SpeakerBonjour les amis! Bienvenue à Cybel et Cyborg, avec Cybel, ça c'est moi, et mon robot ami...
Cyborg, ça, c'est moi.
Comme toujours à notre émission, on vous raconte une histoire que j'ai inventée pendant la semaine. Et Cyborg?
J’ai préparé le dossier pédagogique et toutes les informations nécessaires pour notre émission.
Le conte d'aujourd'hui, c'est l'histoire d'un Ours polaire. J'ai inventé cette histoire parce que moi là, j'adore comment il se dandine, l’ours polaire.
L’ours polaire vit sur la b-b-b-banquise Arctique. La banquise, c'est comme le frigo des ours polaires, hein, Cyborg?
Non, un réfrigérateur, ça prend de l'électricité, Cybel.
Oui, mais là Cyborg, c'est une expression.
Mais c'est vrai que c'est sur la banquise que l’ours polaire trouve sa nourriture principale, le phoque. Les ours attendent patiemment près des trous de respiration des phoques. Quand un phoque monte prendre l'air, l’ours surgit. Il utilise ses griffes et ses dents pour déchirer la peau, déchirer la chair, déchirer le phoque.
Woah woah woah woah woah ark ark ark ark ark, là ça c'est trop d'informations Cyborg. Puis aussi, les ours polaires, ils sont capables de vivre plusieurs mois sans manger, hein, Cyborg?
Affirmatif! Un ours polaire peut survivre plus de 6 mois sans manger. Les ours polaires comptent sur leur réserve de graisse en été et attendent le retour de la banquise en hiver pour chasser le phoque. Ce temps d'attente devient de plus en plus long à cause du réchauffement climatique et ça a un impact négatif sur leur santé.
Oh non, Cyborg, tu veux faire de la peine à tout le monde ou quoi? Moi, je veux raconter mon histoire, puis mon histoire, elle se passe bien avant tout ça. Il y a très, très, très, très longtemps là, la Terre n'était même pas encore dans son effet dessert.
Effet de serre, Cybel.
Mais c'est ça que j'ai dit.
Non.
Parle donc aux auditeurs de comment c'est gros un ours polaire à la place...
Ah, l’ours polaire peut peser jusqu'à 1000 kg et mesurer plus de 3 mètres de long.
Ça, les amis, c'est gros comme un stade olympique.
Faux, Cybel.
L’ours polaire est plutôt d'une taille et d'un poids comparables à celui d'une petite voiture.
Un ours polaire, les amis, c'est gigargantesque.
Pardon?
Gigargantesque.
Oh, bravo. Un mot-valise.
Bon. Prêt pour commencer le conte, Cyborg?
Je suis prêt!
Préparez vos oreilles, les amis! Cyborg, fais-moi pas honte! Sors-nous tes plus beaux sons et tes voix les plus drôles! 3, 2, 1! G-g-g-g-g-go!
Il y a très, très, très, très longtemps, un Ours marchait sur la banquise. Vous l'entendez? Il marche, il marche depuis des heures. Il a de la misère. Il y a une grosse tempête, puis le vent fouette son visage. Puis il ne sait pas par où aller pour trouver un phoque. Avec la tempête, il ne sent rien, puis avec la nuit noire, il ne voit rien non plus. Pas un seul petit trou magique où peut apparaître une petite tête de phoque.
Tut-tut-tut-tut! Un trou de respiration n'est pas un trou magique, Cybel. C'est un trou que font les phoques à l'aide de leurs griffes et de leurs dents pour pouvoir aller respirer à la surface.
Je me demande ce que leur dentiste aurait à dire à propos de ça. Bon, on retourne dans l'histoire, Cyborg. Donc, l’Ours est très, très découragé.
Je n'ai pas mangé depuis plusieurs mois. Si je ne mange pas bientôt, je n'aurai plus la force de chasser. Je...
Il est super extra découragé. Même que... même que... il a envie de pleurer. Une larme chaude et salée se prépare sur le bord de l'œil de l’Ours, mais elle coule pas. Parce que juste au moment où la larme allait couler... L’Ours se met à entendre un chant mystérieux à travers la tempête.
On dirait qu'il y a quelqu'un qui chante par là. D'habitude, c'est les baleines qui chantent. Mais peut-être que c'est un phoque.
Fait que l’Ours ravale sa larme dans son œil, puis se met à courir plein d'espoir en direction de la mélodie. L’Ours a suivi le chant. Il est rendu tout seul au milieu de la banquise arctique. Puis le chant est vraiment fort. Mais l’Ours n'arrive pas à comprendre d'où ça vient.
Allô, il y a quelqu'un? Est-ce que je suis en train de devenir fou? Qui chante?
Mais personne répond. Il ne voit rien. Il ne sent rien. Il n'y a rien qui se mange à des kilomètres à la ronde. Il est furieux, l’Ours. Mais il est aussi très triste. Puis c'est pas dans l'habitude des ours polaires de faire ça, mais là, il se laisse aller. Puis il se met à pleurer. La larme qu'il avait ravalée plus tôt, là, elle ressort, puis elle se met à grossir sur le bord de son œil. Puis elle grossit jusqu'à déborder sur sa joue, puis elle coule sur le poil de menton de l'Ours. Puis finalement, sa larme chaude et salée d’ours polaire tombe sur la glace. Puis à ce moment-là, le chant mystérieux s'arrête net, frette, sec.
Hein?
Puis la banquise se met à trembler en dessous des grosses pattes de l'Ours.
Qu'est-ce qui se passe? Un glaçon gros comme une montagne venait de percer le cœur de la banquise, puis s'élevait maintenant devant l'Ours polaire. L'Ours n'en croyait pas ses yeux ni ses oreilles, parce que la mélodie mystérieuse semblait sortir directement du glaçon.
Qui chante?
Et là, le glaçon s'est mis à parler.
Je suis le Cœur de la banquise!
Le Cœur de la banquise?
Oui! Ta larme chaude et salée comme la mer m'a profondément touchée, Ours. J'y ai goûté notre lien éternel et notre fragilité partagée. Puisque je suis sensible à ton désespoir, j'utiliserai mes pouvoirs pour exaucer trois de tes vœux!
Hein?
Oh! OK, des vœux!
L'Ours n'avait pas l'habitude de réfléchir longtemps, alors son premier vœu est sorti super vite.
Ah! Je souhaite avoir un phoque! S'il vous plaît!
Ha ha ha ha ha ha! J'exauce ton premier vœu! Un phoque!
Et là, un trou de transpiration...
Respiration!
Ouais, c'est ça !
Un trou de respiration est apparu sur la banquise, et un phoque en est sorti. Puis l'Ours l'a englouti comme une guimauve.
C'est l'heure de ton deuxième vœu, Ours.
Un deuxième vœu? Ouf... J'aimerais bien aller voir mon cousin Germain qui est à l'Aquarium de Québec. Mais en même temps, j'ai encore un peu faim.
Je ne veux pas te presser, mais je chante avec le chœur de l'océan tout à l'heure et je dois continuer de réchauffer ma voix. Alors...
Euh... Ça fait tellement de bien de manger. Puis je sais pas combien de temps je vais passer encore sans trouver d'autres phoques. Pourquoi je n'ai pas demandé deux phoques? Mais attends... Faut que je demande beaucoup de phoques, comme ça, mon troisième vœu, je vais pouvoir demander que mes amis pingouins arrivent à voler parce que là, ils sont pas ben ben bons. OK. C'est quoi le plus gros chiffre que je connais? Un? Deux. Dix. Vingt-cinq. Un million. Oh! Un million, c'est beaucoup! C'est un beau chiffre, ça se dit bien. Avec un million de phoques, j'aurai plus jamais faim. Je pourrai passer le restant de mes jours à profiter de la vie.
As-tu fait ton choix, Ours?
Oui, je souhaite avoir un million de phoques.
J'exauce ton deuxième vœu. Un million de phoques.
Puis là, là, là, les amis, de plus en plus de trous se sont mis à apparaître sur la banquise pour faire sortir le million de phoques que l'Ours avait demandé. Puis la banquise devenait comme du fromage suisse. Puis ça continuait, puis ça continuait. Puis à la fin, il n'y avait même plus de banquise. La banquise était toute détruite en petits morceaux. Fait que les phoques, puis l'Ours, puis le Cœur de la banquise, tout, tout était juste dans l'eau.
Oh non, qu'est-ce que j'ai fait?
L'Ours nageait à travers les vagues, puis il cherchait le Cœur de la banquise...
Il me reste un vœu... Je souhaite revenir en arrière!
Je suis en train de fondre dans l'océan! Je perds mon pouvoir! Je ne peux plus t'aider! Adieu!
Madame le Cœur de la banquise, revenez!
Le cœur du Cœur de la banquise avait perdu toute sa puissance et elle avait même pas pu exaucer le troisième vœu de l'Ours.
L'Ours a nagé pour rejoindre le rivage. Il a nagé des centaines et des centaines de kilomètres en pleurant. Il pleurait parce que non seulement la banquise puis son cœur avaient disparu à cause de lui, mais aussi parce qu'il s'imaginait toute la peine que ça allait faire aux autres animaux de la Terre.
Mais... c'est très triste, Cybel.
Je pensais que les robots n'avaient pas d'émotions, Cyborg.
Est-ce que ton histoire de la semaine prochaine va être aussi triste?
Ben non, je me renouvelle, moi. Je ne fais pas tout le temps la même chose. Est-ce qu'il y a des auditeurs qui ont laissé des commentaires?
Oui, je viens justement de recevoir un message de Sophie, 8 ans, qui habite Trois-Pistoles.
OK, veux-tu nous lire sa question, Cyborg?
Moi, je suis triste pour l'Ours et l'Arctique et tout. Toute ma famille pleurait quand l'Ours a crié à la fin. Ça m'a fait penser quand ma prof parlait des réchauffements climatiques. Moi, je pense que ton histoire était trop triste parce que moi, je pense qu'il y a encore de l'espoir, Cybel. Alors, pourquoi ton histoire est aussi triste?
Moi, j'aime toutes les histoires. Les drôles, les tristes, les moitié-moitié. Celle-là est triste, mais la prochaine va être moins triste. Je le sais, c'est moi qui vais l'inventer.
J'ajouterais qu'une histoire triste peut contribuer à la société en suscitant la sensibilisation, l'empathie, le changement social et l'inspiration.
Bon, c'est assez là, Cyborg. J'ai envie d'aller jouer avec Marie-Camomille, elle m'attend dehors avec sa crazy carpet. Manquez pas notre prochain épisode. Cyborg, générique.
Cybel et Cyborg. Texte, direction artistique et production, Melissa Merlo et David Bouchard. Univers sonore et mixage, Josué Beaucage. Direction de plateau, David Bouchard. Production déléguée, La Brute qui pleure. Dans le rôle de Cybel, Melissa Merlo. Dans le rôle de Cyborg, Charles-Etienne Beaulne. Dans le rôle de l'Ours polaire, Jean-Nicolas Marquis. Dans le rôle du Cœur de la banquise, Linda Laplante. Cybel et Cyborg a été créé avec le soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec.