Speaker #0L'analyse du sujet et la problématique sont deux moments essentiels d'une introduction. Et je vous propose que nous les regardions maintenant. Dans l'introduction... après votre accroche dont nous avons parlé dans la vidéo précédente, vous allez devoir amener le sujet pour ensuite l'analyser. Pour analyser le sujet, vous allez commencer très simplement par recopier dans son intégralité le sujet. Que le sujet soit long ou court, on le recopie dans son intégralité. Il faut que chacun des mots du sujet soit recopié finalement dans votre copie. Et bien sûr, il faut que l'auteur et que l'œuvre où a été extraite la citation soit mentionnée dans votre introduction au moment où vous recopiez le sujet. Le deuxième geste, après celui de recopier, et ça je pense que recopier, on sait le faire, ce deuxième geste donc, c'est d'analyser la citation. Et ce moment d'analyse, il va être étonnant pour nous qui sommes des littéraires, parce qu'il va falloir paraphraser le sujet. On va paraphraser le sujet, oui, mais on va chercher dans cette paraphrase à en déplier le sens. On va, en paraphrasant, expliciter chaque terme, expliciter les intentions de l'auteur, expliciter les implications des termes qu'il utilise. C'est peut-être le seul... moment d'un exercice littéraire où la paraphrase est autorisée mais ce n'est pas une paraphrase gratuite c'est une paraphrase qui vise à montrer les implications le sens les intentions qui se cachent derrière les mots du sujet et vous le comprenez on tend vers notre problématique en paraphrasant le sujet en l'explicitant on va commencer à montrer ses tensions on va commencer à montrer les directions dans lesquelles il nous emmène pour mieux pouvoir mettre en évidence par à la suite les impasses dans lesquelles il nous emmène également. les directions qu'il néglige, les interprétations qu'il laisse de côté ou qu'il laisse dans l'ombre. Et c'est de ce travail d'analyse du sujet que doit jaillir, et je dis bien jaillir, notre problématique. Notre problématique, elle jaillit parce qu'en analysant le sujet, on en a montré le cœur argumentatif et ce cœur argumentatif permet d'arriver naturellement vers là où il fait tension. Et c'est de ce travail d'analyse du sujet que doit jaillir, vraiment presque spontanément, Notre pro... C'est parce que nous avons travaillé encore le sujet, que nous avons pu voir où il nous emmenait, que nous avons pu voir le cœur de la thèse qu'il défend, et que le problème qu'il pose, et que l'impasse dans laquelle il nous emmène, je me rappelle, mais ce sont vraiment des concepts je trouve importants, que l'impasse dans laquelle il nous emmène, que l'excès que ce sujet porte jaillit, et de cet impasse, de cet excès, surgit une question, une question qui doit apparaître de façon presque évidente, et qui est notre... notre problématique. Un bon sujet de dissertation, on en a parlé ensemble. C'est un sujet qui dit quelque chose de juste, avec lequel on peut s'accorder, mais qui est en même temps contestable, au moins sur un aspect. Et notre analyse du sujet doit faire surgir ce côté contestable, justement. C'est parce que l'on mène efficacement notre analyse du sujet que la partie contestable, que l'aspect excessif du sujet jaillit de façon claire à notre lecteur. Et si l'on arrive à bien voir ce que le sujet est excessif, si l'on arrive à bien voir l'impasse, la cécité. qui est celle du sujet, notre problématique surgit toute seule, en principe. Elle s'impose à nous, grâce également, bien sûr, à notre lecture personnelle de l'œuvre. Une problématique ne surgit pas si on ne connaît pas l'œuvre, mais en principe, on connaît bien notre œuvre, et on est capable de voir ce que le jugement a de faux, a d'excessif, a de trompeur. Ce que j'aime bien me dire lorsque je crée une problématique, c'est me dire, si la planète entière pensait comme l'auteur de la citation, qu'est-ce que l'on perdrait de notre lecture de l'œuvre ? Sur quoi serions-nous tous aveugles et qu'est-ce que nous manquons ? que rions tous lorsque nous lisons l'œuvre à étudier. Et moi, je trouve que si on met un petit peu de péril comme ça, il y a quelque chose qui surgit de façon assez spontanée. En tout cas, moi, c'est ma façon de faire. Et à partir de ce travail d'analyse, on va pouvoir créer une problématique qui doit surgir normalement de façon assez naturelle. Et je vous propose la structure suivante pour rédiger votre problématique. Moi, j'aime bien utiliser cette structure. Alors, on peut l'adapter, bien sûr, en fonction du sujet, mais j'aime bien cette structure qui est donc peut-on vraiment dire que ? Et là, on reprend la thèse de l'auteur. Point d'interrogation. Ne de... devraient-on pas plus tôt ? Et là, on commence à amener les limites du sujet. Dès la problématique, on commence à amener les limites du sujet avec ne devraient-on pas plus tôt ? Ou ne faudrait-il pas plus tôt ? Mais on peut varier les formulations, mais en tout cas, une problématique en deux questions qui permet pour la première de commencer à mettre en doute la thèse de l'auteur et dans la deuxième question de commencer à dessiner un nouveau chemin qu'il s'agira d'explorer en deuxième et en troisième partie. En tout cas, ce qu'il faut absolument éviter, c'est une problématique qui Il tombe comme un cheveu. veux sur la soupe, qui arrive comme ça dans l'introduction et qui ne pourrait pas être jugé nécessaire par votre correcteur. On la voit arriver alors que rien ne nous avait préparé à la question qui est posée. Il faut absolument que dès la première phrase de notre introduction, on s'arrange pour que la problématique apparaisse comme nécessaire, apparaisse comme ce qui allait surgir comme question structurant notre développement. Et rappelez-vous, la problématique n'arrive jamais par hasard. Son surgissement dans notre introduction est toujours préparé par ce qui précède. et il faut qu'elle semble avoir un caractère de nécessité à notre lecteur. Et en principe, si on fait bien ce travail de préparation de la problématique, cette problématique, elle jaillit avec évidence. Elle nous semble nécessaire après tout ce que l'on a lu. Alors c'est très difficile, bien sûr. Et il faut s'entraîner pour réussir à produire une introduction qui fasse ce travail de jaillissement de la problématique. Mais si vous y arrivez, vous êtes en plein dans ce qu'il faut faire. Et je vous félicite parce que vous avez rassuré votre jury et vous commencez votre dissertation sur de très bonnes bases. Et une fois que l'on a annoncé notre problématique, l'introduction s'achève de façon très classique, vous l'avez déjà forcément fait, sur l'annonce du plan, qui doit être claire, qui doit être limpide et qui reprend de façon tout à fait simple les titres de nos grandes parties. Il n'y a pas besoin d'innover, mais ça je pense que vous le faites déjà très bien. Je vous renvoie aux copies d'autres candidats pour voir comment les bonnes copies ont réussi à aménager cet entonnoir logique vers la problématique, entonnoir qui permet de faire jaillir avec évidence, avec clarté, la problématique à partir des éléments qui ont été amenés dès la première phrase de l'introduction. Votre introduction est en place, vous vous apprêtez maintenant à rédiger votre développement. Mais avant d'écrire la moindre ligne du développement, j'aimerais que nous nous posions une question absolument fondamentale. Pour qui écrivons-nous notre dissertation ? Et vous allez voir, la réponse à cette question n'a rien d'évident. Je vous retrouve dans la prochaine vidéo. A tout de suite !