Speaker #0Musique Coucou, bienvenue dans Coulisses de Soi, le podcast où l'on apprend à se regarder autrement. J'espère que tu vas bien, je suis très contente d'être enfin de retour, tu m'avais vraiment manqué. Pour celles et ceux qui ne me suivent pas sur Insta, pour vous donner un update parce qu'il n'y a pas eu d'épisode pendant deux dimanches d'affilée. En fait, j'ai vraiment été malade. Mais alors, j'ai eu une pharyngite, angine, bronchite, je pense, tout en même temps, vu comment ça m'a mise KO. Forcément, je n'ai pas pu enregistrer avec ma voix cassée, mon nez bouché et ma toux. J'ai attendu de reprendre des forces pour pouvoir revenir ici avec toi et pouvoir enfin discuter. Je voulais te remercier pour ta patience. Merci aussi pour ta fidélité parce que j'ai vu toutes les écoutes et merci d'être à nouveau là à m'écouter aujourd'hui. Avant de rentrer dans le cœur de l'épisode d'aujourd'hui, je dois t'avouer quelque chose. Novembre et moi, ce n'est pas du tout une grande histoire d'amour. Pour tout te dire, ça n'a jamais été mon mois préféré. En fait, depuis toujours, ce mois il m'apporte vraiment une ambiance que je n'apprécie pas vraiment. Je l'ai toujours trouvé un peu trop gris, trop terne, trop triste, trop lourd. Comme si tout autour de moi ralentissait d'un coup. Et ça m'a souvent mise mal à l'aise. Comme si le silence en fait extérieur réveillait un bruit intérieur que je n'avais pas envie d'écouter. Mais cette année, j'ai eu envie de faire autrement. D'arrêter de résister, d'arrêter de lutter ou d'attendre simplement que le mois passe. J'ai voulu essayer de le comprendre, de le voir autrement. Et surtout de comprendre ce qu'il vient toucher, ouvrir et bouger en moi. Alors j'ai décidé de le regarder avec un peu plus de curiosité et un peu plus de douceur, comme si pour la première fois, je lui laissais réellement une chance. Et à ma grande surprise, je découvre qu'il a peut-être dans sa lenteur et dans sa lumière particulière, un espace que je n'avais jamais vraiment pris le temps d'écouter. Un espace où je peux me déposer, me recentrer et me voir un peu plus clairement. C'est là que j'ai eu envie d'explorer un thème qui me traverse depuis longtemps. mais que je comprends aujourd'hui d'une manière beaucoup plus profonde. Le lâcher prise. Et justement, le lâcher prise est un sujet qui me suit depuis des années. Un mot que j'entends très souvent, un concept dont on parle comme s'il suffisait d'appuyer sur un bouton ou de se répéter une phrase magique pour que tout glisse enfin. Sauf que ce n'est pas comme ça que ça marche, en tout cas pas pour moi, et pas pour beaucoup d'entre nous en réalité. Ces dernières années, j'ai ressenti à plusieurs reprises que mon corps, mon esprit, ma vie entière me demandait de lâcher quelque chose. Du contrôle, des attentes, des résistances, des poids que je portais trop longtemps. Et à chaque fois, je pensais avoir compris. Je me disais ça y est, cette fois j'ai capté. Mais non, ce n'était que des miettes de compréhension. Juste un début, un aperçu. Et ces dernières semaines, peut-être grâce à cette pause forcée, à ce novembre que j'apprends doucement à apprivoiser, J'ai eu cette impression nouvelle, celle non pas juste de comprendre, mais de prendre conscience. Et ça, c'est différent. Ça ne se place pas dans la tête, ça se place dans le corps. Je me suis rendu compte que le lâcher prise n'a rien d'un abandon, rien d'un je m'en fiche, rien d'un désengagement. Ce n'est pas être passive, ce n'est pas fuir, ce n'est pas tout laisser tomber et faire comme si de rien n'était. Au contraire, le lâcher prise c'est un acte de soin. un acte d'amour envers soi, un acte de maturité émotionnelle. C'est accepter que tout ne repose pas uniquement sur moi, que je ne peux pas tout contrôler, que je ne peux pas tout porter, je ne peux pas avancer si mes mains sont déjà pleines, et que je n'ai pas besoin d'être forte en permanence. Et pourtant, malgré tout ça, je sens encore parfois cette voix intérieure qui me murmure « Mais pourquoi tu n'y arrives pas ? Pourquoi tu ne lâches pas plus facilement ? Pourquoi tu t'accroches ? » Tu devrais être capable de tout gérer. C'est une voix que je connais par cœur. Une voix qui juge, une voix qui presse, une voix qui exige. Une voix que j'ai longtemps confondue avec la mienne. Mais aujourd'hui, j'apprends à l'écouter autrement. À la remettre à sa place et surtout à lui répondre « Je fais du mieux que je peux et c'est suffisant. » Parce que le lâcher prise, ce n'est pas quelque chose qu'on atteint d'un coup. Ce n'est pas une destination. C'est un chemin. Un chemin qu'on parcourt pas à pas. Parfois on avance, parfois on recule, parfois on respire plus fort. Et parfois, on retient encore ce qui pèse. Et c'est ok. A chaque fois que j'essaye d'écouter ce qui se passe en moi, je découvre un petit espace. Un espace pour me poser, pour respirer, pour être honnête avec moi-même, sans me juger, sans me comparer et surtout, sans me rabaisser. Un espace où je peux me dire, lâcher prise, ce n'est pas être égoïste, c'est prendre soin de toi, c'est te respecter. Et petit à petit, c'est comme si je comprenais enfin Que je ne peux pas guérir si je suis constamment en train de forcer. Que je ne peux pas avancer si je suis toujours en tension. Et que je ne peux pas m'écouter si je suis toujours en train de remplir, d'occuper et de courir. Avec le temps, j'ai compris que le lâcher prise passe par des choses très simples, presque ordinaires, mais profondément réparatrices. Je m'autorise à me reposer, à faire une sieste si j'en ressens le besoin, à dire non à une sortie quand mon énergie n'y est pas, à me choisir. Je redécouvre le plaisir de rester chez moi, avec un espace cosy où je peux traîner dans une couverture, lire quelques pages d'un livre, regarder une série qui me fait du bien, manger un plat réconfortant sans culpabilité. Je me parle avec plus de douceur, même les jours où je me sens moins forte. J'écoute mon corps vraiment, pas pour le contrôler mais pour vraiment l'entendre et prendre soin de lui. Je consulte aussi des professionnels parce que certaines choses ne se traversent pas seules. Et j'ai compris que demander de l'aide, c'est une preuve de courage, pas de faiblesse. Ça m'aide à mieux me comprendre, à apprivoiser des zones en moi qui avaient besoin d'être éclairées, à guérir ce que je portais encore en silence. Et tout ça, ce sont des gestes simples, mais ce sont des gestes d'amour, et j'apprends chaque jour à les honorer. Et si je peux te laisser avec une chose, c'est celle-ci. Tu n'as rien à prouver, tu n'as rien à forcer, tu n'as rien à mériter. Tu as juste à te respecter. Le lâcher prise, ce n'est pas abandonner, ce n'est pas renoncer, ce n'est pas baisser les bras, c'est simplement arrêter de te faire violence là où ton corps, ton cœur et ton esprit te demandent plus de douceur. C'est accepter que tu n'es pas une machine, que tu as des limites, des émotions, des cycles, des besoins et qu'ils sont légitimes, tous. C'est te donner l'autorisation de ralentir, de respirer, de ressentir. de demander de l'aide, d'avoir des moments pour toi, de ne pas être disponible pour tout le monde, et de ne pas être parfait ou parfaite. C'est aimer assez pour ne pas t'oublier. Et si tu es dans une période où le lâcher prise te semble difficile, où tu t'accroches encore, où tu te sens dépassé, fatigué, je veux que tu saches quelque chose. Tu n'as rien raté. Tu n'es pas en retard. Et tu n'es pas pas assez. Tu es humain, humaine. Et être humain, c'est osciller parfois, tomber un peu, se relever autrement, avancer doucement, ralentir quand c'est trop, accélérer quand c'est juste, se retrouver encore et encore. Alors prends le temps dont tu as besoin, donne-toi cette permission, donne-toi la permission de te choisir. C'est ça l'amour de soi, c'est ça la guérison et c'est surtout ça le vrai lâcher prise. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Merci pour ta présence, merci pour ton écoute, merci d'avoir écouté Coulisses de Soi. On se retrouve chaque dimanche matin sur toutes les plateformes d'écoute, et un dimanche après l'autre, je t'amènerai dans ces coulisses où l'on se révèle. N'oublie pas, regarde-toi avec plus de douceur. Et souviens-toi, l'image ce n'est jamais que le début d'une histoire bien plus vaste. Alors, prends soin de cette image, et surtout, prends soin de toi. L'amour de soi, l'amour du style. A très vite dans Coulisses de Somme.