- Speaker #0
Bienvenue dans Dire Mama, le podcast qui tend le micro aux mamans de l'ombre, aux mamans qui tombent, aux mamans qui se relèvent, aux mamans qui vivent beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses, d'aventures, de péripéties, de traversées, d'étapes. Aujourd'hui, je tends le micro à une maman que j'ai rencontrée via une autre maman. Elle se dit être sensible et intuitive. Elle nous en dira un petit peu plus dans quelques instants. Bienvenue sur Dire Mama, Mad.
- Speaker #1
Merci !
- Speaker #0
Donc, Marie-Madeleine... Non,
- Speaker #1
Marie-Astride.
- Speaker #0
Marie-Astride ! Oh mon Dieu !
- Speaker #1
Alors je te rassure, tout le monde fait cette erreur. Exactement.
- Speaker #0
Marie-Astride, d'où le Mad.
- Speaker #1
Voilà, je m'appelle Marie-Astride Delaine, c'est mon petit surnom. Voilà, tout le monde me connaît sous ce nom-là.
- Speaker #0
Ok, merci d'avoir dit oui, Marie-Astride.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
On va rester sur maths. Oui,
- Speaker #1
ça sera plus simple.
- Speaker #0
Merci d'avoir dit oui. Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Écoute, je vais très bien. Je suis ravie d'être là pour échanger avec toi. Un peu fatiguée par le stress du boulot, tout ça, mais plutôt en forme.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Quand même, globalement. Le moral, en tout cas, est plutôt bon.
- Speaker #0
Super. Dans quel état d'esprit tu es, toi, en ce moment ?
- Speaker #1
Écoute... On va dire battante pour que mes projets aboutissent, je pense qu'on en parlera peut-être un peu plus après. Et indulgente aussi vis-à-vis de moi-même quand il y a des moments un peu plus complexes à gérer.
- Speaker #0
Ok. Qui tu es, Mad, sans ton étiquette de maman, sans ton étiquette boulot ? Qui tu es réellement ?
- Speaker #1
Je dirais un animal social. J'aime les gens, j'aime les rencontres. Les gens me passionnent en fait.
- Speaker #0
Passionnés par les gens ?
- Speaker #1
Oui. Et ce qu'ils ont dans leur cœur, dans leur vie.
- Speaker #0
D'accord. Si tu devais me décrire trois scènes du quotidien, un peu comme ça, à la va-vite. De mon quotidien ? Oui, de ton quotidien. Ce serait quoi ?
- Speaker #1
Je n'ai jamais une journée qui se ressemble. Je ne sais pas si je parle maintenant de mon... Pas forcément, mais comme ça, trois petites scénettes. Je suis plutôt une très lefto. Ok. Même si je me couche tard, je suis quelqu'un qui aime bien profiter de mes journées. Je suis un peu sur le pied de guerre à 7h du matin. Et je cours de rendez-vous en rendez-vous dans Paris.
- Speaker #0
Ok. Donc, lève-tôt, méditation et courir toute la journée dans Paris.
- Speaker #1
C'est un peu paradoxal, mais c'est ce qui m'aide à avoir un certain équilibre aujourd'hui.
- Speaker #0
Ok. Super. Merci. Alors moi, je ne vais pas te demander de tout me raconter aujourd'hui, Mad, mais plutôt de me raconter un virage, une traversée, quelque chose qui t'a marquée et qui fait de toi la femme que tu es aujourd'hui. Ça te va ?
- Speaker #1
Très bien,
- Speaker #0
super.
- Speaker #1
Alors je pense que des virages, j'en ai eu plusieurs dans ma vie. Le premier a été un virage... Très jeune, c'est-à-dire à 21 ans quand j'étais enceinte de ma fille, qui n'était pas forcément prévue dans mon chemin de vie. J'étais en train de terminer mes études, je vais partir vivre à New York. J'avais décidé de faire une carrière dans la communication là-bas et je me suis retrouvée enceinte à 21 ans. J'ai eu ma fille à 22 ans et ça a été un énorme chamboulement dans la mesure où je me suis retrouvée un peu isolée. Malgré évidemment une famille très présente et des amis présents, mais complètement déconnectés des réalités d'une jeune femme de 21 ans qui en fait a commencé peut-être un peu à connaître la vie. et vivre sa jeunesse, les premières sorties. Enfin, les premières sorties, non, mais je veux dire, voilà. Profiter un peu plus de la vie plutôt que d'être mamelée. De la vie, donc ça, ça a été un grand virage qui n'a pas été simple. Je ne sais pas si je développe là, mais... Non,
- Speaker #0
mais est-ce que tu souhaites vraiment aborder cette partie-là ou est-ce que tu veux partir sur autre chose ? C'est toi qui me dis.
- Speaker #1
Je... Enfin... En fait, je pense que les deux... Tous un brique, en fait, bien sûr. Tous un brique, puisque sans cette arrivée de ma fille qui est merveilleuse, je la salue au passage, Clémence, qui a donc 19 ans maintenant. Je pense que je n'aurais pas eu cette trajectoire de vie.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc voilà, c'est pour ça que c'est vraiment le point de départ. Et en fait, j'ai réussi à continuer mes études en étant maman. et à suivre un peu comme un bon petit soldat pour réussir à trouver mon premier emploi dans une grosse agence de communication. Évidemment, encore une fois, toujours épaulée par ma famille. Mais quelque part, je me sentais en extrême décalage avec tout le monde. Et une séparation du papa de ma fille, où elle était très jeune. Et donc, je me suis retrouvée une maman solo avec son papa qui est parti ouvrir à l'étranger, avec un enfant de même pas deux ans et demi. Et je pense qu'à l'âge que j'avais, on n'est pas forcément armé. Et encore moins dans notre société actuelle, où les femmes ont leurs enfants sans doute beaucoup plus tard. Et donc ça a été une période très complexe de ma vie, où en fait je suis un peu même tombée en dépression, mais sans vraiment m'en rendre compte, en continuant à travailler, en essayant de tout gérer, mais finalement en n'étant pas très épanouie dans ma vie, en étant épanouie dans ma vie de maman, mais pas forcément avec mes amis, ni dans mon travail.
- Speaker #0
Alors il y a plusieurs choses, il y a effectivement la venue de Clémence, il y a la séparation, il y a le travail aussi, le changement de cap pour en arriver à aujourd'hui où on en est. Moi j'aimerais vraiment qu'on précise ça, qu'on ne parte pas dans tous les sens. Mais toi qu'est-ce que tu as envie de partager aujourd'hui avec moi, avec nous, qui te semble intéressant ou en tout cas... Inspirant, intéressant, en tout cas que tu te dis, voilà, si une personne aujourd'hui écoute ça, je pense qu'elle peut peut-être avancer ou en tout cas s'inspirer.
- Speaker #1
Alors ce que je pense, c'est que j'ai l'impression que les choses ont beaucoup évolué entre moi le moment où je suis devenue maman et aujourd'hui, moi il s'est avéré que pour trouver mon stage de fin d'études, j'ai fait un mensonge par omission, je n'ai pas osé dire que j'étais maman. Pour être sûre d'être prise en stage. Donc ça, je pense que c'est quand même une anecdote qui a un peu... J'ai attendu au bout de la troisième semaine ou un mois en stage de fin d'études dans cette agence de communication de pouvoir leur dire que j'étais maman de peur de ne pas être embauchée. Je trouve que j'avais une pression sur les épaules et on a une pression sur les épaules en tant que maman alors qu'on devrait nous laisser une place plus importante et surtout nous permettre, notre société devrait s'adapter. aussi à nous, on porte la vie.
- Speaker #0
Tu étais déjà séparée, tu étais encore en couple, le papa était déjà parti. J'étais encore en couple,
- Speaker #1
mais en cours de séparation. Très vite, quand j'ai eu ma fille et le père de ma fille, on n'était pas encore séparés, mais ils vivaient en Angleterre. J'ai vraiment vécu toute la première partie de vie de ma fille, très isolée, on va dire. encore une fois avec des parents qui m'ont soutenue et des soeurs qui m'ont soutenue mais ça a été des moments je pense très violents pour moi où je me suis quand même beaucoup enfermée parce que j'avais honte en fait de ma situation honte de ne pas être dans une situation forcément très stable très peur du jugement du regard des autres en fait et moi c'est peut-être ça de dire qu'en fait Réussir à s'affranchir de ça pour avancer, parce qu'en fait, quelque part, personne n'a le droit de juger notre vie, enfin, nos parcours de vie. Pour prouver que j'étais une stagiaire maman, clairement, ça ne l'aurait pas fait.
- Speaker #0
C'était dans le cadre de... C'est ton job en communication ? Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Je peux citer le nom. C'était chez O'Gilly, une très grosse agence de communication qui a été une de mes plus belles expériences, la première. Pour montrer à quel point, et en plus c'était une époque où dans les agences, on faisait des nocturnes jusqu'à pas d'heure, on pouvait bosser les jours fériés, travailler les week-ends.
- Speaker #0
Et comment tu faisais avec ta puce du coup ?
- Speaker #1
Et bien du coup j'avais ma mère qui m'aidait beaucoup, qui m'a beaucoup aidée alors qu'elle bossait.
- Speaker #0
T'as eu ta fille 100% du temps ?
- Speaker #1
Quasiment, ensuite son père l'avait un week-end quand il est revenu en France quelques temps, il l'avait un week-end sur deux à partir du jeudi soir. Et deux mercredis soirs par mois. Et ensuite, il est parti. Il a changé de vie. il est parti à l'étranger donc j'avais ma fille à 100%
- Speaker #0
Donc là, je vois qu'il y a... Enfin, il y a... Donc, tu as continué tes études quand tu étais enceinte. Tu as eu ce job dans cette agence. La petite, elle a 3 ans.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Elle rentre à l'école. Donc, ça va un peu mieux, on va dire,
- Speaker #1
d'un point de vue temps. Mais beaucoup de fatigue, beaucoup de stress, des moments où on craque. C'est... Voilà, ça s'agit peut-être pour donner un peu le contexte. de comment j'ai commencé ma vie professionnelle. Et je dois préciser une chose, c'est que j'ai toujours voulu plus ou moins bosser dans l'artistique. Mais je ne me le suis pas permise au début, tout simplement parce que financièrement, je ne m'en sentais pas capable. Et qu'il fallait bien que je gagne ma vie et que j'ai un salaire adéquat pour assumer ma fille. Et je donne cette raison parce que c'est quelque chose qui m'a suivie pendant 20 ans, en fait. Donc je sais pas si je fais un saut ou je raconte la suite, je sais pas du tout.
- Speaker #0
Non mais on va y aller progressivement, parce qu'il y a bien eu un moment où tu tenais plus ce rythme-là, le job que tu faisais ne t'intéressait plus.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Voilà, donc on y arrive progressivement. Donc là, ça fait combien de temps que t'es dans cette entreprise ?
- Speaker #1
J'ai été 7 ans dans cette entreprise et j'ai eu plein de questionnements où en fait, j'avais l'impression que j'étais plus à ma place pour ce métier. J'ai voulu tester plein de choses. J'ai quitté, j'ai négocié une rupture conventionnelle. J'ai repris des études de gémologie. En me disant que mon grand-père était gémologue, ça me tenterait de créer des bijoux. Je me suis rendue compte très vite que c'était plus une passion, un intérêt. Mais pas du tout, je me sentais capable d'en faire un métier. J'ai toujours eu envie de tester plein de choses.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as testé d'autre ?
- Speaker #1
J'ai testé ça. J'ai eu un parcours ensuite d'agence, mais à chaque fois, je pétais les plombs. D'agence de plombs ? De com' à chaque fois. J'étais ravie au début, les deux premiers mois. Et puis en fait, après, une fois que j'avais maîtrisé un peu le poste, je me disais, mais je ne suis pas du tout à la place, ce n'est pas du tout ce que je veux faire. Donc j'ai testé ça. Ensuite, j'ai décidé que j'allais monter une marque de CBD. J'ai testé vraiment plein de choses. Raconte-nous. En fait, mon père a une exploitation agricole. Et du coup, j'ai toujours été très concernée. J'ai toujours eu un lien particulier avec la nature. Il y a eu tous ces mouvements de CBD. J'étais persuadée que la législation allait évoluer en France et qu'on allait pouvoir transformer. En France, la graine de chanvre, la législation n'a jamais évolué. Du coup, j'ai décidé d'arrêter ce projet-là. J'ai eu plein d'idées de projets. Ça a coïncidé à une époque où ma fille a eu une très grosse opération. Une scolose très prononcée. Elle a dû être opérée en urgence à l'âge de 14 ans. Elle a été opérée deux mois avant le Covid. Tout ça a coïncidé. Je me posais plein de questions. J'étais dans une autre agence. monter ça en même temps. En fait, je ne me sentais jamais à ma place. Et j'ai affronté cette période toute seule, puisque son père n'est pas revenu pour l'opération. Parce qu'en fait, je ne sais plus pourquoi. J'avoue, je ne sais même plus pourquoi il n'est pas revenu. Mais j'ai dû affronter toute cette période toute seule. Et en fait, c'est quand même pas rien. Parce que ça nécessite, derrière une opération, un mois de rééducation. Et bam, le Covid arrive. Et en fait, je pense que moi, ça a été une période atroce, de remise en question terrible. où ça m'évoquait l'hôpital, où j'étais encore dans une agence mais je ne savais pas quoi faire, je voulais monter cette marque, ensuite je voulais faire du consulting, j'étais vraiment perdue.
- Speaker #0
Alors on a eu la gémologie, le CBD, l'agence, que tu as montée ou que tu es rentrée dans une agence ?
- Speaker #1
J'ai fait plusieurs agences, des grosses agences, mais à chaque fois j'étais rattrapée par une dépression. Je me réveillais un matin... En fait, je faisais bien mon job et puis du jour au lendemain, en fait, je ne sais plus ce que je fais là et ce n'est plus possible et je n'arrive plus à me réveiller.
- Speaker #0
Et donc tu changes d'agence ? En fait, c'est ça.
- Speaker #1
Soit je me lance dans un nouveau projet, soit je change d'agence, mais vraiment, systématiquement, j'ai ce truc où j'ai des crises d'angoisse, je ne sais plus me lever, je ne suis pas à ma place. Et jusqu'à la dernière en date, et c'est pour ça que je raconte un peu ce cheminement.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
J'ai eu un beau poste chez un gros annonceur dans le retail. Et donc ça, c'était mon dernier poste en date salarié, qui coïncide avec une rencontre amoureuse qui me démolit, en fait, où j'envisage de faire ma vie avec cette personne, mais que cette personne me coupe de tout le monde. D'accord. Beaucoup de jalousie. Moi, qui suis plutôt quelqu'un de très sociable, censée... Enfin voilà, je pense que ça fait vraiment partie de moi. Je ne suis même plus capable d'être concernée par ma fille. Je vis quand même un peu des violences avec cette personne, très verbales surtout. Et là, en fait, je... Du jour au lendemain, une fois de plus, mais là c'est beaucoup plus grave que les fois d'avant en fait. Parce qu'en fait, je pense que quand on ne traite pas le fond, il est toujours un peu latent. Sauf que là, je me retrouve dans une situation où rien ne va.
- Speaker #0
Il y a combien de temps de ça ?
- Speaker #1
Et donc ça, c'était il y a deux ans. Donc ça reste une expérience récente. Où je me retrouve, mon appart est inondé, donc je n'ai plus d'appartement.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
je vis une déchirure avec cet homme là j'arrive à difficilement partir vous étiez restée combien de temps ensemble ? peu de temps, deux ans c'est une histoire hyper intense passionnelle où j'imagine qu'on va se marier que je vais refaire ma vie je veux recréer une famille avec cette personne là et en parallèle tu es dans cette agence alors là je suis chez cet annonceur j'ai été que chez un annonceur et je suis Oui. L'ombre de moi-même, vraiment, et je tombe, je tombe petit à petit. Et vraiment, je subis ces violences verbales où tous mes amis essayent de m'alerter. Mais en fait, je ne suis pas du tout à l'écoute.
- Speaker #0
Tu es amoureuse, parce que tu es très amoureuse.
- Speaker #1
Je suis folle amoureuse. On avait 12 ans d'écart, c'est quelqu'un qui avait 12 ans de moins que moi. Comme quoi, il n'y a pas de règles. Et vraiment, je tombe. Je tombe. Et je tombe jusqu'au point de... Donc, je n'ai plus d'appart, je suis hébergée par des amis. Ma fille part, du coup, à cette époque-là, chez son père, qui est revenu, lui, en France. Mais ma fille est beaucoup plus grande. Elle est en train de passer son bac. Oui, elle est en train de passer son bac, tout à fait. Et donc, je me retrouve chez un couple d'amis qui réalise, en fait, que je ne vais pas du tout bien, qui m'oblige à aller voir mon médecin. Et là, mon médecin généraliste me voit et me dit « Mais, en fait, je vous arrête. Vous n'êtes même plus capable de vous lever et de travailler. » J'avais essayé de retourner travailler et donc je m'écroule et je passe trois semaines.
- Speaker #0
Excuse-moi, je me permets de te couper pour comprendre, c'est cette rupture ou c'est la relation ?
- Speaker #1
Cette rupture et la relation a été le déclencheur en fait. Parce que j'étais déjà très mal, mais alors la rupture a tout déclenché. Et là j'ai réalisé, même en tant que femme, c'est super dur parce qu'en fait, déjà j'avais honte et je me retrouve chez ses amis et je n'arrive pas à me lever de mon lit. Je suis terrassée avec ma fille avec qui j'ai perdu un peu le lien pendant cette période-là, tout simplement parce que ça se passait très mal avec cette personne qui est dans ma vie. Donc je suis en train de perdre la relation avec ma fille, je suis en train de perdre mon boulot parce que concrètement je suis en arrêt et je ne suis plus capable de même répondre. Et rien que de voir le nom de l'entreprise dans laquelle j'ai été, je me mets à pleurer. Je n'ai plus aucune force, plus rien en fait. Plus rien, je suis anéantie. Et sans trop comprendre ce qui m'arrive, c'est ça qui est très dur. Et en me disant, je ne comprends pas, je n'ai pas le droit d'être faible comme ça, je n'ai pas le droit d'être faible pour ma fille, je n'ai pas le droit d'être faible pour moi-même. Sauf qu'en fait, je n'arrive plus à me lever de mon lit. J'ai une anecdote là-dessus, mes amis m'en reparlaient l'autre jour. Maintenant, on peut en rigoler. Je suis allée un jour jusqu'à me commander un chargeur de téléphone sur Deliveroo. Tellement que je n'avais pas la force de sortir dehors et mon chargeur était cassé. C'est pour te dire le niveau de mal-être dans lequel j'étais.
- Speaker #0
Tu ne voulais pas qu'on te voit comme ça ?
- Speaker #1
Je ne voulais pas qu'on me voit comme ça et je n'étais pas capable de sortir dans la rue. La seule fois où j'ai réussi à sortir, c'est parce que c'était l'anniversaire de l'ami qui m'hébergeait. Jeff, je te fais un coucou. Et en fait, je me dis que je dois faire un effort pour lui. Et je sors de chez lui pour faire mes 200 mètres. pour aller acheter une bouteille, essayer de faire un effort. Et rien que le soleil et de marcher, de me retrouver, j'étais devenue complètement agoraphobe, impossible de voir des gens. Et ça, ça a été une période qui a duré entre deux et trois mois.
- Speaker #0
D'accord. Deux et trois mois donc après cette rupture.
- Speaker #1
Après cette rupture.
- Speaker #0
D'accord. Donc cette rupture est quand même un point...
- Speaker #1
Elle est un déclencheur de ma nouvelle vie. Il y a toujours du positif dans tout ça. Ça m'a mis six pieds sous terre, mais ça a été un déclencheur de ma nouvelle vie. Quelque part, je le remercie aujourd'hui. Parce que si je n'avais pas connu cette période-là, je pense que je ne serais pas dans la vie que j'aime aujourd'hui. Qui me rend heureuse tous les matins quand je me lève. Donc c'est déjà incroyable. Et surtout, j'ai appris à être indulgente avec moi-même. Et à peut-être dire un peu plus quand ça ne va pas.
- Speaker #0
Ce que tu ne faisais pas du tout avant.
- Speaker #1
Et j'ai encore un peu de mal. Mais j'apprends petit à petit.
- Speaker #0
D'accord. Donc on en est à, tu as un déclic. Alors ce sont les amis chez qui tu vis qui te font prendre conscience un peu ? Ou ça vient tout seul comme ça ?
- Speaker #1
C'est surtout mes amis qui me font réaliser en fait qu'il n'est pas normal que je reste dans une situation comme ça et de m'infliger ça. Et surtout qu'ils me donnent plein d'amour et qu'ils s'occupent de moi mais comme un enfant. J'ai surdenu un enfant à cette période. Mais vraiment un enfant.
- Speaker #0
Tu as été accompagnée par tes amis, est-ce que tu as vu ton médecin généraliste, est-ce que tu as vu un psy ? Oui,
- Speaker #1
j'ai vu un psy évidemment, qui m'a beaucoup accompagnée et qui m'a fait prendre conscience de certaines choses. Et surtout, je ne sais pas, moi c'est comme ça que je ressens, mais je trouve qu'en tant que femme, on porte sur nos épaules souvent, on nous fait porter sur nos épaules tellement de choses, et encore plus quand on est une maman solo je trouve. En fait, on doit tellement gérer de choses de front. Et je pense qu'en fait, les gens ne se rendent pas forcément compte de ça. De la difficulté et de la charge mentale. Et je trouve qu'on est très mal accompagnés là-dessus. Et que les femmes ne sont pas du tout bien accompagnées là-dessus.
- Speaker #0
D'accord. Donc c'est un peu le cri là. Oui,
- Speaker #1
vraiment. Je trouve qu'on devrait être beaucoup plus accompagnées. Parce qu'en fait, on nous demande quand même des choses. On doit être la femme forte. Il faut avoir son boulot. ramener du fric à la maison, gérer l'éducation de son gamin. Je pense qu'il y a des pays qui font ça beaucoup mieux que nous, mais je trouve que la place de la femme dans notre société, même si je vois que ça tend à évoluer, je la trouve vraiment difficile.
- Speaker #0
D'accord. Et donc là, tu as une prise de conscience via Psy, via tes amis qui s'occupent de toi. Ta fille est où à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ma fille n'est pas avec moi, elle est chez son père qui est revenu en France. Le père de ma fille est pilote, mais maintenant, il est deux semaines par mois en France. Et donc là, on se remet dans... Aujourd'hui, on a de bons rapports. Et donc, ma fille, heureusement, va chez son père. D'accord. Donc ça,
- Speaker #0
c'est déjà une charge en moins.
- Speaker #1
Exactement, qui me permet de me concentrer sur moi. Et puis, de me retaper, en fait.
- Speaker #0
Donc, qu'est-ce que déclenche cette prise de conscience ?
- Speaker #1
Alors, elle déclenche plein de choses. Elle déclenche que... Je pourrais... La solution n'est pas de reprendre un énième boulot salarié qui sera certainement un bon poste dans une direction de la com ou du marketing ou d'une agence, puisque de toute façon, ce n'est pas ma place et que ça, je le réalise vraiment finalement en ayant cet arrêt et en prenant du temps pour moi. Ma passion, je suis entourée d'artistes et ma passion, c'est de les accompagner. J'ai un énorme déclic, j'ai un de mes amis qui, à l'époque, un de mes amis qui... qui est un grand musicien et qui a un studio de musique et qui avait déjà à l'époque provoqué mon ex qui m'avait mal parlé et qui m'avait dit non mais de toute façon un jour je travaillerai avec Marie-Astrid mais c'est parti d'une blague en fait et en fait la blague s'est transformée en j'aurais besoin d'un coup de main sur mon image sur ma direction artistique parce que je voudrais monter tel un nouveau groupe Tu parles de l'artiste que je connais ? Voilà, l'artiste que tu connais, on peut en parler, qui s'appelle... Oui,
- Speaker #0
ça va venir !
- Speaker #1
Voilà ! On parle de toi d'abord ! En fait, ça a fait un petit bout de chemin, et comme en fait, il n'y avait pas vraiment d'enjeu, parce que ça a été présenté comme un coup de main, je me suis sentie capable de m'y remettre un petit peu, parce qu'il est clair que pendant longtemps, j'étais bien incapable de... En fait, de toute façon, je n'étais pas capable de m'occuper de qui que ce soit. Bien sûr ! Voilà, impossible !
- Speaker #0
Donc il y a ce déclic, il y a ce coup de main, tu lui files un coup de main ?
- Speaker #1
Je lui file un coup de main au début, mais vraiment à tâton. C'était plus, je ne sais pas, c'est au studio, on regardait, on écoutait de la musique, il me montrait, lui, ce qu'il souhaitait développer plus dans sa carrière. Moi je me dis, qu'est-ce que je vais foutre là-dedans ? Ok, ça m'intéresse, je suis hyper intéressée pour le sujet, mais je veux dire, c'est quelqu'un qui est déjà entouré de gens de talent. Enfin, pourquoi moi, quoi ? Enfin, je veux dire, c'est un peu ce truc de l'imposteur que j'ai toujours eu, d'ailleurs.
- Speaker #0
Ça t'a pas empêché d'avoir des super postes ?
- Speaker #1
Non, mais oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
Tu l'as eu, ce syndrome de l'imposteur, mais il t'empêchait pas d'avancer.
- Speaker #1
Non, non, c'est sûr. Mais du coup, peut-être avec une pression encore plus grande. Donc voilà, j'ai ce petit déclic qui fait son bout de chemin, mais je suis encore très faible.
- Speaker #0
Combien de temps tu... entre le déclic et le fait que tu t'occupes de cet artiste ?
- Speaker #1
En fait, il y a eu quand même du temps, pas mal de temps, parce que moi, j'étais en arrêt maladie. Et le questionnement, c'était est-ce que je négocie un départ avec la voie dans laquelle je suis ? Parce que de toute façon, je n'ai pas envie de bloquer un poste. Et de toute façon, rien que de penser au fait de pouvoir y remettre un pied, je faisais des crises d'angoisse, mais terribles. Donc voilà, il y a tout ce cheminement de pensée. Il se passe bien, je pense, six mois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
entre ce moment-là et le moment où... Sans m'en rendre compte, je suis devenue manageuse d'artiste. Un truc complètement fou. Je passais tout le temps au studio de musique.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te fait prendre la décision, au bout de six mois,
- Speaker #1
de lâcher le job ? Je rentre dans une négociation avec mon ancienne entreprise, qui finalement décide. En plus, il y avait un plan social dans l'entreprise. Je pense que même moi, ça aurait été très mauvais pour eux que je revienne, non seulement dans cette étape. et puis en fait je ne voyais aucun sens Dans le travail que je faisais, j'ai toujours eu un problème de sens, justement quand j'ai accompagné des marques à l'époque. J'ai toujours eu besoin de... Voilà, c'est quoi le sens de tout ça ? Et c'est vrai que j'ai toujours trouvé plus de sens dans l'artistique et dans les personnes qui étaient dans ces typologies de boulot ou dans des formes d'art, parce que j'avais l'impression que c'était quelque chose qu'on pouvait partager aux autres. Et surtout, qui peut ramener du... Moi, en fait, la musique m'apaise, elle me fait beaucoup de bien, et la création m'apaise. Et en fait, je pense qu'elle peut provoquer ça auprès de beaucoup de personnes.
- Speaker #0
Il y a une forme de création quand tu travailles dans la communication ? Alors, complètement.
- Speaker #1
Il y a une forme de création, mais qui n'était pas assez aboutie pour moi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et en fait, ce que je trouve hyper intéressant, alors là, c'est le pont, c'est de la musique. Maintenant, je travaille avec des artistes de musique. Mais ce que je trouve super intéressant, c'est que ça peut réunir ce qui me passionne. Moi, j'aime les gens de tout style, de toute sorte, de toute origine. Et ce que je trouve passionnant dans ces formes d'art, c'est qu'en fait, ça rassemble. On peut même s'impliquer sur des causes, mais sans forcément en parler, juste en créant et en partageant ça aux autres. Et ça, en fait, il y a une psy qui m'avait dit à l'époque, d'ailleurs c'était très drôle, parce que j'en ai vu plusieurs. qui m'avait dit mais vous pourriez être psy, vous aimez bien partager, écouter. En fait je crois que j'ai trouvé ma manière à moi.
- Speaker #0
qui moi me soignent et en plus j'arrive à en faire un travail et je suis entourée aujourd'hui de personnes hyper talentueuses que j'accompagne dans leur développement. Donc je trouve ça passionnant.
- Speaker #1
Oui, tu réunis les deux.
- Speaker #0
Voilà, exactement.
- Speaker #1
Et si, avec un peu de recul, bravo déjà, manager d'artiste. Alors,
- Speaker #0
ce n'est pas de tout repos.
- Speaker #1
Ah non, ce n'est pas de tout repos. Je n'ai pas l'impression en tout cas quand je te vois tout le temps là sur mon petit téléphone que ce soit de tout repos. Si on fait un pas de côté, est-ce que tu as une idée de pourquoi tu t'es retrouvée dans cette situation ? C'est-à-dire être accompagnée par tes amis, être vraiment plus bas que terre. Alors ok, il y a cette séparation, cette vie de couple qui n'allait pas, mais comment on se retrouve là-dedans en fait ? Comment on fait pour... C'est pas que... alors peut-être que, mais est-ce que c'est que un déséquilibre, ou en tout cas un manque de sens au travail ? Comment on se retrouve comme ça en fait ?
- Speaker #0
Je veux dire dans cette situation...
- Speaker #1
Où plus rien ne va, parce que tu me dis il y a eu une inondation, mais bon après moi aussi j'ai eu des...
- Speaker #0
Tu vois,
- Speaker #1
comment on se retrouve dans vraiment ce chaos ?
- Speaker #0
Ce chaos, je pense que c'était vraiment pour le coup, elle a été vraiment générée par cette relation que j'ai eue. Et ça m'est arrivé souvent dans mes relations, où je suis quelqu'un d'assez intense, et j'ai besoin de... Voilà, de vibrer, j'ai jamais été dans des quotidiens très rangés. Et en fait, je peux très vite me laisser happer et complètement moulie. Et en fait, je pense que... Et du coup, ça détruit en fait de s'oublier totalement, de plus avoir de personnalité, de plus savoir ce qu'on aime, de plus pouvoir développer sa propre identité. Alors qu'en fait, je suis quelqu'un... Qui a une identité propre. Qui a une identité assez forte. Et je pense que je suis juste... très très sensible et je peux très vite me laisser embarquer d'accord donc tu t'es donné un corps et âme dans cette relation en fait, si je comprends bien et jusqu'à m'en oublier, à oublier ce que j'aimais, à oublier mes amis à tout faire, j'ai quand même failli partir vivre au Luxembourg alors que je déteste le Luxembourg j'y suis allée en visite j'ai trouvé ça absolument atroce enfin pardon pour le Luxembourg mais ça m'a pas du tout plu et pep Parce que cette personne-là voulait partir vivre là-bas. Alors que ma vie, elle n'est pas du tout là. Je pourrais déménager ailleurs, mais pas là-bas. Donc,
- Speaker #1
tu as des relations tumultueuses en amour. Souvent. Oui, souvent.
- Speaker #0
Très souvent. D'accord. Et ça vient d'où,
- Speaker #1
ça ?
- Speaker #0
Ça, je ne vais pas encore complètement tout régler. Mais je pense, je ne sais pas, manque de confiance en moi. Peut-être une éducation trop stricte. Des écoles où j'étais trop stricte et qui en fait... Moi en fait je vais bien quand j'ai pas de pression. Je suis quelqu'un qui s'exprime quand il n'y a pas de pression. Quand c'est trop rangé, trop... Je ne suis pas du tout faite pour ça. D'accord, donc il y a un début d'explication quand même. Il y a un début d'explication. Et j'ai compris une chose en fait, si on me met dans quelque chose de trop encadré, en fait c'est moi qui me crée mon propre... Quand je me crée mon propre cadre, pardon j'arrive plus à parler, je suis beaucoup plus épanouie.
- Speaker #1
Ok, donc t'as grandi dans des règles,
- Speaker #0
un peu la rigidité, et j'en veux pas du tout à ma famille et tout ça, mais moi je pense que je n'étais pas faite comme ça. Quand j'étais petite justement, j'étais dans une école privée très stricte, et un jour j'ai dû faire une dissertation sur la maîtrise de soi quand on voit une grappe de raisin dans son sac, parce que j'avais repéré, enfin j'avais osé bouffer du raisin en classe, et plusieurs fois ma mère a dû m'emmener aux urgences, pensant que je faisais des crises d'appendicite. J'étais stressée par les profs, stressée par les cours. J'étais une grande angoissée. Je ne faisais pas du tout des crises d'apparnissage. J'étais juste très stressée. Anxieuse, stressée. Exactement.
- Speaker #1
Ça va mieux ?
- Speaker #0
Oui, ça va mieux. J'ai encore des angoisses. Bien sûr. J'en aurais sans doute toute ma vie.
- Speaker #1
Quelles sont les femmes, les mamans, les sœurs, les amis qui ont été là pour toi dans cette situation ou dans ces situations compliquées ?
- Speaker #0
euh... J'ai des très bonnes amies qui ont été là pour moi et encore une fois ma famille. Après, je pense que c'est vrai que je n'ai pas du tout sollicité tout le monde et c'est peut-être un peu le problème avec mon caractère. Et d'ailleurs, je peux blesser beaucoup les gens avec ça. Je pense qu'il y a plein de personnes qui s'imaginent que je les oublie ou qu'on m'a déjà fait la réflexion. Mais en fait, ce n'est pas si simple de demander de l'aide, je trouve.
- Speaker #1
Ça te ramène à quoi ? Ça te ramène à quoi de demander de l'aide ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, j'ai toujours peur de déranger. Et souvent, j'ai envie de gérer mes problèmes toute seule, ce qui n'est pas forcément une bonne solution. Et alors ça, si j'ai un conseil que je pourrais donner, c'est d'oser dire quand ça ne va pas. Moi, je pense que ça m'aurait sorti de bien des emmerdes, en fait. D'oser partager ça, en fait. Et c'est vrai que non, pour le coup... J'ai vraiment des très très bonnes amies qui ont été là pour moi. Et il y a un truc qui est très drôle, c'est que souvent, mes copines qui ont eu leurs enfants plutôt dix ans après moi, elles me disent « mais comment t'as fait quand t'as eu ta fille ? » C'est assez rigolo parce qu'en fait, c'est vrai que pendant une dizaine d'années, j'ai eu un gros décalage avec mes amies, mais je suis quand même aujourd'hui bien entourée.
- Speaker #1
D'accord. Donc t'es bien entourée,
- Speaker #0
t'as une petite équipe. J'ai beaucoup de copains aussi qui ont été là.
- Speaker #1
Oui, il n'y a pas que des femmes, il peut aussi y avoir des très bons amis, hommes, qui sont dans l'entourage et qui font le taf. C'est cool, trop bien. Alors, est-ce que tu pourrais, dans la situation dans laquelle t'as été, je sais qu'il y a tes amis qui ont été là, t'as eu des déclics aussi, donner un outil ou deux qui t'ont servi à ce moment-là pour sortir de ce... De cet état ou en tout cas de cette situation ?
- Speaker #0
Je pense que c'est assez basique. Mais moi, en tout cas, dernièrement, j'ai découvert le Kundalini Yoga, par exemple. C'est le yoga de la musique et de la respiration. Et ce n'est pas une blague quand je dis que ça a changé ma vision des choses. Très longtemps. Quand j'avais mes périodes où je n'allais pas bien, je faisais plus de sport, plus rien. Et je pense qu'en fait, moi en tout cas, j'ai trouvé des outils qui me correspondent. Après, je pense que chacun a ses propres outils qui m'apprennent la respiration. Alors, il y a toujours un lien bizarrement avec la musique qui m'apaise, parce que le Kundalini Yoga, on chante aussi des mantras. Et ça, en tout cas, c'est mes petits outils à moi qui me font beaucoup de bien. C'est génial !
- Speaker #1
Mais moi je ne connaissais pas par exemple
- Speaker #0
Kundalini Yoga, il faut venir tester avec moi. En fait c'est une de mes amies, Lauriane, qui m'a fait y découvrir, qui est quelqu'un d'extraordinaire et qui est aussi coach d'ailleurs, et qui n'arrêtait pas de me dire qu'il faut absolument que tu testes ça. Et en fait je ne pensais pas que ça me ferait cet effet-là. Alors il faut apprendre le temps, moi je le prends maintenant, c'est une heure et demie, enfin c'est des séances d'une heure et demie. qui se passe toujours sous un même rituel et qui vraiment, mais moi, apaise mon corps et mon esprit.
- Speaker #1
Ok, ça te fait vraiment sortir de... Et puis, complètement.
- Speaker #0
Il y a des exercices de respiration mais c'est aussi très dynamique en fait, des postures de lumière mais ultra dynamiques et ça termine par des gongs, donc voilà, et c'est ultra apaisant. Et moi, c'est vrai que là je le vois, je n'ai pas pu y aller cette semaine par exemple, et bien je sens Je le sens.
- Speaker #1
Il me manque quelque chose. Je comprends. Je me suis remise au sport aussi. Quand je n'y vais pas, je suis un peu chafouine.
- Speaker #0
En fait, c'est marrant parce que souvent, j'écoutais des podcasts ou des femmes qui racontaient le sport, les routines sportives. Mais ils me font tout chier avec leurs routines et le truc parfait qui m'emmerde. En fait, je comprends un peu mieux pourquoi. ça fait partie après de la personne c'est des outils qui aident chacun doit trouver son petit truc bien sûr mais là tu viens de nous parler de quelque chose de nouveau donc merci beaucoup alors dis moi qu'est-ce qui a changé en toi en tant que femme et puis en tant que maman depuis cet épisode alors déjà j'essaye de je pense reconnecter beaucoup plus avec ma fille parce qu'en fait j'étais présente mais sans être là Merci. et aussi d'être indulgente avec moi-même parce que j'avais tout le temps la sensation en permanence de ne pas faire les choses correctement donc là essayer de lui proposer des petits rituels même si on ne se voit pas c'est d'aller se faire une petite expo qu'on va choisir toutes les deux d'avoir peut-être moins de moments, parce que maintenant, elle a 19 ans et en fait, elle n'a plus trop besoin de moi.
- Speaker #1
Donc ça, c'est en tant que maman. C'est bien ça.
- Speaker #0
Et voilà, exactement, d'essayer de se reconnecter avec ta fille. Et de trouver des petits rituels avec elle, en fait. Et de passer du temps avec elle. Et de passer du temps de qualité, même si... Enfin voilà, je veux dire, elle a sa vie. Elle est en école de commerce. Elle a son petit copain, ses amis. Voilà, essayer de revoir ses discussions. Parce que je pense que le dialogue était quand même pas mal coupé avec elle. Et je préfère avoir moins de moments, mais au moins d'avoir ces moments d'échange avec elle, de partage, on va dire.
- Speaker #1
Donc, reconnecter avec ta fille, c'est ce que cet événement a déclenché en toi et a transformé en tout cas à ce niveau-là. Et en tant que femme ?
- Speaker #0
Et en tant que femme, pensez peut-être plus à moi aussi. de vivre pas à travers un mec je me souhaite de rencontrer quelqu'un et tout ça mais de de penser à moi avant tout d'accord de perdre dans vraiment ma priorité en fait c'est moi c'est pas quelqu'un d'autre ok et ça c'est très nouveau je pense ok
- Speaker #1
Et d'un point de vue professionnel du coup, après toutes ces recherches.
- Speaker #0
Et alors d'un point de vue professionnel, et je crois que je ne changerai plus jamais cette fois-ci, je crois que j'ai vraiment trouvé ma place. Donc en fait j'ai monté mon agence artistique qui s'appelle Madline, et donc maintenant je fais du management d'artistes. Donc j'ai plusieurs groupes, dont Abibislay, qui commence à avoir un bel essor. et... Une belle visibilité. Une belle visibilité. J'ai appris un tout nouveau métier. Et en fait, grâce à cette personne qui m'a donné aussi les ailes pour le faire, je me suis rendue compte qu'en fait, tout était vraiment possible. En France, on le met en tête, on est dans des cases, il faut avoir coché telle ou telle case pour pouvoir faire tel job. Mais en fait, je me rends compte que ce n'est pas forcément vrai. Et ça, j'avoue que si je peux, moi, partager ça au maximum et faire prendre conscience de ça.
- Speaker #1
Écoute, la question que j'allais te poser juste après, qu'est-ce que tu aimerais dire aux femmes, aux mamans qui nous écoutent ?
- Speaker #0
En fait, qu'il ne faut pas hésiter à aller se tourner vers des personnes qui ont fait ces changements de vie déjà. Pas hésiter à aller... Frapper aux portes, en fait. Et moi, c'est des choses que je n'osais pas du tout faire. Même parler de ma nouvelle agence sur LinkedIn, au début, je n'osais pas le faire. Je me suis dit, mais en fait, je m'en fous. Les gens, en fait, tout le monde le fait. Enfin, voilà pourquoi moi, j'en serais pas capable. Et moi, pour le coup, ma porte, elle est grande ouverte. Vraiment, si je dois aller discuter avec d'autres personnes et prouver que c'est possible, je le ferais de bon cœur, quoi. Alors, je ne vais pas dire que c'est tous les jours facile. Mais en tout cas, je me lève le matin, je suis... heureuse de me lever. Je n'ai pas l'impression de travailler.
- Speaker #1
Est-ce que tu es consciente en faisant un pas de côté du fait que tu reviens de loin quand même ?
- Speaker #0
Oui, surtout quand je me rends compte du... Sincèrement, il y a encore un an et demi, je pensais que je n'allais plus jamais travailler. Honnêtement, je pensais que je n'étais plus capable de rien. Et ça, en fait, qu'on ait eu un... Ce qui est fou, c'est que je veux dire, je n'ai pas eu un accident, mais en fait, le psychisme, ça fait tout. Et c'est aussi une maladie, quand on tombe, on appelle ça tout simplement la dépression, c'est une vraie maladie. Et en fait, je n'en reviens pas, c'est vrai, quand je regarde en arrière. Je n'en reviens pas même de voir à quel point j'ai envie de sourire, je suis joyeuse. Franchement, je pensais que je ne serais plus jamais capable de ça. Oui, ça je m'en rends compte.
- Speaker #1
Tu t'en rends compte ? T'es fière de toi ?
- Speaker #0
Je suis fière de moi. Après, je fais attention.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est pas... Tu te sens pas totalement...
- Speaker #0
Non, parce qu'il y a encore des fragilités, mais je pense que c'est normal.
- Speaker #1
Oui, oui. Tu te sens pas totalement sortie du truc ? Non. Mais c'est déjà très bien. Bravo ! Au bout de deux ans, t'as trouvé ce que tu voulais faire. Tu te rapproches de ta fille. Ça va mieux psychologiquement, ça va mieux professionnellement. Écoute, moi je dis bravo. Alors un dernier mot pour ta fille. Oui. Ah oui, parce qu'on ne l'oublie pas. Si elle tombait demain ou après-demain, parce qu'elle en a aujourd'hui d'écouter des podcasts, si elle tombait sur ce podcast demain ou après-demain, qu'est-ce que tu aimerais lui dire ?
- Speaker #0
Que ce n'est pas grave, que ça peut arriver à tout le monde de tomber. Et que surtout, il ne faut pas hésiter à le dire tout de suite. en fait, et en parler, et à trouver la bonne personne à qui on parlait, et qu'en fait, ça arrive à beaucoup plus de monde qu'on ne le croit. Voilà, je crois que c'est ce que je dirais. Et de ne pas avoir honte.
- Speaker #1
Donc ne pas avoir honte de demander de l'aide.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Est-ce que tu as un message pour elle particulièrement ?
- Speaker #0
Que je l'aime, et que je l'admire déjà beaucoup. Parce que je trouve qu'elle est très débrouillarde. J'ai beaucoup d'admiration pour elle et comment elle mène sa barque déjà du haut de ses 19 ans.
- Speaker #1
Trop bien. Merci beaucoup, Madeline.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci pour cet échange qui touche à sa fin. J'espère que tu as passé un bon moment. Très bon moment. Ça a été ?
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Pas trop stressée ?
- Speaker #0
Non, ça va. Premier exercice, mais ça va.
- Speaker #1
Trop bien. Écoute, merci à toi, Dirmama, pour ce moment. Merci pour ton énergie, ta sincérité. T'en as de l'énergie, dis donc !
- Speaker #0
J'aurais dû mettre ça énergique aussi, parce que ça, on le dit souvent.
- Speaker #1
Exactement. Pas que intuitif, mais aussi énergique. À toutes les Dirmamas qui ont écouté cet épisode, s'il vous a touché, s'il vous a fait marrer, s'il vous a bousculé, n'hésitez pas à le partager autour de vous à un moment qui en aurait besoin. Je vous invite aussi à vous abonner à la chaîne du podcast et puis à mettre des étoiles partout parce que ça compte vraiment et ça aide le podcast à rayonner et à être connu. Merci beaucoup, Mad. A très bientôt. Avec plaisir. Ciao.
- Speaker #0
Dire maman,
- Speaker #1
le podcast...