- Speaker #0
This is where purpose meets a plan.
- Speaker #1
This is a new life, a new way, a new possibility, a new day. So... From Montreal, de Montréal, Introducing People, je vous présente déjà Met On A, rencontré sur un dance floor. Pour parler de, to talk about, dance.
- Ludivine
Alors, bonjour chers auditeurs, on est à l'épisode 7 et aujourd'hui on va parler avec Sylvain et je vais être très honnête et d'ailleurs je lui ai dit la même chose il y a quelques instants avant l'enregistrement officiel. Sylvain et moi, on se croise surtout au Piknic Electronik depuis plusieurs, plusieurs années et je vais remonter le fil du temps un peu. Moi, les Piknics Electroniks, c'est des événements... où je vais depuis très longtemps. J'ai eu des périodes où j'y allais moins, par exemple quand j'ai eu mes enfants. Mais dès que j'ai découvert que cet événement-là existait à Montréal, j'ai été très heureuse parce que c'est un « day party » qu'on appelle. Donc, ça se passe le jour et ça correspondait beaucoup plus à mon rythme, à moi. Moi, je ne suis pas capable de sortir les nuits au complet. Ce n'est pas quelque chose qui correspond à mon rythme. Tout ça pour dire que, Sylvain, quand je réfléchis au quand on s'est rencontrés. Je ne peux pas dire exactement quand on s'est rencontrés, quelle année on s'est rencontrés, mais c'est sûr, sûr que c'est antérieur à, disons, la COVID. Je pense qu'on s'est rencontrés avant ça.
- Sylvain
Oui
- Ludivine
C'était sous la sculpture, l'œuvre d'art immense, je pense que c'était à cette époque-là. Sylvain, ça se peut-tu ? Parce que tu parlais de Hugo qui nous avait connectés.
- Sylvain
Oui.
- Ludivine
Oui. La sculpture, je pense que... Comment elle s'appelle, cette sculpture-là ? C'est-tu La Terre des hommes ou... Mon Dieu, j'oublie le nom de cette œuvre-là.
- Sylvain
Le Tridon, mais j'en ai oublié.
- Ludivine
Le Calder. Je pense que c'est ça, c'est le Calder. Excuse-moi.
- Sylvain
Oui, ça semble être bon, Calder.
- Ludivine
Tout ça pour dire que Sylvain, c'est un des premiers humains qui m'a apporté du Love sur le floor. C'est-à-dire que... On se voyait, on se reconnaissait, on se donnait un hug, on était heureux parce qu'on savait qu'on aimait danser tous les deux et qu'on n'était pas dans le jugement défavorable de comment on exprime la danse, le mouvement sur un floor. Et là, je vais juste rajouter une petite chose que Sylvain sait aussi. Son prénom, je ne le connaissais pas jusqu'à il y a deux semaines quand on s'est finalement croisés et que je lui ai dit « Écoute, je veux que tu fasses partie de ce projet balado-là » . Et donc, c'est aussi quelque chose qui se passe beaucoup sur les floors, du moins pour moi. Il y a des gens comme ça que je croise depuis des années, et soit que mon cerveau n'enregistre pas l'information de leur prénom comme il faut, soit que parce que je suis une visuelle, ça me suffit de reconnaître le visage de la personne et de savoir que je la connais, mais je n'accorde pas nécessairement, comment dire, pas que je n'accorde pas de l'importance au prénom d'un individu, oui, mais pour moi, ça... c'est pas parce que je connais pas le prénom de quelqu'un que cette personne-là est pas importante. Et Sylvain, je pense que toi, tu es la preuve de ça dans mon existence.
- Sylvain
Merci du partage. C'est vrai que je te rejoins là-dessus aussi. J'aime cette composante de la fête, entre autres du Piknic, qui nous fait nous connaître dans la spontanéité, sans avoir besoin de connaître ce qui nous... qui nous représentent en fait de travail ou de hobby. Donc, c'est juste un moment partagé, spontané, sans la nécessité de connaître le nom. C'est quand même bien ça, j'aime ça.
- Ludivine
Oui, c'est vrai, c'est bien dit. Il y a comme un effet de rassemblement anonyme. C'est comme si juste le fait de partager la danse, le dance floor, cet événement-là, ou n'importe quel autre événement, que ce soit au Stereo, que ce soit dans n'importe quel autre événement techno ou EDM, c'est le fait de partager un dance floor dans des conditions qui fait qu'on est tous en train de vivre la même expérience et voilà, on s'accueille les uns les autres dans cet état d'esprit-là.
- Sylvain
Oui, c'est ça. J'ai un beau cadeau, je trouve, même, en t'entendant, de ne pas avoir à jouer dans la boîte de l'identité de notre ego, qui est une image qu'on se fait de nous-mêmes. Donc, on peut avoir ce spontané cadeau quand on va dans ces événements, de pouvoir vivre le moment spontané. Et je pense que c'est là qu'il y a notre cadeau de ne pas être dans hier ou demain. On peut vivre spontanément le moment présent, et on ne l'a pas souvent dans la semaine. je pense, dans la rythmique du capitalisme où c'est des tâches et des missions qui sont des crochets et on perd le sens du moment présent. Et je crois que c'est ce qui est beau, peut-être, dans cette rencontre, qui n'a pas l'identité de la personne au cœur de cette rencontre justement.
- Ludivine
Oui, c'est tellement plein de pépites, ce que tu viens de dire. C'est tellement vrai, que ce rythme-là... Moi, j'appelle ça le rythme effréné de la vie. On est dans une super belle société, on a plein de libertés, mais comme tu l'as dit, on vit quand même dans un système capitaliste qui fait qu'on a des cases à cocher avec des tâches à accomplir constamment, que ce soit en tant que parent, en tant qu'employé, en tant que conjoint, en tant qu'ami. Même s'il y a des choses qui sont plus plaisantes que d'autres sur notre liste, ça reste que nos journées sont bookées.
- Sylvain
Oui, c'est ça pis...
- Ludivine
Quand on va danser, on décroche. C'est un booking, ça aussi, mais c'est un booking de gros plaisir.
- Sylvain
Oui c'est ça, c'est s'obliger justement à sortir de cette boîte qui a beaucoup de répétitions dans son cœur. Donc, notre côté artistique qui a besoin aussi de s'exprimer, je pense, se retrouve dans ces moments où le corps participe à l'expression artistique. C'est ça que j'aime aussi. C'est un tableau unique d'un moment. qui laisse quand même dans l'imaginaire tout ce tracé du mouvement commun qui a une même sonorité qui nous rejoint. Donc, c'est ça un peu le rôle du DJ. Nous amener à vibrer ensemble sur quelque chose qui nous transporte et créer un unique moment, un tableau.
- Ludivine
Oui. Oh là là, écoute, la table est mise pour le jeu de la question. Je suis curieuse de voir si la vie va nous donner une question qui va faire en sorte qu'on va tout simplement poursuivre cette conversation-là qu'on est en train d'avoir.
- Sylvain
Ah, tu veux tricher, hein ?
- Ludivine
Ah non, je ne tricherai pas. Je ne veux pas tricher. Je ne veux pas tricher. Donc, je vais juste répéter aux auditeurs le concept, dans le fond, pour faire naître les conversations. C'est que je pige une question dans une banque de questions que j'ai créée, toutes en lien avec la danse et les beats EDM. Et donc là, j'ai pigé la question. Je ne la connais pas, tu ne la connais pas et on va la découvrir ensemble à l'instant. Est-ce que tu es prêt, Sylvain ?
- Sylvain
Oui.
- Ludivine
Parfait. Alors, je la lis. Voilà. Je pense qu'on va pouvoir continuer notre conversation, Sylvain. La question est celle-ci. Est-ce que la danse t'a aidé à mieux te connaître ?
- Sylvain
Ah... Wow, c'est un gros oui à ça. C'est une belle question facile, mais plaisante.
- Ludivine
Vas-y, amuse-toi. Comment...
- Sylvain
Dans le fond, se connaître veut dire aller chercher sa nature profonde. Donc, c'est un défi dans cette société qui nous invite, ou plutôt nous oblige à entrer dans un corridor qui nous met en compétition et en beaucoup de justement de bâtir une identité, mais qui est... Formater selon un concept déjà très précis, ancré dans une structure très rigide. Donc, pour moi, apprendre à se connaître dans cette structure sociétale est un grand défi. Et déjà, notre nature profonde qui est notre axe de bonheur ultime, eh bien, elle a très peu d'angles de se retrouver, mais je trouve que dans la danse, il y a cette structure dans l'invisible qui... permet de renouer avec notre nature profonde qui est celle de l'univers, dans le fond. Donc, notre nature profonde, elle est très joueuse, comme tous les animaux. Et dans notre société capitaliste, le jeu a été remplacé par un sérieux destructeur. Alors, retrouver le jeu dans la danse, c'est très révélateur de notre nature profonde, dans le fond.
- Ludivine
Ah, mon Dieu Quel... Quelle, comment dire, quelle matière à explorer Je t'écoute et je suis dans un état de joie immense parce que... Tu parles et je vibre tellement de la même vibration que toi. Et toi et moi, tu sais, je veux dire, on va être très honnête, je pense que c'est la plus longue conversation qu'on a jamais eue dans notre vie ensemble. Et donc, c'est pas comme si on était des amis, disons, au quotidien, qu'on se connaissait. Et donc, je te découvre au travers de cette conversation-là, je vais être très honnête. Et ce que je découvre de toi, bien, je trouve ça fascinant. Parce que, tu sais, on dit toujours, on est dans une même conscience collective. Et moi, un des buts de ce projet balado-là, c'est que j'ai l'intuition que justement les gens que je veux inviter dans le balado vont tous vibrer et amener quelque chose de vraiment riche et profond. Et là, toi, t'amènes avec cette question-là toute simple, tellement de profondeur. Et là où tu vas... c'est que tu veux nous parler du jeu. Je trouve ça tellement extraordinaire parce que tu es le premier dans mes sept invités que j'ai eus jusqu'à maintenant. Bien, tu sais, c'est sûr que ça dépendait toujours des questions, etc. Mais oui, parlons-en de ça, ce besoin-là de jouer et le fait, et là, ce que tu disais, c'est que selon toi, tous les animaux ont ça dans eux. Et nous aussi, on est des animaux, puis les humains l'oublient en général. Mais je suis curieuse d'en savoir plus. parle-moi de ce jeu-là et continue à faire la connexion avec la danse, s'il te plaît.
- Sylvain
All right. Dans le fond, c'est le cadeau que je te partage et celui que j'ai reçu, justement, dans cet état de mode d'observation, justement, pour essayer de comprendre une nature profonde non retrouvée dans ce qui était suggéré par le capitaliste. J'en reviens souvent à ça parce que c'est la structure qui... Nous formate en ce moment.
- Ludivine
C'est la programmation sociale. Moi, j'appelle ça la programmation sociale. Et c'est à ça que tu faisais référence quand tu disais qu'on est dans des cases, puis on est dans des couloirs de performance.
- Sylvain
C'est ça. Je ne me suis jamais retrouvé dans cette proposition. Donc, pour moi, un état d'observation était nécessaire pour retrouver une certaine base, équilibre, bonheur, joie, tout ce qui s'ensuit. Mais c'est ça. Donc, le cadeau est venu du retour de l'observation. qui m'a permis d'identifier le jeu de la nature. Donc, c'est ce moment de sortir un peu de la boîte pour essayer de l'observer de l'extérieur qui m'a donné ce cadeau de comprendre que le jeu fait partie de notre nature profonde et qu'il a été, comment dirais-je, soustrait subtilement, mais très efficacement, de notre façon d'être. dans l'entrée scolaire, le sérieux, très éteignoir, justement, de cette spontanéité joueuse.
- Ludivine
Même si le jeu, on s'entend, disons, à l'école primaire, tu sais, on a des pauses, puis là, il y a des cours de récréation, où on peut supposément jouer. Right ?
- Sylvain
Right...
- Ludivine
Mais le jeu est mis dans des cases assez rapidement.
- Sylvain
C'est ça.
- Ludivine
Tu sais, il y a un temps, puis c'est correct, c'est que... le jeu soit déterminé et qu'on puisse dire « Ok, ça c'est le temps pour jouer » . N'empêche que, comme tu l'as dit, le jeu est soustrait de toutes nos tâches. On le sépare tellement du sérieux, de la scolarisation. Mise à part, exemple, un cours d'art plastique. Le jeu n'est pas valorisé dans toutes les strates de la scolarisation. Je parle d'un programme régulier. Je ne parle pas d'une école alternative ou d'une école Waldorf.
- Sylvain
Non, c'est ca.
- Ludivine
Ça c'est comme des super belles pédagogies qui vont intégrer justement le jeu et l'observation, comme tu disais. Mais OK, on continue parce que là, Sylvain, je ne veux pas mettre de pression, mais il nous reste environ deux minutes. Mais je veux que tu ailles faire le lien
- Sylvain
Avec la danse.
- Ludivine
Oui, exact. Comment est-ce que la danse, pour toi, correspond au jeu ?
- Sylvain
c'est que l'univers est une danse de l'eau, l'air, la matière au rythme de DJ Feu. Et nous en sommes une composante, une note dans la musique finale. Donc, devenir plutôt, accorder sa note à la musique universelle, se fait à travers le respir et la danse qui se joignent, puisque le respir anime le pas de danse, et un pas qui n'a pas dansé n'a pas atteint l'extase des instants, recule et recommence, avance à petit pas de danse et atteint son point de destinée. Et voilà ce que je pense du mouvement de la danse et de la fête des vivants.
- Ludivine
Mon Dieu, tu es un poète, donc ça c'est clairement de la poésie. Tu as pondu ça et tu as mémorisé ces paroles-là dans toi parce que tu l'as déjà performé. Est-ce que tu fais du spoken word ? C'est-tu quelque chose que tu fais dans la vie ?
- Sylvain
Bien, c'est apparu naturellement par justement une structure méditative qui m'installe dans le respire que je résume en... Une seule spire doit être bien structurée. Après ça, tu la répètes. Donc, si tu veux, je continue. Le spirituel n'est que le rituel de la spire. Et je respire de ma sphère à l'atmosphère. Mise en boucles liées, je deviens mon bouclier contre l'illusion de la division. Nous ne sommes ensemble que la danse des vivants. La danse de l'eau, l'air, la matière, au rythme de DJ Feu. Alors, dansons, chantons.
- Ludivine
OK, je pense. qu'on a capté ce qu'on devait capter. C'est magnifique. Sylvain, merci tellement.
- Sylvain
Ça fait plaisir.
- Ludivine
À la question « Est-ce que la danse t'a aidé à mieux te connaître ? » Sylvain répond que « se connaître » veut dire aller découvrir sa nature profonde et ajoute que cela en soit un défi dans cette société qui nous oblige à nous mettre dans un corridor compétitif afin de bâtir une identité qui est formatée selon un concept ancré dans une structure très rigide. Mais dans la danse, il y a cette structure dans l'invisible que mon invité enchaîne. Et cette structure dans l'invisible permet de renouer avec notre nature profonde. qui est en fait nulle autre que celle de l'univers. Et cette nature profonde, elle est très joueuse, comme celle des animaux l'est, et qu'ils nous le démontrent ces êtres avec qui nous partageons la planète, si nous les observons. Sylvain conclut que, dans notre société capitaliste, le jeu a été remplacé par un sérieux destructeur, et que de retrouver le jeu par la danse est révélateur de notre connexion à l'universel de la nature profonde, pour la faire jaillir en quelque sorte. L'intelligence artificielle corrobore beaucoup de ce que Sylvain dit. Quand je demande à cette entité de me donner ses impressions du rapport à faire entre le jeu et la danse d'abord, pour ensuite combiner ce rapport à l'élément de l'équilibre dans nos vies d'adultes, plusieurs belles choses en ressortent. Pour débuter, l'IA nous rappelle qu'à l'âge adulte, le jeu est souvent mis de côté parce qu'il n'est pas considéré comme productif, et pourtant, psychologiquement et physiologiquement, le jeu joue un rôle essentiel en permettant trois choses majeures: la régulation du système nerveux, la plasticité psychique et la relation vivante au présent. Voici quelques-unes des explications que fournit l'IA pour mieux saisir ce qu'est la régulation du système nerveux, jouer, bouger librement, improviser, rire et danser, tout ça active des circuits internes dans nos corps humains, qui contribuent à diminuer le stress et à réintroduire de la flexibilité mentale dans un système cognitif qui peut se rigidifier avec le poids des responsabilités. Deuxième point expliqué, celui de la plasticité psychique. Le jeu empêche de s'enfermer dans une seule identité. Quand nous jouons, nous pouvons être multiples, tester d'autres manières d'être, explorer nos limites, les repousser et même nous dépasser. Troisième point, la relation vivante au présent. La place du jeu n'existe pas dans l'esprit de la productivité avec objectifs spécifiques, ni qu'il n'existe dans le passé, mais plutôt le jeu se déroule dans l'ici et maintenant, en suivant le flot des événements. Certains diront qu'un jeu peut toutefois être très structuré et rigide lui-même, avec ses règles à suivre, mais c'est là où l'IA rejoint ce que Sylvain a évoqué, sur cette idée que la nature profonde de notre humanité nous ramène à notre animalité, à ce lien à l'univers et à notre rapport au jeu, et lui, le jeu, selon l'IA, est, dans son sens fondamental, une activité volontaire sans objectifs utilitaires immédiats, où les règles peuvent être souples et où l'exploration est plus importante que le résultat. Quand Sylvain a nommé ce rapport entre le jeu et la danse, j'ai jubilé intérieurement. Je l'ai mentionné dans d'autres épisodes, mais pour moi, danser, et surtout, danser librement, sans pas à suivre, sans chorégraphie à reproduire, sans contrainte dans l'espace, c'est me connecter avec mon inner child. C'est revenir à cet enfant que je fus et que je suis encore, que je serai toujours, malgré toutes les années écoulées, malgré toutes les obligations à considérer dans mon quotidien, malgré que mon corps m'imposera de plus en plus ces limites de ralentissement, dans les années à venir. Me retrouver sur un dance floor, à me faire traverser par des beats EDM, c'est savoir que là, dans cet instant, je peux être libre, que je peux explorer l'espace, le rythme, par mon corps, les impulsions de mon corps, dans mon corps, et les envies de mon ressenti. Danser dans ces conditions, hors du couloir compétitif, c'est aussi être libéré des carcans sociétaux, comme Sylvain dit. C'est se libérer de notre programmation sociale, comme je dis. C'est s'accorder un répit. C'est s'offrir une fenêtre de régénération. C'est respirer après une semaine de métro, boulot, dodo. C'est rebondir si l'on en a envie. C'est danser tai-chi si c'est ce que le vent nous dit. C'est crier parce que le build-up d'un track nous transforme en geyser. C'est houler. C'est headbanger. C'est gesticuler. C'est battre la mesure. C'est devenir de high-hat ou la bass. C'est s'égarer en spires. Ces spires que Sylvain nous conseille de bien structurer pour jouer en poésie, poésie qu'il nous offre avec le jeu de son esprit. Son plaisir à unir des mots, des sonorités, à les allier. Comme le langage de la danse et des éléments qui nous composent, l'eau, l'air et la matière, abandonnés au rythme de DJ Feu. Jouer, danser. Pour revenir à notre nature fondamentale, notre nature animale, dans le documentaire Animals Like Us, Animal Play, disponible sur YouTube dans son intégralité, le chercheur et ethnologue Gordon Burghart explique pourquoi certains animaux jouent plus que d'autres, avec sa théorie des ressources excédentaires développée au fil de ses observations, comme Sylvain, l'observateur. Selon cette théorie, le comportement ludique survient lorsque les besoins de base d'un individu dans une espèce sont comblés et qu'il dispose de ressources métaboliques, temporelles et écologiques excédentaires. En d'autres mots, le jeu est un luxe. Pour que le jeu apparaisse, l'animal doit se trouver dans un environnement détendu, à l'abri du stress, des prédateurs et du besoin de chercher de la nourriture, et que l'énergie excédentaire disponible dans ce cas peut être canalisée vers des activités stimulantes plutôt que servir à survivre ou se reproduire. Dans notre société capitaliste, c'est la loi de la jungle. Mais malgré tout, n'oublions pas que d'aller danser reste possible parce que nous vivons dans l'abondance comparativement à d'autres sociétés de notre planète. Nous avons le luxe du jeu, le luxe de choisir le plaisir comme soupape de notre énergie excédentaire. Honorons ce privilège lorsque nous dansons.