- Speaker #0
Bonjour, je suis super contente qu'on se retrouve parce qu'on a eu déjà la chance de se voir il y a quelques temps. L'épisode a eu beaucoup de succès. J'avais beaucoup de commentaires et de messages plutôt one-to-one parce que les sujets étaient assez rares. Donc, ce n'était pas un commentaire public, mais grâce à cet épisode sur la violence au travail, de manière différente, parce que ça peut être moral ou sexuel ou... d'autres qui nous empêchent d'être efficaces au travail, les gens se sont identifiés et ils ont dit que ça n'aura plus d'entendre qu'en fait, on n'est pas seul et on ne devrait pas rester seul. Donc, les sujets qu'on aborde sur cette chaîne-là apportent vraiment de l'éducation en premier temps aux gens, au plus grand public, pour oser en parler, même si ce n'est peut-être pas super ludique. Et ce n'est pas super léger, donc ce n'est pas un sujet pour un apéro de 18h vendredi. En même temps, si ce n'est pas entre nous, avec qui on peut parler de sujets qui nous concernent ? Donc, est-ce que tu aimerais dire qui es-tu et comment ça arrive que je t'invite à nouveau à la chaîne Cours de négociation ?
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, moi c'est Coraline Kaya, je suis juriste spécialisée dans les violences sexistes et sexuelles au travail. que ce soit dans le secteur privé ou la fonction publique. Dans le cadre de ma structure qui s'appelle Projet Calisto, j'accompagne des entreprises, des collectivités et des administrations au déploiement de plans de formation sur le sujet de la prévention des violences sexistes et sexuelles, du harcèlement moral, de la discrimination. J'accompagne les structures à la gestion de situation, ainsi qu'au déploiement d'outils internes. Et puis... Je conduis pour ces structures des enquêtes externalisées, par exemple quand il y a des suspicions de harcèlement, de management autoritaire, des faits de harcèlement sexuel notamment. Et puis à côté de ça, je suis en thèse sur un sujet, mon sujet de spécialité, qui est donc le traitement judiciaire des violences sexistes et sexuelles.
- Speaker #0
Coraline, je vois que ta vie est vraiment dédiée à la matière. Je me souviens que la dernière fois, on a commencer à parler de ce qui est le plus important, c'est de se faire confiance. Et peut-être la solution commence par ça, que c'est à nous, à l'intérieur, qu'on peut entendre cette petite voix qui nous chuchote, ça ne va pas comme ça, il ne faudra pas continuer comme ça. Et cette compétence douce de se faire confiance, c'est l'origine de toutes les histoires. Est-ce que tu es d'accord ?
- Speaker #1
Oui, totalement. Totalement, puisque là, on fait un focus finalement sur le milieu professionnel. Mais en réalité, cette compétence de se faire confiance, c'est quelque chose qu'on peut décliner dans toutes les autres sphères de notre vie, notre vie personnelle, mais également notre vie familiale, notre vie récréative.
- Speaker #0
Comment on peut se faire confiance ? Parce que je veux peut-être donner un exemple de ma propre situation. il y a Pour plusieurs années, quand j'étais une jeune salariée, j'ai quelque part pensé que je dois m'adapter à mon chef et je dois subir ce comportement qui était la violence morale envers moi directement. Et donc, après avoir quitté ce poste et cette entreprise, je me suis dit, je n'aime plus ma vie, ce n'est pas possible de continuer comme ça, je préfère gagner moins d'argent, mais d'être calme. sereine, posée et souriante parce que je ne veux pas qu'une personne m'élève ma joie de vivre, pas uniquement pendant 8 heures, mais en fait le week-end, le boule au ventre que j'ai déjà dimanche soir. Donc j'ai appris sur cet exemple-là ce que je ne veux pas. Je me suis fait confiance et j'ai réussi et maintenant je travaille avec des gens qui sont beaucoup plus conscients et avec un savoir-vivre différent. Est-ce que c'est le bon chemin ? Est-ce que tout le monde apprend comme ça ?
- Speaker #1
C'est le chemin idéal. C'est-à-dire que de l'expérience que tu as traversée, tu as tiré une leçon, à savoir que tu ne souhaitais plus, tu ne voulais plus vivre ce type de situation. Et dans les faits, c'est le cas, puisque tu l'as dit, tu t'es entourée par la suite de personnes bienveillantes, de personnes saines. Et donc, la situation ne s'est pas répétée. Malheureusement, tout ce que l'on constate, c'est que la plupart du temps, en fait, des personnes qui ont vécu des situations harcelantes au travail, prennent le risque de répéter ce type de vécu, puisque la plupart du temps, ces personnes ne conduisent pas à une véritable réflexion. Et d'ailleurs, on le voit très bien quand on a des personnes, dans le cadre notamment d'enquêtes internes, qui nous parlent de situations harcelantes ou violentes au travail qu'ils ont pu vivre. Souvent, ils ont déjà eu des vécus de ce type-là dans d'autres entreprises par ailleurs ou dans leur vie personnelle. Donc, on a comme ça un certain nombre de personnes qui finalement, et ça ce sont des choses qui sont documentées en psychologie, en psychologie sociale notamment, qui finalement répète des schémas dans lesquels il se retrouve aux prises avec des comportements toxiques d'un collègue qui peut avoir des comportements harcelants parce que justement, il n'y a pas eu cette prise de recul, comme toi tu as pu le faire, sur une situation en se disant « mais ça en fait, c'est ma limite, ça n'est pas acceptable et je n'accepterai plus ça » .
- Speaker #0
Ça veut dire que quelqu'un rentre dans ce rôle d'une victime, comme dans « Le Triomphe de Capman » où il y a… victime, bourreau et le sauveur, n'est-ce pas ? Tu connais le triangle. Donc, quelqu'un rentre dans le rôle d'une victime et il reste pendant plusieurs années de sa vie parce qu'il répète le chemin et ne sort pas hors sa zone de confort quelque part, dans le déni où cette personne se trouve. Donc, elle ne voit pas la solution ni des portes de sortie.
- Speaker #1
Alors, il n'y a pas de fatalité ? Ça ne veut pas dire qu'une personne qui a été victime de violences morales au travail, le sera forcément toute sa vie, mais c'est plutôt un raisonnement en termes de risque. C'est-à-dire qu'on le voit par exemple avec les violences conjugales, une personne qui a été victime de violences conjugales a davantage de risques d'être réexposée à ce type de situation si justement elle ne conduit pas une réflexion profonde sur ses limites, se faire confiance, etc. Et c'est des choses que l'on voit également en milieu professionnel. Les personnes qui sont les plus à même de rebondir et d'être résilientes face à ce type de situation sont les personnes qui, justement, arrivent à analyser, observer et tirer des conclusions de l'événement qu'elles ont pu expérimenter à ce moment-là. Alors, en sachant, encore une fois, qu'il n'y a pas de fatalité, c'est-à-dire qu'on n'est pas… prédestinés, déterminés à être victimes de violences et de harcèlement moral au travail. Parfois, c'est le fait aussi de circonstances. Vous avez galéré à retrouver du travail après une longue période de chômage, vous allez être plus vulnérable dans un poste parce que ce poste, il vous le faut à tout prix. Donc peut-être que vous serez plus enclin à accepter des choses que vous n'auriez pas acceptées en temps normal. Donc c'est pour ça que je dis que c'est pas déterminé et la situation n'est jamais toute noire ou toute blanche.
- Speaker #0
Je vois aussi dans mon expérience expérience de coaching et d'accompagnement que je donne aux personnes, que souvent on commence par la situation professionnelle et après on creuse un petit peu, on élargit le champ de discussion et ça arrive que dans leur vie personnelle il y a des relations à améliorer aussi. Donc les compétences qu'on apprend pour être plus efficace au travail parce qu'on va savoir être plus à l'écoute, plus affirmé, on pourra s'exprimer avec un peu plus plus d'aisance, moins de stress, pas avec cette boule qui nous coince dans la gorge. On sait ce qu'on veut dire, mais on ne trouve pas des mots à l'instant présent. Et donc, finalement, grâce à cette compétence des astuces, comment appliquer les techniques au travail, on peut copier-coller ces techniques à la maison, entre les amis.
- Speaker #1
Oui, c'est possible, tout à fait. Parce qu'effectivement, on a... On a, comment dire, une façon, une posture professionnelle qui est effectivement différente de notre attitude dans notre vie personnelle, mais les deux mondes sont poreux. C'est-à-dire qu'on n'est pas deux personnes complètement différentes. Et effectivement, on peut adapter des choses que l'on rencontre dans son milieu professionnel à sa vie personnelle. Moi, par exemple, quand j'interviens dans des formations de prévention du sexisme et des violences sexistes et sexuelles, Souvent en préambule, j'explique que cette formation, elle dépasse le seul cadre professionnel, parce qu'en fait, elle vient interroger des choses qui sont de l'ordre de l'éducation, de la culture dans laquelle on a grandi. Et finalement, même si on est sur une formation qui sert à identifier, repérer et réagir face à des comportements sexistes, ce sont des choses qui touchent l'aspect personnel et qui peuvent aussi être déployées dans la sphère personnelle et privée. Tout à fait.
- Speaker #0
Dis-moi Coraline, s'il te plaît, où on peut te trouver si quelqu'un aimerait faire un appel à toi pour organiser une formation au sein de son entreprise ou l'organisme où il se trouve et il est intéressé pour agrandir cette... conscience dans les sujets qui sont d'actualité. Je vois la nécessité en commençant par les petites vidéos de 15 minutes sur une chaîne YouTube, mais peut-être après, il y a une vague qui va se créer et grâce à cela, le plus grand public pourra en profiter.
- Speaker #1
Alors, on peut me contacter directement sur LinkedIn, Coraline Kaya, tout simplement. Et on peut aussi me trouver grâce au site internet. projet-du-6-calisto.fr avec une rubrique contact, un formulaire à remplir et qui arrive directement dans ma boîte mail. Voilà.
- Speaker #0
Merci. En même temps, je profite aussi, je vous répète que sur mon site internet, cours-de-négociation.fr, vous pouvez trouver l'onglet « dire non » . C'est une compétence douce qui s'appelle l'assertivité. Donc, savoir dire non. Ça veut dire d'être assertive. Et moi, je vais faire un webinaire offert, un événement gratuit en ligne très bientôt. Si vous voulez y participer, je vous invite à s'inscrire parce que c'est avec les premiers pas comme ça, on rend notre conscience plus, on apprend des choses et c'est ça la manière de se former pour devenir et avoir plus confiance en soi. Je te remercie, Colin, pour cette présence à nouveau et peut-être... À bientôt et peut-être un enjeu avancé, un recroisir quelque part.
- Speaker #1
Merci beaucoup Maria pour cette invitation. À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.