans la forme qu'on pourrait le dire. J'ai vu qu'après deux heures de travail, j'étais cuit. J'ai vu qu'après le workshop, ça m'a pris deux jours pour récupérer. C'est assez normal. Maintenant, c'est comment toi, tu intègres cette information et qu'est-ce que tu en fais ? Est-ce que tu veux aller plus loin ? Ou au contraire, j'ai l'info, et puis la prochaine fois, je reviendrai peut-être à un workshop, parce que derrière, je veux cette stimulation. C'est là où on parlait des lois de la biologie, de la nature et de la physique. On n'est pas éternel. Et comme tu as dit aussi, il y a une période de vie où on peut être intéressé par des pratiques plutôt que d'autres. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai une autre question par rapport à... Du coup, toi, qu'est-ce que tu fais de tout ça ? Parce que je sais que Joseph et Linda, ils sont très ouverts sur la façon dont les gens qui viennent se former avec eux peuvent transmettre après. Enfin, tu vois, c'est pas du tout dogmatique. Tu viens, toi, tu te formes. D'ailleurs, il n'y a pas de cursus. Enfin, c'est pas une formation. Tu vas, tu vas au workshop, t'apprends au fur et à mesure avec eux, puis tu retranscris ce que t'as appris. Et j'imagine que tu y mets de toi. que tu mets, de tes propositions, etc. Donc, comment ça se traduit, ça, dans ton travail ?
- Speaker #0
Alors, peut-être pour expliquer ma démarche, du coup, moi, j'étais à un point où j'allais au workshop en parallèle avec les formations de yoga. Donc, le but, genre, j'ai un 200 heures Vinyasa, j'ai fait trois fois 60 heures Pilates, Matwork, etc. Là, c'est différent. Moi, je suis allé voir Joseph. Je lui ai dit, écoute, ce que tu fais, ça me parle tellement, j'ai envie de faire le mentorship. Donc eux, ils ont ce programme d'une année. Rien n'engage à faire le mentorship et enseigner. Il n'y a pas de test, il n'y a pas de tout ça. On est quand même assez... Comment dire ? On aime aussi que les gens fassent référence à ce qu'ils ont créé, parce qu'ils ont quand même fait un boulot de malade, et puis c'est un travail, et les années d'études et tout ça...
- Speaker #1
On préfère les 15-20 ans qu'ils font ça.
- Speaker #0
Oui, exactement. Ils arrivent gentiment vers la vingtaine. Avant, la pratique était différente. Il y a 20 ans, il y avait beaucoup plus de situations de mouvement. Puis, ils ont évolué aussi. Et le temps avance aussi pour eux. N'empêche que si moi, je peux avoir les jambes de Linda quand j'aurai son âge, je signe, je bosse. Tu vois, c'est ça. Donc, la pratique, elle se veut aussi orientée sur la longévité et puis la vitalité. C'est un parallèle, j'en reviendrai. Donc, moi, ma démarche, c'était, écoute, j'adore ce que tu fais. C'est aussi innovant, c'est créatif, c'est passionnant. comment faire pour moi pour venir chez toi. Donc j'ai fait le mentorship et puis on s'est mis d'accord. Et puis voilà, du coup, tu peux être sur le site internet, tu peux utiliser le logo, etc. Rien n'empêche que tu peux faire aussi des workshops et puis intégrer ça à ta pratique. C'est aussi organique. Moi, je suis venu des sports de glisse. Je suis un peu le seul surfeur, skater. Il y a beaucoup de gens qui viennent de la danse. Il y en a quelques-uns, Adrien, qui vient en partie des arts martiaux. Il y a des profs de yoga. Et puis la danse, c'est aussi vaste. Tu peux faire du contact, un pro. Tu peux faire du contact. C'est immense. Mais ce qui est intéressant, c'est d'avoir cette mixité. Toi venant de la danse, lui venant des arts martiaux, moi venant du skate. Qu'est-ce qu'on peut faire ensemble ? Et puis en même temps, on reste des humains avec deux bras, deux jambes, une tête, puis un buste. Et on va bouger quand même d'une manière sensiblement similaire. Après, il y aura des spécificités par rapport à notre historique corporelle, mais aussi à ce qu'on a été exposé. Et chacun aura une manière de s'exprimer à sa manière, si on peut utiliser ce terme. La pratique, elle est ouverte. Et ils sont aussi totalement ouverts sur cette démarche. Le but, c'est d'une certaine manière de partager. Eux, ils sont au sommet de la pyramide. Donc souvent aussi, quant à ces workshops, c'est des coachs, c'est des profs, c'est des personnes expérimentées. Nous, après, on est un peu les petits soldats ou les petits représentants. On fait ça à notre échelle. Chacun aura sa manière de transmettre et aussi aura intégré une partie plus qu'une autre par rapport à ce qui nous intéresse. Donc, les danseurs, ils adorent la coordination. C'est génial.
- Speaker #1
C'est notre maison, quoi. On se sent dans nos pantoufles.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et c'est impressionnant de voir les danseurs quand tu as 16, 15, 17, 20 enchaînements de mouvements, comment... Eux, ils arrivent à incorporer l'information pour la retranscrire. Alors que nous, on est encore en train de genre, OK, j'ai compris les swings, quoi. Néanmoins, avec la pratique, tu vois que tu arrives aussi à apprendre et à améliorer ce côté d'apprentissage. Et c'est là où on peut transposer les choses dans la vie de réel. Derrière, tu as un corps, mais tu as aussi un cerveau qui est réactif, qui est adaptable, qui est plastique et qui peut permettre de trouver des solutions. d'une autre manière que si tu étais toujours dans ta zone de confort. On aime bien ce terme actuellement.
- Speaker #1
Oui, oui. Et donc, ma question, ça portait aussi sur comment toi, tu t'as adapté à ta transmission. Est-ce que tu retranscris, par exemple, que des jeux que tu as vus avec eux ou est-ce que tu en crées de nouveaux ? Est-ce que tu t'adaptes aux élèves qui sont devant toi ?
- Speaker #0
Alors, on est plusieurs à fonctionner pareil, et il y en a aussi qui fonctionnent différemment. Moi, j'ai toujours un fil rouge, que ce soit pour un cours d'une heure et demie ou pour une journée, mais je ne m'arrête pas là-dessus. Souvent, ce qu'on constate, à force d'observer aussi, tu vois où les gens peuvent aller, où sont les difficultés, et puis quand il y a vraiment quelque chose qui apparaît, c'est genre, OK, on va faire une pause. Moi, j'ai vu ça, ça, ça, ça et ça. Avec la librairie que maintenant j'ai accumulée, que ce soit dans les jeux, dans les coordinations, mais aussi dans ma compréhension du mouvement et du corps humain. On va juste faire une pause, on va aller spécifiquement regarder ce genre de choses, que ce soit pliométrie, rebond, élasticité, ou alors au contraire, articulation, compréhension de la manière de s'articuler. Puis derrière, on va retourner au jeu. Donc il y a beaucoup de spontanéité dans la manière de transmettre, parce qu'elle est en fonction du groupe. Donc, ce n'est pas que je vais faire A, B, C, D, E, F, G. Et puis, A, G, je suis content, on va faire le lunch. Et puis, on revient pour faire la suite de l'alphabet. Non, voilà où je veux aller. Et je suis tout à fait OK si on doit faire un demi-tour et passer par ailleurs, en fait. Et je pense que c'est là où les gens, en fait, ils s'éclatent. C'est que derrière, la pratique, elle est adaptée ou elle est proposée en fonction de ce qui se passe sur le moment. Donc, je vois les gens, ils ont de la peine avec leurs appuis, avec les pivots, avec le footwork. Ok, on fait une pause. Voilà comment un pied fonctionne. Voilà comment une cheville s'articule. Explorez, on travaille gentiment. Maintenant, appliquez ça dans la situation de mouvement pour pouvoir peut-être être plus efficace. Sans pour autant donner plus de techniques spécifiques. Mais voilà ce que vous voudrez chercher. Et puis moi, j'ai lu un bouquin que j'ai adoré. Ça s'appelle Born to Run. Donc ça a fait un peu le buzz pour les gens qui font de la course à pied. Il y a un terme, enfin pas un terme, mais des mots que j'utilise tout le temps. C'est fluide, facile et léger. Tu veux... Que le mouvement soit fluide, facile et léger. Va chercher cette qualité, soit fluide, facile et légère, que ce soit pour jouer avec la balle, que ce soit pour faire ton enchaînement de zéro forme, mais cherche cette qualité de mouvement. Et ça revient un peu en parallèle avec ces 80%. Travaille avec quelque chose que tu maîtrises. Et de temps en temps, avoir l'inconnu, de temps en temps avoir la surprise, mais bâti des bases tellement solides que derrière, en fait, ton champ va s'ouvrir. sans réaliser que tu es en train de travailler sur cette ouverture de champ. Tu vois ce que je veux dire ? Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Moi, je suis un geek du pied nu, des chaussures minimalistes. Mais si tu es bien dans tes appuis, si tu es bien dans tes pieds, la force, l'énergie, la transmission du bas vers le haut ou du haut vers le bas, elle est clean, elle est propre. Et derrière, c'est beaucoup plus simple. Donc il y a un énorme... Pour moi, avec les gens avec qui je bosse, on travaille beaucoup sur les pieds.
- Speaker #1
par exemple c'est assez essentiel on voit qu'il y a beaucoup de dysfonctionnement à cet endroit là chez les personnes, c'est assez fou ça commence tout petit et d'ailleurs sans dénigrer tu vois justement le travail de Pilate au contraire en le valorisant il commence son système sur le réformer sur les appareils par le footwork par le travail des pieds c'est vrai que souvent quand on met les personnes les élèves dans cet endroit là tu vois des trucs,
- Speaker #0
t'es là ouf ouais tu vois comment ils sont connectés non
- Speaker #1
Tout, pieds, genoux, hanches, colonnes, tu vois tout. Et en fait, tu peux déjà savoir quel chemin tu vas aller prendre, ou en tout cas imaginer avec ces personnes-là en regardant ses pieds. Ça, c'est évident. Et tu parlais de librairie de mouvements, ou en tout cas, librairie de jeux, ou des choses comme ça. Ça me fait penser, je crois que tu connais Alain, de Movement Practice à Paris. Oui, il parle beaucoup de ça aussi, une librairie de mouvements. Et j'aime bien ça, en fait, de dire, OK, j'ai un stock, j'ai une librairie. J'ai une palette disponible.
- Speaker #0
Si tu regardes la vie d'un homme ou femme moderne, mais actuelle, c'est quoi les mouvements qu'il fait dans la journée ? La variabilité de mouvement est vachement réduite. J'ai donné un coaching avec un ami à midi. On a joué avec la practice ball. J'ai demandé de rester avec une position ouverte avec les pieds. le bassin pas trop, pour pouvoir accéder à ses genoux et ses hanches, suis là-bas avec la main. Et puis moi, je regarde, je te guide, on va à gauche, à droite, on fait des courbes, etc. Et puis on discutait, et puis genre, c'est quand la dernière fois que tu t'es retrouvé dans cette position ? Il y a 30 ans, quand j'étais gamin. Donc c'est la même chose, on a en fait un buffet, ou une librairie de mouvements, mais on vient toujours lire le même bouquin. Et on ne va pas dans les zones où on n'ose plus trop, et puis avec l'âge aussi qui avance. on s'impose aussi c'est pas forcément volontaire mais on s'impose une certaine restriction et puis on est dans une société où on répare mais pas où on entretient ah j'ai un problème avec les hanches bah ouais j'ai pris rendez-vous et puis dans 3 mois j'aurai une hanche en titane Oui, c'est facile. Oui, tant mieux, ça existe. C'est cool. Mais entre faire deux ans de travail, de compréhension, d'entretien, d'articulation, de soins, d'attention sur certaines parties du corps, plutôt que juste réparer, on est dans une société de consommation. On veut avoir des résultats tout de suite. Et puis, la nature, ça ne marche pas comme ça. C'est long. C'est long, oui. Et ça coûte plus cher en temps et en énergie d'entretenir que de changer.
- Speaker #1
Tout à fait. Quand il en vient du corps, c'est quand même un peu embêtant de changer. Mais bon, après, des fois, c'est utile, mais c'est vrai que c'est quand même embêtant.
- Speaker #0
Oui. Mais les gens,
- Speaker #1
en premier lieu, souvent, on arrive là, comme tu disais, à avoir mal, à avoir vraiment des gros problèmes physiques parce que ça n'a pas été entretenu.
- Speaker #0
Oui. Et c'est un acquis. vieillir se fait dans la douleur. Point, quoi. Vieillir, c'est douloureux. Vieillir, c'est contraignant. Moi, là, j'ai 43 piges. Je ne voudrais pas retrouver mon corps d'il y a 20 ans. Là, je n'ai jamais été aussi bien parce que j'ai arrêté de forcer. Mais en même temps, j'ai tellement bien cartographié ce corps que quand je me retrouve dans des situations délicates, que ce soit l'esport de glisse, j'arrive à m'organiser pour que l'effort soit propagé dans tout le corps pour ne pas me blesser. Et ça, je l'ai vu avec les différents sports. Je rentre maintenant, le stiver, c'est là, waouh ! Mais ça fait en fait deux ans que je n'ai plus mal au genou quand je sors d'une journée de ski sur neige dure. Les gamins, ils ont 11 et 13 ans, ils vont vite. Moi, je dois bosser maintenant pour les rattraper. Ce n'est plus les petits qu'on prend avec le harnais et tout. On va partout ensemble. Je ne suis pas en mode retrait. Je peux m'engager à descendre. Mais je n'ai plus ces problèmes de genoux. Je ne sais pas techniquement ce que j'ai fait, parce que je ne suis pas passé par le protocole. la directive ABCD, j'ai développé cette librairie de mouvement et cette compréhension de moi-même. Et puis il y a des choses aussi, c'est important de le dire je pense, au niveau neuro, c'est que le pilates, le yoga ou toutes ces méthodes, elles passent par le néocortex. Tu me donnes une info, je dois l'analyser, je dois la reproduire et je vais aller dans une forme, quelle qu'elle soit. Et là, en passant par le jeu, On ne passe pas par l'analyse. Suis la balle des yeux. Regarde où la balle t'entraîne. Laisse le corps faire. Mets ton cerveau et ton analyse de côté. Et on est en train d'éduquer plus des réactions automatiques. On peut partir sur tout ce qui est aussi réflexe archaïque. On vient faire tellement de belles choses qui se font en arrière-plan. Et puis, par rapport à la librairie de mouvement, quand tu regardes Alain, comme il bouge, il fait des trucs. C'est hallucinant. Moi, je suis à chaque fois émerveillé par sa manière de bouger. Mais c'est comme un iceberg. Et ça, c'est le résultat du travail, la pointe de l'iceberg. Mais tu ne vois pas tout ce qui a été fait au niveau moteur, au niveau sensitif, au niveau tactile, tout ce qui a été intégré derrière. Et de nouveau, pour le grand public, c'est quelque chose qui n'est pas compréhensible ou qu'ils ne peuvent pas réaliser.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et on est dans ce côté entretien, et puis exploration, compréhension. Mais les gens, ils veulent faire un temps à l'Irox.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
c'est ça. C'est un peu la difficulté, je pense, pour partager aussi cette pratique, cette philosophie. Et puis Alain, il a une super phrase. Le nouveau fitness, c'est le mouvement. Parce qu'on veut pouvoir vivre libre de douleurs, libre d'inflammations. Et ça devrait être la norme. On ne devrait pas se lever et avoir le dos qui craque.
- Speaker #1
C'est ça. Ça ne devrait pas être une fatalité en tout cas, d'être dans un corps douloureux. en tout cas les outils sont là pour pouvoir limiter la casse on va dire ça comme ça est-ce que tu as des choses que tu voudrais nous partager actualité t'es en Suisse mais peut-être il y a des gens qui vont écouter qui sont pas loin de chez toi t'es chou j'ai
- Speaker #0
quelques workshops après c'est plus simple de se connecter sur mon insta c'est là où je publie les choses j'ai un nouveau site web et puis il y a un truc qui va être cool parce que j'explore aussi il y a FM mais j'explore aussi d'autres choses Et puis là, on a une retraite qui s'annonce sur la gestion du stress avec une initiation à l'apnée au mois de septembre.
- Speaker #1
C'est super,
- Speaker #0
c'est ça. Ça va être un truc cool. La respiration, ce n'est pas quelque chose dont on parle plus chez FM, parce qu'on laisse la respiration se faire plutôt qu'on veut la contrôler. Néanmoins, la respiration, c'est notre porte d'entrée pour le système nerveux. Et puis du coup, peut-être que c'est le truc à partager, parce que derrière, on va s'exposer pour pouvoir mieux comprendre. Et je pense que c'est quelque chose qu'on n'ose pas faire en fait, vu qu'on veut rentrer dans la forme, on veut être maître de ce qu'on aimerait faire. mais quand c'est l'inconnu on a peur parce que derrière justement on ne sait pas ce qui va être rencontré et l'idée c'est de montrer aux gens on peut y aller par étapes on peut être accompagné pour y aller en confiance en jouant ou en ayant quelqu'un qui a pu expérimenter et qui n'est pas revenu trop cassé de certaines choses ça
- Speaker #1
je pense que c'est cool super de toute façon je mettrai tes infos ton site internet tu me dis que tu as un nouveau site on peut retrouver ce que tu fais si les gens sont intéressés ouais
- Speaker #0
Puis ce que je fais actuellement, j'essaie de me... Parce qu'il y a plein de trucs là aussi avec le mouvement de culture, il y a tout qui est en anglais. Et moi, je fais un effort aussi au niveau langage pour que ce soit en français. Déjà parce que je n'arriverais pas à parler comme ça aussi bien en anglais. Mais j'ai fait aussi tout ce travail de traduction. Et je sais que les français, ce n'est pas les champions de l'anglais. Donc je vois que sur mon Insta, je suis quand même suivi par pas mal de français. Et puis s'il y a des gens qui veulent faire quelque chose, parce que j'ai fait cette traduction, ou ce travail d'incorporation aussi, ou d'intégration, on peut aussi imaginer et créer des choses ensemble.
- Speaker #1
C'est-à-dire que tu as traduit des bouquins ou des articles ou des choses comme ça ?
- Speaker #0
Non, non, non. Parce que quand tu vas au workshop, Joseph s'exprime en anglais. Des fois, ça peut être très technique. Il parle juste au niveau du mouvement, mais aussi quand il parle sur tout ce qui est loi de la physique, de la biologie, en euros et tout. Et là, c'est un peu plus technique. Ce n'est pas que j'ai fait de la traduction scientifique littérale, mais que j'ai pu faire ce raccourci qui permet de transmettre, ou en tout cas pour les gens de comprendre mieux qu'en anglais. Si on travaille avec le corps, il y a beaucoup de choses qui se passent quand même avec le verbal.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et puis, c'est vrai que dans nos métiers, il y a quand même beaucoup de choses qui se font dans les pays anglophones. En tout cas, c'est la langue dans laquelle c'est transmis souvent. Et c'est vrai que ça peut être un frein.
- Speaker #0
ça peut être franchement on m'a dit j'ose pas les gens ils disent je viens pas à Genève parce qu'ils parlent en anglais et puis il faut traduire ah oui c'est vrai que moi je m'étais pas trop posé la question parce que je suis beaucoup de choses en anglais mais ouais donc voilà tout à fait ouais bah merci Luc pour cette conversation merci
- Speaker #1
à toi hyper cool la proposition avec plaisir et puis au revoir comment on dit en Suisse.
- Speaker #0
À plus, au revoir. Ça va être une pensée. Il n'y a pas de formulation trop différente.
- Speaker #1
OK,
- Speaker #0
OK. Merci à toi et puis, ouais, c'est aussi un plaisir de partager ça et merci d'avoir pensé à moi.
- Speaker #1
Bah ouais, je suis heureuse de pouvoir faire connaître d'autres façons de bouger, d'appréhender le corps. Voilà, ça ouvre. Même si tout le monde ne se met pas à faire du fighting monkey, peut-être ça ouvre de nouveaux espaces de réflexion, même à l'intérieur de notre propre pratique. En fait, c'est vraiment pas l'idée.
- Speaker #0
Je pense que certaines pratiques, à force, elles t'enferment. Même si tu parles d'ouverture, mais elles t'enferment. Alors que du coup, on doit rester peut-être... Et je pense que c'est ce qui fait que la vie, elle est cool. C'est si on est curieux, on a aussi cette vitalité.
- Speaker #1
Ouais. Demain soir, il y a quelqu'un qui est dans le coin, qui va proposer, si, mercredi soir, du Rope Flow. donc je vais aller tester je te recommande c'est trop bien et puis c'est tout doux pour la coordination je pense que c'est très chouette le cerveau il va apprécier je vais tester je pense demain soir tu me diras du coup c'est cool merci je t'embrasse et puis bonne suite du coup merci d'avoir écouté cet épisode Si tu as aimé, partage-le avec ta communauté et laisse un like ou un commentaire sur ta plateforme d'écoute. Cela m'aidera à rendre le podcast plus visible. Merci à Philippe Padden-Powell d'avoir si généreusement composé la musique originale de cette émission. La musique rythme nos vies et apporte de la joie au cœur. Avoir une musique qui me ressemble pour accompagner votre écoute est un vrai cadeau.