- Speaker #0
This is where, this is a new life, a new way, so...
- Ludivine
From Montreal, de Montréal, introducing people, je vous présente des gens. met on a, rencontré sur un, danceFloor, pour parler de, to talk about, DANZ . Alors, bonjour et bienvenue à DANZ. Je pense que nous en sommes maintenant à l'épisode numéro 9. Je dis « je pense » parce que je suis en train de faire une espèce de petit sprint rencontres et préparation de plusieurs épisodes. Mais aujourd'hui, je suis avec Stéphanie sur la ligne. Et Stéphanie, je dois vous la présenter comme suit: à toutes les fois que je la croise, qu'on se croise sur un dancefloor,ç a dure depuis au moins deux ans, parce que justement, elle est pas mal au début de ma liste de gens avec qui je veux parler, puis la logique de mon projet, c'est que j'essaie de rencontrer les gens dans l'ordre dans lequel je les ai rencontrés, dans les événements, dans les deux, trois dernières années, puis Stéphanie et moi, quand on se rencontre, c'est toujours beaucoup d'énergie. Moi, j'adore sa vibe, donc j'adore ta vibe, Stéphanie. Puis à toutes les fois, on est tellement... De plaisir. Puis j'aime voir à quel point tu as du plaisir de vraiment danser. Puis je pense vraiment que tu as un amour de la danse très similaire au mien. Ça, c'est mon intuition. On n'en a jamais vraiment officiellement parlé de ton amour de la danse. Aujourd'hui, on va peut-être le faire un peu, justement. Mais c'est ce que je perçois dans toi.
- Stéphanie
Oui.
- Ludivine
Oui, à toutes ces affirmations.
- Stéphanie
Oui, parce que, ben, tu sais, en fait, j'ai découvert ça sur moi-même, à travers le temps, tu sais, à travers toutes les fois que je suis allée danser. C'est quelque chose qui est né, puis qui a grandi, puis plus tard, j'ai compris que ça remontait à loin, loin, loin, mais que là, ça revenait en force dans ma vie.
- Ludivine
C'est tellement beau, hein, cette espèce de ressource-là intérieure qu'on a et qui nous accompagne au travers de notre cheminement et qui... comme tu viens de le dire, va toujours patienter. C'est comme si la danse est en dormance, parfois, à certaines époques de notre vie. Puis encore une fois, je veux dire aux auditeurs, Stéphanie et moi, on a à peu près le même âge. Et donc, ça fait en sorte que, justement, on est à même d'avoir le recul et de constater qu'il y a des périodes de notre vie où, justement, on danse moins, pour x, y raisons, mais que la danse est toujours dans nous. Je trouve ça beau, ce que tu viens de dire.
- Stéphanie
Oui, Puis c'était comme un... Je me suis rappelée récemment que quand j'étais enfant et que je regardais, que ce soit du patinage artistique à la télévision ou de la danse, je voulais être danseuse quand j'étais jeune, c'était mon rêve d'enfance. Mais à un moment donné, on réalise, c'est comme un rêve, tu es élevé de la façon que tu es élevé, la vie est faite de telle sorte que c'est... pas ça qui s'est produit. J'ai eu une famille, j'ai tout ça. Mais il y a à peu près cinq ans, je me suis retrouvée, par toutes sortes de circonstances très surprenantes, à revenir à vraiment danser sur un dance floor avec des inconnus. Mais en fait, moi, c'est ça, c'est que j'allais au Piknic et j'allais dans les endroits un peu plus... Puis je dansais seule, j'étais comme toi. Ça faisait longtemps que je te voyais danser.
- Ludivine
On se voyait à distance. En fait, moi, sérieusement, longtemps au Piknic, je regardais par terre. Je n'avais aucune connexion avec les gens. Je pense que ça se peut que je t'en ai déjà parlé, mais je vais en parler. Mais dans le fond, c'est parce que pendant des années, quand je dansais, quand j'avais la tête élevée, je sentais tellement le jugement défavorable des gens parce que la façon que je danse déstabilise beaucoup les gens. souvent, en tout cas. De moins en moins, parce qu'il s'est comme passé un revirement, je pense, socialement. Les gens sont plus ouverts à la danse, en général. Mais pendant des années, quand je dansais au Piknic Electronik électronique, je feelais et je voyais même dans le non-verbal, dans les visages des gens, l'espèce de... C'est ça, jugement défavorable. En tout cas, je vais passer ça, mais c'est ce qui explique que je ne voyais pas d'autres personnes. Ça me coupait beaucoup du monde de faire ça, mais je voulais tellement danser, je voulais tellement quand même vivre cette joie-là personnellement que j'allais quand même à l'événement, mais sans connecter avec personne.
- Stéphanie
Mais ce n'est pas pour rien qu'on en parle là, parce que j'étais pareille. J'étais comme une solitaire qui allait danser, puis moi, j'étais comme un atome libre dans la vie. J'ai toujours un peu été capable de sortir seule.
- Ludivine
Oui. On a ça aussi en commun, mon amie.
- Stéphanie
Oui, J'avais déjà ça en moi. Je le faisais dans la vingtaine. J'ai toujours eu cette capacité de partir et d'être en solo. Parce qu'aujourd'hui, je suis capable de mettre des mots là-dessus que j'appréciais le moment présent. J'étais capable de me fondre dans une ambiance. Puis moi, en parlant à personne, je connectais avec tout le monde. Je connectais avec l'énergie de la foule. Alors moi, c'était facile de.. je souriais à tout le monde. Déjà à cette époque-là. Et déjà à cette époque-là, aujourd'hui, j'en parle avec du recul de... de trucs que je faisais qui n'avaient aucune pensée.
- Ludivine
Oui, non, c'était instinctif. Tu faisais ça. Ce n'était pas quelque chose que tu avais appris. C'est quelque chose que tu faisais de façon instinctive.
- Stéphanie
Exactement. Puis, j'étais foncièrement super heureuse juste là. Mais je ne dansais pas comme je danse aujourd'hui.
- Ludivine
Ah, ça, c'est intéressant. Le mouvement change dans nos corps, en effet.
- Stéphanie
Puis, à Piknic, quand je te voyais, je te voyais libre, vraiment libre. Puis c'est sûr que moi, ça m'a inspirée. Mais vu que j'étais comme une solitaire, aller vers quelqu'un puis leur parler, ça aussi, aujourd'hui, ça me semble étonnant que j'étais gênée à ce point-là.
- Ludivine
En plus de ça, moi, je regardais à terre, ça fait que je ne t'aidais pas non plus dans le contact. Bon, cela étant dit, je veux dire, ça restait que je faisais moi aussi des sourires à des gens, des fois. Mais vraiment, quand j'allais là-bas, je me mettais dans ma bulle, puis je le faisais. de manière intentionnelle pendant un certain temps parce que c'était comme un mode d'autoprotection. Ça ne me tentait pas de subir justement les regards des gens qui ne comprenaient pas comment je bougeais puis ce qui se passait dans mon corps. Puis ça ne me tentait pas de dealer avec ça. Mais écoute, mon amie, là, le temps passe. On est déjà presque rendu à la moitié de notre moment ensemble au micro et au téléphone. Donc, est-ce qu'on se dirige à la question ?
- Stéphanie
Oui,absolument
- Ludivine
Écoute, ça dégénère mon affaire. On dirait que d'un épisode à l'autre, ça fait juste être repoussé de plus en plus cette histoire de questions-là. OK. Ah, tiens, ça, je trouve ça intéressant parce que, mon Dieu, l'intuition m'avait dit qu'on allait peut-être toucher à ce sujet-là, toi et moi, puis j'espère que tu vas comprendre pourquoi. OK ? Fait que je te donne la question, OK ?
- Stéphanie
D'accord.
- Ludivine
Quelle tenue te fait sentir le plus à l'aise pour danser ?
- Stéphanie
Wow Wow
- Ludivine
J'aime ton wow!
- Stéphanie
OK, OK, OK. Quelle tenue ?
- Ludivine
Je te laisse aller parce que moi, c'est ça, comme je te dis, j'ai eu une intuition que ce genre de question-là allait peut-être survenir avec toi.
- Stéphanie
Ah oui ?
- Ludivine
Oui, étrangement. Mais vas-y, C ontinue. Je sais que t'es surprise. Puis là, tu te dis, ouais, je suis pas trop inspirée, peut-être par la question, c'est ce que je feele. Mais...
- Stéphanie
En fait, c'est parce que c'est quelque chose qui bouge avec le temps.
- Ludivine
Oui. Parlons au présent. Hier, je t'ai croisée aux Jardins Gamelin, puis t'étais tellement dans un esprit estival. Tu portais des beaux shorts de jeans, un beau top coloré. Tu avais des belles boucles d'oreilles. Mais tu étais tellement dans la fluidité, dans tes mouvements. Puis je te l'ai même dit. Je te l'ai dit, tu es magnifique. Tu es toujours belle. Mais tu as plein de looks différents. Puis j'imagine que tu y vas avec ton feeling. J'imagine qu'il y a des choses qui doivent te guider au moment où tu te prépares pour une sortie.
- Stéphanie
Oui, bien oui. En fait, c'est vrai que des fois, j'y vais un peu avec... l'ambiance en laquelle peut-être je pense que je vais me retrouver. Puis chaque fois que je vais dans des événements, c'est pour ça que je suis super polyvalente selon le style. Parce que chaque style musical de musique électronique, il vient de ma vie, il est en moi. Fait que si je me retrouve dans un environnement, mettons que ça va être plus sombre, c'est très, c'est le soir, c'est parfois l'ambiance et qu'on voit pas les...
- Ludivine
Genre le Stereo, le NWHR.
- Stéphanie
Ouais, ouais, il y a des endroits où je vais être comme, on va dire, moins colorée. Je ne vais pas dans le... parce que...
- Ludivine
Ça sert à rien de toute façon parce que c'est ça, c'est juste l'environnement en soi est sombre, donc tu vas comme te syntoniser avec...
- Stéphanie
Exact.
- Ludivine
Exactement. Ce que tu as comme feeling.
- Stéphanie
Oui, oui. Puis aussi, moi, ce que j'adore, c'est me perdre dans la musique. Puis tu parles d'habillement, mais moi, souvent, c'est les accessoires.
- Ludivine
C'est vrai, c'est vrai. Belle subtilité, mon amie, j'aime ça. Vas-y, parle-moi des accessoires.
- Stéphanie
Bien, les accessoires, c'est... Bien, évidemment, je ne portais pas ça au début, mais à un moment donné, j'ai comme compris. En fait, au début, je ne comprenais pas pourquoi je les portais. Je parle de lunettes de soleil.
- Ludivine
Ah oui!... Mais c'est drôle parce que souvent, moi, quand je pense à toi, je sais que dans la communauté, il y a des gens qui portent leurs lunettes de soleil, peu importe que ce soit à 3 heures du matin, que ce soit à 3 heures de l'après-midi, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur. Mais toi, je ne sais pas, je n'ai pas cette image-là ou cette association-là avec toi. Mais OK, parle-moi de tes lunettes de soleil. Vas-y.
- Stéphanie
Ben, les lunettes de soleil, en fait, c'était que... par moment, t'as envie vraiment de... Parce que moi, je suis très sociale. J'interagis beaucoup. Mais des fois, pour me couper moi-même, pour aller plus profondément dans la musique puis dans le moment, je mets des verres fumés pour fermer les yeux. Mais c'est sûr qu'avec... Au fur et à mesure que tu deviens vraiment à l'aise, ce qui est arrivé, j'ai... plus autant besoin des lunettes de soleil, puis je vais danser avec les yeux fermés.
- Ludivine
J'espère! Moi, c'est ça. C'est parce que, tu sais, je pense que tu m'as vue aller un million de fois, mais moi, je me ferme tellement souvent les yeux. Des fois, je suis comme... Des fois, je me ferme les yeux, je m'ouvre les yeux, puis je suis comme... J'ai aucune idée de combien de temps que j'ai eu les yeux fermés. C'est comme... Je pars justement dans mon univers intérieur, à suivre la musique, tu sais, le voyage de la musique. Fait que oui, OK. Mais je trouve ça intéressant que tu dises que tu mets ou que tu mettais des lunettes de soleil pour pouvoir fermer les yeux. C'est quoi? T'avais l'impression que si tu fermais les yeux sans lunettes ou que tu fermes les yeux sans lunettes, quoi, les gens vont penser quelque chose par rapport à cette décision-là que tu prends de fermer les yeux ?
- Stéphanie
Bien, en fait, c'est parce que quand j'ai les yeux fermés puis que je pars pour un certain moment, là, c'est que je suis dans mon intimité.
- Ludivine
C'est comme une façon de dire aux autres, « Rentrez pas dans ma bulle. » Puis, comme clairement, « Rentrez pas dans ma bulle. »
- Stéphanie
Je pense que le message est plus pour moi-même que pour les autres.
- Ludivine
Je trouve ça très intéressant, là encore.
- Stéphanie
Parce que, justement, je te disais que j'avais une tendance à vouloir connecter beaucoup avec les autres. Puis moi, ce que je dois... Parfois, j'ai besoin d'aller à l'intérieur parce que ça, c'est toutes des découvertes, mais j'ai découvert le côté super thérapeutique de la danse. Puis, ça me permet d'aller me reconnecter avec mes émotions et avec ce que je vis. Puis, à travers le mouvement, je faisais circuler des affaires. C'est pour ça qu'on dit que c'est super libérateur d'aller danser. Ça me permet d'aller vivre ces émotions-là, mais à travers la danse. Ça, c'est ma façon de canaliser.
- Ludivine
Et par le moyen de fermer tes yeux. Ça, ça t'aide.
- Stéphanie
Oui. C'est curieux parce que c'est thérapeutique, pas parce que tu réfléchis à ce que tu as vécu ou à une émotion difficile. C'est thérapeutique parce que tu lâches prise. OK, fait que tu le laisses aller.
- Ludivine
T'es dans l'abandon.
- Stéphanie
T'es dans l'abandon.
- Ludivine
C'est ça. Là, mon amie, c'est le point où je dois te dire qu'il nous reste une minute, mais je trouve que c'est tellement beau. Tu sais, l'espèce de progression avec la question qui a été déstabilisante, mettons, jusqu'au point où on est arrivé, c'est magnifique. L'abandon par la danse. Et de faire circuler les émotions. Moi, c'est comme ça que j'appelle ça, faire circuler les émotions. Et comme tu l'as dit, c'est même pas parce qu'on réfléchit à des événements quand on danse. On n'est pas en train de réfléchir à quoi que ce soit. C'est qu'en devenant la musique, moi c'est comme ça que j'appelle ça, il y a des choses qui bougent en nous. Et c'est ça qui est si jouissif, selon moi, et si intéressant, c'est que la danse, c'est une forme de thérapie qui est tout en douceur. Même des émotions comme la colère. Il y a quelque chose de tellement apaisant après avoir dansé et avoir fait... circuler de la colère sans même y réfléchir. On sort d'une session de danse et on est tellement plus léger. En général, moi, c'est comme ça que je me sens. Je me sens comme flotter. Je ne sais pas pour toi.
- Stéphanie
Moi, je me sens flottée, mais maintenant, chaque fois que je vais danser, la dose d'amour que je reçois...
- Ludivine
Ça, c'est la communauté aussi. C'est le Love. Oui,
- Stéphanie
Ah oui! c'est
- Ludivine
C'est ça.
- Stéphanie
On revient plein de gratitude.
- Ludivine
On revient rechargé, puis c'est incroyable. Le feeling que ça nous laisse pendant plusieurs jours, là.
- Stéphanie
Ah oui.
- Ludivine
C'est fou.
- Stéphanie
Là c'est rendu qu'on recherche ça à toutes les fins de semaine.
- Ludivine
Oui, on le recherche, mais dans le fond, c'est comme une drogue, mais mon Dieu, c'est une belle drogue, parce que dans le fond, c'est un état qui est relié à toutes les hormones que ça déclenche en nous, mais c'est un cycle tellement positif comparativement à d'autres cycles qui créent les mêmes choses dans nous, mais de façon négative. Exemple, des substances que les gens consomment sans autre but que de juste tomber dans un état sans faire autre activité. Mais ça, c'est un autre sujet. Mais la danse, c'est une belle drogue accessible et qu'on a dans nous par notre cocktail hormonal. That's it.
- Stéphanie
Dans le fond, cette drogue-là, je trouve que c'est le moment présent.
- Ludivine
Oui, en effet. Définitivement. Eh bien, sur ces mots de sagesse, chère amie, mettons officiellement fin à cet enregistrement et je te remercie.
- Stéphanie
C'est moi qui te remercie d'amener vers la lumière toutes ces belles personnes de la communauté.
- Ludivine
Écoute, les amener à la lumière, honnêtement.
- Stéphanie
On est déjà dans la lumière.
- Ludivine
Oui, c'est ça. Je pense que je fais comme un petit spotlight sur tout le monde. C'est ça l'idée, de faire un petit spotlight. Écoute, merci à toi. C'est ça. Quel honneur. Quel bonheur. Merci Stéphanie.
- Stéphanie
Merci Ludivine.
- Ludivine
Moi, je suis très sociale. J'interagis beaucoup, mais des fois, pour me couper, pour aller plus profondément dans la musique et dans le moment, dans moi-même, je mets des verres fumés pour fermer les yeux. Et quand je pars, avec mes yeux fermés, c'est que je suis dans mon intimité. Stéphanie nous a révélé cela d'elle et a ajouté que d'aller ainsi à l'intérieur d'elle-même lui permet de se reconnecter avec ses émotions et ce qu'elle vit. Dans l'épisode précédent, Ludo avait également évoqué ce pouvoir thérapeutique de la musique, à entrer en mouvement par la danse. Il y a quelques années maintenant, en ouvrant un livre par hasard dans une librairie, je suis tombée sur un passage par lequel l'autrice expliquait l'étymologie du mot « émotion » et ce que j'y ai lu m'a floored in a good way. Émotion, motion. Le mot français origine du latin « emovere » et est composé du préfixe « ex » , « hors de » et du verbe « movere » , « mouvoir » . Étymologiquement, une émotion est donc littéralement Une mise en mouvement vers l'extérieur. Une réaction qui pousse à l'action. Et pourtant, reprenons ce que Stéphanie a dit, que de mettre ses lunettes de soleil pour fermer les yeux lui permet d'aller ainsi à l'intérieur d'elle-même plus facilement. Lui permet d'aller se reconnecter avec ses émotions et ce qu'elle vit. Est-ce qu'une émotion serait seulement une réaction qui pousse à l'action ? Ne serait-elle pas aussi créée par ce que nous recevons des actions et réactions des autres humains qui nous entourent, qui nous impliquent dans leur communication ? Ou encore, une émotion ne serait-elle pas ce qui peut être créé par un événement ou un enchaînement de circonstances, et donc davantage une conséquence qu'une action en soi ? Oui, bien sûr que oui, à toutes ces propositions. Dans cette perspective, l'aspect de mouvement dans le concept de l'émotion est fondamentale. Mais l'autre facette du mot, ce « hors de » associé au « e » qui débute le mot. Explorons-le de plus près. Une émotion est une réaction qui nous pousse à agir, mais elle peut aussi être ce qui nous met à côté de la plaque, ce qui nous pousse hors de notre équilibre, pour le mieux ou pour le pire. Si je vis une joie, je suis fébrile, excité. Mes mouvements deviennent explosifs, plus fluides, plus amples, plus rapides. Mes paroles et actions aussi. Si je vis une peine, je me recroqueville, tout se contracte ou au contraire tout devient si diffus que je perds pied. Une de mes très bonnes amies utilise une expression que j'aime beaucoup pour décrire le ressenti de son état quand tout est aligné en elle, pour elle, dans ses moments d'alignement elle dit qu'elle est sur son X. Émotion, un mouvement hors de. Une émotion pourrait donc être ce qui nous place hors de notre X, une déstabilisation, pour le mieux, pour le pire. Plonger dans nous par la musique nous permet de retrouver la source de notre déplacement hors de notre X. Si l'émotion nous pousse à agir dans le monde sous forme de réaction, il faut apprendre à reconnaître le pourquoi, le quand, le comment elle est née. Et c'est ce que les différentes formes de thérapie proposent aux êtres humains. Puisque nous nous sommes penchés sur l'étymologie du mot « émotion » , penchons-nous maintenant sur ce « thérapie » qui viendrait, lui, du langage grec ancien « thérapeia » et signifierait « soin, cure ou service rendu » . Par exemple, rencontrer un individu psychologue, c'est recevoir un soin, c'est se faire offrir un service en échange d'une rémunération. Un service qui nous permet de se délester d'émotions qui ont fait naître des réactions dans nos existences, habituellement parce qu'elles nous ont déstabilisés pour le pire. Certains humains, cependant, choisissent de noyer leurs soucis dans la fête, l'alcool, la drogue, s'évader plutôt que d'aller parler, s'évader par choix ou par dépit, parce qu'avons-le, consulter est coûteux. Et c'est là qu'en tant qu'humain, vivant des émotions, nous devons trouver d'autres formes de thérapie, d'autres cures, d'autres soins, d'autres services rendus. En passant, j'ai déjà évoqué la religion dans ce projet, la place que ce concept occupe dans notre humanité encore à ce jour. Apparemment que le mot « thérapie » dans son sens originel au temps de l'Antiquité faisait référence aux soins au sens large, y compris le service religieux et le culte voué aux dieux. Investir son énergie émotionnelle dans le spirituel, définitivement une voie empruntée par l'humanité, pour tenter de revenir à ce X sur lequel, lorsque nous sommes placés intérieurement, nous ressentons un équilibre. Ainsi, quand on entend un track qui nous fait vibrer, on sait intuitivement que cette voie, celle de la musique, celle de son accueil, de son enveloppement, c'est une cure, un soin et que le fait de se placer sur un floor pour la recevoir en plein corps, c'est vouer un culte à une thérapie qui nous permet d'explorer nos actions dans le monde, nées de réactions, elles-mêmes provoquées d'émotions. Bouger pour faire circuler nos émotions, utiliser ce que nos réactions ont fait naître en nous pour retourner dans ce nous-mêmes avec l'accompagnement et les bons soins de la musique. Fermer nos yeux et nous connecter au rythme pour revenir à l'essentiel de notre ressenti. Tout dans l'univers vibre à une fréquence spécifique. La musique peut réaccorder les cellules du corps, les tissus et les organes, parce que le corps est composé à 70% d'eau, et que les ondes sonores se propagent à travers lui comme un massage interne. Ça, c'est la sonothérapie qui nous le rappelle, la cure par les sons. Quand Stéphanie danse pour des heures, quand je danse pour des heures, quand vous dansez pour des heures, quand la musique nous emporte, nous transporte, naturellement nos corps se replacent sur leur X, plus à même de repérer nos émotions. Explorer le mouvement par le mouvement. Explorer des émotions par la musique c'est comme opter pour une boisson chaude pour rafraîchir naturellement le corps, ce qui est prouvé scientifiquement, que de boire une boisson chaude quand on a chaud nous rafraîchit. Sur un floor sur lequel notre corps reçoit la structure rassurante d'une forme d'EDM, le réalignement s'opère par résonance. Nos coeurs qui battent arrivent à retrouver leur propre rythme, celui inscrit dans chacune de nos cellules, celui légué par l'Univers, notre ultime thérapeute. Nos mouvements deviennent une source de laisser-aller des mouvements qui nous ont affectés, et aller à l'intérieur de nous nous permet de mieux retourner vers ce monde où les émotions naissent par le simple fait de notre nature humaine. Autant adopter des cures qui sont à notre portée, comme le fait de danser.