Speaker #0Commençons par une question existentielle, qu'on se pose tous au moins une fois au cours de sa vie. Suis-je normale ? Et franchement, il m'est impossible de répondre à cette question. La vraie question étant, selon quelle norme ? Car oui, la différence et la norme, c'est comme la beauté, c'est dans l'œil ou le cerveau de celui qui regarde. Selon ma propre norme, je suis donc sacrément normale. Par contre, pour mon voisin, ou même pour vous, je suis très certainement étrange. Mais alors ? Qu'est-ce que c'est la norme ? Et comment se définit ma norme ? Plongeons dans ce sujet. Chacun d'entre nous a une échelle de normalité, qui lui est imposée par son environnement. Famille, société, époque, éducation, culture. Tant qu'on ne sort pas de ce cercle et qu'on voit ce même comportement chez d'autres, on le considère comme normal. En fait, on ne se pose même pas la question. Par exemple, dans ma famille, on mange les kiwis avec la peau. Mon père l'a toujours fait. Ma sœur aussi. Naturellement, j'ai fait pareil. Le drama ? arrive qu'on en fait face à des gens qui n'ont pas la même norme. Ou dans mon cas, quand je mange des kiwis en public. Car comme j'ai appris en grandissant, et même si je ne comprends toujours pas pourquoi, la plupart des gens ne mangent pas les kiwis avec la peau. Et franchement, les gens, vous ratez votre vie. Je m'égare. Je sors de mes kiwis. La question de sa propre normalité se vient aussi de l'absence de représentation ou d'information. Par exemple, pour les kids des années 90 comme moi, qui avons grandi sans internet ou à ses balbutiements, et dans une classe moyenne, La tonne de questions sans réponses liées à notre adolescence. Est-ce normal d'avoir des poils là ? C'est bizarre, il y a des morceaux dans mes règles. Pourquoi je ressens ça ? Pas toujours facile de s'accepter soi-même et les autres, quand on a grandi dans le brouillard homogène des années 90. Quand les seules représentations de corps étaient celles des supermodèles et des célébrités à la beauté standardisée. Celles du sexe venaient des pornos du vidéoclub, et le spectre des émotions était limité à celles de ma famille et des versions françaises des séries et films pour adolescents. Je parle de toi, la version française de Dawson. Aujourd'hui, même si la diversité arrive dans les mass-médias, il faut encore sacrément gratter pour trouver les vraies réponses à nos questions. En particulier si on ne veut pas bêtement avaler ce que nous présentent. Maintenant qu'on sait qu'on n'est pas normal, qu'est-ce qu'on fait ? Option 1, on s'adapte à son environnement. On change, on se cache. Au pire, on nous impose de changer. Vous vous en doutez, c'est l'option que l'on choisit le plus souvent. Mais pas forcément pour le meilleur. Troubles alimentaires, mariage de contenance, thérapie de conversion, j'en passe et des pires. Même sans aller jusqu'à ses extrêmes, j'ai moi aussi souvent choisi cette option, consciemment ou inconsciemment, m'entraînant dans des périodes sombres, des comportements compulsifs, des troubles mentaux, et surtout de l'ennui. Car putain qu'est-ce que c'est chiant d'être normale. L'option B, et la raison même de ce podcast, assumer sa propre norme, et la faire grandir. Car oui, une norme, c'est comme un muscle, ça se travaille. Mais comment me diriez-vous ? Premièrement, en apprenant à se connaître. Pour comprendre pourquoi... Et sur quoi est basée cette norme ? Comment est-elle alignée avec nos valeurs, nos envies ? Ainsi, quand on fait face à des critiques, car oui, on s'en prend plein la gueule quand on assume sa différence, eh bien on reste ferme sur sa position et on sait dans nos tripes qu'on est aligné avec nous-mêmes et avec notre norme. Dans mon cas, malgré les commentaires, je mange toujours les crues avec la peau, tout simplement parce que j'aime ça. Le deuxième axe de croissance de notre norme se fait par les autres, en découvrant et en s'ouvrant à d'autres normes. Pour agrandir le périmètre de ce que je considère comme normal, je peux écouter et aller à la rencontre de personnes qui ont des vécus et une vision différente de la mienne. Le problème, c'est que je suis une putain d'entrevertie, alors j'ai choisi d'en faire un se-podcast. Comme ça, j'ai une très bonne excuse pour contacter les gens que je trouve fascinant et intéressant, et peut-être avoir la chance de discuter avec eux. Mais aussi, il faut bien le reconnaître parce que ça fout un gros coup de pied dans le cul pour me forcer à le faire. Genre, tu peux pas te dégonfler, c'est pour le podcast. Je vous propose donc... de m'aider à me foutre des coups de pied dans... Non ! Je vous propose donc de vous joindre à moi pour faire grandir vos normes. Pour cela, abonnez-vous pour ne pas rater les prochains épisodes de podcast. 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