- Speaker #0
This is where, this is a new life, a new way, so...
- Ludivine
From Montreal, d e Montréal, introducing People, je vous présente des gens, met on a, rencontrés sur un, dance floor, pour parler de, to talk about DANZ. Alors, nous sommes à l'épisode numéro 8 et aujourd'hui, je parle avec quelqu'un qui se prénomme Ludovic, mais vraiment, quand on se rencontre, je l'appelle Ludo. Donc... Ludo et moi, on se croise principalement au Piknic Electronik. Mon dernier invité, c'était le même cas, c'est-à-dire qu'avec Sylvain, c'était la même chose. Ludo, je ne l'ai jamais croisé en dehors du Piknic Electronik, peut-être une fois à MUTEK. Ça se peut-tu, Ludo ?
- Ludovic
Oui, ça se peut. Oui, tout à fait. C'est un événement qu'on s'est vu également.
- Ludivine
OK. Bon, bien, voilà. Je l'ai rencontré à MUTEK également, un autre événement. EDM à Montréal. Et en gros, c'est un individu qui a une énergie comment dire, bouillonnante en lui. Si jamais la question du jour le permet, peut-être qu'il pourra parler un peu de son amour pour le métal. Mais moi, je perçois beaucoup son énergie dans cette optique-là. Une information que j'ai à son sujet. Un amour qu'il a, et je le vois comme quelqu'un de très engagé aussi dans l'idée de la fête, mais de la fête qui nous transforme en individus éternels. Donc c'est un thème qui revient souvent dans les épisodes, mais parce qu'on est peut-être un peu plus âgés, Ludo et moi, parce que c'est encore un invité qui a mon âge, bien je pense que c'est une thématique qui revient pour l'instant. Éventuellement, je vais rencontrer des gens de la communauté qui vont être un peu plus jeunes, promis, juré, mais là, le hasard a fait en sorte que mes premiers invités étaient de ma génération et ou peut-être même un peu plus âgés que moi. Cela étant dit, bonjour Ludo.
- Ludovic
Bonjour.
- Ludivine
J'adore. Bon, et Ludo, il est très rigolo, donc...
- Ludovic
C'est ce que les gens disent.
- Ludivine
Oui, hein ? Je pense que c'est une constante dans ta vie. Ça doit être quelque chose qui revient comme une constante. Ton humour. Tu es attachant, définitivement. Et donc, tu as gracieusement accepté de jouer le jeu de la question spontanée sortie du chapeau. Est-ce qu'on se lance tout de suite dans la découverte de cette question-là ou est-ce que tu aurais quelque chose à rajouter à ce point-ci de notre conversation qui est pas mal à sens unique pour l'instant ?
- Ludovic
Non, je te dirais juste peut-être en introduction, ça a démarré autour de l'année 2004, la découverte des dancefloors. Et puis simplement pour dire que ça correspondait à un moment super spécial de ma vie. Je venais de divorcer, ça va pas très bien dans ma tête. Puis je dirais assez naturellement, finalement, le dancefloor est devenu comme un espace de... Comment je pourrais dire ça ? Un espace d'oubli en fait. Un espace où on oublie un peu le quotidien, les problèmes. C'est un petit peu comme ça que je suis rentré sur les dancefloors, n'étant pas finalement un danseur naturel. C'est arrivé finalement assez tard dans ma vie, j'avais 31 ans. Donc suite à un événement de vie difficile. Et puis, juste pour l'anecdote, en fait, à ce moment-là, bon, moi, j'habitais en France, je suis venu en vacances à Montréal et je suis tombé sur le Piknic Electronik complètement par hasard en allant me promener sur l'île Saint-Hélène. C'est ça, un petit peu l'historique. Ça a démarré de manière imprévue, mais depuis ce temps-là, c'est toujours présent dans ma vie.
- Ludivine
Donc là, ce que j'en comprends, c'est qu'en 2004, quand tu as commencé à finalement exorciser une espèce de tristesse que tu avais via le dancefloor, c'était grâce au Piknic Electronik que tu as découvert au hasard.
- Ludovic
Ouais, il y a eu le Piknic, mais je dirais quelques mois avant, j'avais été à mon premier événement. À l'époque, c'était Carl Cox,
- Ludivine
Oh wow, c'était où ça?
- Ludovic
Que je connaissais par des amis. Moi, j'étais dans le métal à l'époque. J'avais un ami qui était un peu là-dedans, qui allait dans des free raves en France. À l'époque, tout était en CD. On n'avait pas accès à autant de musique. Puis lui avait l'album de Carl Cox qui s'appelait « Facts » , qui était très orienté acide, trance. Et ça, c'est un album que j'ai écouté il y avait peut-être 15 ans en avant, et qui est comme ressorti dans cette période de vie, et puis que finalement, Carl Cox passait à l'époque, il passait en Suisse. Puis j'étais allé voir, puis ça, ça a été comme...
- Ludivine
Comme un coup de foudre, une révélation.
- Ludovic
Oui, la découverte complètement d'autre chose, je me rappelle. Comme si c'était hier.
- Ludivine
Écoute, merveilleux. Je pense qu'on a matière à bouncer. Et peut-être que la question va nous amener à reprendre des éléments de ce que tu viens d'apporter, mais je trouve que c'est vraiment une belle mise en situation. de ton amour pour les dancefloors.
- Ludovic
Yes.
- Ludivine
Alors, go avec la question. La voici. Est-ce que tu ressens une connexion avec les autres quand tu danses ? Si oui, comment ?
- Ludovic
C'est une bonne question. Je te dirais que la connexion avec les autres n'est pas forcément l'objectif. Danser, en fait, c'est quand même quelque chose de très individuel. Donc, c'est vrai qu'on est plus dans une bulle dans laquelle on est un peu comme en symbiose avec la musique, avec les vibrations qu'on ressent. Au départ, non. C'est plus une approche plus individuelle. Mais le fait est qu'effectivement, c'est comme si les énergies s'alignaient en synchronicité avec la musique. Et puis effectivement, naturellement, ça a tendance à porter et à aller vers les autres aussi, même si je suis naturellement comme ça, de nature. Je dirais que c'est comme si on était un petit peu en train de surfer sur la même vague. Et puis ça, ça crée effectivement une espèce de rapprochement naturel avec les autres personnes.
- Ludivine
C'est tellement beau comme réponse. Puis il y a beaucoup d'éléments de ta réponse que j'aimerais qu'on revisite si on a le temps. Mais je vais commencer par dire que moi, je suis d'accord avec toi. Je trouve que quand on arrive sur un dancefloor, on arrive avec une intention parce qu'on est là. Donc, nécessairement, on sait ce qu'on fait là. C'est plutôt rare qu'on arrive sur un dancefloor et que ce soit totalement spontané comme décision. Ça peut arriver, comme la fois où tu marchais et que tu as découvert le Piknic Electronik. Grand bien te fasse.
- Ludovic
Complètement par hasard!
- Ludivine
Mais la plupart du temps, quand on est sur un dancefloor, c'est parce qu'on a l'intention. On a acheté un billet, il y a quelqu'un qu'on veut aller entendre, un DJ, il y a des gens qu'on va rejoindre. C'est un événement qui survient précisément à un moment spécifique. Exemple, les Piknics Electroniks qui ont lieu les dimanches à 16h. Ça peut être plein de raisons qui font qu'on se retrouve sur un dancefloor. Mais quand on arrive sur le dancefloor, je reviens à ce que tu as dit, c'est nous, en fait, qui arrivons là. Même si on est avec un groupe, même si on est avec des gens, on est seul au final. Parce que quand la musique débute et nous prend dans sa vague et dans ses vibrations, comme tu le disais, quand la musique nous amène dans le voyage qu'elle nous propose... Bon, bien sûr, c'est le DJ qui fait ça, mais bon, on va parler de la musique, la musique va nous situer face à nous-mêmes d'abord. Et surtout face à l'état dans lequel on est quand on arrive sur le dancefloor. Donc quand on arrive sur un dancefloor, on arrive dans un état émotionnel qui... est existant parce qu'on a eu un début de journée, parce que, je sais pas moi, ça fait quelques jours qu'on vit une suite d'événements Y, parce qu'au contraire, dans quelques jours, on va vivre un événement X. Donc, on se situe dans le temps, par rapport à nos émotions, sur un dancefloor. Et la musique peut être un échappatoire et est souvent un échappatoire. Et d'ailleurs, c'est ce que tu dis aussi dans ton intro. C'est comme ça que tu as réalisé le pouvoir de la musique par l'expression sur un dancefloor. C'est que tu as réalisé le côté thérapeutique qu'un dancefloor peut nous apporter.
- Ludovic
Exact, exact. Là, tu prononces un mot super important. Puis, je me permets de rebondir là-dessus. C'est quelque chose d'assez spécial à expliquer. Moi finalement, j'avais eu un... Comment je pourrais dire, j'ai toujours eu un tempérament quand même anxieux, tout ça a été éclairé par... En fait, j'ai eu un diagnostic à un moment donné de TDAH, donc de troubles d'hyperactivité, troubles d'attention. Puis effectivement, la musique, quand tu dis thérapeutique, ça ne peut pas être plus vrai que ça. Il y a une interaction qui se fait à un moment donné entre les vibrations, les... les fréquences qu'on ressent. Et ce que j'ai appris, c'est que notre cerveau, lui, fonctionne avec des ondes également. Donc, nos ondes cérébrales sont sensibles à certaines fréquences. Et là où j'ai eu comme une espèce d'éclairage hallucinant, c'est que... Je m'étais fait scanner, donc j'ai fait un électro, puis lui, le neurologue, il dit, tu vois, tu as plein de fréquences, puis on voit qu'il y a des fréquences, puis tu sais, on est dans des fréquences qui sont dans l'ordre de quelques hertz. Et quand tu écoutes une musique avec un beat, admettons, qui est à 120 beats par minute, ça, c'est une fréquence de 2 hertz. Et là, j'ai réalisé qu'en fait... la fréquence que j'entends en bass, c'est une fréquence qui résonne de manière certaine avec les fréquences cérébrales, mais qui est aussi connectée avec la fréquence cardiaque. Puis la fréquence cardiaque, c'est aussi du 120 beats par minute. Donc, il y a une espèce de cohérence entre la fréquence des bass, la fréquence, les fréquences cérébrales dans notre cerveau, et puis la fréquence cardiaque.
- Ludivine
Et le rythme, et le beat. Il y a tellement de différentes composantes. Pour décortiquer, oui, il y a les fréquences et il y a les beats. Le 120 beats par minute, c'est aussi le rythme cardiaque ou très près du rythme cardiaque humain. Et d'ailleurs, c'est pour ça que la house est très appréciée de M. et Mme Tout-le-Monde parce que c'est un rythme qui est facile à adopter, si on veut, par notre propre rythme. C'est comme on embarque facilement dans ce voyage-là. Et ensuite de ça, comme tu dis, la fréquence, ça, c'est quelque chose qui va influer sur les ondes. Et quand on dit « ondes » , c'est vraiment O-N-D-E-S, parce que ça peut aussi être des zones Z-O-N-E-S, parce qu'il y a des zones Z-O-N-E-S dans notre cerveau. Mais oui, il y a aussi des ondes avec O-N-D-E-S. Oh là là, c'est compliqué tout ça. Mais ça, c'est, oui, les fréquences. Et même, je te rajouterais, est-ce que tu sais qu'il y a des fréquences, il y a ce qu'on appelle le solfège sacré. Ce seraient neuf fréquences différentes qui guériraient. Et dépendamment de la fréquence, je te donne un exemple, la fréquence, je pense, de mémoire comme ça, que c'est la 285 qui peut régénérer les tissus humains, apparemment. Donc ça, c'est les Hertz. La fréquence, c'est les Hertz. Donc c'est vraiment des choses séparées, mais qui vont tous avoir... Toutes, pardon, ce sont des choses qui vont toutes avoir un impact différent dans notre composition physique et spirituelle et émotionnelle pour différentes raisons. Mais au final, c'est la musique qui fait ça, qui nous transforme momentanément. Ludo, on est déjà rendu à presque 15 minutes. Mais je veux juste peut-être conclure avec, comme tu vois, c'est très rapide, les conversations.
- Ludovic
Oui, je vois ça.
- Ludivine
Mais je veux juste reprendre un point de ce que tu as soulevé. Donc, tu disais que, dans le fond, quand tu débutes ton expérience, c'est plus quelque chose qui est près de l'introspection, en quelque sorte. Tu es tourné vers toi-même d'abord, puis après ça, tu vas te syntoniser et te synchroniser à la vibration collective. Et ça aussi, c'est un autre aspect de la musique et c'est prouvé scientifiquement. Il y a un phénomène de synchronisation et de syntonisation avec la collectivité qui nous entoure quand on est dans un événement EDM. Ça a été même prouvé scientifiquement, justement, en étudiant les ondes et les zones, les deux, de différents participants de ce genre d'événement-là. Et donc, ton feeling est exact. On arrive de façon individuelle sur un floor parce qu'on arrive avec notre bagage émotionnel là où on est momentanément, dans l'espace-temps. Mais au final, l'événement va nous ramener au grand tout et à ce sentiment-là d'unité au sein de l'espèce.
- Ludovic
Oui, je suis d'accord avec ça.
- Ludivine
C'est fou. Et c'est pour ça qu'on se croise dans les événements, toi et moi, parce qu'on a compris ça et que c'est une médecine dans notre propre vie, je pense, qu'on a ça en commun.
- Ludovic
Exactement
- Ludivine
Puis c'est peut-être aussi, tiens, je vais faire le lien avec le fait de l'âge. Je parlais du fait que les premiers participants à mon balado, toi t'es mon huitième, mais ils sont tous un petit peu plus âgés. Donc moi, je me considère aussi dans ce créneau-là. Puis c'est peut-être que justement on a découvert que dans nos vies, on a besoin de ce ressourcement-là, de cette médecine-là pour maintenir un équilibre.
- Ludovic
Oui.
- Ludivine
Merci beaucoup.
- Ludovic
Merci beaucoup. Merci.
- Ludivine
Danser, c'est quelque chose de très individuel que Ludovic nous apporte comme eau au moulin, comme piste à la question « est-ce que tu ressens une connexion avec les autres quand tu danses ? » Il avance que la connexion avec les autres n'est pas selon lui forcément l'objectif. De ce point de départ, permettez-moi tout de suite une digression, sous forme de rappel. DANZ est un projet dédié à la danse sur des beats EDM, à ces genres musicaux placés sous le terme parapluie qu'est cet acronyme. Mais pour être honnête, je saisis ici l'opportunité pour avancer moi-même, comme Ludo l'a fait, que si danser est quelque chose de très individuel, c'est parce que nous sommes tous d'abord et avant tout le réceptacle de la musique, par nos sens, que ce corps qui est le nôtre nous met à disposition, pour en capter ses rythmes, ses fréquences, son intensité, à cette musique que nous recevons dans le corps, par le corps. À ce sujet, si vous n'avez pas écouté l'épisode 4, je vous invite à le faire. Les subtiles différences entre ces trois dimensions de la musique et, à leur propos, à ses rythmes, ses vibrations et ses décibels, ils sont tous abordés, comme le fait que les BPM soient les beats par minute nous rapprochant de nos battements cardiaques, ou l'autre information comme quoi les Hertz soient plutôt la mesure des oscillations que nous percevons par seconde. Cependant, petite nouveauté info. Saviez-vous que le mot allemand pour signifier cœur est Hertz ? Un rythme cardiaque humain normal au repos est de 60 à 80 BPM et correspond à une fréquence d'environ 1 à 1.33 Hertz. Pour boucler la boucle de ce sujet abordé par mon entretien avec Ludo, le fameux 120 BPM de la House Music se rapproche du rythme cardiaque atteint pendant une activité physique, comme la course ou la danse, eh oui. Nos corps reçoivent la musique EDM, d'abord et avant tout. Ils sont les réceptacles de cette expérience, de ce langage sans mots, malgré quelques paroles parfois, et même dans ces cas, les voix qui s'entremêlent aux mélodies deviennent un instrument elles aussi, ajoutant souvent une strate à suivre, un pattern dans lequel se perdre en mouvement si le coeur nous en dit. Dans l'épisode précédent, le 7, nous avons touché au sujet du jeu, de la danse libre. Danser à deux est agréable, fort bien, mais cela requiert l'apprentissage de pas spécifiques d'abord, en plus d'une écoute et d'une attention évidemment tournées envers l'individu partenaire avec qui nous partageons cette valse, ce tango, cette bachata ou tant d'autres de danses en tandem. Sur un dancefloor EDM, l'expérience de la réceptivité de la musique et de sa traduction par nos mouvements, se fait en solo d'abord et avant tout. Ludo dit que nous sommes alors comme dans une bulle, en symbiose avec la musique à surfer sur une vague qui au final nous ramène aux autres qui surfent sur leurs vagues également, avec qui nous vivons l'expérience livrée par un individu aux platines, un même océan à rider nos planches les uns à côté des autres. D'ailleurs, petit clin d'œil plaisir des mots. Saviez-vous que les surfers utilisent l'expression « dropping in » ou « take off » pour décrire ce moment où iels attrapent la vague, passant du stade où iels « paddlent » à plat ventre et transitionnent sur leurs pieds, et qu'iels deviennent alors « locked in » . Une autre expression du langage de ces individus beach bums, qui serait un terme universel qui décrit ce moment où un humain qui surfe prend de la vitesse avec succès. Un dancefloor devient bouillonnant quand il y a un drop dans un track qui vient de nous feeder un build-up de fou suivi d'un break parfait. We all take off, pieds sur nos planches, et de là, we're locked in, à voguer sur cette vague jouissive. Mais revenons à ce concept de nous versus les autres sur ce floor, à notre état global individuel, notre bien-être physique. Suis-je épuisé ou en belle énergie ? Notre niveau de confort dans les éléments de notre environnement. Ai-je chaud, froid ? Notre ressenti émotionnel. Suis-je heureux, triste, en colère ? Cet état global individuel est ce point de départ pour interpréter notre capacité à vivre ce pourquoi nous sommes sur le dancefloor. Et puis, les autres, tous ces humains qui nous entourent, une poignée, des dizaines, des centaines, des milliers parfois, ils sont également ces individus d'abord qui sont les réceptacles de la musique, selon leur propre capacité à vivre ce qu'ils sont venus chercher par l'expérience du floor. Socrate aurait dit « Connais-toi toi-même » , plongé dans nous par introspection et nous demander « Où suis-je dans cet instant présent ? Comment me positionne-je ? Suis-je dans le passé à ressasser des scènes qui m'ont stressé ? Suis-je dans le futur à me projeter par appréhension pour me préparer à surmonter un défi qui me terrifie ? » Et puis, certains participants à des événements EDM se déplacent en meute. Ils ont besoin de cette sécurité que leur groupuscule leur apporte. Mais même alors, ce que chacun contribue à cette dynamique de groupe est son propre état global, individuel, d'abord et avant tout. Se connaître soi-même est une forme de générosité pour les autres. Si nous nous connaissons nous-mêmes, il y a plus de chances que nous soyons à même de comprendre ce que nous contribuerons à cet événement musical auquel nous avons décidé de participer, bien intentionnellement. Que fais-je ici, sur ce floor ? Comment y suis-je ? Qu'apportais-je d'eau au moulin collectif ? Et la bonne nouvelle, c'est que, un peu comme pour Ludo en 2004, qui passait au travers les montagnes russes émotionnelles, qu'avait suscité son divorce. « Music is the answer » . Les rythmes, les fréquences, l'intensité de ses vibrations, de ses notes, de ses mélodies, de ses build-up, ses drop, ses break. La musique nous prend là où nous sommes, nous reçoit, nous suggère, nous invite, nous ouvre un chemin, nous laisse venir à elle, à notre rythme. Elle nous accueille sans insister, elle nous enveloppe avec ses mille et une possibilités d'interprétation selon notre état global individuel dans le moment présent et la structure du Electronic Dance Music, elle recèle cette prédictivité qui apaise, qui guide, qui nous transforme en métronome, qui nous régularise. Et ce sont justement ces motifs qui nous unissent au final, les uns et les autres, tous dans cet état du « connais-toi toi-même » à se laisser happer par le voyage proposé, tous emportés par la même vague.