- Speaker #0
Eh bien, bienvenue, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode du podcast Corporalité. Et j'ai le sourire comme ça aujourd'hui parce que je retrouve mes partners in crimes, Camilla Gota et Adrien Mater. Je sens qu'on va bien s'amuser là, dans le temps qui va arriver.
- Speaker #1
C'est probable.
- Speaker #2
On y arrivera, oui. Il faut juste qu'on y arrive.
- Speaker #0
Ça va bien se passer. Eh bien, on va prendre un petit temps pour qu'on se présente, parce que les gens qui vont écouter, peut-être tout le monde ne nous connaît pas. Donc, on va faire honneur aux dames. Ça te va, Adrien ? On va laisser la parole à Camilla. Si tu peux te présenter, succinctement.
- Speaker #2
Alors, moi, je m'appelle Camilla Gautin. Je suis italienne et d'adoption parisienne. Oui, parisienne, pas française, mais parisienne. J'enseigne le pilates depuis trop d'années. Depuis 2004. et je pratique depuis pas mal d'années. Et à la base, je suis danseuse contemporaine et je suis praticienne de Rolfing, qui est une technique de faciathérapie depuis 15 ans. J'enseigne l'anatomie et je travaille depuis, je pense, une dizaine d'années maintenant qu'on travaille ensemble avec Yael, même un peu plus. Et avec Adrien, bah, almost. Pas loin non plus. Et je suis ravie de travailler avec... C'est deux personnes, une qui est à côté de moi et une autre qui est en face de moi.
- Speaker #1
Mais l'anatomie, juste, tu l'enseignes dans quel cadre ?
- Speaker #2
J'ai l'enseigne dans le cadre des formations professionnelles de pilates, dans les formations des faciathérapies en Allemagne. Il est fort parce qu'il sait que j'ai des tests présentés. Et dans les interventions pour l'analyse fonctionnelle du geste dans le mouvement d'enseignement.
- Speaker #1
Ok, en Allemagne et en Italie aussi ?
- Speaker #2
Et en Italie aussi.
- Speaker #1
Et aux Pays-Bas.
- Speaker #2
Et aux Pays-Bas, oui. Voilà. Voilà, oui. Donc, quand j'ai...
- Speaker #1
On dit ça comme ça, c'est pas... C'est bien,
- Speaker #0
c'est bien.
- Speaker #1
Voilà. Oui.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
C'est bien qu'on soit tous les deux.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Alors,
- Speaker #0
c'est à toi, Frédéric Adria.
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Adria Mater. Je suis éducateur somatique. Je pourrais peut-être apporter des éléments pour préciser ce que ça veut dire. Ça fait 25 ans que je pratique et que j'enseigne. J'ai donné à peu près 30... mille heures de cours en arts martiaux, en pilates, en yoga. J'ai dirigé la formation de pilates du centre Line. Je suis intervenu aussi à l'université, en prison, à l'hôpital, avec des réfugiés, dans des contextes variés, au travers de différentes disciplines. Mais finalement, ce qui m'intéresse, c'est d'identifier des principes universels du mouvement que je puisse partager avec les gens avec qui je travaille pour leur permettre d'être en contact autonomes dans leur pratique et dans leur vie. Voilà, je dirais ça. Et donc, je travaille avec vous, mesdames, depuis une dizaine d'années. Avec Yael, on a organisé deux Aimes le Sommet. Avec Camilla, on a dirigé E-Line. Enfin, on a fait plein de choses, plein d'aventures. Et aussi, pardon, on a le plaisir de travailler ensemble au Labo Mouveret. Donc, on a déjà organisé des stages en ligne. Une retraite avec Yael, une retraite avec Yael et Camilla. Donc ça, c'est un autre aspect de mon travail. Donc travailler avec le grand public et avec des spécialistes. Là, je vais travailler avec un athlète, un combattant de MMA, mais j'ai travaillé avec des kinés aussi, grâce à Yael. Et de travailler avec des profs, même si je ne suis plus chez Eulaine, ça me plaît beaucoup. Donc voilà, de transmettre à la fois au grand public et aux professionnels du mouvement de l'éducation ou de la santé.
- Speaker #0
D'accord, cool.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Est-ce que je me présente succinctement aussi ?
- Speaker #2
Oui, ce serait bien comme Amienne.
- Speaker #0
C'est ma première fois. Voilà. Moi, c'est Yael, Yael Pancos. Je suis originaire de la danse aussi. C'est mon entrée dans le mouvement à la base de toute mon enfance, adolescence et jeune adulte. Au gré de ma vie, je me suis retrouvée au Brésil. Au Brésil, j'ai fait la connaissance du pilates et j'en suis tombée amoureuse, on peut dire ça comme ça. En tout cas, ça a été un support, un outil qui m'a accompagnée et qui m'accompagne quotidiennement depuis 2000, depuis l'année 2000. 2001, j'ai eu mon diplôme. Et puis, la vie m'a fait que je suis revenue en France. Je me suis aussi formée en gyrotonique. Je me suis formée en shiatsu. J'ai fait l'école de shiatsu thérapeutique qui a duré 4 ans. Donc, je sentais le besoin d'aller vers la thérapie manuelle aussi, d'utiliser un peu différemment les mains. Travailler aussi dans le silence, parce que quand on enseigne, on parle beaucoup. Et de passer en mode thérapie manuelle, massage. c'est un autre type de contact avec les personnes plus dans le non-verbal et ça me plaît beaucoup aussi il n'y en a pas assez dans ma vie j'aimerais bien en remettre un peu plus quoi d'autre et voilà j'ai dirigé Polestar Pilates France pendant 12 ans pratiquement. J'ai coordonné l'équipe pédagogique et j'ai été formatrice au sein de Polestar pendant toutes ces années. Je continue mon chemin en tant que formatrice. Je me dirige plus vers la formation continue, c'est ce qui m'intéresse plus en ce moment. J'ai aussi et je suis toujours très impliquée dans la fédération, donc la FMP, la Fédération des Professionnels de la Méthode Pilates, dont j'étais une des membres fondatrices avec d'autres personnes. Et j'ai occupé différents postes au fur et à mesure des années dans cette structure. Et en ce moment, j'ai en occupe la présidence. Ça fait sept ans. Voilà. J'ai travaillé aussi avec pas mal de kinés, effectivement, dans la formation. En centre de rééducation, en école de kinés. Voilà, c'est quelque chose qui me plaît beaucoup aussi. Voilà, donc vous voyez, on a plein de cordes différentes à nos arcs. Et en même temps, on a aussi beaucoup de choses qui nous relient. Et donc, ce trio magnifique. c'est incroyable alors c'est ça en fait ce qui s'est passé c'est que moi j'ai travaillé pendant longtemps avec Amia et j'ai pas regardé depuis quelle année exactement mais je pense ça fait bien 10 ans on a commencé à faire des formations de formation continue ensemble à l'époque au studio que j'avais à rue Montmartre Adrien travaillait avec Amia et puis à un moment donné moi j'ai croisé Adrien et on a commencé à créer aussi des projets ensemble donc M le sommet C'est un projet qu'on a fait tous les deux. Camilla a été invitée à participer, mais voilà, elle n'était jamais très loin. Donc, on va dire qu'on a une dynamique qui fonctionne bien. Et moi, c'est ça que j'avais envie de mettre en avant dans ce temps qu'on va partager pour essayer un petit peu d'élucider peut-être entre nous qu'est-ce qui fait que ça fonctionne bien ? Qu'est-ce qui nous relie ? Qu'est-ce qui fait qu'on est complémentaires ? J'ai des petites idées, certainement vous aussi, mais voilà.
- Speaker #1
On mange bien.
- Speaker #2
la nourriture la nourriture c'est un élément si il faut dire un truc je crois que c'est la nourriture la nourriture mais du coup j'ai envie de dire la vie et d'un point de vue moi je vais le mettre d'un point de vue anatomique biomécanique on est une articulation et une articulation on pourrait dire que ça commence à partir des deux éléments mais en fait il y a un troisième élément qui est l'espace d'une articulation Et donc, on s'articule à trois avec cette idée qu'on est connecté. Et à chaque fois, il y a le troisième et l'espace. Voilà.
- Speaker #1
Incroyable. Mais je pense que ça, là, tu vois, cette présentation, ça met le doigt sur un truc de parler de quelque chose, de partir de très concret, quelque chose de très concret, l'anatomie, la compréhension des mécanismes physiologiques, anatomiques, pour qu'il y ait une certaine poésie qui s'exprime, une sensibilité. Et ça, ça résume vachement bien notre projet, je pense.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, on a… on a quand même beaucoup de points en commun c'est à dire qu'on utilise tous le pilates comme un des médiums qu'on utilise quand même assez prioritairement en tout cas dans notre vie jusqu'à présent mais avec une curiosité qui vient d'autres espaces, d'autres pratiques corporelles d'autres pratiques j'ai envie de dire même peut-être spirituelles j'y vais doucement Adrien sur des valeurs de vie au delà de la simple pratique corporelle et en même temps moi ce que j'observe et c'est très fort aussi quand on est tous les trois c'est qu'on est très complémentaires dans nos personnalités c'est-à-dire que moi quand j'ai commencé à travailler avec Camilla je me suis dit Camilla elle parle beaucoup elle est italienne et tout comment on trouve de l'espace l'une l'autre et en fait ça s'est fait un peu naturellement et chacune avec sa personnalité et je pense quand on est à trois c'est pareil on a chacun notre personnalité on se laisse de l'espace pour parler les uns les autres Merci. par exemple on va dire que quand on est à 3 souvent on a un des 3 qui guide la pratique mais qui reste toujours un espace pour que les autres puissent s'exprimer s'ils ont besoin et ça ça fonctionne assez bien comment vous vous ressentez vous par rapport à ça ?
- Speaker #1
alors moi je voulais juste rebondir sur un truc que tu as dit plus tôt sur la thérapie manuelle et le silence, moi je connais des thérapeutes manuels qui parlent beaucoup quand même pendant les séances mais ça je sais pas et que effectivement alors il y a quelque chose c'est qu'on travaille tous avec le pilates qui est un peu ce qui nous a fait nous rencontrer Mais pour chacun, le pilates, ce n'est pas notre pratique de base. On est venu au pilates après un certain temps de parcours. Et qu'effectivement, on a suffisamment accumulé d'expériences individuelles, je pense, pour pouvoir bien collaborer ensemble. Et qu'on a une vision commune et des choses différentes. Ça pourrait être intéressant de leur détailler un petit peu ce qui nous rassemble mais ce qui nous différencie aussi. Et je pense que peut-être que si les gens devaient... citer une de mes qualités, la patience ce ne serait pas celle qui viendrait en premier, peut-être que je me trompe dites-le en commentaire, quelle est ma qualité principale mais je pense qu'il y a un niveau de de liberté d'expression et d'écoute, puisqu'on s'écoute, même si on n'est pas d'accord et tout, ok, et ça change, le projet, il évolue. Et donc, j'ai à la fois suffisamment de confiance pour exprimer ce que je veux dire, même si il y a des fois, je me dis « Ah merde et tout, j'aurais peut-être pas dû dire ça comme ça, qu'est-ce qu'elles vont penser, tout ça. » Mais bon, ça se passe toujours bien. Et en même temps, pour écouter. Donc, d'accord. Donc, je me sens libre de parler et je suis en confiance pour écouter. Je dirais que c'est ça qui fonctionne bien. Parce qu'on a un niveau. de maturité ou d'immaturité compatibles, je pense.
- Speaker #2
Moi, j'ai envie de dire que c'est un petit peu en revenant à l'histoire de la poésie, il y a quelque chose de la poésie et de l'ordre spirituel philosophique, au cas où qui est...
- Speaker #1
On reviendra sur ce tabou spirituel, ce que semblerait-il, c'est un sujet, mais voilà, spirituel, philosophique.
- Speaker #2
Philosophique et qu'on peut trouver dans le mouvement, mais qu'en fait, le mouvement, c'est justement d'où le... pourquoi on appelait notre labo Mauvere, qui vient du latin et qui bougeait aussi les émotions. Et en quelque manière, comme tu as déjà dit, Adrien, c'est cette idée qu'on vient d'ailleurs, en fait. Et je pense que ça, c'est très important. Et on vient, nous, dans l'art, en fait, avec Yael. En plus, dans notre vie, quand on s'est rencontrés après, on a découvert qu'on a failli se rencontrer plusieurs fois physiquement. On était à Londres, dans les écoles de danse au même moment. dans les deux écoles concurrentes et toi dans les arts martiaux et comme l'a dit en fait les arts martiaux ça reste, t'es un artiste martial donc en fait oui c'est physique, oui ça va sur le fight sur le combat et tout ça mais il y a quelque chose qui est de l'ordre de l'art en fait, ça fait très prétentieux dire qu'on fait de l'art mais oui en fait oui et en fait pour moi c'est aussi redonner à aux pilates et aux autres techniques somatiques du corps et au mouvement. Parce que justement, le pilates, souvent, on ne l'a mis pas dans les techniques somatiques, on l'a remis à part, mais en fait, redonner ce titre de noblesse, qui est de l'ordre de l'art, en fait, et travailler avec vous, c'est super, parce qu'en fait, ce qui me concerne, ça nous fait voir aussi nos défauts, et en fait, en étant trois, il y a cette capacité, en fait, ça peut diluer, c'est dilué, et en même temps, on est… porter vers le haut, en fait. Il y a quelque chose qui, à chaque fois, personnellement, ça m'a fait grandir. Et donc, c'est un bonheur.
- Speaker #1
Vous avez dit ça avec Yael aussi, effectivement. Non, je pense que c'est important. Vous, vous êtes artiste, vous avez fait de la scène. Je pense que notre pratique, c'est un art parce qu'on travaille avec de la matière vivante et donc on façonne, mais elle est vivante physiquement et psychiquement. Donc, je n'ai pas de problème avec la spiritualité. Mais du coup, je dirais que c'est... Voilà. une évolution où moi en fait je suis artiste martial j'ai pas un niveau de performance incroyable, par contre ça a façonné ma vie, ça m'a fait voyager, rencontrer des gens je fais un métier que j'aime, donc l'émile c'est plus intéressant, enfin je suis content comme ça que si j'avais été le nouveau Bruce Lee, mais je pense que je suis prudent face à la spiritualité parce que je pense que c'est souvent galvaudé ou un peu détourné donc je me suis intéressé à différentes traditions orientales ou... ou chamanisme, ou des choses comme ça. Mais je pense que la spiritualité, ça s'incarne, justement, ça se vit. Et donc, ce n'est pas forcément accolé à un discours. En tout cas, le discours sur la spiritualité ne suffit pas. Et en travaillant avec cette matière vivante, ce mouvement, ce ressenti, on s'approche peut-être de quelque chose de beaucoup plus profond et vécu.
- Speaker #0
C'était une petite private joke. Pour recadrer, qu'est-ce que tu mets derrière ce mot-là ?
- Speaker #1
Voilà, c'est important de préciser parce qu'effectivement, je... Enfin, voilà, c'est... et C'est un fil rouge de ne pas rester que sur le corps, le physique, le mécanique. Et si on veut donner cette dimension supplémentaire, on peut y accéder en ayant une qualité de mouvement et de présence différente.
- Speaker #0
Effectivement, on travaille sur des techniques qui sont des techniques de corps-esprit, body-mind, et on ne peut pas se séparer. On est une unité, donc on est un corps avec une physiologie, avec des émotions, avec une psyché, avec éventuellement… Un corps énergétique, un tas de choses. Et donc, quand tu travailles sur une couche du corps, tu as un impact sur tout le reste. On le sait, ça. Comme ayant mis les mains sur beaucoup de corps et accompagné beaucoup de corps plein de personnes, parce que c'est quand même ça qu'on fait avec le pilates, on sait bien que ce n'est pas dissociable du reste.
- Speaker #2
Et je pense aussi que par rapport à notre travail, quand on rigolait, effectivement, sur l'histoire de la spiritualité, parce que ce n'est pas du tout ce qu'on fait, en fait. on reste dans la pratique et en fait pour moi c'est très important rester dans la pratique comment dans la pratique on engendre un discours à partir de la pratique un discours théorique mais à partir de la pratique, à partir de la matière pour le coup matière-corps la matière-mouvement et la matière-sens et donc tout ce qui englobe le corps un peu comme c'est Michel Bernard qui parle plutôt de corporité pour englober et non pas dire body and mind, mais qu'il y a quelque chose qui est ensemble, qui est indissociable, d'où le somatique, et qui est de l'ordre, oui, qui va rejoindre un espoir théorique, d'un point de vue biomécanique, fonctionnel, osteopathique, thérapeutique, etc., mais aussi d'un point de vue du phylos, de la philosophie en fait, de la vie en fait, parce qu'on parle de la vie. On parle du concret et de la vie. Donc, c'est dans ce sens-là que je pense qu'on s'est complémentés les uns aux autres.
- Speaker #1
On a vraiment l'air des personnes formidables. Mais du coup, qu'est-ce qu'on propose concrètement ? Pardon, Yael, je t'ai interrompu.
- Speaker #0
Je voulais revenir un petit peu sur le terme somatique parce que je pense que c'est ça qui nous rejoint aussi énormément. Et ça va rejoindre les deux questions que je voulais traiter. Qu'est-ce qui nous met ensemble ? Qu'est-ce qui nous lie ? c'est cette conviction qu'on fait une pratique somatique. Et c'est quoi une pratique somatique ? Je vais donner quelques points de vue, mais peut-être après on va compléter, on va partager. La pratique somatique, ça part de l'expérience du corps, ça part de tes ressentis, d'observer ce qui se passe à l'intérieur de ton corps. Ce n'est pas juste faire quelque chose, mais c'est comment je ressens ce que je suis en train de faire, quel impact ça a corporellement. psychologiquement, émotionnellement, etc. Donc, si on envisage la pratique du pilates d'une façon somatique, c'est se mettre au cœur de l'expérience, c'est-à-dire se mettre aussi au service ou à l'écoute de ce que le pratiquant, l'individu, la personne qui est en train de pratiquer, est en train de vivre quand elle fait cet exercice-là. Voilà. Et je pense qu'on part de ce constat tous les trois qu'on a envie d'enseigner de cette manière-là et qu'on essaie de trouver des outils. des chemins, des façons d'enseigner et de partager ces trouvailles avec d'autres professeurs. C'est ça ce qu'on fait.
- Speaker #2
Moi, par moi, c'est tout à fait ça. C'est-à-dire comment je pars de l'expérience et à partir, par contre, de l'expérience, je peux après aller voir le comment, comment tu as dit, et en fait, pouvoir l'analyser aussi. C'est-à-dire, on a une sensation, on part de la sensation et ensuite, j'ai une perception. La perception, c'est déjà... en quelque manière une analyse et une organisation de la sensation alors que c'est vraiment cette idée qu'on part de la sensation du corps de l'expérience propre du corps qui n'est pas la mienne si moi je lève un bras toi aussi tu lèves un bras ça va pas être la même expérience pour moi que la même pour Adrien mais par contre à partir de là comment justement je pars dans une idée de Merci. d'organisation et d'analyse pour pouvoir le faire propre et pouvoir l'intégrer. Et donc, pour moi, quand je dis aussi somatique, pour moi, il y a une question de l'intégration. Comme tu disais, c'est pas le faire pour le faire, mais il y a une question aussi où j'intègre quelque chose et je le fais propre. Comme un enfant qui, au bout de moments, au départ, il commence à manger avec sa cuillère et puis, au bout de moments, à force de refaire cette expérience, il devient propre et elle l'incarne.
- Speaker #1
Moi, je pense que c'est important aussi, un aspect important du travail qu'on fait, c'est de montrer qu'un travail somatique, ça peut être favorisé par un travail doux, lent, mais qu'en fait, ce n'est pas que ça, ce n'est pas que des séances de Feldenkrais sur un tapis, c'est très bien le Feldenkrais, j'aime beaucoup, mais que ce n'est pas incompatible avec l'intensité. Et moi, ces premières expériences-là de sensorialité, je pense que je les ai eues en faisant des combats parce que j'ai fait beaucoup de grappling en Chine. Et justement, à ce moment-là, je lisais Feldenkrais. Donc, il y a des liens qui se sont faits. Ça a correspondu aussi au moment où je me suis beaucoup blessé. Donc, la sensorialité, je l'ai explorée pour me... Enfin, l'aspect somatique, je l'ai explorée pour me réparer. Mais après, j'ai vu que cette perception un peu plus étendue... elle était tout à fait compatible avec les moments où j'ai refait des combats je parle du combat parce que c'est ce qu'il y a de plus intense dans mon expérience mais que dans du travail comme Fighting Monkey ou ce que je propose maintenant Somatic Mind, on peut faire des choses rapides en musique et pourtant rester à l'écoute de ce ressenti et que c'est pas deux tâches différentes en fait c'est pas je bouge vite et en même temps je suis conscient, c'est comme tu disais cette corporealité il y a une intégration qui fait que l'intensité et la qualité d'écoute, pour reprendre ce que tu disais, Yael, elles sont compatibles, en fait. Ça devient une seule et même chose. Et ça, je pense que c'est important de le dire parce que... On pourrait reparler aussi un petit peu du monde du pilates aujourd'hui et de l'intérêt que ça représente, ce travail somatique. Ce n'est pas simplement pour les gens qui sont trop âgés ou qui sont trop blessés ou qui ne peuvent plus faire le travail de bourrin qu'on aimait tous faire quand on était jeunes. Et ça, je pense que pour populariser cette notion et amener plus de qualité, plus d'épanouissement, moins de blessures, moins d'usures, c'est important. de dire que ça peut s'adresser à tous les publics, même des gens qui sont en forme et qui veulent du défi. Il peut y avoir une sorte de défi somatique aussi.
- Speaker #2
Je suis tout à fait d'accord, et ça me fait venir à l'esprit, que le fait qu'à un moment, le pilates, on a remis dans les travails plus de quai-renforcement, et c'est du renforcement, on est tout à fait d'accord. Simplement, on parle du langage muscle. En Fendenkreis, on va parler du langage connexion et articulation. Dans d'autres... On va parler, en une fin de plus, le langage fassien. Dans d'autres techniques, ça va être le langage osseau, etc. Effectivement, on va partir du muscle, mais le muscle fait partie d'un plein de récepteurs, avec en plus entouré des fassiens, qui est composé des fassiens et tout ça, donc qui en est dans la perception, et qu'effectivement, on a besoin dans la vie de toutes ces perceptions, c'est-à-dire qu'elle est autant dans la lenteur qu'elle est dans la puissance. J'ai besoin aussi de... pour être incarné, d'être là, d'être présent, etc. Ça, c'est une excuse pour continuer à cuisiner et à manger. Mais on a besoin, en fait, de pouvoir être là et pas seulement éter, en fait. Donc, je pense que ça, c'est tout à fait juste. Cette idée aussi, en fait, je pense que ça, par rapport à notre trio qui marche, c'est qu'il y a cette complète mentalité. justement on n'est pas le quai dans la lenteur on n'est pas le quai dans l'upinatesse et on est aussi dans l'idée du jeu parce qu'il y a beaucoup de jeux dans ton travail Adrien, et comment le jeu au contraire, Winnicott l'expliquait très bien le jeu est formateur et intégrateur pour les sensations de l'enfant alors je pense qu'il y a une autre chose qui nous relie,
- Speaker #0
d'ailleurs c'est peut-être deux mais c'est peut-être la même, c'est cette petite étincelle de folie Merci. de folie douce ou de spontanéité ou d'audacité, j'aime bien ce mot, parce qu'on aime bien, par exemple, déconstruire. Ça fait partie, on aime bien construire et déconstruire, tous les trois. Se dire, ben voilà, je travaille dans la forme, je suis le protocole puis après, hop, je défais tout. J'enlève totalement le protocole et je fais... Non, pas n'importe quoi. On ne fait jamais n'importe quoi. Mais j'explore et je me permets d'aller complètement hors champ. et puis après je reviens dans la forme et je pense qu'on aime bien tous les trois faire ça et que ça relève quand même d'un esprit un peu particulier et d'ailleurs je pense qu'on n'en serait pas là tous les trois, autant individuellement dans nos vies que globalement tous les trois dans nos projets si on n'avait pas à un moment donné juste dit hé on fait ça alors qu'en fait c'était peut-être pas possible ou c'était un peu compliqué ou c'était un peu fou voilà et on en marque et il y en a encore d'autres qui arrivent sous le pied Merci. encore d'autres projets foufou ça je pense que c'est quelque chose qui nous relie très fort aussi cette capacité et je vois ça autant dans le travail dans la façon dont on aborde la technique la pratique l'enseignement que dans les vies enfin je vois que c'est quelque chose qui se répercute dans tous les niveaux de nos vies en fait et je dis ça parce que aussi c'est un milieu et je vais toucher un point sensible pas chez nous mais peut-être ailleurs on est quand même dans un milieu où il y a souvent beaucoup d'égo. Je pense qu'entre nous trois, ça fonctionne super bien aussi parce qu'il y a pas mal d'immunité. On ne se prend pas trop la tête.
- Speaker #1
J'arrive à apaiser ma mégalomanie grâce à vous. Et nous,
- Speaker #2
à nous.
- Speaker #1
Partager ma mégalomanie avec vous. C'est ça. Oui, non, ben oui. De l'ego et de l'humilité dans la bonne... On trouve le bon dosage, je pense, parce que...
- Speaker #2
Il faut de l'ego aussi. Oui, c'est l'histoire de la présence. Mais est-ce que j'ai de l'ego dans le vide ? Pour moi, on revient à cette histoire des présences. C'est-à-dire qu'il est là parce que tu es présent, tu es incarné dans ce que tu fais et que... Et pareil, il y a elle, en fait. Et je pense qu'il y a cette histoire-là et de recherche et on a mis des seins et, en fait, on sait qu'il continue à évoluer. Je répondis sur l'histoire de l'aphonie et tout ça, qu'on a besoin, qu'il s'est voulu, en fait. Je pense qu'on est trois êtres quand même un petit peu, même si on est dans la douceur un peu, c'est qu'on ne tient pas beaucoup en place. et puis donc on a besoin en quelque manière que ça bouge que ça explore, que tu dis ok aujourd'hui je sais ça et demain ça va être complètement différent et puis j'ai lu un truc qui remet en question complètement mes beliefs systems mes croyances tout ça donc je pense que c'est chouette dans ça parce qu'après on s'ennuie et tout en gardant un cadre effectivement, je pense que Parce qu'en quelque manière, on vient des cadres tous les trois. Toi et moi, à partir de la danse, je trouve que si les arts martiaux, il y a Matila Tchera, Tolly Tchera. Je le sais qu'il y a en Italie un Karate Kid.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
Waxin Waxin. Oui, il y avait un truc comme ça.
- Speaker #2
Voilà. Je le cite, Karate Kid. C'est trop bien. C'est bien mon âge. Là, tu fais la classe. Et que du coup, il y a quelque chose, oui, de... comment à l'intérieur d'un cadre trouver une liberté, mais que le cadre est fondamental en fait.
- Speaker #1
Et alors, qu'est-ce qu'on pourrait apporter ? Parce que là, nous, on se fait plaisir, ça nous fait du bien, mais c'est quoi l'intérêt pour les gens qui travaillent avec nous ?
- Speaker #0
Alors, moi, ce que j'ai observé, la façon dont j'essaie de mettre des mots sur ce que je fais ces dernières années, j'ai ouvert un peu mon panel, notamment avec ce podcast, d'interviewer d'autres personnes, d'autres pratiques, d'autres disciplines. C'est très, très rare. Vous, vous êtes des profs de pilates et on travaille ensemble, mais je crois que je n'ai pas interviewé d'autres profs de pilates. J'ai interviewé beaucoup d'autres disciplines, mais pas du pilates. Moi, j'ai la conviction que ce qui m'anime est mon envie d'apprendre, de bouger le cadre, d'aller explorer, de faire des liens entre les choses que j'écoute, que j'écris, que j'expérimente, etc. Comme ça me passionne, je pense qu'on peut observer ça, que ça nous passionne. les uns et les autres, je suis partie du point de vue de me dire que ça devrait intéresser des gens. J'ai envie de le partager parce que tout ce que moi je vis et que je trouve fabuleux, et notamment par exemple avec le podcast, c'était de me dire « Mais je connais tous ces gens-là et je les trouve incroyables. » Et quand j'ai des conversations avec eux, je trouve ça incroyable les conversations qu'on a. Et j'ai envie d'en faire profiter les autres, en fait. De me dire « Si moi ça me passionne, ça doit être juste passionnant aussi pour d'autres personnes. Voilà, c'est plutôt dans une envie de partage, j'aurais envie de dire, de mon point de vue.
- Speaker #2
D'un moins point de vue, c'est une idée, une envie de partage, et peut-être je suis ambitieuse là, je me dis, mais sans...
- Speaker #1
Enfant !
- Speaker #2
Oui, mais je ne suis pas sûre que c'est la même idée. Ah merde ! De cette idée... Par rapport, moi, je m'y ai remis. En plus, en ces moments, on a vraiment des nouvelles. Le monde qui n'est vraiment pas bien. Je vais dire, en fait, c'est une révolution silencieuse, en quelque manière, et de cette idée pour l'être humain, en fait, c'est tellement bon. En fait, il y a une espèce de gratitude aussi de travailler avec l'humain. On travaille avec l'humain. Donc, c'est un but de partager avec l'humain et c'est un but de se dire, mais on peut faire autrement, en fait. Et donc, juste de ne pas t'enseigner, ce n'est pas... Mais donner l'autorisation à l'autre de dire tu peux faire autrement. C'est possible.
- Speaker #0
Il y a un mot qui me vient, c'est inspirer. D'inspirer les gens,
- Speaker #2
en fait. Oui, inspirer.
- Speaker #1
Moi, je crois que vraiment, j'ai eu la chance de rencontrer des gens qui m'ont effectivement inspiré.
- Speaker #0
qui m'ont montré des horizons, je ne savais même pas que c'était possible. Et heureusement que je les ai rencontrés, parce qu'ils m'ont dit, tu vois, c'est possible d'aller jusque-là. Des gens qui étaient virtuoses dans leur pratique, mais les meilleurs ou les plus inspirants, encore une fois, c'est ceux qui façonnaient leur vie comme ils voulaient. Parce que j'ai aussi vu des gens très forts au moment de pratiquer. Puis après, à la fin de l'entraînement, en fait, ce n'était pas reluisant, mais il y avait vraiment des gens qui ont inventé leur vie grâce à la maîtrise de leur art. Et je pense que... Il y a quelque chose de très personnel, puisque pendant longtemps, c'est peut-être un passage obligé, mais moi, j'ai voulu leur ressembler. Et donc, c'était une bonne motivation, parce que je suis allé, OK, ça m'a poussé à traverser le monde, à consacrer ma vie à ça. Mais je pense qu'il y avait quand même quelque chose d'insatisfaisant et de souffrant même, parce que je voyais que jamais j'allais leur ressembler. Et jusqu'au jour où j'ai compris que non, en fait, et puis peut-être que je n'avais finalement pas envie de leur ressembler, mais que c'était possible de suivre. le même chemin qu'eux, comme eux-mêmes avaient suivi le même chemin que leur maître, et que je pouvais aller au bout de ce que j'étais capable, moi, d'expérimenter individuellement, et de partager techniquement, techniquement dans le sens large, et donc ce projet, d'abord, il me comble personnellement, c'est l'ambition, parce que je peux aller, je peux faire le mieux que je puisse produire, dont je suis capable, et que j'ai l'impression que par ricochet, ça répond à un besoin profond, et donc tout l'intérêt de s'éloigner de la forme et aussi qu'on n'est pas là pour donner des formes aux gens. Dans ce monde qui change, qui est assez inquiétant quand même, ce qu'on peut partager avec les autres, c'est, me semble-t-il, quelque chose de plus élaboré, de plus sophistiqué, de plus simple aussi. Et voilà, en produisant, en allant au bout de moi-même, et j'imagine que ça vous parle aussi, je peux produire quelque chose de très précieux et ensuite je peux le partager aux autres. qu'eux-mêmes l'approprient, le transforment, le changent. Mais le travail technique, c'est juste un véhicule pour avoir cette étincelle de vie qui peut prendre bien des formes différentes. Et ensuite, il y a très concrètement des choses où en travaillant notamment avec des profs, ils vont pouvoir proposer des formats de cours, des prises en charge qui sont beaucoup plus pointues. C'est-à-dire que les gens seront encore plus en sécurité. Ils auront un... un bénéfice supérieur. Pour moi, le bénéfice, il est dans l'intégration, comme tu disais, dans avec quoi les gens repartent et comment ils peuvent habiter mieux leur quotidien avec ce qu'on leur propose. Donc, il y a un terme de sécurité, de transfert et d'épanouissement. Et donc ça, ça va faire du bien aux clients et ça va faire du bien aux profs qui pourront avoir plus d'énergie, plus de passion, plus de temps, peut-être proposer des choses où ils seront mieux payés. Donc, de cette... de ce parcours individuel et très sensible, ça peut s'élargir à un plus grand public et avoir des conséquences, des aspects très concrets sur la prise en charge, la tarification, la communication, que l'art, il se retrouve dans tous les domaines.
- Speaker #1
Et j'ai envie d'ajouter quelque chose, et surtout, en fait, par rapport au travail, etc., c'est que dès l'idée de sortir du TIPS, des recettes faites, en fait. Pour pouvoir trouver une liberté, en fait, comme en tant que praticien, en tant que prof, en fait, on a besoin de ça. Et souvent, si cette personne-là, si cette posture-là, si cette pathologie-là, elle ne correspond pas, en fait, à ce que j'ai appris, il faut faire quelque chose d'autre. En fait, je suis pas... Et en fait, c'est pouvoir donner, aider à... Pas donner. Aider à trouver des clés. Parce que je donne pas. On est là. L'idée de partage, c'est aider... Maria Montessori aide-moi à faire tout seul. L'italienne qui ressort. Et c'est cette idée-là, oui, d'aider à comprendre, en fait, le cheminement et quelles clés j'aurais besoin d'utiliser avec cet élève, quelles clés je peux utiliser avec d'autres élèves et de rendre autonome, en fait, la personne et pas de donner un produit qui est fait en boîte et ça ne bougerait pas, en fait.
- Speaker #0
Ce qui vient avec le fait qu'on va... donner des repères, mais on va aussi créer des espaces où les gens perdent leurs repères, parce que c'est là qu'on apprend et que justement, cette capacité d'autonomie et de créativité, d'improvisation, elle se cultive, en fait. Sinon, si tout est toujours bien borné, s'il n'y a que de la certitude, il n'y a pas vraiment de progression, au-delà d'un certain niveau, en tout cas.
- Speaker #2
Donc tout ça, ce qu'on explique, c'est beaucoup pour les professeurs. Donc on a quand même tous les trois... particularité, on travaille encore avec des élèves dans le DA. Moi, je pense que c'est quelque chose que je n'ai pas du tout envie d'arrêter parce que ça me donne vraiment les mains dans le cambouis et ça me procure de la joie de voir qu'effectivement... Ça transforme les corps, les esprits, les personnes, le quotidien. Ça, c'est très fort. Mais on a quand même le gros de notre travail qui est tourné vers les professionnels. Quand j'ai commencé à être formatrice, il y a un nombre d'années, parce que j'avais commencé déjà en étant en Brésil, toujours chez Polestar, et j'avais eu le plaisir de rencontrer Lolita San Miguel. J'ai su après qu'elle pose toujours cette question à tout le monde qu'elle rencontre, mais qui est une bonne question. pourquoi tu fais du pilates ? Pourquoi tu fais ce que tu fais ? Pourquoi tu enseignes ? Et moi, je me disais, bon, je sais qu'en tant que prof, j'ai un impact super fort sur mes élèves. Je sais que ça change des choses dans leur quotidien. Ça change leur façon d'habiter leur corps, du coup, de se relationner, etc. Ça, on le sait, on le vit tous en tant que prof. Du coup, si je deviens formatrice et que je forme des profs à faire ça, ben en fait, j'amplifie mon champ d'action. Au lieu de moi, professeur, par exemple, changer la vie de 100 personnes, enfin, changer la vie, d'avoir un impact sur la vie de 100 personnes, eh bien, je forme 100 professeurs qui, eux-mêmes, ont un impact sur 100 élèves. Et donc, en fait, en faisant ça, on crée un effet boule de neige. Et pour moi, ça a été, c'est ce que tu disais un petit peu, Camilla, tout à l'heure, avec cette vision d'inspiration. Et après un certain nombre d'années d'avoir fermé quand même beaucoup de professeurs, l'autre jour, j'ai essayé de compter, je crois que j'ai 200 ou 250 personnes qui sont passées par toutes mes années de formation. Merci beaucoup. beaucoup de profs en fait ça fait beaucoup d'impact ça fait beaucoup de relations ça fait beaucoup de petits comme ça qui continuent et d'ailleurs effectivement certaines personnes que j'ai formées sont maintenant formatrices donc effectivement ça continue et ça c'est plutôt assez réjouissant et ça nous amène peut-être à si ça vous va expliquer un peu ce qu'on fait ce que nous on propose parce qu'on a commencé peut-être vous pourriez parler de ce que vous avez comment vous avez travaillé un peu tous les deux mais moi quand j'avais travaillé avec Amia C'était de la formation continue, beaucoup de choses autour de, justement, remettre en question le cadre, mélanger les disciplines, ce qui était thérapie manuelle, avec toujours la façon d'aborder un peu plus scientifique, etc. Donc, tous les prémices étaient déjà là, mais c'est vrai qu'au fur et à mesure des années du travail qu'on fait ensemble, tout ça s'affine, se précise, et je trouve qu'en ce moment, on est en train de créer et d'offrir quelque chose qui est assez unique. dans notre métier et qui vient qui n'est pas de maintenant en fait qui naît de la réflexion de
- Speaker #1
15 années de travail donc comment on pourrait un peu et juste tu as dit une chose importante aussi et que je pense qui nous réunit et qui va après répondre aussi après à la question que tu as posée maintenant c'est que tous les trois ont continué à travailler dans le clinique j'entends le clinique c'est avec non pas seulement des professeurs non pas seulement de des danseurs au niveau, mais aussi avec la secrétaire. Donc, on a les deux, ou les enfants de mon côté, avec le volet au cabinet, et qui est fondamental en fait, dans le sens qu'on ne peut pas enseigner quelque chose qui n'est pas relié au concret, et du coup, de rester tout le temps dans le concret. Et quelque chose, effectivement, qui en est différent, c'est qu'on est trois. et qu'en fait chacun avec son expertise et avec sa manière va amplifier en fait c'est comme si on était des épices d'un plat en fait voilà donc c'est cette idée que voilà on a si tu as une épice c'est une chose, si tu en as deux c'est une autre et si tu en as trois c'est encore autre chose et en même temps à l'intérieur de ça on peut reconnaître la cannelle, le cumin et le clou de girofle moi je pense
- Speaker #0
qu'on avait commencé à faire, mais c'est la même chose en fait. C'est à la fois une rigueur scientifique, alors Camilla, c'est la référente pour ce domaine, mais moi, l'anatomie, en fait, la découverte de l'anatomie, ça a été une révélation aussi, même si je ne suis pas allé aussi loin que toi, dans la façon dont je pratiquais, dont je m'entraînais et dont j'entraînais les gens. Donc ça, c'est au cœur de notre approche, je pense, d'avoir... conscience des mécanismes qui sous-tendent les mouvements, de les respecter, et au-delà de ça, au-delà de simplement ne pas abîmer les gens, leur faire du bien vraiment de façon intelligente. Pour les guider, il faut une expertise pédagogique, c'est-à-dire qu'une fois qu'on a compris, il faut réussir à le communiquer aux gens avec les bons mots, différents mots, peut-être les bonnes démonstrations, le toucher adéquat, et que, encore une fois, cette expertise technique et pédagogique Merci. elle soit au service de tout ce qui est un peu immatériel et subtil dont on a parlé tout à l'heure. Et je pense que c'est un peu à l'image de la vie qu'il y a une réalité scientifique, matérielle, très concrète. mais c'est peut-être pour tout ce qui est impalpable, le rêve, la beauté, l'amour, des trucs comme ça. Donc au final, que ce soit un moyen et pas une fin, un véhicule pour accéder à ce qui fait vraiment l'intérêt de la vie. Mais cette structure, souple mais rigoureuse aussi, elle permet de ça, cette transmission-là, au final, je pense.
- Speaker #2
Moi, je vais un peu retracer de mon souvenir, et peut-être que vous pouvez compléter, comment tout ça a vécu. Il y a eu toutes ces interactions entre moi et Camilla, Camilla, Adrien, avec des formations continues, etc. À un moment donné, avec Adrien, on s'est rencontrés, on a créé Aime le Sommet. Aime le Sommet, c'est quand même deux éditions qui ont été absolument folles, incroyables. La troisième va arriver à un moment donné, pas cette année, mais elle va arriver.
- Speaker #0
Elle est en chemin.
- Speaker #1
En même temps, il y a encore tous les replays disponibles.
- Speaker #0
Mais oui, Camilla,
- Speaker #2
tout à fait. Je les mettrai dans la description, parce qu'en fait, on a quand même fait le tour de force de créer un événement entièrement en ligne avec des pointures, pas seulement françaises, mais internationales, transdisciplinaires, avec des tables rondes, avec justement tous les formats qu'on aime bien, des pratiques, des choses plus scientifiques, des choses d'échange et de partage. plus intellectuelle, d'idées, etc. voire philosophique. Vraiment, il y avait tous les contenus qu'on aime.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut citer quelques invités prestigieux ?
- Speaker #2
On a eu Carole Davis, on a eu le docteur Michel Tarento sur la première édition, on a eu Philippe Beach sur la première édition, et après, il y a eu des gens en pratique, des gens qui ont eu du combat, du mouvement, du MMA, des gens qui ont fait du yoga, et Mika Debrito qui est venu au dernier.
- Speaker #1
Du BMC.
- Speaker #0
Du Body Mind Centering, tout à fait.
- Speaker #2
Avec les deux éditions qui étaient incroyables.
- Speaker #0
Du Gouta, oui.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Pour moi, c'était vraiment un événement qui nous ressemble totalement, qui va perdurer. Il faut qu'on trouve comment on va continuer à le faire vivre. Et qui a donné suite à... Alors, la première année, j'ai eu envie, moi, de faire une retraite ici, dans ma campagne, en Dordogne. Et j'ai demandé à Adrien, je lui ai dit, tu ne veux pas venir ? Prends trois jours de vacances, tu viens, tu le fais. Donc, ce n'était pas vraiment officiel, mais tu m'as aidé un petit peu, etc. J'en avais fait une autre avant. Et l'idée pour moi, c'était de prendre trois jours avec des profs et de déconstruire, de se poser des questions, d'expérimenter des trucs dans le studio, hors du studio, dans une salle de pratique, avec des déplacements au tapis. Enfin voilà, d'essayer plein de choses dehors aussi. Et la dernière édition, on l'a vraiment faite, tous les trois, ici. dans cette maison. Enfin, vous avez logé dans cette maison.
- Speaker #1
Et les cerveaux, ils bougeaient beaucoup dans cette maison.
- Speaker #2
Et donc, cette retraite, on l'a appelée Mauveret. Et elle va avoir lieu de nouveau à Pâques l'année prochaine. Ce sera un rendez-vous annuel à chaque fois à Pâques pour faire vivre tout ce dont on vient de parler, en fait.
- Speaker #0
Et puis, en résidentiel, de vivre un moment vraiment d'une transformation qui soit personnelle et professionnelle en réfléchissant sur... La façon dont on pouvait construire ou déconstruire les pratiques, il y a vraiment un…
- Speaker #1
Pratique et avec des parties théoriques aussi.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et que ce soit un positionnement individuel, personnel, mais qui va se manifester, puisque la retraite, elle s'adresse aux profs. Après, une fois qu'ils seront face aux élèves, aux clients, que le positionnement soit différent et les propositions aussi.
- Speaker #1
Et l'idée, c'était justement de s'ouvrir. Alors après, notre public, il reste… quand même beaucoup de profs de pilates, mais l'idée, c'est de ne pas seulement s'ouvrir à des profs de pilates, mais que ça puisse un petit peu s'ouvrir à d'autres techniques qui va du yoga au stretching, à la danse.
- Speaker #0
Tous les professionnels du corps en mouvement.
- Speaker #2
Donc là-bas, c'était cette retraite. Et quand on a fini cette retraite, parce que ça a été Quatre jours très intenses, merveilleux. On a vécu des trucs incroyables, tous autant qu'on est, avec les pratiquants aussi qui étaient là. Et on s'est dit, on veut continuer cette aventure. Et donc est née la Beaume-Auverrey, qui est la continuité ou la résonance, j'aime bien l'idée de résonance, de cette retraite. Donc comment on continue à construire cette réflexion, tous les trois, et à la partager. Donc dans des espaces qui peuvent être soit virtuels, donc des fois ce sont des réunions en ligne. La dernière qu'on a faite. Donc la première après la retraite, c'était en ligne et quelquefois en présentiel. L'idée, c'est toujours, quand on travaille à trois, d'avoir une sorte de maître ou maîtresse de cérémonie. Un qui guide la pratique et les deux autres qui sont là en soutien, en complémentarité, en partage. Et puis, ça tourne au fur et à mesure des pratiques. À chaque fois qu'il y a une rencontre, c'est un autre de nos trois qui est en maîtresse ou maître de cérémonie.
- Speaker #0
Ça, c'est pour les événements en ligne, mais il y a aussi des stages en présentiel en plus de la retraite immersion. La prochaine, c'est le 19 septembre. Je parle sous le contrôle de mes collègues quand il s'agit du planning et des dates. Mais donc, le 19 septembre, à l'atelier Marais, on travaille donc du toucher au contact. Du toucher au contact.
- Speaker #1
Du toucher au contact.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, nous utilisons différentes disciplines, comme la danse, le massage, mais il y aura aussi accès à des réformeurs, à de la lutte, enfin de la lutte où on se met par terre et tout ça. Mais c'est le fait de pousser, de pousser, d'être poussé. Voilà, et donc ça, c'est l'intérêt. Je pense qu'en ligne, c'est pratique parce que c'est un moment du planning où, en général, tout le monde est dispo et quand on est prof, c'est un peu la course pour les créneaux. Donc là, on a mis ça à un moment où c'était accessible pour tout le monde, généralement le mardi après-midi. C'est tant quand même en présentiel qu'ils nous permettent d'aborder des choses comme le toucher, comme l'espace, qui sont un petit peu plus durs à pouvoir capter en ligne. Et ensuite, il y a cette immersion où vraiment, pendant quatre jours, on fait infuser tout ça. Et il y a vraiment un processus de transformation qui est accessible.
- Speaker #1
L'idée aussi, cette idée que du coup, dans les ateliers, autant ceux qui sont en présentiel, de pouvoir explorer les choses qu'on ne peut pas faire dans l'idée de l'espace. Et être plus dans l'expérimentiel, etc. Et en ligne, d'avoir plus aussi des moments théoriques autour de ça. Et en utilisant effectivement les différents outils.
- Speaker #0
Et oui, puisqu'on a quand même une experte européenne en anatomie et dans le domaine des fascias. Donc, on ne se prive pas de cette ressource merveilleuse. Elle adore. C'est pour ça qu'elle est venue dans le monde. Oui,
- Speaker #1
oui. Voilà. Heureusement, il y a les gros micros.
- Speaker #2
Et moi, ce que j'adore dans cette expérience aussi, c'est que j'apprends aussi. Chacun d'entre nous, on est en train de guider, mais on est aussi en train d'apprendre. On est aussi en train d'apprendre entre nous trois quand on prépare, quand on écoute l'autre en train de parler pendant la pratique, etc. Donc, moi, ça me met juste en joie. Ça me met dans un endroit... C'est ça où je peux être un peu un... un pied dans le jeu,
- Speaker #1
c'est moi qui guide et un pied dans je suis en train d'apprendre aussi j'adore en fait oui parce que du coup effectivement quand on va alors c'est une chose je pense que c'est important à dire c'est qu'on a quand même tous les trois personnes qui ont tout le temps en formation je pense qu'on pourrait être beaucoup plus si on pouvait économiquement mais on adore en fait être élève, moi j'adore être élève et que ça ça nous ça fait partie des autres choses qui nous réunit Et qui, du coup, on va prendre une formation, on est dans une autre forme, une autre casquette. Et là, on est dans cet entre-deux. Mais en même temps, à chaque fois, je sors hyper enrichie en me disant, ah ouais, elle le fait comme ça, ah oui, etc. Ça m'est remis sur mes impossibilités physiques actuelles, peut-être futures, ils changeront. quand je pratique du somatic mind avec monsieur là qui nous fait courir et sauter, etc. Et du coup, en même temps, c'est effectivement cette histoire d'être dans la mouvance, d'être dans l'apprentissage et dans la transmission en même temps.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a un truc, effectivement, j'ai eu une boulimie de formation et je crois que j'arrive à un moment où d'abord, je voudrais faire la connaissance, la somme, pardon, de tout ce que j'ai appris, pratiqué, parce qu'il y a des moments où j'ai survolé, je ne me rends pas compte de déjà toute la matière. Donc ça, c'est un espace où je me forme moi-même, disons. Mais il y a aussi la formation entre pairs où je ne vais plus voir justement un maître, mais que passer du temps avec vous, déjà, c'est conséquent, le temps que j'intègre. Tout ce que j'ai vécu tout seul et tout ce que je peux vivre avec vous, il y a de la matière déjà, vraiment. Donc oui, on est nous-mêmes apprentis.
- Speaker #1
Et qui revient à l'idée du labo. en fait, le mot laboratoire, qui est... En fait, souvent, en France, on dit laboratoire, on pense un peu, des fois, scientifique, mais pourquoi pas, en fait. Mais, par exemple, en Italien, un laboratoire, c'est atelier. C'est le lieu, par exemple, des ébénistes, etc. Et donc, cette idée, aussi, d'être dans la matière, je reviens encore à cette idée qu'on est vraiment de rester dans la matière. Oui,
- Speaker #0
qui a à la fois le côté rigoureux et, enfin, artisanal et scientifique, disons. parce que l'artisanat, c'est rigoureux aussi. Ce qui nous amène aussi, il y a un autre projet dans les tuyaux dont on peut déjà, on peut teaser, comme on dit dans le… Taser,
- Speaker #2
ouais, ouais. Taser,
- Speaker #0
ouais, ouais. La rentrée 2027,
- Speaker #2
c'est ce problème-là dont vous voulez parler ?
- Speaker #0
Oui, quelque part en France, quelque part en France, on travaille à la création d'un diplôme universitaire, pilates et pédagogie somatique. Ça, c'est quand même la classe vraiment internationale, le premier diplôme. universitaire de pilates en France et donc qui combinera cette rigueur scientifique avec des intervenants biomécaniques et en mesure du mouvement de haut niveau et des experts de la pédagogie somatique je ne sais pas trop qui c'est mais ils ont l'air bien et donc
- Speaker #2
toutes les informations sur ce projet là ça sera plutôt vers l'automne voire même janvier je pense mais on peut citer déjà un petit peu c'est des Merci.
- Speaker #1
pour donner en fait avant la nouvelle saison c'est ça ?
- Speaker #0
dans la prochaine saison du labo ouvré on ne change pas qui gagne j'ai envie de dire bah oui on a envie de faire plein de projets ensemble et qu'il y a pour moi c'est c'est comme oui d'un même travail et que cette notion d'écosystème t'es cher je le sais mais c'est vraiment ça quoi qu'en fait il y a pas mal de façons d'accéder à notre travail et que nous, c'est quand même, bon, on fournit aussi une somme de travail conséquente pour arriver à tout ça, mais c'est quand même une chouette opportunité de pouvoir diffuser comme ça nos idées par différents canaux. C'est très satisfaisant. C'est très fatigant, mais c'est très satisfaisant.
- Speaker #2
C'est chouette. Comme ça, ça nous emmène peut-être au mot de la fin, de dire, si cet épisode vous a donné envie, de goûter à notre travail, de découvrir ce qu'on fait, de tester dans votre corps. Voilà, je vous mettrai toutes les infos vers notre nouveau site, vers les ateliers, vers…
- Speaker #0
Dans notre Instagram. Donc, c'est laboomouvéré partout. Si vous cherchez, vous tapez laboomouvéré.
- Speaker #1
Toutes les infos.
- Speaker #0
Et voilà. Donc, les dates des retraites, des stages, des ateliers, peut-être des infos sur le DU.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Tout à fait. Merci, les amis.
- Speaker #0
Merci à toi, Yael, de nous avoir invité. Merci, Camilla, pour ton accueil. On est chez toi. Si vous avez fait les replays, vous reconnaissez ce miroir. C'est un peu l'accessoire fétiche. C'est vraiment une joie de vous côtoyer, mesdames. Dans ce monde incertain, il y a quand même des choses certaines. Plein de bisous, alors.
- Speaker #3
Bisous !
- Speaker #0
Tout ça, c'est pour les bisous, en fait. Le reste, c'est pas très important.
- Speaker #3
Merci beaucoup.