Speaker #0Comment réussir sa crise de la quarantaine ? Pas surmonter ni dépasser. J'ai bien choisi d'intituler cette série « Réussir sa crise » . Parce que pour moi, ce qu'on appelle une crise du milieu de vie, ce n'est pas une mauvaise phase à éliminer, mais une occasion de grandir. Un moment où la vie t'oblige à t'arrêter, à regarder ce qui ne te correspond plus, et à reprendre la responsabilité de tes choix. Réussir cette crise, ce n'est pas aller mieux rapidement. sans débarrasser ni en guérir. C'est s'en servir comme outil pour changer de regard sur ta vie et faire de cette étape un tremplin vers l'épanouissement et l'évolution, tant personnel que professionnel. Tu écoutes Crise de vie et Transition professionnelle, le podcast des 40 ans et plus en plein doute professionnel et souvent identitaire. Je suis Jessica David, coach professionnel certifié. mais surtout, rescapé d'une crise de la quarantaine précoce. Et dans Crise de vie, je t'aide à comprendre ce qui se joue dans ta tête et à reprendre ton pouvoir de décision quand le pro et le perso s'entrechoquent. C'est parti pour l'épisode du jour. Bienvenue dans cet épisode 2. Dans le précédent épisode, on a parlé de comprendre la crise de la quarantaine. Aujourd'hui, on va parler de mise en mouvement, parce que qu'est-ce qu'on fait maintenant qu'on a compris un peu ce qui nous arrivait ? On ne va pas prendre de décisions radicales et je ne vais pas vous faire de grands discours, mais je vais te donner un cadre simple et profond pour transformer ce que tu as compris en choix plus conscient, un pas à la fois. J'ai entendu dire que le fait de ranger ses placards, de faire du tri dans sa maison, ça pouvait aussi aider à faire de la place dans sa tête, de la place pour réfléchir et pour pouvoir accueillir de nouvelles pensées, de nouvelles croyances. Alors je t'avoue que j'étais un peu dubitative, mais en même temps, j'en étais arrivée à un moment où je procrastinais tellement que je me gonflais moi-même. Je remettais toujours... Tout à plus tard, je trouvais n'importe quelle occasion de rien faire, de regarder une série sur Netflix, de jouer sur mon téléphone ou je ne sais quoi d'autre. Donc des trucs totalement inutiles. Alors certes, qui me procurait un plaisir vraiment ponctuel sur une courte période, mais franchement qui faisait grimper en flèche ma culpabilité et mon sentiment d'être inutile et de ne pas savoir où j'allais. Alors j'ai fini un jour par me dire, ok, Je prends une pièce, un placard et je commence à trier les papiers. Je commence à ranger les objets qu'il y a dedans. Et franchement, je t'assure que ça m'a fait un bien fou. Parce que c'est une satisfaction autre que la série Netflix, le chocolat ou je ne sais quoi, qui te fait sentir utile en fait. Tu t'es dit, ok, là j'ai pas rien foutu en attendant que le temps passe, j'ai pas perdu mon temps. J'ai fait quelque chose d'important. et d'efficace, j'ai trié mes placards. Donc ça veut dire que j'ai fait de la place pour y mettre autre chose. Ou simplement, je me suis fait gagner du temps si je décide de déménager dans un an ou deux. Ce sera des cartons en moins à faire, mine de rien. N'étant toujours pas une spécialiste, je ne vais pas te dire exactement comment trier tes placards. Mais ce qui a bien marché pour moi, ça a fonctionné en fait en deux temps. La première chose à faire, c'est de se poser les questions sur l'objet que tu veux trier. Est-ce qu'il fonctionne encore correctement ? Est-ce que tu l'as utilisé au cours des 6, 12 ou même 24 derniers mois ? Ou est-ce que tu le gardes au cas où ? Il y a certaines choses, je crois que je l'ai gardé au cas où depuis plus de 10 ans. On ne va pas parler des vêtements, des changements de taille, etc. Bref. Ensuite, je me suis demandé si j'allais en avoir besoin. Pour quelle occasion ? Dans un avenir relativement proche quand même. Est-ce que j'ai un autre objet qui remplit la même fonction ? Donc en doublon ou des robots par exemple dans la cuisine qui feraient plusieurs choses à la fois. Est-ce que j'ai toujours du plaisir à le posséder ? Est-ce qu'il me procure de la joie ? Parce que je le trouve beau, ça peut être un plaisir esthétique. Ou parce que bien évidemment, il a un certain poids émotionnel, parce qu'il m'a été offert... par une personne qui est décédée ou à laquelle je tiens, qui me rappelle un souvenir important pour moi. Une fois que tu t'es posé ces questions, avec tous les objets que tu as dans ce placard ou à l'endroit que tu veux ranger, tu les mets dans différentes caisses. Moi, j'aime bien les caisses transparentes. Voilà, peu importe. Donc, il y a celle à donner. à tes proches, un entourage, à des associations. Celles où tu mets les objets que tu veux jeter, qui ne servent plus, qui sont usés jusqu'à la moelle. Les objets qui peuvent être éventuellement recyclés ou réparés peuvent avoir une autre caisse. Et enfin, les objets à vendre, évidemment. Si en plus, tu peux récupérer de l'argent sur Vinted, sur Le Bon de Courrin ou je ne sais quoi d'autre, c'est top. Bref, c'était pour la parenthèse du rangement. honnêtement, essaye. Et tu me diras si ça a fonctionné chez toi. Donc j'ai trié, j'ai fait de la place. À chaque fois où j'avais envie de procrastiner, de remettre à plus tard, parce que j'avais peur de quelque chose, j'avais peur de ne pas être à la hauteur de ce que j'avais à faire, j'avais peur de voir la vérité en face, j'avais peur d'avoir une réponse qui n'allait pas me plaire, de devoir affronter un non, de devoir dire moi-même non, avoir une discussion délicate. avec un proche, mon conjoint, mon boss, je faisais ça. Au moins, j'avais la satisfaction d'avoir fait quelque chose d'utile dans ma maison et d'avoir pensé à autre chose. Et en fait, on se pose toujours la même question. Est-ce que ça a encore sa place dans ma vie aujourd'hui ? Et ça marche aussi avec les choses non palpables, pas que les objets. C'est un peu ce que va nous demander la crise de la quarantaine. Cette mise à jour. Quand j'ai traversé cette période inconfortable, j'ai commencé à douter de tout. Mon couple, mon travail, mes choix, d'avoir voulu être maman, d'avoir acheté une maison, de douter de la relation que j'avais avec mes amis, ma famille, de douter de moi-même, j'ai perdu confiance en moi. J'avais envie finalement de tout envoyer valser. de partir à l'autre bout du monde, sur une île, toute seule, tranquille, de ne plus avoir à penser, en fait. Je ne savais pas par quel bout prendre mon mal-être. Et je m'en voulais même à moi-même, de me dire, tu te sens dans cette situation-là, il n'y a pas d'issue, tu as tout pour être heureuse. Je vous renvoie au premier épisode. Mais en fait, c'est une situation qui est hyper fréquente. Pas parce qu'on est instable, insatisfait, chronique, mais parce que le système dans lequel on vit aujourd'hui, ne nous correspond plus entièrement. Christophe Fauret, dont je parlais dans le premier épisode, qui est psychiatre et psychothérapeute français de notre époque, explique qu'on ressent souvent une urgence confuse. C'est-à-dire, il faut que quelque chose change. Là, il faut qu'il y ait un truc, un signal, un truc qui change. Sous-entendu, un peu tout seul. Mais en tout cas, tout changer n'est presque jamais la bonne réponse. Ce qu'il faut, c'est trier. D'où mon analogie avec les placards, évidemment. Christophe Fauret propose quatre verbes très simples qui permettent de traverser cette période avec un peu plus de douceur, on va dire. Je vais te les partager en illustrant mes propos avec des exemples. Tu vas comprendre encore une fois pourquoi je parlais de tri de placard au début. Parce que c'est un peu la même chose, c'est se poser les bonnes questions. Et s'organiser avec des catégories finalement. Donc il y en a quatre. La première, ou le premier puisque c'est un verbe, c'est continuer. Parce que, encore une fois, tout n'est pas acheté. Qu'est-ce qui est encore juste, qui me convient, que je veux garder dans ma vie aujourd'hui ? Certaines valeurs restaient très présentes pour moi. Mon besoin de sens, mon envie d'aider, de faire sourire. Ma capacité à m'engager avec passion dans un projet qui soit personnel ou professionnel. Réussir sa crise, c'est aussi reconnaître ce qui est encore vivant dans ce qu'on a construit. Tout ce que tu gardes consciemment te stabilise et te renforce. Le deuxième verbe, c'est s'ajuster. C'est ce qui est bon, mais plus dans la même forme. Comme un parent qui ajuste sa posture, par exemple, quand son enfant grandit. Dans mon cas, ce n'était pas le travail en soi le problème. Je rappelle que la valeur du travail, pour moi, est très importante. On me l'a inculqué, mais c'était aussi en moi. apprendre, découvrir des choses, je suis curieuse de tout, j'ai envie de tout faire, de tout comprendre, de tout savoir. Bref, le travail, c'est ce qui me nourrit au quotidien, donc c'était pas le fond du problème, mais plutôt la place qu'il prenait à ce moment-là dans ma vie, par rapport à la satisfaction qu'il me renvoyait, et mon niveau d'exigence, moi qui suis peut-être encore très perfectionniste, et ma manière de me suradapter aux attentes extérieures. de donner, donner, donner pour les autres. Pendant un moment, j'y voyais ce que je gagnais. Je me formais, j'étais jeune, j'apprenais des choses, j'expérimentais, je touchais un petit peu à tout. Je n'avais pas de limites et puis je n'avais pas d'enfants, un conjoint qui travaillait beaucoup aussi. Donc il n'y avait pas de soucis pendant plusieurs années. Mais à un moment donné, la balance était plus bonne. Par rapport à tout ce que je donnais, l'investissement que j'y mettais, j'avais l'impression qu'on me freinait en face, que j'y gagnais plus autant, que ce soit dans mes relations, dans mon apprentissage et dans mon évolution. On ne va pas se le cacher. Ne pas réussir à obtenir un titre ou un statut, des responsabilités plus importantes, ça me frustrait clairement. Le troisième verbe, c'est arrêter. Stopper, arrêter ce qui te coûte. trop cher. Il y a des choses qui ne peuvent plus continuer telles quelles. Ça peut être une hygiène de vie destructrice, des relations toxiques, le fait de dire oui à tout et à tout le monde. Ça te bouffe ton énergie, ça te bouffe ton temps, ça prend de la place par rapport à ce qui les actions qui pourraient te faire avancer vers tes objectifs. De toujours faire passer les autres avant soi. Être altruiste, penser aux autres, c'est génial. Mais à un moment donné, on peut se sentir frustré de ne plus avancer. Et pire encore, que ce qu'on fait ne soit pas reconnu. Chez moi, ça a été d'arrêter de me nier. Arrêter de faire comme si tout allait bien, sourire, être drôle. J'ai toujours fait rire les autres. C'était mon délire, voir rire les autres, les éclater, les motiver. Moi, ça me nourrissait. Mais à un moment donné... Je ne pouvais pas faire semblant que tout allait bien et que ça me suffisait, ce n'était plus le cas. Et puis arrêter de penser que je n'avais pas le droit d'aller mal en fait, parce que j'avais soi-disant tout pour être heureuse dans ma vie. Mais ça a été aussi arrêter de me plaindre vainement, c'est-à-dire sans rien faire, dans l'espoir mal dissimulé que quelque chose ou que quelqu'un bouge à ma place. Je me plaignais beaucoup auprès de mes amis. Mais au final, je ne faisais rien pour que les choses bougent. Je finissais par me saouler moi-même et me dire que finalement, les gens en ma compagnie, soit mes parents allaient s'inquiéter pour moi, soit mes amis ne me reconnaissaient plus. La fille qui fait la fête, qui a de la discussion, qui s'enflamme sur n'importe quel sujet, là, passer son temps à se plaindre, toujours de la même chose, au bout de quelques mois, voire plus, je pense que ça devient stérile pour être polie. Je vais te faire gagner du temps, ça n'arrivera pas, que les choses ou que quelqu'un bouge à ta place et que ça te fasse avancer du bon côté, par magie. T'es dans un esprit qui favorise le biais de confirmation. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tout ce qui se passera ou qui ne se passera pas, la moindre merde, la moindre opportunité ratée, te confortera dans ton statut de victime, qui n'a pas d'autre choix que de subir sa vie. actuellement plutôt inconfortable, mais sans véritable risque imminent. Une vie que tu connais, des causes et des effets dont tu as l'habitude, même s'ils ne te plaisent plus. Mais si tu ne changes rien, d'ailleurs ça me fait penser à une citation que j'aime beaucoup d'Albert Einstein, « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent. » Si tu continues... à faire toujours tout exactement de la même façon, de vivre de la même façon, de t'exprimer, d'agir de la même façon, et que tu t'attends à ce que les choses changent ou les gens, forcément, à un moment donné, soyons honnêtes, on sait que ça n'arrivera pas. Il faut bien changer, ne serait-ce qu'un tout petit élément. Revenons au verbe. Le quatrième verbe, c'est « initier » , ce qui demande à naître. Donc commencer quelque chose de nouveau. Ce dernier verbe ne vient jamais en premier. Il vient après avoir compris, après avoir trié. Fais de la place, en fait, pour ce qui peut émerger. Ce n'est pas forcément un grand projet. Ça peut être initier un autre rapport au travail, une nouvelle façon d'être en couple, un rythme de vie différent, une reconversion éventuellement, mais par étapes, et qui aboutira ou pas selon ce que tu découvres en chemin. Peut-être que ça, finalement, te confortera. dans l'idée que ta situation n'était pas si mal avant. Mais crois-moi, il y a de fortes chances que ça t'ouvre de nouvelles perspectives et de nouvelles opportunités, et que tu ne reviennes pas, en fait, à ton job d'avant. Tu changeras d'entreprise ou de manière de l'exercer, probablement. Ce qui compte, c'est que ce soit aligné avec la personne que tu es devenue, que tu es en train de devenir. Et pour ça, il n'y a pas de secret. Il faut essayer, expérimenter. Un petit pas à la fois, oser, une action, un petit changement à la fois, et voir ce que ça donne. Cette crise touche plusieurs domaines de vie. Le professionnel, le relationnel, le familial, le corporel, la santé, l'existentiel, le spirituel, le financier, enfin bref, tous les domaines de vie qu'on peut imaginer. Si on multiplie ça avec ces quatre verbes, ça fait 24 combinaisons possibles pour le changement. Alors on ne change pas sa vie radicalement, on ne change pas tout du jour au lendemain pour réussir à l'assumer et à s'adapter aux conséquences que ça engendre pour soi et pour les autres. On réajuste intelligemment certaines zones prioritaires pour nous ou qui nous paraissent les plus critiques aujourd'hui. Et plus tu comprendras le... processus, plus tu traverseras cette période avec discernement. Alors ce que j'aimerais que tu retiennes si tu dois retenir une chose de cet épisode, c'est que réussir sa crise de la quarantaine, alors ce n'est pas tomber dans l'excès, ni attendre qu'elle passe, c'est en profiter pour mettre à jour ton projet de vie, ton prochain chapitre. Pour ça, commence par arrêter de te juger ou de te comparer aux autres. écoute ce qui change ton ressenti dans telle ou telle situation. Ça te donnera une idée de tes valeurs, tes besoins, tes envies à l'instant T qui ne sont peut-être pas les mêmes qu'il y a 10 ans ou 20 ans. Fais de la place. Commence par tes placards si ça peut t'aider. Vraiment, fais-moi un retour. Je t'assure que c'est assez bluffant. Et enfin, choisis consciemment ce que tu gardes, ce que tu ajustes. ce que tu arrêtes et ce que tu incites. Même le non-changement peut être un changement, mais s'il est consciemment assumé et décidé. Et pour ça, il n'y a que l'action des petits changements un par un, une autre manière de faire certaines choses et tu sauras où se dirige ta décision. J'espère que cet épisode a levé quelques doutes en toi ou t'a ouvert de nouvelles perspectives. Si c'est le cas, je t'invite à me laisser un commentaire ou à partager cet épisode à quelqu'un qui, comme nous, a une valeur travail très forte, mais pour qui le moment est peut-être venu d'évoluer, de donner du sens à tout ça, sans y laisser des plumes, que ce soit dans sa vie familiale ou dans son équilibre personnel. Pour approfondir la réflexion, abonne-toi à ma newsletter Crise de vie. J'y développe certains points un peu plus en profondeur. Et sinon, je te donne rendez-vous sur LinkedIn ou sur Instagram. Jessica Lavit Coaching. Tous les liens sont dans la description de cet épisode. À très vite.