- Speaker #0
Bienvenue dans l'Orient 2, le podcast qui dévoile les secrets des coulisses pour créer la trace d'un événement durable. Dans notre métier, un événement oublié dès le lendemain, c'est un budget qui s'évapore. Derrière le micro, je suis Arnaud Chevalier, fondateur de Banana Patata, maître d'oeuvre de l'éphémère et de l'ustropholie, location de matériel événementiel. Ce podcast est créé en partenariat avec Canal 7 Grand Dialogue, producteur d'événements interactifs en direct et en vidéo. Nous sommes dans leur studio TV au cœur de Paris. Ne créons plus seulement des événements, laissons une trace. Installe-toi dans l'oreille, ça commence. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce live LinkedIn pour ce nouvel épisode dans l'oreillette de le secret des coulisses pour créer la trace d'un événement durable. Et aujourd'hui, j'ai le grand plaisir d'accueillir deux invités qui sont, pour commencer, Élise Pichon. Élise, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue dans ce podcast. Élise qui est la fondatrice de Freehandiz, un cabinet, une plateforme qui met en relation les freelances et les agences en fonction des besoins pour les différents postes à pourvoir. J'ai également le plaisir d'accueillir Lionel Malard. Lionel, bonjour.
- Speaker #1
Salut Arnaud.
- Speaker #0
Bienvenue. Merci de ton invitation. Avec plaisir. On n'est pas vendredi, mais on va quand même se défouler. Lionel, tu es le fondateur d'Artemus, cabinet de conseil dédié aux professionnels de l'événement. Et ça fait 30 ans que tu observes ce marché depuis l'intérieur, sans forcément en être un des acteurs.
- Speaker #1
Bien résumé.
- Speaker #0
Bien résumé, super. Et puis, ils ont leur ronde serviette à table. Ils ont l'habitude d'être là. J'accueille nos chroniqueurs, Ophélie Houtard de Wasage, chargée de prod et spécialiste RSE.
- Speaker #2
Complètement. Bonjour Arnaud, j'espère que tu vas bien.
- Speaker #0
Je vais très bien, bienvenue à nouveau. Et Benoît, Benoît Tristram, rédacteur de plénière qui font réagir et agir. Scénariste, concepteur, rédacteur, chroniqueur.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Beaucoup de... En tout cas, on est vraiment ravis de vous recevoir, vous aussi, en direct. Et n'hésitez pas à réagir, à poser vos questions via les commentaires LinkedIn. On les prendra au fur et à mesure et on réagira en fonction de vos remarques. Alors aujourd'hui, on va quand même parler d'un sujet qui est est-ce qu'on est sur la fin des événements inutiles ? Et qu'est-ce que les crises nous forcent à construire ? Globalement, le secteur événementiel survit à presque tout. Il survit à tout, mais en même temps, survivre ne suffit plus. La vraie question, c'est aujourd'hui, qu'est-ce qu'on peut construire avec des cicatrices ? On va commencer par un constat. C'est beau, hein ? Je l'ai pensé, je l'ai réfléchi. On va commencer par un constat. D'abord, vous ? de nos invités qui est au-dessus de la mêlée, qui n'est pas dans la création de l'événement du quotidien, mais plutôt d'apporter soit un point de vue, un regard, un accompagnement ou des solutions. On va commencer par toi Élise. Aujourd'hui, de ton point de vue, tu le vois comment le secteur événementiel en ce moment ?
- Speaker #3
Écoute, ça fait 15-20 ans maintenant que je fais de l'événementiel. C'est vrai que je suis dans ce secteur-là. Et on en a observé pas mal des crises. Elles ont toutes une saveur différente. Elles apportent à chaque fois des valeurs et des évolutions, des innovations différentes. Là, on est dans quelque chose de... En fait, je pense qu'on comprend pas trop ce qui se passe. Il y a des événements, ce n'est pas comme pendant le Covid où il n'y avait plus d'événements, ce n'est pas comme en 2009 où il y avait une baisse drastique des investissements dans la com' événementielle. Là, il y a des événements, mais ils ont changé. C'est-à-dire que le projecteur s'est porté sur d'autres types d'événements. Il y a des secteurs qui ont plus souffert que d'autres. Et il y a des nouveaux entrants, des nouveaux événements qu'on ne connaissait pas, je pense, qui émergent. les événements de e-sport ou ce genre de choses qui n'existaient pas il y a quelques années et qui ont été propulsés un petit peu post-Covid. Donc il est en mutation, l'événementiel mue systématiquement et à chaque crise, il y a des nouvelles évolutions. Et là, pour le coup, je trouve qu'on a un peu perdu ce qui était hérité du Covid. à savoir la volonté d'aller vers plus de RSE et malheureusement il n'y a pas eu... Ah t'es souhaité ? Beaucoup d'améliorations, finalement on est revenu en arrière j'ai l'impression sur pas mal de sujets comme quoi il ne faut jamais croire aux évolutions et jamais penser qu'elles sont pérennes mais voilà je suis un petit peu dans l'observation systématiquement de chacune des crises et on essaye de s'adapter et je pense qu'on est tous en phase d'adaptation quoi qu'il arrive en permanence dans ce milieu.
- Speaker #0
Lionel.
- Speaker #1
Oui, le marché est tendu. Enfin il faut le dire tel que je pense l'ensemble des acteurs le ressentent. Le marché est extrêmement tendu. Moi, j'aime beaucoup la définition des Chinois sur le mot « crise » . Le mot « crise » , il y a deux... Il y a un idéogramme qui signifie le mot crise, il y a un idéogramme qui signifie danger, et il y a un autre idéogramme qui signifie opportunité. Donc moi je suis plutôt un optimiste de nature, un optimiste un peu contrarié effectivement, mais un optimiste de nature, donc je pense qu'il faut voir le côté opportuniste, opportunité de la crise. Oui c'est tendu. Oui, ça mute. Oui, ça mue. Je pense quand même qu'il y a une petite différence qui devrait alerter tout le monde. Il y a un signal faible, moi, qui me perturbe. C'est que tu prenais l'exemple de 2009. En 2009, l'ensemble des dépenses de la communication baissaient. Pub, digital. Enfin voilà, il y a eu une crise de l'ensemble des outils de com. C'est pas vrai, là, actuellement. L'outil événementiel baisse plus que l'ensemble des autres outils. Donc là, ça devrait interroger, parce que... Il y a certainement derrière une problématique d'attractivité de l'outil événementiel au regard des autres outils. Et là, je pense que ça devrait nécessiter une réflexion globale de l'ensemble des acteurs et des associations professionnelles en priorité sur ce dire, voilà, est-ce qu'on n'a pas quand même un problème d'attractivité aujourd'hui ? Et je n'ai pas forcément de réponse à ça, mais il y a quand même des datas et un constat qui diffèrent des crises précédentes et sur lesquelles on devrait quand même s'attarder un peu.
- Speaker #3
On a l'effet de J.O. aussi. En fait, on a eu une chute brutale parce que... Moi, je pense que la com, elle est en crise depuis plus longtemps que ça, avant les JO, mais on ne l'a pas vue parce que nous, on avait des gros événements qui masquaient un peu tout ça. Sauf que quand les JO se sont terminées, en fait, tout à coup, il y a eu comme un gros vide. Et je pense que toute la com, et pour avoir des freelances qui sont dans la com, et pas uniquement des gens qui sont dans l'événementiel, Tout le monde souffre, tous les graphistes, pas uniquement à cause de l'IA, mais il y a beaucoup de souffrance dans tous les secteurs de la communication. Et je pense quand même que les JO nous ont mis un gros stop. On savait que ça allait arriver. On n'avait pas anticipé les crises géopolitiques qui accompagneraient ce moment-là. Et je pense que comme l'événementiel est le premier à souffrir de tout ça, on pense aux Gilets jaunes, on pense aux grèves, aux crises, à chaque fois c'est l'événementiel qui en pâtit en premier. Et moi je trouve quand même que les événements, c'est-à-dire qu'il reste peu d'événements, mais il y en a beaucoup, on parlait des activations, il y a énormément d'activations. Il y a des gros gros événements qu'on voyait peut-être même plus trop en fait. là le grand vivatech sur les Champs-Elysées il y a quand même des choses des démonstrations événementielles qui sont hyper fortes. Et moi, je trouve que les Français montrent encore une fois qu'ils sont capables de faire des choses brillantes et qu'on a un peu démontré pendant les JO avec les cérémonies qui étaient faites par les mêmes personnes. Ça reste ces mêmes acteurs-là. Donc moi, je suis contente et assez émerveillée. Je suis assez optimiste aussi. Je trouve qu'il y a quand même... Il se passe quand même beaucoup de choses. les salons fonctionnent encore, le B2B, le B2C, tout ce qui est communication externe fonctionne hyper bien parce qu'il faut vendre, parce qu'il faut être visible, il faut être plus visible que les autres. Donc la COM 360, c'est-à-dire que l'outil événementiel dans le dispositif de communication 360, il est là, il fonctionne et c'est le corpo qui a morflé. Et c'est vrai que moi, je travaillais beaucoup, beaucoup, beaucoup sur le secteur du corpo et là... C'est clair qu'on a une diminution, les lieux événementiels le disent aussi, les séminaires d'entreprise, il en reste, il y en a toujours, mais c'est moins la priorité des entreprises aujourd'hui.
- Speaker #1
Excuse-moi Arnaud, j'ai une lecture un peu différente. On n'est jamais d'accord de toute façon. Mais c'est pas grave.
- Speaker #3
Mais c'est pas grave, c'est bien de nous inviter ensemble.
- Speaker #1
L'événementiel, le secteur événementiel manque de lieux de débat, donc merci Arnaud de créer ça, parce que je trouve que la confrontation d'idées, c'est ce qui fait progresser. Une lecture un peu différente. Je pense que l'après-Covid, 2022-2023, a laissé penser que le marché événementiel allait exploser. Et donc voilà, ce qu'il fallait considérer quand même avec un peu de... Surtout derrière avec les JO, etc. Et puis là où j'ai un avis un peu différent, c'est que le Covid a coûté extrêmement cher aux boîtes. Le fait de ne pas faire d'événement a coûté très cher en termes d'engagement des personnels, en termes de relations clients. Bref, elle a coûté très très cher. Moi, j'ai un ami qui est au COMEX d'une grande banque et qui m'a dit, c'est simple, sur 100 managers chez nous, un tiers était parti, avait démissionné, un tiers était resté mais ne savait pas pourquoi ils étaient restés. Et donc il fallait les remotiver. Et puis on pouvait encore, heureusement, compter sur un tiers des managers. Mais quand il faut reconstruire une force de management où 66% de ton management est soit absent, soit démotivé, t'imagines les brouzoufles qu'il faut aligner sur la table et les événements qu'il faut réaliser pour reconquérir l'engagement des collaborateurs et de tes managers. Donc pour moi, la crise, il y a eu un double phénomène. Et c'est pour ça qu'il y a aujourd'hui des événements. C'est qu'on ne peut pas tout annuler. La crise a coûté tellement cher qu'aujourd'hui, il reste des... des événements, et heureusement. Pour moi, il y a un autre phénomène qui est à mon avis préjudiciable, qui a été d'ailleurs très très bien démontré par une étude allemande. Alors malheureusement, il n'y a pas beaucoup d'études en France, donc on ne peut pas s'appuyer sur des études françaises, mais une étude allemande très sérieuse, faite par la Confédération de l'événementiel, qui regroupe tout le monde, depuis des décisionnaires jusqu'aux prestataires, et qui dit qu'entre 2022 et 2024, le coût d'un événement, en moyenne, a augmenté de 45%. Oui. Je vois pas pourquoi ça serait dit totalement différent en France. Alors après, il y a des explications qui sont tout à fait objectives. Il y a des vraies raisons pour lesquelles les coûts ont augmenté. Mais aujourd'hui, vous êtes face à des décisionnaires dont les budgets sont en augmentation, plus 2%, plus 3%, plus 4% d'une année sur l'autre, et qui se retrouvent à devoir alors tu parlais d'événements inutiles à devoir faire ce que j'appelle moi une revue de portefeuille, donc à regarder les événements qu'on a en portefeuille et à se dire « qu'est-ce que je fais ? » Et là, actuellement, ils sont en train de faire ce travail-là, je pense. Il y a un vrai travail d'étude des portefeuilles événementiels dans les boîtes, dans les différentes directions, au marketing, à la com, au RH, et qui va, je pense, aboutir avec des décisions assez... Voilà, des décisions... Alors parallèlement, les élections n'arrangent pas. Enfin, toi qui as aussi une expérience, Benoît, tu sais que généralement, 6 mois avant, ça ralentit encore un peu plus. Exactement. Donc il se passera rien avant la fin d'année 2027. Il faut être objectif.
- Speaker #0
justement, Benoît... Et la question qui me vient aussi par rapport à ce que dit Lionel, c'est est-ce que dans ce secteur dont on est en train de faire un peu le point, est-ce qu'on n'aurait pas aussi des annonceurs, justement, dans cette recherche de budget, qui sont en train de se dire « Eh bien, pourquoi pas le faire tout seul ? »
- Speaker #4
Oui. Moi, c'est le retour que j'ai. J'ai beaucoup d'annonceurs qui me contactent, par exemple en direct, qui ont effectivement décidé de... et annonceur CAC 40. et autres qui disent qu'on a décidé d'annuler certains événements. purement et simplement, notamment sur des événements régionaux. Par contre, on garde un événement. Et ensuite, là par exemple, moi j'ai perdu un contrat parce qu'ils ont recruté un rédac chef en interne chez l'annonceur. Donc il y a ce côté on va faire solo, ce fait de plus en plus. Il y a aussi des acteurs qui rentrent, je pense, à Cactus, par exemple. Le fait d'avoir des achats globalisés sur les événements, la plateformisation des... de toute cette mécanique-là, on la voit de plus en plus parce que c'est plus facile.
- Speaker #1
Et elle est génératrice d'inflation quand on l'étudie bien. On revient à notre histoire d'augmentation des coûts.
- Speaker #4
Les achats, en tant que tels, ne voient que cette partie-là et pas la partie création de valeur. Et après, je pense qu'on a aussi, dans notre écosystème événementiel, un vrai sujet sur quelle valeur on apporte, comment on la démontre.
- Speaker #0
Justement,
- Speaker #4
juste au doigt mouillé.
- Speaker #0
Je crois Lionel que tu as fait un poste dessus, ça doit être il y a quelques jours, sur le recrutement chez Anthropique. Ceux qui font Claude, l'IA justement d'un organisateur d'événements en interne. Je pense à ça parce que tu parles de ce recrutement. Est-ce que Élise, par rapport aux demandes qu'on peut te faire de recrutement, est-ce que tu vois dans ton activité des annonceurs qui sont peut-être plus présents dans les demandes ? que les agences sur des profils spécifiques ou pas. C'est vraiment la question. Elle vient là parce que c'est une réaction à ce que j'entends. Mais est-ce que tu vois aussi un changement soit de clientèle, soit de demande en termes de recrutement ?
- Speaker #3
C'est hyper intéressant parce que tu as introduit Freehandiz en disant que je mettais en relation des freelances avec des agences, mais ce n'est plus du tout aujourd'hui mes clients. Mes clients, c'est les annonceurs. Et ça fait depuis la fin des JO. C'était déjà un petit peu le cas avant. Alors il y a toujours eu des agences internes, qu'ils appellent des agences internes, c'est-à-dire qu'ils ont des équipes événementielles qui vont répondre à des demandes de l'interne. Après, ils font appel aux... Au service d'agences ou non, mais souvent, assez régulièrement quand même, il y a des cellules aujourd'hui événementielles, ce qui n'était pas le cas il y a 15-20 ans d'ailleurs, mais aujourd'hui il y a des agences internes. Oui, je l'ai ressenti, j'ai des freelances qui sont en poste et qui organisent des événements, mais ils ne les organisent pas, ils les pilotent et ils ont des agences. C'est-à-dire qu'il y a quand même des agences en face, ça n'empêche pas cette chose-là, mais ils arrivent en mode projet. Ils sont sur des gros gros projets et ils pilotent les agences. J'ai eu une personne, effectivement, une responsable Event qui, juste après les JO, m'a annoncé ça aussi, qu'ils allaient plus faire appel à des freelances pour éviter de faire appel à des agences. Donc oui, c'est sûr que c'est une tendance que je vois. Aujourd'hui, les agences sont un peu moins présentes dans mon portefeuille client, enfin même beaucoup moins. Et donc voilà, moi je suis là pour l'événementiel mais aussi pour la com, pas uniquement, c'est-à-dire qu'ils ont aussi des besoins plus variés et plus divers que ça.
- Speaker #0
Avant de passer la parole, décidément, avant de passer la parole Lionel, Ophélie, tout à l'heure Élise dans son introduction a parlé justement qu'il y a des choses qui changent, on pense voir des évolutions puis au final il y a des retours en arrière, notamment sur le sujet RSE. Est-ce que toi, dans les prods que tu vois, c'est un des premiers postes sur lesquels on va s'intéresser pour gagner du budget ou pas ?
- Speaker #2
Tu veux dire, quand tu dis intéresser, c'est un des premiers postes où on va rogner ? C'est ça que tu veux dire ? Exactement.
- Speaker #0
La question est un peu fermée, mais je peux l'ouvrir si tu veux.
- Speaker #2
Non, je suis d'accord. En effet, il y a souvent dans les budgets, que j'arrive vraiment en amont du projet ou que j'arrive plutôt en backup au milieu ou très à la fin. Souvent, on me dit, ah non, non, mais les clients, ils n'ont pas demandé de global sur l'ARSE. S'ils nous le demandent, on le fera, mais en effet, pas trop. Par contre, pour rebondir sur ce que tu disais au début, le fait de construire, reconstruire avec des cicatrices, je ne sais pas si vous connaissez le kintsugi. Le kintsugi, c'est cette méthode japonaise de reprendre de la vaisselle cassée et d'utiliser de la colle dorée pour pouvoir reconstruire quelque chose. qui va être plus beau et potentiellement je pense que c'est une chose qu'on peut réussir à faire avec l'événementiel, de prendre justement tout ce qui nous arrive, etc. et tout ce qui se passe mondialement au niveau de l'État, etc. pour pouvoir réussir à monter quelque chose de différent. Après, charge à nous de pouvoir réussir à faire ça, mais je pense que vraiment... On le dit tout le temps, la contrainte amène à la créativité, et on est dans le domaine vraiment qui est très fort avec ça. Donc je pense qu'on a tout ce qu'il faut pour pouvoir y arriver.
- Speaker #0
Lionel, je te voyais réagir au propos d'Élise, justement. Oui,
- Speaker #1
parce que je n'étais pas non plus d'accord avec toi. À chaque fois que tu dis que tu n'es pas d'accord,
- Speaker #0
mais en fait tu es d'accord. Oui, oui, on est d'accord. Ce qui nous rassemble, c'est notre amour de ce marché, de ce métier,
- Speaker #1
de ces métiers. En fait, vous avez fait pareil, vous avez pris votre numéro de duétiste. Pas du tout. Je ne sais même plus ce que je voulais dire. Je voudrais réagir...
- Speaker #0
Elle parlait des agences, Élise, justement, sur le fait que je te voyais.
- Speaker #1
Pour moi, oui, c'est un effet de balancier. On connaît ça depuis 30 ans. À un moment donné, les boîtes, elles ont décidé d'internaliser. C'est des cycles. Et les cycles ne sont pas les mêmes. Je ne pense pas qu'il y ait une tendance, comme tu l'as dit. Il y a certaines agences, il y a certains annonceurs qui, effectivement, ont envie d'internaliser des expertises. Pendant ce temps-là, il y en a d'autres qui sont en train d'externaliser. C'est un mouvement de balancier qui existe depuis 30 ans, on a toujours vu ce phénomène-là. À un moment, les boîtes vont se dire « Oh là là, je veux rester core business, organiser des événements, c'est pas core business, je confie ça à des prestataires extérieurs. » À un autre moment, ils se disent « Oh là là, les prestataires extérieurs me coûtent cher, je réintègre. » Bon voilà, c'est un mouvement de balancier de là, dire que c'est une tendance, j'y crois pas.
- Speaker #3
Il y a aussi quelque chose que j'observe quand même beaucoup, c'est que dans le monde des agences, il y a beaucoup de nouveaux arrivés. C'est-à-dire que pendant quelques années, moi, je trouve qu'il n'y avait personne qui lançait d'agence. Il y avait toujours les anciens qui se rachetaient entre eux et puis voilà. Et là, il y a une nouvelle génération d'agences et plein de free d'ailleurs qui se lancent et qui commencent à avoir des clients en direct et qui, au début, disent « Ouais, non, mais je vais le faire en freelance » . Non, non, en fait, on ne peut pas faire en freelance. C'est-à-dire qu'à un moment, le client, il va te demander d'acheter la prestation et de la revendre. Donc, tu vas devenir une agence de fait et tu vas recruter des freelances. Donc, tu deviens une agence. Ce n'est pas freelance auprès de l'annonceur. Donc je trouve qu'il y a des nouveaux entrants qui sont très intéressants et qui ramènent de la fraîcheur et qui peut-être aussi grappillent des parts de marché aux anciens qui en fait peinent à se renouveler, qui ont des coûts de structure et qui sont assez chers. Donc il y a aussi une nouvelle, il y a une sorte de vent de fraîcheur. qui arrivent avec des nouvelles générations qui ont plutôt entre 30 et 40 ans et qui viennent un petit peu dépoussiérer un petit peu... Élise,
- Speaker #1
je suis d'accord avec toi. Non,
- Speaker #0
Tu penses à qui en particulier dans les agences ? C'est pas une histoire de favoriser l'un ou l'autre, mais d'avoir un exemple... Une expected, un acme, un chabre... On avait les mêmes en tête, ouais.
- Speaker #3
Qui sont tous des gens, d'ailleurs, acme, unexpected, qui viennent pas du tout du CERAC. Prochaine escale. C'est pas du tout des gens... C'est plutôt du monde du conseil. et d'ailleurs ça... Voilà, ils ont une façon de faire qui est vraiment différente des agences dans leur méthodologie. D'ailleurs, très rapidement, ils ont été obligés aussi de... Au début, ils pensaient qu'ils arriveraient à imposer leur manière de faire un peu à Startup Nation. Et puis finalement, ils ont bien compris qu'une agence, c'est une agence et qu'on ne peut pas trop changer les us et coutumes. Mais oui, et puis il y a Amplify, par exemple, qui est une société anglaise et qui vient d'arriver. Il y a des toutes petites agences. Enfin, moi, j'ai des amis qui ont monté des agences. Donc, c'est vrai qu'il y a plein de nouveaux entrants et aussi des agences qui sont à Marseille, à Bordeaux et qui se sont délocalisées pas mal. La puissance des braves. De quoi ?
- Speaker #1
La puissance des braves. C'est déjà important, c'est 40 millions. Oui,
- Speaker #4
mais ce n'était pas dans le marché il y a quelques années.
- Speaker #3
Alors, ils viennent des médias. En fait, c'est des gens qui ne viennent pas forcément de l'événementiel et du coup, qui ramènent des méthodes et qui ont grappillé des clients par ailleurs. et qui sont très intéressants et qu'on connaît un peu moins, c'est vrai, quand on est un peu agence historique, etc.
- Speaker #0
Mais alors je reviens sur ce que tu disais aussi en introduction. Tu as parlé d'événements sur lesquels en fait on ne s'arrête pas forcément en tant que professionnel au niveau de notre secteur. Tu as parlé de l'e-sport, on peut parler d'autres choses. Ces événements, ils sont... Est-ce que toi tu sais ou est-ce qu'on te consulte pour... aider à l'organisation pour aider à trouver des profils. Parce que ce n'est pas forcément les nouvelles agences dont on vient de parler qui les organisent. Parfois, c'est un influenceur en direct qui a décidé de monter son équipe et puis qui nous fait les 24 heures, enfin qui ne nous fait pas les 24 heures au Mans, mais qui nous fait le GP Explorer au Mans.
- Speaker #3
Chaque secteur a son écosystème. C'est-à-dire que moi, je suis issue de l'écosystème de l'événementiel de marque. Il y a plein d'écosystèmes dans l'événementiel. Le monde de la culture a son écosystème. Le monde du e-sport en a un, le monde par exemple du défilé est un écosystème qui est difficile à rentrer, le monde de l'avant-première, le monde des colloques, en fait quand on prend l'événementiel il est polymorphe, il a plein de formes et on ne rentre pas comme ça dans ces cultures-là, dans ces secteurs-là si facilement. Donc oui il y en a, moi j'ai beaucoup de freelancers qui en fait font tout, c'est-à-dire que moi j'ai l'avantage d'avoir des freelances qui eux En fait, sont dans tous les secteurs et depuis toujours. Donc non, je les ai en visu, mais pour l'instant, ils organisent eux-mêmes. Et comme c'est très nouveau et très naissant, ils ont fait un peu avec les moyens du bord. Ils se sont professionnalisés eux-mêmes. Ils ont monté leur propre réseau, qui n'est pas très grand pour l'instant, mais qui fonctionne déjà en vase clos. Mais c'est propre à tous les secteurs et les types d'événements.
- Speaker #0
Avant qu'on passe au tribunal... dans lequel je vais vous inviter à vous prononcer coupable ou non coupable. Il y a trois chiffres qui ont servi à préparer cette émission. Il y avait une étude d'Omnion sur 110 entreprises qui déclarait qu'en 2025, 66% des entreprises déclaraient une baisse de leur budget événementiel. Alors, on contredit par ton chiffre où tu dis 2 à 3% sont en train de le monter. Et en même temps, dans cette étude... Il y a le team building concerne 59% des sociétés contre 17% en 2019. Et juste avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, 51% des entreprises prévoyaient d'augmenter leur budget événementiel. Donc déjà, on a deux études qui se contredisent complètement. L'une dit que ça va baisser, l'autre dit que ça va monter. Et puis, on a ce que tu disais sur le Covid, sur le fait de les crises, est-ce qu'elles ont tué l'envie de se réunir ou pas, etc. Bref, ça, c'était quelque chose de présent fin 2025, début 2026. Six mois après toutes ces études que tout le monde a consultées, on a un déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. On a les élections présidentielles qui s'approchent. Concrètement, c'est quoi la réalité aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut s'accrocher à une réalité ? Où est-ce qu'elle est ? Tu parlais d'un secteur électoral polymorphe. Est-ce qu'elle est polymorphe en fonction du secteur ?
- Speaker #4
Moi je pense qu'on a des entreprises qui ne savent plus quoi dire et qui disent on va faire des événements, j'ai plein d'exemples, alors pas forcément moi qui les traite mais de ce que je peux entendre autour de moi, où on dit bah en fait on organise des événements mais on sait pas quoi dire. Et donc on met... On est six mois à construire l'événement, à construire le qu'est-ce qu'on va dire, et ensuite il reste un mois pour produire l'éditorial, les contenus, etc. Et ça, c'est une tendance forte parce que le changement c'est maintenant, le changement c'est tout le temps. Donc en fait, on a ces événements stratégiques qui sont là, toujours, parce qu'il faut les dépenser, il faut les faire. Peut-être un peu moins d'événements équipe, à proprement parler, sur les strates, les N-2, les N-3, etc. jusqu'aux collaborateurs. Ça, on a un peu moins. Mais effectivement...
- Speaker #0
En tout cas, si on est dans la politique, on peut faire appel à toi parce que tu viens de nous trouver un slogan de campagne, le changement, c'est maintenant, le changement, c'est tout le temps. En fait, là, c'est un vrai programme. Élise, je t'en prie.
- Speaker #3
Moi, je pense qu'il y a un problème avec la joie, en fait. L'événementiel, c'est festif. L'événementiel, c'est avant tout se retrouver, partager, communier, que ce soit en entreprise ou en grand public. Aujourd'hui, les entreprises, elles ne peuvent pas être joyeuses. Il y a un problème de... Après le Covid, on était joyeux de se retrouver, il y avait une effervescence et ça faisait sens. Là, il y a un problème de joie, d'attente, de ce que vont donner aussi les élections présidentielles l'année prochaine. On a peur. Il y a quand même une peur, un petit nuage au-dessus de nos têtes et on ne sait pas à quoi s'attendre. Le monde de la culture a pris cher. L'événementiel culturel a subi des baisses de subventions drastiques des nombreux festivals. annulés. Il se passe des choses assez difficiles et c'est vrai que il va falloir qu'on garde le smile. Je pense que c'est peut-être ça la tendance, c'est garder le smile, c'est comment est-ce que on va pouvoir quand même continuer de travailler dans la bonne humeur malgré ce qui se passe. On a la chance d'être en France et d'être plutôt des gens joyeux dans l'adversité et toujours à être résilients. Toi, tu ne vas pas être d'accord. On est des râleurs quand même. On est des râleurs, mais on est des râleurs assez...
- Speaker #1
Mais on sait faire la fête.
- Speaker #3
On sait faire la fête et on a la chance d'avoir un des plus beaux... Enfin, un pays qui offre des décors, une culture, des choses exceptionnelles. Donc je pense que c'est ça aussi sur lequel il faut capitaliser. C'est-à-dire, oui, ça ne va pas super, mais en fait, on a plein de raisons de se réjouir. quand même garder le moral.
- Speaker #0
Je vais quand même réagir à ça, à ce que tu dis, mais juste avant, Ophélie, tu voulais prendre la parole.
- Speaker #2
Oui, oui, complètement, c'était pour rebondir justement sur ce que tu dis vis-à-vis de la joie, parce que je pense qu'en effet, aujourd'hui, on a oublié la joie, mais on a oublié le participant aussi, un peu. J'ai fait un événement il n'y a pas très longtemps où on a fait un débrief avec les clientes après, et on disait oui, on a l'impression quand même que les participants ils ont beaucoup aimé l'événement. Et elle s'est arrêtée, elle nous a fait, c'est vrai que notre manager, ça, c'est pas un point qui est important, quoi. On regarde que les KPI. Bah ouais, mais au bout d'un moment, l'événement, on le fait pas que pour les KPI. Enfin, oui, les KPI, évidemment, c'est important, mais notre but premier, à la base, quand même, c'est de faire des événements pour les participants. Et donc, je pense qu'il y a une connexion qu'on a besoin de refaire sur ça, en fait.
- Speaker #3
Le speed,
- Speaker #2
pardon.
- Speaker #4
En fait, les événements, ils sont, pour la plupart... pensé, en tous les cas les déroulés sur les événements stratégiques internes et autres, le Codire ou le DG n'est pas un expert événementiel. Et pourtant, on nous dit Voilà le programme. Ça a été validé en Codia. Ça a été validé en Comex. Et donc, en fait, on vient se retrouver avec des visions de l'événementiel et de l'événement tel qu'il doit être, qui est passéiste et qui ne tient pas compte des modifications des participants, de ces nouveaux enjeux. On pourrait parler de Gen Z et autres. En fait, ce partage de connaissances-là n'est pas fait au plus haut niveau sur ce qui est possible et ce qui doit être fait ou ce qui peut être fait aujourd'hui. Et en fait, on se retrouve sur des événements tel que tu peux le dire et tel qu'on peut voir, ou le public il est moins intégré, c'est une variable d'ajustement, mais c'est pas la variable de... Enfin, moi je suis persuadé qu'un événement, on doit se dire, on doit le juger à ce qu'il a changé le lundi matin.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
mais quand tu regardes aujourd'hui, il y a très très peu de planning strata dans les structures événementielles, on réfléchit assez peu marketing, j'ai réfléchi assez peu peu audience. Je trouve ça vraiment dommage. Et donc, de fait, voilà. Moi, je suis un consultant, donc je suis un conseil. Alors, pas en événementiel, mais auprès des acteurs du monde de l'événement. Et à un moment donné, ce devoir de conseil, il est de dire, voilà. Voilà ce que moi, je... Et puis surtout, qu'il est renseigné. L'étude du participant en événementiel en Réunion, il est renseigné. Il y a des études neurologiques, enfin, de... Il y en a plein. Et on sait que... « La tension baisse, le temps d'attention baisse, je veux dire là-dessus, on a des arguments factuels qui permettraient à un bon conseil de dire à son client « Voilà comment ton public va réagir, parce que ton public c'est tel type de public, de telle génération, et on sait pertinemment que... » Et ça, je trouve qu'on est un peu faible, mais globalement, c'est pas qu'en France, c'est partout.
- Speaker #0
C'est général.
- Speaker #1
Voilà. Mais PCE, c'est une vision historique, logistique et de production de l'événementiel. Et on est en train de muter vers des événements stratégiques. Tout ça doit se conserver dans un... Plus que la joie, je parle d'enthousiasme ou d'émerveillement. Deuxième accord. Deuxième accord.
- Speaker #0
Il est d'accord avec moi, en fait.
- Speaker #3
Il dit juste un autre mot, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
C'est différent. C'est différent. Ah oui,
- Speaker #3
c'est quand même...
- Speaker #1
Non, mais on doit avancer vers ces... Et je trouve qu'effectivement, le participant, historiquement, a été un peu oublié. et qu'il faut absolument qu'on ait des marketeurs qui étudient les audiences.
- Speaker #0
Je vais te passer la parole. Mais il y a deux choses. Il y a ça et je crois que c'était avec toi qu'on avait une discussion off il y a quelques semaines sur l'attractivité de la Destination France, Paris en l'occurrence, qui était passée, qui avait perdu une place, je ne sais plus sur quel classement. Est-ce que tu parles de joie, d'enthousiasme, de synonyme de ce type ? Est-ce que, quelque part aussi, l'ambiance générale française, elle n'est pas en train de jouer un tour à notre secteur ?
- Speaker #3
Tu veux dire quoi par là ? Quelle ambiance ? Moi, je trouve qu'elle est bien l'ambiance. En fait, c'est intéressant. Alors moi, je pensais qu'après les JO, il y aurait un vrai boom de la Destination Paris, parce que ça a été vraiment une belle vitrine. et en plus, et c'est là que c'est intéressant aussi, on a été... Hyper hospitalier. C'est-à-dire qu'on a une image en France de faire la gueule, de ne pas bien accueillir. Depuis les JO, les gens se sont rendus compte, mais ils se sont juste rendus compte, nous on le savait, on était là, qu'on est un pays d'hospitalité. Et quand on parle d'hospitalité, je reviens sur le soin aux participants. Alors moi, je suis une ancienne directrice logistique, donc le soin du participant. D'ailleurs, j'en ai marre qu'on appelle ça logistique, j'aimerais qu'on appelle ça responsable hospitalité, Comme dans le milieu du sport, ce serait mieux puisque les gens ne sont pas des matériaux et ce sont... Ça reste quand même des personnes. Donc on est un pays hôte. On est hospitalier. Donc prendre soin des gens, je pensais que ça redeviendrait hype après les JO parce qu'on a vu les gens, ils étaient en admiration. Il y a eu... Tout était fluide, l'hébergement, les transports. Les Américains disaient « C'est incroyable, Paris. On mangeait bien. Il y avait une ambiance. Il y avait quelque chose de... » justement de joyeux, il y avait beaucoup d'enthousiasme. Et donc je me dis qu'il y a toujours, et c'est vrai qu'on met toujours la logistique entre guillemets tout en bas du budget, alors que c'est une charge de dépense énorme en plus, alors que qu'est-ce qui reste dans un questionnaire de satisfaction d'un participant à part j'ai mal dormi, j'ai mal mangé, j'ai pas bien été accueilli ? Je suis désolée. Les événements qui se passent le mieux, c'est ceux où la logistique est ultra fluide, qui est un problème de coupure dans l'écran, de contenu. Je vais vous dire un truc. Ce n'est pas ce que les gens vont retenir. Par contre, s'il y a un couac au niveau des transferts, ça, les gens... L'expérience participante. Alors l'expérience participante. Voilà.
- Speaker #1
Objectivement, aujourd'hui, on est devenu... Enfin le marché, les professionnels français sont hyper matures sur ces questions de logistique et de production. Il n'y a plus de plantade comme il y en avait il y a encore 10 ou 15 ans. Je pense que ce n'est pas l'enjeu, moi. L'enjeu, il est là, on sait faire et on sait bien faire. On manque juste un peu de réflexion sur la nature et les individus. On parle beaucoup de personnalisation de l'expérience, on en voit assez peu. Ou même d'avoir une expérience collective. On le voit aussi assez peu. Donc je pense qu'on manque d'études. Mais objectivement, aujourd'hui, on sait produire nos idées. Oui, mais pourquoi tu fais un argument marketing, ça ? En fait, c'est la destination de France,
- Speaker #3
le pays de l'hospitalité. Enfin je veux dire, c'est quand même pas nous qui avons inventé l'événementiel, mais Vattel et les Rois de France qui accueillaient. C'était quand même à l'origine. Alors il y a eu les Anglais avec le Grand Tour et tout, mais... Parce qu'on est un peu quand même à l'origine aussi de l'événementiel. Là, ce matin, je sais pas si vous avez vu dans la presse,
- Speaker #1
la Gironde met une croix sur l'ensemble de ses budgets de promotion touristique.
- Speaker #0
Non. On n'a pas eu le temps de voir les infos du matin.
- Speaker #1
Bon, voilà. Au vu de presse. Non, ça doit être fin de semaine dernière. Bref. À mon avis, c'est le premier département, gros département touristique, à Gironde-Bordeaux. Et voilà. Il y a des raisons budgétaires. Inhérentes. Et effectivement, les budgets de promotion sont mal en point en ce moment.
- Speaker #0
Ophélie, tu voulais réagir ? Et après, on va passer au tribunal, juste après ta intervention. Oui,
- Speaker #2
complètement. Sur la question que tu avais posée vis-à-vis de l'état d'esprit français. Moi, il y a une chose sur laquelle je veux revenir quand même pour les JO. Parce que jusqu'à la cérémonie d'ouverture, les Français, ils étaient quand même très négatifs par rapport aux JO. Et moi, je le voyais sur tous les gens avec lesquels je parlais, qui n'étaient pas du tout en événementiel, avec lesquels je parlais des JO et où globalement... Enfin, ils n'avaient pas envie, ils trouvaient que c'était nul et qu'on dépensait plein d'argent, etc.
- Speaker #1
Y compris les professionnels de l'événementiel qui n'étaient pas concernés par les JO, qui ont été quand même des sacrés destructeurs.
- Speaker #2
Complètement, tout à fait. Et j'ai quelques noms. Et du coup, je trouve que l'état d'esprit JO, c'est l'état d'esprit qui a commencé à partir de la cérémonie d'ouverture. Parce que quand il y a eu la cérémonie d'ouverture, tout le monde a réalisé. Tout le monde s'est fait « Oh, waouh ! » Mais en fait, c'est incroyable ce qui est en train de se passer. C'est tout ce qu'on n'a pas vu. On va passer un été. incroyable, il y a plein de choses qui sont en train de se mettre en place, voilà de quoi on est capable. Et vraiment, je trouve que moi, j'ai vraiment vu un changement d'état d'esprit dans les gens en général, à partir du moment où la cérémonie d'ouverture elle est passée. Même, je sais pas, sur les chauffeurs Uber, sur, mais vraiment, toutes les personnes que je rencontrais, les personnes chez lesquelles j'allais chercher à manger régulièrement pendant l'OP, pendant le montage, etc. Entre les deux, il y a eu un shift C'est énorme. Je trouve que l'état d'esprit français, on a eu ce truc en effet pendant les JO qui était hyper enthousiaste, etc., génial, et où potentiellement, peut-être qu'on revient un peu à notre état d'esprit de base, qui est de ne pas toujours forcément être positif, alors qu'en effet, on est capable de faire des choses incroyables.
- Speaker #1
On a besoin d'objectifs collectifs à la taille des JO. Dans un de mes récents postes, j'ai dit qu'il fallait absolument que la France organise... de 2039 250 ans de la révolution française je pense que la France a quelque chose à dire au monde on fait pas un combat MMA ? pourquoi pas si ça a du sens le sens va être dur à trouver mais bon on a besoin de ces projets là qui concernent la nation entière en France les JO, la coupe du monde effectivement on est dans un creux là on a pas de projet immédiat Enfin, si, l'e-sport, mais ça reste quand même très...
- Speaker #0
Dernière réaction, on passe à la prochaine séquence.
- Speaker #3
Oui, moi j'ai une théorie par rapport au fait d'être défaitiste. En fait, je pense que les Français, ils ont quelque chose. Ils sont français. Non, en fait, il y a une insécurité, un problème de confiance en soi, qui est généralisé en France. Vous voyez comme ceux qui vont faire des... Quand on était enfant, et puis qu'on allait faire une interro, et qu'on disait, c'est sûr que je vais rater, c'est sûr que je vais rater, et puis qu'en fait, on avait 15. En fait, c'est exactement ça qui s'est passé. C'est-à-dire que les Français, ils sont dans une sorte d'angoisse, d'anxiété, de manque de confiance en eux. Et en fait, quand ils se rendent compte que ça va, tout va après. C'est-à-dire que la joie peut arriver. Même après, il y a eu des couacs quand même pendant les JO. Il y a eu quelque chose qui était mal faite. Mais on s'en fichait parce que finalement, on était capables et on s'était rendu compte qu'on était capables. Et c'est très français. Ça, pour le coup, je pense que notre insécurité, elle est... Et pourtant, encore une fois... on a tout pour être heureux. Et on est vraiment passés à l'allégresse, pour rajouter un mot sur la joie,
- Speaker #2
l'allégresse.
- Speaker #1
On est capables, excuse-moi, mais c'est important, on est capables effectivement de faire les JO, ça c'est clair, mais on est capables d'aller plus loin que l'ensemble des organisations des JO qui avaient déjà eu lieu par le passé. On est capables d'avoir une offre différente, d'apporter du nouveau, d'apporter de l'innovation. Et c'est ce qui crée l'intérêt aussi. Et c'est ça qu'on a un peu manqué dans la... Dans l'héritage des Jeux Olympiques, ça aurait dû irriguer l'ensemble des prestataires événementiels de toute la filière événementielle. Et en fait, c'est la force des habitudes qui a repris le dessus. Et moi, c'est ce que je regrette, c'est que dans l'héritage des Jeux Olympiques, il y a cette vision innovante, que je ne l'ai pas vue ailleurs, du côté exceptionnel ou extraordinaire, qu'on a oublié de... remettre dans nos...
- Speaker #3
Rappelons que ça a été fait dans la souffrance, quand même, l'exceptionnel. Donc, je suis... Attention à l'exceptionnel.
- Speaker #4
En fait, c'est ce que tu disais tout à l'heure. Ce que dit Lionel, c'est la question des silos. On a des communautés sur le culturel, sur l'e-sport, sur tout ça. Et en fait, c'est juste comment est-ce qu'on arrive à regarder, à faire collectif. À regarder un peu plus autour de nous sur ce qui se passe.
- Speaker #1
D'avoir des projets communs, ensemble.
- Speaker #0
Eh bien écoutez, merci beaucoup déjà pour ce premier passage, première séquence. On va passer tout de suite au tribunal. Trés bien, ok. 13h, ce sera la fin de l'émission, et donc on enchaîne tout de suite sur le tribunal. C'est ça les joies du direct, c'est les petits côtés en off. Le tribunal, en fait, l'idée c'est que vous prononciez coupable ou non coupable, et pas forcément en votre nom, ça peut être aussi dans la vision que vous pouvez avoir, dans différents dilemmes que je vais pouvoir vous poser. Et par rapport aussi à un peu cet ensemble que nous avons abordé. Alors le premier, c'est est-ce que les crises produisent de meilleurs événements ?
- Speaker #1
De meilleurs, j'en sais rien, mais les crises obligent à se concentrer sur de nouveaux modèles, de nouveaux contenus, de nouveaux formats. Et les crises ne doivent surtout pas nous rendre feignons. Au contraire, ces crises-là doivent nous pousser à sortir de nous-mêmes. Je parle pour l'événementiel, mais objectivement pour n'importe quoi. À sortir de nous-mêmes et à faire des propositions nouvelles. Voilà. C'est pour moi crise égale renouveau.
- Speaker #0
Concrètement, dans quel type de propositions nouvelles on peut faire ? Parce qu'aujourd'hui, là, on parlait de... Tu donnais l'exemple de banque dans laquelle... Pas pour toi ? c'est pas pour toi cette question j'en ai plein mais du coup justement Benoît concrètement là moi aujourd'hui je suis quelqu'un qui est en train d'écouter cet épisode je suis chez l'annonceur on me demande de faire quelque chose justement qui concrètement qu'est-ce que je peux avoir comme reco comme idée pour faire différemment bah
- Speaker #4
Déjà, j'ai envie de parler d'innovation de rupture. Innovation de rupture, c'est Airbnb face aux hôtels. C'est Netflix face à Blockbuster.
- Speaker #1
C'est la cérémonie d'ouverture Paris 2024 versus les autres cérémonies d'ouverture.
- Speaker #4
Tout à fait. Et donc on pourrait se dire, on peut rompre avec le critère de valeur. Par exemple, aujourd'hui un événement il juge sur le vécu, la satisfaction, l'ouahou, l'applaudimètre. Mais une rupture pourrait consister à regarder ce qui change après. Mon questionnaire de satisfaction, ce n'est pas est-ce que vous avez bien dormi, bien mangé, qu'est-ce que vous retenez comme deux ou trois messages, mais on est deux ou trois semaines après, qu'est-ce que vous avez changé concrètement ? Qu'est-ce qui a été transformé ? On peut rompre avec le format. L'unité de base du secteur, c'est rassembler tout le monde au même endroit au même moment. On pourrait se dire, plutôt que de rassembler tout le monde, pour un dixième du budget, je fais dix micro-événements de 30 minutes sur trois mois, donc je travaille sur le temps long, plutôt qu'une plénière de deux jours, et ça je le fais pour un dixième du budget.
- Speaker #1
bien ou pas bien après ça discute mais en tous les cas allez vers ces réflexions non mais on a toute la puissance créative en France pour travailler ces sujets là et pour faire les bonnes propositions à la base de ça il doit y avoir des bons briefs mais
- Speaker #0
Alors justement...
- Speaker #3
Et une volonté des clients aussi.
- Speaker #1
Voilà. Et il faut sortir de l'habitude, parce qu'on se rend compte dans les briefs les coupes écolées de l'année d'avant. Moi, je les vois pas passer, mais c'est ce qu'on m'en raconte.
- Speaker #2
Faire la même chose, mais différemment.
- Speaker #0
Ouais. Mais là, attendez. Là, il y a quand même une vraie question qui se pose.
- Speaker #1
Oui, voilà. Mais c'est ça qui ne résistera pas à la coupe budgétaire. Ces habitudes-là. Je fais la même chose depuis 2018. Il y a toujours quelqu'un qui dira... C'est fini.
- Speaker #0
Lionel, si on a ça, si on a ce sujet-là, quelle est la part de responsabilité de chacun ? Quelle est la part de responsabilité de l'agence d'accepter le même brief ? Quelle est la part de responsabilité de l'annonceur de répartir ce même brief ? Et quelle est la responsabilité des différents professionnels qui interviennent sur l'événement de dire à un moment donné, attention, ce sujet-là, c'est là-dessus, Pourquoi ? On n'est pas capable dans ce cas-là, parce qu'on parle d'événements inutiles, est-ce qu'au bout d'un moment, on n'est pas en train justement juste simplement de générer du chiffre et du business en se disant on fait des événements inutiles ou pas inutiles, peu importe, peu importe le reste du moment que je fais mon chiffre ?
- Speaker #1
Il faut payer les salaires en fin de mois. Ça doit le bouffer. Ouais, donc c'est une question hyper complexe. À mon avis, c'est pas comme ça qu'il faut la poser. Je pense que la force de l'habitude paralyse aujourd'hui l'ensemble de la chaîne de valeur de l'événementiel, depuis l'annonceur jusqu'au loueur de petites cuillères. Enfin, j'exagère pour bien associer tout le monde à ça. sortir de l'habitude, c'est... totalement comportemental. Ce n'est pas lié à une crise, ce n'est pas lié à une... Donc il faut sortir de soi-même pour espérer. Et c'est tout. C'est quand on discute ensemble qu'on arrive à faire naître les nouveaux projets, ou en tout cas des projets qui sont peut-être anciens et habituels, mais sur lesquels on va redonner du sens et un renouveau. Donc la solution ne viendra pas de l'annonceur, de l'agence, du freelance, du prestataire technique ou du lieu. La solution, elle viendra collectivement dans une discussion commune. Mais pour ça, il faut avoir des lieux de discussion communes qui sont relativement rares aujourd'hui.
- Speaker #0
J'expose une autre théorie. Est-ce qu'au final, ça ne viendrait pas des nouvelles générations de salariés qui obligeraient leurs employeurs, annonceurs, à changer la méthode ?
- Speaker #1
Ils n'ont qu'à créer leur boîte. Ils ont tout intérêt à le faire. On disait tout à l'heure qu'il y avait plein de nouvelles agences qui arrivaient sur le marché. Le droit d'entrée à créer une agence, il est nul. Il faut juste un ordinateur et du cerveau, quoi, et une bonne connexion. Donc tout le monde peut le faire dès l'instant où il est motivé, engagé et où il a le réseau pour pouvoir fructifier sa vision des choses. Et on a besoin de renouveau. Moi, je reste persuadé qu'on a besoin de renouveau. Mais il y a des agences anciennes qui ont démarré un processus de renouvellement de ces équipes impressionnant. et que je trouve moi toujours à la pointe de la créativité aujourd'hui. Et à l'inverse, il y en a d'autres qui, en fait, ne renvoient rien de plus que ce qu'ils renvoyaient il y a 20 ans. Bon, voilà. Il faut tout pour faire un monde. Et il faut tout pour répondre à des besoins très différents chez les annonceurs.
- Speaker #0
Nouvelle question du tribunal, en particulier pour vous deux. Un prestataire répercute 20% sur un devis déjà signé en raison des coûts logistiques qui peuvent être liées aux perturbations de la mer rouge, de l'augmentation des carburants, etc. Qu'est-ce que vous faites ? Renégociation, absorption, annulation ou autre solution ?
- Speaker #2
Moi, je renégocie. Je pense que ça fait partie du rôle de la prod aussi, de négocier. Donc négociation. Après, clairement, si lui le répercute de cette façon-là, c'est quand même fort probable que les autres prestats le fassent de la même façon. Je pense que je ferai une comparaison de deux vies aussi pour être sûre. Et puis après, si on n'a pas le choix et que c'est comme ça, on fait en sorte de l'absorber.
- Speaker #0
Éducation.
- Speaker #4
Éducation. Éducation. Je pense qu'on a un enjeu majeur d'éducation et je pense que l'événement doit éduquer et il n'éduque pas suffisamment. L'événement est un outil de partage de savoir, de changement de comportement, de changement d'avis. d'habitude, etc. Et on évoquait en off sur d'autres points, mais on doit avoir au sein des événements davantage de workshops, davantage de hot-sits entre participants, de discussions entre participants, justement. pour apprendre les uns des autres, pour faire collectif, échanger,
- Speaker #1
et tout ça. Je voudrais quand même... On ne m'a jamais ramené ce type de cas. Peut-être que ça existe. Je pense que quand on est un prestataire et qu'on a une tension sur un produit ou un matériel, compte tenu des délais entre le moment où on nous demande le devis et au moment où a lieu l'événement, je pense qu'il n'y a pas un prestataire qui ne dit pas « Attention ! » Et qu'il le met dans ses conditions générales de vente ou dans son devis, qui dit « Attention, tel produit a tel prix aujourd'hui, compte tenu du marché, il est fort possible que... Et la fourchette pourrait être entre ça et ça. » Je pense que l'éducation, elle vient aussi, bien évidemment, de l'ensemble des gens de la filière qui, eux, doivent prévoir. si on en fasse de nous. Enfin en face de ces gens-là, il y a souvent des commanditaires dans les entreprises qui ne sont pas forcément formés. Il faut les informer, dire attention, il y a un risque. Qu'en cours de production, tout ça, à un moment donné, il y ait... Ah, bing !
- Speaker #0
Je t'apporterai une réponse juste après. Mais je voulais qu'Auflid, tu voulais réagir.
- Speaker #2
Non mais je réfléchis à ce que tu dis. Je pense qu'on a eu le cas pour le bois il y a quelques années. On a le cas pour le pétrole maintenant. et ça dépend à quelle échelle parce qu'en effet pour l'instant on fait des dossiers de plus en plus coûteux pour des événements qui sont les mêmes à peu près. Et en même temps, il y a d'autres événements. Je ne sais pas, j'ai travaillé sur un NAO d'un événement qui a lieu en mars 2027. On a travaillé un peu plus d'un an avant dessus. Et quand j'ai demandé à mes prestats s'il pouvait y avoir des répercussions justement avec le prix du pétrole, ils m'ont dit franchement, aujourd'hui, on vous fait ça, on verra à ce moment-là, mais normalement, on ne fera pas de répercussions. Donc, je pense que c'est un peu double tranchant. Ça dépend,
- Speaker #0
parce que moi, je vais vous donner mon point de vue du côté plutôt régisseur. sur le terrain, tu commences à le voir. Moi, je reçois des mails de prestat qui me disent, attention, à partir de telle date, augmentation frais de carburant, signé ou pas signé, et on voit même apparaître sur certains devis des mentions, comme font les transporteurs. Les transporteurs, aujourd'hui, ils vous donnent un coût, mais dans lequel ils mettent une mention liée au prix du transport, de l'essence, etc. Mais t'es informé !
- Speaker #1
Quand tu as la mention, on l'existe, t'es informé !
- Speaker #0
Des choses qui n'existaient pas, il y a encore quelques semaines, tu vois, et on le voit, enfin, moi je le vois, sur le sur la partie vraiment du prestataire technique. Mais cette question d'éducation, elle ne faisait pas partie d'éducation à formation, elle ne faisait pas forcément partie des réponses. Mais OK, le tribunal accepte votre sentence.
- Speaker #1
En fait,
- Speaker #4
on est dans le faire. On a toujours été dans le faire. Là, il faut sans doute déplacer un peu le faire et faire savoir.
- Speaker #0
Et la dernière question, et après, ça nous amènera naturellement vers la conclusion de cette émission. Mais la dernière question, elle est autour de la RSE. Ah ! Un projet qui est labellisé RSE, qui a obtenu les labels précédemment, et se fait avec un budget qui ne permet pas de faire de vrai RSE, est-ce qu'on le lance quand même ?
- Speaker #2
Alors moi j'ai une question, parce que c'est quoi de la vraie RSE ? C'est quoi un budget qui permet de faire de la vraie RSE ?
- Speaker #4
Est-ce qu'il existe des budgets qui permettent de faire de la vraie RSE ?
- Speaker #2
Non mais en vrai, faire de la RSE, c'est pas forcément plus cher, c'est faire différemment. et donc Pour moi, ta phrase, elle ne fait pas sens. Parce que tu peux faire un événement qui soit hérisseux, dans une certaine mesure en tout cas, sans avoir à changer le budget. Après, ce sont des arbitrages. Ça va être changer ça et du coup faire plus de ça et moins de ça. Enlever la moquette pour pouvoir, je ne sais pas moi, faire de la récupération. Et donc, au final, ça va vraiment être une question de bonne pratique et un peu plus que le budget pour moi.
- Speaker #0
Mais elle ne fait pas sens volontairement.
- Speaker #2
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
La question.
- Speaker #0
La question. Elle ne fait pas sens volontairement pour amener le débat et la réaction.
- Speaker #1
Partir du postulat que la RSE coûte cher, c'est effectivement s'interdire de changer les habitudes. Et en fait, pour moi, ce qui pénalise aujourd'hui la question RSE, ce n'est pas la volonté, ce n'est pas l'envie d'eux, ce n'est pas tout ce qu'on nous bassine et qui nous oblige à réagir. C'est le manque de temps. On sait très bien, vous êtes là pour certainement témoigner, le délai entre le moment où on nous interroge et la date effective de l'événement se réduit de plus en plus. Les délais se réduisent et c'est une évidence. Comment peut-on casser nos habitudes ? dans des délais qui se réduisent, alors qu'on va être tenté de refaire ce qu'on a déjà fait. Et donc, de ne pas aller chercher le produit, le service, la technique, ou effectivement qui tient plus compte des effets et de l'impact. Voilà, je pense que le temps tue la réflexion et l'innovation. Pour moi,
- Speaker #2
clairement, c'est une question d'expérience en fait. C'est comme pour tous les autres métiers. Tu es une personne, je ne sais pas... Un ou une dire prod qui a beaucoup d'expérience va pouvoir te regarder un projet et dire « Ok, pour moi, sur ce poste-là, on va être à temps, sur ce poste-là, on va être à temps, etc. » L'RSE, c'est exactement la même chose. Si tu as besoin de pouvoir aller rapidement pour pouvoir faire un projet, une personne qui s'y connaît en RSE va pouvoir faire des propositions de solutions dans les bons timings, tandis qu'une personne qui ne s'y connaît pas bien, en effet, ça va demander énormément de recherche de pouvoir... qui, je ne sais pas, qui essentiellement n'a pas forcément la bonne base de prestat, etc., les connaissances qui vont avec. Et donc, en effet, là, c'est plus compliqué.
- Speaker #0
Élise ?
- Speaker #3
Alors moi, je voudrais juste réagir sur ce thème de RSE. Je me souviens avoir fait une conférence en 2019, déjà, où on en parlait, et où j'ai juste abordé le fait que dans la RSE, il n'y a pas que l'éco-conception et l'éco-production, il y a l'humain.
- Speaker #0
Social.
- Speaker #3
Et je suis désolée, mais alors, plus le temps passe... Moins on résout cette histoire d'humain dans l'événementiel, très clairement. Plus les délais sont réduits, plus les gens passent des heures et des heures à travailler. Alors moi, j'ai été surprise parce que du coup, pendant les Jeux Olympiques, j'ai travaillé avec des freelances qui venaient du monde entier. Et je vais vous dire un truc, c'est-à-dire que je me suis rendu compte à quel point on acceptait des choses en France que les freelances étrangers n'acceptent pas. Alors... Alors, je ne vous parle même pas des délais de règlement. J'ai reçu des mails, vous imaginez, même pas. Je n'avais jamais eu des mails de relance comme ça, de gens énervés parce qu'il y avait deux jours de retard dans les règlements. La prise en considération des gens. Enfin, on ne se rend pas compte à quel point la France accepte plein, plein de choses. Et dans l'événementiel, c'est notre culture, en fait, d'accepter les choses telles qu'elles sont, de faire des heures sup. Et je pense qu'il y a un moment, il va falloir aussi revoir le modèle économique des agences. Et de l'événementiel en général, basé sur un règlement, et je répète ce que je disais en 2019 déjà, un règlement des heures supplémentaires. Il n'y a aucun métier où les heures supplémentaires ne sont pas payées, à part beaucoup quand même dans l'événementiel ou des récupérations ou ce genre de choses. Donc par pitié, posez-vous aussi sur cette question-là, qui fait aussi que le milieu des agences est peu attractif aujourd'hui. Les jeunes, ils ne veulent plus aller en agence parce qu'ils savent qu'ils vont être essorés. Je sais, ça ne fait pas plaisir et je me fais à chaque fois prendre des haters. Mais je m'en fiche parce qu'en fait, en vrai, il y a des fois des choses qu'on doit rabâcher parce qu'on le met sous le tapis trop souvent. Et moi qui gère des freelances et donc souvent des gens qui se sont lancés en freelance parce qu'ils ne supportaient plus d'être soumis à la pression des agences ou des annonceurs. En fait, c'est mon sujet, donc je suis obligée d'être un peu aussi leur porte-parole. Mais là,
- Speaker #0
tu as un point qui rejoint Lionel, puisque pareil, c'est poste du vendredi, où on lui a aussi attiré parfois quelques réactions et quelques foudres du secteur, mais libre de parole et de sujet.
- Speaker #3
Voilà, on est là aussi pour ça.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Alors pas pour ce sujet-là. Moi je pense, j'ai un peu un avis différent du tien, je pense que des progrès énormes ont été faits. Que ça ne soit pas suffisant, j'en conviens. Mais les salaires aujourd'hui dans les boîtes d'événementiel ont considérablement augmenté. Les talents coûtent cher. Et d'ailleurs on revient, parce que tu n'as pas fini ta phrase tout à l'heure, à l'annonce d'Anthropique sur sa recherche de Head of Marketing Events. 400 000 dollars à l'année. 400 000 dollars à l'année de salaire ?
- Speaker #4
C'est un minimum.
- Speaker #1
Non, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a une considération d'une boîte spécialiste du numérique et de l'IA, une considération forte pour les rendez-vous physiques, et que cette considération, elle vaut ça. Moi, je trouve que c'est une excellente nouvelle qu'on ait ce niveau-là. Après, la critique, elle est dans le fait qu'aujourd'hui... Je pense que l'événementiel... tel qu'il est raconté aujourd'hui, est très en deçà de ce qu'il peut apporter aux boîtes. Donc tu parlais d'éducation tout à l'heure, et c'est là où il y a un besoin fort d'unité de la filière pour aller dire à ceux qui payent, qui sont systématiquement les entreprises, quand on est dans les activations de sponsoring, quand on est même dans l'e-sport, quand on est dans le culturel, etc., au final, il y a quand même une participation active des entreprises au budget des boîtes, d'aller leur dire mais l'événementiel va vous raisonner des problèmes incroyable et bien plus qu'une campagne digitale ou qu'une campagne en presse magazine. Et là-dessus, je pense qu'il n'y a pas un discours offensif de la part du monde de l'événementiel en disant que l'événement physique aura le plus d'impact sur vos audiences. C'est prouvé, c'est démontré. Pas assez bien à mon goût, mais en tout cas, on le sait. Et c'est là où on est faible.
- Speaker #2
Après, tu parles d'anthropique, mais c'est quand même une annonce sur vraiment... Pas beaucoup. Et puis si tu regardes l'annonce en antivre, c'est vraiment un responsable événementiel sur une entièreté, sur la création de l'événement, sur savoir trouver vraiment la vibe de l'entreprise. Mais c'est ça l'événementiel ! Oui, je sais, mais c'est une personne qui... Enfin oui, du coup aussi, ils cherchent une personne qui a 15 à 20 ans d'expérience.
- Speaker #1
Et ça fait qu'il paye de la vérité sociale aussi 400 000 dollars.
- Speaker #3
Il doit faire de la retraite.
- Speaker #0
Une aide qui divise par deux 200 000 dollars. Est-ce que tu as un salaire d'aide d' Est-ce que tu as un salaire d'aide tout doucement, t'as dit une phrase à un moment donné, alors je sais plus sur quel sujet c'était mais t'as dit oui mais ça, ça fait 30 ans que ça existe et je ne sais plus si c'était sur quel sujet mais il y a eu un moment donné une réaction de ta part sur laquelle j'étais un peu coupé et t'as pas été plus loin sur les agences,
- Speaker #3
c'est comme si t'étais pas d'accord avec Élise sur les agences dans ce cas là c'était pas l'enjeu je ne sais plus tu disais qu'il y avait des agences qui se créaient oui
- Speaker #1
Non, non, en fait, je pense que depuis toujours, il y a des annonceurs qui internalisent, et trois ans après, ils externalisent, trois ans après, ils internalisent. C'est un mouvement perpétuel qu'on observe depuis 30 ans. Et d'ailleurs, ça se croise. Il n'y a pas à un moment toutes les boîtes qui internalisent et à un autre moment toutes les boîtes qui externalisent. et heureusement d'ailleurs. Mais voilà, ça se croise. En revanche, il y a très peu d'études aujourd'hui qui démontrent quel est le comportement actuel. des entreprises dans leur globalité sur ce sujet-là. Donc voilà, on est tous sur une bataille de convictions qui naît de notre observation et de notre place sur le secteur. Mais en fait, on n'a pas d'études. Moi, oui, j'ai un certain nombre de convictions. J'ai zéro certitude sur ce marché. Et j'aimerais qu'à un moment donné, il y ait des études faites sur tel ou tel point. On n'est même pas capable de dire aujourd'hui quelle est la somme globale dépensée par les entreprises en événementiel par an. On le sait pas. Quand vous allez en Italie, en Espagne ou en Angleterre, on le sait. Il y a des études qui sont faites. Et on sait pertinemment que le budget global de dépense des entreprises dans l'événementiel en Angleterre, en Italie ou en Espagne égale tant avec une somme au bout. On le sait pas en France. On est quand même pour le pays... On est un pays leader en la matière. Il y a zéro discussion là-dessus. Je trouve ça un peu pathétique.
- Speaker #0
Un événement dont personne ne se souvient au bout de 6 mois, c'est un budget qui s'est évaporé. Et la trace, c'est peut-être la seule chose dans un événement que la crise ne peut pas nous enlever. Et c'est sur cette phrase-là que je te propose, Ophélie, de commencer à conclure l'émission.
- Speaker #2
Écoute, je pense que globalement, on a abordé pas mal de points différents. On est capable, en France, de faire quelque chose qui est assez incroyable. Il faut qu'on remette les bonnes choses aux bons endroits, qu'on remette la joie, l'allégresse, l'enchantement, l'enthousiasme dans nos événements, qu'on repense au fait que derrière il y a un participant, il y a des humains qu'il faut y penser, et puis la mesure d'impact, parce qu'à partir du moment où on parle de mesure d'impact, on prend les choses dès le début jusqu'à bien après l'événement, et c'est comme ça qu'on va pouvoir tout voir, l'expérience participant, la mémorisation, l'appropriation, le fait que justement il y ait des changements dans les comportements, etc. Et donc... Je pense que si on met tout ça, avec en plus le fait de faire collectif, on a quelque chose de plutôt pas mal.
- Speaker #0
Lionel, une conclusion ? Soyons fous, vivons ! Vu tout l'épisode, je m'attendais à quelque chose d'autre que quatre mots, mais écoute, je te remercie. Trois mots.
- Speaker #1
Si tu comptes la virgule, c'est capable. Non, non, moi je suis hyper optimiste. La filière ne peut pas s'échapper à... Un aggiornamento, je ne sais plus comment on dit en italien, enfin une étude sur lui-même en disant voilà quels sont mes grands points positifs aujourd'hui, quels sont mes atouts, sur quoi la filière peut-elle capitaliser pour aller démontrer qu'on est un outil extraordinaire. Voilà, mais ceci dit, toutes les études au niveau mondial faites par les Américains montrent un secteur en croissance sur les 20 prochaines années. donc il faut être optimiste, y compris d'ailleurs en... avec les crises.
- Speaker #0
Je vais te pousser peut-être un peu plus, mais est-ce que dans ce cas-là, on n'est pas en train de rencontrer une crise existentielle dans notre secteur qui peut aussi être liée à un changement de génération ?
- Speaker #1
Oui, peut-être, ça rentre en ligne de compte. En tout cas, moi je pense que c'est un... Créons de l'attractivité pour l'événementiel.
- Speaker #4
C'est la crise de la quarantaine.
- Speaker #1
Et créer de l'attractivité, c'est s'interroger sur ce que sont les forces de l'événement aujourd'hui. au regard de l'ensemble des problématiques de ceux qui le financent, en particulier les entreprises.
- Speaker #0
Benoît, la crise de la quarantaine.
- Speaker #4
Oui, c'est la crise de la quarantaine. Quand on regarde, les agences, pour la plupart, ont été créées en 1998, avant. Le métier de chef de projet, j'ai commencé, il avait 18 ans à peu près. Là, on se retrouve 40, 45. Et donc, en fait, on vit cette crise de la quarantaine. Il y a les crises qui... qui suivent, et donc on va avoir besoin de mesures d'impact et de mesures d'engagement, et effectivement je suis d'accord avec Lionel sur comment est-ce qu'on arrive à se réinventer, mais la question c'est où est-ce qu'on arrive à discuter de tout ça, et qui prend la main.
- Speaker #0
Élise.
- Speaker #3
Je trouve ça intéressant, la crise de la quarantaine. Moi, j'ai une maman qui travaillait dans une collectivité sur le bicentenaire de la Révolution, qui était un gros gros événement. Je me souviens qu'elle en parlait. Comme ça, j'étais petite. Et après, il y a eu Albertville. Donc c'est vrai qu'il y a eu... C'est là qu'on a connu l'émergence des grands événements et là où la culture, en fait, en France est arrivée et a mis en place des jalons. Ce qui m'intéresse, moi, je pense, ce qui peut aussi... Faire l'événement de demain, il y a trois choses qui pour moi sont importantes, c'est le sens. De toute façon, les entreprises doivent créer du sens, pourquoi les gens vont travailler aujourd'hui, ils n'ont plus envie d'y aller, de toute façon, ils n'ont plus envie de rester, donc il faut créer du sens. Il y a une idée de convivialité aussi, qui regroupe un petit peu l'idée de faire collectif, d'hospitalité, et de sens aussi, et l'audace. J'aime beaucoup ce mot, l'audace. Je pense qu'il faut être audacieux. Il faut que les agences, les freelances soient créatifs. Aujourd'hui, on voit beaucoup d'agences créatives prendre des parts de marché. Je trouve que c'est intéressant plutôt que des agences qui viennent des médias et tout ça. La créativité comme fer de lance, ce serait pas mal.
- Speaker #0
Pour répondre à ta question, cette émission a un peu l'intention d'être aussi, pourquoi pas, un espace de débat sur cette fameuse crise. En tout cas, merci à vous de vos interventions et de ce débat très, très riche pour le coup. Si je devais essayer de résumer en deux, trois phrases ce qui s'est dit... Courage ! Courage, parce qu'il y a eu beaucoup de choses qui se sont dites. L'éducation et l'information doivent se réinventer pour rendre l'événement plus attirant. Et parce que l'événement est apporteur de solutions, nous sommes un secteur qui est polymorphe, qui doit peut-être trouver aussi son unité, son unicité. pour pouvoir accompagner comme il se doit des secteurs ou des entreprises qui parfois ne savent plus quoi dire à leurs équipes ou à leurs clients. En tout cas, merci à vous, nos invités, nos chroniqueurs, pour votre participation et votre présence. Merci également à vous de nous avoir suivis. Vous retrouverez évidemment cet épisode sur toutes les plateformes audio et sur YouTube. Je remercie également le studio Canal Chat pour son accueil, son soutien pour l'émission et à ses équipes qui sont en régie pour nous accompagner. Et enfin, je vous donne à toutes et tous rendez-vous dans 15 jours pour le prochain épisode dans l'oreillette de notre prochain invité. Un immense merci d'avoir écouté Dans l'Orient 2, le podcast qui dévoile les secrets des coulisses pour créer la trace d'un événement durable. Nous croyons pouvoir des idées, des rencontres et de la transmission pour faire évoluer notre secteur. Merci également à nos invités pour leur partage, ainsi qu'à nos chroniqueurs. Un grand merci à notre partenaire, Canal Tchad Grand Dialogue, producteur d'événements interactifs en direct et en vidéo, qui nous accueille dans notre studio TV, au cœur de Paris. Ce podcast est produit par Valerna Patata, maître d'oeuvre de l'éphémère et soutenu par Lustrophonie. Lucas, on va... de matériel événementiel. Retrouve-nous sur bananapotata.fr, en podcast et sur tous nos réseaux sociaux. Rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode dans l'oreillette 2, notre prochaine émission.