Speaker #0Vous allez répéter toujours le même geste à l'intérieur de chacune de vos sous-parties. C'est toujours le même, vous allez toujours faire la même chose. Vous allez toujours retrouver cette alternance que j'appelle l'écriture en essuie-glace et que nous allons aborder dans cette vidéo. Cette technique de rédaction est celle qui va vous permettre de rédiger de façon convaincante en veillant à la qualité de votre argumentation et en répondant parfaitement au cahier des charges qui est celui de la dissertation. Si j'appelle cette méthode de rédaction la rédaction en essuie-glace, c'est parce qu'on retrouve toujours ce mouvement de balancier que nous allons découvrir dans cette vidéo. On va toujours commencer la rédaction de notre sous-partie avec un premier mouvement d'essuie-glace qui est l'énoncé d'un jugement surplombant sur l'œuvre. C'est la thèse, c'est l'argument que nous allons développer dans notre sous-partie. C'est un jugement qui est donc surplombant, qui se veut général et qu'il faut prouver, qu'il faut illustrer. avec un deuxième coup d'essuie-glace et qui va consister à convoquer un ou plusieurs exemples précis tirés de l'œuvre. On a donc un jugement surplombant, une analyse, une affirmation, une idée qui domine l'œuvre d'en haut, qui jette un coup d'œil général sur l'œuvre dans son entier ou en tout cas sur un aspect de l'œuvre. On reste dans quelque chose de plutôt général, de plutôt surplombant. Et après avoir énoncé ce jugement surplombant, on descend immédiatement dans l'œuvre. On descend immédiatement. vers un exemple précis tiré du texte. Et cet exemple précis tiré de l'œuvre, il n'est jamais gratuit, il vient toujours soutenir notre argumentation, montrer que le jugement surplombant que l'on a énoncé en début de sous-partie est bel et bien justifié, que l'on peut bel et bien porter ce regard, cette analyse sur l'œuvre. La dissertation, je le répète, c'est un texte argumentatif et l'on a besoin d'amener des exemples précis tirés de l'œuvre pour les mettre au service de notre argumentation. Une citation. un exemple, une scène, un passage qui est convoqué dans notre copie, il l'est toujours parce qu'il peut venir prouver, attester que notre jugement surplombant, que notre lecture de l'œuvre est justifiée et bel et bien celle qu'il faut avoir pour porter le jugement qui est le nôtre. Et une fois que l'on a fait nos deux coups d'issue glace, on recommence dans la sous-partie suivante ou même à l'intérieur d'une sous-partie si l'on a plusieurs points de vue à envisager qui se rapporteraient à la même idée. C'est vraiment jugement surplombant, exemple précis tiré de l'œuvre. Je lance sur Blondin, exemple présent. récits tirés de l'œuvre, et c'est une mécanique, c'est un mouvement de balancier qui ne nous quitte jamais en dissertation. On écrit toujours comme ça, et il y a quelque chose de mécanique, de rassurant à écrire comme ça. Et si on fait comme ça, on est sûr d'écrire comme il faut, pourvu que nos jugements sur Plomban soient pertinents, bien sûr, et que les exemples précis tirés de l'œuvre soient pertinents, là encore, et qu'ils soient bien exploités dans une prose qui soit claire, qui soit fluide, et qui soit compréhensible par un non-spécialiste. Une autre image pour vous faire sentir la démarche que je vous propose d'adopter, c'est d'imaginer que qu'au début de votre sous-partie, vous êtes dans un avion qui surplombe l'œuvre, et que d'un coup, vous descendez en piqué, vous avez le nez dans les fleurs, et vous choisissez la fleur qui correspond bien à votre argumentation, vous la détaillez sous tous les angles qui vous intéressent, vous reposez la fleur, et vous remontez en avion, et vous recommencez à explorer d'en haut l'œuvre depuis votre avion. C'est ce mouvement de jugement surplombant, de regard général sur l'œuvre, et de descente en piqué vers un exemple précis tiré de l'œuvre, et en remontant ensuite vers le jugement, etc., qui structure votre rédaction. Et maintenant, il faut y aller. évoquer les trois façons de convoquer le texte, d'aller chercher l'exemple précis tiré de l'œuvre. Il y a trois façons de le faire et je voudrais qu'on les détaille. La première façon, c'est convoquer, mentionner un chapitre, une scène, un poème, sans citer le texte, simplement en décrivant ce qui s'y passe, ce qu'on peut y lire, en décrivant, en expliquant ce que l'auteur cherche à faire dans cette scène, mais sans avoir les mots du texte pour les commenter. Vraiment, c'est simplement, on mentionne, on se souvient qu'il se passe quelque chose dans cette scène, dans ce chapitre, on le mentionne comme ça, sans citer le texte. Deuxième modalité, on va citer le texte. Et je me répète. répète encore, mais il n'y a pas besoin de citer très longuement le texte. On peut citer un mot, deux mots, et c'est déjà très bien. Alors bien sûr, si c'est un peu plus long, c'est pas forcément plus mal, bien sûr. Mais il ne faut pas se dire qu'une citation d'un mot ou de deux mots, c'est pas assez. Au contraire, c'est très très très bien. Ça permet d'avoir les mots du texte dans notre argumentation, d'être précis aussi dans notre façon de mentionner l'oeuvre. C'est très convaincant pourvu que ces mots soient commentés ou qu'ils s'insèrent de manière convaincante dans notre argumentation. Troisième modalité pour citer le texte, c'est de citer le texte et de commenter, j'allais dire, stylistiquement la citation que l'on convoque. C'est d'amener une explication de texte au sein de notre dissertation. C'est vraiment l'argument roi au sein d'une dissertation littéraire. Si l'on est capable de citer le texte et de produire un commentaire littéraire qui s'intéresse à montrer comment le passage qui est cité vient prouver notre argument grâce à une analyse qui s'intéresse à la lettre du texte, c'est vraiment un argument là qui vaut de l'or et qu'il faut essayer de multiplier le plus possible. On a tendance à négliger... lorsque l'on écrit une dissertation, l'intérêt de ces petites explications de texte qui n'ont pas besoin d'être très longues ou d'être très développées, alors que ce sont vraiment des arguments vraiment très précieux, qui sont très convaincants et qui se mettent... parfaitement au service de notre argumentation. Et je vous propose de regarder ensemble un extrait de la dissertation que j'ai rendue à l'agrégation externe de lettres classiques parce que je trouve qu'on y voit bien la méthode de rédaction que je vous propose dans cette vidéo. Alors je vais lire. Alors bien sûr, là vous rentrez immédiatement dans ma dissertation. On ne voit pas forcément les tenants et les aboutissants de mon argumentation ici, mais cela ne va pas nous empêcher de voir comment il faut écrire sa dissertation. Alors je vais lire et nous sommes au début de ma deuxième grande partie. C'est la première sous-partie de ma deuxième grande partie. Si les arcs narratifs, personnels et personnages sont des personnages, des angoisses semblent achevés, ils ne le sont qu'imparfaitement. La mort d'Hélisène au chapitre 9 de la troisième partie est pathétique et laisse une oeuvre inachevée les angoisses elles-mêmes. La mort de Génélique n'est pas moins pathétique et si elle lui permet de rejoindre dans le monde infernal celle qu'il a tant souhaité retrouver, l'eau d'oblivion que leur fait boire Mercure annule la mémoire de la quête qu'il a menée pour elle. Késinstra quant à lui suit la valeur qu'il anime et le caractérise, la fidélité, en décidant de s'installer ravi... à côté du tombeau des deux amants. Mais Késinstra, qui incarne les valeurs du chevalier, déclare que l'aventure dans laquelle il s'est montré digne de ses valeurs n'a été, ouvrez les guillemets, qu'ennuyeuse. Ce jugement entraîne un effet déceptif total sur le lecteur. Alors que les deux amants viennent de mourir à peine réunis, Késinstra déclare la vacuité des péripéties de la seconde et de la troisième partie. Les angoisses ne sortent pas plus d'ordre, mais bien plutôt plus de déception et de confusion encore. Donc là, vous voyez, je commence avec un jugement surplombant. Si les arcs narratifs des personnages des angoisses semblent achevés, ils ne le sont qu'imparfaitement. Là, je reprends de façon explicite pour le correcteur, là, vous n'avez pas le sujet, les mots du sujet. Je fais un lien avec le sujet de façon très claire. De même qu'à la fin de ma sous-partie, je reprends les mots du sujet. Là, vous voyez ici, ne sortent pas plus d'ordre, qu'il y ait une référence explicite au sujet. On ne perd jamais le sujet de vue et ça se fait, moi, je trouve que ça se fait bien. au début et à la fin de chaque sous-partie. Et vous voyez, à partir de la mort d'Hélicène, je viens chercher des exemples précis tirés de l'œuvre pour prouver mon jugement surplombant. Et pour ce faire, je vais parfois mentionner des chapitres, comme c'est le cas ici, le chapitre 9 de la troisième partie. Je décris ce qui s'y passe et parfois je viens... convoquer les mots du texte avec par exemple l'eau d'oblivion qui me permet de montrer que la quête des deux héros masculins de cette oeuvre qui est tout à fait intéressante, que je vous invite à lire les angoisses douloureuses qui procèdent d'amour des lissaines de crâne c'est vraiment passionnant et donc là vous voyez je retrouve les mots du texte, l'eau d'oblivion on va aussi retrouver les mots du texte avec l'adjectif ennuyeuse, vous voyez c'est un seul mot je ne convoque qu'un seul mot, ennuyeuse et pourtant ce mot me permet d'argumenter en faveur de mon jugement surplement qui était que les arcs narratifs des personnages ne sont qu'imparfaitement achevés Et à chaque fois, je m'efforce, comme ici, ce jugement entraîne un effet déceptif total, par exemple, à chaque fois, je m'efforce d'expliquer pourquoi je convoque le texte, quel est le sens de l'exemple précis tiré de l'œuvre que j'amène à ce moment-là de mon argumentation. Alors, je n'ai pas la prétention d'avoir écrit quelque chose de parfait, simplement, je voulais vous montrer la dynamique qui doit être celle d'une sous-partie. en dissertation. Tout de suite, en commentant ma copie, j'ai souligné le fait qu'au début et à la fin de ma sous-partie, je faisais un lien explicite avec le sujet et je le citais même entre guillemets à la fin de ma sous-partie. Dans la vidéo suivante, nous allons aborder cette absolue nécessité de convoquer les mots du sujet dans chacune de nos sous-parties de façon à prouver à notre correcteur que nous traitons bien le sujet, que c'est avec lui que nous dialoguons. Je vous retrouve dans la prochaine vidéo.