- Speaker #0
Bienvenue dans Dire Mama, ici on célèbre la force dans la fragilité, les renaissances après la chute et la vérité des femmes qui osent se raconter. Ce podcast c'est des histoires qui élèvent, des vérités qui libèrent et des liens qui nous rassemblent. Aujourd'hui jetons le micro à une mama dont l'histoire mérite d'être entendue. Merci à elle d'avoir dit oui, installe-toi confortablement, respire et laisse-toi porter. Salut !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Ça va bien, merci. Jamila ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Merci d'avoir dit oui, Jamila.
- Speaker #1
Je t'en prie, merci à toi.
- Speaker #0
Alors Jamila, en introduction, tu choisis ton moment, d'accord ? En tant que maman, nos vies sont longues, mouvementées, riches et parfois chaotiques. Donc aujourd'hui, je ne te demande pas de tout me raconter. Je te laisse choisir un moment, une traversée, un virage. que tu es prête à partager et à explorer avec moi, avec nous. Ça te va ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Super. Alors, tout d'abord, si tu devais te présenter sans ton métier, sans ton rôle de maman, tu dirais quoi ?
- Speaker #1
Une vraie épicurienne dans l'âme. Voilà, si je devais me présenter, j'aime la vie, j'aime profiter, je suis une bonne vivante. Ok,
- Speaker #0
super. Bonne vivante.
- Speaker #1
Oui, une bonne vivante.
- Speaker #0
D'accord, profiter de la vie.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Très bien. Alors maintenant je vais te donner le choix pour compléter un peu ta présentation entre trois scènes du quotidien à me raconter ou bien une punchline qui drive un peu ta vie et qui t'aide un peu tous les jours.
- Speaker #1
Une punchline c'est être positif quoi qu'il arrive.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce que ça ne change rien la situation, donc autant prendre le positif là où il se trouve, même si ça paraît des fois très sombre.
- Speaker #0
D'accord. Ok, donc prendre le positif là où il est, malgré tout, si on peut raccourcir un petit peu.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Alors, où en es-tu aujourd'hui, Jamila, dans ta vie ? C'est quoi ton mindset ? Dans quelle dynamique tu es aujourd'hui, en ce moment ?
- Speaker #1
Justement, je reviens encore au positif. C'est que dans chaque situation, j'essaie vraiment de prendre... le bien là où il se trouve en fait. De façon très sommaire. Je trouve que le mental joue beaucoup dans les situations. Et donc en fait, ça peut être que meilleur de prendre les choses. Ce n'est pas toujours facile, attention. Mais il vaut mieux le prendre de façon positive. Parce que des fois, tu es dans des situations où tu n'as pas le choix.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu n'as pas le choix.
- Speaker #0
D'accord. Et donc là, ton mindset, c'est quelque chose, tu as toujours été comme ça ?
- Speaker #1
J'ai toujours été comme ça. Ok.
- Speaker #0
Et là, aujourd'hui, l'état d'esprit, du coup, il n'a jamais changé ou il a eu quand même...
- Speaker #1
Non, il y a des moments où ce n'est pas évident, mais en tout cas, j'essaie de garder cet état d'esprit. D'accord.
- Speaker #0
Aujourd'hui, par rapport à ta vie pro, par rapport à tes enfants, par rapport à tout ce qui t'entoure, tu es dans le mindset ?
- Speaker #1
Je suis dans un mindset où je me dis, prends le positif de la situation. même si c'est dur toujours voir le verre à moitié plein exactement parce que de toute façon le cerveau ne distingue pas la réalité de l'imaginaire donc si tu le stimules en lui disant ça va bien se passer regarde il y a quand même ça qui est pas mal ça c'est positif en fait je me dis que la situation elle peut être que meilleure ça sert à rien de rajouter du brouillard dedans Hum hum. Après, c'est très simpliste, mais moi, c'est ça, c'est peut-être ma façon de survivre. Mais en tout cas, voilà, c'est comme ça que je vois les choses.
- Speaker #0
D'accord, super. Mais écoute, c'est une manière de voir les choses, comme tu dis.
- Speaker #1
C'est une manière de voir les choses, exactement.
- Speaker #0
Bravo, félicitations.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Ok, alors quel est le moment de ta vie que tu as choisi de partager avec nous ?
- Speaker #1
La maladie de ma fille, qui a été tardive et que j'ai envie de partager parce que... Parce que déjà, je voudrais rendre hommage à toutes ces mamans qui ont des enfants malades et qui, elles, ont des enfants malades depuis le plus jeune âge. Moi, ma fille est tombée malade à 15 ans. J'ai découvert le milieu hospitalier. Et je voulais partager ce moment-là parce que c'était une période qui n'était pas évidente. Si je peux partager, je ne sais pas, s'il y a une maman qui m'entend et qui vit cette situation-là, je voulais lui envoyer de la force.
- Speaker #0
Alors le moment où ta fille est tombée malade, parce que tu disais que c'est arrivé comme ça, elle avait 15 ans, c'est bien ça ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Quel âge elle a aujourd'hui ?
- Speaker #1
17 ans.
- Speaker #0
D'accord, donc ça fait deux ans. Donc ça a été quoi le point de bascule ? Comment est-ce que vous en êtes rendu compte ? Qu'est-ce qui s'est arrivé ? Comment ? Comment est-ce que tu t'es rendu compte de ça ? Comment est-ce que... ?
- Speaker #1
C'est pas évident parce qu'elle n'est jamais tombée malade. C'est vrai qu'à 15 ans, on se dit qu'elle est pas... Elle est un petit peu fiévreuse, elle est un petit peu fatiguée. Bon, à l'adolescence, tu sais, le cliché un petit peu de l'ado qui fait sa grasse mate et qui... Elle est un peu fatiguée, ça va quoi. Et elle est tombée malade, en fait c'était une fièvre qui partait pas. Donc à un moment donné, tu te questionnes et tu te dis bon les doliprènes ça fait rien, il faut l'emmener à l'hôpital quoi. Et là, à partir de là, effectivement ça a commencé.
- Speaker #0
Le tourbillon infernal.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ok, tu nous en dis un peu plus ?
- Speaker #1
Bah écoute, elle a une maladie auto-immune, auto-inflammatoire. C'est une maladie rare en fait, qui s'appelle la maladie de Steele. Et du coup, ça se traduit par une grosse inflammation du sang. Donc au départ, elle avait une fièvre qui ne redescendait pas, minimum 40. Et quand je l'ai emmenée à l'hôpital à Robert-Debré, en fait, ils ne savaient pas ce qu'elle avait au départ. Et donc, ils ont pensé à une leucémie.
- Speaker #0
Oui, un cancer du sang.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup, après à peu près cinq semaines... de recherche et d'hospitalisation, parce qu'elle était complètement dans les vapes, malade, perte de poids. Là, ils ont diagnostiqué cette maladie et d'ailleurs, beaucoup de médecins ne connaissent pas cette maladie. Par exemple, la pharmacienne, elle ne savait pas ce que c'était.
- Speaker #0
Et ça a été quoi l'élément ? Alors, tu me disais qu'elle a eu de la fièvre, mais est-ce que... Elle se réveille un matin avec de la fièvre, est-ce qu'il y a eu un élément déclencheur, un élément perturbateur ? Tu vois c'est arrivé d'où en fait ? Aujourd'hui est-ce que tu as un peu d'envie là-dessus ?
- Speaker #1
Moi je pense qu'elle a eu un choc psychologique je pense, parce que j'ai divorcé de son papa après 19 ans et trois mois après elle est tombée malade. Donc je pense qu'il y a un côté un peu émotionnel très fort. qui fait que peut-être que la maladie s'est déclenchée. Alors après je dis ça, c'est mon avis à moi, j'en ai déjà parlé à la chef de service, au service rhumatologie, qui m'a dit c'est pas impossible mais on n'a pas du tout de... il n'y a pas de science exacte en fait. Oui,
- Speaker #0
on ne peut pas dire que cet élément-là a déclenché cette maladie auto-immune. Voilà, exactement.
- Speaker #1
Du coup, trois mois après, elle a commencé à avoir de l'urticaire, donc une crise d'urticaire partout dans le corps. et à perdre beaucoup de poids et avoir beaucoup de fièvre et en fait de façon continue.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, c'est comme ça que ça commence. D'accord. Et là, au bout de quelques jours, on se dit, attends, la fièvre, elle ne descend pas, il n'y a pas d'autre, le doliprane ne fait rien, il faut aller aux urgences. Et à partir de là, au départ, on donne un traitement en disant, bon, elle doit être très fatiguée, etc. Bon, ils ne sont pas... eux-mêmes pas vraiment de réponse à m'apporter. Et puis, elle rechute. OK. Voilà, elle rechute. Et là, elle reste hospitalisée à peu près cinq semaines. OK.
- Speaker #0
Ça, c'est la partie de ce qu'a vécu ta fille en tant que maladie, que je ne minimise pas du tout. Oui, oui. C'est très compliqué d'être un enfant malade, d'être un ado malade. Ça te sort un peu de ton quotidien. Enfin, un peu. Ça te sort totalement de ton quotidien. Mais toi, d'un point de vue maman, comment ça s'est passé à l'intérieur ? Comment ? t'as géré cette situation, qu'est-ce que ça a généré chez toi, même si je peux entendre et comprendre le stress d'avoir un enfant malade, c'est ça que, c'est ce qui m'intéresse c'est toi, ta position à toi toi, comment tu l'as vécu, toi, comment tu t'es sentie qu'est-ce qui s'est presque brisé en toi, quand tu as entendu ça, enfin, tu vois, c'est toi qui m'intéresse. Oui,
- Speaker #1
bah en fait quand, en fait on s'imagine pas, on s'imagine pas Qu'on puisse avoir un quotidien aussi bouleversé. J'ai été beaucoup dans l'attente. Donc forcément, on imagine la mort de son enfant. Clairement, ma fille était complètement inconsciente. Sincèrement, dans ces moments-là, on gère. Le cerveau, on le bloque. Et on se dit, en fait, il faut gérer. Parce que j'ai pas que elle, j'ai trois enfants en tout, j'ai un petit garçon. Et à cette période de ma vie, j'étais toute seule. Alors effectivement j'ai des frères et sœurs, on vient me soutenir, on vient m'aider. Mais dans la gestion à l'hôpital et la gestion avec mon enfant et ma grande... Mes enfants étaient toutes seules, donc c'est très dur, c'est très dur, mais t'as pas le temps de t'occuper de toi. D'accord. Voilà, t'as pas le temps de t'occuper de toi, là t'es dans la gestion, tu dois aussi rassurer tes autres enfants, et tu sais pas ce que ton enfant a à ce moment-là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc...
- Speaker #0
Et comment tu l'as géré cette attente de diagnostic par exemple, ou en tout cas qu'on te dise ce que ta fille avait ? Comment t'as... tu vois ? Toi, émotionnellement, toi, psychologiquement, parce que tu me dis le cerveau bloque.
- Speaker #1
Comment il bloque ? En fait, déjà, ce qui est très étonnant, des fois, on a des épreuves dans la vie et on pense que c'est un mal. En fait, c'est un bien. En fait, ce qui est très étonnant, c'est que quand ma fille tombait malade, moi-même, j'avais une hernie discale.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et avec des sciatiques à répétition. Donc, j'étais sous médoc, clairement. Je ne voulais pas me faire opérer parce que... Bah t'es maman solo, tu te dis si je me fais opérer, il faut que tu sois arrêtée. Et si t'es arrêtée, tu peux pas gérer en fait. Mais bien sûr. Il y a un truc tout bête, emmener ton enfant à l'école, descendre et monter, quand tu viens de te faire opérer, tu peux pas. Mais c'est vraiment...
- Speaker #0
C'est la réalité.
- Speaker #1
C'est la réalité, tu vois. Et du coup, quand elle est tombée malade, moi ça faisait déjà quelques mois que j'étais en mode... Vraiment, j'étais sous cacheton quoi. Franchement, j'étais sous cacheton, sous dérivé d'opium. Ok.
- Speaker #0
Ah oui, donc ça planait un peu. J'étais high.
- Speaker #1
Donc j'étais à l'hôpital.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et sincèrement, franchement, aujourd'hui avec le recul, là je rigole, mais avec le recul, je me dis, ah mais ça, ça m'a sauvée quand même.
- Speaker #0
Oui, c'était une manière aussi de sortir de ton corps.
- Speaker #1
Mais oui, j'étais tout le temps sous médicaments, tout le temps, parce que j'avais des douleurs insupportables. D'accord. J'étais tout le temps sous cacheton, mais le cacheton là, en lui-même, a fait que, quand on m'annonçait des choses par rapport à la maladie de ma fille, je planais, vraiment. Donc voilà, c'est ce qui m'a fait tenir en fait.
- Speaker #0
On en rigole un peu. Je rigole aujourd'hui,
- Speaker #1
mais je t'assure que c'est ça qui m'a fait tenir. Parce que c'était soit des douleurs intenses, et à l'hôpital, tu sais, quand tu dors à l'hôpital, c'est pas ton lit.
- Speaker #0
C'est sommaire, c'est spartiate.
- Speaker #1
toi t'as des sciatiques avec des décharges électriques mais toute la journée parce que là en fait l'arnie disque elle était tellement grosse que voilà en fait j'étais vraiment dans un autre monde donc du coup bah ouais je tenais parce que je mettais mon cerveau en fait vraiment je me parlais je me disais là t'as pas le temps de t'occuper de toi voilà ça c'est intéressant ça ça m'intéresse je me parlais vraiment mais j'ai toujours fait ça c'est à dire que je me disais mais là t'as pas le temps de t'occuper de toi Merci. Ta fille est malade. Je suis dans une situation critique. Si toi tu lâches, tout le monde va lâcher avec toi. C'est comme ça en fait. Je m'auto-motivais. Mais j'ai toujours été comme ça. Voilà. Donc ça peut...
- Speaker #0
Ok. Et qu'est-ce que tu faisais semblant de gérer alors que vraiment ça n'allait pas ?
- Speaker #1
Tu sais, les rendez-vous avec les médecins. La présence avec ma fille, tu vois, parce que tu restes toute la journée à l'hôpital, toute la nuit. Je faisais beaucoup d'aller-retour entre l'hôpital et la maison. Parce que j'allais chercher mon enfant à l'école, comme si de rien n'était. Je le couchais comme si de rien n'était. Je retournais à l'hôpital la nuit avec ma fille et je me levais le matin à 6h. Et ensuite, j'allais réveiller mon enfant et ensuite je l'emmenais à l'école et je retournais à l'hôpital. Donc en fait, c'est ça. C'est ce quotidien qui paraissait tout à fait normal. Je veux dire, devant l'école, personne se... À part les personnes que je côtoyais,
- Speaker #0
que je connaissais, mais sinon,
- Speaker #1
on ne se voyait pas de l'extérieur. Mais je passais mon temps comme ça, en fait. Et ça, c'était dur. Et ça m'arrivait des fois, avant de rentrer dans la chambre, de pleurer.
- Speaker #0
Et pourquoi tu le cachais ? Pourquoi, par exemple, après, c'est vraiment une question, pourquoi est-ce que tu as eu besoin de garder le quotidien dans la norme, de faire comme si ça allait ? Par exemple, tu vois, tu disais, ton fils, tu l'as emmené à l'école comme si de rien n'était, tout se passait un peu comme si devant l'école, personne, ça ne trans... Pourquoi ?
- Speaker #1
Je trouvais que c'était déjà assez bouleversant d'avoir, tu sais, quand un enfant est malade dans une famille, en fait, c'est tout le monde qui est éprouvé. Moi, j'étais suivie par une psy à l'hôpital qui me disait « ça va être très dur pour votre aîné, ça va être très dur pour votre dernier, c'est dur pour tout le monde en fait » . Donc, en fait, je me disais de toute façon, c'est un bouleversement. Donc, je suis en mesure, c'est ce que je me disais. Après, tu vas comprendre que... J'ai dû me faire opérer après.
- Speaker #0
Bien sûr. Quand t'as la pression qui redescend, tout redescend.
- Speaker #1
On n'est pas des machines. Mais ouais, je me disais que c'est déjà tellement dur. Tu vois, j'avais un petit garçon de 6 ans à l'époque, il venait de vivre un divorce. Plus là, sa maman n'est pas là, plus... Voilà.
- Speaker #0
Tu ne voulais pas infliger ça.
- Speaker #1
Je ne voulais pas en rajouter. Je me disais, je suis capable de le faire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, c'est ce que je me disais.
- Speaker #0
Tu te sentais capable de le faire ?
- Speaker #1
Je me sentais capable.
- Speaker #0
D'accord. Pour toi, c'était une épreuve comme une autre qu'il fallait vivre ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Je me disais, bon, c'est une épreuve. Attention, c'est dur. Mais voilà, je suis en mesure de gérer ça comme ça, en tout cas. D'accord. Mais après, tu verras que j'étais obligée de passer au bloc après. Parce qu'à un moment donné...
- Speaker #0
Oui. Ok. Et des choses que tu ne disais pas, alors tu disais, tu ne parlais pas de ta situation à personne ?
- Speaker #1
À part mes proches.
- Speaker #0
Tes proches quand même ?
- Speaker #1
Mes proches, j'en parlais, oui. Mais moi, je sais, je suis quelqu'un qui m'exprime. D'accord. Et comme je dis, ce que tu n'exprimes pas reste dans ton corps. Ok. Donc non, merci en fait.
- Speaker #0
Il faut que ça sorte.
- Speaker #1
Il faut que ça sorte.
- Speaker #0
Oui. Donc tu es plutôt quelqu'un…
- Speaker #1
Oui, je suis quelqu'un qui m'exprime. Je suis dans la communication, j'échange, même avec mes enfants, je parle. Avec ma fille qui était complètement shootée, je lui parlais, je lui disais écoute… t'inquiète pas il va y avoir un traitement tu vas guérir tu vas pas tu vas voilà tu vas t'en sortir donc oui oui je suis quelqu'un qui communique beaucoup pour moi c'est c'est la base en fait d'accord tu étais plutôt quelqu'un qui s'est demandé de l'aide tu as demandé de l'aide d'ailleurs est ce que alors
- Speaker #0
avant avant d'en arriver là avant d'en arriver là est ce que toi tu te donnes une raison à pourquoi c'est arrivé pourquoi je me donne pas cette raison là en fait bon
- Speaker #1
C'est pas le sujet. En tout cas, mes croyances font que non, je sais que c'est une épreuve.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et je me dis pas pourquoi.
- Speaker #0
Tu te poses pas la question.
- Speaker #1
Non, je me dis pas pourquoi. Je sais que c'est un bien, par contre.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Moi, je sais que c'est un bien. Je sais que quand on a une épreuve, il y a un bien derrière. Alors la sagesse, effectivement, sur le moment, tu l'as pas. Ou tu l'as pas tout de suite, en tout cas. Mais, et la preuve, franchement, il y a eu beaucoup de bien qui est ressorti de tout ce que j'ai vécu.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Tu pourrais me donner une chose, deux, un exemple ?
- Speaker #1
Alors, par rapport à moi ou par rapport à ma fille ?
- Speaker #0
Par rapport à toi. On est là pour toi. Et si tu veux évoquer ta famille avec plaisir.
- Speaker #1
Oui. Ah non, je vais parler de moi.
- Speaker #0
Parce que ça peut réveiller des choses, justement. Des schémas familiaux. Ou réveiller, tu vois, enfin...
- Speaker #1
Dis, dis. Alors, je vais parler de moi. Ouais. J'ai fait beaucoup de tri dans ma vie.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Voilà. Premièrement. Deuxièmement. comment dire alors ce côté positif que j'avais je trouve que ça s'est amplifié c'est à dire que maintenant je mesure en fait si tu veux je trouve du plaisir dans tous les moments de la vie tous les aspects de la vie pour moi aller boire un café dans une terrasse c'est un truc de malade c'est un truc de malade c'est pour moi parce que je mesure en fait le cadeau que c'est Parce que quand t'as passé des nuits et des nuits et des nuits et des journées à l'hôpital, où tu te dis « Waouh ! Waouh ! » Il y a des mamans qui vivent ça depuis la naissance de leur enfant, avec des choses beaucoup plus dramatiques. En fait, je suis beaucoup plus... Comment dire ? Je me prends moins la tête, quoi. Beaucoup moins la tête.
- Speaker #0
Donc là, on en était tout à l'heure au pourquoi. Donc tu ne te demandes pas pourquoi, par rapport à tes convictions. Ouais. Ouais, c'est ça ? C'est ça. Tu cherches pas à savoir... Après, la maladie, bon, quand elle arrive... Pour moi,
- Speaker #1
c'est une épreuve, en fait. Oui, OK. Voilà, pour moi, en fait, si tu veux, la maladie, en gros, pour résumer, parce que je veux pas forcément m'étaler sur ça, mais c'est une épreuve, en fait, c'est une épreuve...
- Speaker #0
Mais ça, c'est un mot que tu répètes beaucoup. Et c'est de, tu vois, de creuser un peu, de nous en dire un peu plus. Tu vas sur le terrain que tu veux mais tu nous dis depuis tout à l'heure que c'est une épreuve. Essaye de développer un peu.
- Speaker #1
J'ai pour philosophie de vie qu'après une épreuve, il y a toujours un bien. Donc je ne me dis pas pourquoi. Je sais qu'il y a un bien.
- Speaker #0
Donc c'est plutôt ça qui drive, qui te fait tenir. C'est de se dire aujourd'hui il pleut, demain il fera beau. Exactement. Tu vois, qu'on essaye de comprendre.
- Speaker #1
Oui, tu as bien résumé. C'est ça.
- Speaker #0
C'est toujours ça qui te fait tenir du coup ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est de se dire ?
- Speaker #1
Ouais, c'est que je me dis... Voilà tu peux faire voilà dans la vie il t'arrivera des choses forcément enfin si on aura un rapport à la maladie ou un rapport à la mort ou peu importe mais voilà ça fait partie de la vie prend les choses du bon côté je sais que c'est un peu contradictoire mais c'est comme ça que je le vois ok ouais c'est Après, je te dis, c'est mes convictions, donc c'est...
- Speaker #0
Elle a duré combien de temps, cette situation ?
- Speaker #1
Elle est toujours malade, mais elle est sous traitement.
- Speaker #0
Oui. Non, mais cette situation d'hôpitaux, tous les jours... Un an.
- Speaker #1
Oui, une année scolaire. D'accord. C'était dur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Très dur. Oui, une année scolaire. Bien sûr, elle est restée quatre mois à l'hôpital. Mais toute l'année scolaire, vraiment, on n'arrivait pas à trouver un traitement qui stabilise son inflammation. Quand elle était à la maison, elle était malade. On essayait un traitement, ça ne fonctionnait pas. On a essayé des injections, des traitements lourds, etc. Elle a pris de la cortisone. Elle a pris 30 kilos en très peu de temps. C'était la stabilité de la maladie qui a duré un an.
- Speaker #0
Il y a eu un moment où ça a peut-être été ça, le déclic, mais il y a un moment où un an se passe. On sort de cette situation, qu'est-ce qui se passe ? Comment la situation revient à la normale ?
- Speaker #1
Il ne revient pas à la normale, mon corps me lâche. En fait, quand je comprends que le dernier traitement, et c'est un traitement en plus, un nouveau traitement, c'est-à-dire qu'on ne me garantit pas la stabilité de sa maladie, on m'explique qu'ils vont tester sur elle. Un des derniers traitements, donc ce que j'appelle un dernier traitement, c'est un traitement qui existe depuis moins de dix ans. Donc ils n'ont pas assez de recul en fait. Et là en fait, ils essayent ça en fin d'année scolaire, je crois que c'était vers le mois de mai. Et fin juin, je comprends en fait que l'inflammation du sang, en fait elle est stabilisée. Et là, parce qu'on avait essayé tellement de choses, tu vois. Et là, mon corps lâche.
- Speaker #0
D'accord. Donc, cette joie d'avoir trouvé un traitement fait que ton corps s'est dit peut-être que je peux penser à moi aussi. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est exactement ça. Là, mon corps lâche. Je prends 12 kilos en deux mois et demi. C'est-à-dire que les médicaments, j'ai tellement pris de traitements que je gonfle d'un coup. Et psychologiquement, je lâche. Je lâche, donc déjà je prends 12 kilos, ce qui est énorme, surtout pour une morphologie comme la mienne. Et c'est énorme pour mon dos surtout. Et donc tout l'été, c'est une souffrance incroyable.
- Speaker #0
Comment tu vis alors cette...
- Speaker #1
Je survis. C'est-à-dire que j'ai des douleurs, en fait, même les traitements ne font plus rien. Je comprends que je suis repassée à moi, en fait. Et donc là, ma fille, elle a la maison, c'est l'été. J'arrive quand même à l'emmener un petit peu en vacances en juillet, pour elle c'est wow, après tous ces mois-là à l'hôpital et la maladie, donc c'est génial.
- Speaker #0
Comment tu fais avec ton dos, avec tes 12 kilos pour l'emmener en vacances ?
- Speaker #1
Alors là c'était le début d'été, donc je n'ai pas encore pris vraiment les 12 kilos.
- Speaker #0
D'accord, mais tu es sur la route.
- Speaker #1
Je suis en souffrance, clairement je suis en survie.
- Speaker #0
Comment tu fais ?
- Speaker #1
Comment je fais ? J'ai des sueurs chaudes, des sueurs froides, j'ai mal au dos, je n'arrive pas à dormir. Moi en plus j'ai des migraines ophtalmiques donc ça y est mon corps en fait vraiment il fout le camp, vraiment c'est vraiment ça
- Speaker #0
Ou bien il t'appelle à l'aide il te dit pense à moi quoi à un moment donné c'est à mon tour
- Speaker #1
En fait c'est venu violemment c'est venu violemment donc je rentre de vacances, je te dis pas je suis sur les genoux je sais pas comment j'ai fait pour passer l'été parce que vraiment j'avais des douleurs insupportables j'arrive à tenir Jusqu'à la rentrée de mon fils, enfin de mes enfants, mais surtout mon fils, puisque lui était petit. Et donc, deux ou trois jours après, je ne sens plus ma jambe. En fait, je me fais opérer en urgence. Là, ça y est, en fait.
- Speaker #0
Il y a bien un espèce de truc sur la rentrée, sur l'année scolaire.
- Speaker #1
Je t'assure.
- Speaker #0
C'est quoi l'histoire ?
- Speaker #1
C'est quoi l'histoire ? Tu vois, c'était dur.
- Speaker #0
Donc ton corps te lâche, tu te fais opérer en urgence. Comment ça se gère ça ? Comment est-ce qu'on est opéré en urgence et qu'on a trois enfants et qu'on est à la rentrée scolaire ?
- Speaker #1
Bah écoute, j'arrive à l'hôpital déjà. Heureusement que j'ai une copine qui est secrétaire médicale qui me dit écoute... Non,
- Speaker #0
non. Comment on fait ?
- Speaker #1
Comment on fait ?
- Speaker #0
Concrètement. Comment on fait ?
- Speaker #1
On se retrouve aux urgences et la neurochire me dit « En fait, vous avez mangé à quelle heure ? » « Ah ben j'ai mangé il y a une heure. » « Ah non, non, en fait, il faut attendre six heures de jeûne. » C'est le bloc direct. Là, prévenez votre famille, prévenez qui vous voulez, mais vous ne sortez pas de l'hôpital. C'est direct l'opération.
- Speaker #0
Qui prend le relais sur les enfants à ce moment-là ?
- Speaker #1
Pour l'instant, ma fille.
- Speaker #0
Ma grande,
- Speaker #1
mon aîné, la pauvre, qui est majeure, mais qui prend le relais. Au début, j'ai ma mère qui est... Ce week-end-là, ma mère était là. Chance. Chance, oui, parce qu'elle aussi a des problèmes de santé. Et du coup, elle les prend en charge. Et en fait, pendant que je suis à l'hôpital, leur père les prend.
- Speaker #0
D'accord. Donc le papa prend le relais quand même à ce moment-là ? Oui,
- Speaker #1
une dizaine de jours, le temps que je sors de l'hôpital.
- Speaker #0
L'opération s'est bien passée ?
- Speaker #1
C'est très bien passé. D'accord.
- Speaker #0
Tu n'as plus mal à la jambe ?
- Speaker #1
Je n'ai plus mal au dos.
- Speaker #0
Tu n'as plus mal au dos, pardon, parce que ça s'est mis dans la jambe.
- Speaker #1
Exactement. En tout cas, l'opération s'est bien passée.
- Speaker #0
D'accord. Donc, ça a été salvateur.
- Speaker #1
Oui, ça a été salvateur. Exactement. D'accord. Après, la kiné, tout ce que tu veux. Mais voilà, un arrêt de travail, forcément.
- Speaker #0
OK. Et donc, du coup, dans ce moment-là ? Le papa des enfants a repris le relais pour te laisser te reposer quand même. Est-ce qu'il y a eu... Quelles sont les femmes à ce moment-là, bien précis, tu me parlais de ta maman. Quelles sont les femmes précisément qui t'ont soutenue à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ma soeur. D'accord. Ma soeur, à l'époque, elle habitait pas loin de l'hôpital. Une chance. Ouais, elle a été là. Franchement, elle a été là.
- Speaker #0
Ouais ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Elle a été là comment ?
- Speaker #1
Elle a été là physiquement. Ok. Physiquement, parce que c'était pas évident de gérer ma fille quand elle était en crise. En fait, là, du coup, tu me parles de quand, quand je me suis fait opérer ? Des deux ?
- Speaker #0
C'est des situations que t'as vécues à l'hôpital, malade, soit toi ou ta fille ?
- Speaker #1
J'ai beaucoup trouvé ma soeur.
- Speaker #0
Ta soeur ?
- Speaker #1
Elle a été présente.
- Speaker #0
Grande soeur, petite soeur ?
- Speaker #1
C'est ma petite soeur. D'accord. C'est la seule soeur que j'ai, ma petite soeur. Mes frères aussi, ils étaient là, ils étaient présents, ils me soutenaient. Mais elle, au niveau physique, physiquement, elle était là. Ok. Vraiment.
- Speaker #0
Dans le mindset ?
- Speaker #1
Dans le mindset. Bon, après, des fois... En fait, ma sœur est médecin.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et du coup, tu sais, quand tu parles à un médecin... Moi, c'est ma sœur, mais quand tu parles à un médecin... qui connaît les conséquences des maladies, etc. Des fois, ce n'est pas évident pour elle de faire la part des choses. Du coup, des fois, elle était dans des crises de larmes par rapport à ma fille.
- Speaker #0
Oui, parce qu'elle s'imaginait... Oui, donc des fois, c'est toi qui la soutenais. Attends,
- Speaker #1
si tu pleures. C'est quoi ? Oui. Oui, voilà. Mais j'ai beaucoup trouvé ma soeur et j'ai beaucoup trouvé aussi un groupe d'amis.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Super soeur avec qui je m'entends bien.
- Speaker #0
D'accord. Des personnes que tu as toujours connues ou que tu as rencontrées dans ces situations ?
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc des amis d'enfance ?
- Speaker #1
Des amis d'enfance, vraiment, avec qui je suis très très proche. C'est vraiment ce que je considère comme des sœurs. Et après j'ai des mamans d'école qui sont exceptionnelles, que je voyais du coup régulièrement, parce que mon fils il est dans l'école de leur enfant aussi, et elle avec qui je m'entends bien.
- Speaker #0
C'est important pour toi ?
- Speaker #1
Ah ouais, c'est hyper important. C'est hyper important d'être bien entourée. Puis moi, de toute façon, je suis une femme qui aime la vie, qui aime les gens. J'ai besoin de partager, en fait. Donc, c'est hyper important.
- Speaker #0
C'est important d'avoir ces personnes-là autour de soi.
- Speaker #1
Pour moi, c'est un grand bienfait.
- Speaker #0
Ok. Alors, qu'est-ce qui a changé pour toi depuis ces épisodes-là, en tant que maman, d'un côté, et en tant que femme ?
- Speaker #1
Bizarrement. Tu vois, en tant que maman, parce que là, le discours que j'ai, tu vois, on a l'impression que je suis là, je me... Bon, c'est bon, en vrai, je me sacrifie, parce que de toute façon, quand t'es maman solo, t'as pas trop le choix, t'es obligée de donner beaucoup de ton temps et tout. Mais tu vois, j'ai vraiment besoin de me retrouver.
- Speaker #0
Ça, c'est en tant que maman ?
- Speaker #1
En tant que maman.
- Speaker #0
Ok. T'as besoin de... c'est-à-dire ?
- Speaker #1
En tant que femme, je dirais en tant que femme. Ouais,
- Speaker #0
parce que je te demandais ce qui avait changé en tant que maman. Et ce qui avait changé en tant que femme ?
- Speaker #1
Alors, en tant que maman, ce qui a changé, c'est que je suis plus à l'écoute.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Peut-être qu'avant, j'ai eu des moments où j'étais de bad hand speed dans la gestion, etc. Mais je suis très attentive, en fait, à l'état psychologique de mes enfants.
- Speaker #0
D'accord. Tu es devenue beaucoup plus attentive maintenant à ce niveau-là. Oui,
- Speaker #1
même si je pense que mes enfants me le diront, mais je pense qu'ils me disent que je suis à l'écoute déjà de base.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Même si des fois, je n'ai pas trop le temps, je suis un peu dans le speed, parce que mes enfants ont des grosses différences d'âge. Des fois, je suis là, je suis plus concentrée sur le dernier. Mais je suis quand même attentive. En fait, j'ai besoin de savoir comment elles se sentent. Là, je parle de mes grandes-filles. Comment elles se sentent, comment elles vont. Oui. Voilà, donc ça, ça a changé.
- Speaker #0
Oui, tu ne laisseras plus passer une fièvre. Non,
- Speaker #1
jamais. Ni une fièvre,
- Speaker #0
ni des bouts de poids, ni rien. Terminé. Mais d'ailleurs, ça se voit.
- Speaker #1
Par contre, ça se voit. Oui. Tu vois, dès que ma fille me dit... Parce que tu sais, les maladies auto-inflammatoires, c'est aussi au niveau articulaire. Mais il suffit qu'elle me dise... Ah bon ? Ok. D'accord, alors je suis là, je viens, je touche son front. Alors ça va, tu vas bien ? Ça va, t'arrives à te lever ? Ça va,
- Speaker #0
tu vois ? Ça t'a pas rendu psycho quand même ? Pas du tout. Oui, d'accord. Par contre, j'ai quand même... Il y a toujours un peu de mesure.
- Speaker #1
Oui, non, il y a de la mesure. Mais moi, je pense que je ne suis pas une mère où je suis en panique. Oui. Enfin déjà, de base...
- Speaker #0
Tu n'es pas soucieuse au point de... Oui, mais en tout cas, là, ça t'a rendu quand même un peu...
- Speaker #1
Oui, je suis plus attentive. Mais c'est surtout à leur étape psychologique.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est surtout à leur étape psychologique.
- Speaker #0
Tu as besoin qu'elle se sente bien, psychologiquement.
- Speaker #1
En tout cas, je suis attentive. Après, je pense que je ne suis pas parfaite. Je pense qu'il y a des moments où je n'ai pas dû capter. En tout cas,
- Speaker #0
je suis plus attentive. D'accord. Au garçon aussi, pas que les filles.
- Speaker #1
Celui-là, il prend déjà...
- Speaker #0
Toute ton énergie.
- Speaker #1
Qu'elle sera du bon sang.
- Speaker #0
Ok, très bien. Et donc, en tant que femme... Qu'est-ce qui a changé en toi ? En tant que femme,
- Speaker #1
j'ai un besoin viscéral de toujours me recentrer. Vraiment, c'est important d'avoir du temps, déjà du temps de qualité pour moi. Comme je dis toujours, la personne la plus importante en qui il faut investir, c'est soi-même. Si tu ne vas pas bien... Tu peux rien faire, tu peux rien bâtir.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc depuis cet épisode-là, pour moi c'est un peu... C'est important d'investir en soi, en termes de confiance en soi, en termes d'estime de soi, de réparer aussi ce qui est à réparer. On a tous eu des épreuves, on a tous des bagages de vie, etc. Et c'est très très important parce que j'ai vraiment pris conscience que quand t'es maman, t'as cette... Comment te dire ? T'as quand même une certaine pression où tu te dis mais à quel moment je pense à moi ? Et si je veux m'occuper de mes enfants, faut que moi j'aille bien en fait. Donc je dois me mettre au centre de tout. Enfin, comment dire, je dois me prioriser. Ça c'est hyper important.
- Speaker #0
Un parent heureux fait des enfants heureux.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est hyper important. Mais j'en prends vraiment conscience depuis la maladie de ma fille.
- Speaker #0
Fais grandir.
- Speaker #1
Je peux pas venir, je donne, je donne, je donne, je donne. Et en fait, à quel moment moi ? C'est comme une voiture, tu ne peux pas rouler comme ça indéfiniment. À un moment donné, il faut aller mettre de l'essence, c'est pareil.
- Speaker #0
Donc si je peux retenir quelque chose qui a changé en toi par rapport à ces deux épreuves que tu as eues, la maladie de ta fille consécutive, juste après ton problème de dos, c'est que c'est toi.
- Speaker #1
C'est moi d'abord. C'est toi au centre. Ah c'est moi aussi.
- Speaker #0
Il faut que tu ailles bien pour que tu puisses... Et tu sais,
- Speaker #1
je le verbalise très bien.
- Speaker #0
Ce que tu ne faisais pas avant ?
- Speaker #1
Ouais, avant, tu sais, c'est en mode tu râles, personne t'écoute, en fait, on s'en fiche de ce que tu racontes. Là, tu vois, je le verbalise très bien. D'accord. Là, je leur dis non, là, je ne peux pas. Oui. Moi, j'ai besoin de m'occuper de moi, j'ai besoin d'être seule, j'ai besoin de me retrouver, j'ai besoin de faire quelque chose qui me plaît, j'ai besoin d'aller faire du sport, j'ai besoin que sais-je, tu vois. Mais je ne suis plus en mode, j'attends jusqu'à que.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors qu'avant...
- Speaker #0
Parce que la corde, l'élastique cède.
- Speaker #1
Et quand je vois que je ne suis pas respectée dans ce que je dis... là je tape du poing sur la table par exemple ma fille je sais que c'est un truc tout bête mais j'ai besoin de me faire respecter dans ce que je dis et que ce soit pas pris à la légère et je te donne un exemple tout bête pas plus tard qu'hier mes enfants sont partis chez leur père l'heure de rendez-vous c'était 18h et ma fille elle a toujours un Merci. toujours un truc à faire au dernier moment toujours un truc à faire et là je l'ai regardé je lui ai dit écoute ce qui est important pour moi tu dois le respecter si je te dis 18h tu peux pas attendre que je pète un câble en fait tu peux pas attendre que j'en sois que j'en devienne aigri tu dois respecter et essayer de s'excuser D'accord. Elle m'a dit, c'est vrai, je dis, voilà. Je dis, à un moment donné, ça fait 15 jours non-stop, tu ne peux pas me dire à 17h30 que tu as un truc à faire. C'est le moment, c'est le rendez-vous avec votre père.
- Speaker #0
Là, maintenant, il faut y aller. Ça y est, en fait,
- Speaker #1
il faut y aller. Il ne me dit pas que tu dois aller là. En fait,
- Speaker #0
elle s'est excusée.
- Speaker #1
Alors que ça, avant, j'aurais été en mode ronchonnée, râlée. Mais en fait, tout le monde s'en fiche. Tu vois, à un moment donné,
- Speaker #0
tu repositionnes. Tu recadres.
- Speaker #1
Tu recadres et tu communiques autrement.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est important.
- Speaker #0
Tu as changé ton mode de communication.
- Speaker #1
Ah oui, j'ai changé mon mode de communication.
- Speaker #0
Donc il y a plein de choses qui ont... C'est pour ça que tu disais peut-être tout à l'heure que c'était un mal pour un bien. C'est-à-dire qu'il y a plein de choses qui se sont mises en ordre aussi.
- Speaker #1
Ah oui, oui, j'ai changé mon mode de communication. Moi, je suis de nature bienveillante. C'est-à-dire que je peux comprendre toute la terre entière, mais moi, je ne vais pas forcément comprendre. Là, c'est fini. Ce n'est pas que c'est fini. C'est que disons que je... Ouais, c'est des réglages naturels qui se font.
- Speaker #0
Il faut que tu ailles bien. C'est le mot d'ordre.
- Speaker #1
C'est le mot d'ordre. Il faut que j'aille bien. Je ne peux pas... Je veux dire, c'est à un moment donné, c'est prendre conscience que toi, tu es importante. Et que ce n'est pas... Tu ne peux pas négliger ça.
- Speaker #0
Ce n'est pas secondaire.
- Speaker #1
Tu ne peux pas négliger ça. Il y a combien de mamans qui sont en hôpital psychiatrique ? Combien de mamans ? qui sont en dépression ? Combien de mamans qui sont sous cacheton ou qui se réfugient dans la drogue, qui se réfugient dans l'alcool, qui sont en dépression, qui sont malades ? C'est dû à quoi ? C'est une accumulation ? Une surcharge mentale ?
- Speaker #0
Ça dépend, on ne va pas tout mélanger. Mais on parle des mamans qui ne vont pas bien en l'occurrence. En fait, qui ne se passent pas en priorité. Voilà, c'est ça que tu veux dire. Voilà, c'est ça que je veux dire. Non, non, qu'on comprenne. des mamans qui ne se passent pas en priorité ou bien qui n'ont pas encore pris conscience qu'il fallait qu'elles soient bien pour que la famille aille bien et pour que les enfants aillent bien mais déjà de base c'est dur d'être une mère rajoute à cela le fait qu'elle soit maman solo rajoute à cela un enfant malade c'est dur d'être mère tout court j'avoue et si ta version du passé t'écoutait là maintenant ta version du passé La version d'il y a, alors on ne va pas dire il y a deux ans parce que c'était un peu la maladie, mais d'il y a, je ne sais pas, cinq ans par exemple. T'écoutais là, est-ce que tu aurais envie de lui dire quelque chose ? Est-ce que par rapport à aujourd'hui ?
- Speaker #1
Il est temps que tu changes ma grande.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ah, il est temps que tu te priorises.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Il est temps que tu arrêtes de tout gérer en fait, parce que ce n'est pas ton rôle.
- Speaker #0
D'accord. Donc tu lui aurais dit ça ? Ouais. Oui, pour qu'elle...
- Speaker #1
Je lui aurais dit, pense à toi en fait, personne ne le fera à ta place.
- Speaker #0
Ok. Oui. C'est la leçon apprise.
- Speaker #1
Personne ne le fera à ta place, vraiment.
- Speaker #0
Ok. Alors, est-ce que tu réalises, Jamila, à quel point tu reviens de loin ?
- Speaker #1
Non. Par contre, non, je ne réalise pas. Moi, des fois, j'ai l'impression que c'est normal. Oui ? Oui.
- Speaker #0
Tu réalises quand même que c'est un parcours exceptionnel, unique en tout cas. Alors, quand je dis unique, ce n'est pas que tu n'es pas la seule maman qui a un enfant malade. Ma maman, par exemple, elle a grandi avec moi, elle m'a élevée, tu vois ce que je veux dire. Donc, ce n'est pas ce que je dis. Mais on a chacune, chacune des mamans, on leur parcourt unique. Est-ce que tu réalises quand même que tu as fait ça toute seule, que tu as géré ? J'ai géré. Même si ton corps t'a lâché après. Tu sais comment je me réalise ?
- Speaker #1
C'est mes enfants qui me le disent. Particulièrement ma fille qui est malade.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est incroyable comment elle est admirative.
- Speaker #0
D'accord. Elle s'est sentie soutenue par toi.
- Speaker #1
Tu sais, elle me le dit tout le temps. C'est incroyable.
- Speaker #0
Elle a de la gratitude du coup. C'est incroyable.
- Speaker #1
Tu sais, quand elle me le dit, je me dis quand même.
- Speaker #0
quand même.
- Speaker #1
Tu vois, elle me dit, t'es la personne... Et c'est marrant parce que tu sais, elle a 17 ans. Et à 17 ans, tu prends pas comme exemple ta mère.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Tu vois, en général, enfin, je sais pas, il n'y a pas de généralité en vrai. Mais ouais, des fois, elle va m'envoyer des messages où elle va me dire « Maman, t'es la personne la plus extraordinaire que je connaisse » .
- Speaker #0
Et comme moi,
- Speaker #1
je me dis « Non, mais est-ce que tu te rends compte ? » compte, maman.
- Speaker #0
Et toi, alors, est-ce que toi, tu t'en rends compte ? Quand tu fais un pas de côté sur tout ce que t'as vécu, là, ces dernières années.
- Speaker #1
C'est un travail que je fais, là, en ce moment, ouais. Je pense que je me rends pas vraiment... On me le dit, et je me dis « Ah, j'avoue ! » Mais je réalise pas à quel point. Voilà. C'est ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui pourrait te faire réaliser ?
- Speaker #1
C'est un travail sur moi-même, sur mon estime de soi, ma confiance en moi,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Même si je me sens très bien, je reconnais quand même mes atouts, mes qualités, etc. Mais je pense que tu as toujours un travail à faire.
- Speaker #0
Moi, je te le dis, moi. Bravo, Jamila. Joli parcours. Joli, en tout cas, parcours de vie, même si on ne parle pas de tout. Mais en tout cas, ces deux épreuves-là ont été pas faciles à gérer. Et tu les as gérées d'une main de maître. Bravo. Merci.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un petit moment de fierté, même tout petit, dont tu voudrais nous parler ? Ou en tout cas, ça peut être ces épreuves-là passées, ça peut être autre chose. Un petit moment de fierté te dit franchement… Oui,
- Speaker #1
j'ai un moment de fierté. Moi, je suis une grande créative. Ok. Vraiment, je suis passionnée. J'ai travaillé dans le cinéma quand j'étais jeune. Plus jeune. Oui, plus jeune.
- Speaker #0
Vous êtes toujours jeune.
- Speaker #1
Non, je me sens très bien. Quand j'étais plus jeune, j'ai découvert le monde du cinéma. J'avais 20 ans, 19-20 ans. Du coup, j'ai découvert le monde des costumes. Et ça, j'ai toujours eu un regard un petit peu... Je suis une créative dans l'âme, en fait. Je me rappelle que quand j'étais petite, j'allais m'asseoir sur un banc. J'étais vraiment petite. Et je regardais les gens passer. En fait, je suis une grande esthète. J'aime la beauté. vraiment et je regardais les gens passer, je disais oh bah elle le bleu ça lui irait bien mais vraiment elle a des beaux yeux j'arrivais à voir les beautés cachées ok et alors c'est quoi ce petit moment de fierté du coup que tu ramènes à ça ? ce moment de fierté c'est que j'ai passé un diplôme ouais j'ai passé un CAP métier de la mode j'ai fait une formation de modéliste et je me suis toujours dit ouais à 40 ans je créerai ma marque d'accord bah je l'ai créé waouh et j'ai Pas pu continuer parce que justement, après ma fille, elle est tombée malade, etc. Mais ça, c'est un moment de fierté. Ok.
- Speaker #0
T'as envie de reprendre ?
- Speaker #1
Ouais, j'aimerais bien.
- Speaker #0
C'est quoi le nom ? T'as envie de nous dire le nom de ta marque ?
- Speaker #1
La marque, c'est Charisme. Ok. Elle est sur Insta. C'est Charisme tiré du Bas-France.
- Speaker #0
Ok. Voilà. Eh ben, faut aller voir.
- Speaker #1
Et du coup, je suis passionnée des étoffes.
- Speaker #0
D'accord. Donc ça c'est ton moment de fierté, tu as réussi à créer ta marque malgré tout.
- Speaker #1
Oui, même si elle n'a pas perduré, et encore on ne sait pas de quoi elle fait demain.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Mais ça c'est mon moment de fierté. J'avoue.
- Speaker #0
Bravo. Merci. C'est quoi pour toi réussir sa vie, Jamila ?
- Speaker #1
C'est une bonne question, réussir sa vie c'est quoi ? C'est déjà d'être contentée de ce qu'on a. Parce qu'être humain il cherche toujours plus,
- Speaker #0
Alors, se contenter ou déjà être heureux ? Parce que moi, je n'aime pas trop le fait de se contenter. Quand je dis contenter,
- Speaker #1
c'est être heureux de ce qu'on est, en tout cas, à l'instant T. Ce n'est pas se dire, oh bon, vas-y, je ne peux pas faire plus. Non, non, je ne parle pas de ça. Je parle de reconnaître les bienfaits que tu as, en fait. D'accord. Déjà, d'être en bonne santé. Alors après, oui, moi, je suis passée par cette épreuve-là. Donc, forcément que je me questionne par rapport à ça. Mais juste déjà d'être en bonne santé, de pouvoir raisonner. Oui. et ne pas être dans le brouillard. de pouvoir mettre des choses en place, voilà ça pour moi c'est... Ouais tu réussis ta vie en fait, quand tu dis franchement je suis en place. Alors oui j'ai du... comment dire ça ? J'ai des projets...
- Speaker #0
Oui t'as de l'ambition et d'autres aspirations. J'ai d'autres aspirations. T'as envie de faire des choses, mais déjà...
- Speaker #1
Voilà, pour moi c'est ça réussir sa vie. C'est pas d'être toujours aigrie, de toujours... En fait, quand tu es bien avec toi-même et que tu as un certain apaisement, ben ouais, tu réussis ta vie.
- Speaker #0
Ok, donc c'est ça pour toi.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Ok, super. Alors, j'aimerais que tu regardes, je ne sais pas quelle caméra, c'est pas grave, mais que tu aies un message. Qu'est-ce que tu as envie de dire à tes enfants si demain, ils tombaient sur le podcast ? Ta fille, elle a 20 ans, tu as une des grandes filles qui a 20 ans.
- Speaker #1
Ouais, tu vas avoir 20 ans en février.
- Speaker #0
Qui va avoir 20 ans, qui est totalement en âge d'écouter des podcasts. Ouais, c'est ça. Qu'est-ce que tu aimerais leur passer comme message ?
- Speaker #1
Franchement, mes enfants, ce sont les personnes que j'aime le plus au monde. Pour moi, je les appelle mes neuf mois. Je ne les ai pas portées neuf mois. En fait, quoi que mes enfants feront, je serai toujours fière d'eux. Je serai toujours fière. Voilà, c'est une grande réussite. Donc ouais, je suis fière de mes enfants.
- Speaker #0
Je les aime de malade.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Dernier mot pour les mamans qui nous écoutent parce que tu voulais, en début d'interview, rendre hommage aux mamans peut-être qui ont des enfants malades. Enfin, il n'y a pas de mais, mais qu'est-ce que tu aimerais leur passer comme message ?
- Speaker #1
En fait, le meilleur investissement que vous puissiez avoir, c'est d'investir en vous. Quelle que soit la façon dont vous allez investir, en fait, ne vous oubliez jamais. Quelle que soit la condition dans laquelle vous êtes, ne vous oubliez jamais. Vous êtes importante et vous devez être prioritaire. Voilà. Prioritaire dans vos vies. Vous êtes des femmes avant d'être des mères. Et voilà, vous êtes importante. Donc, ne vous oubliez jamais. C'est ce que je dis toujours à mes proches. Je m'adresse à toutes les mamans qui m'écoutent. Et à tous les papas aussi d'ailleurs. Mais là du coup on parle des mamans, donc voilà. Ne vous oubliez jamais, vous êtes importantes.
- Speaker #0
Ça peut être un mantra en vrai. Vraiment. On peut l'ajouter à celui du début. Ne vous oubliez jamais.
- Speaker #1
Ne vous oubliez jamais, quelle que soit la façon en fait. Parce qu'on a toutes des façons de ne pas s'oublier. Moi je te dis, je vais boire un café en terrasse, alors là j'ai l'impression que d'autres ça va être marché, d'autres ça va être... Mais il ne faut pas s'oublier. Ok.
- Speaker #0
Merci beaucoup Jamila Merci à toi Oui Notre échange touche à sa fin Ce fut très agréable Merci Jamila Merci Dirmama pour ta parole Ta sincérité, ton courage Merci à toi Merci pour l'énergie que tu as mis dans ce moment Merci d'être venue Merci à toi,
- Speaker #1
ce que tu fais c'est génial Je te souhaite Une belle réussite.
- Speaker #0
Merci beaucoup. À vous les Dire Mama qui écoutez, j'espère que cet épisode vous a inspiré, qu'il vous a fait sourire ou peut-être bousculer, qu'il vous rappelle que vous n'êtes pas seul, que vous êtes légitime et que vous avez le droit de tomber, de vous relever et de recommencer. Si cet épisode vous a touché, partagez-le autour de vous, laissez 5 étoiles sur vos plateformes de podcast préférées et suivez Dire Mama, le podcast sur les réseaux. À bientôt. A bientôt. Ciao. Ah oui, il y a une dernière chose quand même que j'aime dire, il faut que tout le monde le sache, il n'est jamais trop tard pour écrire un nouveau chapitre. Ah,
- Speaker #1
ok, oui.
- Speaker #0
Merci,
- Speaker #1
Jamila. Merci à toi.