- Speaker #0
Dans l'ombre, un podcast produit par We Are et Time to Sign Off.
- Speaker #1
Bienvenue dans Dans l'ombre, le podcast produit par We Are et Time to Sign Off, où l'on reçoit ceux qui, par vocation, ne parlent jamais. Visiteurs du soir, hommes et femmes de l'ombre, agents secrets ou agents de stars, bref, tous ceux et celles qui tirent les ficelles mais évitent la lumière. Ce sont eux que nous recevons dans Dans l'ombre, pour qu'ils nous expliquent leur métier et leur méthode, et qu'ils nous racontent leur histoire. Je suis Romain Dessal, fondateur de la newsletter d'information Time to Sign Off, TTSO, et ce soir je reçois l'homme qui est peut-être le plus puissant de la télé française, ou en tout cas l'homme le plus puissant dans « Et ça n'est pas rien » , ce qui façonne nos références culturelles communes et peut-être nos imaginaires. Cet homme qui décide de ce que 6 millions de Français voient chaque soir à la télé, c'est Ara Apriquian, DGA chargé des contenus de TF1. Bonsoir Ara.
- Speaker #2
Bonsoir Romain.
- Speaker #1
Alors, vous avez fait l'ENSAE et Sciences Po, donc... plutôt statisticien de formation, on n'attend pas un scientifique à la tête des programmes de TF1. Qu'est-ce qui est le moment où vous avez basculé dans la télévision ?
- Speaker #2
Alors c'est un peu un concours de circonstances. J'ai fait effectivement des études scientifiques au départ, puisque je suis diplômé de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique.
- Speaker #1
L'ENSAE.
- Speaker #2
L'ENSAE. À une époque où les médias audiovisuels se professionnalisaient d'une certaine façon, ils professionnalisaient leurs mesures d'audience. Avec l'introduction de ce qu'on appelait le MediaMat, la mesure automatique de l'audience de la télévision. Avant, c'était ce qu'on appelait des carnets d'écoute. Il y avait un panel qui remplissait chez eux des carnets où ils disaient ce qu'ils avaient regardé la veille à la télévision. Tout ça s'est transformé avec l'utilisation d'un boîtier qui s'appelle le MediaMat, dont on connaît un peu le nom. C'est devenu un peu iconique. et qui mesure automatiquement si une chaîne est allumée et si oui sur quelle chaîne et quel type de population regarde quel type de programme. Et il fallait accompagner ce développement de la mesure, ce développement technologique, d'une analyse au sein des chaînes pour pouvoir analyser ces quantités de chiffres et de data et ce qui fait qu'il y a eu une recherche de gens qui étaient capables d'analyser ces chiffres, de statisticiens. Et donc, c'est dans ce cadre-là que j'ai fait mon premier stage à TF1, à la direction du marketing de TF1, dirigé par Catherine Grandcoin, qui avait fait également l'ENSAE, où il y avait beaucoup de gens qui avaient fait l'ENSAE dans son service, et qui cherchaient un jeune diplômé pour pouvoir commencer à analyser ces chiffres. Et donc, c'est par le biais de ce premier stage que j'ai mis un pied dans la télévision et dans l'audiovisuel.
- Speaker #1
Et vous avez commencé votre carrière directement dans la télévision ?
- Speaker #2
C'était mon premier stage professionnel quand j'étais étudiant à l'ENSAE.
- Speaker #1
Et votre premier job ?
- Speaker #2
Alors ça n'a pas été mon premier job. Mon premier job, après une série de stages à TF1, mon premier job, mon premier CDI, ça a été chez Médiamétrie, justement, où je me suis occupé de la première mesure de l'audience du câble et du satellite qui se lançait aussi. Alors donc, ça commence à faire vieux. On ne mesure plus du tout les choses de la même façon, mais ça a été mon premier job chez Médiamétrie avant de rejoindre à nouveau TF1, le même service, mais là embauché.
- Speaker #1
Et alors chez TF1, qu'est-ce que vous commencez par faire ? Quel est votre premier job chez TF1 ?
- Speaker #2
C'est continuer à mesurer l'audience des programmes, alors pas la mesurer, mais faire l'analyse de cette mesure et en tirer les conséquences concrètes, pratiques pour la politique éditoriale des chaînes. de TF1 et l'optimisation de sa grille de programmation.
- Speaker #1
Et quand est-ce que vous passez dans l'aspect contenu et créatif du métier ?
- Speaker #2
Ça a été un peu plus long parce qu'on est souvent mis dans des cases. Et la case, je dirais, analyste, statisticien, ce n'est pas la même que celle de celui de, entre guillemets, créatif. Habituellement, non. Même si je me méfie de ce terme-là, j'en reviendrai peut-être dessus tout à l'heure. Mais c'était en 2001, il y a eu un bouleversement très important de la télévision qui était l'arrivée de ce qu'on a appelé la télé-réalité. On pourrait en parler parce que la télé-réalité, c'est moins un genre qu'une forme nouvelle de narration. Et l'arrivée de Love Story sur la 6 qui avait déstabilisé... pas mal l'offre de programmes de TF1. Il y a eu une reconfiguration, je dirais, un peu de ceux qui avaient en charge la programmation de TF1 à ce moment-là. Et j'ai fait partie de cette nouvelle équipe qui a pris en charge les jeux et la télé-réalité.
- Speaker #1
Ça, c'est intéressant. C'est la télé-réalité qui vous fait rentrer, qui vous fait basculer dans le côté... création, du côté contenu en tout cas, de TF1. Est-ce que vous voulez dire qu'on doit en déduire que la télé-réalité fait rentrer une sorte de manière de voir plus analytique les programmes et du coup fait rentrer de nouveaux profils à la tête des chaînes ou de leurs contenus ?
- Speaker #2
Alors de nouveaux profils, oui, pas d'une raison plus analytique, mais du fait que c'était l'irruption d'une nouvelle technologie, la numérisation, d'une modernité, d'un nouvel sens de la narration. Et ça, ça demandait des gens qui étaient plus contemporains sans doute avec cette émergence pour pouvoir l'adresser, le questionner, y répondre et faire les propositions éditoriales adéquates. Et donc ça a donné après l'arrivée de l'Astra Académie, etc. Mais ce que je voulais dire sur la télé-réalité, c'est surtout un mode de narration. Jusqu'alors, on n'avait pas la capacité à raconter une action en temps réel, en direct. Et en même temps, de raconter cette action, de la montrer aux yeux de tous, et de pouvoir donner les contre-champs par les points de vue, les testimoniaux de chacun des acteurs de cette action. C'est ça le principe narratif de la télé-réalité, qu'on peut décliner ensuite dans plein de genres, qui a été maintenant repris, y compris dans certaines formes documentaires. Mais le principe nouveau et qui fait la modernité du genre, c'est un principe narratif nouveau et qui est très... très fort, très puissant et dans lequel les gens se sont reconnus.
- Speaker #1
Alors, après TF1, vous passez chez Canal+. Chez Canal+, vous êtes là aux grandes années de l'esprit Canal. Quelle est votre mémoire de vos années Canal+, vous y avez passé à peu près 10 ans, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, alors c'est bien après puisque quand j'arrive à TF1, j'arrive en 95, je reste à peu près 3-4 ans au marketing, puis... cinq ans au programme, donc au jeu et à la télé-réalité, donc de 1995 à 2005. Et en 2005, à l'appel de Rodolphe Belmer, que je retrouverai par la suite à TF1, je rejoins le groupe Canal+, pendant dix ans, donc de 2005 à 2015, pour m'occuper au départ des programmes en clair du groupe Canal. Alors, ça a été une des belles périodes. Canal a connu des grandes périodes. Ce n'est pas la première grande période, je dirais. C'est la deuxième grande période de Canal+. Vous parlez de l'émergence de l'ancienne. Oui, avec l'émergence de grandes émissions de talk show modernes. Le Grand Journal, Le Petit Journal. Toujours les guignols, mais aussi l'arrivée dans la politique avec Dimanche Plus. Salut les terriens avec... Thierry Ardisson, beaucoup de nouveautés et des grands talents à la tête de toutes ces émissions.
- Speaker #1
Donc vous êtes là dans la deuxième grande période de Canal+. Qu'est-ce qui vous reste de cet esprit canal et est-ce que c'était encore l'esprit canal ? Qu'est-ce qui vous reste de ça ?
- Speaker #2
Alors c'est un peu compliqué. Moi, je n'ai jamais eu le sentiment de faire partie vraiment de l'esprit canal. J'amenais un peu de l'esprit TF1 à Canal+, comme j'ai... peut-être amené un peu de l'esprit Canal+, ATF1. Donc je suis un peu, je ne sais pas si c'est ma personnalité ou mon parcours, mais je suis un peu un être symbiotique, de ce point de vue-là. Non, j'ai beaucoup aimé ces années-là, qui étaient très riches intellectuellement, et où j'ai pu développer une autre forme de télévision, davantage basée sur le talk-show, le talk-show quotidien, la volonté de questionner la société française. le monde culturel à travers des incarnations, des interviews, des séquences produites, sophistiquées, avec un habillage moderne, etc. Et des personnalités qui permettaient de faire jaillir, je dirais, à la fois du divertissement et du sens. Et donc ça, je pense que ça a été la vraie matrice de ces années-là à Canal+, qui s'est exprimée. Le matin avec Bruce Toussaint, le midi avec Maïtena Biraben, le soir avec Michel Denisot, Yann Barthès, le week-end avec Thierry Ardisson, dimanche plus le dimanche. Donc c'était une grille extrêmement riche, extrêmement forte et ça a été pour moi un apprentissage très important dans ma capacité à embrasser une autre forme de télévision.
- Speaker #1
Vous mentionnez Yann Barthès, c'est un peu ce qui s'incarne maintenant dans le quotidien. qui est dans votre périmètre.
- Speaker #2
Oui, c'est la suite de l'aventure. Et on a eu la chance de pouvoir, je dirais, faire incarner la chaîne TMC par ce talk show. Talk show que le groupe TF1 ne possédait pas dans son ADN ni dans son historique et qu'on a amené pour, je dirais... structurer notre offre TNT sur TMC.
- Speaker #1
Et alors justement, puisqu'on parle de TF1, en 2016, Gilles Pélisson vous appelle chez TF1, vous passez du challenger au leader, est-ce que ce n'est pas le choc culturel ?
- Speaker #2
Alors pas vraiment, parce que moi j'ai toujours tendance à dire que TF1 et Canal+, ce sont deux leaders, leader de la télé gratuite pour TF1, et Canal+, leader de la télé payante. Donc les deux ont un ADN de leader. dans leurs attitudes, dans leur comportement et dans leur volonté de se dépasser. Sauf que la différence fondamentale, c'est d'être sur une offre payante, donc une offre d'image d'un côté sur Canal+, donc c'est contribuer à solidifier les abonnements, les développer et à développer une valeur d'image extrêmement forte. Et quand vous parlez de l'esprit canal, ça fait partie...
- Speaker #1
C'est la réussite.
- Speaker #2
C'est la réussite, je dirais.
- Speaker #1
De la légende.
- Speaker #2
De la légende qui continue. Mais TF1, c'est autre chose. C'est la capacité à rassembler, vous avez dit, tous les soirs, 6 millions de personnes à travers des émissions de divertissement, mais à travers aussi une offre d'informations, etc. Donc c'est la capacité à rassembler en permanence le plus de gens possible autour de programmes que l'on fabrique et que l'on édite.
- Speaker #1
Vous dites rassembler, mais concrètement, qu'est-ce que c'est votre travail aujourd'hui ? Vous êtes, je le rappelle, DGA en charge des contenus pour le groupe TF1.
- Speaker #2
C'est définir la ligne éditoriale de l'ensemble des programmes hors périmètre info, puisque c'est Thierry Tuillier qui dirige l'ensemble du périmètre info et LCI, mais c'est donc l'ensemble des chaînes, des grilles du groupe TF1, y compris le digital, pour nourrir ces chaînes et les constituer de contenus. qui rassemble le plus possible de téléspectateurs pour nous permettre de continuer à financer des programmes qui vont continuer à rassembler autant de téléspectateurs. Donc c'est créer cette chaîne continue d'investissement et de création pour continuer à offrir une offre qui rassemble les Français autour de divertissements populaires et immémorables.
- Speaker #1
Pour créer cette chaîne et ces divertissements, Quand on vous apporte un projet, soit un projet de fiction, soit un projet d'émission, qu'est-ce que vous regardez, quels sont vos critères, et qu'est-ce qui vous fait dire ça, ça peut marcher, ou ça, au contraire, je dois le rejeter ?
- Speaker #2
Alors, ça c'est une question qui n'est pas simple. D'abord, il faut le dire que la télévision, là je parle, c'est un podcast, je parle à la première personne, je donne le sentiment que tout découle de moi, et vous avez eu gentillesse de faire un portrait de moi sympathique. me donnant beaucoup de pouvoir, la réalité c'est que c'est d'abord et avant tout un métier collectif. C'est un métier collectif et mon travail c'est d'abord et avant tout de constituer des équipes, de constituer un groupe qui va construire une fiction, développer un programme de divertissement, etc. Donc c'est un producteur, un animateur, des talents. d'écriture, d'incarnation, etc. Et le travail essentiel, c'est de réussir à constituer le pôle le plus compétent pour un objet particulier. Donc il n'y a pas de réussite là-dessus, je dirais individuelle, un qui a raison contre tout le monde, ce n'est pas tellement vrai. En tous les cas, c'est la vérité, c'est la capacité à avoir trouvé la meilleure équipe pour le projet le plus novateur. le plus dynamique et le plus, dans le cas de TF1, populaire.
- Speaker #1
Je reviens sur ma question. Ces pôles-là, qu'est-ce qu'ils essayent de voir ? Comment est-ce que vous pouvez vous dire que ce programme-là pourra rassembler 6 millions de personnes ?
- Speaker #2
Après, ça dépend des catégories de programmes.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #2
Donc, si on parle de la fiction, la fiction, c'est un temps long. Donc, c'est 2, 3, 4 ans de gestation entre l'idée de départ, l'écriture. le casting, le tournage, le montage, la diffusion.
- Speaker #1
Un projet comme HPI, c'est quatre ans de...
- Speaker #2
Oui, au moins trois, entre l'émergence de l'idée, le démarrage des conventions d'écriture, les premiers textes, tout ça dans un premier temps sans casting, puis après convaincre le casting de venir. notamment là... L'idée géniale, c'est de réussir à convaincre Audrey Fleureau.
- Speaker #1
Elle a été dure à convaincre ?
- Speaker #2
Elle n'a été pas si dure à convaincre. Je crois qu'elle était convaincue dès le départ de l'intérêt du rôle. Après, c'était de faire la télévision dans un rôle récurrent qui pouvait l'amener à se questionner. Dès le départ, quand elle a dit oui, elle a dit « je suis OK pour le faire. Si ça marche bien, je le ferai cinq saisons, mais sans doute pas au-delà » . Et c'est ce qui s'est passé.
- Speaker #1
C'est difficile de convaincre des premiers rôles de cinéma de venir à la télévision, ou ça l'est beaucoup moins que ça ne l'était ?
- Speaker #2
Alors, c'était impossible. L'émergence de la sophistication de la série grâce notamment au travail qu'avait fait Rodolphe Bellemere à Canal+, en lançant la création originale, donc une série plus sophistiquée dans l'écriture et dans laquelle après toutes les chaînes en France se sont inspirées. Alors c'était le modèle HBO, mais qui n'existait pas tellement en France, que Canal a lancé et que les autres chaînes ont répliqué à leur... selon leur particularité, ce modèle-là a attiré beaucoup plus de talents de cinéma. Parce que les rôles étaient plus intéressants à jouer, etc. Petit à petit, la dynamique de la création sérielle a fait que maintenant, il y a beaucoup moins de barrières, même si c'est plus difficile de convaincre des rôles de cinéma de faire des héros dits récurrents de télévision, c'est-à-dire pas forcément des mini-séries, mais des rôles. où le personnage revient épisode après épisode.
- Speaker #1
Passons de la fiction à la Star Academy. Alors la Star Academy, c'est un peu votre bébé, parce que c'est vous qui l'avez lancée il y a quoi ?
- Speaker #2
En 2001.
- Speaker #1
Plus de 20 ans ? Oui, c'est ça. Il y a 25 ans. Il y a 25 ans, et qu'il l'avait ressuscité 15 ans après, quasiment 15 ans après que ça ait quitté l'antenne. Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de... la genèse et du pari de le ressusciter, le pari hyper réussi d'ailleurs si je comprends bien.
- Speaker #2
Alors oui, pari très réussi, après c'est vous, j'étais là à ces deux moments-là, donc j'ai participé à des registres différents, j'étais le patron de la télé-réalité à ce moment-là, et donc la première étape c'était la réaction au loft, et c'était de faire une émission. qui empruntaient les codes de la télé-réalité, mais inscrits dans le domaine de la chanson. Donc c'était une nouveauté.
- Speaker #1
Ce n'était pas un concept existant ?
- Speaker #2
Non, il y avait un vague concept existant aux Pays-Bas qui s'appelait Star Maker, mais qui était très éloigné de la formule qui sera celle de la Star Academy, mais qui tournait autour d'un loft chantant, pour aller un peu vite. De cette idée-là, les équipes d'Andemol, de Stéphane Courbide, Arthur, d'Alexis Alarange-Joubert, qui était déjà à la manœuvre à cette époque, et avec le travail de TF1, c'est toujours un travail dialectique. La création d'un programme, c'est un producteur et un diffuseur qui échangent, qui font du ping-pong.
- Speaker #1
Un ping-pong amical ou un ping-pong conflictuel ?
- Speaker #2
Ça dépend des occasions. Il y a des occasions de conflit, il y a des occasions de réjouissance, mais en tous les cas, un ping-pong qui doit être fructueux. Donc, c'est là où c'est toujours important d'avoir un dialogue constructif avec les producteurs, parce que ce sont les producteurs qui fabriquent, mais Ceux qui ont souvent la vision, je dirais, un petit peu long terme, qui ont un peu plus de distance, parce qu'ils sont un petit peu plus éloignés des contraintes de la fabrication, ce sont souvent les éditeurs dans les chaînes. Donc le dialogue, s'il est bien mené, il est tout à fait fécond. Et donc, cette émission était mal née. Elle était mal née parce que je rappelle que c'était au départ considéré comme un accident industriel, parce que... Au fond, ce loft chantant ne chantait pas assez, était un petit peu bancal, n'avait pas encore trouvé sa dynamique. Et je crois que c'est un cas un petit peu unique dans l'histoire de la télé, c'est-à-dire un programme qui démarre mal, quotidien, qui fait des audiences médiocres. qui pendant la durée de sa... Et donc, on s'est posé la question à plusieurs reprises de savoir est-ce qu'on arrêtait, est-ce qu'on continuait, est-ce qu'on arrêtait, est-ce qu'on continuait ? Et c'est Patrick Lelay qui a été très fort avec Étienne Mouchette à l'époque en disant non, on va jusqu'au bout, mais qui avait dit une chose assez simple, mais pourquoi vous ne les faites pas chanter, vos gars ?
- Speaker #1
Ce qui est une vraie question.
- Speaker #2
Ce qui était une vraie question et... Et au fond, c'était de transformer quelque chose qui était fait un petit peu dans la réplique d'un loft chantant pour en faire une vraie émission de talent show musical. Ce que l'émission est devenue au fur et à mesure de sa production quotidienne, ce qui a un tour de force un peu extraordinaire, et qui a fini en faisant des audiences à plus de 10-12 millions de téléspectateurs sur la finale, a été un succès exceptionnel. et a embarqué des générations de fans avec les talents qui ont été mis au jour à travers cette émission. Donc ça, ça a été le succès pendant une dizaine d'années. L'émission ensuite a connu un petit déclin, elle s'est arrêtée. Et on a eu envie de la ressusciter. Alors pourquoi ? C'est la rencontre de plusieurs réflexions. D'abord, le fait de se dire que à l'aune... Alors ce qui était assez étrange, et que Nico se résume assez bien, c'est de dire qu'en l'affaire en 2001, l'émission, on mettait des jeunes sous l'œil de tout le monde et des caméras. Et donc, on les exposait à... à la vue de tous. C'était ça la nouveauté. Donc on les mettait 24-24, ils chantaient, ils travaillaient, etc. Mais c'est des gens qui étaient chez eux, dans l'anonymat, et qui passaient dans la lumière crue et complète. Ce qui est, on pense faire la même émission, mais au fond, la nature de la mission a complètement changé. Parce qu'entre-temps, il y a eu tout l'ère du numérique, d'Instagram, des selfies. Donc aujourd'hui, les jeunes passent leur temps. à se mettre en scène en vidéo, en audio, sur les réseaux, à se montrer, etc. Et au fond, quand on les met dans la Star Academy pour travailler, aujourd'hui, on les met dans une bulle protectrice. Et donc, ils sont privés de leur portable, ils sont privés de connexion avec l'extérieur. Et c'est cette bulle protectrice d'apprentissage qui fait la spécificité aujourd'hui de la Star Academy dans un univers ultra... médiatisé, numérisé, et avec la permanence des réseaux sociaux. Et donc, dans cette havre, je dirais, de calme, ils travaillent, on choisit des gens qui ont beaucoup de talent, et ils travaillent, ils font un apprentissage très fort, et ils naissent sous les yeux des téléspectateurs, je dirais, en devenant eux-mêmes, en passant du statut de... d'étudiant à artiste.
- Speaker #1
C'est amusant ce que vous dites, parce que vous dites une bulle protectrice, mais on pourrait dire aussi la réintroduction d'une certaine forme de vérité, là où les réseaux sociaux sont une hyperfiction des gens qui se créent eux-mêmes un personnage, vous, vous les mettez dans une bulle protectrice, nous dites-vous, mais en réalité, dans une certaine forme de vérité, non ?
- Speaker #2
La vérité, elle découle de la sincérité avec laquelle ils rentrent dans l'émission. Donc, il faut faire toutes ces émissions de divertissement. Si elle rencontre un public, c'est qu'elle touche quelque chose de juste et de sincère. Les émissions qui sont cyniques, dont on voit les ficelles, elles peuvent avoir des effets de boost très forts, mais c'est un pétard mouillé en général. Donc, il faut continuer à avoir une vraie dose de sincérité. Pour ça, le casting est très important. C'est-à-dire, il faut des gens qui ont envie de faire le... de faire l'aventure pour ce qu'elle est et pas pour autre chose. Et ensuite, il faut qu'on ait un mode de captation, de narration, de restitution de cette vérité la plus naturelle possible. Alors, ça passe par le truchement, effectivement, d'une médiatisation. Donc, il y a toujours cet artefact-là qui joue. Mais je pense que ça permet de sentir la réalité d'un certain nombre de talents et c'est ce qui fonde la relation forte. entre le public et certains d'entre eux.
- Speaker #1
Alors, merci pour ce long développement sur la Star Academy, qui est un peu votre bébé, mais enfin, même si on a bien compris que c'était un travail très collectif. Je voudrais vous demander, quel est le programme dont vous êtes le plus fier sur toute votre carrière ?
- Speaker #2
Ah, ça, c'est difficile de répondre à ça, parce que le propre de ce métier, c'est de faire un programme tous les soirs, et maintenant même plus qu'un programme, puisque... Au départ, je ne m'occupais que de TF1, mais là, quand on s'occupe de l'ensemble des chaînes du groupe TF1, c'est plus de l'offre digitale, c'est des dizaines de programmes nouveaux tous les soirs, tous les jours, pendant des dizaines d'années, puisque ça fait quand même un certain nombre de temps que je suis dans le secteur d'activité. Et donc, le plaisir, c'est sans doute de créer des moments de mémoire collective. et donc c'est qui est le propre de la télévision donc c'est créer des moments de mémoire collecte de mémoire collective donc c'est ces instants là il se il s'incarne avec une chanson de gregory le marshall et il s'envoie il s'incarne avec une édition des enfoirés avec l'introduction d'une nouvelle nouvelle marque comme a pu être la star academy en termes de fiction comme le le succès de HPI ou l'émergence du bazar de la charité enfin bon plein de plaisir, et c'est tout l'intérêt de ce métier, c'est plein de plaisir différent, mais qui, au fond, est créateur de moments de partage collectif.
- Speaker #1
Passons un peu aux questions qui fâchent, et qui sont, et je m'en excuse pas pour le fait qu'elles fâchent, mais qui sont aussi des questions un peu bateaux. Vous parliez, et je parlais en introduction, du fait de façonner nos mémoires collectives, peut-être même nos imaginaires, mais c'est de moins en moins le cas de la télévision. Est-ce que, maintenant, à l'heure d'aujourd'hui, Gérer une chaîne de télévision, ce n'est pas un peu gérer la décroissance d'un usage ?
- Speaker #2
Je partage en partie le constat, pas complètement, qu'il y ait une diminution de la consommation du linéaire. La télé en direct sur laquelle on se branche, c'est vrai, c'est un constat factuel, que ça altère le fait que l'on continue d'être un créateur de moments de partage collectif. Je dirais que ça, ce n'est pas encore vrai ni démontré. Parce que l'empreinte que l'on a à travers le digital, que l'on a à travers les réseaux sociaux, elle reste toujours aussi forte. Si on regarde les chiffres, je ne vais pas vous abroger de chiffres, mais le reach, c'est-à-dire le nombre de gens qui regardent TF1 tous les jours, ou même la télévision, si on va aller vite, le reach de la télévision n'a pas baissé, voire a progressé. Pourquoi il a progressé ? Parce qu'au moment où la consommation linéaire baisse, La consommation non linéaire et la présence d'extraits, de contenus sur les réseaux sociaux contrebalancent fortement la capacité justement à voir des contenus mémorables de télévision. Excusez-moi de vous interrompre.
- Speaker #1
Vous dites que la présence linéaire est compensée par la présence digitale, par la présence digitale et en particulier via les extraits. Ça veut dire que maintenant, la télévision est consommée en extraits.
- Speaker #2
Elle est consommée en linéaire sur la totalité, sur les consommations longues. Je rappelle que même si on parle un peu du déclin de la télévision, c'est trois heures de consommation pour tous les Français, tous les Français, chaque jour. Et si on regarde simplement ceux qui regardent la télévision, on est à plus de quatre heures et quelques. Donc c'est la première activité, la première activité. Et donc quand je dis tous les Français, c'est les Français de zéro à 99 ans. C'est une activité qui est encore extrêmement puissante et massive. Déjà, il faut avoir un peu les proportions en tête. Et la baisse de la consommation, le reach, c'est-à-dire la capacité à avoir un contact avec la télévision, elle se fait effectivement avec le linéaire, le délinéaire sur les émissions longues, notamment sur la plateforme TF1+, et des extraits qui peuvent être consommés sur les réseaux sociaux. Je dirais que c'est la somme aujourd'hui de ces trois éléments-là.
- Speaker #1
D'accord. Et alors, les plateformes... Mais par exemple,
- Speaker #2
sur les émissions de divertissement, et notamment sur la Star Academy, elle est consommée fortement en linéaire, même si elle est moins consommée qu'avant, très fortement en non linéaire sur la plateforme TF1+, et beaucoup d'extraits, c'est le cas des émissions de divertissement, sont consommés sur les réseaux sociaux, sur les plateformes, sur Instagram, TikTok, Facebook, Snapchat, etc.
- Speaker #1
Vous parlez de la plateforme TF1. Vous avez lancé la plateforme TF1 il y a deux ans, non ? Oui. Où est-ce que vous en êtes ? TF1+, pardon. Est-ce que vous êtes aux objectifs ?
- Speaker #2
Oui, on développe, on fait une décroissance très significative de la consommation et des revenus publicitaires sur TF1+, qui est un très beau succès, dont on veut faire une plateforme de destination et pas simplement une plateforme de replay. Donc c'est une plateforme sur laquelle on vient en première intention pour se divertir et s'informer. C'est une offre qui grossit beaucoup. On a à peu près 35 000 heures de contenu disponible sur la plateforme. On a agrégé d'autres acteurs, l'équipe, Arte, le Figaro Télé. On est aussi distributeur de services tiers. On a des contenus additionnels qu'on achète et qui ne passent pas sur les antennes. Des contenus de séries, de télé-novellas, de magazines, de formats étrangers, de séries étrangères. ou de séries de catalogues. Donc c'est une offre qui se développe très rapidement, qui est de plus en plus consommée fortement, et qui contribue au développement stratégique de TF1 dans le domaine du numérique, puisque toute notre stratégie, c'est de basculer très fortement notre consommation vers une consommation de plateformes de streaming, qui sera le cœur battant, je dirais, de l'incarnation de TF1 comme éditeur.
- Speaker #1
À l'heure actuelle, vous pouvez nous dire, je ne sais pas, en termes de chiffre d'affaires, Quelle est la part du streaming versus la part du linéaire ?
- Speaker #2
La part, elle est petite parce qu'on part... La part, elle reste encore petite parce qu'on part de zéro. Mais les taux de croissance sont très forts.
- Speaker #1
Dans cet écosystème des plateformes, comment est-ce que vous faites un deal avec Netflix ? Comment est-ce que vous vivez par rapport aux grands Disney+, Netflix, etc. ?
- Speaker #2
Alors, il y a deux types de plateformes.
- Speaker #0
Il faut que ça soit clair dans l'esprit des auditeurs. Il y a les plateformes de type SVOD, Subscription Video à la Demande. Ce sont des plateformes qu'on connaît bien, les Netflix, les Disney, les Amazon. Il y a les plateformes d'hébergement type YouTube, TikTok, Snapchat, etc. Les plateformes de SVOD, c'est des éditeurs un peu comme nous. qui sont nées de la mutation technologique dans le numérique et la capacité à adresser mondialement des contenus à travers des plateformes digitales. Sauf qu'elles sont pour l'essentiel des plateformes payantes. Donc c'est un modèle de télé payante, par abonnement, qui vit par abonnement, même si le dernier mouvement c'est l'entrée de ces plateformes sur le marché publicitaire. Les autres ce qu'on appelle les autres plateformes, mais qui sont très différentes. C'est elles des plateformes qui ne financent pas les contenus, et qui sont gratuites, et qui vivent du fait que beaucoup de gens postent des contenus sur ces plateformes pour se faire connaître, pour faire des revenus, etc. et adressent à une population qui ne va pas payer pour une offre de programme. mais qui va consommer des contenus pour se divertir de façon très massive. La première population, c'est des éditeurs qui fabriquent, qui investissent dans les contenus, comme nous, qui vont mettre beaucoup d'argent pour fabriquer des contenus, pré-financer des contenus et les monétiser ensuite. On a beaucoup de contacts avec eux, notamment par exemple de cofinancement. Quand on a lancé le bazar de la charité, le bazar de la charité, c'est une série qui était très... de prestige, très cher à produire, etc. Et on a voulu trouver des cofinancements pour pouvoir amortir les coûts de production. Et donc, on l'a fait avec Netflix. Et donc, ce mode de cofinancement et de ce qu'on appelle de windowing, c'est-à-dire de fenêtrage de la diffusion par rapport au financement, c'est un modèle très intéressant qui permet de continuer à avoir un investissement fort dans des contenus et de pouvoir les exposer sur des plateformes qui ont des modèles d'exploitation différents en avant-première ou en deuxième exploitation sur les plateformes de SVOD et en monétisation publicitaire sur la télévision gratuite. Donc ça, on a beaucoup d'accords, je dirais, on a beaucoup d'accords de cofinancement. Et d'ailleurs, dans le sens inverse, quand on a fait HPI, Disney+, France a acheté la série pour l'exploitation. sur son service français et ça leur a tellement plu, je dirais, et ça a tellement plu à Disney World qu'ils en ont fait le remake américain remake américain que TF1 a acheté et qu'on va diffuser à la rentrée prochaine dans iPotential, qui est une très bonne série donc qui est le remake américain d'HPI, et donc on voit bien que là on a des modèles, je dirais très intéressants d'exploitation qui vont sur le territoire français entre une exploitation gratuite TF1 et payante plateforme et qui peut contribuer à faire aussi une exploitation internationale de ces contenus, soit dans le cadre du Bazar de la Charité, parce que c'était diffusé mondialement sur la plateforme Netflix, soit parce qu'il y a des possibilités de remake de ces contenus pour les contenus américains.
- Speaker #1
Votre explication rejoint un peu ce que dit le patron du CNC. qui était interviewé la semaine dernière sur Inter, et qui disait qu'il y a une sorte d'expérience premium dans laquelle ils mettaient le cinéma et dans laquelle ils mettaient effectivement les Netflix et les TF1, qui s'opposent à ce que vous alliez faire en deuxième partie de votre développement, et je vous laisse reprendre la parole, aux plateformes YouTube, Snapchat et autres Instagram.
- Speaker #0
Alors, ces plateformes-là, on collabore sur le cofinancement. Après, si vous voulez, je reviendrai sur le fait d'être distribué par Netflix. qui est un autre sujet, qui est une nouveauté, qui va arriver à l'été prochain, qui va être quelque chose de très novateur mondialement pour Netflix et puis pour nous sur le territoire français, donc qui est un milestone très important dans notre stratégie de développement. Mais pour revenir sur les plateformes d'hébergement, c'est des plateformes qui ont un gros reach, qui concentrent beaucoup de consommation, mais qui ne financent pas les contenus. qui ne les préfinancent pas, qui ne les financent pas, qui ont tous les attributs d'un éditeur, mais qui se cachent derrière le fait d'être un hébergeur, donc qui s'extraient des responsabilités des éditeurs, d'une part, et des obligations que nous on peut avoir, de financement de la création, etc. Donc ils sont dans un modèle intermédiaire qui rend la coopération avec eux beaucoup plus complexe.
- Speaker #1
Vous parliez du deal de distribution avec Netflix comme un milestone important.
- Speaker #0
Aujourd'hui, Netflix, C'est plusieurs, on ne sait pas le chiffre exact, mais entre 10, 12, 14 millions d'abonnés en France. Les abonnés Netflix, on a fait quelques études là-dessus, quand ils veulent se divertir le soir, une grosse partie d'entre eux, peut-être un peu moins de la moitié, regardent prioritairement Netflix pour voir s'ils ont un bon programme pour se divertir le soir. Donc c'est une alternative de destination. très préjudiciables pour nous. Le fait est donc, avant TF1 était présent sur 100% des foyers qui voulaient s'informer et se divertir. D'abord il n'y avait que la réception TNT, puis après on a été intermédié par les câbles opérateurs, les FAI, voilà donc on a fait des négociations avec eux pour être présent sur Orange, sur Canal, sur Free, sur Bouygues, etc. Aujourd'hui il y a une... Il y a un nouvel intermédiaire qui arrive, qui sont les plateformes SVOD, qui captent un intérêt de destination du public qui veut se divertir. Si on n'est pas présent chez eux pour pouvoir monétiser nos contenus et continuer à financer nos programmes, on risque de se priver d'une part importante de cette population. Et le modèle économique de TF1, c'est d'être présent le plus possible partout, rassembler le plus possible de téléspectateurs à travers des offres premium. pour pouvoir le financer par la publicité. Mais la condition sine qua non, c'était de trouver un accord gagnant-gagnant avec eux, d'un point de vue publicitaire, et c'est TF1 qui gérera la publicité de nos contenus sur Netflix. Donc on a trouvé un modèle qui est tout à fait satisfaisant avec Netflix. Donc les conditions nécessaires pour être sur une plateforme de destination comme Netflix, c'est d'abord, un, que ce soit vraiment une plateforme de destination, C'est-à-dire que les gens viennent... pour se divertir prioritairement sur ces plateformes et deux, que les conditions de monétisation soient réunies pour qu'on ne dégrade pas notre capacité de financement des contenus, voire qu'on l'améliore.
- Speaker #1
J'avais promis des questions bateau, je tiendrai parole. Comment est-ce que l'intelligence artificielle impacte TF1 ?
- Speaker #0
Elle va impacter TF1 comme elle va impacter tous les secteurs du monde créatif et pas que du monde créatif. Donc on voit aujourd'hui qu'il y a... Il y a des gains de productivité qui pourront être faits à travers ces outils. Donc ça, il faut qu'on les appréhende.
- Speaker #1
Y compris sur la création ?
- Speaker #0
Y compris sur la création, sur les effets spéciaux, sur un certain nombre de choses. Il y a plein d'outils qui font surtout gagner de la productivité. Et donc ça, il va falloir bien regarder ce que ça veut dire, comment maîtriser l'outil et quel impact ça a sur les droits de propriété intellectuelle. la question, ce n'est pas de rejeter l'intelligence artificielle.
- Speaker #1
Je ne pense pas que l'option en soit laissée à qui que ce soit.
- Speaker #0
Non, mais c'est de pouvoir utiliser ces nouveautés technologiques pour pouvoir faire des gains de productivité le cas échéant, de pouvoir utiliser aussi ces outils pour que ce soit une nouvelle forme de création, parce qu'on voit bien que la création du visuel est très liée aux évolutions technologiques. Les évolutions technologiques créent aussi des opportunités de création humaine. Ça sera un deuxième axe de réflexion. Et le troisième axe de réflexion, c'est comment garantir le fait que la propriété intellectuelle des créateurs, des créateurs, je dirais, auteurs, mais aussi des éditeurs, c'est ce qu'on appelle les droits voisins, on a aussi une part de propriété intellectuelle dans... dans les contenus que l'on finance et que l'on diffuse, que ça soit garanti dans les moteurs d'IA qui seront utilisés demain.
- Speaker #1
Ça sera ma dernière question. Quand vous rentrez le soir chez vous, qu'est-ce que vous regardez à la télévision ? Est-ce que vous regardez la télévision et qu'est-ce que vous regardez à la télévision ?
- Speaker #0
C'est un métier qu'on ne peut pas faire si on n'a pas d'abord beaucoup regardé la télévision et si on ne continue pas à la regarder beaucoup. Donc quand je disais que ce n'est pas un métier qu'on fait avec cynisme, ce n'est pas un métier où on regarde les chiffres de façon froide et détachée. C'est un métier dans lequel l'investissement personnel, le goût personnel de partager ses moments collectifs avec le public sont clés. Donc il faut que... Toutes nos équipes, ce soit d'abord et avant tout des téléspectateurs, des gens qui sont nés, qui ont envie de partager, de créer, de créer ces moments de joie collective, de souvenirs partagés en commun. Donc ça demande d'être d'abord des téléspectateurs en premier degré. Après c'est d'être des téléspectateurs professionnels, c'est-à-dire d'analyser les choses avec un œil professionnel et dans lequel, en tous les cas, l'expérience... La qualité des intervenants, le choix se fait sur des arguments rationnels, scientifiques, mesurés. Et en ça, ce n'est pas, je dirais, le règne de « moi je pense que » ou l'intuition. C'est quand même toujours des réflexions qui sont basées sur une expérience et sur des éléments relativement factuels. Mais à la fin, c'est toujours du pari. C'est toujours du pari sur des talents, sur... une mayonnaise qui prend ou qui ne prend pas. Et donc, c'est l'envie de remettre tous les jours son titre en jeu. Parce que la télévision, c'est un baromètre quotidien. Tous les jours à 9h, on a le thermomètre de nos résultats, du résultat de la concurrence, du résultat de la moindre minute de programme sur le nombre de chaînes que l'on gère et les programmes que l'on diffuse. Et donc, c'est une remise en cause permanente, systématique. Et c'est cette adrénaline-là qui pousse à vouloir continuer à faire de la télévision comme un moteur quotidien, je dirais, de création et de création de l'élan social.
- Speaker #1
Oui, mais ça ne me dit toujours pas ce que vous regardez à la télévision en tant que spectateur au premier degré.
- Speaker #0
Je regarde tout. Je regarde beaucoup TF1. Je regarde beaucoup TF1, mais je regarde aussi HBO, Apple, Canal, Netflix, France Télé. J'essaie d'abord de regarder ce que fait la concurrence. Il ne faut jamais considérer que ce que l'on fait, c'est la meilleure télévision au monde. On est toujours challengé, on est dans un univers ultra concurrentiel. Et donc, je regarde tout. Je regarde beaucoup de fiction, beaucoup de cinéma. On a une activité aussi dans le cinéma qui est très importante, le groupe TF1. Et beaucoup de divertissement. et de séries, puisque ce qu'on a fait ces dernières années, c'est quand même mettre très fortement en avant l'offre de fiction et l'offre de séries sur les antennes du groupe TF1. Et donc l'accompagnement à travers les séries quotidiennes, à travers les feuilletons quotidiens, ça a été un travail acharné, un travail de développement que l'on continue et qui m'a beaucoup motivé ces dernières années.
- Speaker #1
D'accord, et bien bonne soirée devant votre télé, Ara. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à vous.