Speaker #0Bienvenue dans Coulisses de Soi, le podcast où l'on apprend à se regarder autrement. Je suis vraiment heureuse de te retrouver aujourd'hui, dans un tout nouvel épisode. Dans l'épisode précédent, on parlait d'amour de soi, et de la manière dont on se traite au quotidien, de la discipline douce que ça demande. Aujourd'hui, j'avais envie d'aller un petit peu plus loin, parce qu'il y a aussi un autre sujet qu'on mélange souvent avec l'amour de soi, la confiance en soi, et surtout le mythe de la confiance en soi permanente. Mais avant d'aller plus loin, j'avais envie qu'on pose les bases, parce qu'on parle beaucoup de confiance en soi, mais c'est quoi concrètement ? La confiance en soi, ce n'est pas être extraverti, ce n'est pas parler fort, et ce n'est pas être sûr de soi tout le temps, ce n'est pas non plus ne jamais douter. La conscience en soi C'est la croyance que tu es capable de faire face, capable d'essayer, capable d'apprendre et capable de gérer même si ce n'est pas parfait. C'est une confiance dans ta capacité d'action et elle est toujours liée à un contexte. Tu peux avoir confiance en toi dans ton travail et douter complètement dans ta vie personnelle. Tu peux être sûr de tes compétences et te sentir fragile face à ton image. La confiance, elle fluctue parce qu'elle dépend des situations. Ce n'est pas ton identité. c'est une réponse à un moment donné. Et c'est donc à ce moment-là qu'on commence à se tromper. Parce qu'on nous fait croire que la confiance en soi devrait être un état stable, une sorte de niveau à atteindre. Comme si, un jour on allait arriver, et qu'à partir de ce moment-là, on ne douterait plus jamais. On ne douterait plus jamais de notre corps, plus jamais de nos choix, et plus jamais de nos capacités. Mais soyons totalement honnêtes. Est-ce que tu connais quelqu'un qui ne doute jamais ? Car même les femmes et les hommes que tu admires, Même celles et ceux qui semblent sûrs d'eux et d'elles, même ceux et celles qui prennent la parole avec assurance, il ou elle, doutent. La différence, ce n'est donc pas l'absence de doute, mais c'est leur relation au doute. Car certaines personnes vivent le doute comme une preuve d'incompétence. Dès qu'il apparaît, il ou elle se disent « je ne suis pas prêt, pas prête, je ne suis pas légitime et je ne devrais pas ressentir ça » . Alors, il ou elle se retire, attendent et repoussent. D'autres vivent le doute comme une étape. Certes, pas agréable, mais normale. Ils ou elles se disent « ok, je doute, ça ne veut pas dire que je ne suis pas capable » . Et ils ou elles avancent quand même. Certes, pas parfaitement, mais suffisamment. Chose à savoir, le doute ne disparaît pas quand on devient compétent et compétente. Il change simplement de forme. Au début, on doute parce qu'on ne sait pas. Plus tard, on doute parce qu'on veut bien faire. Parce qu'on évolue. Et parce qu'on sort de sa zone connue. Le doute est souvent le signe que tu es en train de grandir, d'évoluer. Mais si tu l'interprètes comme une preuve de faiblesse, alors tu vas vouloir l'éliminer. Et c'est là que la pression commence. Dans mon travail, je vois souvent des femmes qui attendent de se sentir prêtes. Prêtes pour s'habiller, comme elles en ont envie. Prêtes pour s'exprimer davantage ou prêtes pour prendre plus de place. Mais la vérité, c'est qu'on ne se sent presque jamais totalement prêt ou prête. On le devient en le faisant. La confiance ne précède pas toujours l'action. Très souvent, elle en est la conséquence. Et c'est peut-être ça, la vraie bascule. Arrêtez de voir le doute comme un signal d'arrêt. Et commencez à le voir comme un signal d'expansion. Il en va de soi. Tu peux ressentir de la peur et être compétente quand même. Tu peux douter et être totalement légitime. Et tu peux trembler mais être aligné. En fait, le doute n'annule pas ta valeur. Il révèle juste que tu es en mouvement. Et pourtant, on vit dans une époque... où le mouvement n'est pas montré. On montre le résultat, on montre la posture assurée, on montre souvent le discours fluide et l'image maîtrisée. Mais on ne montre pas les hésitations avant de parler, on ne montre pas les dix essais avant la bonne photo et on ne montre pas les moments de comparaison silencieuse. On voit toujours la confiance affichée, mais on ne voit pas le travail intérieur. Et à force de voir des personnes sûres d'elle en permanence, on finit par croire que la confiance devrait être linéaire, stable, continue et sans variation possible. Alors que non, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Dans mes accompagnements, je vois souvent des femmes qui pensent manquer de confiance en elles. Alors qu'en réalité, elles traversent juste une évolution. Soit un changement de corps, un nouveau poste, une séparation, une maternité, une période de fatigue, de maladie ou de deuil, un repositionnement. Et en fait, à chaque fois qu'on change, quelque chose en nous se réorganise. Nos repères bougent. Notre image bouge, notre posture bouge aussi. Forcément, ça crée du flottement. Ce n'est pas un échec, c'est juste un ajustement. Car si on attend à être confiant et confiante en permanence, alors chaque moment de flottement devient une preuve qu'on n'y arrive pas. Alors que, en réalité, si, on est juste, simplement, en train de se redéfinir. La confiance, elle ne revient pas avec une phrase magique, ni une potion magique, ni une formule magique. Elle se construit dans des choses beaucoup plus discrètes que ça. Dans par exemple le fait de ne pas te critiquer automatiquement, dans le fait de terminer quelque chose même si tu doutes de sa qualité, dans le fait d'accepter de ne pas tout maîtriser, dans le fait d'arrêter de te comparer pendant 5 minutes puis 10 puis une journée, dans le fait de rester dans une pièce sans chercher à te faire plus petit ou petite, dans le fait d'assumer un silence sans avoir besoin de te justifier, dans le fait de reconnaître que tu progresses même lentement. Ce ne sont pas peut-être des actions spectaculaires, mais ce sont des déplacements intérieurs. Répétez, ils changent ta manière de te percevoir. La confiance ne n'est pas d'un grand déclic, elle naît d'une accumulation de micro-preuves que tu peux te faire confiance. Et c'est là que l'amour de soi et la confiance se rejoignent. L'amour de soi, c'est la base, c'est la manière dont tu te traites. La confiance, c'est ce que tu t'autorises à faire à partir de cette base. Si tu te respectes même les jours de doute, Tu n'as plus besoin d'être parfait ou parfaite pour avancer. Peut-être que le vrai problème, ce n'est pas que tu manques de confiance en toi. Peut-être que tu refuses simplement de te voir en construction. Et si en réalité, le problème n'était pas que tu manques de confiance, mais que tu te mets l'impression d'être stable un peu trop vite. Quand quelque chose bouge dans ta vie, quand tu changes, quand tu prends une nouvelle place, forcément, ça crée un peu d'inconfort. Et au lieu de te dire « c'est normal, je suis en train d'évoluer » , Tu te dis certainement, je ne suis pas assez sûre de moi. On voudrait toujours se sentir solide, tout le temps. On voudrait que ça y est, le travail soit fait, que la confiance soit installée et qu'on n'ait plus à y revenir. Mais la vérité, c'est que ça ne fonctionne pas comme ça. Et que tu n'es pas censé être figé, que tu es censé bouger. Et que quand tu bouges, il y a des moments où ça vacille un peu. Ça ne veut pas dire que tu perds confiance, ça veut simplement dire que tu es en train d'ajuster quelque chose. Et c'est là que beaucoup d'hommes et de femmes se trompent. Ils ou elles attendent de se sentir prêts ou prêtes pour agir, de se sentir parfaitement sûrs pour parler, décider, se montrer. Ils ou elles attendent que le doute disparaisse avant de pouvoir franchir un pas. Mais la confiance, elle ne vient pas avant l'action. Elle vient pendant. Elle se construit dans le mouvement et dans ses petits choix répétés. Tu sais, oser dire ce que tu penses même quand tu as peur de déplaire, te lever. et prendre la parole même si ta voix tremble, accepter un projet imparfait pour apprendre, avancer, te tester, ou prendre même un rendez-vous que tu repousses depuis des semaines parce que tu redoutes le jugement. Ces moments, presque invisibles, sont les véritables pierres de la confiance. Pas les grandes déclarations, pas les postures parfaites. Ces micros actes construisent la preuve que tu peux te faire conscience. Et plus tu les accumules, plus tu réalises que tu n'as pas besoin d'être parfait ou parfaite pour avancer. Que tu n'as pas besoin de te contrôler pour te sentir légitime. Et que même dans le doute, tu peux continuer à te choisir. Et plus tu fais ces petits pas, plus tu te rends compte que le changement n'a pas besoin d'être grandiose pour exister. Qu'il n'y a pas de moment parfait où tout s'aligne d'un coup. Et que chaque micro-action, chaque décision de te choisir s'additionne. Je le vois moi tous les jours dans mon travail. Des femmes qui pensent manquer de confiance en elles, mais qui finissent par comprendre que c'est dans ces petits gestes invisibles qu'elles construisent leur pouvoir. Pas dans une transformation radicale, pas dans un « maintenant je suis confiante et ça y est je me lance » , mais dans ces instants répétés où elles se respectent et osent s'exprimer, malgré le doute. Et c'est là que tu réalises que ce qui semblait fragile devient solide, que ce qui semblait hésitant devient courageux, que ce qui semblait invisible devient alors un changement intérieur durable. C'est là que tu commences vraiment à te faire confiance et à t'appuyer sur toi-même plutôt que sur la certitude ou l'approbation des autres. Alors aujourd'hui, si tu te sens moins confiant et moins confiante, respire. C'est normal, c'est humain et c'est un passage. Ta valeur n'est pas liée à ton niveau d'assurance. Elle est là, stable, profonde, même quand tu traverses des moments d'incertitude. La confiance permanente est un mythe, mais la fidélité à toi-même, elle, est un vrai choix. Le choix que tu peux refaire chaque jour, un choix de te soutenir, de t'accompagner et de te respecter. De continuer à avancer, à expérimenter et à te donner la chance de progresser. Et c'est peut-être ça au fond, la vraie confiance. Pas l'absence de doute, mais la capacité à rester à tes côtés et à te faire confiance quoi qu'il arrive. Merci d'avoir écouté Coulisses de Soi, on se retrouve chaque dimanche matin sur toutes les plateformes d'écoute et un dimanche après l'autre je t'amènerai dans ces coulisses où l'on se révèle. N'oublie pas, regarde-toi avec plus de douceur et souviens-toi, l'image ce n'est jamais que le début d'une histoire bien plus vaste. Alors prends soin de cette image et surtout prends soin de toi, l'amour de soi, l'amour du style. A très vite dans Coulisses de Soi.