- Ludivine
From Montreal, de Montréal, introducing People, je vous présente des gens, met on a, rencontrés sur un, dancefloor, pour parler de, to talk about DANZ. Nous voici donc rendus à l'épisode 18, et je l'ai mentionné dans mon épisode 17, mais aujourd'hui on parle avec Alex, qui est, mon dieu, le complice ultime de Jonathan, épisode 17. Mais Alex, est sa propre personne ? J'ai déjà dit ça de Mélissa avec Pavel. Il y a des paires dans ce projet-ci et je considère que vous êtes une paire, Jonathan et toi, Alex, mais encore une fois, je le répète, tu es ta propre personne. Et à ton sujet, ce que je dirais, c'est que la première fois que je t'ai abordé, je me souviens clairement, c'était à un Piknic et j'ai déjà mentionné qu'a u début, dans mes premières années au Piknic, je n'abordais pas souvent les gens. Il n'y avait pas toute cette espèce de communauté-là autour de moi. Et moi, je ne faisais pas partie d'une communauté non plus. Mais je t'ai abordé parce que j'aimais ton style. Je trouvais que tu avais un super beau style. Et à ce jour, je pense encore la même chose. Tu es vraiment quelqu'un qui, comment dire, prend soin de ton image, mais pas de façon vaine, donc pas dans la vanité. Je pense que tu as ce style-là parce que justement, tu as des intérêts dans la vie. C'est ce que j'en ai déduit avec le temps. Je pense que c'est ton look BMX. Mais ça, c'est ma petite théorie. Mais sinon, on s'est après ça redécouverts au Burning Sun. Et c'est ça, on a appris à se connaître au travers de différentes conversations qui ont toujours été très enrichissantes pour moi. Donc, je te remercie de ça. Donc, bonjour, Alex.
- Alex
Bonjour.
- Ludivine
Bon, écoute, tu connais le principe parce que tu me disais à l'instant que tu as écouté tous mes épisodes et merci pour ça aussi.
- Alex
Je suis ton fan numéro un.
- Ludivine
Ah, bien là, il va falloir que tu aies une discussion avec Jonathan parce que je pense qu'il m'a dit la même chose ou en tout cas quelque chose de similaire.
- Alex
Tu es ton fan ex-aequo avec Jo.
- Ludivine
Bon, bien, parfait. Bien, moi, je suis très heureuse de vous avoir parce que vous êtes deux personnes de grande qualité, donc j'aime ça. Donc, ok. Est-ce qu'on se lance dans la question tout de suite ou est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à ce que j'ai dit jusqu'à maintenant ?
- Alex
Bien, pour revenir à notre première rencontre, je pense qu'on s'est un peu reconnus au Piknic dans notre intensité ou dans notre plaisir à danser au Piknic. On ne s'est pas parlé tout de suite, mais on s'est sizés de loin et on s'est fait des petits sourires. Il y avait déjà une petite connexion. On avait le même... Genre le même vibe, il y avait un petit fit avant qu'on se parle, qui s'est fait à travers le geste et la danse.
- Ludivine
Oui, j'aime ça ce que tu dis parce qu'en effet, c'est souvent comme ça que ça se passe, les connexions sur un dancefloor. Puis ça, c'est Gabriel aussi qui l'a déjà mentionné. Des fois, on va danser puis on va repérer des gens à distance. Puis c'est vraiment dans le non-verbal, le non-verbal incluant justement les coups d'œil à distance, les sourires à distance. Tous ces signaux-là vont inviter peut-être l'évolution de la connexion ou peut-être pas non plus. Peut-être que ça peut être momentané, mais dans notre cas, c'est ça, ç a l'a pris quelques années pour qu'on se retrouve au Burning Sun et que la connexion prenne une autre dimension. C'est très cool.
- Alex
Aussi, moi et toi, on n'utilise pas toujours les mots. Je pense qu'on peut avoir une belle discussion, mais juste avec nos corps. On maîtrise assez nos corps pour juste être ensemble, discuter, mais corporellement. Je fais référence au dernier Piknic qu'on a dansé ensemble. J'avais l'impression que je n'avais pas besoin de te parler. J'avais déjà discuté avec toi, mais avec mon corps sans même utiliser de mots. Ça fait que ça, c'est chouette de faire ça avec quelqu'un.
- Ludivine
Oui, je suis tellement d'accord avec toi. Puis ça aussi, ça l'a été déjà dit, mais il faut le répéter. La danse, c'est vraiment une forme de communication en soi, les mouvements. Puis c'est une complicité. C'est tellement de choses. C'est un partage de joie. C'est un partage d'énergie. Puis c'est indescriptible. C'est justement, c'est au-delà des mots. Donc, très, très cool. Belle précision. OK, est-ce qu'on est prêts pour la question ?
- Alex
On se lance.
- Ludivine
Ouuuuuuuuh! OK, donc, principe de ce projet balado, c'est qu'on a des petites discussions à partir de questions qui sont pigées spontanément. Donc, je ne la connais pas, tu ne la connais pas et je la tourne à l'instant pour la lire à l'instant et la découvrir à l'instant. OK, donc, allons-y. Est-ce que le fait qu'une personne aime l'EDM et la danse est un critère passe ou casse pour le choix d'un individu partenaire de vie ? Oh! Ah la la. Donc, écoute, tu peux parler en général, selon tes observations, tu peux parler de ta situation. Vas-y avec ce qui t'inspire dans la question.
- Alex
Ben, je pense que c'est une fausse question.
- Ludivine
Oh, c'est intéressant
- Alex
Ouais.
- Ludivine
Vas-y donc.
- Alex
Parce que p our moi, quand je vais danser, c'est tellement personnel. Ça implique personne d'autre que moi et moi-même. Puis je dirais...
- Ludivine
J'adore, ben je comprends!
- Alex
C'est moi avec l'univers.
- Ludivine
Oui, OK.
- Alex
Mais un partenaire de vie, je trouve que ce n'est même pas une question qui se pose parce que c'est tellement personnel à une relation un peu divine. Ce n'est pas terrestre, ce n'est pas relationnel. Non, ce serait, pour répondre clairement à la question, ce serait, c'est vraiment pas un...
- Ludivine
Un passe ou casse pour toi là...
- Alex
Ouais, un deal breaker p arce que moi, quand je danse, je suis tout seul avec moi-même, je suis tout seul avec l'univers. Puis des fois, je me déconnecte de ça pour aller danser avec toi ou d'autres personnes, m ais il n'y a pas cette, si l'autre personne n'aime pas l'EDM, ça ne change absolument rien pour moi, puisque moi, j'adore l'EDM. et je suis bien là-dedans. C'est le côté, je dirais, une fausse question ou une question qui ne s'applique pas à moi.
- Ludivine
J'adore. OK. Donc, dans le fond, moi, je peux-tu rajouter quelque chose en fonction de ce que tu as dit ?
- Alex
Absolument, j'espère.
- Ludivine
Est-ce que tu crois que c'est parce que tu as beaucoup développé ton unicité ? Puis, quand on parle souvent d'une relation avec quelqu'un d'autre, tu sais, d'un... d'un individu partenaire de vie ou intime assez significatif pour que la personne partage notre quotidien. Est-ce que, exemple, pour toi, l'amour de l'EDM, de la musique, de la danse, ça fait partie de ton unicité ? Et est-ce que tu considères que ça fait même en sorte que tu deviens comme un meilleur partenaire parce que tu développes cet amour-là toi-même, de ton côté, tu cultives ton jardin secret ?
- Alex
Absolument. Tout à fait. Puis quand je reviens d'une soirée, je suis tout le temps une meilleure version de moi-même.
- Ludivine
Ah, c'est beau!
- Alex
Tout le temps. Ça fait que ça peut être juste positif pour les personnes qui m'entourent.
- Ludivine
Of course.
- Alex
Je reviens tout le temps plus zen, plus éclairé, avec plus de clarté. Souvent, quand je m'en vais danser, j'aime ça me poser un petit problème de la vie quotidienne, un questionnement. Je ne trouve pas forcément la réponse. Puis euh...
- Ludivine
Donc avant un événement.
- Alex
Oui.
- Ludivine
Ça fait que dans le fond, c'est comme une intention.
- Alex
Ouais, p...
- Ludivine
On parle souvent beaucoup de ça là, y aller avec une intention. Ça fait que toi, consciemment, tu vas amener à ton esprit quelque chose qui te pose problème dans l'instant ou dans ce moment de ta vie pour lequel tu voudrais une solution.
- Alex
Exactement. Tout à fait. Dernièrement, j'ai des petits soucis familiaux que j'ai de la misère à... à voir à travers. Puis ça, comme au dernier Piknic là, j'ai pensé à ces petites problématiques-là. Puis juste, je me suis mis cette problématique dans ma tête. Puis après la soirée, c'était clair et net. La question était résolue, puis je savais exactement comment...
- Ludivine
Naviguer.
- Alex
Quel angle euh... Oui, exactement. Puis c'était clair comme de l'eau de roche après. Ça fait que ça permet vraiment de se distancier du problème, puis de le regarder de loin, puis faire comme un peu le vol de l'aigle, de regarder le problème de tellement loin, de dire, « Hey, c'est même pas un problème, la réponse est évidente de qu'est-ce que je peux faire. » Puis ça, l'EDM m'amène cette clarté-là.
- Ludivine
Pourquoi tu penses ?
- Alex
Parce que je me dissous de moi-même. Je ne suis plus moi-même pour quelques instants... ben pour plusieurs heures.
- Ludivine
Ouais, c'est ça, donc, on revient à cette relation-là au divin.
- Alex
Exact.
- Ludivine
Aille, c'est tellement intéressant parce que dans l'épisode 17, je parle de mysticisme dans la deuxième partie de l'épisode et je parle du fait qu'un mystique, c'est un individu qui est en relation avec le divin comme constamment. Et là, ce que tu es en train de dire, c'est que l'EDM te met en relation avec le divin et donc tu donnes un exemple très concret de trouver des solutions à des problèmes de ton quotidien en étant dans cette bulle-là sacrée que t'apporte l'EDM, c'est tellement beau. C'est incroyable.
- Alex
C'est fort. C'est fort.
- Ludivine
C'est fort.
- Alex
Oui, c'est une connexion au sacré qui est incroyable. C'est tellement, tellement le fun. Puis, moi, je suis allé dans un pow-wow, voilà peut-être trois, quatre semaines à Cacouna. Je suis allé danser dans les Premières Nations. Puis, j'ai fait plein de parallèles avec les événements EDM.
- Ludivine
Est-ce que c'était ta première fois dans un pow-wow ?
- Alex
Non, je suis un régulier là-bas. J'y vais à chaque année. J'essaie de ne pas manquer de pow-wow à Cacouna. Ça fait plusieurs années que j'y vais. Danser avec eux, ça m'amène cette même connexion du sacré. Je te dirais encore plus simple là-bas, parce que là-bas, il y a une vision tellement simpliste de tout ça et qui est tellement forte. que c'est tellement...
- Ludivine
C'est puissant. Je veux dire, la simple...
- Alex
La connexion sacrée.
- Ludivine
Simpliste, je pense que c'est simple, en fait, qu'il faudrait dire. Je pense. Je pense que simpliste, ça veut dire... Comme c'est simplifié pour M. et Mme Tout-le-Monde, mais simple...
- Alex
Simple, oui, ou basic?
- Ludivine
C'est très... C'est ça. C'est comme fondamental. C'est très...
- Alex
Fondamental, essentiel, l'essence.
- Ludivine
C'est ça, c'est comme pu... Tu sais, c'est la... pureté même. Ça a été comme dilué à l'essence.
- Alex
C'est l'essence de la chose. Je pense que quand on va dans les partys EDM, c'est très complexifié. Il y a beaucoup des lumières dans tes yeux, la bass et tout ça. Ça marche super bien, mais eux, ils sont capables de faire la même intervention seulement avec des tambours, des rythmes.
- Ludivine
Avec moins d'artifice, c,est ça un peu.
- Alex
Ouais, c'est le corps contre les tambours, puis plusieurs personnes qui dansent ensemble, c'est que c'est c'est incroyable, mais ça m'amène au même endroit, dans une relation avec le sacré, puis que moi, j'ai plus vraiment d'importance là-dedans, c'est l'univers en soi qui est là, puis qui me connecte.
- Ludivine
Qui prends le dessus, ouais.
- Alex
Ouais, ouais.
- Ludivine
On revient à cette idée de dissolution-là à l'essentiel, tu te dissous à ton essentiel et l'essentiel , c'est l'univers.
- Alex
Hmm-hmm.
- Ludivine
Ouf.
- Alex
Puis à Cacouna, si je peux, parce que j'ai eu des discussions là-bas, puis la manière que je peux le résumer de manière très, très simple, trop simple, je te dirais, là, le mot simplicité, simpliste s'applique bien parce que c'est vraiment un résumé, m ais là-bas, quand tu danses, la terre, c'est ta mère, le ciel, c'est ton père, le soleil c'est ton grand-père, puis la lune c'est ta grand-mère. Fait que eux, parce que je lui ai demandé des conseils pour comment me laisser aller, puis ils m'ont dit simplement, pense à la Terre, visualise la Terre, après essaie de visualiser l'immensité du ciel, puis après la danse, c'est toi qui unis les deux. Fait que tu deviens comme le lien entre ta mère et ton père. J'avais jamais, jamais vu ça de même, danser. Puis, quand j'ai commencé à danser avec cette idée-là en tête, j'ai fait « wow, c'est vraiment fort, c'est incroyable » . J'ai dansé pendant plus de 40 ans, ben 35 ans de danse, puis c'est la première fois que je dansais de cette manière-là, puis j'ai eu une expérience aussi forte que qu'un gros party EDM, peut-être même sur des substances un peu plus fortes. Puis là, j'étais à jeun, puis je te dirais que j'ai eu cette... une relation au sacré, aussi intense que si j'avais pris un paquet d'autres affaires.
- Ludivine
Oui, c'est ça, des substances qui vont comme rendre... la...
- Alex
Faciliter un peu.
- Ludivine
Ouais, c'est ça, exactement.
- Alex
Hum-hum, hum-hum. Ça fait que ça a été vraiment incroyable comme rencontre.
- Ludivine
Mon Dieu, je peux juste m'imaginer. Wow! Écoute, c'est magnifique. Je veux dire, encore une fois, je suis soufflée par la perfection de cette conversation. Cette conversation, tu sais, c'est toujours comme des parenthèses sacrées en soi. Je l'ai déjà mentionné antérieurement, mais moi, ce projet-là m'émerveille. Je ne sais jamais ce qu'il va en naître. À toutes les fois, je suis comme, c'est ça, je pense que le mot s'est soufflé. Donc, on arrive à la fin de notre conversation. Est-ce que toi, tu as quelque chose à rajouter à ce point-ci ?
- Alex
Je pense que par rapport à ton projet, je pense que dans notre vie qui se complexifie tout le temps, ton projet, je le trouve un peu sacré d'une certaine manière parce que justement, ça nous replonge dans des choses tellement essentielles, la danse. Puis c'est quelque chose que tu ne peux pas faire, générer de l'argent avec. C'est quelque chose de tellement pur et simple. Dans notre société, ça fait vraiment du bien d'avoir des discussions comme ça, un peu plus orientées vers des choses qui ne sont pas nécessairement tangibles ou vendables. Ça fait vraiment du bien d'avoir des connexions sacrées comme ça.
- Ludivine
Oh wow! Merci Alex, je prends ça comme un très beau cadeau. Je te remercie, je n'ai rien d'autre à rajouter.
- Alex
Ça fait plaisir et j'espère te voir bientôt.
- Ludivine
Oui, on va se voir bientôt, c'est sûr! Alex répond que, selon lui, la question pigée du chapeau est une fausse question, et il poursuit en expliquant que danser n'implique personne d'autre que lui-même, sinon l'univers, et que donc, conséquemment, un autre humain qui partage sa vie n'y change rien, qu'iel danse ou non, sur de l'EDM, ce qui est l'essence de l'interrogation flamèche de cet épisode en cours. Pour Alex, danser lui permet de se dissoudre dans le divin, rien de moins. Ce divin qui le guide même intuitivement à résoudre certains soucis en cours dans son existence, au fil des heures sur le floor. Danser n'est pas terrestre qu'il offre encore, c'est une expérience sacrée. Il nous apprend qu'au pow=wow de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk , un membre de la communauté lui a conseillé, pour se laisser aller à la danse dans le contexte de ce rassemblement sur le site de la pointe de Cacouna, d'imaginer que la Terre est sa mère, que le ciel est son père, et que lui, il est ce trait d'union entre ces deux entités englobantes. De toutes ces années de danse sur cette planète, Alex n'avait jamais bougé au rythme du rythme avec ce schème simplifié de sa place dans l'univers, de son rôle inné, liant de ses parents. Au cœur des chants et tambours vibrants de cet événement perpétuant les traditions de la culture wolastoqey, Alex a vécu une expérience très similaire à ce qu'il vit dans un contexte EDM, cependant que là-bas, dépouillement. Pas de light show, pas de boucane, pas de système de son sophistiqué. La réverbération des tambours qui rencontrent les cieux, la frappe des pieds qui martèlent le sol. Mon corps est grand. J'ai toujours eu envie d'espace, surtout pour danser. Danser dans une foule compactée, très peu pour moi. Danser dans un lieu confiné, très peu pour moi. Ce que j'aime des Piknics Electroniks mentionnés par Alex et moi en début d'entretien pour nous remémorer notre première rencontre et notre dernière à ce jour, c'est que ces événements dominicaux prennent lieu à l'extérieur. Là, mon grand corps, je peux l'étirer comme bon me semble. Je peux exprimer la musique qui me traverse sans contrainte de mouvement, sans craindre frapper un autre humain. Sous le ciel, je peux étendre mes ailes. Sur la Terre, je peux battre ma cadence. J'aime apprendre, creuser, m'instruire. Je place régulièrement des mots dans la barre de recherche de Google. Certains diront que, comparativement à lire tout un livre sur un sujet donné, c'est bien paresseux de ma part. Mais vous savez quoi ? À ces certains, je leur répondrais que des livres, je sais en lire aussi. Par curiosité donc, j'écris « Terre mère père ciel culture autochtone » dans la barre de recherche. Et voici quelques morceaux du résumé que l'agent IA me propose dans cet instant. " Dans les cultures autochtones d'Amérique du Nord, souvent appelées l'Île de la Tortue, et d'autres peuples autochtones au travers le monde, la relation entre la Terre mère et le père ciel constitue le fondement même de la spiritualité, de la vision du monde et de la création. Cette dualité n'est pas seulement symbolique. Elle incarne une philosophie de vie basée sur l'interdépendance, l'équilibre et le respect de tout ce qui vit. La planète est perçue comme un être vivant, sacré et conscient, plutôt que comme une ressource à exploiter. Le ciel représente la dimension spirituelle, l'énergie universelle et la protection. La vie naît de la rencontre constante entre ces deux forces, le ciel et la Terre se touchent à l'horizon, formant un espace d'harmonie totale. " Nous sommes cette vie, notre incarnation humaine est ce trait d'union entre ces deux forces, l'une que l'on peut toucher, l'autre qui nous fait rêver. La tête dans les nuages, les deux pieds sur Terre. Cet être d'identité wolastoqey qui a guidé Alex, iel a, sans le savoir, semé cette graine de sagesse en chacun de nous qui venons d'entendre mon invité. Dansez pour honorer la Terre et le ciel, pour nos parents, mais aussi pour célébrer toute la beauté ineffable de ce divin. Nos corps sont la preuve de ce rôle inné que nous avons dans cet univers, avec nos jambes qui nous portent sur cette Terre qui nous porte, avec nos bras qui nous rapprochent de ce ciel qui nous surplombe et nous appelle à lui. En dansant, nous nous ancrons. En dansant, nous nous envolons. Les deux à la fois. Mon grand corps, lorsque ses mains deviennent le build-up et les mélodies qui s'intensifient et gravissent des échelons, je touche les cieux, le spirituel. Je m'évapore comme l'eau de la pluie qui s'est accumulée dans une flaque après une ondée. Une flaque portée par la Terre, c reusée dans la terre, cette matière qui me permet de traduire le rythme du drum avec la plante de mes pieds, moi, arbre mouvant, aux racines célébrant, la chance d'être debout et en santé. À un moment, je demande à Alex, pendant notre entretien, pourquoi il pense que l'EDM lui permet de basculer dans le sacré, dans cette connexion si claire avec le divin qui l'éclaire et le nourrit pendant ces heures rythmées. C'est là qu'il utilise cette expression de se dissoudre. Il a l'impression de se dissoudre dans le divin, de ne plus être lui-même. Et si, au contraire, il était alors plutôt la seule véritable version de lui-même, si le kick du bass drum qui fait battre le pied et le snare des hi-hats qui fait lever les bras ne nous permettaient pas plutôt de revenir à notre essence pour reprendre d'autres mots de notre entretien entre Alex et moi. Et si l'EDM ne nous faisait pas plutôt éclater en mille miettes pour retrouver ce que j'appelle notre core, cette goutte de lumière qui se niche en chacun de nous, bien particulièrement parce que notre mère et notre père se sont unis, comme le ciel et la Terre, pour nous donner cette opportunité de jouir de la vie. Et si l'EDM n'était pas en fait ce lien nous permettant de nous rappeler que nous sommes des traits d'union déjà entiers, déjà aimés, supportés, enveloppés par toute cette immensité.