Speaker #0Peut-être qu'en ce moment, tu te dis, j'en peux plus de ce taf, j'en peux plus de cette boîte, je vais me barrer, ça ira mieux. Peut-être même que tu as déjà enclenché le mouvement et que tu t'apprêtes à changer d'entreprise, comme si ça allait tout régler. Ça me fait penser à ces gens qui disent, mais j'ai vraiment pas de bol, je tombe toujours sur les mêmes mecs, les mêmes nanas. Soit trop jaloux, pas attentionnés, flémards, jamais là. Comme si c'était un hasard, comme si ça venait uniquement des autres. Et si c'était pareil pour ton taf ? Si le problème ne venait pas uniquement de ton poste, de ton boss, la direction que prend ton entreprise, des décisions avec lesquelles tu n'es pas forcément d'accord ? Et si parfois, changer de job ne réglait pas le fond du problème ? Tu écoutes Crise de vie et Transition professionnelle, le podcast des 40 ans et plus en plein doute professionnel. et souvent identitaire. Je suis Jessica David, coach professionnel certifié, mais surtout rescapée d'une crise de la quarantaine précoce. Et dans Crise de vie, je t'aide à comprendre ce qui se joue dans ta tête et à reprendre ton pouvoir de décision quand le pro et le perso s'entrechoquent. C'est parti pour l'épisode du jour. Tu écoutes l'épisode numéro 4 du podcast crise de vie et transition professionnelle. Et aujourd'hui, je me pose la question de savoir si changer de job résout vraiment toujours ton problème. Et je pense que ça dépend de plusieurs facteurs. Récemment, j'ai lu un post qui disait qu'on passe plus de temps à choisir un investissement immobilier que son mec ou sa nana. Ça m'a fait sourire. Mais en même temps, quand on y pense, c'est tellement vrai. Au début, il y a les papillons, l'envie de se voir tout le temps. On minimise les petits défauts. Et puis avec le temps, soit on s'adapte, soit on évolue, soit on ne se supporte plus. Et là souvent, on ne devient plus lucide. On fait plus attention au red flag, à ce qu'on supportait au début, mais ce qui nous gêne, rien que la mastication, les renflements, tu vois. On fait plus attention à ce qui compte vraiment et ce qu'on ne veut plus. Et d'ailleurs, je trouve que l'émission « Mariée au premier regard » n'est pas si mal. Alors forcément à 20 ans, ça casse un peu le charme, la découverte, les joies de ces petits papillons dans le ventre, de rencontrer quelqu'un de manière impromptue. Mais à 40 ou 50 ans, quand t'as déjà testé, t'as un passé, t'as peut-être échoué dans certaines relations, ou en tout cas elles se sont terminées, peut-être pas comme t'aurais voulu, t'as compris certaines choses. Et ça devient presque logique de vouloir optimiser la compatibilité amoureuse. Alors j'ai envie de te dire, à quand employer au premier regard ? Ah, ça te fait peut-être rire ce que je suis en train de te dire. Mais si on pouvait faire correspondre des valeurs compatibles entre un salarié et une entreprise ? Un style de management ou de leadership aligné ? Des conditions de travail claires ? qui correspondent à chaque partie, une vision commune, etc. En fait, tout ce qu'on recherche aujourd'hui, avant choisir une entreprise, c'était plutôt elle qui nous choisissait. Aujourd'hui, soyons honnêtes, c'est plutôt quand même le salarié qui va choisir une entreprise qui lui correspond. On est beaucoup à la recherche de sens, d'équilibre dans nos vies, de flexibilité, avec le télétravail, tout ce que le Covid... et tout ce que les jeunes générations t'ont apporté. Franchement, je me dis que ça éviterait beaucoup de désillusion. Changer de job ne règle pas toujours le fond du problème. Ça peut être une excellente décision, attention. Si tu changes pour une évolution claire que tu souhaitais, qui réfléchit, un projet professionnel précis, un choix assumé, alors c'est une décision stratégique. Mais si tu changes pour fuir quelque chose ou quelqu'un, parce que ça ne va plus, Mais sans vraiment comprendre ce qui ne va plus et ce que tu voudrais à la place, alors tu prends un risque. Pas de te tromper, mais de reproduire le même schéma, la même situation ailleurs, dans une autre boîte. Ce qui fait la différence, ce n'est pas le changement, c'est la clarté. Et surtout, la lucidité. La lucidité... C'est pas réfléchir encore plus, analyser encore plus, on en passe du temps à faire des pours et des contres, des listes. Mais un moment... Je pense qu'il faut être honnête avec soi-même. Accepter de regarder les choses telles qu'elles sont aujourd'hui. Pas avec ton filtre d'il y a 10 ou 20 ans, quand t'étais au début et que tu construisais ton projet professionnel. Beaucoup de paramètres ont changé. Alors l'idée, c'est de regarder les choses avec tes yeux d'aujourd'hui, et là où tu veux aller. Parce que tu as changé. Ton corps, ton couple, tes amis, tes compétences, tes priorités. ton niveau d'énergie et d'exigence, ta tolérance aussi, tes ambitions et beaucoup d'autres choses. Et souvent, tu continues à essayer de prendre des décisions avec des repères qui ne sont plus les bons, ce qui génère de la peur et du coup de l'inaction, sans finalement refléter ce que tu veux vraiment et ce que tu vaux vraiment. On me dit souvent, « Jess, moi, je n'ai pas besoin d'un coach pour me poser des questions. Je le fais déjà très bien tout seul. » Et je t'assure que je m'en pose déjà pas mal. Je sais, c'est vrai. Mais justement, mon rôle, c'est de te poser les questions que tu ne te poses pas, les portes que tu ne vois pas, les options que ton cerveau évite, celles qui les dérangent, qui l'empêchent de te protéger, celles qui te sortent de ta zone de confort. Parce que les réponses que tu cherches ne sont souvent pas dans ce que tu vois déjà. mais dans ce que tu refuses de regarder. On aimerait tous que ce soit simple, que la décision soit évidente, que le changement soit fluide, que tout s'aligne rapidement, que toutes les étoiles soient alignées. Un peu comme vouloir maigrir sans manger de légumes, McDo, pizza, j'ai testé, ça marche pas. Ou avoir des abdos avec un appareil d'électro-stimulation, c'est dans le canapé devant la télé. Tu regardes Télé Shopping et tu te dis c'est bon, j'ai trouvé le moyen d'avoir des abdos faciles. Jusqu'à preuve du contraire, c'est pas hyper efficace. En réalité, quel que soit ton objectif, sans effort, sans inconfort et sans un minimum de risque, il n'y a pas de réelle transformation. La vraie question n'est pas est-ce que je dois changer de job ? Est-ce que je dois rester ? Mais c'est de te demander ce qui te pèse le plus aujourd'hui, ce qui pèse le plus dans la balance de ta décision. Est-ce que c'est l'inconfort de ta situation actuelle ou le risque que tu prends en changeant ? Et tant que l'inconfort actuel est supportable, tu restes. Alors concrètement, pourquoi changer de job ne règle pas toujours le problème ? Pour deux raisons principales. La première... c'est que changer de job dépasse le cadre professionnel. Ce que je veux dire par là, c'est qu'un changement professionnel, ce n'est jamais juste professionnel. Ça impacte divers domaines de ta vie. Ton organisation familiale, peut-être avec de nouveaux horaires, des déplacements, etc. Ça impacte ton énergie. Tu es un peu stressé au début, tu as besoin de te donner à fond pour montrer ce que tu vaux. pour valider ta place dans ta nouvelle entreprise, dans ton nouveau poste. Ça impacte ton humeur, ta vie sociale. Tu ne fréquenteras peut-être plus les mêmes personnes ou tu n'auras simplement pas autant de temps pour voir tes potes et faire du sport même. Bref, ça impacte ton équilibre personnel. Tu quittes un environnement, un boss, des conditions de travail, mais tu emportes avec toi tes habitudes, tes réflexes, ton fonctionnement. tes mécanismes, qu'ils soient bons ou mauvais. Par exemple, de dire oui trop souvent à trop de monde, même si ça ne rentre pas dans tes objectifs, dans tes priorités. Et du coup, tu te mets sur la tête une charge de travail folle, tu es débordé, mais sans vraiment être focalisé sur ce qui va te faire évoluer, avancer, avoir une promotion ou une prime. Tu ne poses pas de limites, Claire. Tu veux tout gérer. vérifier, petite difficulté à déléguer et t'attends trop longtemps avant de dire stop. Ça, ça va pas rester à la porte de ton ancienne boîte. Forcément, ces comportements recréent des situations inconfortables, similaires à ce que tu as voulu quitter. Et là, on entend beaucoup de gens dire « de toute façon, c'est pareil partout » . Hein, la voix… J'ai envie de dire du français, je suis obligée. Peut-être que c'est vrai. Mais peut-être que tu reproduis les mêmes comportements et que ça joue. Parce que le reste, tu n'as pas vraiment d'influence dessus. Tes comportements, oui. Et quelques ajustements de ta part changeraient déjà des choses importantes. Évidemment pas tout, mais ça peut déjà faire une grosse différence. Dès le départ, tu poses un cadre. Tu dis non, plutôt, à certaines choses. Tu te fixes des objectifs, des limites, ne serait-ce que sur les horaires. Pas forcément dans la journée, à toi de voir. Mais au moins une déconnexion quand t'es en vacances, ce que tu fais peut-être pas aujourd'hui, le soir, le week-end. Prioriser, comme je disais, moi ça a changé beaucoup de choses dans ma vie, de prioriser. Et au début, j'avais un peu de difficulté, parce que c'est vrai que j'aimais bien tout faire. Ça me permettait de me former, j'étais curieuse, ça me permettait de comprendre des choses, et puis j'aimais aider les autres, tout simplement, donc je les aidais dans leurs propres tâches. Donc au début... Quand j'ai changé de job, j'ai décidé de ne plus faire ça. Ça m'avait valu pas mal de problèmes pour tout un peu de reconnaissance et davantage finalement. Donc je demandais tout simplement à mon boss quelle était sa vision, quelles étaient ses propres priorités pour pouvoir m'aligner au maximum dessus. Tu peux apprendre également à déléguer un peu plus. Selon ton niveau, ça peut être des petites choses, ça peut être à... tes propres collaborateurs, à ton équipe. Ça peut être en externe, ça peut être tout simplement des tâches qui ne sont pas directement reliées à ton travail et qui parfois sont le taf d'autres personnes mais que tu t'amuses à faire parce que les autres ne le font pas en temps et en heure et ça t'impacte. Je comprends, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais tu peux arrêter de tout prendre sur toi pour compenser ces manquements ou alors parce que tu penses que ça démonte ta valeur. En général, il n'y a que toi que ça convainc. Les autres en profitent, c'est tout. Alors oui, c'est inconfortable. Ça marche pas du premier coup. Oui, Henri va continuer à passer 45 minutes à la machine à café, et tu vas craquer parfois. Mais petit à petit, tu reprends la main. Et surtout, tu ne refais pas les mêmes erreurs ailleurs, et donc tu ne recrées pas exactement la même situation que tu avais quittée. D'ailleurs... Ça me fait penser à une citation que j'aime beaucoup d'Albert Einstein qui dit, il me semble, « La folie, c'est de faire toujours les choses de la même manière et de s'attendre à un résultat différent. » Alors la formulation n'est peut-être pas exactement bonne, mais c'est ça. En gros, c'est de refaire exactement la même chose, éventuellement ailleurs, et de s'attendre à ce que le résultat soit différent. Ça porte à réflexion quand même. Il y a un autre mantra que j'aime beaucoup associé à celui-là, mon mantra, c'est une citation de Marc Aurel. Alors si ça vous intéresse, je peux vous préciser qu'il est empereur romain et philosophe. Voilà, voilà pour la petite anecdote du repas du dimanche midi. Mais en tout cas, ce qu'il dit me porte depuis des années. Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé. Le courage de changer ce qui peut l'être. Et la sagesse de distinguer. l'un de l'autre. Cuir n'est pas forcément la réponse. Mais en même temps, on ne peut pas changer les autres. Par contre, par ricochet, vous pouvez changer le comportement des autres. Vous pouvez changer des événements en changeant vous-même votre fonctionnement, votre manière de réagir, la manière dont vous voyez, percevez les choses et réagissez. Il faut avoir le courage de le faire. Ce n'est pas toujours évident. Et forcément, ça a des conséquences. positive mais aussi beaucoup plus inconfortable. Alors changer de job peut être une solution, mais ce n'est pas LA solution à ton problème. Si tu changes sans comprendre, tu déplaces, tu recommences. Si tu changes avec lucidité, tu évolues. La vraie question à te poser, c'est pourquoi ? Et en deux mots, parce qu'il y a les raisons, mais il y a aussi les objectifs, pour quoi faire sous-entendu. Donc pourquoi est-ce que tu veux partir ? Et ce que tu veux construire convient-il à la personne que tu es devenue ? Si tu ne dois retenir qu'une chose de cet épisode, c'est ça. Est-ce que tu veux changer de job pour fuir ce qui ne te convient plus ? Ou parce que tu sais précisément ce que tu veux construire à la place ? Parce que si tu pars sans cette clarté, tu risques de reproduire les mêmes schémas ailleurs. Et pire, de regretter ce que tu avais sans même t'en rendre compte. Des collègues avec qui ça fonctionnait bien, une certaine facilité dans ton job, dans ton quotidien, une reconnaissance que tu avais fini par banaliser. Si tu tournes en rond, on peut en parler ensemble. Je te dis à bientôt pour le prochain épisode. Merci de m'avoir écouté. J'espère que cet épisode a levé quelques doutes en toi ou t'a ouvert de nouvelles perspectives. Si c'est le cas, je t'invite à me laisser un commentaire ou à partager cet épisode à quelqu'un qui, comme nous, a une valeur travail très forte, mais pour qui le moment est peut-être venu d'évoluer, de donner du sens à tout ça, sans y laisser des plumes. que ce soit dans sa vie familiale ou dans son équilibre personnel. Pour approfondir la réflexion, abonne-toi à ma newsletter Crise de vie. J'y développe certains points un peu plus en profondeur. Et sinon, je te donne rendez-vous sur LinkedIn ou sur Instagram, Jessica David Coaching. Tous les liens sont dans la description de cet épisode. A très vite !