Speaker #0Est-ce que tu dois attendre que tes enfants soient grands pour changer de job ? Attendre qu'ils soient plus autonomes ? Qu'ils comprennent ? Qu'ils quittent la maison ? Que la vie soit plus simple ou plus stable peut-être ? Bref, attendre le bon moment. Sur le papier, la question paraît raisonnable, responsable même. Parce que quand on est parent, on ne pense plus seulement à soi. Mais derrière cette question, il y en a souvent une autre, beaucoup plus inconfortable. Est-ce que j'attends vraiment pour protéger mes enfants ? ou pour éviter de prendre une décision qui me fait peur. Parce que la vérité, c'est qu'il n'existe pas de moment parfait pour changer de trajectoire. La vie ne se met jamais en pause. Dans cet épisode, j'aimerais explorer cette question avec toi. Derrière ce dilemme se cache souvent un malentendu sur la parentalité, sur le timing et sur ce que signifie vraiment changer de trajectoire professionnelle quand on a une famille. Tu écoutes Crise de vie. et transition professionnelle. Le podcast des 40 ans et plus en plein doute professionnel est souvent identitaire. Je suis Jessica David, coach professionnel certifié, mais surtout rescapé d'une crise de la quarantaine précoce. Et dans Crise de vie, je t'aide à comprendre ce qui se joue dans ta tête et à reprendre ton pouvoir de décision quand le pro et le perso s'entrechoquent. C'est parti pour l'épisode du jour. Je suis ravie de te retrouver pour cet épisode numéro 3 du podcast « Crise de vie et transition professionnelle » . C'est parti ! On se raconte souvent qu'il existe un moment idéal pour changer de trajectoire. Un moment où les enfants seront plus grands, le couple sera plus stable, les finances seront plus confortables, la vie sera moins compliquée. Mais la vérité, c'est que la vie ne se stabilise jamais complètement. Elle évolue en… permanence. Il n'y a de constant que le changement. Quand les enfants sont petits, ont manque de sommeil, quand ils grandissent, on gère l'adolescence, quand ils partent, on souffre parfois du syndrome du nid vide, il se passe toujours quelque chose. Des imprévus, c'est la vie. Quand ce ne sont pas les enfants, c'est le travail. Quand ce n'est pas le travail, ce sont les parents qui vieillissent. Il y aura toujours une bonne raison d'attendre. Quand j'ai décidé de changer d'entreprise après presque dix ans dans la même boîte, j'avais très peur. Dix ans à essayer d'évoluer, dix ans à essayer de faire bouger les lignes. Sans réel succès au final. À ce moment-là, quelque chose commençait à bouger en moi. Je sentais que j'avais besoin de changement. J'avais besoin de retrouver cette flamme. Moi qui adorais travailler. Et le développement personnel m'a aidée à reprendre confiance. Alors, j'ai commencé à passer des entretiens, pas n'importe lesquels. Ça a pris du temps, j'ai exploré, j'ai expérimenté, j'ai appris à me connaître. J'ai choisi les entreprises où j'avais vraiment envie de travailler, les postes que j'avais vraiment envie d'occuper avec mes critères. Mais très vite, j'ai eu un retour, plusieurs retours en fait, même d'employeurs dans l'industrie, qui étaient inquiets parce que la transformation digitale, était en plein boom, il ne pouvait plus passer à côté. Sauf que le digital et l'industrie, ça ne faisait pas forcément bon ménage. Personne ne s'y connaissait vraiment. Ils voulaient quelqu'un qui avait des connaissances précises sur le digital. Et moi, mon diplôme avait 10 ans, j'avais de l'expérience, mais j'étais plutôt la responsable communication à 360 degrés. Alors malgré mon Bac plus 5 et mon expérience, j'ai repris une formation à distance. pour mettre à jour mes connaissances et pour me spécialiser dans le marketing digital. Professionnellement, je me sentais prête du coup. Mais personnellement, j'avais très peur. Mon fils venait tout juste d'entrer en maternelle et je culpabilisais énormément de devoir le laisser. Changer de poste, ça voulait dire pour moi plus de responsabilité, plus d'heures, surtout au début, peut-être plus de déplacement. Et une petite voix dans ma tête me répétait Est-ce qu'une bonne mère ferait ce choix ? Est-ce que c'est vraiment le bon moment pour changer de job quand on a un enfant de 3 ans et demi ? Si tu écoutes ce podcast, il y a de grandes chances que tu connaisses ce tir à aimant. D'un côté, ta valeur travail, ton envie d'évoluer, de donner ou de redonner du sens à ta carrière. Et de l'autre, ton envie d'être présent, de bien faire les choses, d'être un bon parent. Et ce que je ne savais pas encore à ce moment-là, c'est que la vie avait complètement bouleversé mes plans. J'avais peur de ne plus être assez présente. de ne pas voir grandir mon fils, de manquer les moments importants de sa vie. Et puis quelque chose d'assez incroyable, complètement imprévisible s'est produit. Deux semaines après ma prise de poste, la planète entière s'est arrêtée. Mars 2020, le Covid, le confinement. Je venais de commencer un nouveau travail, et moi qui avais peur de ne plus avoir assez de temps pour mon fils, je me suis retrouvée à la maison avec lui. presque toute l'année, 24h sur 24 et 7j sur 7, à lui faire l'école, à partager ses journées, à voir ses petites victoires du quotidien. L'année où j'avais le plus peur de ne pas être là pour lui est finalement devenue l'année où j'ai été la plus présente. Est-ce que c'est ça qui m'a donné la force de supporter en mode Wonder Woman cette année de folie ? Parce que oui, j'ai cohabité... avec ma belle-sœur, son conjoint, leur chien et leur nouveau-né. J'ai travaillé depuis la maison, j'ai vécu depuis la maison avec eux, avec un conjoint entrepreneur, pas souvent présent à la maison, et qui au bout de quelques mois finit par m'amener un petit chiot malade qu'il fallait soigner avant qu'il retourne dans l'enceinte de là où il travaillait. Alors oui, je l'ai soigné, mais bien évidemment qu'il est toujours avec moi aujourd'hui. Je ne l'ai pas relâché ce petit bout. Enfin bref, j'ai traversé cette année de folie et j'avoue que j'en suis assez fière. Mais ce que ça m'a appris sur le plan professionnel et sur la vie en général, c'est qu'on ne sait jamais vraiment ce qui va se passer. On peut anticiper, on peut prévoir, on peut réfléchir, on peut se faire tous les scénarios possibles. Et c'est normal, c'est humain. C'est même une forme de maturité de vouloir se préparer. Mais quoi qu'on fasse, il y aura toujours des événements qu'on n'avait absolument pas imaginés dans la vie comme dans notre carrière. Du coup, la vraie question, c'est est-ce que tu préfères subir les changements qui arriveront, quoi que tu fasses dans la vie, ou est-ce que tu préfères choisir ceux dans lesquels tu veux investir ton énergie ? Je répète ma question. Est-ce que tu préfères subir les changements que la vie va t'imposer ou est-ce que tu veux choisir ceux dans lesquels tu veux investir ton énergie ? Quand quelqu'un change intérieurement, c'est jamais un cas isolé. Ce que je veux dire par là, c'est que pour moi, ça ne concerne pas qu'un domaine de sa vie. J'ai une pensée... plutôt systémique. Et je vois chacun d'entre nous, chaque personne, en fait, comme un écosystème complet. C'est-à-dire qu'il y a ton travail, ton couple, ta famille, tes enfants, ta vie sociale, tes amis, ta santé, tes loisirs, l'organisation de la maison. Il y a beaucoup de choses, en fait. Donc, quand tu changes un élément de ce système, forcément, quoi qu'il arrive, ça impacte d'une manière ou d'une autre le reste du système. Donc, décider de changer, ce n'est pas seulement prendre une décision professionnelle, c'est faire bouger tout le système. Et c'est pour ça que beaucoup de gens attendent, parce qu'ils ont peur de déranger l'équilibre, même quand cet équilibre n'est pas vraiment satisfaisant. Mais choisir implique toujours un prix à payer. Choisir, c'est renoncer. Je me suis longtemps arrêtée sur cette phrase qui me gênait. De dire oui, choisir, c'est devoir renoncer à quelque chose. Ça a toujours été compliqué pour moi. Même d'être toute jeune, en décidant de quitter par exemple mon petit ami, je me disais, ok, mais comment je fais limite pour le garder sous le coude ? Comment on fait pour se remettre ensemble si finalement, j'ai fait le mauvais choix ? Mais oui, quand on ouvre une porte, ça veut dire qu'on enferme d'autres. La vie, elle est comme ça. S'ouvrir à quelque chose de nouveau implique forcément de renoncer à autre chose, à des croyances, à des habitudes, à des relations. Mais rester immobile a aussi un prix, celui de ne jamais savoir ce qui aurait été possible. Quand on commence à transformer sa trajectoire professionnelle, on transforme souvent beaucoup plus que cela, du coup. Et je pense à un client que j'ai accompagné. Au départ, sa question était uniquement professionnelle. Après plus de 30 ans dans l'informatique, il ne voulait pas forcément tout quitter. Parce qu'il aimait toujours son métier, il le connaissait très bien, il était expert, il n'avait pas de doute là-dessus. Mais il sentait bien qu'il avait envie d'exercer cette expertise différemment, avec moins de contraintes hiérarchiques, plus de liberté dans sa manière de travailler, plus de sens. On a donc commencé par travailler sur sa trajectoire professionnelle. Il était très motivé, très actif. Il a vite réactivé son réseau. Je l'ai aidé à regarder les options qu'il pouvait avoir, qu'il n'avait peut-être pas envisagées. Et il a commencé à tester, à faire des stages, à donner des formations, à être ouvert aux opportunités de son réseau. Il a réussi petit à petit à clarifier ce qu'il voulait vraiment. Il a repris confiance en... dans la possibilité de vivre autrement tout court déjà, et de vivre autrement son expertise. Il a élargi ses perspectives et il a finalement décidé de se lancer à son compte. Cette décision ne s'est pas prise sur un coup de tête, elle est arrivée après plusieurs mois de réflexion et d'expérimentation. Mais ce qui est intéressant, c'est ce qui s'est passé ensuite. Quelques mois après ce changement professionnel, il a commencé à ressentir un autre décalage dans sa vie personnelle. En avançant dans sa transformation, il était devenu plus lucide sur ses besoins, ses valeurs, ses forces, sa manière de voir la vie, ce qu'il voulait et ce qu'il ne voulait plus. Et peu à peu, lui et sa femme ont réalisé quelque chose de difficile à admettre. Ils avaient changé. Tous les deux, ou plutôt chacun de son côté, à sa manière. Ils continuent à fonctionner ensemble, par habitude, par loyauté, par affection, peut-être, mais ils ne regardaient plus vraiment dans la même direction. Ce n'est pas arrivé brutalement, c'est apparu très progressivement, et ils ont décidé de se séparer, pas dans la colère, pas dans la guerre, avec beaucoup de respect. pour l'un et pour l'autre. Ils ont simplement accepté que leur histoire de couple arrivait à la fin d'un chapitre. Ils sont restés très proches, solidaires, unis par ce qui compte le plus finalement pour eux, leurs enfants. Alors je voudrais préciser un point quand même. Le développement personnel ne détruit pas les couples. Il faut arrêter avec les images négatives sur le développement personnel. Et une transition professionnelle ne mène pas forcément non plus à une séparation. Le développement personnel permet d'ouvrir notre champ des possibles, d'avoir un autre regard, un autre angle sur la vie et sur les convictions, peut-être qu'on avait jusque-là. Le développement personnel, encore une fois, fait partie pour moi d'un tout. Se mettre au développement personnel, ce n'est pas être égoïste, ce n'est pas ne penser qu'à soi. vouloir se développer, être la meilleure version de soi-même, comme on peut l'entendre à outrance. Non, c'est prendre confiance en soi, avancer vers ses objectifs, oser parfois de nouvelles choses pour être une meilleure personne avec les autres, pour être un conjoint plus à l'écoute, pour être un parent qui inculque des valeurs, pour inspirer les autres. Mais quand on commence à travailler sur soi, à clarifier ses valeurs, ses besoins, on devient plus honnête, plus honnête avec soi-même, avec les autres. Et parfois, ça rapproche de certaines personnes, mais ça éloigne aussi d'autres, avec qui on se sent moins... on sent moins de points communs, une vision peut-être différente. Parfois, ça oblige à ajuster certaines choses. Et parfois, ça peut aller jusqu'à la séparation, oui. Mais ce n'est pas le changement qui crée le problème, ni le développement personnel, ni le changement professionnel. C'est simplement qu'à ce moment-là, on révèle ce qui était déjà là, qu'on ne voyait peut-être pas jusqu'à aujourd'hui, ou qu'on ne voulait pas voir, et à un moment donné, on n'a plus envie de faire semblant. Le message que j'aimerais te laisser aujourd'hui, c'est qu'on ne peut pas attendre que toutes les conditions soient parfaites pour avancer. Parce que la vie ne se déroule jamais comme prévu, quoi qu'il arrive. Il y aura des changements. Choisis ce que tu veux vivre. Changer de trajectoire ne veut pas dire abandonner sa famille, être égoïste, ou tout envoyer valser. Ça veut dire regarder sa vie avec lucidité, avec honnêteté et accepter qu'elle évolue. La question n'est peut-être donc pas « est-ce que tu dois attendre que tes enfants soient grands pour changer de job, pour revoir ta trajectoire professionnelle ? » mais plutôt « un parent qui poursuit un projet aligné n'est-il pas un meilleur modèle pour ses enfants qu'un parent qui s'étend en silence dans un travail qui ne lui correspond plus ? » Un parent qui attend le bon moment pour vivre ou un parent qui montre qu'on peut réfléchir, s'adapter et parfois oser tout en assumant ses choix. J'espère que cet épisode a levé quelques doutes en toi ou t'a ouvert de nouvelles perspectives. Si c'est le cas, je t'invite à me laisser un commentaire ou à partager cet épisode à quelqu'un qui, comme nous, a une valeur travail très forte. mais pour qui le moment est peut-être venu d'évoluer, de donner du sens à tout ça, sans y laisser des plumes, que ce soit dans sa vie familiale ou dans son équilibre personnel. Pour approfondir la réflexion, abonne-toi à ma newsletter Crise de vie. J'y développe certains points un peu plus en profondeur. Et sinon, je te donne rendez-vous sur LinkedIn ou sur Instagram, JessicaLavidCoaching. Tous les liens sont dans la description de cet épisode. A très vite !