Speaker #0Bonjour, je suis Nathalie Mathern. Pendant des années, j'ai révélé la beauté des femmes complexées derrière mon appareil photo grâce à la photographie thérapeutique. Parce que je pensais que si une femme se trouvait belle, elle finirait par s'aimer. Et pourtant, moi, pendant presque 50 ans, je me suis regardée dans le miroir sans m'aimer. Et puis j'ai compris une chose. Le vrai problème ne se joue pas devant le miroir, il se joue dans la façon dont on se critique en permanence dans sa tête. Alors aujourd'hui, je pose l'appareil photo et je prends le micro pour aller plus loin. Bienvenue dans Déclic Intérieur, le podcast qui provoque des déclics pour arrêter de se gâcher la vie avec ses complexes et enfin profiter sans attendre d'avoir un corps parfait. Aujourd'hui j'ai envie de te parler d'un pantalon. Enfin, pas vraiment. J'ai envie de te parler de toutes ces fois où un simple vêtement nous a fait nous sentir misérables. De toutes ces fois où on est entré dans une cabine d'essayage pleine d'espoir et où on en est ressorti en mode déprime. Jusqu'au jour où j'ai compris que je ne pleurais pas à cause d'un pantalon. Et ce déclic a changé bien plus de choses que je ne l'aurais imaginé. Oui, j'ai déjà pleuré à cause d'un pantalon. Et toi, ça t'est déjà arrivé ? Pas parce qu'il était moche, pas parce qu'il était trop cher, mais parce qu'en l'essayant, tu t'es sentie moche, toi. Je me rappelle d'une situation que j'ai vécue bien trop souvent. J'étais invitée à une soirée, un mariage, un événement professionnel, peu importe. J'avais envie d'être jolie, de me sentir bien. Je voulais donc acheter de nouveaux vêtements. Et puis, il faut dire la vérité, ça faisait des mois que je repoussais le moment d'aller faire les boutiques. Parce que je me répète toujours la même chose. Je n'achète plus de vêtements tant que je n'aurai pas maigri. Je me rappelle d'une situation que j'ai vécue bien trop souvent. J'étais invitée à une soirée, à un mariage, à un événement professionnel, peu importe. J'avais envie d'être jolie, de me sentir bien. Je voulais donc acheter de nouveaux vêtements. Et puis il faut dire la vérité, ça fait des mois que je repousse le moment d'aller faire les boutiques. Parce que je me répète toujours la même chose. Je n'achète plus de vêtements tant que je n'ai pas maigri. Mais cette fois, c'est différent. J'ai été raisonnable, j'ai fait attention, j'ai résisté au grignotage. Je suis montée sur la balance et la miracle ! 3 kg de moins ! Alors je me dis ça y est cette fois ça va être plus facile. J'arrive dans le magasin avec le sourire, je prends plusieurs modèles, plusieurs tailles aussi parce qu'au fond avec 3 kg en moins je me dis que ma taille habituelle sera devenue trop grande et que je vais enfin rentrer dans la taille en dessous. Alors j'entre dans la cabine. Je ferme le rideau, j'enfile la première tenue. Ma taille habituelle ferme facilement. Ça flotte même ! Un peu, pas énormément, mais suffisamment pour que je vois que mes efforts ont payé. Cette fois, ce n'est pas juste la balance qui le dit. Je le vois, pour de vrai, et je suis trop fière de moi. Alors j'essaie la taille en dessous. Ça passe ! Le pantalon passe l'obstacle tant redouté des cuisses. Et du coup, je suis à deux doigts de crier victoire. Parce que d'habitude, c'est justement là que ça bloque. Mais aujourd'hui, ça passe ! Je souris, j'y crois. J'attrape le bouton et là, ça ne ferme pas. Alors je rentre un peu le ventre, je me mets quasiment en apnée. Et finalement, ça ferme. Et puis je lève les yeux vers le miroir. Et ce que je vois ne ressemble pas à la victoire que j'avais imaginée. Je ressemble à une saucisse sous vide. Et c'est là que tout bascule. Parce qu'en quelques secondes, je suis passée de « je suis fière de moi » à « je suis toujours grosse » . j'y arriverai jamais je déteste mon corps je suis moche et là les larmes mentent pas à cause du pantalon pas à cause de la taille inscrite sur l'étiquette mais parce qu'à cet instant précis je me retrouve là debout à moitié nu sous une lumière de néon dans une cabine d'un mètre carré, en train d'essayer d'enlever ce foutu pantalon, et en train de me dire « À quoi bon ? » J'ai l'impression que tous mes efforts ne servent à rien. Du coup, je remets mon vieux jean, celui qui me grossit, mais qui lui, au moins, ne me juge pas. Et le pire dans tout ça, c'est que quelques minutes plus tôt, j'avais hâte d'aller à cette soirée. J'avais envie de me faire jolie, de passer un bon moment. Et maintenant, j'ai même plus envie d'y aller. Mais il faut savoir une chose, c'est que cette histoire de pantalon, elle ne s'arrête pas à la porte de la cabine d'essayage. Elle s'invite aussi à la maison. Je me rappelle les fois où en rentrant chez moi, Alex, mon mari, me demandait
Speaker #0Et moi je répondais, non, j'ai rien à me mettre. Ce qui le faisait toujours rire, parce qu'il suffisait d'ouvrir mon armoire pour voir que c'était faux. Elle débordait. Et il avait raison, j'avais des vêtements, beaucoup de vêtements même. Le problème, ce n'était pas que je n'avais rien à me mettre. Le problème, c'est que je ne me sentais belle dans aucun d'eux. Parce que moi, je ne voyais pas des robes, des pantalons, des chemisiers. Je voyais mon ventre dans cette robe, mes bras dans ce haut, mes fesses dans ce pantalon. Et surtout, je voyais tout ce que je ne pouvais plus mettre. Et comme si ça ne suffisait pas, c'est qu'au-dessus de cette armoire qui débordait déjà, il y avait des cartons. Des cartons remplis de vêtements. Une taille en dessous, une taille au-dessus. Ben oui, parce que quand ton poids fait le yo-yo depuis des années, tu finis par avoir une garde-robe pour chaque version de toi-même. Celle que tu es aujourd'hui, celle que tu étais avant, et celle que tu espères redevenir un jour. Quand j'y repense aujourd'hui, je trouve ça complètement fou. Parce que je n'étais pas seulement en train de stocker des vêtements, j'étais en train de stocker des espoirs. des promesses, des « quand j'aurai maigri » , des « quand je rentrerai à nouveau dedans » , comme si ma vraie vie m'attendait là-haut, dans ces cartons. Et aujourd'hui, quand je repense à toutes ces cabines d'essayage, à tous ces vêtements dans mon armoire ou dans des cartons, je me rends compte que je me trompais complètement de problème. Je croyais que je pleurais parce que le pantalon ne m'allait pas. Je croyais que je pleurais parce que j'avais encore quelques kilos en trop. Mais ce n'est pas ça qui me faisait pleurer. Ce qui me faisait pleurer, c'est que chaque fois que je me regardais dans ce miroir, je transformais un pantalon en jugement. Un jugement sur ma valeur, sur ma beauté, sur ma capacité à être aimée, sur mes efforts, sur qui j'étais. Un pantalon ne me disait pas « Tu es grosse » , c'est moi qui le décidais. Un pantalon ne me disait pas non plus « Tu n'y arriveras jamais » , non, c'est moi qui le décidais. Et pourtant j'y croyais à chaque fois, comme si un morceau de tissu avait le pouvoir de définir qui j'étais, alors qu'au fond, ce n'était qu'un pantalon. Un pantalon. Et puis un jour, je me suis posé une question. Pourquoi est-ce que quand un vêtement ne me va pas, je conclue automatiquement que c'est mon corps le problème ? Pourquoi est-ce que je ne me dis jamais ce pantalon n'est peut-être tout simplement pas fait pour moi ? Parce qu'au fond, on est 8 milliards d'êtres humains sur cette planète, donc 8 milliards de corps différents. 8 milliards de morphologies différentes. Et pourtant, pendant des années, j'ai laissé un pantalon décider si je pouvais être fière de moi ou non. Si je pouvais me sentir jolie. ou non. Si je pouvais avoir envie d'aller à cette soirée ou non. Comme si mon corps devait absolument rentrer dans ce vêtement. Comme si c'était toujours à moi de m'adapter. Je n'avais jamais envisagé une autre possibilité. Que ce n'était peut-être pas moi qui n'étais pas faite pour ce pantalon, mais simplement le pantalon qui n'était pas fait pour moi. Alors aujourd'hui, j'ai envie de te proposer un petit geste. La prochaine fois que tu vas essayer un vêtement qui ne te va pas, au lieu de te dire « je suis trop grosse » , essaie de remplacer cette phrase par « ce vêtement n'est pas fait pour moi » . C'est tout. Ça peut te paraître ridicule, ça peut te paraître un détail, mais les mots que nous utilisons ont du pouvoir. Parce que dans la première phrase, C'est toi que tu rejettes. Dans la deuxième, tu rejettes simplement un vêtement. Et ce n'est pas du tout la même chose. Alors la prochaine fois qu'un pantalon refuse de fermer, au lieu de transformer ça en jugement sur ton corps, essaie simplement de te dire « Ok, ce pantalon n'est pas fait pour moi. » Et passe au suivant. Et si cet épisode t'a parlé, j'ai envie de te faire un cadeau. Pas un PDF générique qu'on télécharge et qu'on n'ouvre jamais. Je veux te donner le carnet des déclics. C'est un outil puissant que j'utilise habituellement avec les femmes que j'accompagne dans mes parcours de photographie thérapeutique. À l'intérieur, tu trouveras des questions, des exercices et des réflexions pour t'aider à aller plus loin et à provoquer tes propres déclics. Et aujourd'hui, je te l'offre gratuitement. Parce que je sais que si tu écoutes ce podcast, c'est que t'en as marre de laisser tes complexes prendre autant de place dans ta vie. Le lien est dans la description. Et si tu connais une femme qui a déjà pleuré dans une cabine d'essayage, partage-lui cet épisode. Elle a peut-être besoin d'entendre qu'elle n'est pas seule. Allez, je te retrouve vendredi prochain pour un nouvel épisode de Déclic Intérieur.